À l’occasion de l’ouverture de son 68e Congrès, qui se tient sous le thème « Syndicalistes. Point. » et qui réunit plus de 2 000 délégué-es de tous les secteurs d’emploi, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) lance un message clair à l’ensemble des partis d’opposition : tout changement de garde à Québec en octobre prochain doit s’accompagner d’un abandon immédiat des réformes antisyndicales imposées par la Coalition avenir Québec (CAQ).
« Il n’y a aucune ambiguïté pour nous. Les partis qui souhaitent former le prochain gouvernement doivent prendre le parti des travailleuses et des travailleurs et du progrès social en s’engageant à abolir les lois antisyndicales adoptées par la CAQ. Surtout dans un contexte où ces législations anti-travailleurs adoptées risquent d’être déclarées inconstitutionnelles », déclare la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
Une vision pour transformer le Québec
Les sujets débattus lors de ce congrès mettent en lumière l’ampleur des attaques portées au droit du travail et au mouvement syndical, notamment les restrictions au droit de grève; l’effritement des services publics et de l’État social; l’affaiblissement des mécanismes de santé et sécurité du travail et les entraves à l’autonomie syndicale.
Le 68e Congrès met de l’avant une identité forte et un positionnement clair : « Être syndicaliste aujourd’hui, c’est défendre un projet de société. C’est refuser les reculs, c’est proposer des solutions et c’est porter une vision ambitieuse pour le Québec », souligne la présidente.
Cette vision repose notamment sur :
- Le renforcement des services publics universels et accessibles, mis à mal par les politiques d’austérité et le recours au privé;
- Une fiscalité plus juste et des investissements structurants pour réduire les inégalités;
- Une transition écologique fondée sur la justice sociale et des emplois de qualité;
- Le développement économique des régions et la vitalité du territoire.
Encadrer l’intelligence artificielle et protéger le travail
La CSN appelle aussi les partis politiques à prendre acte des transformations majeures du monde du travail, notamment liées à l’intelligence artificielle. Elle réclame un encadrement législatif rigoureux et une stratégie de souveraineté numérique pour protéger les emplois, les droits et la démocratie. « Le prochain gouvernement devra agir rapidement pour encadrer l’intelligence artificielle et éviter qu’elle aggrave les inégalités et la précarité. Le progrès technologique doit profiter à tout le monde », insiste Mme Senneville.
L’avenir politique et constitutionnel du Québec
Le 68e Congrès amorce également une réflexion importante sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec. Fidèle à son rôle dans la société civile, la CSN souhaite que ses membres lui donnent le mandat d’entamer des consultations afin d’actualiser sa position sur cette question au cours des trois prochaines années.
« Pour la CSN, l’avenir politique du Québec n’appartient pas à un parti politique, mais à la population québécoise et à elle seule. C’est pourquoi la société civile, incluant le mouvement syndical, doit prendre sa place dans ce débat. Il s’agit d’un enjeu qui mérite un débat démocratique large, rigoureux et ancré dans les réalités d’aujourd’hui. Dans cette optique, nous voulons donc prendre le temps de consulter nos membres et construire une position qui reflète leurs aspirations, dans une perspective de justice sociale, d’égalité et d’inclusion », souligne Caroline Senneville.
Un appel clair à la responsabilité politique
La présidente termine en rappelant que peu importe l’issue du scrutin en octobre prochain, la centrale demeurera mobilisée et vigilante.
« Notre message est simple : il est temps de renouer avec le progrès social. Les droits syndicats et du droit du travail, ce sont des droits humains. On ne peut pas s’essuyer les pieds dessus », conclut Mme Senneville.