C’est avec stupéfaction que les travailleuses et travailleurs du Partage Notre-Dame ont appris, le 16 juillet dernier, la fermeture de la Halte-répit, un service essentiel offrant soutien et accompagnement aux personnes vulnérables de Granby et de la région. Cette décision découle du choix de Santé Québec de ne pas reconduire l’entente de financement qui permettait le maintien de ce service.
Chaque jour, les intervenantes et intervenants du Partage Notre-Dame offrent un accompagnement humain, du soutien psychosocial, de l’écoute, de l’orientation vers les ressources appropriées ainsi qu’une présence constante auprès des personnes les plus vulnérables. Leur travail contribue à prévenir des situations de crise, à favoriser la réinsertion sociale et à préserver la dignité de nombreuses personnes.
« C’est constamment plein à la Halte. Nous accueillons des personnes qui, selon leur état, ne peuvent pas aller ailleurs, parfois même pas à l’hôpital. Où iront-elles maintenant ? », s’inquiète la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Partage Notre-Dame–CSN, Andrée-Anne Houle.
Cette fermeture survient alors que le débat sur l’itinérance occupe une place importante dans l’actualité québécoise. Au cours des dernières semaines, les démarches menées par l’ancienne première ministre Pauline Marois en faveur d’un Sommet national sur l’itinérance ont suscité l’appui de l’ensemble des principaux partis politiques. Dans ce contexte, la décision de mettre fin au financement d’un organisme qui accompagne quotidiennement des personnes en situation de grande vulnérabilité soulève de sérieuses questions.
« On a peine à comprendre la logique derrière cette décision. D’un côté, tout le monde reconnaît l’augmentation de l’itinérance et l’urgence d’agir. De l’autre, on coupe le financement d’un service qui fait justement partie des solutions. Réduire les ressources en santé et services sociaux ne peut qu’accentuer les difficultés vécues par la population », affirme le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, François Perron.
Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que le syndicat et l’employeur venaient tout juste de conclure une entente de principe dans le cadre de la négociation de leur première convention collective. Rappelons qu’en mars dernier, le Tribunal administratif du travail a reconnu le Partage Notre-Dame comme un service public et a déterminé que, dans l’éventualité d’une grève, des services essentiels devaient être maintenus afin de protéger la santé et la sécurité de la population.
« Si un service est jugé suffisamment essentiel pour justifier une limitation à l’exercice d’un droit constitutionnel comme le droit de grève, c’est qu’il répond à un besoin fondamental dans la communauté. Il est donc profondément inquiétant qu’un organisme aussi essentiel soit forcé de fermer ses portes faute de financement gouvernemental. Cette décision est désolante pour les personnes vulnérables qui perdront un point de repère important, préoccupante pour l’ensemble de la communauté et consternante pour les travailleuses et travailleurs qui perdent leur emploi. Nous les accompagnerons dans les prochaines étapes et nous espérons obtenir rapidement des explications claires sur les motifs de cette fermeture », conclut la vice-présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, Fanie Lefebvre.