En période estivale, chaque caissière sait que les ventes d’une journée cumulent souvent plus de 125 000 $. Le 21 août, après 35 journées de grève, les pertes dépassent largement les 4 millions.
Pour sa part, la masse salariale mensuelle du personnel syndiqué s’élève à environ 225 000 $. La Coop a perdu jusqu’à maintenant des centaines de milliers de dollars de profits au cours du conflit de travail. Pourtant, ce qui sépare les demandes syndicales des offres patronales est loin de représenter les pertes déjà engendrées par la fermeture du magasin. Dans ce cas, pourquoi le conseil d’administration de la Coop l’Unité s’entête-t-il à perdre de l’argent ?
Qui tire les ficelles ?
Une partie de la réponse se trouve dans la composition du comité patronal de négociation. En effet, le porte-parole de la Coop l’Unité, Me Jean-Sébastien Hébert, est un fidèle compagnon de la bannière IGA qui appartient à Sobey’s. Son objectif : faire diminuer les conditions de travail aux îles pour qu’elles atteignent les « standards du marché », sans tenir compte des profits faramineux générés par la Coop et encore moins de la réalité du coût de la vie aux îles. Selon ses propres mots : « un travail dans une épicerie a une valeur », peu importe où on se trouve au Québec. Autant dire aux grévistes qu’ils ne valent pas grand-chose.
De plus, l’employeur refuse catégoriquement de donner suite aux appels de la conciliation, mais ses représentants mentionnent publiquement être disponibles pour négocier.
Il apparaît clairement que la bannière IGA et Sobey’s donne des consignes à la table de négociation pour la partie patronale. Pourtant, la Coop l’Unité et son conseil d’administration ont entièrement la capacité légale et financière de mettre fin au conflit de travail, en répondant positivement aux demandes syndicales. Les dirigeants de la Coop n’ont qu’à mettre leurs culottes devant IGA et Sobey’s en faisant valoir leur autonomie comme coopérative.
Appel aux membres de la Coop l’Unité
En agissant sous la pression de la bannière IGA et de Sobey’s, notre coopérative et son fonctionnement prétendument démocratique sont remis en question. Les Madeliniennes et les Madelinots sont habitués à se serrer les coudes. Les conditions de travail de notre épicerie ne seront certainement pas dictées par le siège social d’une compagnie millionnaire. C’est aux membres de la Coop l’Unité de reprendre le contrôle de leur institution en donnant le mandat au conseil d’administration d’accorder aux employés les demandes portées par le syndicat.