Mis en lock-out par leur employeur il y a plus d’un an, les employés de Béton Provincial à Longueuil et à LaSalle ont manifesté leur exaspération, mercredi, en marge d’un 5 à 7 qui réunissait les bonzes de l’industrie québécoise du béton.
Alors que l’Association béton Québec tient ces jours-ci sa semaine du béton, les lock-outés ont profité de l’événement pour dénoncer l’intransigeance de la compagnie Béton Provincial et de son propriétaire, André Bélanger, après que celui-ci ait racheté les usines du groupe Demix. Quatre mois après l’acquisition, en avril 2024, Béton Provincial a exigé de ses employés qu’ils acceptent un gel salarial de quatre ans, l’abolition de leur régime de retraite et la réduction substantielle de leurs assurances.
« Béton Provincial se targue d’être le chef de file de l’industrie, mais offre des conditions de misère à ses employés et refuse de négocier. Ce n’est pas ce qu’on appelle une saine concurrence. Ça se fait sur le dos de la cinquantaine d’employés de LaSalle et de Longueuil, ainsi que sur celui de leurs familles. Ça fait plus d’un an que Béton Provincial nous a jeté à la rue, nous privant de notre gagne-pain, sans même tenter de relancer la table de négociation. Cette posture est totalement inacceptable ! », de lancer Jean-François Gagné, opérateur de bétonnière et porte-parole du syndicat.
Le 26 janvier dernier, un rapport d’enquête du ministère du Travail avait conclu à la présence de briseur de grève à l’usine de LaSalle, en pleine violation du Code du travail. Il s’agit de la deuxième infraction en la matière constatée par les enquêteurs du ministère.
Pour la présidente de la CSN, Caroline Senneville, présente à la manifestation, cette attitude intransigeante porte ombrage aux autres joueurs de l’industrie. « En général, l’industrie bétonnière s’efforce de respecter ses employés. Nous avons été en mesure de négocier plusieurs conventions collectives dans le secteur. Ce n’est pas toujours facile, mais nous sommes en mesure de convenir d’ententes satisfaisantes pour les deux parties, sans même que les conflits de travail deviennent la norme. Voilà pourquoi nous sommes de plus en plus étonnés du mépris de Béton Provincial envers ses employés : 14 mois de lock-out, sans même changer d’un iota sa position à la table de négociation, c’est du jamais-vu. Il est temps que la direction revoie sa façon de faire et mette tout en œuvre pour en arriver à un règlement. »
Après avoir acheté l’entreprise Demix en avril 2024, Béton Provincial a déposé une offre financière au syndicat qui représente les employés de LaSalle et Longueuil : un gel salarial de quatre ans, suivi d’augmentations annuelles de 2 % en 2028 et 2029. L’employeur exige aussi la fin de sa contribution au régime de retraite, laquelle correspond à 5,5 % du salaire gagné, pour la remplacer par une « prime » de 0,50 $ l’heure travaillée. Béton Provincial souhaite également réduire sa contribution au régime d’assurance collective pour le substituer par un nouveau régime modulable beaucoup moins avantageux.
Le Syndicat des travailleurs de Béton Provincial (LaSalle-Longueuil)–CSN représente les 50 opérateurs de bétonnières, mécaniciens et hommes de cour de ces deux sites. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), au Conseil central de la Montérégie–CSN et au Conseil central du Montréal métropolitain–CSN. Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.






