Unanimité vous avez dit ?

Le SAPSCQ apprenait hier, dans un article d’Éric Thibault dans le Journal de Québec, que la libération conditionnelle de Stéphane « Godasse » Gagné faisait l’unanimité auprès des juges, procureurs et policiers. Le syndicat se dit étonné qu’à aucun moment son opinion n’ait été sollicité, d’autant plus que les trois victimes de Godasse et son complice sont toutes des agents de la paix en services correctionnels.

Rappelons que Godasse a tué Diane Lavigne, agente de la paix en service correctionnel en fonction (ASC), en juin 1997, puis a tenté d’assassiner Robert Corriveau, aussi ASC en fonction, en septembre 1997, pendant que son complice abattait Pierre Rondeau. Bien que par la suite, il soit devenu délateur et que son témoignage a permis de faire emprisonner Maurice « Mom » Boucher, le syndicat croit qu’il devrait purger la totalité de sa peine, étant donné la gravité des gestes posés.

Il est évident, pour le syndicat, que ce sont les agents de la paix en services correctionnels qui ont été ciblés. « Nos collègues ont été tués parce qu’ils étaient agents de la paix en services correctionnels, c’est un acte d’intimidation et chacun d’entre nous aurait pu être la cible de Godasse », soutient Mathieu Lavoie, président du syndicat. Qui plus est, ces évènements qui ont coûté la vie à deux membres du syndicat visaient clairement à ébranler le système de justice », ajoute-t-il. Le SAPSCQ est le représentant officiel des agents de la paix en services correctionnels, d’où son étonnement de ne pas avoir été consulté.

À propos
Le SAPSCQ est le syndicat de tous les agentes et agents de la paix en services correctionnels du Québec et regroupe près de 2800 membres. Il est membre de la Fédération des employées et employés de services publics qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

La CSN est une organisation syndicale qui regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les syndicats du Regroupement des traversiers CSN dénoncent les tactiques malhonnêtes de la Société des traversiers du Québec

Réunis en assemblée générale les 8 et 9 novembre, les membres des syndicats CSN des traverses Québec – Lévis et Sorel – Saint-Ignace-de-Loyola ont choisi de maintenir la pression en réaffirmant leur adhésion au mandat de grève, voté en septembre dernier. Ainsi, le service sera interrompu totalement entre Québec et Lévis et entre Sorel et Saint-Ignace-de-Loyola les jeudi 12 et vendredi 13 novembre. Ces journées s’ajoutent à la première journée de grève du Front commun qui s’est tenue dans la semaine du 26 octobre.

La semaine dernière, des porte-parole de la Société des traversiers du Québec (STQ) ont laissé entendre que des négociations étaient en cours avec les syndicats pour que des services soient maintenus lors des journées du 12 et 13 novembre. La STQ a même affiché un communiqué à l’intention des usagers de la traverse de Sorel – Saint-Ignace-de-Loyola le 9 novembre, indiquant que les bateaux circuleraient normalement le 13 novembre. Or, il n’y a jamais eu de négociation de cette nature entre les parties.

« La Société des traversiers tente par tous les moyens de discréditer les décisions prises démocratiquement par les travailleurs et les travailleuses. Ce n’est pas de gaité de cœur que les employés des traverses font la grève. Ils en sont arrivés là parce qu’il n’y a aucune avancée à la table de négociation depuis des mois », a déclaré Denis Marcoux, président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

Le comité de négociation du Regroupement des traversiers CSN déplore le fait qu’en raison de l’annulation par l’employeur des deux dernières rencontres prévues les 26 et 29 octobre, les parties syndicale et patronale ne se sont pas réunies pour négocier les matières sectorielles depuis le 17 septembre dernier.

« Au lieu d’utiliser ces tactiques malveillantes, la STQ devrait plutôt mettre de la pression sur le Conseil du trésor afin d’obtenir des mandats qui lui permettent de négocier des conditions de travail acceptables pour les employé-es des traverses », a affirmé M. Marcoux.

Pour la traverse Matane – Baie-Comeau – Godbout, celle-ci étant assujettie aux services essentiels, une entente avait déjà été conclue et entérinée par la Commission des relations de travail (CRT) le 4 novembre dernier voulant qu’il y ait une interruption complète du service de cette traverse le 12 novembre, et que le service régulier reprenne le lendemain, soit le 13 novembre.

À propos
Le Regroupement des traversiers réunit les syndicats CSN des traverses de Sorel – Saint-Ignace-de-Loyola, Québec – Lévis et Matane – Baie-Comeau – Godbout. Ces syndicats représentent près de 200 membres qui occupent principalement les emplois de préposé passerelle et quais, caissier, matelot, gardien-matelot, soudeur et électricien. Ils sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) qui regroupe 425 syndicats représentant plus de 56 000 syndiqué-es travaillant dans les secteurs public et parapublic. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.

Le secteur préhospitalier mène des actions de visibilité aux côtés du Front commun

Les travailleuses et les travailleurs du secteur préhospitalier, dont la convention est échue depuis le 31 mars dernier, mènent depuis le 27 octobre dernier des actions de visibilité pour signifier leur volonté d’obtenir de meilleures conditions salariales.

Les salarié-es du secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN ont décidé d’opter pour des actions de visibilité au même moment que les membres du Front commun. Bien qu’ils ne travaillent pas directement pour l’État, leurs conditions salariales sont imposées par le gouvernement. À l’instar des salarié-es des secteurs public et parapublic, les paramédics, les répartiteurs et les répondants médicaux d’urgence (RMU) et leurs collègues employé-es de soutien jugent les offres gouvernementales méprisantes. « Ce n’est pas sérieux. Dans les dernières années, notre secteur a réussi à obtenir un certain rattrapage et notre travail est aujourd’hui davantage reconnu. Si nous acceptons les offres gouvernementales, nous allons reculer et perdre cette reconnaissance si durement acquise », affirme Jean Gagnon, représentant du secteur pour la FSSS-CSN.

Les salarié-es du secteur préhospitalier joignent leur voix à l’ensemble du Front commun pour dénoncer les dernières offres gouvernementales, « au lieu de deux ans de gel immédiat, on nous propose un gel la première et la dernière année, c’est du pareil au même. » lance Jean Gagnon.

Les paramédics continuent de porter leur épaulette affichant un message de solidarité. Pour leur part, les RMU et les employé-es de soutien sont aussi visibles dans leurs milieux de travail pour faire entendre leur message. « Nous voulons que la population du Québec et les employeurs comprennent que nous sommes également concernés, à l’instar des autres secteurs privés (RI/RTF, CPE et RSG) de la FSSS-CSN, par les offres gouvernementales actuelles et que nous ne pouvons pas accepter que nos conditions se dégradent encore. Au final, ce sont les services à la population qui risquent d’écoper », soutient Dany Lacasse, vice-président de la FSSS-CSN.

Les paramédics, RMU et employé-es de soutien maintiendront leurs actions de visibilité aussi longtemps que nécessaire. Il est à noter que les négociations avec les différentes associations patronales, Urgences-santé et le ministère de la Santé et des Services sociaux sur les matières autres que le salaire s’ouvrent actuellement. « Pour le moment, nos actions de visibilité ne concernent que l’enjeu salarial. Nous laissons le temps aux différentes tables de négociation de progresser sur les autres matières avant d’envisager quoi que ce soit d’autre », indique Jean Gagnon.

À propos

Le secteur du préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) regroupe près de 3600 membres répartis sur tout le territoire québécois. La FSSS-CSN compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé et est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Participation de la CSN à une série d’émissions de RADIO CENTRE-VILLE 102,3 FM

En partenariat avec la CSN, l’équipe de Radio Centre-Ville présentera une série de six émissions sur les travailleuses et les travailleurs.

À travers des analyses, opinions et témoignages d’experts, d’acteurs du milieu syndical et communautaire, et de travailleuses et de travailleurs qui ont leur mot à dire, Radio Centre-Ville dresse un portrait actuel du marché de l’emploi au Québec.

Les émissions seront présentées du lundi 9 novembre au vendredi 13 novembre dès 11 h 30 sur les ondes de Radio Centre-Ville, 102,3 FM, et en baladodiffusion au www.radiocentreville.com

Des sujets aussi variés que l’avenir du syndicalisme au Québec, les femmes immigrantes sur le marché de l’emploi et les compressions budgétaires et leurs impacts seront abordés lors de cette semaine thématique.

PROGRAMMATION

  • Lundi 9 novembre o 11 h 30 : L’avenir du syndicalisme au Québec o 12 h 00 : Le code du travail : toujours adapté au marché du travail ?
  • Mardi 10 novembre o 11 h 30 : Les agences de placement temporaire
  • Mercredi 11 novembre o 11 h 30 : Prospérité économique et syndicalisme vont-ils de pair ?
  • Jeudi 12 novembre o 11 h 30 : Les femmes immigrantes sur le marché de l’emploi
  • Vendredi 13 novembre o 11 h 30 : Les compressions budgétaires et leurs impacts

Le MSSS doit s’en préoccuper

La question de la violence obstétricale a fait l’objet de plusieurs conférences lors du congrès de l’Association canadienne des sages-femmes. À ce sujet, Lorraine Fontaine, coordonnatrice de la Coalition pour la pratique sage-femme du Québec (CPPSFQ), s’est montrée sans équivoque : une pratique sage-femme qui privilégie la continuité des soins par la même professionnelle durant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, est un moyen pour contrer le problème de violence obstétricale qui peut prendre plusieurs formes. Le problème est mis en évidence par plusieurs organisations et rapporté par bon nombre de femmes qui accouchent au Québec.

La violence obstétricale, rappelle-t-elle, constitue les mauvais traitements subis par des femmes lors de la grossesse et de l’accouchement. Pour en souligner l’importance, Lorraine Fontaine souligne que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis une déclaration en septembre 2014 à l’assemblée générale de l’ONU sur la prévention et l’élimination du manque de respect et des mauvais traitements lors de l’accouchement dans les établissements de soins.

« Par ailleurs, bien des femmes vivent de véritables épreuves lors de l’accouchement, notamment en raison de la surmédicalisation. La pratique sage-femme est résolument axée sur les besoins des femmes, favorisant ainsi une relation égalitaire. La recherche démontre que cela réduit les interventions obstétricales », ajoute aussi Lorraine Fontaine.

Dans tous les pays, la surmédicalisation de la grossesse et de l’accouchement menace le bien-être des femmes et de leurs familles, selon le journal médical The Lancet. Le recours aux interventions non nécessaires et souvent non fondées sur des données probantes, incluant entre autres la césarienne, l’induction, les entraves à la mobilité pendant le travail et l’épisiotomie, peuvent avoir des effets dévastateurs à long terme que le Ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) ne peut ignorer. « La CPPSFQ veut des engagements concrets de la part du ministère de la Santé pour qu’il reconnaisse l’existence de la violence obstétricale, en lien avec la déclaration de l’OMS et en cohérence avec ses propres engagements », renchérit la coordonnatrice de la Coalition.

Rappelons que le déploiement des services de sage-femme et des maisons de naissance a fait l’objet au printemps 2015 du lancement d’un cadre de référence par le MSSS qui reconnaît le rôle des usagers et des comités de parents dans le développement des projets. Un rôle que la Coalition pour la pratique sage-femme, lieu de concertation entre les femmes et les sages-femmes unique au Canada, reconnaît également.

« La pratique promue par les sages-femmes est respectueuse des choix des femmes et agit en prévention de la violence envers toutes les femmes qui accouchent. Pour cette raison, les sages-femmes doivent être présentes dans les lieux de dialogues et de concertation en santé et avoir la possibilité de participer aux débats. La violence obstétricale doit préoccuper l’ensemble des professionnel-les de la santé, incluant les sages-femmes », conclut Lorraine Fontaine.

Justin Trudeau doit demander que les aspects dommageables du traité soit corrigés

La divulgation aujourd’hui du texte du Partenariat transpacifique (PTP) confirme qu’il s’agit d’un accord dommageable qui sert les intérêts des grandes entreprises aux dépens des emplois au Canada et de notre souveraineté. Il est vital que le gouvernement libéral maintenant au pouvoir négocie des modifications. Les deux plus grands réseaux d’organisations sociales luttant au Canada pour des accords commerciaux justes et équitables exigent du premier ministre Justin Trudeau qu’il respecte son engagement électoral sur le PTP de « tenir un débat public approfondi et ouvert au Parlement pour faire en sorte que les Canadiennes et Canadiens soient consultés ».

Le Réseau pour un commerce juste / Trade Justice Network (RCJ-TJN) et le Réseau québécois sur l’Intégration continentale (RQIC), dont est membre la CSN, somment le gouvernement de réaliser une étude d’impact en profondeur pour s’assurer que le PTP serve l’intérêt public. « Nous sommes tous en faveur du commerce et des échanges; le mode de vie de millions de Canadiennes et Canadiens en dépend. Mais il doit s’agir d’un commerce juste et équitable – et il doit être bon pour le Canada », a affirmé Martin O’Hanlon, Président au Canada du Syndicat des communications d’Amérique (SCA-CWA) et porte-parole pour le RCJ-TJN.

« Il est vital pour notre économie et pour notre démocratie qu’ait lieu un débat réellement ouvert sur le PTP et que le gouvernement montre sa volonté politique d’y apporter des révisions. » Larry Brown, co-président du RCJ-TJN soutient que les décisions du gouvernement doit reposer sur des faits et des analyses d’impact rigoureuses. « Une révision indépendante et impartiale de l’accord est nécessaire », affirme M. Brown. « Nous savons qu’il y aura des pertes d’emplois. Quels seront les bénéfices? On ne peut être appelé à accepter un accord de libre-échange qui transformera notre économie sans que toute l’information soit disponible, uniquement sur la base d’une rhétorique joviale », a-t-il ajouté. Le texte vient à peine d’être rendu public, mais il est déjà clair que le PTP constituerait un désastre pour plusieurs travailleur-euse-s et leurs familles, ainsi qu’une menace pour la vie démocratique au pays.

Il est pressenti que l’accord conduirait à la perte de milliers d’emplois au Canada et forcerait nos travailleuses et travailleurs à entrer en compétition avec des salaires de 65 cents l’heure au Vietnam ou des conditions de travail proches de l’esclavage en Malaisie. L’accord permettrait aussi aux entreprises transnationales de piétiner la souveraineté du Canada en leur octroyant le privilège de poursuivre des gouvernements devant des tribunaux d’arbitrage commercial opaques -contournant nos cours de justice- si elles estiment être lésées et perdre des profits à cause de nos normes de travail, de santé, de protection de l’environnement, entre autres. « Le Canada est présentement poursuivi pour plus de 6 milliards de dollars en vertu de l’ALÉNA et du mécanisme Investisseur-État (RDIÉ) », a tenu à souligner Pierre-Yves Serinet, porte-parole du RQIC.

« Le PTP approfondit les restrictions au droit de réguler pour l’intérêt public. Le RDIÉ limite la capacité des gouvernements de faire face aux changements climatiques, par exemple, le mécanisme doit être retiré des accords de libre-échange afin de maintenir la marge de manœuvre politique nécessaire à la mise en œuvre de mesures solides face aux défis environnementaux », a affirmé Pierre-Yves Serinet, alors que le Premier ministre Trudeau se prépare à participer à la Conférence sur les changements climatiques COP21 à Paris où il a signalé son intention de refaire du Canada un acteur engagé. Il est inquiétant, et très parlant, que le PTP ait été négocié en secret avec une participation significative de plus de 600 lobbyistes du monde des affaires, tandis que les dirigeant-e-s syndicaux, les environnementalistes et autres experts sociaux n’ont pas été consultés. Même les parlementaires n’ont pas eu voix au chapitre.

L’accord contient d’autres problèmes sérieux qui méritent un débat:

  • Le gouvernement pourrait être forcé de vendre ses Sociétés de la Couronne, comme Postes Canada.
  • Les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux ne pourraient plus garantir que les contrats gouvernementaux soient accordés à des entreprises canadiennes ou locales, ce qui pourrait avoir un effet dévastateur sur certaines communautés.
  • Les nouvelles protections accordées aux grandes entreprises pharmaceutiques coûteront annuellement des milliards de dollars aux Canadiens.
  • On impose de nouvelles limites sur notre capacité à décider de nos propres règles en matière d’utilisation d’internet et de protection de la vie privée.
  • L’accord n’inclut pas de mécanismes contraignants pour faire respecter les normes en matière de droits du travail et de protection de l’environnement.

Une entente de principe a peut-être été signée, mais il ne s’agit pas encore d’un accord final. Plusieurs obstacles se dressent, dont une adoption au Congrès des États-Unis, sans compter la présence de campagnes citoyennes vigoureuses contre le PTP dans plusieurs pays.  « Il est maintenant temps pour les Canadiennes et les Canadiens de dire à leurs politiciens ce qu’ils n’aiment pas du PTP et que le Parlement ne devrait pas le ratifier sans que des modifications fondamentales puissent être apportées », a conclu M. Brown. « Nous devons protéger les emplois au Canada et le principe de souveraineté. Nous devons nous assurer que tous les pays membres du PTP rencontrent les exigences au plan démocratique, les normes des droits du travail, de la santé et de l’environnement. »

Le fédéral doit agir dans le dossier des frais accessoires au Québec

Un regroupement d’organisations qui s’opposent aux frais accessoires en santé salue l’entrée en fonction de la nouvelle ministre fédérale de la Santé, madame Jane Philpott. Sa nomination survient au moment même où son homologue provincial du Québec, M. Gaétan Barrette, s’apprête à faire adopter le projet de loi 20 qui autoriserait la facturation de certains soins de santé, communément appelés frais accessoires, officialisant ainsi une brèche vers un système de santé à deux vitesses.. De tels frais sont pourtant illégaux en vertu de la Loi canadienne sur la santé.

Alors que sa prédécesseure conservatrice, madame Rona Ambrose, se réfugiait dans un mutisme inquiétant, le regroupement appelle madame Philpott à intervenir rapidement en vue d’assurer le respect de cette loi fédérale qui interdit strictement ces frais en préconisant l’accessibilité et l’universalité des soins de santé.

Madame Philpott, qui est aussi médecin de famille, s’est portée à la défense de ces principes par le passé. C’est donc avec espoir que les différentes organisations lancent aujourd’hui cet appel à la nouvelle ministre fédérale.

À propos du regroupement
Au sein du regroupement d’organismes qui luttent contre les frais accessoires en santé, on compte Médecins québécois pour le régime public (MQRP), la Fédération de la Santé et des services Sociaux-CSN, la Fédération des professionnèles-CSN, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Coalition solidarité santé, l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ), le Conseil de Protection des maladesle Réseau FADOQ, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et le Cabinet Grenier Verbauwhede avocats.

En grève générale illimitée

En négociation depuis le 21 mai 2015, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean (CSN) Section Villa St-Alexis entreront en grève générale illimitée le 14 novembre prochain.

Les discussions à la table de négociation achoppent principalement sur la question de la rémunération. « Le salaire moyen des travailleuses et des travailleurs de la Villa Saint-Alexis est à peine au-dessus du salaire minimum et l’employeur a le culot de leur demander de faire des concessions importantes sur le nombre de congés pour financer leur propre augmentation c’est-à-dire un montant qui représente environ 10 000 $ !», souligne d’entrée de jeu la présidente du syndicat, Édith Tremblay.

« Quand ton salaire est sous le seuil de la pauvreté, chaque dollar compte, mais quand tu as les moyens d’investir près de 17 millions dans des projets d’agrandissement, ce 10 000 $ représente une goutte d’eau dans l’océan. Le seul mot qui me vient à l’esprit c’est mépris : mépris pour les salarié-es et mépris pour les usagers » de déclarer Danielle Lemire, représentante du secteur des Syndicats des Centres d’hébergement privés affiliés à la FSSS.

Rappelons que les travailleuses et travailleurs de la Villa Saint-Alexis ont adhéré à une négociation coordonnée qui se déroule à la grandeur du Québec. En réponse aux propositions irrespectueuses de l’employeur, ils ont adopté en assemblée générale, le 23 septembre dernier, un mandat d’augmentation des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève. La liste des services essentiels et l’avis de grève ont été envoyés le 4 novembre dernier pour un déclenchement de la grève le 14 novembre.

Le président du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Engelbert Cottenoir, évoque la solidarité à laquelle les membres du syndicat ont droit. « Il est inacceptable de voir de quelle façon l’employeur traite ses salarié-es qui ont à cœur leur travail et surtout les résidents. Ces travailleuses et travailleurs de la région peuvent compter sur la force de la CSN et au moment jugé opportun, les 15 000 membres CSN du Saguenay – Lac-Saint-Jean seront derrière eux ! », fait-il valoir.

Loin d’être seuls
« Les salarié-es sont déterminés à se sortir de la précarité en livrant cette bataille importante jusqu’au bout. D’ailleurs, la quasi-majorité des accréditations qui ont adhéré à la négociation coordonnée ont accepté de soutenir les salarié-es en conflit en versant un dollar de leur salaire par paie, par membre. L’employeur doit comprendre que nous sommes organisés et que nous allons lui tenir tête, car ces travailleuses et travailleurs travaillent d’arrache-pied auprès de vos familles », ajoute pour sa part la représentante du secteur des Syndicats des centres d’hébergement privés, Danielle Lemire.

D’autres négociations dans le secteur des Centres d’hébergement privés affiliés à la CSN sont en cours et à venir. « Les négociations sont bien entamées au Carré Nérée et les discussions entre les parties avancent bien en ce qui a trait à l’organisation du travail. Dans quelques semaines débuteront les négociations de la section du Centre d’hébergement privé les Augustines de Roberval, ainsi que la Résidence l’Émeraude, toujours à Roberval. Que les employeurs qui négocieront avec nos travailleuses et travailleurs se le tiennent pour dit, la CSN est déterminée à améliorer de façon importante les conditions de ses membres. Les travailleuses et travailleurs de la Villa Saint-Alexis peuvent compter sur l’appui total des syndicats du secteur public, affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) de la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean. N’oublions pas que notre mission est la même : donner les meilleurs services qui soient aux aîné-es de la région. Les salarié-es de la Villa Saint-Alexis ont le droit d’avoir des conditions de travail décentes », a finalement conclu le vice-président régional de la FSSS-CSN, Gaston Langevin.

 

Un bon départ, dit la CSN

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) se réjouit que le gouvernement de Justin Trudeau ait déjà respecté deux de ses engagements de la dernière campagne électorale en réhabilitant le recensement long et en établissant la parité entre les hommes et les femmes au conseil des ministres, une première. En outre, la reconnaissance des changements climatiques dans la dénomination du ministère de l’Environnement marque un net virage par rapport à l’attitude totalement rétrograde de l’ancien gouvernement Harper à cet égard.

« À la veille de la conférence de Paris sur les changements climatiques, le nouveau gouvernement libéral soulève de nombreux espoirs d’un océan à l’autre sur la question environnementale, a réagi le président de la CSN, Jacques Létourneau. La nouvelle ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, aura fort à faire pour changer la perception qu’ont les autres pays à l’égard du Canada, mais il s’agit d’un très bon départ. En outre, le fait de mieux reconnaître la place des femmes au Parlement est une avancée considérable qui tranche avec des décennies de sexisme. »

À ce chapitre, la CSN souligne aussi l’arrivée de Mélanie Joly, qui avait démontré son appui au diffuseur public Radio-Canada, au ministère du Patrimoine canadien, de l’ancienne chef autochtone Jody Wilson-Raybould comme ministre de la Justice et de Procureur général du Canada, ainsi que Carolyn Bennett comme ministre des Affaires autochtones. « La promesse de tenir une commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées semble en meilleure voie que jamais d’être respectée. C’est très positif », a noté Jacques Létourneau.

Les attentes du nouveau gouvernement sont élevées et la CSN se fera un devoir de rappeler les engagements pris par Justin Trudeau au cours de la dernière campagne électorale. Outre le rétablissement du financement de Radio-Canada pour assurer sa pérennité, l’abrogation des lois antisyndicales C-525 et C-377, l’annulation de la réforme du régime d’assurance-emploi de 2012 et de celle visant les fonds de travailleurs, la CSN souhaite notamment que le nouveau gouvernement maintienne un dialogue avec les organisations syndicales sur les questions sociales et économiques, tel que promis par Justin Trudeau. « Nous souhaitons qu’il aille de l’avant avec son engagement de revoir le mode de scrutin. Nous attendons aussi de lui qu’il adopte une meilleure attitude dans les négociations avec la fonction publique canadienne que celle prise par son prédécesseur », a poursuivi le président de la CSN.

 

La CSN salue la mobilisation du secteur communautaire

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) salue la mobilisation du secteur communautaire qui a entrepris une grève de deux jours depuis hier. « En dressant des piquets de grève devant plus de 1300 groupes populaires durant deux jours, les centaines d’employé-es œuvrant dans des organismes qui fournissent au quotidien des services indispensables à leurs communautés, et en particulier aux plus démunis, démontrent leur attachement à l’État social du Québec, durement mis à mal par les politiques d’austérité du gouvernement Couillard », a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Ce dernier a tenu à souligner la détermination et la combativité de toutes ces personnes qui participent à la mobilisation contre le plan de démolition des libéraux depuis plus d’un an. « L’opposition aux politiques du gouvernement en place à Québec ne cesse de croître, a poursuivi Jacques Létourneau. Ce sont justement ces politiques qui alimentent cette grogne. Par ses actions d’envergure, le secteur communautaire faire preuve d’une mobilisation impressionnante ! »

L’austérité du gouvernement de Philippe Couillard n’épargne personne. Les services publics ont vu leurs budgets de fonctionnement réduits de plus de 3,4 milliards de dollars en un an, les travailleurs et les travailleuses de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux ont reçu des offres méprisantes de sa part et le financement des organismes communautaires est aussi passé à la moulinette. Jacques Létourneau : « En se mobilisant ainsi, ces hommes et ces femmes ne revendiquent pas uniquement un meilleur financement et des moyens d’échapper aux menaces qui pèsent sur la survie des groupes populaires. Ils luttent pour un meilleur partage de la richesse au Québec et contre l’appauvrissement qui découle des mesures restrictives des libéraux. Nous sommes solidaires avec eux. »

 

Une bonne nouvelle pour l’avenir de l’établissement

Les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel Reine Elizabeth-CSN – STTHRE (FC-CSN) accueillent favorablement l’annonce des rénovations majeures de l’établissement. Celles-ci auront toutefois un impact important sur les salarié-es qui y travaillent puisque la fermeture complète du plus grand hôtel au Québec durera environ un an.

« Depuis l’annonce d’hier, plusieurs rencontres ont eu lieu entre l’employeur et les salarié-es afin de saisir l’ampleur des travaux qui commenceront dès l’été prochain. Nous sommes contents de constater que ces rénovations consolideront les emplois actuels, d’autant plus que l’employeur a même annoncé que de nouvelles activités feront augmenter le nombre de travailleuses et de travailleurs, de déclarer Nejia Chehidi, présidente du STTHRE. Même si nous devrons composer avec le fait que nous n’occuperons pas notre travail habituel durant une période variant de 9 à 12 mois, le syndicat va collaborer étroitement à la réussite de cet imposant projet de rénovations ».

Dès la mi-juin 2016, la fermeture complète du Reine Elizabeth touchera plus de 600 employé-es, dont la grande majorité seront temporairement mis à pied. « Si les grands hôtels veulent demeurer attirants, ils doivent procéder à des améliorations. Ce projet de rénovations majeures était dans l’air depuis plusieurs années, mais nous sommes tout de même surpris de l’ampleur de l’annonce faite hier. Une fermeture d’une année qui implique une réfection totale de cet hôtel incontournable à Montréal, ce n’est évidemment pas commun. Mais comme nous l’avons toujours fait dans le passé, nous allons soutenir les travailleurs et les travailleuses dans cette période difficile.

Puisque la clientèle habituelle du Reine Elizabeth devra se loger ailleurs, nous solliciterons le partage de besoin en main-d’œuvre dans les autres hôtels syndiqués afin d’aplanir la problématique des mises à pied et de favoriser le replacement temporaire du plus grand nombre de salarié-es, tout en nous assurant qu’ils aient droit au soutien de l’assurance-emploi, le cas échéant », de préciser Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce-CSN et responsable politique du secteur de l’hôtellerie.

La CSN satisfaite de l’issue des travaux

La CSN salue le projet de loi 57 sur le financement des régimes à prestations déterminées et le respect des différents consensus qui se sont dégagés des travaux qui ont permis de le mener à bien. « Les régimes de retraite font partie intégrante de la rémunération et sont une composante très importante des conditions et des relations de travail. Nous apprécions le fait que le gouvernement ait travaillé de concert avec les représentants des travailleurs et des employeurs pour la question des régimes complémentaires de retraite qui les concerne de près », a soutenu la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, en commission parlementaire. Le projet de loi actuellement à l’étude est nécessaire et permettra de consolider le financement des régimes de retraite du secteur privé, a-t-elle ajouté. Cependant, les problèmes du système de retraite québécois sont encore nombreux et d’autres réformes doivent être entreprises rapidement afin de permettre à toutes et tous d’accumuler un revenu adéquat pour assurer leurs vieux jours. »

Rappelons que le projet de loi 57 est le résultat d’un travail de concertation auquel la CSN a participé activement, notamment par la production de plusieurs mémoires et études sur la question des régimes de retraite. En tant que membre du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM), elle a également pris une part active aux travaux du sous-comité mis sur pied par le ministre du Travail sur les régimes de retraite à prestations déterminées dans le secteur privé. « Nous souhaitons continuer à travailler dans cette voie pour la suite, car nous pouvons constater que cette façon de faire porte fruit », a ajouté Francine Lévesque.

La nouvelle méthode de financement proposée

La CSN estime que la sécurité des prestations et le versement des rentes promises doivent demeurer une priorité lorsqu’il est question de la méthode de financement d’un régime de retraite. Or, il ne faut pas que cela mette en péril la survie du régime ou prive les prochaines générations de travailleurs d’un régime de retraite adéquat. « En renonçant au financement sur la base de la solvabilité et en créant un fonds de stabilisation qui varie en fonction du niveau de risque des placements, nous croyons que le financement sera plus stable », explique la vice-présidente de la CSN.

Pour Francine Lévesque, le projet de loi 57 favorisera la survie des régimes de retraite à prestations déterminées actuellement en place, ce qui est une bonne nouvelle en soi. « C’est un pas dans la bonne direction. Maintenant, il faut continuer sur cette lancée afin que de nouveaux régimes se mettent en place et que toutes et tous puissent améliorer leur sécurité de revenu à la retraite. »

Loi 15 sur les régimes de retraite municipaux

Francine Lévesque aurait souhaité que le ministre Pierre Moreau emprunte la même voie pour son projet de loi 15 sur les régimes de retraite du secteur municipal. Car même si le gouvernement a adopté quelques amendements, cette loi est toujours inapplicable et incomplète et ne permettra pas d’assurer la pérennité des régimes visés. « Il ne reste que quelques mois avant l’échéance du 1er février 2016 et l’incertitude règne toujours quant à son interprétation et à son implantation. Bien que la consultation sur le projet de loi 57 ne porte pas sur le secteur municipal, la CSN souhaite que le gouvernement examine la possibilité de mettre sur pied un processus semblable à celui qui a été utilisé dans le secteur privé afin de revoir certains aspects de cette loi », conclut Francine Lévesque.

Les salarié-es veulent du respect et un salaire décent

Hier matin, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel-Motel la Caravelle-CSN ont érigé un piquet de grève devant leur lieu de travail. Le 16 octobre dernier, ils avaient adopté à la majorité un mandat de grève par un vote secret tenu en assemblée générale.

« À plusieurs reprises, le nouveau propriétaire a voulu imposer des conditions en bas des normes minimales du travail, ce qui nous a incités à nous syndiquer pour défendre nos droits. Le 14 octobre dernier, j’ai personnellement été congédiée et je suis certaine que c’est simplement parce que je suis la présidente du syndicat. Le patron m’a dit qu’il abolissait mon poste, qu’il n’avait plus besoin de moi, une raison tout à fait loufoque puisqu’au même moment, les anciens propriétaires de l’hôtel travaillent bénévolement pour lui », de dénoncer Monique Boulianne, présidente du STTHMLC.

« Lorsqu’un commerce change de propriétaire, nous voyons rarement un exemple aussi désastreux en matière de relations de travail. Depuis la transaction il y a de cela près de deux ans, nous avons cumulé une série tout à fait incroyable de décisions qui contribuent à miner toujours plus un climat de travail déjà tendu à l’Hôtel-Motel la Caravelle. Le nouvel acquéreur de cet établissement – qui ne peut même pas communiquer en français avec ses salarié-es -, doit comprendre qu’il y a des règles élémentaires à respecter au Québec. Il a tout intérêt à développer un climat de travail sain et respectueux pour ses salarié-es, une dynamique qui sera bénéfique pour tout le monde », de souligner Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord.

« L’an dernier, les salarié-es ont simplement demandé aux nouveaux propriétaires, Yu Bei Yang et Rui Juan Sun, de toucher un salaire horaire de 1 $ supérieur au salaire minimum, ce qui leur a été catégoriquement refusé. Récemment, la présidente du syndicat a été congédiée. Elle travaillait dans cet établissement depuis cinq ans, à raison de 40 heures par semaine et on lui annonce du jour au lendemain que son poste est aboli. Comme tous les autres travailleurs, les salarié-es de l’hôtellerie ont droit au respect et à des conditions de travail décentes et nous allons travailler avec elles et avec eux pour qu’ils atteignent ces deux objectifs indissociables », de conclure Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce et responsable politique du secteur de l’hôtellerie.

La CSN appelle le gouvernement au dialogue

Alors que les travailleuses et les travailleurs du secteur public entament une deuxième journée de grève tournante, cette fois dans les régions de l’Est du Québec, la CSN appelle le gouvernement à faire preuve d’ouverture dans le cadre des négociations du secteur public.

« On ne peut pas réduire nos services publics à une simple colonne de chiffres, indique le président de la CSN, Jacques Létourneau. Martin Coiteux démontre une insensibilité flagrante devant les besoins de la population du Québec, que ce soit en matière d’éducation, de santé ou de services sociaux. Faudra-t-il attendre que l’ensemble de notre expertise délaisse les réseaux publics pour comprendre l’apport inestimable des employés de l’État à l’ensemble de nos concitoyens? Voilà pourquoi nous sommes en grève aujourd’hui : pour maintenir l’accessibilité à des services publics de qualité pour l’ensemble de la population et s’assurer que les salariés du secteur public puissent y travailler dans des conditions appropriées. »

« Depuis le début des négociations, le gouvernement  maintient ses positions initiales en voulant imposer un gel des salaires et des attaques virulentes à notre régime de retraite, a rappelé la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, lors d’un point de presse tenu au Cégep François-Xavier-Garneau, à Québec ce matin. Des mesures qui nous amèneraient directement vers l’appauvrissement, maintenant et jusqu’à la fin de nos jours. Nous l’avons dit et nous le répétons : Martin Coiteux doit comprendre qu’un gel salarial est tout à fait inacceptable pour les travailleuses et les travailleurs du secteur public. Si le gouvernement veut que les choses progressent aux tables de négociation, il doit déposer de nouvelles offres et retirer ses demandes de recul déraisonnables aux tables sectorielles. »

« Depuis hier, nous pouvons constater l’ampleur de la mobilisation des employés de l’État, souligne Jacques Létourneau. Les piquets de grève vont se poursuivre tout au long de la semaine dans les différentes régions du Québec. Malgré cela, nos négociateurs demeurent disponibles en tout temps afin de trouver des solutions conjointes aux nombreux enjeux que nous avons soulevés aux tables de négociations. Le gouvernement doit maintenant faire preuve de bonne foi, reconnaître que des correctifs doivent être apportés et convenir avec nous d’une entente satisfaisante et négociée. »

La CSN inquiète de la perte d’expertise dans les services publics

Apportant leur appui aux nombreux piquets de grève des travailleuses et des travailleurs du secteur public qui tentent de dénouer l’impasse dans leurs négociations avec le gouvernement québécois, les représentants de la CSN ont exprimé leurs vives inquiétudes quant à une éventuelle perte d’expertise dans les services publics québécois.

« Depuis des années, le gouvernement québécois s’attaque aux conditions de travail de celles et ceux qui, chaque jour, s’occupent de la santé, de l’éducation et du bien-être général de nos concitoyens », a tenu à rappeler le président de la CSN, Jacques Létourneau, lors d’un point de presse tenu ce matin au collège Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse. « On les laisse s’appauvrir, on augmente leur charge de travail, sans même se soucier que la qualité et l’accessibilité à ces services pourraient en être menacées. Il est temps de mettre un terme à la dégradation des conditions dans lesquelles ces femmes et ces hommes nous livrent ces services, des services indispensables pour l’ensemble de la société québécoise. »

« C’est de façon totalement irresponsable que le gouvernement libéral mène ces négociations, a indiqué la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, lors d’un rassemblement à Saguenay. D’un côté, le gouvernement poursuit ses politiques d’austérité en coupant dans l’ensemble des services publics, sans aucun égard aux besoins des familles québécoises. De l’autre, il s’en prend aux conditions de travail de ses employés, menaçant directement leur capacité à livrer des services publics de qualité à la population. Faudra-t-il attendre que l’expertise des employés de l’État quitte massivement nos réseaux publics pour réaliser l’ampleur du problème? Le gouvernement doit s’assurer que nos réseaux publics puissent attirer et retenir la main-d’œuvre nécessaire à la prestation de services sociaux, de santé et d’éducation pour nos enfants, nos aînés et pour les plus démunis de notre société. »

« Notre patience a des limites. Voilà près d’un an que nous avons indiqué au gouvernement libéral les problèmes que nous voulons résoudre dans le cadre de ces négociations. Devant l’intransigeance du gouvernement libéral, devant le mépris qu’il affiche envers ses propres employés, nous n’avons d’autre choix que d’augmenter la cadence de nos moyens de pression. Nous demeurons disponibles en tout temps pour trouver des réponses communes aux tables de négociation. Mais pour ce faire, encore faut-il que le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, donne à ses négociateurs les marges de manœuvre nécessaires afin que nous puissions convenir d’une entente satisfaisante et négociée », a ajouté Jacques Létourneau.

La CSN demande aux deux paliers de gouvernement d’agir

En appui aux groupes autochtones du Québec, la vice-présidente de la CSN, responsable du dossier de la condition féminine, Véronique De Sève, exhorte le premier ministre Philippe Couillard et son homologue fédéral nouvellement élu Justin Trudeau à prendre, chacun à leur niveau de gouvernement, les mesures qui s’imposent pour faire toute la lumière sur la violence envers les femmes autochtones.

« Si les révélations entendues à l’émission Enquête diffusée jeudi soir à Radio-Canada s’avèrent fondées, celles-ci laissent entendre que nous ne serions pas devant des cas isolés. Il faut que le premier ministre Couillard prenne toutes les mesures nécessaires pour réellement élucider cette affaire et s’assurer qu’ultimement, justice soit rendue. À cette fin, les responsables et les mécanismes de cette enquête doivent être crédibles et complètement indépendants », a d’abord commenté la vice-présidente de la CSN.

Une commission d’enquête publique québécoise sur les femmes autochtones
Pour la vice-présidente de la CSN, les gouvernements du Québec et du Canada se sont trainé les pieds concernant les problématiques de racisme et de violence systémique envers les femmes autochtones, pourtant dénoncées de toutes parts depuis plusieurs années. « Étrangement, Philippe Couillard a annoncé la tenue d’une Commission parlementaire sur la violence sexuelle et la violence conjugale envers les femmes autochtones au moment ou il a appris la sortie du reportage à Enquête. Quoi qu’il en soit, ce mandat est nettement insuffisant; il est impératif de l’étendre à l’ensemble de leurs conditions de vie. La Commission doit de toute urgence se pencher sur le racisme, la discrimination systémique, les conditions de vie déplorables qu’elles vivent au quotidien, sur le taux démesuré d’emprisonnement dont elles font l’objet et enfin sur les agissements présumés de la police envers elles. »

Une commission nationale
Véronique De Sève rappelle que les femmes autochtones sont victimes d’abus de toutes sortes partout au pays. « Le premier ministre désigné, Justin Trudeau, a déjà fait part de son intention de mettre en place la commission nationale tant attendue sur les femmes disparues ou assassinées au Canada. Je l’invite à agir le plus rapidement possible et à se montrer proactif en ajoutant à cette commission pancanadienne un volet qui s’attachera spécifiquement au traitement réservé par les différents corps policiers aux personnes issues des communautés autochtones. Il faut immédiatement s’assurer que ces commissions soient mises en place et que des programmes pour contrer la violence envers les femmes autochtones soient ensuite rapidement lancés », a-t-elle conclu.

 

Un joyau à préserver

La CSN met en garde le ministre de l’Éducation, François Blais, contre toute idée de démantèlement du réseau des universités du Québec, que cela soit par une réduction de pouvoirs ou par une abolition du siège social de l’Université du Québec, comme l’a révélé le quotidien La Presse.

Même si le ministre refuse de confirmer ou d’infirmer quoique ce soit, des motifs purement financiers seraient à l’origine de cette idée. « Encore une fois, ce gouvernement de comptables s’attaque au modèle québécois. Le réseau des universités du Québec est un joyau. Il a permis une démocratisation de l’enseignement supérieur au Québec en rapprochant l’offre de cours de la population », dénonce Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

Le démantèlement du réseau ne peut qu’attiser la concurrence pernicieuse que se livrent déjà les universités au Québec. L’offre dans les régions est vitale et ce sont les universités éloignées des grands centres urbains qui risquent d’écoper dans ce nouveau brassage de structures gouvernemental à des fins purement financières.

« La mise en réseau de l’Université du Québec assure une forme de cohésion dans l’offre de services. L’idée de s’attaquer à ce réseau pour épargner quelques dollars est une aberration. On ne vise pas ici à améliorer les services aux étudiants ; il faut remplir la commande du Conseil du trésor », conclut Véronique De Sève.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats répartis dans huit fédérations, dont la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et la Fédération des professionnèles (FP-CSN). La FNEEQ-CSN est présente dans une douzaine d’institutions universitaires, dont 10 syndicats de chargé-es de cours. Elle regroupe aussi les tutrices et les tuteurs de la Télé-Université ainsi que les chargé-es d’enseignement de l’École de technologie supérieure. La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans différents secteurs, incluant les professeur-es de l’Université du Québec en Outaouais et à Montréal.

 

Le président de la CSN joint sa voix à celle des salarié-es pour dire non à la privatisation des buanderies publiques

Aujourd’hui, les syndicats représentant les salarié-es des buanderies Partagec de Québec, et Lavérendière dans Lanaudière, ont décidé de manifester devant l’Assemblée nationale afin de s’opposer avec force à la menace de privatisation qui plane depuis plusieurs mois sur leurs établissements. Le président de la CSN, Jacques Létourneau, se joint à eux afin de démontrer l’appui de l’ensemble de la confédération à leur lutte pour sauver le caractère public des services de santé ainsi que les 200 emplois de qualité qui y sont rattachés.

Rappelons qu’alors que des projets de construction autofinancés avaient reçu les approbations à tous les niveaux au ministère de la Santé et des Services sociaux, le ministre Barrette les a annulés pour évaluer un possible recours au privé. Cette décision ne fait aucun sens aux yeux de la centrale syndicale, « les services auxiliaires en santé sont en général très performants. Évaluer un recours au privé ne peut pas se faire qu’en termes comptables, on est dans l’idéologie mur à mur ici », déclare Jacques Létourneau, président de la CSN.

Du côté de la FSSS-CSN, on s’inquiète énormément de la perte d’expertise qui découlerait d’une telle décision. Guy Laurion, vice-président, affirme que « les buanderies publiques c’est plus qu’un simple service de blanchisserie, c’est un savoir-faire qui s’est forgé au fil des ans et qui a des impacts importants en terme de santé publique. C’est un élément majeur qu’on pourrait perdre si le ministre décidait d’envoyer le service au privé. »

Jacques Létourneau rappelle qu’il n’est pas trop tard, « le ministre Barrette n’a toujours pas rendu sa décision, il peut encore assurer la sauvegarde des buanderies publiques et des 200 emplois de qualité qui en découlent, en fermant définitivement la porte au privé. » La CSN assure qu’elle surveille le dossier de près et qu’elle ne baissera pas les bras. « Pour sauver notre réseau public de santé et de services sociaux, nous serons intraitables », conclut Jacques Létourneau.

La CSN salue le dépôt du projet de loi qui veut mettre fin aux frais accessoires

La CSN accueille favorablement le dépôt du projet de loi 491 à l’Assemblée nationale par la députée de Taillon, Madame Diane Lamarre. Ce projet de loi vise à mettre fin aux frais accessoires par la modification de diverses dispositions législatives, en réponse aux amendements déposés par le Ministre Barrette au projet de loi 20, qui légaliseront la tarification de certains services de santé.

Les frais accessoires, une brèche importante à l’accessibilité aux soins de santé

En plus de limiter l’accès aux soins de santé, la pratique consistant à charger des frais pour des services assurés est clairement illégale. La Loi sur l’assurance-maladie interdit aux médecins de réclamer toute forme de paiements en rapport avec la dispensation d’un service assuré. Malgré cela, le ministre entend maintenant les légaliser dans le cadre du projet de loi 20. « Il est scandaleux de constater que, loin d’assurer le respect de la loi, le ministre Barrette a plutôt choisi de légaliser des pratiques qui conduisent tout droit à un système de santé à deux vitesses » déclare Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Les frais accessoires facturés aux patients servent à défrayer les coûts de gestion des cliniques privées. Pourtant, la Protectrice du Citoyen a mis en lumière tout récemment le dangereux glissement auquel on assiste au Québec, où les contributions monétaires directes sont de plus en plus exigés des usagers. Dans une lettre datant du 5 octobre et adressée au ministre de la Santé et des Services sociaux, la Protectrice du Citoyen affirme que l’éradication des frais accessoires devrait être la première cible du ministre pour endiguer une privatisation toujours plus importante du financement, « car ne rien faire reviendrait à tolérer la perpétuation d’un système de santé et de services sociaux de moins en moins équitable », affirme-t-elle.

Que va faire le nouveau gouvernement fédéral ?

Notons que la Loi canadienne sur la santé interdit la facturation de frais pour des soins assurés, en vertu du principe d’accessibilité. « Le nouveau gouvernement fédéral doit assurer le respect de la loi fédérale et rappeler à l’ordre le ministre Barrette », croit Jean Lacharité.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La CSN se réjouit de la fin du règne de Stephen Harper

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) applaudit la décision des électeurs et des électrices de congédier le gouvernement de Stephen Harper, et rappelle l’importance de rester vigilant face à l’élection du Parti libéral du Canada. Pour la CSN, la défaite des conservateurs de Stephen Harper est une victoire importante pour l’ensemble du mouvement syndical, les femmes, les scientifiques, les artistes, les chômeurs, les peuples autochtones, et la société civile.

Des promesses à tenir
« Nous devons nous assurer que Justin Trudeau respecte ses promesses d’abroger les lois antisyndicales (C-525 et C-377), d’annuler les changements visant les fonds de travailleurs et ceux apportés à l’assurance-emploi en 2012, et de rétablir le financement de Radio-Canada pour assurer sa pérennité », commente Jacques Létourneau, président de la CSN. « Si le Parti libéral du Canada pense qu’il peut faire campagne à gauche et se gouverner à droite une fois au pouvoir, il se trompe ». La CSN espère que le nouveau premier ministre maintienne un dialogue avec les organisations syndicales sur les questions sociales et économiques, comme il s’est engagé à le faire. « Nous espérons aussi nous entretenir avec lui sur les questions du déséquilibre fiscal, du droit de négocier dans la fonction publique fédérale, et de la réforme du mode de scrutin », a poursuivi le président de la CSN.

Justin Trudeau mis en garde
La CSN tient à rappeler que le Parti libéral du Canada est responsable pour le scandale des commandites, l’un des plus importants scandales financiers dans l’histoire du Canada, en plus de se retrouver de nouveau dans l’embarras suite aux allégations de lobbying illégal de leur ancien coprésident de campagne auprès de TransCanada.

« Nous ne partageons pas la même vision que le Parti libéral sur l’avenir du Québec et du Canada », rappelle M. Létourneau. « Nous invitons Justin Trudeau à veiller au respect des champs de juridiction des provinces et de prioriser une relation nation à nation avec les peuples autochtones. À quelques semaines des négociations historiques sur le climat à Paris, Justin Trudeau doit aussi établir immédiatement des cibles de réduction des gaz à effets de serre pour que le Canada puisse se rétablir en tant qu’acteur présent dans la lutte face aux changements climatiques ».

La CSN s’attend également à ce que le Canada défende à l’échelle internationale une perspective de développement basée sur les droits de la personne, la paix, la lutte à la pauvreté, élaborée avec la société civile, par exemple en rompant avec l’attitude développée dans les dernières années par le gouvernement canadien de défense absolue d’Israël, particulièrement dans le contexte actuel.