Les Journées de la persévérance scolaire, l’affaire de tous!

La CSN est fière de souligner les Journées de la persévérance scolaire (JPS) au Québec qui débutent aujourd’hui et qui se terminent vendredi prochain.

« Pour nous, l’éducation est une priorité et la réussite scolaire de nos enfants doit être au cœur de nos préoccupations. Cette réussite passe non seulement par les élèves et les enseignants, mais aussi par les parents, le personnel de soutien et l’ensemble de la communauté. Garder nos enfants mobilisés et motivés pour éviter le décrochage scolaire est bénéfique pour tous », souligne la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

Comme le mentionnent les Journées de la persévérance scolaire, tout le monde connaît un héros ou une héroïne qui a fait la différence dans son parcours scolaire. Nous invitons donc le nouveau ministre de l’Éducation à jouer son rôle de superhéros pour que nos enfants puissent devenir des citoyennes et des citoyens instruits, intelligents, compétents et motivés.

L’apport du gouvernement

Bien que le gouvernement du Québec demeure un acteur clé de la persévérance scolaire, nous aimerions voir plus de volonté de sa part pour la soutenir, plutôt que de le voir s’acharner à imposer des compressions budgétaires et des réformes de structures qui nuiront au développement des élèves.

« Les commissions scolaires ont subi des compressions de plus d’un milliard de dollars depuis six ans et présentement, le ministre tente de nous faire avaler le projet de loi 86 qui risque de diminuer les ressources aux élèves. De plus, de nombreux organismes de lutte au décrochage scolaire au Québec ont vu leur budget grandement amputé depuis, notamment, l’abolition des Conférences régionales des élus (CRÉ), des Centres locaux de développement (CLD) et du programme Réunir Réussir (R2) », dénonce Véronique De Sève.

Les effets du décrochage scolaire coûteraient annuellement 1,9 milliard de dollars : il est grand temps que le gouvernement réinvestisse !

À propos

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats et regroupe plus de 325 000 travailleurs et travailleuses. Trois de ces huit fédérations sont présentes dans le réseau scolaire et l’enseignement supérieur : la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), la Fédération des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

La vice-présidente de la CSN au dévoilement de la plateforme de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études

Membre de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) se réjouit de la plateforme de revendications politiques que les membres de cette coalition se sont donnée et qui sera dévoilée ce dimanche 14 février.

La vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève, assistera à la conférence de presse qui sera animée par la comédienne Sophie Faucher. Cet événement public présentera trois témoignages portant sur la complexité de concilier au quotidien les obligations familiales avec des responsabilités professionnelles ou académiques.

« La CSN œuvre depuis 2004 afin de favoriser l’adoption de mesures pour la conciliation famille-travail-études, souligne Véronique De Sève. Elle a produit plusieurs documents visant à outiller les syndicats afin qu’ils incorporent dans leurs conventions collectives des clauses en ce sens, sans compter le mémoire sur l’adoption d’une loi-cadre qu’elle a réalisé afin que chaque milieu de travail soit tenu d’entreprendre une démarche proactive conjointe (syndicat-employeur) en la matière. Au début de l’automne prochain, la CSN tiendra un colloque auprès de militantes et de militants pour enraciner l’appropriation des enjeux reliés à la conciliation famille-travail-études. »

Véronique De Sève sera disponible pour répondre aux questions des médias sur les enjeux de la conciliation famille-travail-études défendus par la CSN depuis plus de 10 ans.

QUOI : Dévoilement de la plateforme de revendications de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études dont la CSN est membre

QUAND : Le dimanche 14 février 2016, à 10 h

OÙ : Centre Saint-Pierre 1212, rue Panet, à Montréal Salle 200 – Laure Gaudreault, 2e étage

La CSN est membre de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études, qui est composée de quelque 17 groupes syndicaux, communautaires et de défense des droits.

À propos
La CSN est composée de près de 2000 syndicats et regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

La CSN appuie sans réserve l’initiative des partis d’opposition

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) salue la motion déposée par le Parti Québécois, appuyée par QS et la CAQ, pour exiger que le gouvernement du Québec protège et facilite le développement de nos sièges sociaux.

Contrairement aux propos désolants tenus par un pilier du gouvernement Couillard dans le dossier de la vente de Rona à Lowe’s, la perte d’une entreprise québécoise n’est jamais « une bonne nouvelle ». « Cela exige un minimum de volonté politique et de leadership pour protéger nos siège sociaux, qualités qui semblent faire défaut chez les libéraux provinciaux », déplore Jacques Létourneau, président de la CSN. Le gouvernement pourrait par exemple intervenir auprès de la Caisse de dépôt et de placement du Québec pour qu’elle joue pleinement son rôle dans le développement de l’économie de la province.

Des coquilles vides

La vente d’Alcan à Rio Tinto en 2007 nous enseigne que le gouvernement du Québec doit exiger des garanties des acquéreurs étrangers pour éviter que nos sièges sociaux ne deviennent des coquilles vides. D’autres États, notamment en Europe, demandent des engagements fermes. « Il est faux de prétendre que la mondialisation est une fatalité qui empêche le gouvernement d’intervenir, martèle Jacques Létourneau. Au contraire, plus que jamais, il faut renforcer nos économies nationales en accompagnant les entreprises de chez nous, qui créent des emplois chez nous ».

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Non à une privatisation de l’immigration et à l’abandon de la francisation

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) fait part de ses nombreuses réserves et vives inquiétudes face au projet de loi 77 qui vise à remplacer l’actuelle Loi sur l’immigration au Québec, et s’insurge contre la privatisation de l’immigration et l’abandon de la francisation.

Dans un mémoire de 24 pages déposé en fin d’après-midi aujourd’hui (10 février, 17h) à la Commission des relations avec les citoyens, la CSN y va de 23 recommandations afin d’assurer aux Québécoises et aux Québécois une loi de l’immigration équitable tant au plan social qu’économique.

D’abord, le projet de loi 77 semble vouloir laisser bien peu de place à la francisation des nouveaux arrivants. L’article 58 mentionne l’obligation pour le ministre d’élaborer des programmes d’accueil et de francisation, alors que la loi actuelle dit que le ministre doit dispenser et assumer les services d’intégration linguistique. Il y a un net recul à ce chapitre et c’est inexplicable quand on sait qu’actuellement 20 % des immigrants ne parlent pas un mot de français.

« On assiste à une véritable hécatombe au niveau de la francisation des immigrants. Les libéraux coupent inlassablement dans les programmes de francisation des immigrants. Le gouvernement rêve en couleur s’il croit que les immigrants vont apprendre le français sans soutien, notamment dans les milieux de travail. Certains d’entre eux sont ici depuis 20 ou 30 ans et ne parlent toujours pas la langue officielle du Québec. C’est alarmant et surtout inacceptable. Cela démontre aussi que la Charte de la langue française n’est pas rigoureusement appliquée au Québec. Comment expliquer autrement qu’on puisse y travailler et faire affaire avec l’administration publique sans connaître un mot de francais ? », lance avec conviction Jean Lortie, secrétaire général de la CSN. Il est également inquiétant de constater le peu de place qu’occupe l’intégration des immigrants à la société québécoise dans le projet de loi 77. Seulement deux articles en parlent, et de façon très vague. Or, il est de notre avis que pour connaître du succès, une politique de l’immigration doit assurer l’intégration des nouveaux arrivants. Cette réussite doit immanquablement passer par l’apprentissage et l’utilisation de la langue française, la reconnaissance des acquis et diplômes et la lutte à la discrimination.

Privatisation de l’immigration

Dans ce projet de loi, le gouvernement semble prioriser la seule prospérité économique au détriment de toute autre considération. Ainsi, les immigrants seraient sélectionnés en fonction des seuls besoins de main-d’œuvre des employeurs, une façon de faire qui occulte complètement l’enrichissement du patrimoine socioculturel du Québec.

« Voir l’immigration uniquement comme un système de recrutement de main-d’œuvre est une grave erreur. Il est vrai que l’immigration peut parfois permettre de répondre à des besoins précis d’entreprises, mais elle est beaucoup plus qu’un simple élément économique. Les besoins des entreprises et ceux de la société ne sont pas toujours compatibles », ajoute Jean Lortie.

Les statistiques tendent aussi à démontrer que l’arrimage entre immigration et besoins de main-d’œuvre est loin d’être la solution à tous les problèmes. Selon Statistique Canada, il y avait en 2014 au Québec, 8,2 chômeurs pour un poste vacant. Le manque de main-d’œuvre ne peut donc à lui seul guider la politique d’immigration.

Centralisation des pouvoirs

Autre élément inquiétant, le projet de loi 77 prévoit une centralisation excessive de pouvoirs entre les mains du ministre. En effet, des pans essentiels de la loi seront établis par règlement du gouvernement ou du ministre. « Cela signifie que le public ne pourra pas soumettre de commentaires préalablement à l’adoption de ces règlements. Une telle façon de faire est inacceptable et d’autant plus critiquable, qu’elle concerne l’immigration, un sujet névralgique pour la société québécoise tout entière. »

C’est sans compter que le projet de loi semble ouvrir la porte davantage à la main-d’œuvre temporaire. En effet, le gouvernement envisage la possibilité de mettre en œuvre des projets pilotes d’immigration temporaire d’une durée maximale de cinq ans.

« Quel est le but derrière ces projets pilotes ? questionne M. Lortie. Veut-on intensifier encore davantage l’utilisation de la main-d’œuvre étrangère temporaire ? Veut-on exploiter la misère et créer une caste de travailleurs et travailleuses jetables qu’on importe selon les besoins des entreprises et qu’on retourne chez eux quand on n’en a plus besoin ? On parle ici d’êtres humains et non de marchandise. »

Le gouvernement n’a par ailleurs rien prévu dans le projet de loi pour venir en aide aux femmes immigrantes qui ont souvent plus de difficultés à intégrer le marché du travail.

 

Le projet de loi 87 rate la cible

La CSN estime que le projet de loi 87 visant à faciliter la dénonciation d’actes répréhensibles dans les organismes publics ne va pas assez loin.

Pouvoir mettre en cause un programme ou un service publics
En commission parlementaire, le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie, a exprimé son inquiétude et sa perplexité face au contenu de ce projet de loi qui devait répondre à une recommandation de la Commission Charbonneau. « Nous déplorons le fait qu’aucune protection n’existe pour un ou une salarié-e qui voudrait mettre en cause le bien-fondé d’une politique ou d’un programme gouvernemental. Pourquoi une telle exclusion? », s’est-il exclamé.

« Un enseignant qui souhaiterait sensibiliser la population sur la manière dont les fonds d’une commission scolaire, d’un collège ou d’une université sont dépensés ne sera pas protégé en vertu de ce projet de loi. Pas plus qu’un autre qui voudrait signaler les conséquences des compressions sur le soutien aux élèves, dénoncer la décrépitude des bâtiments ou encore le manque de matériel. L’infirmière et le préposé aux bénéficiaires désirant attirer l’attention sur la fermeture de lits, sur des services réduits ou des suppressions de postes seront eux aussi bâillonnés », a enchaîné le secrétaire général.

Pouvoir s’adresser aux médias
La CSN s’inquiète du fait qu’on veuille empêcher la divulgation d’actes répréhensibles directement dans les médias sauf en cas de risque grave pour la santé ou la sécurité d’une personne ou encore pour l’environnement. « Lors des audiences de la Commission Charbonneau, des témoins ont indiqué avoir informé à plusieurs reprises et en vain les plus hautes autorités de leur organisme face à un problème. Il est indispensable qu’une personne puisse s’adresser sans craintes à la presse lorsqu’elle constate une situation condamnable dans son organisme », a encore souligné Jean Lortie.

Qu’en est-il des secteurs privé et municipal?
Étrangement, alors que la Commission Charbonneau a mis en lumière la vulnérabilité importante du secteur municipal concernant des tentatives de corruption et de collusion dans l’octroi des contrats publics, le gouvernement a choisi de l’exclure du projet de loi 87. « Cela laisse songeur quant à la volonté politique réelle du gouvernement de s’attaquer au problème, déplore Jean Lortie. Bien des pratiques ayant cours dans le monde municipal ont miné la confiance du public et coûté des millions de dollars aux contribuables du Québec. Le projet de loi doit assurer une protection aux employés municipaux de même qu’à toute personne désirant dénoncer des pratiques frauduleuses en matière d’octroi de contrats. »

Jean Lortie précise qu’il en va de même pour les salarié-es du secteur privé qui ne bénéficieront d’aucune protection en cas de dénonciation d’actes que la loi cherche précisément à empêcher. « Il ne fait aucun doute que la loi doit viser le secteur privé », a-t-il conclu.

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle est composée de près de 2000 syndicats et regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

À quand un réel investissement ?

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) interpelle le nouveau ministre de l’Éducation, Pierre Moreau, pour qu’il réinvestisse de façon responsable dans les établissements primaires et secondaires. De nouvelles données révélées par des médias ces derniers jours démontrent encore une fois que le gouvernement est allé beaucoup trop loin dans son obsession d’atteinte de l’équilibre budgétaire.

« Est-il normal de voir des enfants vendre des tablettes de chocolat pour pouvoir acheter des chaises et des pupitres en classe? Ou encore organiser des levées de fonds pour l’achat de tableaux interactifs? Est-il normal que les parents paient de plus en plus cher pour les services de garde en milieu scolaire, alors que les services devraient être gratuits? De plus, il est scandaleux de voir les budgets de réfection des bâtiments diminuer de 137 à 97 millions de dollars alors que de nombreuses écoles au Québec sont dans un état lamentable. Il est grand temps que le gouvernement offre un environnement propice à l’apprentissage plutôt que de laisser les jeunes grandir dans l’austérité », déclare la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

Les compressions d’un milliard de dollars en cinq ans placent les commissions scolaires dans des situations intenables. Au lieu de s’attaquer au problème de financement, le gouvernement s’empêtre dans des problèmes de structure. Son projet de loi 86, qui modifie l’organisation et la gouvernance des commissions scolaires, n’améliorera en rien la situation. C’est pourquoi la CSN propose l’abandon pur et simple de ce projet de loi.

Chapeau aux parents !

La CSN tient à saluer l’engagement de milliers de parents qui défendent leur école publique et le réseau des services de garde depuis cet automne. Pour nous, les services à l’enfance forment un tout avec le secteur de l’éducation. « Les chaînes humaines et les manifestations comme celles de dimanche dernier ne peuvent être un message plus clair auprès du gouvernement qui garde la ligne dure. Il faut maintenir la pression par tous les moyens nécessaires. Chapeau aux parents ! La CSN les appuiera toujours dans leur combat », souligne Véronique De Sève.

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle est composée de près de 2000 syndicats et regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La FEESP-CSN estime que les dés sont pipés d’avance

La Fédération des employées et employés du secteur public (FEESP-CSN) trouve ironique que le gouvernement du Québec acquiesce aux demandes de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) à la veille de l’ouverture des travaux parlementaires, et avant même que le projet de loi en lien avec le pacte fiscal ne soit déposé. Cela démontre que les dés sont pipés d’avance et que le processus de consultation sera bidon. Le nouveau ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, n’a même pas rencontré les employé-es municipaux avant de se prononcer. Rappelons que l’automne dernier, Québec et l’UMQ ont conclu un pacte fiscal qui accorderait plus de pouvoir aux municipalités en échange d’une réduction de financement de 300 millions de dollars par année.

« Le ministre dit vouloir renforcer la démocratie municipale et s’assurer que les droits et les obligations de chacun soient respectés, mais du même coup, il confirme que les villes pourront désormais décréter les conditions de travail des employé-es en cas d’échec de négociation. Où est donc cette démocratie et ce respect s’il faut l’intervention d’un tiers pour remettre en cause ce qui a déjà été convenu entre deux parties, soit les élus municipaux et les syndicats ? De plus, les élu-es municipaux qui appuient les demande de l’UMQ attaquent eux-mêmes leur propre crédibilité en voulant renier ce qui a été négocié en toute bonne foi et dans l’harmonie », dénonce Denis Marcoux, président de la FEESP-CSN. Ce dernier rappelle que la grande majorité des conventions collectives sont signées dans un climat harmonieux.

Encore anticonstitutionnel

« Encore une fois, le gouvernement se lance dans un projet de loi qui s’annonce anticonstitutionnel et qui bafoue notre droit fondamental de négocier. Déjà, sa loi 15, visant la restructuration des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal, fait l’objet de quinze recours devant les tribunaux. Il est malheureux de voir le gouvernement contourner ainsi la loi », déplore Denis Savard, président du secteur municipal à la FEESP-CSN.

La loi 15 a été adoptée il y a plus d’un an et elle empoisonne les relations de travail au quotidien. Moins de 5 % des dossiers en litige ont été réglés.

« Alors que l’UMQ réclame plus de pouvoirs, elle se met des œillères concernant l’un des principaux problèmes financiers dans le monde municipal, soit le recours à la sous-traitance. A-t-elle déjà oublié le rapport de la commission Charbonneau, l’automne dernier, qui met en lumière les problèmes de corruption et d’extras quand on fait appel au privé ? », s’interroge Luc St-Hilaire, président du secteur transport à la FEESP-CSN.

Si le gouvernement persiste dans cette voie, il trouvera sur son chemin des milliers de travailleuses et de travailleurs grandement motivés à lui faire entendre raison. Depuis décembre dernier, la FEESP-CSN parcourt tout le territoire québécois pour prévenir ses membres des dangers potentiels du pacte fiscal. La crainte semble bel et bien fondée et nous ferons tout pour défendre nos droits.

À propos
Fondée en 1947, la Fédération des employées et employés de services publics compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services public et parapublic. Dans le secteur du transport, la FEESP défend plus de 4600 membres et dans le secteur municipal, près de 6300.

Une autre entente de principe intervient à la résidence Le Renoir

Une entente de principe est intervenue entre les syndiqué-es de la résidence pour aîné-es Le Renoir appartenant au groupe Cogir et la direction de l’établissement. « Nous n’entrerons pas dans les détails de l’entente avant que les syndiqué-es ne se prononcent à son sujet. Ils auront l’occasion de le faire lors d’une assemblée générale le 10 février prochain, a expliqué la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Nadine Lambert. Nous pensons toutefois qu’il s’agit d’une bonne entente pour les membres. »

La négociation coordonnée porte fruit
Les employé-es de la résidence Le Renoir participent à la ronde de négociation coordonnée à laquelle se sont jointes 43 résidences privées pour aîné-es affiliées à la FSSS-CSN. Réparties dans neuf régions du Québec, celles-ci ont uni leurs forces face à des employeurs comme Cogir, Chartwell et le Groupe Savoie pour améliorer le sort de quelque 2000 travailleuses et travailleurs. « Rappelons que les conditions de travail dans ce type de résidences en croissance constante sont souvent déplorables, le salaire frisant le salaire minimum et les régime de retraite et d’assurances étant tout simplement absents », enchaîne la présidente du conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daignault.

« Toutes les accréditations ayant joint la négociation coordonnée feront pression sur leur employeur pour obtenir une augmentation salariale de 1,50 $ de l’heure sur trois ans, la création d’un comité de relations de travail opérationnel, la formation systématique des employé-es et une date commune d’échéance des conventions collectives », souligne pour sa part le représentant du secteur des centres d’hébergement privés pour aîné-es de la FSSS-CSN, Gilles Gagné.

La FSSS-CSN soutient qu’il faut agir pour les jeunes vulnérables

Les révélations des derniers jours concernant le Centre jeunesse de Laval démontrent qu’il est urgent d’investir, mais la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) estime qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé et que le problème est beaucoup plus large.

Depuis plusieurs années, la FSSS-CSN sonne l’alarme. Les compressions budgétaires de plus de 50 millions de dollars au cours des quatre dernières années et l’application du projet de loi 10, qui modifie l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux, sont en grande partie responsables des difficultés que traversent les centres jeunesse du Québec. Toute cette conjoncture rend le travail des intervenantes et des intervenants de plus en plus difficile.

« Il est urgent d’agir rapidement. Le Centre jeunesse de Laval n’est pas le seul centre qui manque de ressources pour agir. L’ensemble de nos centres jeunesse nous indique que le problème est criant partout, même si les cas sont moins médiatisés. Alors que les signalements ont augmenté de 16 % à Laval au cours de l’exercice 2014-2015, et de 5 % dans l’ensemble du Québec, il y a eu des coupes de 20 millions de dollars dans le réseau », soutient Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

De plus, depuis le dépôt du projet de loi 10, la FSSS-CSN a toujours cru que la mission sociale des CISSS et des CIUSS serait noyée à la suite des fusions des conseils d’administration et des directions administratives. L’aspect médical devient la seule priorité, au détriment du social. Un an plus tard, nous commençons à voir les conséquences, notamment dans les centres jeunesse et les centres de réadaptation.

Auparavant, dès qu’un problème grave se pointait à l’horizon dans un centre jeunesse, le conseil d’administration prenait normalement des mesures pour faire de la prévention avant que le problème ne tombe sur la place publique. Maintenant, il n’y a plus de conseil d’administration, donc il est très difficile de traiter en amont ces problèmes.

Nos membres ont des solutions. Cependant, il faudrait de l’écoute de la part d’une direction très centralisée sur le volet hospitalier. De plus, il faudrait réinvestir les sommes retirées au cours des dernières années.

 

 

« Ce sont les salariés les premières victimes » rappelle la FIM

Engagée dans un bras de fer qui dure depuis plus d’un an avec Produits forestiers Résolu (PFR), la Forest Stewardship Council (FSC) annonce maintenant son intention d’abandonner tout effort de médiation entrepris en vue d’un règlement au litige qui a mené à la levée des certifications de Résolu.

Prenant acte de cette annonce, la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) se désole qu’une fois encore ce sont les travailleuses et les travailleurs qui feront les frais de l’obstination de Résolu. Dans les derniers mois, la FIM-CSN a initié des pourparlers et a multiplié les efforts pour permettre un dénouement positif à la perte des certifications de Résolu. Les communautés autochtones, les organisations syndicales et les groupes environnementaux ont fait preuve d’ouverture et ont accepté de s’inscrire dans ce processus de médiation entrepris par FSC.

La FIM, qui avait souscrit à cette démarche, déplore l’attitude intraitable de la compagnie. « Résolu devrait mettre de l’énergie à retrouver ses certifications plutôt que de mener une guerre inutile contre FSC, car n’oublions pas qu’il y a des centaines de travailleurs et de travailleuses qui en ont assez de payer et de vivre de l’insécurité pour des décisions qui ne sont pas les leurs » lance Alain Lampron, président de la FIM-CSN.

Aux yeux de la fédération, il sera de plus en plus difficile pour Résolu de se déresponsabiliser. « Au début, c’était Greenpeace, ensuite, les attaques ont porté contre FSC et ses valeurs, qui sera la prochaine cible de Résolu ? se demande Alain Lampron. Alors que tout le monde fait des efforts, y compris les salarié-es, il serait grand temps que Résolu accepte de faire son bout de chemin et s’engage à trouver des solutions pour maintenir les emplois chez nous. » La FIM-CSN constate aussi que Résolu est la seule compagnie forestière à adopter ce comportement. Pourquoi ?

La FIM-CSN compte aussi participer aux travaux devant mener à l’unification des quatre normes en vigueur actuellement, afin de développer une norme unique à compter de 2017.

À propos
La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) qui rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats, partout au Québec. La FIM est présente dans l’ensemble du secteur forestier.

La CSN salue un grand militant des causes sociales

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à féliciter Léopold Beaulieu pour le doctorat honorifique qu’il a reçu hier des mains du recteur de l’UQAM, Monsieur Robert Proulx, en reconnaissance « de son engagement indéfectible à l’endroit de l’économie sociale et du développement durable et de l’influence profonde qu’il a exercée en la matière au Québec ».

« Le président-directeur général de Fondaction, Léopold Beaulieu, s’est toujours distingué par son militantisme, son travail acharné et son implication sociale à tous les niveaux où il a œuvré, a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau. Depuis plus de 40 ans, il fait preuve de détermination et son engagement pour une société plus solidaire et pour l’environnement est sans faille. C’est un grand visionnaire et nous sommes fiers de le compter dans ce grand mouvement qu’est la CSN depuis toutes ces années. »

Après avoir milité à la CSN dans la région de Québec et occupé la présidence du Syndicat des employés de bureau de la SSQ-Vie (CSN), Léopold Beaulieu est devenu le premier directeur général de la Caisse d’économie des travailleurs de Québec en 1971, devenue la Caisse d’économie solidaire. Cette coopérative financière est aujourd’hui la principale institution bancaire au Québec à faire du financement d’entreprises d’économie sociale. Par la suite, pendant plus de vingt ans, jusqu’en 1996, il a été trésorier de la CSN et a participé à la création de MCE Conseils, un groupe d’experts-conseils qui effectuent diverses études de situation en entreprise et qui offre, entre autres, de l’accompagnement pour le démarrage de coopératives de travail ou de production. Il a aussi été à l’origine de Bâtirente qui propose des régimes complémentaires de retraite (fonds de pension) aux syndicats et aux entreprises d’économie sociale. Monsieur Beaulieu est toujours membre des conseils d’administration de ces trois institutions créées à l’initiative de la centrale syndicale québécoise.

Depuis 20 ans, il occupe ses fonctions actuelles de président-directeur général de Fondaction, le fonds de travailleurs de la CSN qu’il a fondé. Il a aussi participé à la création de plusieurs autres institutions, dont Filaction, un fonds destiné principalement à investir en économie sociale, Plandaction, un cabinet-conseil en planification financière et en rentes collectives et enfin, Neuvaction, une firme de consultants en développement organisationnel qui accompagne les entreprises en développement durable. Ces institutions cohabitent maintenant sous un même toit, le Carrefour financier solidaire, le siège social de Fondaction à Montréal.

Depuis près de 15 ans, Léopold Beaulieu est président du CIRIEC-Canada et il a été le premier non-Européen à être élu à la présidence du CIRIEC International dans le cadre de son 29e congrès annuel qui s’est tenu à Vienne, en septembre 2012. Il est aussi membre du conseil d’administration de la Société de développement Angus et de la Corporation de développement Angus. Il siège aussi à titre de vice-président au conseil d’administration et au comité exécutif d’Investissement Québec.

Entente de principe pour le Regroupement de l’aide juridique CSN

Après dix rencontres de négociation, une entente de principe est survenue hier, en fin de journée, entre le comité patronal de négociation de la Commission des services juridiques et le Regroupement de l’aide juridique CSN, qui représente le personnel de soutien de sept syndicats de l’aide juridique dans diverses régions du Québec. Les membres du comité syndical de négociation du Regroupement affilié à la Fédération des employé-es et employés de services publics (FEESP-CSN) considèrent avoir obtenu un règlement satisfaisant pour les travailleuses et les travailleurs.

Les membres des syndicats du Regroupement seront appelés à se prononcer sur cette entente lors des assemblées générales qui se tiendront au cours des prochains jours. À titre de service gouvernemental, l’aide juridique participe à la négociation du secteur public et les syndicats du Regroupement CSN sont membres du Front commun. Les assemblées prochaines seront donc également l’occasion pour les employé-es de se prononcer sur l’entente de principe de table centrale, qui couvre notamment les salaires et le régime de retraite.

À propos
Le Regroupement de l’aide juridique CSN rassemble sept syndicats qui représentent plus de 240 personnes travaillant dans les bureaux de l’aide juridique, notamment à titre de secrétaire juridique, dans sept régions du Québec. Ces syndicats sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) qui regroupe 425 syndicats représentant plus de 56 000 syndiqué-es travaillant dans les secteurs public et parapublic.

Les 3200 responsables en services de garde en milieu familial membres de la CSN se mobilisent pour préserver le réseau éducatif

Réunies à Montréal le 3 février, les déléguées des 3200 responsables en services de garde (RSG) en milieu familial ont adopté un plan de mobilisation qui vise à freiner les nombreux reculs imposés par le gouvernement de Philippe Couillard dans les services de garde éducatifs subventionnés à contribution réduite. Elles invitent d’ailleurs leurs membres à participer activement aux différentes actions et rassemblements prévus dans une dizaine de villes au Québec, le 7 février prochain, dont un vaste rassemblement à Montréal. Moins affectées par les compressions de 120 millions de dollars imposées en 2016-2017, les RSG se disent victimes des modifications apportées l’an dernier par le gouvernement au chapitre de la tarification des services de garde, dont les effets vont grandement se faire sentir lors de la déclaration d’impôts des parents.

Véritable choc tarifaire, pourtant décrié par les libéraux lors des élections d’avril 2014, les hausses varieront selon le revenu familial et pourront atteindre au maximum environ 3300 dollars par enfant par année, soit une augmentation de 273 %. Or, en raison de l’impact des crédits d’impôt gouvernementaux, les RSG constatent que des parents ont dû choisir entre, d’une part, des services de garde éducatifs de qualité dispensés par les RSG dûment accréditées et, d’autre part, les garderies familiales non subventionnées et non régies. « C’est comme si, du jour au lendemain, les services de garde en milieu familial régis et subventionnés, qui ont mis plus de vingt ans à se construire, étaient devenus pour le gouvernement de simples garderies familiales puisqu’il tend à favoriser le recours aux garderies commerciales dont l’offre de services de qualité est loin d’être garantie », affirme Lucie Longchamps, représentante du secteur des RSG à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Un récent recensement des places disponibles en milieu familial subventionné, mené dans 13 villes du Québec par la FSSS-CSN, a démontré que jusqu’ici 863 places étaient toujours vacantes, un phénomène nouveau, alors qu’il existait jusqu’à récemment une liste d’attente pour les parents désirant obtenir des places à contribution réduite. « C’est la première fois qu’autant de places sont devenues vacantes, renchérit Lucie Longchamps. Pour nous, c’est un signe que notre secteur vit un début de crise majeure qui va jusqu’à menacer l’existence même des responsables en service de garde.

Dans plusieurs cas, des RSG aux prises avec une baisse dramatique de leur revenu ont dû fermer leur service et se transformer en garderie familiale commerciale non subventionnée. Pour Dany Lacasse, vice-président de la FSSS-CSN et responsable du secteur privé, cette situation constitue un véritable signal que rien ne va plus dans les services de garde en milieu familial à contribution réduite : « Quand un gouvernement néolibéral est prêt à sacrifier l’avenir de nos enfants sur l’autel de l’austérité, il ne nous reste plus qu’à nous lever tous ensemble et à faire la bataille nécessaire et incontournable pour préserver notre réseau des services de garde. Et c’est à cette mission que nous allons consacrer nos énergies ».

Déclaration sur l’Accord de partenariat transpacifique (PTP)

« Il est temps d’adopter un nouveau cadre commercial qui améliore réellement la vie des travailleurs. Nous ne pouvons nous permettre un nouvel accord commercial qui privilégie de nouvelles possibilités considérables pour les investisseurs au lieu d’emplois de qualité pour les travailleurs.»

Le, signé aujourd’hui 4 février, encourage un développement non durable, porte atteinte à la justice sociale, diminue le pouvoir du mouvement syndical et des communautés, et renforce le pouvoir des entreprises.

L’intérêt national doit redevenir l’intérêt des citoyens
Le PTP est promu par de grandes entreprises et vise à institutionnaliser le pouvoir économique d’un pour cent de la population en le renforçant au moyen d’instruments juridiques. Cet accord a peu à voir avec le réel commerce et la croissance économique et a pour but de réduire l’espace politique, de réduire la réglementation et la législation et de réformer la gouvernance. Les gouvernements acceptent de s’engager à fond dans les accords de libre-échange et d’investissement principalement parce que, dans la perception des décideurs, l’intérêt national se confond avec l’intérêt de leurs acteurs économiques les plus influents, ayant des répercussions extrêmement négatives sur la démocratie et le développement.

Le PTP a été négocié en secret, hors du regard du public, des parlements et des systèmes de justice habituels. Dans certains cas, des représentants de la société civile, du mouvement syndical et des entreprises ont été invités à contribuer aux débats lors des cycles de négociation donnant une illusion d’inclusion. Il ressort du texte publié du PTP qu’il est clair que, si la société civile, les organisations syndicales et les petites entreprises ont pu faire entendre leur voix, seules les grandes entreprises ont en fait été écoutées. En réalité, les grandes entreprises ont joué un rôle fondamental dans l’élaboration du programme et des objectifs des négociations en exerçant dès le départ des pressions sur leur gouvernement.

Les gouvernements ont poursuivi les négociations du PTP aveuglément, même lorsque toutes les études d’impact commandées révélaient des avantages négligeables. Contrairement à ces évaluations, une étude de l’université Tufts, qui n’a été commandée par aucun gouvernement et qui est fondée sur des hypothèses et une modélisation économique réalistes, révèle que la part des revenus des travailleuses et des travailleurs diminuera avec le PTP. L’étude met également en évidence la perte de 771 000 emplois dans les pays du PTP ainsi que d’autres impacts négatifs sur les petits producteurs, les PME, les travailleuses, les travailleurs et l’environnement. Le PTP entraînerait, en outre, des pertes d’emplois et en termes de PIB dans les pays non signataires du PTP. Les pertes en termes de PIB (3,77 %) et d’emplois (879 000) parmi les pays développés non signataires du PTP s’expliqueraient, en grande partie, par les pertes en Europe, alors que les pertes en termes de PIB (5,24 %) et d’emplois (4,45 millions) dans les pays en développement reflètent les pertes prévues en Chine et en Inde.

Le PTP sape la démocratie
Le PTP établit des mécanismes nationaux d’harmonisation réglementaire et de coopération internationale entre les pays signataires. Selon ces mécanismes, les gouvernements doivent répondre aux entreprises et défendre leur projet de réglementation sur la seule base d’évaluations des coûts-bénéfices et des impacts sur le commerce, ce qui déboucherait sur un processus dépolitisé d’élaboration de la réglementation excluant les valeurs et les objectifs sociaux et environnementaux. L’obligation des États de réglementer afin de protéger et de promouvoir les droits sociaux et l’environnement, dénommée « le droit des États de réglementer pour atteindre les objectifs légitimes » dans le PTP, sera réduite et soumise aux intérêts du marché.

En outre, le PTP renforce et élargit la capacité des entreprises à poursuivre les gouvernements afin de contester la réglementation, voire les décisions des tribunaux nationaux, dans un processus dénommé « règlement des différends entre investisseurs et États ». Bien que certaines améliorations légères aient été proposées pour combler les lacunes juridiques bien documentées des tribunaux, aucune d’entre elles ne remédie à la multitude de lacunes de ce système d’arbitrage qui manque de transparence, d’imputabilité et d’indépendance. La principale préoccupation demeure la création d’un système de justice privé réservé exclusivement aux investisseurs étrangers.

Les entreprises ne devraient pas pouvoir collaborer à la rédaction des lois et des règlements des États souverains. Dans les démocraties, cette responsabilité incombe aux responsables élus et dûment mandatés. Les lois et règlements servant des objectifs publics, ils sont élaborés dans des processus qui sont intrinsèquement politiques. Les entreprises ne devraient pas pouvoir contester les lois et les règlements des États souverains devant des tribunaux autres que ceux des États souverains. Les États souverains pourraient établir une coopération bilatérale dans le cadre du règlement amiable des différends relatifs aux investissements au lieu de convenir d’instruments juridiques qui les privent de souveraineté, permettant aux investisseurs d’exiger des rançons aux États pour avoir adopté des mesures d’intérêt public.

Le PTP prétend garantir les droits sociaux, mais en réalité il les mine
Tandis que les investisseurs étrangers bénéficient du droit de saisir des tribunaux privés spécialement constitués en vertu de l’accord pour s’attaquer au salaire minimum, à la santé publique et à la réglementation environnementale qui augmenteraient leurs coûts, les travailleurs et les travailleuses et les communautés ne disposent que d’instruments juridiques destinés à leur donner simplement une illusion de justice. Les différends relatifs au non-respect des normes en matière de travail et d’environnement doivent en effet être portés par des acteurs étatiques, et non par les parties lésées elles-mêmes, un syndicat ne pouvant poursuivre un État, par exemple. L’expérience d’autres accords commerciaux démontre que ces instruments, lorsqu’ils existent, ne sont pas utilisés parce qu’ils sont considérés comme trop coûteux sur le plan politique. Un seul différend de travail international a été soumis aux instruments commerciaux similaires à ceux établis par le PTP. L’affaire est en cours depuis pratiquement huit ans sans qu’aucune solution ne soit trouvée ou sans que les conditions de travail ne soient améliorées. Ces instruments se sont avérés trop faibles pour faire face à l’ampleur des défis auxquels la main-d’œuvre mondiale et l’environnement sont confrontés.

Le PTP porte atteinte aux services publics et à la santé
Le PTP assure une protection excessive des droits de propriété intellectuelle dans le cas des médicaments et des espèces végétales et animales. Comme il est probable que les prix des médicaments augmentent, les pays qui couvrent le coût des médicaments devront réduire la couverture, augmenter les impôts, ou recourir à des emprunts pour maîtriser la montée en flèche des coûts des médicaments. Cette protection excessive des brevets pourrait entraîner un accroissement de la dette publique créant ainsi les conditions permettant au secteur privé d’exiger davantage de privatisations et des mesures d’austérité plus sévères. Dans le même temps, rien ne garantit qu’une large protection des droits de propriété intellectuelle favorise une plus grande innovation parce que de nombreuses entreprises pharmaceutiques consacrent davantage des ressources financières à la protection jalouse des brevets au détriment de la recherche et développement. L’accès à des médicaments abordables et la capacité des gouvernements à décider des médicaments qu’ils subventionnent est un élément important du système de soins de santé universels. Le PTP menace les soins de santé en tant que droit humain en faisant passer les profits avant les patients et la santé publique.

Le PTP ouvrira les marchés des services publics aux prestataires privés, limitant la capacité des gouvernements à utiliser les contrats qu’ils accordent par appel d’offres pour atteindre les objectifs économiques et sociaux. Les autorités locales et les communautés dans le monde entier réclament une remunicipalisation des services publics à la suite de la première vague de privatisation parce que la qualité des services et leur accès se sont gravement détériorés. Ces décisions devraient reposer entre les mains des citoyens, et non découler des règles contraignantes d’un accord commercial dans lequel les communautés concernées n’ont pas eu de voix.

Le PTP promeut la prospérité économique de quelques-uns et des coûts d’ajustement insoutenables pour le plus grand nombre
Une conséquence directe de l’ouverture des marchés est la création d’économies d’échelle dont bénéficient les grandes entreprises, alors que les plus petits producteurs et fournisseurs ainsi que leurs travailleurs/euses doivent réduire les coûts, intégrer l’économie informelle ou quitter le marché. Dans ce contexte, les grandes entreprises usent de leur pouvoir accru pour augmenter les prix des produits finis que les consommateurs paient et réduire les marges bénéficiaires des petits producteurs et les salaires des travailleurs/euses tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

La tendance à la consolidation et à l’expansion du pouvoir de marché n’est nulle part ailleurs plus clairement démontrée que dans les services financiers. La consolidation des marchés a débouché sur la création d’énormes institutions financières qui sont « trop grandes pour faire faillite ». La déréglementation des marchés financiers et l’ouverture des marchés des services financiers qui est réalisée à travers le PTP ne feront qu’exacerber les causes de la crise financière de 2008 qui sont toujours présentes et qui peuvent nous faire retomber en récession à tout moment.

Le mouvement syndical international s’oppose au PTP parce qu’il fait primer les intérêts des entreprises sur ceux des citoyennes, des citoyens et de la planète.

La CSN craint une accentuation de la privatisation

C’est aujourd’hui que le ministre Barrette doit annoncer le troisième volet de sa réforme du système de santé et de services sociaux. L’intention du ministre, cette fois-ci, consiste à revoir de fond en comble le mode de financement actuel du réseau hospitalier, pour un financement par activité (FPA). La CSN redoute que cette nouvelle réforme soit une pièce de plus dans la volonté libérale de privatiser notre système public de santé et de services sociaux.

Certes, une révision du mode de financement des hôpitaux actuel s’impose, toutefois le ministre ne peut décider unilatéralement d’un nouveau fonctionnement, il doit accepter d’en débattre. D’autant plus que la CSN craint que le FPA cause plus de dommages qu’il n’en règle. « Plusieurs lieux dans le monde ont adopté ce fonctionnement, qu’en est-il de la qualité des services dans ces lieux ? Ce qu’on remarque comme tendance, c’est que ceux qui ont appliqué le financement à l’activité se sont retrouvés à traiter en priorité les cas les plus rentables, désavantageant ainsi des milliers de patientes et patients », remarque Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

La CSN dénonce qu’encore une fois, on s’apprête à lancer une nouvelle réforme sans avoir fait les débats nécessaires et sans avoir évalué de façon exhaustive l’ensemble des options possibles, ainsi que leurs conséquences. Le réseau de la santé et de services sociaux a vécu de multiples bouleversements dans les derniers mois, « l’édifice est encore ébranlé par les nombreuses compressions, par la fusion vers les CISSS, par la légalisation des frais accessoires et par une batterie de mesures de tout acabit. Pourquoi ne pas le laisser respirer le temps de faire ce débat ? » ajoute Jean Lacharité.

La centrale syndicale, particulièrement présente dans le réseau de la santé et des services sociaux, entend rester vigilante et mobilisée face à ces volontés de réforme dictée davantage par des impératifs d’austérité et de privatisation que d’efficacité et de développement des services à la population

 

La CSN appelle à la mobilisation ce dimanche


La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tous ses membres ainsi que l’ensemble de la population à participer à l’un des événements qui se dérouleront à travers le Québec, le dimanche 7 février, pour défendre les services de garde subventionnés et à contribution réduite qui sont mis à mal par le gouvernement du Québec. Ces rassemblements sont organisés par l’ Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

« Depuis quelques années, le gouvernement multiplie ses actions pour sabrer dans un réseau qui offre des services de qualité supérieure à tous les enfants du Québec et qui constitue un joyau pour notre collectivité. Non seulement Québec y va d’une coupe supplémentaire de 120 millions de dollars par année qui détériore les services, mais les parents subiront aussi pour la première fois la modulation des tarifs en fonction du revenu lors de la déclaration de revenus qui doit être déposée d’ici la fin avril. C’est une double pénalité pour les jeunes familles québécoises », soutient le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Selon la CSN, il faut à la fois sauvegarder les centres de la petite enfance (CPE), les services de garde en milieu familial régis (RSG) et les services de garde en milieu scolaire puisqu’ils constituent un tout pour le développement des enfants.

Rassemblement national à Montréal
Quand : le dimanche 7 février 2016 à 10 h
Où : parc Émilie-Gamelin (rue Sainte-Catherine, à l’angle de la rue Saint-Hubert)

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, sera sur place et disponible pour des entrevues.

Pour connaître les autres rassemblements à Rouyn-Noranda, à Gatineau, à Sherbrooke, à Saint-Félicien, à Rimouski, sur la Côte-Nord, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, visitez le site Toujours fous de nos enfants.

 

Un recul pour le Canada

Suivant l’accord de principe d’un Partenariat transpacifique (PTP), annoncé le 5 octobre dernier après plus de cinq années de négociations secrètes, voilà maintenant que les ministres des 12 pays du PTP ont convenu de se rencontrer le 4 février prochain, à Auckland en Nouvelle-Zélande, afin de procéder formellement à la signature de l’accord. L’évènement revêt son importance car il marque le coup d’envoi pour que, dans chaque pays, s’enclenche le processus de ratification législative. Une réaction du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC), auquel est membre la CSN.

Or, le gouvernement libéral de Justin Trudeau s’est engagé à la transparence et à réaliser un débat approfondi et ouvert avant que le processus de ratification ne débute, de façon à ce que la population canadienne soit consultée. Depuis son entrée en fonction, la ministre du commerce international, Chrystia Freeland, s’est lancée dans une série de rencontres avec un nombre limité d’intervenants triés sur le volet, tout en invitant les CanadienNEs à soumettre leurs observations et commentaires dans une boîte électronique. Ceci n’est pas sans rappeler la façon de faire des libéraux sous le règne de Jean Chrétien lorsque se négociait la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) il y a 15 ans. Un tel procédé n’a de consultation que le nom.

La ministre Freeland prétend être en mode écoute, elle soutient que son gouvernement n’a pas encore pris une décision concernant l’entente. Mais son intention affirmée de signer le PTP et sa réticence à consulter les grands réseaux sociaux multisectoriels au pays -dont le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC), Common Frontiers et le Réseau pour un commerce juste- envoient un tout autre signal. Ceux-ci se désolent par ailleurs du fait que la ministre n’ait pas non plus daigné répondre à l’invitation du Sénat mexicain à participer, ce 28 janvier, à un dialogue international entre parlementaires sur le PTP avec des législateurs des États-Unis, du Pérou et du Chili, réunis à Mexico. Cet évènement s’inscrit dans le cadre d’une rencontre internationale plus large qui rassemble les mouvements sociaux et populaires des pays du PTP dans les Amériques qui sont inquiets des répercussions de cet accord mammouth.

En procédant à la signature d’un accord dont les bienfaits sont plus qu’incertains, le gouvernement canadien s’apprête en fait à accepter des restrictions importantes à la capacité de l’État de réguler pour l’intérêt public dans des domaines qui ne sont pas directement liés au commerce, comme la qualité de la production alimentaire, l’accès aux médicaments, la santé publique, les droits sur internet, l’environnement, les mesures de mitigation du changement climatique et les normes du travail. L’accord ouvre la porte à un nivellement par le bas des salaires et des conditions de travail, à une accélération des délocalisations et de la sous-traitance, contribuant ainsi à l’accroissement des inégalités au Canada et au sein des autres pays du PTP.

Le PTP inclut également le mécanisme controversé et antidémocratique de résolution des différends entre investisseur et État (RDIÉ) qui permet aux multinationales de poursuivre les gouvernements lorsqu’ils adoptent des politiques et réglementations d’intérêt public qui affectent leurs profits escomptés. De telles poursuites ignorent nos institutions juridiques et sont entendues devant un tribunal international de trois arbitres, non imputables et chèrement rémunérés, qui imposent d’énormes amendes aux gouvernements élus sans que l’on puisse faire appel de leurs décisions. Ces dispositions de protection excessive des investisseurs menacent la démocratie et les droits constitutionnels, outrepassent et effritent notre système de justice, et coûteront aux contribuables des dizaines de millions de dollars en compensations versées aux entreprises étrangères qui se prévalent du mécanisme RDIÉ. D’ailleurs, selon le rapport de l’expert des Nations-Unies pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, Alfred de Zayas, le RDIÉ contrevient à l’obligation des États de donner préséance aux droits humains et devrait être banni de tout accord commercial.

Le PTP est aussi un recul en ce qui concerne la protection de l’environnement. Le chapitre en la matière présente des objectifs peu ambitieux et n’inclut aucune obligation contraignante, à l’instar des accords de libre-échange de mouture plus ancienne. En effet, les libellés environnementaux sont vagues et sans mordant, bien en deçà des mesures solides que les pays doivent adopter pour mettre fin aux pratiques économiques néfastes pour l’environnement et protéger la terre, l’air, l’eau et la faune. Pire encore, l’accord a pour effet de rendre les gouvernements frileux au moment d’adopter de nouvelles politiques visant à contrer le réchauffement climatique.

Les organisations sociales du Canada et du Québec sonnent ici l’alarme devant l’empressement du gouvernement d’aller de l’avant en signant le PTP, malgré les graves inquiétudes de la société civile face aux impacts du PTP. Une récente étude de chercheurs de l’Institut sur le développement mondial et l’environnement de l’Université Tufts révèle que l’accord engendrera au Canada la perte de 58 000 emplois et creusera les inégalités de revenus. De son côté, le plus grand syndicat canadien dans le secteur privé, Unifor, signale que l’entente menace 26 000 emplois dans le secteur automobile de l’assemblage et dans celui des pièces automobiles. Le PTP est un mauvais accord pour le Canada et sacrifie l’intérêt public.

Le PTP, qui doit être ratifié tel quel, sans possibilité d’amendements, aura pour effet de restreindre pendant des décennies les pouvoirs du gouvernement et des éluEs d’agir dans l’intérêt du public. En définitive, la nouvelle génération d’accords de libre-échange et d’investissement comme le PTP visent moins à favoriser les échanges commerciaux qu’à ériger un nouveau système de règles qui accorde toujours plus de « droits » aux entreprises transnationales. Ils transforment profondément les rapports de force dans nos sociétés en opérant un glissement du pouvoir souverain des États et des institutions juridiques vers les puissants de ce monde.

Les journalistes de La Presse demandent à la direction de vérifier si la confusion subsiste

Avec la publication hier d’un blâme du Conseil de presse du Québec (CPQ), La Pressen’a d’autre choix que de vérifier si la confusion subsiste chez ses lecteurs au sujet des textes promotionnels publiés dans son application tablette La Presse+. Et ce, même si l’identification des sections promotionnelles a été améliorée récemment. C’est l’avis du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (FNC-CSN), qui représente les 260 employé-es syndiqués de la rédaction du quotidien montréalais. Le STIP croit que le Conseil de presse du Québec a eu raison de blâmer La Pressepour « omission de distinguer information et publicité », dans une décision du 2 octobre rendue publique cette semaine. Cependant, il faut souligner que la présentation des textes publicitaires dans les sections appelées « Xtra » a été changée depuis le dépôt des plaintes au CPQ. La convention collective des journalistes prévoit que La Pressedoit « déployer les moyens requis pour éviter toute confusion entre la matière rédactionnelle et la matière publicitaire publiée ». À la suite du dépôt de nombreux griefs en 2014, une entente est intervenue en juin 2015 entre le STIP et La Presse pour améliorer l’identification des textes promotionnels et réduire la confusion. L’entente stipule que chaque section et chaque écran promotionnel doit contenir un bouton interactif qui fait surgir une fenêtre contenant le texte suivant : « Xtra est une section qui regroupe des contenus promotionnels produits par ou pour les annonceurs suivants : ». Les annonceurs sont alors identifiés. Cette mesure, ainsi que d’autres déjà en place, comme l’absence de signature sur les textes promotionnels, sont consignées dans une lettre d’entente qui lie le STIP et La Presse. Cette entente a été entérinée par le médiateur René Beaupré. Ces mesures s’appliquent aussi sur le site LaPresse.ca, avec des adaptations. Depuis sa mise en application l’été dernier, le STIP constate que cette lettre d’entente a été respectée par La Presse. Il reste une inconnue, toutefois, estime Charles Côté, président du STIP : « Tout au long du processus, nous avons signalé à La Pressequ’il serait bon de vérifier auprès des lecteurs si la confusion persiste. La Pressedispose de moyens perfectionnés pour vérifier l’interaction des lecteurs avec son application sur tablette La Presse+. La moindre des choses serait de mettre ces moyens en œuvre afin de s’assurer que les lecteurs comprennent bien la différence entre le travail des journalistes et celui des publicitaires. » D’ailleurs, le STIP, avec l’appui de la Fédération nationale des communications-CSN, avait fait réaliser au cours de l’été 2014 sa propre étude sur le sujet en appui à ses griefs. Cette étude, appuyée sur des groupes de discussion et un sondage en ligne, avait fait ressortir les mêmes lacunes constatées par le CPQ dans sa décision du 2 octobre dernier. Il est temps maintenant pour La Pressede reprendre cette démarche, et le STIP lui offre sa collaboration. Fondé en 1977, le STIP représente 260 salarié-es de La Presse, notamment les journalistes, photographes et graphistes de la rédaction. Il est affilié à la Fédération nationale des communications (FNC) et à la Centrale des syndicats nationaux (CSN). Décision du Conseil de presse du Québec : http://conseildepresse.qc.ca/actualites/nouvelles/lapresse-blamee-pour-lambiguite-de-sa-section-xtra/

La ministre du Travail passe de la parole aux actes

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) salue la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuk qui est passée de la parole aux actes en déposant aujourd’hui à la Chambre des communes des mesures législatives pour abroger deux projets de loi antisyndicaux mis de l’avant par le Parti conservateur de Stephen Harper.

« En novembre dernier, j’ai pu discuter au téléphone avec la ministre qui s’était alors engagée verbalement à retirer les lois C-377 et C-525 qui étaient totalement antidémocratiques. Nous sommes heureux de constater que madame Mihychuk est une femme de parole », a lancé le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie.

Dans un communiqué émis par le gouvernement fédéral, la ministre écrit : « Notre gouvernement reconnaît que les syndicats jouent un rôle important dans la protection des droits des travailleurs canadiens et qu’ils contribuent grandement à la croissance et à la prospérité de la classe moyenne. C’est pourquoi nous sommes fiers d’abroger les projets de loi C-377 et C-525, comme nous nous étions engagés à le faire, de sorte que les relations de travail au Canada soient de nouveau justes et équilibrées. »

Adoptée à l’automne 2015, la loi C-377 obligeait les syndicats à rendre publiques toutes leurs dépenses de plus de 5000 $ et la ventilation détaillée de toutes celles qui correspondraient à des activités non reliées à la négociation des conditions de travail avec les employeurs. Les conservateurs souhaitaient ainsi que les syndicats distinguent les sommes dépensées pour la négociation collective et celles en appui aux luttes sociales. Seuls les syndicats se voyaient contraints à une telle exigence parmi les 90 000 organisations à but non lucratif au Canada.

La loi C-525, quant à elle, visait à forcer la tenue d’un vote à scrutin secret pour obtenir une nouvelle accréditation syndicale sous juridiction du Code canadien du travail. Cette loi rendait plus difficile pour les travailleuses et les travailleurs l’accès au droit d’association.

« À elles seules, ces deux lois faisaient passer le monde syndical dans une ère d’obscurantisme jamais vu au cours des 40 dernières années. Le gouvernement libéral a honoré sa promesse, il ne reste plus qu’à souhaiter que le Sénat ne mette pas des bâtons dans les roues du gouvernement. Après tout, il en va de la préservation d’un principe démocratique fondamental », conclut M. Lortie.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Une occasion de réinvestir dans les réseaux publics, dit la CSN

Réagissant au remaniement ministériel par le premier ministre Philippe Couillard ce matin, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’inquiète de voir le nouveau Conseil des ministres poursuivre avec les mesures d’austérité et la gestion de la décroissance de l’État du Québec. Visionnez la vidéo de la réaction de la CSN.

« Malgré l’arrivée de nouvelles figures au Conseil des ministres, le premier ministre Couillard ne semble pas avoir l’intention de changer d’orientation quant à la poursuite du démantèlement de l’État québécois, a soutenu le président de la CSN, Jacques Létourneau. Les nominations de Martin Coiteux aux Affaires municipales, et de Pierre Moreau à l’Éducation sont autant de signaux en ce sens. Nous invitons le premier ministre Couillard, s’il veut réellement faire preuve d’innovation et répondre adéquatement aux besoins de la population et des régions, comme il l’a déclaré dans son allocution, à saisir l’occasion que lui offre le remaniement ministériel pour agir en conséquence en réinvestissant dans les réseaux publics et en se donnant une véritable stratégie de création d’emplois. La pierre angulaire de son action est certainement le prochain budget québécois et nous souhaitons qu’il en profite pour agir en ce sens. »

Pour la CSN, le remaniement ministériel ne doit pas se résumer à un simple jeu de chaises musicales. Les ministres doivent prendre acte de la mobilisation populaire et syndicale contre les politiques d’austérité qui se poursuit depuis le mois de septembre 2014. « Le gouvernement doit aussi se montrer à l’écoute de la population qui n’appuie pas sa stratégie de démantèlement, comme le confirment les sondages, a poursuivi Jacques Létourneau. »

En ce sens, la CSN demande aux nouveaux ministres de profiter de leur nomination pour poser des gestes concrets en faveur des plus démunis, des familles et des services publics, et de retirer des projets législatifs actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, soit les projets de loi 70 sur l’aide sociale et la formation professionnelle, et le projet de loi 86 sur la gouvernance des commissions scolaires. Par ailleurs, le gouvernement devrait refaire ses devoir pour bonifier le projet de loi 87 sur les lanceurs d’alerte, qui ne va pas assez loin.

Le gouvernement doit aussi profiter de l’occasion pour soutenir concrètement le réseau des services garde subventionnés en fonction du rôle qu’ils jouent auprès des familles, plus particulièrement des femmes, et des enfants, en revoyant l’ensemble des mesures restrictives et les compressions qui l’ont frappé depuis l’élection des libéraux à Québec.

La CSN invite aussi le nouveau ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, à ne pas revoir les règles qui permettent actuellement le libre exercice de la négociation dans ce secteur, comme le prévoit le Pacte fiscal intervenu l’année dernière.

« Les services de santé, de services sociaux, d’éducation, ainsi que les programmes sociaux et ceux qui participent au développement régional ont été mis à mal au cours de la première moitié du mandat des libéraux, a poursuivi le président de la CSN. Le premier ministre doit maintenant profiter du changement de garde au Conseil des ministres pour changer de cap et redonner la capacité à l’État québécois de jouer le rôle qui lui revient et qui est le sien depuis la Révolution tranquille. »

La CSN continuera de faire entendre ce message en mobilisant ses membres en ce sens, notamment le 7 février, lors du rassemblement en faveur des services de garde, le 8 mars, lors de la Journée internationale des femmes, et en vue du prochain budget québécois.