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Élections québécoises

L’éducation et l’enseignement supérieur doivent être de vraies priorités

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Des bâtiments qui tombent en ruine, des classes bondées, des gels d’embauche, des services faméliques aux personnes étudiantes, des actes de violence qui se multiplient, l’école québécoise est malade et le sous-financement chronique en est le principal virus. La campagne électorale qui se déroulera simultanément à la rentrée 2026 doit impérativement aborder ces enjeux qui minent l’avenir du Québec.

« On est en pleine austérité. Ce n’est pas avec des crédits budgétaires incertains et insuffisants que nous pourrons protéger tous les services aux élèves, pourtant promis par la première ministre sortante, Christine Fréchette », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Trois demandes de la CSN aux partis politiques

  1. Augmenter substantiellement le financement public et prévisible des réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur afin, notamment, de soutenir la réussite des élèves et des étudiantes et étudiants. Cela implique d’embaucher le personnel requis, d’assurer sa santé et sa sécurité et de voir à l’entretien et à la rénovation des infrastructures.
  2. Intégrer les écoles privées – et l’ensemble de leur personnel – au sein d’un système d’éducation public, inclusif, accessible, non sélectif et gratuit, mettant ainsi un terme à l’école à trois vitesses.
  3. Tenir des états généraux sur l’éducation, depuis la maternelle jusqu’à l’université.

La CSN demande par ailleurs à tous les partis qui aspirent à diriger le Québec en octobre prochain de faire connaître leurs engagements concrets et chiffrés en éducation et en enseignement supérieur. « L’éducation doit être la vraie priorité du prochain gouvernement, pas juste un slogan de campagne », rappelle la présidente de la CSN.

Ce que les fédérations de la CSN en disent

« Le gouvernement sortant a beau tenter de balayer sous le tapis l’austérité qu’il impose aux réseaux, nos membres constatent au quotidien les effets négatifs bien concrets du sous-financement des dernières années. Un important virage s’impose afin de fournir aux personnes étudiantes les infrastructures et les services auxquels elles ont droit », lance le président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN, Benoît Lacoursière.

« Pour le personnel de soutien au primaire et au secondaire, le sous-financement et la violence subie par les travailleuses et travailleurs sont les enjeux prioritaires. Au collégial, le gouvernement manque de vision à long terme, incapable d’offrir des services adéquats et des espaces convenables à une population étudiante en pleine croissance », affirme le président de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Frédéric Brun.

« Les derniers gouvernements ont pressé le citron de tous les côtés pendant des années. Le prochain gouvernement n’aura d’autre choix que de réinvestir massivement dans les réseaux collégial et universitaire afin de rattraper le retard de financement, alors même que la population étudiante est appelée à continuer à croître. Le Québec a besoin d’élu-es qui comprennent que c’est dans nos établissements d’enseignement que l’on bâtit l’avenir », avance le vice-président de la Fédération des professionnèles–CSN, Ryan W. Moon.

Répercussions multiples sur les cégeps et les universités

Près des deux tiers des cégeps appréhendent un déficit de fonctionnement totalisant quelque 25 millions de dollars et une proportion semblable d’établissements présente des infrastructures vétustes, selon la vérificatrice générale du Québec. Devant ce constat, bonifier leur financement n’est plus une option : c’est une urgence.

Cette situation budgétaire précaire est exacerbée par une surpopulation étudiante qui devrait s’amplifier. Comme les embauches ne suivent pas, la prestation de services aux étudiantes et étudiants est affectée. La surcharge de travail qui découle de cette situation entraîne des absences du personnel, ce qui aggrave le problème. Il n’y a par ailleurs pas assez de personnel ouvrier, ce qui ne fait que repousser et gonfler la facture d’entretien des cégeps.

Dans le réseau universitaire, le resserrement de l’admission des étudiantes et étudiants internationaux prive les établissements d’un financement essentiel. Plusieurs universités écrivent désormais leurs budgets à l’encre rouge.

Manque de personnel et sous-financement en éducation

Évidemment, le dernier budget de la CAQ a pavé la voie à une autre rentrée très difficile en éducation, alors que le ministère de l’Éducation aura droit à une maigre hausse de 0,9 % de ses crédits pour 2026-2027. Selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), cette hausse devrait être de 3,8 % pour couvrir les coûts de système.

Les conséquences de ce sous-financement est d’autant plus grave que le réseau accuse déjà un manque important de personnel de soutien pour fournir des services adaptés aux élèves. Cette situation augmente la pression sur le terrain et met à risque le personnel qui, selon une vaste enquête, est de plus en plus victime de violence au quotidien. Le ministère doit trouver rapidement des solutions pour contrer la violence à l’école en recrutant davantage de personnel qualifié et en levant le régime d’exception qui empêche les salarié-es de l’éducation de bénéficier des mêmes mécanismes de prévention que ceux prévus par le régime permanent de la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST).

La question du financement du transport scolaire est aussi préoccupante dans certaines régions où les centres de services scolaires ont coupé les budgets, bloquant du même coup l’accès au service à des centaines d’élèves. 

 

À propos

Fondée en 1921, la CSN compte près de 80 000 membres dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations. En tout, la CSN représente 350 000 membres dans tous les secteurs de l’économie.

Représentant 36 000 travailleuses et travailleurs au primaire et au secondaire répartis au sein de 37 syndicats, 6 300 membres dans les collèges répartis dans 34 syndicats, ainsi que quelques centaines de membres au niveau universitaire, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) est le plus grand représentant du personnel de soutien dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur au Québec.

Fondée en 1969, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) parle au nom de 85 % des professeur-es de cégep et de 80 % des chargées et chargés de cours des universités québécoises. Elle regroupe quelque 40 000 membres dans 45 cégeps, 50 établissements privés et 11 universités.

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente plus de 12 000 professionnèles, techniciennes et techniciens de partout au Québec, dont plus de 750 professionnèles du réseau collégial et universitaire et près de 1 500 professeur-es d’université.

Pour information :Caroline Cyr, service des communications - CSN, 514 968-6816