Une vie des plus surprenante

Les sages-femmes ne savent jamais de quoi leur journée sera faite. De garde 24 heures sur 24, elles peuvent à tout moment être obligées d’interrompre leurs activités pour répondre à une urgence ou pour accompagner une femme lors d’un accouchement. Les sages-femmes veillent sur leurs clientes à toute heure du jour ou de la nuit, pendant les périodes prénatale et postnatale et, bien sûr, durant les accouchements. Regard sur une profession vieille comme le monde qui continue de fasciner.

Josyane Giroux a complété un baccalauréat en géomatique appliquée à l’environnement avant de pratiquer comme sage-femme. Bien que cette discipline l’ait stimulée intellectuellement, son travail actuel la comble davantage. « Devenir sage-femme, c’est bien sûr acquérir l’ensemble des connaissances et des compétences pour pouvoir donner tout le soutien clinique nécessaire aux femmes et aux familles, mais c’est beaucoup plus que ça. Je me sens comblée par l’aspect humain et relationnel de mon travail », souligne-t-elle. Josyane et ses consœurs de pratique sont représentées par la Fédération des professionnèles–CSN.

Une vie trépidante

27 novembre 2016, 2 h 30. Josyane est appelée par une cliente pour des saignements anormaux. Elle craint une hémorragie post-partum tardive et prend une quarantaine de minutes pour évaluer la situation. Elle décide de garder un contact étroit avec sa cliente. 5 h 30, le téléphone sonne à nouveau pour un accouchement, cette fois-ci. Josyane se rend chez la future mère. Le bébé naît à 12 h. Elle revient chez elle à 16 h.

Photo : Louise Leblanc

17 h, une cliente en panique l’appelle : elle vomit sans arrêt. Après consultation et analyse de la situation, Josyane conclut qu’il s’agit d’une gastro sévère. À 20 h, Josyane fait un suivi avec la mère qui l’a appelée la nuit précédente et détermine avec elle le plan à suivre si les saignements recommencent. 1 h du matin, une autre femme appelle, elle éprouve de sérieuses douleurs au bas du ventre. Celles-ci viennent de la compression des intestins. « Ce n’est pas toujours comme ça, des fois le rythme est plus intense ! », lance Josyane en riant.

La garde constitue la pierre angulaire de la profession de sage-femme. Elle est nécessaire pour permettre la continuité relationnelle des soins et des services à toutes les phases du suivi de grossesse, jusqu’à six semaines après l’accouchement. Le fait de ne pouvoir prévoir l’horaire exact et la nature des tâches de la journée fait donc partie intégrante de la réalité des sages-femmes. À ce sujet, Josyane raconte. « Le mois dernier, j’ai été appelée par un papa à 23 h 30, alors que j’étais couchée. Sa conjointe avait des contractions très intenses depuis 15 minutes. Cinq minutes plus tard, elle a commencé à pousser. Je finissais de mettre mes bottes. Merci à mon GPS qui m’a conduite au bon endroit ! Quand j’ai mis le pied dans la chambre, la tête du bébé était déjà sortie ; je suis tout de même arrivée à temps pour assister à sa naissance. Imaginez ! 32 minutes plus tôt, je dormais. C’est aussi ça, la vie de sage-femme. »

Comme à l’habitude, Josyane avait ce soir-là accroché des vêtements derrière la porte de la salle de bain. Elle en place toujours à cet endroit pour éviter de réveiller la famille, car son travail l’appelle à se lever la nuit régulièrement. Bien sûr, une trousse contenant tous ses instruments, prête à être utilisée, l’attendait aussi. « Il faut développer des trucs pour mieux s’adapter aux éléments stressants de la profession et pour composer plus efficacement avec les urgences », explique-t-elle.

La cohésion et l’entraide au sein de l’équipe d’une maison de naissance font toute la différence pour permettre aux sages-femmes de soutenir le rythme exigeant de la profession. « Parfois, on est capable de travailler 24 heures en ligne, alors qu’à d’autres moments, on est exténuée après 12 heures et il faut absolument dormir un peu. Je peux toujours compter sur mes collègues pour me permettre d’aller me coucher. À moins qu’elles soient, elles aussi, en train d’assister un accouchement… Alors on se relaie pour aller se reposer quelques heures », poursuit Josyane.

Différents modèles

Certaines maisons de naissance ont décidé de nommer une sage-femme de remplacement, communément appelée sage-femme volante, pour aider l’équipe à suppléer aux congés de maladie, aux grossesses et aux conflits d’horaires des sages-femmes régulières. « Notre présence permet à l’équipe de souffler un peu, souligne Marie-France Beaudoin, sage-femme de remplacement à la Maison du Haut-Richelieu–Rouville. On permet aussi d’atténuer les bouleversements pour les clientes, qui n’apprécient pas, à juste titre, de voir se succéder les sages-femmes au cours de leur grossesse. »

Bien sûr, le suivi d’une sage-femme de remplacement est différent. « Il faut vite comprendre le dossier et espérer qu’il a été bien rempli. Il est primordial de pouvoir entrer rapidement en relation avec les clientes. Le rapport diffère, puisqu’on ne réalise pas l’accompagnement en continu, mais le rôle de remplaçante est par contre très apprécié au sein de la maison de naissance ».

Photo : Annik de Carufel

Des femmes-orchestres

Beaucoup de femmes ont recours aux services d’une sage-femme pour leur deuxième grossesse, car elles ont l’impression de ne pas avoir été bien informées la première fois. « Elles déplorent souvent le côté un peu inhumain du processus médical », relate encore Josyane Giroux. L’accouchement avec une sage-femme est bien différent de celui pratiqué à l’hôpital et prend la forme que le couple veut lui donner. « Nous sommes là pour accompagner les femmes et leur famille dans leur choix. Si elles veulent écouter de la musique métal, je ne suis pas là pour les en empêcher. »

Bien sûr, toutes les mesures de sécurité sont prises pour assurer le bon déroulement de l’accouchement. D’ailleurs, elles doivent toujours être deux professionnelles pour assister la femme au moment de la naissance du bébé. Cela dit, l’un des principes importants de la pratique sage-femme est basé sur le choix éclairé, contrairement au choix dirigé du milieu hospitalier. « Il n’y a pas de protocole dans notre pratique, ce qui occasionne encore beaucoup de tensions avec les médecins qui ne comprennent pas pourquoi des couples choisissent de ne pas subir certains tests. Pour une sage-femme, le respect du choix des femmes est très important. Lorsque tous les renseignements nécessaires ont été donnés, elles peuvent décider de ne pas recevoir un geste clinique, c’est leur droit », renchérit Josyane Giroux.

À l’hôpital, une infirmière de l’équipe médicale se trouve à tout moment dans la chambre avec la femme sur le point d’accoucher. Pour donner tout le soutien et la disponibilité requise, les sages-femmes, pour leur part, doivent écouter leurs propres besoins tout en veillant au bien-être de la cliente : « Ça peut paraître évident, mais quand on a faim, il faut manger. Si les contractions commencent et qu’elles ne sont pas très intensives, il m’arrive d’aller m’étendre quelques minutes, entre l’écoute des deux cœurs. Mais je ne suis pas loin, seulement à la porte d’à côté. » Ces temps d’arrêt permettent également au couple de profiter d’une intimité qui n’existe pas avec l’équipe médicale.

Le rôle de soutien psychologique de la sage-femme auprès des femmes et des familles prend également toute son importance, surtout lorsque l’accouchement se déroule dans un contexte difficile comme une perte d’emploi, un déménagement, une rupture ou le décès du conjoint. « La transformation au cours de la grossesse est majeure à tous les points de vue. Le corps change, les hormones s’activent et les impacts sont énormes sur la vie de la femme et du couple. On est amenées à parler de communication, de sexualité, et de façon plus concrète, des ressources existantes, comme le CLSC ou les groupes communautaires. Ce travail avec les autres professionnel-les de la santé est primordial. Je ne suis pas psychologue, mais je peux être une intermédiaire déterminante lorsque le besoin se présente. »

Les sages-femmes agissent en somme comme des femmes-orchestres dans les moments les plus importants de la vie. Et leurs œuvres magistrales ont de quoi marquer chaque fois les familles qu’elles accompagnent.

Des solutions existent

La CSN participe activement à la réflexion et au débat entourant les pistes de solution pour un meilleur financement et une efficacité accrue du réseau. Entrevue avec Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Pourquoi la centralisation des services de santé et de services sociaux est-elle à éviter ?

— L’expérience de centralisation à outrance a été tentée en Alberta. Or, le gouvernement a compris qu’il allait vers l’échec et a fait marche arrière. Au Québec, la réforme Barrette est un mélange de toutes les missions de santé et de services sociaux ayant à sa base une vision très hospitalocentriste qui bousille le système. Il en découle un bouleversement du réseau et une surcharge de travail qui affecte négativement la qualité des services. On en a eu un exemple récemment avec les infirmières de Sainte-Justine. L’hypercentralisation du Dr Barrette, c’est aussi le projet Optilab, qui met en péril la sécurité des échantillons de laboratoire et dépouille les régions d’emplois de qualité au profit des grands centres. Ce sont des patients qui ne savent plus à quel saint se vouer pour obtenir un rendez-vous avec une travailleuse ou un travailleur social. Les acteurs de la centralisation sont déconnectés des besoins des bénéficiaires. Nous devrions plutôt nous rapprocher des clientèles.

Le réinvestissement annoncé dans le réseau public par le gouvernement vous apparaît-il suffisant ?

— Jamais ! Un réinvestissement récurrent de 300 millions après une coupe de plus d’un milliard, qui a permis au gouvernement d’engranger des surplus astronomiques, est une insulte à l’intelligence ! Le ministre poursuit sa réforme avec obstination en abolissant des postes et en fusionnant des services qui s’éloignent des patients. Il étouffe les CLSC par une ponction de leurs ressources pour les incorporer aux organismes à but lucratif que sont les groupes de médecine de famille. Le ministre a beau déclarer que le financement restera public, dans les faits, il privatise la dispensation de services. Pour juguler les problèmes qui éclatent partout, il faut plutôt un réinvestissement massif dans le système public.

La privatisation n’est-elle pas un moyen pour réduire les dépenses en santé et services sociaux ?

— Au contraire. Dans les pays qui financent leurs soins sur une base privée, on observe une nette augmentation des coûts. Au bout du compte, les gens payent plus pour en avoir moins. Les soins sont réservés aux mieux nantis ou à ceux qui sont bien assurés. De plus, le vieillissement de la population augmente la demande de services, ce qui crée un impact sur les finances du régime public. À la CSN, on préconise un retour à un système de santé complètement public. On a un joyau entre les mains qui est un élément majeur de notre filet de protection sociale. N’oublions pas qu’avant la création de la RAMQ, beaucoup de gens devaient se faire soigner à crédit.

Pourquoi la CSN prône-t-elle l’interdisciplinarité dans le réseau ?

— La complémentarité du travail est nécessaire à l’efficacité et à la qualité des services rendus ainsi qu’à l’utilisation optimale des ressources. Prenons le cas des personnes âgées : une travailleuse sociale intervient, ensuite une infirmière, sans trop savoir ce que la première a fait. Il faut briser les silos qui nuisent à tous points de vue. C’est vrai pour les CHSLD, pour les CLSC, pour les centres hospitaliers. Or, l’interdisciplinarité demande du temps, de l’énergie et encore une fois, du financement.

Y a-t-il d’autres pistes que la CSN aimerait explo­rer pour un meilleur financement du réseau ?

— Oui. On pourrait tenir des états généraux sur la situation du réseau dans son ensemble. Comme il s’agit des dépenses qui exercent le plus de pression sur le réseau, on pourrait y aborder le mode de rémunération des médecins et le régime d’assurance médicaments. Nous demandons aussi des états généraux qui porteraient spécifiquement sur le réseau des centres jeunesse du Québec.

Sur quoi faut-il se pencher dans les centres jeunesse ?

— Il faut cesser de fonctionner à la pièce. On observe d’année en année une augmentation des signalements et un délai d’attente avant la prise en charge qui varie entre 15 et 70 jours, selon les régions. À cela s’ajoute une insuffisance criante de ressources due au sous-financement que subissent les centres depuis plusieurs années. Encore en 2015, des compressions de 20 millions se sont abattues sur le réseau. Un moratoire et un refinancement s’imposent.

Pourquoi pensez-vous qu’il est nécessaire de se pencher sur la rémunération des médecins ?

— L’augmentation de la rémunération des médecins est faramineuse et la rémunération à l’acte médical ne fonctionne pas. Celle-ci a été responsable d’importants dépassements de coûts par le passé. Entre 2010 et 2015, les sommes reliées à la rémunération des médecins ont dépassé de 417 millions de dollars le seuil prévu. Qui plus est, le rapport 2015 de la Vérificatrice générale démontre que la RAMQ ne peut assurer le plein contrôle des 55 millions de demandes de paiement qui lui sont adressées par les médecins chaque année. Le contrôle inadéquat des factures des médecins a contribué à l’explosion des coûts. Il est temps d’avoir un débat de fond sur cette question.

Selon vous, pourquoi le système d’assurance médicaments n’est-il pas adéquat ?

— Le système hybride actuel fait grimper de façon excessive le coût des médicaments. Il est impératif de revoir la façon d’en fixer les prix et, par extension, de s’intéresser à la question de la surmédication. Le ministre le nie, mais il y a un problème qui existe là. Il a d’ailleurs dû le reconnaître durant son forum sur les bonnes pratiques en CHSLD. Nous insistons sur la nécessité d’un débat public sur le sujet.

Ne serait-il pas plus rentable d’insister davantage sur la prévention ?

— Absolument. La prévention est la mission première de la santé publique, et pourtant, elle disparaît peu à peu au profit du curatif. D’ailleurs, les libéraux ont coupé les budgets de santé publique de 30 %. Il y a quelque chose d’électoraliste dans le refus des gouvernements d’investir dans des politiques dont les effets ne sont pas visibles de façon immédiate. Pourtant, il s’agit d’une piste de solution très importante à moyen et à long terme.

Les avocats de l’aide juridique appuient les juristes de l’État

Le regroupement des avocates et des avocats de l’aide juridique du Québec, représenté par la Fédération des professionnèles de la CSN et la Fédération des avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ) appuie les revendications des juristes de l’État, actuellement en grève, afin d’obtenir la parité avec les avocats agissant comme procureurs aux poursuites criminelles et pénales.

Les avocates et les avocats de l’aide juridique partagent les principes de justice et d’équité qui animent leurs collègues à l’emploi de l’État québécois concernant leurs conditions de travail et leur rémunération. Par leur formation professionnelle, la fonction sociale qu’ils remplissent et l’importance de maintenir l’équilibre des parties dans une société de droit, les avocats et notaires représentant les pouvoirs publics méritent le même traitement que celui de leurs collègues œuvrant devant les tribunaux criminels.

D’ailleurs, l’État reconnaît depuis près de trente ans la valeur équivalente des fonctions occupées par les juristes, les procureurs et les avocats de l’aide juridique en accordant aux trois groupes les mêmes conditions de rémunération. Le regroupement des avocats de l’aide juridique du Québec estime que c’est au gouvernement du Québec que revient la responsabilité de maintenir cet équilibre en accordant aux juristes un traitement juste.

Photo : Thien | Creative Commons BY NC ND 2.0

Une centaine de techniciens et professionnels dans l’insécurité

Le Syndicat du personnel technique et professionnel de la SAQ (SPTP–CSN) accueille comme une douche froide l’annonce de la suppression d’une centaine de postes de techniciennes, techniciens et professionnel-les à la SAQ, soit près de 15 % de cet effectif à la société d’État.

« Nous étions plus de 700 il y a deux ans à peine, et nous ne serons plus que 500 à l’issue de ce nouveau licenciement collectif, déplore la présidente du SPTP–CSN, Sandrine Thériault. Les impacts des dernières coupes de postes, en avril dernier, se font déjà sentir lourdement. À la SAQ, on coupe des postes d’abord, et on se demande ensuite comment on doit réorganiser le travail. La conséquence, c’est que nos membres sont de plus en plus surchargés : il y a une augmentation des heures supplémentaires non rémunérées et le climat de travail se détériore grandement. Nous avons interpellé la SAQ avec des données alarmantes que nous avons recueillies à ce sujet et la seule réponse que nous recevons, ce sont des coupes supplémentaires ! »

Rappelons qu’après avoir coupé une soixantaine de postes au printemps 2016, principalement au développement immobilier, la société d’État avait dû se rendre à l’évidence et reconnaître que ces coupes entraînaient des lacunes importantes qu’il fallait corriger. Tout porte à croire qu’il en sera de nouveau ainsi.

Pour la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) à laquelle le syndicat est affilié, Ginette Langlois, la SAQ doit revoir sa façon de gérer les relations de travail. « Des annonces comme celle effectuée aujourd’hui entraînent leur lot d’insécurité pour l’ensemble des salarié-es. Nous nous attendrions de la SAQ qu’elle agisse en employeur modèle en faisant preuve d’un maximum de transparence et qu’elle prenne le temps d’étudier avec les représentants des salarié-es des solutions de rechange ou à tout le moins, un plan de réorganisation et ce, avant de procéder à de telles coupes ! »

Du côté du Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN), on souligne que ces abolitions de postes entraîneront un impact direct sur la capacité des salarié-es œuvrant dans les succursales à effectuer leurs tâches régulières. C’est ce qui a été observé lors des précédentes coupes. « Nous sommes pleinement solidaires de nos collègues techniciennes, techniciens et professionnel-les, déclare son président, Alexandre Joly. Ce qui fait la force de la SAQ, c’est le travail au quotidien de ses employé-es. Cela mérite plus de reconnaissance et de respect ».

À propos du SPTP-SAQ (CSN)
Le SPTP-SAQ regroupe quelque 600 membres qui travaillent en partie à Québec, mais principalement à Montréal. On y compte notamment les secrétaires, techniciens et analystes du siège social et des centres de distribution. C’est d’ailleurs ce centre qui est responsable d’approvisionner en vin l’ensemble du réseau de la SAQ. Le SPTP-SAQ est affilié à la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

Il faut aussi s’attaquer aux causes systémiques

La Confédération des syndicats nationaux croit que des précisions importantes doivent être apportées au projet de loi 115, loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aîné-es et toute autre personne en situation de vulnérabilité. Pour la CSN, qui­ représente près de la moitié des salarié-es du réseau public de la santé et des services sociaux, et ce dans tous les titres d’emploi, ce seul projet de loi ne pourra atteindre pleinement ses objectifs si on ne remet pas en cause, en même temps, les causes systémiques du phénomène de la maltraitance. Des représentants de la CSN seront entendus par la Commission des relations avec les citoyens cet après-midi.

 « Pour nous, le projet de loi 115 constitue une avancée nécessaire, explique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. C’est dans cette optique que nous proposons des changements qui en renforceront les éléments essentiels. Nous déplorons toutefois que le projet de loi ne se concentre que sur la maltraitance issue de comportements individuels et qu’il fasse complètement l’impasse sur la maltraitance systémique qui découle de décisions et d’actions politiques ou organisationnelles. C’est un aspect important, voire le plus important, qu’il faudra regarder attentivement pour améliorer la situation ».

Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Photo : Louise Leblanc

Pour la CSN, c’est la pression budgétaire exercée depuis des années sur les établissements, exacerbée par les dernières rondes de compressions, qui fait en sorte qu’on manque de personnel et que celui-ci est en surcharge de travail croissante. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant qu’on assiste aujourd’hui à une certaine déshumanisation des soins et à une incapacité des établissements à répondre adéquatement à tous les besoins des aîné-es et des personnes vulnérables. D’ailleurs l’implantation de pratiques comme le minutage du temps de travail ou la méthode Lean contribue grandement à la déshumanisation des soins. Ce constat, la CSN est loin d’être seule à le dresser. Les derniers rapports du Protecteur du citoyen ainsi que des prises de position de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec, notamment, abondent en ce sens.

« Ce n’est certainement pas de gaieté de cœur , mais en raison d’un manque de temps et de ressources que le personnel œuvrant auprès des aîné-es ou de personnes vulnérables doit parfois se résoudre à différer l’heure du repas ou de la toilette. Si les travailleuses et les travailleurs ont leur part de responsabilité, l’État ne peut certainement pas ignorer la sienne », illustre le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Guy Laurion.

Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles. Photo : Louise Leblanc

« L’embauche de 1150 personnes dans les CHSLD annoncée récemment ne sera pas suffisante pour régler tous les problèmes, vu l’ampleur des besoins, poursuit la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois. Il serait grandement temps de mettre de côté l’idéologie et la partisannerie pour dresser le portrait véritable des besoins en ressources dans les services aux aîné-es et aux personnes les plus vulnérables et de trouver les moyens d’y répondre adéquatement. Selon nous, le financement public adéquat des services est un incontournable pour lutter contre la maltraitance. Par ailleurs, l’accès aux ressources d’hébergement, aux services de réadaptation ainsi qu’aux soins à domicile, assurés par du personnel du secteur public, bien formé, est également un aspect important ».

Réserves

Si le projet de loi 115 contient de bons éléments, la CSN émet certaines réserves, notamment quant à deux aspects qui vont au-delà du débat sur la lutte contre la maltraitance.

Sur l’utilisation de caméras de surveillance et d’autres moyens technologiques, la CSN estime que la jurisprudence en la matière et les balises déjà édictées par la Commission de l’accès à l’information du Québec établissent déjà clairement ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Toute intervention du gouvernement devra respecter la charte des droits et liberté et les balises fixées par la jurisprudence.

Par ailleurs, la CSN ne croit pas qu’il soit judicieux de permettre plus généralement la levée du secret professionnel. Actuellement, le secret professionnel ne doit être levé que dans des circonstances exceptionnelles et cet équilibre doit être préservé car il permet aux professionnel-les d’entretenir une relation de confiance avec leur patient, absolument nécessaire pour pouvoir exercer leur profession au meilleur de leur connaissance. Pour la CSN, ce débat dépasse largement le cadre de la discussion sur la maltraitance.

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Les techniciennes en laboratoire de Sainte-Justine lancent leur offensive de campagne

Les techniciennes et techniciens en laboratoire de l’Hôpital Sainte-Justine organisent la riposte face à la méga-centralisation des laboratoires à laquelle se prête le ministre Barrette par le projet Optilab, qui affecte directement les services à la population.

Dans le cadre de la campagne Mon laboratoire médical, j’y tiens, ils procéderont dès le 12 janvier à de l’affichage à l’intérieur de l’établissement. Celui-ci prendra la forme de mosaïques d’employé-es interpellant le public, pancartes à la main, par des questions directes et très légitimes, notamment : Et l’impact sur les patients ? Et mon expertise avec les enfants ? Et les horaires intenables ? Et l’inquiétude des parents ?

Ce volet de campagne se déploiera également sur les réseaux sociaux. Les employé-es de Sainte-Justine comptent ainsi montrer leur détermination à lutter contre le démantèlement en règle des services de laboratoires médicaux au Québec. On se demande bien quelles répliques le gouvernement pourrait leur donner. Parce que rien ne justifie le projet Optilab!

Un manque de préparation qui inquiète

À la suite d’une rencontre avec le ministère de la Santé et des Services sociaux sur l’implantation du projet Optilab, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) se dit inquiète face à l’absence de réponse concernant des éléments majeurs dans le déploiement du controversé projet. Selon la centrale, la question du transport et de la main-d’œuvre constituent des illustrations flagrantes de l’improvisation dans le dossier. « On laisse planer le mystère sur la nature publique ou privée de la gestion du transport des échantillons en évoquant la possibilité que le choix relève des 11 laboratoires serveurs. De plus, le moyen d’assurer la traçabilité des échantillons n’a toujours pas été identifié. Or, une standardisation s’impose pour garantir l’efficience dans les transferts des échantillons et dans la conservation de leur intégrité, partout au Québec. Seul le système public peut l’assurer », plaide d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

« Tout est très préliminaire concernant le transport des échantillons. À ce stade-ci, le gouvernement est encore en train d’analyser ce qui se fait à Héma Québec! Pourtant, il a mis le pied sur l’accélérateur pour implanter Optilab et multiplier les transferts d’échantillons. Mais le système de transport n’est toujours pas adapté, malgré les grandes distances parcourues! Cela présente un risque pour la santé de la population dont le gouvernement devrait se préoccuper », lance également le vice-président de la CSN.

« Le ministère affirme que les employé-es sont le volet clé du projet Optilab. Mais on a plutôt l’impression du contraire avec le transfert de personnel et les abolitions de postes annoncées. Ce que dit le gouvernement ne se concrétise pas dans les faits et suscite plusieurs questionnements », souligne la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Nancy Corriveau.

« Le ministre Barrette est en train de créer le chaos, s’inquiète la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Mélissa Gaouette. Nous le répétons : un moratoire s’impose sur le déploiement du projet dans l’ensemble du territoire, le temps de procéder aux travaux et aux consultations requises. Il faut absolument s’assurer que le projet dans sa forme actuelle soit viable, ce dont on doute fortement. Sa mise en œuvre doit se faire en toute sécurité et en tout respect pour la population et les salariés des laboratoires. »

Jean Lacharité rappelle finalement que la CSN est la seule organisation à avoir négocié la lettre d’entente numéro 7 établissant un comité paritaire syndical-patronal sur lequel siègent notamment trois technologistes. La centrale est également la seule à s’être dotée d’une structure élargie permettant aux employé-es du terrain de faire entendre leur voix. « À la CSN, nous tenons à ce que les personnes directement concernées par Optilab puissent participer activement aux discussions. Il faut éviter que tout ne soit concentré entre les mains des médecins, comme le souhaite le ministre Barrette », conclut-il.

 

 

Le SPUQO salue la nomination de Denis Harrisson

Le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) salue la nomination de Denis Harrisson, recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), au poste de président de l’Alliance pour la cause de l’enseignement supérieur en Outaouais (ACESO).

« Dans son communiqué de presse du 15 décembre, monsieur Harrisson précise qu’il compte bien poursuivre le travail avec les membres de l’ACESO et tous [ses] partenaires afin de concrétiser le plan de rattrapage découlant du statut particulier octroyé par le gouvernement, de souligner Louise Briand, présidente du SPUQO. Il ajoute que, pour que notre région se développe à son plein potentiel, il est impératif que l’Outaouais dispose enfin d’une offre de programmes d’enseignement supérieur comparable à celle des autres régions du Québec, et ce, tant au niveau collégial qu’au niveau universitaire. »

« Nous tenons à souligner notre entier appui à ce sujet au nouveau président de L’ACESO. À cet égard, nous le rencontrons justement à 13 h 30 aujourd’hui et nous sommes vraiment impatients de pouvoir travailler avec lui en ce sens, à titre de partenaire incontournable et privilégié. Puisque les professeurs de l’UQO développent et conçoivent tous les programmes universitaires qui sont offerts dans leur institution, il va de soi que nous sommes à même de pouvoir soutenir ces nobles objectifs que nous partageons depuis toujours », de conclure la présidente du SPUQO.

L’ACESO a été créée en 2011 par la Table Éducation Outaouais. Sa mission : combler le retard de développement constaté en Outaouais, notamment en ce qui concerne l’offre de programmes d’enseignement supérieur, leur financement et leurs infrastructures. L’ACESO est un mouvement de mobilisation régional endossé par une centaine de partenaires locaux et régionaux, représentant plusieurs dizaines de milliers de personnes des milieux éducatif, économique, politique, social, culturel, sportif, associatif, fédératif et syndical.

Affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN), le SPUQO compte environ 250 membres.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

La CSN plaide pour la consolidation du réseau public

Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), l’investissement de 100 millions annoncé hier par le gouvernement afin d’offrir davantage de places dans divers établissements de soins de longue durée est un pas dans la bonne direction. La CSN tient à ce que ces sommes soient investies dans le réseau public, lourdement touché par les dernières années d’austérité. Rappelons que le surplus budgétaire de l’État québécois se chiffre à 1, 7 milliard $.

 « Si le gouvernement est en train de prendre conscience des conséquences dramatiques des compressions budgétaires imposées ces dernières années, il faut saluer la mobilisation populaire qui l’aura forcé à changer de cap, souligne le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Toutefois, selon nous, cet investissement ne sera pas suffisant pour rattraper tout le retard accumulé ces dernières années dans le réseau public. De plus, pas moins de 3500 personnes attendent une place en CHSLD actuellement et l’annonce d’hier ne permettra pas de répondre à l’ensemble des besoins en hébergement. »

La CSN milite depuis des années pour une amélioration de l’offre de services d’hébergement aux aîné-es et aux personnes nécessitant des soins prolongés. En ce sens, la CSN reconnaît que l’annonce d’hier devrait contribuer, à terme, à désengorger les hôpitaux. Toutefois, elle est d’avis qu’une solution à l’intérieur du système public devrait être privilégiée.

« Nous demeurons prudents devant ces investissements annoncés, poursuit Jean Lacharité, car le ministre est demeuré vague sur la part de ces sommes qui sera consacrée au réseau public. Quant à nous, la consolidation du réseau des CHSLD publics est incontournable. Tant en hébergement qu’en réadaptation ou encore dans les soins à domicile, nous croyons qu’il faut s’assurer que les services seront offerts par un personnel bien formé et bénéficiant de conditions de travail décentes. »

Un frein à l’attraction et à la rétention de la main-d’œuvre dans le secteur public

Les centrales syndicales observent que le retard de la rémunération globale des salarié-es de l’État par rapport aux autres travailleurs québécois constituent encore aujourd’hui un obstacle à l’attraction et à la rétention de la main-d’œuvre au sein des services publics québécois.

Dans son rapport annuel consacré à la rémunération des salariés de l’État, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) constate que la rémunération globale – incluant le régime de retraite et autres avantages sociaux – des travailleuses et des travailleurs du secteur public accuse un retard de 9,3 % par rapport aux autres salariés québécois, et ce, pour des emplois comparables. Une situation jugée stable par l’ISQ comparativement à son dernier rapport publié à pareille date l’an dernier.

« Nous dénonçons cette situation depuis plusieurs années, rappelle la présidente de la CSQ, Louise Chabot. Ce retard salarial rend difficile le recrutement de nouveaux salariés dans les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation. La population québécoise désire avoir accès à des services publics de qualité. Nous devons donc accepter de rémunérer adéquatement les employés qui offrent ces services. »

Pour certains titres d’emploi comme ceux des ouvriers spécialisés, l’écart de la rémunération globale s’élève à plus de 40 %. « Les jeunes qui sortent de nos écoles ne sont pas idiots, déclare Daniel Boyer, président de la FTQ. Pourquoi envisageraient-ils de faire carrière dans les réseaux de la santé ou de l’éducation quand le secteur privé demeure beaucoup plus attrayant? Poser la question, c’est y répondre. »

Pour la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, le gouvernement doit poursuivre les travaux relatifs aux mesures d’attraction et de rétention dans le secteur public. « Il a été convenu avec le gouvernement d’instaurer des mesures particulières visant à améliorer la capacité de nos réseaux publics à attirer de la main-d’œuvre. C’est le cas des primes d’attraction pour les ouvriers spécialisés ou les psychologues, notamment. Nous avons également mis sur pied avec le Conseil du trésor de nombreux comités de travail visant à améliorer ces mesures. Le Conseil du trésor doit maintenant amorcer ces travaux avec tout le sérieux qu’exige l’état des lieux effectué par l’ISQ aujourd’hui. »

Se donner les moyens de défendre nos laboratoires médicaux

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La CSN est la seule organisation à intégrer les préoccupations de l’ensemble du personnel des laboratoires médicaux dans ses interventions et ainsi développer une vision englobante de l’avenir de nos laboratoires médicaux.

Sous le thème Mon labo, j’y tiens, la CSN a organisé une tournée de manifestations partout au Québec et poursuit les actions pour faire reculer le ministre Barrette sur le projet Optilab, qui vise la fusion des laboratoires médicaux en 11 grappes formées de laboratoires serveurs et associés.

Le projet Optilab représente trop de risques pour être poursuivi dans sa forme actuelle. Comment le ministre peut-il accepter de voir un plus grand nombre d’échantillons perdus et ainsi réduire la qualité des soins à la population ? Comment les régions se relèveraient de la perte d’emplois de qualité ? Comment accepter de voir les temps d’attente augmenter pour la population ? Autant de questions qui trouvent bien peu de réponses du ministre et des directions des établissements.

Pour porter les revendications des technologistes médicales et de l’ensemble du personnel des laboratoires, la CSN met les moyens nécessaires.

Lancement des travaux du comité prévu à la convention collective CSN

Le 10 novembre dernier, se tenait la première rencontre du comité de la lettre d’entente numéro 7 prévu à la convention collective pour discuter des enjeux des laboratoires médicaux. La CSN est la seule organisation syndicale qui a obtenu un endroit privilégié pour discuter avec le comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS) des questions reliées notamment aux impacts des réorganisations dans les laboratoires et pour convenir de recommandations.

Le comité ad hoc de la CSN, qui a le mandat d’appuyer les travaux en lien avec la convention collective, est composé de : Mélissa Gaouette, vice-présidente responsable des techniciennes, techniciens et professionnel-les à la FSSS-CSN, Hugo Dion, conseiller syndical, Yasmine Leclerc du CHU Sainte- Justine, Martin Bordua de l’Hôpital Santa Cabrini, Lesly Meunier du CSSS Memphrémagog et Josette Drouin du CSSS de Bécancour-Nicolet-Yamaska. Le comité de la lettre d’entente numéro 7 est pour sa part composé de 5 représentant-es de la CSN et de 5 représentant-es du CPNSSS.

Lors de cette première rencontre, nous avons demandé à être tenus informés du développement des orientations ministérielles sur l’enjeu des laboratoires médicaux. Nous avons d’ailleurs profité de cette rencontre pour mettre de l’avant notre vision globale des laboratoires médicaux, en souhaitant que nos travaux nous permettent non seulement de couvrir les préoccupations des technologistes médicales, mais aussi celles des autres membres du personnel touché par ce projet de fusion des laboratoires médicaux. Ce lieu d’échanges nous a permis de mettre de l’avant les recommandations issues d’un groupe de travail de la CSN composé de technologistes médicales.

Il est important d’expliquer que la fusion des laboratoires préoccupe plusieurs salarié-es du réseau, des technologistes médicales, infirmières, infirmières auxiliaires, en passant par les préposé-es, agentes administratives, les techniciens en génie biomédical et les techniciens en électronique et informatique. En effet, des membres du personnel de bureau et de l’administration (catégorie 3) et des techniciennes, techniciens et professionnel-les (catégorie 4) sont touchés par le projet Optilab, notamment en ce qui concerne les transferts.

Il est notamment important de discuter des questions liées au système informatique utilisé dans le projet Optilab. Nous avons des préoccupations sur la question de la traçabilité des échantillons qui seront analysés dans les laboratoires serveurs. Nous avons de plus fait valoir que cette fusion ne devait pas entraîner une nouvelle forme de privatisation, notamment en ce qui concerne le transport des échantillons. À ce titre, nous sommes d’avis que le personnel du secteur public doit être privilégié.

Nous pensons aussi que ce comité sera un lieu privilégié pour faire état des impacts particuliers de l’application du projet Optilab dans les différentes régions du Québec.

La prochaine rencontre de ce comité aura lieu au mois de décembre. Nous vous tiendrons informés des développements.

Un comité de travail CSN où la voix du personnel des laboratoires compte vraiment !

À la CSN, le personnel des laboratoires médicaux bénéficie d’un espace pour influencer les travaux que nous menons.

En effet, la CSN a mis en place un comité large regroupant des salarié-es de plusieurs régions et de plusieurs titres d’emploi, aussi bien de la catégorie 4 que de la catégorie 3, pour développer l’argumentaire le mieux à même de défendre nos laboratoires médicaux. Prennent part à ce comité des personnes provenant de plusieurs régions du Québec.

Pour la CSN, il n’est pas seulement question d’écouter vos préoccupations, mais bien de vous donner tout l’espace nécessaire pour que votre réalité soit au coeur des travaux que nous menons avec le CPNSSS.

La CSN entend poursuivre les actions pour mieux faire connaître le projet Optilab auprès de la population et pour permettre aux technologistes médicales et à l’ensemble du personnel des laboratoires de passer à l’action.

C’est pourquoi vous êtes invités à vous afficher ! En effet, des brassards Mon labo, j’y tiens sont disponibles partout au Québec pour poursuivre la mobilisation contre le projet Optilab.

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Concernant les mesures pouvant être prises au niveau local, que ce soit par exemple en proposant des alternatives aux employeurs afin de réduire l’impact des réorganisations sur les personnes salariées, un document sous forme de questions/ réponses sera acheminé prochainement aux syndicats locaux afin de vous outiller dans vos démarches et recours, le cas échéant.

Le festin du Dr Barrette perturbé

Comme un cheveu sur la soupe, une délégation du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN) s’est invitée à la dégustation organisée aujourd’hui par le Dr Barrette. Celui-ci avait invité les journalistes à goûter des mets servis en CHSLD à l’occasion d’un vaste « show de boucane » visant à contrer la perception du public à l’égard de la qualité des aliments servis en CHSLD. Le ministre promet une amélioration de ce côté, et ce sans ajout de ressources.

La présidente du CCQCA–CSN, Ann Gingras, a présenté aux journalistes une série de photos des mets servis au même moment aux aîné-es hébergés en CHSLD dans la région de la Capitale-Nationale. L’intervention a été fort remarquée ! Elle a rappelé au ministre que les services aux aîné-es reposent d’abord et avant tout sur un personnel qualifié en nombre suffisant.

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Cette mobilisation a été l’objet de quelques reportages :

Dégustation de repas dans les CHSLD : loin de la réalité, déplorent les syndicats

Le festin du Dr Barrette

Une perte énorme pour Thetford Mines

Les travailleuses et les travailleurs du CSSS de la région de Thetford Mines sont inquiets face aux répercussions qu’aura sur la région le projet Optilab visant à centraliser les laboratoires médicaux du Québec. Malgré l’annonce de transferts de personnel dès avril 2017, le gouvernement se montre incapable actuellement de répondre à des questions pressantes, ce qui jette un doute sur la viabilité d’Optilab. La CSN demande qu’un moratoire soit décrété sur cette réorganisation majeure le temps d’en évaluer correctement les conséquences.

Optilab prévoit que toutes les analyses médicales non urgentes de produits sanguins ou de tissus humains, par exemple pour le dépistage du cancer, prélevés dans la région, seront désormais traitées à l’Hôtel-Dieu de Lévis. À terme, près de 50 emplois de technologistes médicales seront perdus aux laboratoires de Thetford Mines, de la Beauce et de Montmagny, ce qui toucherait 57 personnes. Environ 25 emplois seront créés à Lévis. Si les technologistes médicales sont en première ligne, la réorganisation touche également d’autres travailleurs et travailleuses, dont le personnel administratif et les techniciennes et techniciens en génie biomédical.

Des risques pour la population
« Nous sommes inquiets pour les citoyennes et les citoyens de la région », explique la présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses du Centre de santé et des services sociaux de la région de Thetford–CSN, Lina Marois. « Inévitablement, le traitement des échantillons à 100 kilomètres d’ici veut dire des délais supplémentaires en raison du transport et de la manipulation accrus, des risques plus importants de perdre des échantillons ou de les endommager et une perte d’expertise dans les établissements de la région. Ce qui va arriver, c’est que des gens vont devoir parfois reprendre leur test. Leur médecin traitant obtiendra les résultats quelques jours plus tard qu’actuellement. Et les risques d’erreur sont décuplés. Pour nos membres qui travaillent au quotidien dans les laboratoires médicaux de la région, ces risques sont bien réels, mais ils n’ont pas le sentiment d’être entendus. »

Aperçu des conséquences à Thetford Mines
Avant même l’implantation complète d’Optilab, les travailleuses et travailleurs constatent déjà des défaillances sur le terrain dans le transport d’échantillons entre les établissements. En une seule journée, fin septembre, on a dû reprendre les prélèvements sur 28 patients parce que des échantillons ont été perdus par le transporteur privé qui fait la navette entre les établissements de la région. Le 26 octobre, neuf prélèvements ont été reçus à Lévis sans l’information nécessaire à leur analyse. C’est la même entreprise qui serait chargée de transporter les échantillons dans le cadre d’Optilab.

La durée de vie de tels échantillons est en moyenne de 4 heures. À terme, Optilab nécessitera environ six transports par jour entre l’hôpital de Thetford Mines et Lévis. On peut certainement craindre que de telles erreurs se multiplient et qu’il sera encore plus difficile de les corriger lorsque toutes les analyses seront concentrées au même endroit. C’est sans parler des tempêtes, des accidents ou de tout autre imprévu qui pourraient perturber le transport.

Pour la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau, le projet Optilab est bien mal engagé. « Le ministère de la Santé et des Services sociaux a beau clamer qu’il réalisera des économies, dans nos rencontres avec eux, ses représentants nous ont avoué qu’ils ne savent même pas combien cela coûte actuellement. En plus de l’ajout d’équipements et de l’agrandissement des installations dans les laboratoires « serveurs » comme celui de Lévis, il faut compter les coûts de transport et de manipulation accrus, ainsi que le coût de toutes les analyses qui devront être reprises en cas de défaillance du système. »

« En général, les gens n’ont aucune idée de ces coûts et des risques que cela implique », poursuit le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Denis Bertrand. « Nous allons continuer toutes nos interventions au niveau national ainsi que dans les communautés, comme ici, à Thetford où nous nous déploierons dans les prochaines semaines à la rencontre de la population qui doit savoir de quoi il retourne  ».

Enjeu économique
Le Conseil central de Québec­Chaudière-Appalaches (CSN) soutient la lutte contre la perte des laboratoires médicaux des hôpitaux plus éloignés et des emplois qui s’y rattachent. « Pour Thetford Mines, Optilab, c’est une catastrophe économique », dénonce la présidente de CCQCA–CSN, Ann Gingras. « L’économie régionale est déjà durement frappée par la perte de bons emplois qualifiés, bien rémunérés. C’est renversant de constater à quel point le gouvernement ignore les dommages irréparables qu’il impose au tissu social de la région. On est en train de dire aux citoyennes et aux citoyens de la région qu’il faut déménager à Lévis si on veut de bons emplois et une meilleure qualité de services publics. Le ministre Barrette, de par ses gestes, contribue à vider les régions. C’est inacceptable. Les élus municipaux de la région se sont déjà prononcés dans ce dossier. Nous n’attendons rien de moins du député de la région Laurent Lessard, car les enjeux sont énormes pour tout le monde ».

Comité syndical–patronal
Le 10 novembre, un comité composé de technologistes médicales membres de la CSN a rencontré des représentants patronaux des établissements. Plusieurs autres rencontres se tiendront au fil des prochaines semaines. Ce comité de travail, prévu aux conventions collectives de la CSN, doit permettre de formuler des recommandations au ministère, notamment sur Optilab. Pour la CSN, on devrait instaurer un moratoire immédiat sur le déploiement d’Optilab, le temps d’en évaluer tous les impacts et de trouver des solutions.

Campagne

La demande de moratoire sur le déploiement d’Optilab s’inscrit au cœur du plan d’action de la CSN dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j’y tiens. Plus d’information au : www.maplaceensante.com

L’heure est à l’action !

La Confédération des syndicats nationaux et ses deux fédérations de la santé et des services sociaux (la FSSS et la FP) étaient représentées par quatre personnes au Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD. La CSN s’est prêtée au jeu bien que les solutions pour améliorer la qualité de vie des aîné-es en perte d’autonomie soient déjà connues et bien documentées. La CSN déplore que l’implantation concrète de solutions n’ait pas été à l’ordre du jour du forum. Le réinvestissement de 65 millions annoncé à la clôture du forum par le ministre Barrette, pour l’embauche de personnel supplémentaire, constitue un pas dans la bonne direction mais des problèmes demeurent. 

« C’est bien beau les meilleures pratiques qui nous sont présentées, mais tout cela ne pourra pas se faire à coût nul. Il va falloir de l’investissement d’argent neuf à un moment donné. On nous annonce aujourd’hui un réinvestissement fort attendu. Mais il y a encore plus de 3550 personnes en lourde perte d’autonomie qui attendent une place en CHSLD. Il faudra faire plus », a rappelé Jean Lacharité.

Le travail en CHSLD est fort complexe, les préposé-es aux bénéficiaires sont des intervenants incontournables, il faut miser sur leurs compétences, leur donner de l’autonomie dans leur travail, les impliquer dans les décisions et valoriser leur travail. Il faut aussi miser sur des équipes interdisciplinaires, donner tous les soins et services requis, incluant les services professionnels, et tenir compte des particularités de chaque usager dans l’organisation des soins. Et il faut que le personnel soit assez nombreux pour répondre adéquatement aux besoins des usagères et des usagers.

En ce sens, la CSN accueille positivement l’annonce de l’ajout de 1150 préposé-es aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires et infirmières dans les CHSLD. « Nous allons également suivre de près la stratégie d’attraction et de rétention des préposé-es aux bénéficiaires que le ministre entend déployer », assure Jean Lacharité.

Ces questions sont d’une importance capitale pour la CSN. Dès 2012, elle menait une campagne de sensibilisation Vieillir dans la dignité. En 2013, la CSN s’est dotée d’une Vision sur le continuum de services publics intégrés pour les aîné-es. De grandes orientations, des recommandations et des solutions y sont identifiées visant à améliorer l’accès et la qualité des soins et services aux aîné-es, dont les CHSLD, dont plusieurs ont été présentées dans le cadre du forum.

Soins à domicile
En outre, un volet important de la recherche de solutions pour améliorer les soins et services aux aîné-es concerne l’accès à des soins à domicile sous la responsabilité des CLSC, notamment en misant sur les auxiliaires en santé et services sociaux (ASSS). La plupart des aîné-es souhaitent pouvoir demeurer à domicile le plus longtemps possible. Pour la CSN l’amélioration de l’accès à des soins et services de soutien à domicile est un rouage essentiel de l’amélioration générale des conditions de vie des aîné-es et permet d’utiliser les ressources de façon plus optimale. La CSN participera d’ailleurs au prochain forum sur les soins à domicile, en janvier 2017.

Le jupon du démantèlement dépasse encore

« On ne peut passer sous silence qu’un des auteurs de l’étude, Robert Gagné, faisait également partie de la Commission Robillard, souligne le président du Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB–SAQ), Alexandre Joly. Comme ce fut le cas lors des travaux de cette commission, personne de la SAQ n’a été rencontré afin de permettre un éclairage complet sur la question étudiée par ce rapport. Selon nous, ce rapport est fort incomplet ; c’est un argumentaire politique dogmatique mis en avant par des tenants du démantèlement de la SAQ. Il est bien évident pour nos membres qui offrent le service au quotidien, que la productivité de la SAQ est loin d’avoir stagné au cours des 20 dernières années ! »

 Pour la présidente du Le Syndicat du personnel technique et professionnel de la SAQ (SPTP-SAQ), Sandrine Thériault, faire croire à la population que la SAQ ne s’est pas améliorée au cours des deux dernières décennies tient de la supercherie et démontre le caractère absurde et biaisé de cette nouvelle étude. « Au contraire, la SAQ, grâce, entre autres, au travail considérable de ses employés-es, a démontré sa grande souplesse et sa créativité en faisant passer ses charges d’exploitation sur les ventes de 25 % à moins de 18 % à ce jour, la rendant plus efficiente. » De plus, elle a pratiquement doublé son dividende à l’actionnaire, le faisant franchir le cap du milliard de dollars depuis 2005.

Les dénigreurs de la SAQ semblent déstabilisés par les dernières annonces visant une réduction de prix sur des milliers de produits. « Les efforts entrepris par la société d’État ne seront vraisemblablement jamais satisfaisants pour ceux qui ne prêchent que pour notre démantèlement. Si le gouvernement était moins gourmand au niveau du dividende attendu, la SAQ pourrait rapidement éliminer la différence de prix observée entre la SAQ et la LCBO », poursuit-elle.

Par ailleurs, rappelons que depuis 2008 la SAQ a suivi toutes les recommandations de firmes externes visant à améliorer la productivité des salarié-e, à «optimiser» le travail. Trop souvent, c’est sur le dos des salarié-es que ces gains ont été réalisés. Chaque fois, la SAQ martelait que ces efforts supplémentaires étaient nécessaires afin de protéger le monopole public contre les vautours de la privatisation.

Pour les syndicats CSN, il est déplorable que la SAQ ne se soit pas défendue avec plus de vigueur aujourd’hui, après tous ces efforts consentis par les salarié-es.
« Nous défendons le monopole public depuis des années, par tous les moyens, rappelle Alexandre Joly. Si la SAQ ne démontre pas plus de détermination qu’aujourd’hui dans la défense de cet acquis considérable, qui profite à toutes les Québécoises et tous les Québécois, nos syndicats le feront à sa place, avec l’appui de toute la CSN ».

À propos
Le Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (FEESP–CSN) représente quelque 5500 membres répartis sur tout le territoire du Québec. Le Syndicat du personnel technique et professionnel de la SAQ (FP–CSN) compte quelque 620 membres, principalement à Montréal et à Québec.

 

 

Le personnel de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont dénonce le projet Optilab

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tenait une manifestation ce midi devant l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont pour dénoncer le projet Optilab. Pour la CSN, ce projet de fusion des laboratoires médicaux comporte des risques importants pour les patient-es et le personnel.

Plusieurs membres du personnel de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ont manifesté ce midi devant leur établissement pour dénoncer le projet de fusion des laboratoires médicaux mis de l’avant par le ministre Barrette. Ce projet touche directement le personnel de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, des technologistes médicales, en passant par les infirmières, les préposé-es et les agent-es administratives, alors qu’il prévoit de centraliser la plupart des prélèvements dans un laboratoire-serveur, situé au CHUM.

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« Le projet Optilab comporte trop de risques pour être mené de l’avant dans sa forme actuelle. Il y a une expertise incontournable dans les laboratoires médicaux actuellement au Québec. Pourquoi vouloir encore tout centraliser? À l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le personnel du laboratoire est au rendez-vous pour répondre aux besoins des patient-es et assister le personnel soignant. La lubie centralisatrice du ministre Barrette risque encore de faire diminuer la qualité des services à la population », déplore Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

« Les technologistes médicales de partout au Québec ont de nombreuses raisons de s’inquiéter du projet Optilab, qu’elles soit en milieu urbain ou rural. Combien d’échantillons seront perdus en raison de cette centralisation? Combien de prélèvements devrons-nous reprendre parce que trop de temps aura passé entre le prélèvement et l’analyse? Ce projet va dans le sens contraire de ce que nous devons faire pour améliorer les soins à la population », poursuit Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

« La CSN poursuit ses interventions pour dénoncer cette fusion des laboratoires médicaux. Nous avons débuté les travaux d’un comité national pour faire état des préoccupations du personnel des laboratoires. Il faut absolument cesser les projets de centralisation qui éloigne les services de la population et ralentisse l’offre de services. Parce que mon labo, j’y tiens, la CSN continuera d’appuyer le personnel des laboratoires », de conclure Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

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Des syndiqués invitent les militants libéraux à faire bloc contre Barrette

Des syndiqué-es CSN provenant des régions du Montréal métropolitain, des Laurentides et de Lanaudière ont rendu visite aujourd’hui aux militantes et aux militants libéraux réunis en conseil général à Laval. Les travailleuses et travailleurs leur demandent de faire obstacle au gouvernement Couillard, et plus particulièrement au ministre Barrette, dans leur opération de destruction massive du réseau public de la santé et des services sociaux. Ils ont aussi décoché des flèches à l’endroit du gouvernement libéral au sujet de l’adoption du projet de loi 110 sur la négociation collective des employé-es municipaux.

« Dans nos trois régions, c’est plus de 40 000 employé-es CSN qui subissent au quotidien les effets de la réforme Barrette et qui sont témoins des impacts négatifs sur les services à la population. On est en train de démanteler complètement les CLSC, des services de proximité qui ont pourtant fait leurs preuves, pour miser plus que jamais sur les GMF et les supercliniques, des entités à but lucratif, sous gestion privée. On retire ainsi des services de première ligne de proximité qui pourtant, devraient demeurer accessibles et universels », a dénoncé la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daigneault.

« Nos services de santé et nos services sociaux, ce ne sont pas des business. Nous avons à cœur le bien-être des gens et cela ne peut pas se résumer à des colonnes de chiffres. Avec le démantèlement des CLSC, les coupes dans la prévention et la santé publique, ou le projet Optilab, le gouvernement est en train d’imposer un modèle encore plus centralisé et éloigné de la population. Un modèle qui gravite de plus en plus autour des médecins et qui répond davantage à leurs besoins qu’à ceux des citoyennes et des citoyens. Nous ne voulons pas du modèle de Gaétan Barrette et il est hors de question que nous assistions passivement au saccage du réseau », a poursuivi le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Le vice-président de la CSN s’est aussi indigné d’autres attaques frontales du gouvernement Couillard envers l’ensemble des travailleuses et travailleurs québécois depuis son élection. « Ce gouvernement s’en prend aux syndiqué-es du secteur public et municipal pour faire des économies indécentes sur leur dos. Il a nié le droit de négocier des employé-es municipaux avec l’adoption du projet de loi 110 qui ouvre la porte à des lois spéciales pour décréter leurs conditions de travail. Son but était de briser leur rapport de force et de réduire leurs conditions de travail à son profit. On va continuer à le talonner, on lui en passe un papier! », a-t-il lancé.

« Les travailleuses et des travailleurs des régions du Montréal métropolitain, des Laurentides et de Lanaudière peuvent compter sur la CSN pour défendre le système public de santé et de services sociaux et pour faire reculer le gouvernement sur l’ensemble de son œuvre. Gaétan Barrette et Philippe Couillard vont continuer à nous entendre, on vous le promet! », a conclu Dominique Daigneault.

 

Le ministre Barrette s’entête à nier les effets des compressions budgétaires

Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), l’augmentation des rapports d’incidents et d’accidents au CHU Sainte-Justine est une nouvelle démonstration de l’effet des compressions budgétaires sur les soins donnés à la population. Mais plutôt que de saisir la balle au bond, le ministre Barrette préfère insulter le personnel du réseau de la santé et des services sociaux en niant la réalité.

Une austérité qui se traduit par une augmentation des erreurs dans la prestation de soins

Dans un reportage de Radio-Canada, nous apprenions l’augmentation des rapports d’incidents et d’accidents à l’unité des naissances du CHU Sainte-Justine. Face à cette nouvelle démonstration des effets de l’austérité imposée par le gouvernement Couillard, le ministre Barrette a eu pour seul réflexe de rejeter cet énième signal d’alarme. Rappelons que les professionnel-les en soins ont la responsabilité de remplir des rapports d’incidents et d’accidents lorsqu’intervient un problème dans la prestation de soins à la population. Il s’agit d’un devoir professionnel qui permet d’évaluer concrètement la performance de notre réseau.

« Plutôt que de prendre acte du signal d’alarme lancé par les infirmières de Sainte-Justine, le ministre Barrette préfère nier la réalité. Quand les professionnel-les en soins nous indiquent qu’il y a plus d’erreurs, le rôle du ministre devrait être d’écouter et d’agir, pas d’insulter les infirmières ! En agissant comme il le fait aujourd’hui, il remet en cause le professionnalisme du personnel qui, jour après jour, prend soin de la population », lance Marie-Josée Tremblay, infirmière et vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS­–CSN).

« C’est l’ensemble du personnel de Sainte-Justine qui est touché par les compressions budgétaires et la réforme Barrette. Les techniciennes et techniciens et les professionnel-les sont de plus en plus épuisés et leur charge de travail ne fait que s’accroître sans cesse. Le ministre Barrette a beau déplorer nos critiques, nous avons le devoir d’alerter la population sur les effets des compressions et nous continuerons de le faire », poursuit Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

L’urgence d’agir pour les soins à la population

En août dernier, la CSN est intervenue publiquement pour dénoncer le manque de personnel dans le département de néonatalogie du CHU Sainte-Justine. C’est maintenant dans l’unité des naissances que des problèmes surviennent aujourd’hui.

« Visiblement, rien n’a été fait dans les derniers mois pour améliorer les soins aux patientes et patients. Combien de crises comme celle-ci devrons-nous vivre avant que le ministre réponde aux préoccupations légitimes du personnel ? Ce qui se passe à Sainte-Justine, c’est ce qui se passe partout au Québec. Il faut absolument augmenter le personnel pour répondre aux besoins de la population. Il est grand temps de réinvestir massivement dans les soins aux patients avant que les erreurs ne deviennent tragiques », conclut Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Les employés du CHU exhortent le ministre Barrette à investir dans le personnel

Invités à visiter le nouveau bâtiment des unités spécialisées et le nouveau centre de recherche, les employé-es du CHU Sainte-Justine, membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS­–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ont tenu à profiter de l’événement pour envoyer un message clair au ministre Barrette : Le béton ne s’occupe pas des enfants, nous oui ! Réinvestissez dans le personnel du CHU Sainte-Justine.

Après plus de 35 millions de dollars de compressions en cinq ans et près d’un milliard de dollars de dépenses pour agrandir et moderniser les bâtisses du CHU Sainte-Justine, toujours aucune mesure n’a été prise pour appuyer le personnel. « Derrière cette belle construction neuve et ces jolis oursons en pierre se cachent des compressions d’une violence inouïe. Le nombre de cas d’épuisement dans nos rangs ne cesse d’augmenter. Alors qu’on continue à vouloir offrir des soins de qualité, on se fait dire qu’on doit se contenter de fournir des soins sécuritaires. C’est extrêmement démoralisant », affirme Louise Laplante, présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires – SPSIC (FSSS–CSN).

Même son de cloche du côté des professionnel-les et des techniciens et techniciennes. « Il sera de plus en plus difficile pour le gouvernement Couillard de cacher les impacts négatifs sur les services de cette réorganisation sauvage du réseau. Prenons par exemple le projet de centralisation des laboratoires d’analyses Optilab : c’est une évidence même que ce projet aura des conséquences graves. À Sainte-Justine, nous intervenons auprès de nourrissons et d’enfants; les prélèvements doivent être traités selon les spécifités de cette clientèle et non pas se retrouver noyés dans une mer d’échantillons », lance Dominique Pallanca, présidente du Syndicat des techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec – STEPSSSQ (FP–CSN).

À la suite des annonces de centaines de millions de réinvestissement en santé par le ministre des Finances, Carlos Leitao, les employé-es du CHU ont aussi tenu à dire haut et fort qu’ils ne sont pas dupes. « Qu’on ne vienne surtout pas nous parler d’argent neuf ! Ces investissements, ce n’est rien d’autre que le résultat des coupes insensées des dernières années. De l’argent qui a été amassé en bonne partie sur le dos des travailleuses et des travailleurs du réseau qui, depuis trop longtemps, essaient de minimiser les impacts sur la population, trop souvent au détriment de leur propre santé », ajoute Gilles Charrois, président du Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine – SNE (FSSS–CSN).

À propos
Le Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine, affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux CSN, représente près de 2000 membres.

Le Syndicat des techniciens-nes et des professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec, affilié à la Fédération des professionnèles de la CSN, représente plus de 1000 membres à Sainte-Justine et au Centre de réadaptation Marie Enfant.

Le Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires du CHU Sainte-Justine, affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux CSN, représente plus de 1600 membres.