La crise climatique est déjà bien réelle au Québec et il est grand temps de négocier une transition juste si on ne veut pas en subir les nombreuses conséquences. C’est là la teneur du dîner-causerie sur l’environnement, qui était animé par Annie Chaloux, professeure à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de la question climatique.
Quelques faits révélateurs de la crise :
-En 2025, Montréal a atteint la deuxième pire qualité de l’air au monde en raison des feux de forêt.
-En 2025, le Québec a connu 4 canicules totalisant 20 jours au-dessus de 30 degrés Celsius. 2023, 2024 et 2025 ont d’ailleurs été les trois années les plus chaudes de l’histoire, à l’échelle planétaire.
-En 2025, l’Ontario a subi la pire tempête de verglas depuis 1998.
« Ce n’est pas quelque chose qui se passe à l’extérieur de nos frontières », souligne Annie Chaloux. Celle-ci rappelle que le coût annuel des changements climatiques au Canada s’élève actuellement à 25 G$ et que, si rien ne change, il risque d’augmenter à 100 G$ d’ici 2050.
Décarboner l’économie avec justice
Il est donc primordial de décarboner notre économie, d’éliminer autant que possible le recours aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). Pour que ça aille de l’avant sans ressac, il faut cependant que ce soit une transition juste et négociée. Le coût des immenses chantiers requis à cet effet ne doit donc pas exacerber les inégalités existantes. Dans le monde, les 10 % les plus riches émettent 50 % des gaz à effet de serre et les 50 % les plus pauvres n’en produisent que 10 % ! Les plus pauvres contribuent peu au problème, mais ils subissent davantage les conséquences d’une telle réalité. Il ne faut pas accentuer cette injustice.
Le transport, principale source d’émissions au Québec, doit être entièrement repensé, notamment en réorganisant les villes et en rendant le transport collectif plus accessible.
« Subirons-nous cette transformation ou choisirons-nous d’y participer ? », interroge Annie Chaloux.
La conférencière met toutefois en garde contre le fait d’invoquer le président Trump pour justifier l’inaction, alors que la « révolution verte », qui devrait succéder à notre révolution tranquille, devrait déjà être engagée. Le délégué Sébastien Collard s’est dit préoccupé par le fait que l’Amérique du Nord est à la traîne sur cette transition et que cela représente un « risque pour nos emplois », à moyen terme. Lorsque l’ère Trump sera derrière nous et que la Chine et d’autres pays seront très en avance sur la question des nouvelles technologies nécessaires, nous risquons de devenir les cancres de l’économie mondiale.
Les avantages de la transition
Souvent, la transition est présentée comme un simple coût, une épreuve. Annie Chaloux insiste sur tous les aspects positifs qui, pourtant, en découlent.
-Des logements mieux isolés sont plus confortables et moins chers à chauffer.
-Les transports collectifs réellement accessibles représentent une économie importante et une baisse du stress lié au trafic.
-Des villes et des espaces de vie avec plus d’arbres sont plus frais et contribuent à une bonne santé mentale.
-Des emplois de qualités dans des secteurs d’avenir.