Les déléguées syndicales ont participé à un atelier organisé par les trois organisations syndicales internationales la Confédération syndicale internationale (CSI), l’Internationale de l’éducation (IE) et l’Internationale des services publics (ISP), sous le thème «La syndicalisation pour un changement social – amélioration des vies et des moyens de subsistance».
Les organisations internationales représentent 70 millions de travailleuses à travers le monde. Ces femmes se battent pour travailler dans la dignité, pour faire reculer la pauvreté et pour éliminer les violences dont elles sont victimes.
Les panélistes ont livré de vibrants témoignages qui donnent de l’espoir quant à la capacité des femmes de contribuer à l’amélioration de la société.
La militante de l’Inde, Lyoti, a sensibilisé les déléguées sur le rôle joué par les femmes en région rurale. Les syndicats sont très actifs pour défendre les droits des femmes et les conditions de vie qui sont particulièrement difficiles. Les luttes se poursuivent et la valeur de leur travail doit être reconnue.
La représentante du Ghana, Adwoa, a fait le lien entre la lutte contre la pauvreté et la lutte contre les violences vécues par les femmes de son pays. Les syndicats appuient les femmes des régions agricoles, malgré leurs faibles moyens, pour leur permettre d’accéder aux soins de santé et de résister à la crise économique
Julie, professeure de d’université aux Philippines et représentante de l’Alliance des enseignantes, organisme affilié à l’Internationale de l’éducation, a expliqué la lutte menée par les enseignantes de son pays. Elles représentent 80 % du personnel enseignant, provenant en très grande majorité du secteur public. Elles se battent pour une augmentation de salaire (elles gagnent environ 50 $ américains par mois) pour la création de nouvelles écoles et pour l’accès au matériel et aux livres scolaires. Elles luttent aussi pour l’accès à la contraception et à l’éducation sexuelle, malgré une ferme opposition de l’Église catholique.
Une représentante canadienne, Andrée, a dressé un portrait plutôt sombre de la situation des femmes autochtones du Canada. Les femmes autochtones vivent un très fort taux de décrochage scolaire, le tiers des femmes vivent dans la pauvreté, dans des logements insalubres, sur des réserves. Elles occupent des emplois saisonniers, seulement 46% d’entre elles occupent un emploi à temps plein. Ces femmes doivent aussi lutter contre la violence et un taux de mortalité infantile très élevé. Certains gains ont toutefois été obtenus par les femmes autochtones: un programme d’accès à l’égalité en emploi, la mise en place de réseaux de communication entres les femmes des diverses communautés et une entente entre le gouvernement fédéral et les provinces devant financer le développement de l’éducation, du logement et des services sociaux dans les communautés autochtones.
Le faible taux de syndicalisation aux États-Unis accentue la pauvreté des femmes et leur font subir certaines formes d’esclavage. Une syndicaliste américaine du sud de la Virginie a dénoncé le peu de présence syndicale dans cette région en raison de la lutte féroce menée par les entreprises du secteur privé contre la syndicalisation. La décentralisation de l’industrie du textile vers les pays en développement a forcé les femmes du milieu rural à s’exiler en ville. La syndicaliste a expliqué que leur travail n’est pas reconnu et que la lutte pour la reconnaissance de leurs droits et de la valeur de leur travail doit se poursuivre, particulièrement la lutte pour l’équité salariale
La déléguée de la CSN, la conseillère Marie-France Benoit, a déploré, qu’aujourd’hui encore au Québec, le droit à la syndicalisation n’est pas acquis et que de nombreuses tentatives de syndicalisation font l’objet d’obstruction systématique, comme c’est le cas actuellement dans les dépanneurs « Couche Tard.
Les panélistes ont insisté pour que les syndicats soient actifs dans la promotion et le soutien des productions réalisées par les femmes, dont celles en milieu rural. Elles croient qu’il faut aussi développer la consommation locale. La lutte pour l’égalité salariale doit demeurer une priorité
Les militantes syndicales conviennent du rôle déterminant des syndicats pour préserver et développer la démocratie et de la nécessité de promouvoir le droit à la syndicalisation.