Lors du dernier conseil confédéral qui s’est tenu en mars 2012, les avancées québécoises en matière de lutte à l’homophobie ont été soulignées, ainsi que les efforts à soutenir pour continuer à normaliser et faire respecter la communauté des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT).
Un plan d’action gouvernemental de lutte à l’homophobie 2011-2016 a été lancé par le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier. Il fut inspiré par un groupe de travail mixte contre l’homophobie, né en 2004.,Passé sous l’égide du ministère en 2005, dans la foulée de la loi canadienne autorisant le mariage entre conjoints de même sexe, ce groupe de travail se compose de neuf ministère, trois organismes publics, trois organisations syndicales (la CSN, la FTQ et la CSQ), 15 organismes communautaires et deux chercheurs universitaires. « La CSN a accompagné tous les travaux qui ont mené à ce plan d’action : elle le salue et le soutient fièrement », rapporte Jean-Lortie, secrétaire général de la CSN et responsable du dossier LGBT.
Soixante initiatives prévues Le ministère de la Justice propose des mesures pour combattre les préjugés et démontre ouverture d’esprit et constance dans sa lutte à l’homophobie. Un véritable bureau est établi, au sein même du ministère, et des fonctionnaires sont affectés au respect des citoyens gays, bisexuels et transgenres! Mise en place de deux chaires de recherches universitaires à l’UQAM et à l’Université Laval, organisations de campagnes de sensibilisation nationales, augmentation de l’appui financier aux organismes de promotion et de défense des droits des personnes de minorités sexuelles, sensibilisation des milieux syndicaux et patronaux, attention particulière accordée au ministère du Travail pour prévenir et mieux gérer les cas de discrimination, le plan d’action fait état de 60 initiatives en tout.
« A priori, aucun autre État est allé aussi loin que le Québec et nous faisons l’envie de bien des pays », tient à souligner Jean Lortie qui rappelle toutefois que rien n’est acquis et s’inquiète des positions des Conservateurs. Même au sein de la population en général, les préjugés sont parfois encore tenaces. « Ces gens-là vivent et travaillent comme tout le monde. Ils doivent avoir les mêmes droits que les autres. Ils ajoutent simplement à la pluralité québécoise et se battent pour le faire valoir, comme les femmes ont eu à le faire dans les années 1970 et 1980 », croit Jean Lortie. Après l’égalité juridique, l’égalité civile et l’égalité sociétale constituent les prochains paliers à atteindre.
Au travail comme chez soi La CSN a à cœur le respect des membres de la communauté LGBT dans les milieux de travail. Le Réseau des alliées regroupe désormais les syndicats tolérants et ouverts, célébrant entre autres le 17 mai, la Journée internationale de reconnaissance de la minorité LGBT. « Notre vigilance devra s’exercer à long terme pour ne pas que les bonnes intentions s’étiolent ou que la lutte s’essouffle », met en garde le secrétaire général. Le risque d’intolérance est plus élevé dans les milieux à prédominance masculine comme le monde de la construction, de la police, des pompiers, ou dans les milieux sportifs. Il est moindre dans les milieux à dominante féminine ou à forte présence de membres de la communauté LGBT comme la restauration, l’hôtellerie ou le secteur de la santé et des services sociaux.
En décembre 2013, nous fêterons le 65e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La CSN organisera, en collaboration avec ses comités confédéraux de femmes, de jeunes, de groupes ethnoculturels et LGBT, un événement pour souligner les avancées, les reculs, les droits acquis ou à gagner, ainsi que les actions syndicales les plus indiquées dans les cas d’intolérance en milieu de travail.
La CSN encourage et soutient ses syndicats et organisations affiliés dans l’organisation d’activités de sensibilisation et de formation, et dans la gestion de problèmes spécifiques qui peuvent survenir. « Les besoins sont encore plus évidents en région qu’en zone métropolitaine à cause du manque de structure et de force des communautés LGBT isolées », rapporte Jean Lortie qui entend faire la promotion des outils et du soutien offerts par la CSN auprès des syndicats locaux et favoriser l’unité d’action.