Décès du juge à la retraite du Tribunal du travail René Beaudry

C’est avec une grande tristesse que la Confédération des syndicats nationaux apprend le décès de René Beaudry, juge à la retraite du Tribunal du travail, personnage marquant pour le Québec en matière de santé et de sécurité du travail.

M. Beaudry, qui est décédé à l’aube de ses 92 ans, a présidé plusieurs commissions d’enquête publiques qui ont fait avancer la cause des travailleurs et des travailleuses du Québec.

Photos : Archives CSN

En 1983, René Beaudry se voyait confier la Commission d’enquête sur les conditions de santé et de sécurité des établissements de la compagnie Les produits chimiques Expro de Salaberry-de-Valleyfield, dont les salarié-es étaient, et sont toujours, représentés par la CSN. Au cours des six années précédentes, les salarié-es de la compagnie avaient été impliqués dans plusieurs accidents, dont une explosion qui avait fait deux morts et deux blessés graves.

Le juge avait sévèrement blâmé la compagnie et la CSST donnant ainsi raison au syndicat sur 80 % de ses récriminations en matière de santé et sécurité au travail.

« C’était un homme de conviction qui n’hésitait pas à remettre à leur place les dirigeants d’entreprises qui privilégiaient les profits au détriment de la santé de leurs travailleuses et de leurs travailleurs, en ce sens il aura marqué l’histoire du Québec », soutient Jacques Létourneau, président de la CSN.

La grève de l’amiante de 1975 provoqua la création d’une commission d’enquête également présidée par René Beaudry. Les conclusions de l’enquête mèneront à l’adoption de la Loi 17, en 1979. Cette loi a consacré le principe de l’élimination du danger à la source et le droit de refus en cas de danger.

La CSN offre ses condoléances à la famille et aux proches de M. Beaudry.

Les avocats de l’aide juridique boycottent le souper du président et votent la grève

Les avocates et les avocats de l’aide juridique se réunissent aujourd’hui pour se prononcer sur un mandat de grève de 24 heures à exercer au moment jugé opportun. Une soirée spéciale avait été initialement prévue par l’employeur pour la tenue du traditionnel souper annuel du président de la Commission des services juridiques.

Les avocates et les avocats de l’aide juridique, représentés par la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ), ont fait preuve d’une grande patience jusqu’à maintenant : ils n’ont exercé qu’une seule journée de grève en septembre dernier, bien que leur convention collective soit échue depuis le 31 mars 2015. Par ailleurs, un seul enjeu majeur demeure sur la table, soit le maintien de la parité salariale avec les procureurs de la Couronne. Cette parité était pourtant reconnue dans le précédent contrat de travail, de même que dans trois autres ententes précédentes au cours des 35 dernières années.

« Pour nous, la parité, c’est une question de justice, explique la présidente de la FP–CSN, Ginette Langlois. Il serait inconcevable que l’on refuse aux avocats de la défense les mêmes conditions salariales que celles octroyées aux avocats de la poursuite. Cela minerait la perception du public à l’égard d’une véritable justice ».

« Refuser de reconnaître le droit à la parité aux avocats de l’aide juridique, c’est dévaloriser le travail de centaines d’avocates et d’avocats salarié-es, dédiés à la représentation des plus démunis de notre société. Cela risquerait par ailleurs de nuire considérablement à la capacité de la Commission des services juridiques à garder à son emploi des avocates et des avocats d’expérience, enchaîne la présidente de la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ), Anne Lessard. Ce sont les personnes les plus défavorisées économiquement de notre société qui en feraient les frais, alors que l’aide juridique vise précisément à s’assurer que toutes les citoyennes et les citoyens aient un accès équitable aux services d’ avocats spécialisés œuvrant dans tous les domaine du droit. »

Les avocates et les avocats de l’aide juridique ont traité pas moins de 100 000 causes au cours de la dernière année. Pour la CSN, le programme de l’aide juridique est un acquis social précieux qu’il importe de renforcer. « La CSN sera toujours là pour défendre l’aide juridique et la parité salariale des avocats avec leurs collègues de la Couronne », poursuit le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Plus de trois ans après l’échéance de la convention collective, alors que des ententes sont intervenues sur tous les sujets à l’exception de la parité salariale, le gouvernement n’aura que lui-même à blâmer si un conflit de travail doit éclater. »

Nouveau ministre de l’Éducation – Il ne faut pas oublier l’enseignement supérieur!

La Fédération des professionnèles (FP-CSN) salue la nomination de Jean-François Roberge comme ministre de l’Éducation, mais s’inquiète du même souffle du peu de temps qu’il risque de lui rester pour l’enseignement supérieur et la recherche.

« La recherche est un élément crucial pour l’avenir de la société, de l’environnement et de l’économie du Québec. Il ne faut pas la négliger », affirme Louise Briand, vice-présidente de la FP-CSN, secteur universitaire.

La FP-CSN s’inquiète également de l’apparence d’une volonté d’intégrer des notions de performance au ministère de l’Éducation comme s’il s’agissait d’un ministère à vocation économique : « La recherche ne peut pas être axée seulement sur les intérêts économiques à court terme des entreprises », insiste Louise Briand, qui plaide pour le maintien d’une recherche fondamentale et d’une formation qui ne soit pas seulement dédiée aux techniques qui ont cours en ce moment dans les différents secteurs de l’économie.

La FP-CSN se réjouit par ailleurs de l’intérêt déjà démontré par Jean-François Roberge pour la création d’un Conseil national des universités et espère que le conseil verra le jour rapidement pour assurer une meilleure coordination du réseau universitaire.

Il ne faut pas oublier l’enseignement supérieur!

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) salue la nomination de Jean-François Roberge comme ministre de l’Éducation, mais s’inquiète du même souffle du peu de temps qu’il risque de lui rester pour l’enseignement supérieur et la recherche.

« La recherche est un élément crucial pour l’avenir de la société, de l’environnement et de l’économie du Québec. Il ne faut pas la négliger », affirme Louise Briand, vice-présidente de la FP–CSN, secteur universitaire.

La FP–CSN s’inquiète également de l’apparence d’une volonté d’intégrer des notions de performance au ministère de l’Éducation comme s’il s’agissait d’un ministère à vocation économique : « La recherche ne peut pas être axée seulement sur les intérêts économiques à court terme des entreprises », insiste Louise Briand, qui plaide pour le maintien d’une recherche fondamentale et d’une formation qui ne soit pas seulement dédiée aux techniques qui ont cours en ce moment dans les différents secteurs de l’économie.

La FP–CSN se réjouit par ailleurs de l’intérêt déjà démontré par Jean-François Roberge pour la création d’un Conseil national des universités et espère que le conseil verra le jour rapidement pour assurer une meilleure coordination du réseau universitaire.

Quel avenir pour les travailleuses et les travailleurs des services publics?

Réunis à Québec pour un forum de consultation en préparation de la prochaine ronde de négociation, près de 500 travailleuses et travailleurs du secteur public, membres de la CSN, se sont rassemblés aujourd’hui sur la colline Parlementaire pour interpeller l’ensemble des élu-es de l’Assemblée nationale sur l’état de nos services publics à la suite des compressions budgétaires des dernières années.

Ces femmes et ces hommes, qui ont choisi de travailler dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et dans les organismes gouvernementaux, sont venus témoigner de la détérioration importante de leurs conditions de travail et des graves impacts des politiques d’austérité sur les services à la population. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire au nouveau gouvernement que l’opération de démantèlement de l’État, entreprise par Jean Charest en 2003, doit cesser. L’élu qui sera nommé demain à la présidence du Conseil du trésor devra se rappeler que les mesures d’austérité sont en grande partie responsables de la défaite cuisante des libéraux. Tout au long de la campagne électorale, la CAQ a affirmé qu’elle incarnait le changement. Maintenant, qu’elle le prouve en réinvestissant massivement dans les services publics », a lancé Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN, responsable de la négociation des secteurs public et parapublic.

Une restructuration catastrophique
Dans le réseau de la santé et des services sociaux, les conséquences désastreuses de la réforme Barrette ne sont plus à démontrer. « La création de mégas structures découlant des fusions d’établissements a entraîné une réelle et malheureuse déshumanisation des services. Le travail n’est plus le même, l’autonomie professionnelle s’est érodée. Nous demandons à l’éventuel ministre de la Santé de considérer l’expertise des professionnel-les et des techniciennes et techniciens, afin que leur travail reprenne tout son sens », a ajouté Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Au cours de la dernière année, de nombreux cris du cœur ont été lancés par des travailleuses et des travailleurs du réseau. Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), a dit espérer que le nouveau gouvernement réalise rapidement l’ampleur de la crise. « La détresse du personnel est bien réelle. Elle résulte d’une accumulation de problèmes : pénurie de personnel, surcharge, dévalorisation du travail, etc. Nous avons des solutions concrètes à proposer au nouveau gouvernement. En espérant qu’il ait plus d’écoute que le précédent envers celles et ceux qui sont au cœur des services. »

Des idées qui inquiètent
Les coupes budgétaires de l’ère libérale ont aussi fait mal dans les organismes gouvernementaux et dans le réseau de l’éducation. Les effets se font toujours sentir, en particulier chez le personnel de soutien dans les écoles et les cégeps qui ont vu une dégradation importante de leurs conditions de travail. « Avec l’accroissement de la précarité et la multiplication des tâches, il devient de plus en plus difficile de recruter des personnes pour travailler dans les établissements d’enseignement. Une chose est sûre : le déséquilibre qui résulterait d’une éventuelle abolition des commissions scolaires ne ferait qu’aggraver la situation. Nous ne voulons surtout pas d’une réforme Barrette en éducation », a affirmé Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Pour Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), la grande proximité de la CAQ avec l’entrepreneuriat et son penchant avoué pour le secteur privé engendrent aussi leur lot d’inquiétudes. « Dans le réseau de l’éducation, particulièrement dans les cégeps, la question de la précarité des enseignantes et des enseignants est criante et nous dénonçons, depuis quelques années, les pressions exercées pour subordonner la formation aux « besoins du marché ». Nous croyons, au contraire, que la force des cégeps réside dans le caractère national de ses programmes et de ses diplômes. Cette cohésion est soutenue par l’expertise et la compétence de nos enseignantes et de nos enseignants. »

Avant de quitter la colline Parlementaire, les manifestants ont tenu à rappeler au nouveau gouvernement que le secteur public a grandement contribué et contribue toujours au développement du Québec et que les travailleuses et les travailleurs des réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et des organismes gouvernementaux seront là pour défendre les services à la population au cours des prochains mois et des prochaines années.

De thème à valeurs fondamentales

On consacre souvent beaucoup de temps à leur création, on y réfléchit longuement, on en discute en équipe, on pèse chacun des mots utilisés, on essaie de les rendre significatifs, mobilisateurs, encourageants et uniques : les thèmes.

Au printemps dernier, les fédérations de la CSN tenaient leur congrès. Et au cœur de ces instances, on retrouvait un thème central autour duquel tournaient les propositions et les recommandations. Parfois, même l’ambiance et les activités des congrès sont guidées par le thème choisi. Mais ces fameux thèmes, que veulent-ils dire exactement ? Qu’essaie-t-on de communiquer aux membres et aux délégué-es ? Sont-ils de simples « lignes » de communication ou ont-ils un rôle plus important ? Les fédérations se sont prêtées au jeu de lever le voile sur les questions entourant ces fameux thèmes.

David Bergeron-Cyr (FC–CSN), Ginette Langlois (FP–CSN), Caroline Quesnel (FNEEQ–CSN), Jeff Begley (FSSS–CSN), Pierre Brassard (CSN-Construction). Derrière : Nathalie Arguin (FEESP–CSN), Louis Bégin (FIM–CSN), Pascale St-Onge (FNC–CSN) | Photo : Michel Giroux

FEESP : Mon quotidien, j’y vois. Mon syndicat, j’y crois.
« Le choix de notre thème de congrès est le fruit de la consultation interne de plus d’une centaine de per­son­nes, du comité exé­cutif aux militantes et militants des secteurs et comités, en passant par le bureau fédéral et des salarié-es de l’équipe, explique Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). Notre thème est bien ancré dans le présent et dans l’action. Il reflète notre approche collective et inclusive dans la dispensation de nos services, démontre le travail quotidien des militantes et militants auprès des membres. Finalement, il exprime la rigueur dans le travail et la confiance en l’action syndicale comme le meilleur moyen pour faire avancer les droits des travailleuses et travailleurs. Nous voulions un thème dynamique, qui fait ressortir le fait que nous sommes en mouvement et sur le terrain. »

FIM : Nos membres au cœur  de nos actions
« Notre thème ? Je crois qu’il dit tout, rigole André Miousse, vice-président à la vie syndicale de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN). Mais je vais quand même essayer de l’expliquer. La FIM existe grâce aux membres qu’elle représente. Et j’insiste sur le choix du mot “représente”. Pour moi, l’objectif premier de la fédération, ce doit être les services aux membres. Nous devons nous assurer de répondre à leurs attentes et non l’inverse, d’où l’importance de l’idée de “représentation”. Pour la partie “au cœur de nos actions”, nous avons constaté que trop souvent les structures deviennent lourdes. Il était donc important de retourner vers la base, notre base, parce que nous sommes toutes et tous des militants avant toute chose. Nous avons décidé d’arrêter le dédoublement des structures et de nous concentrer sur les services directs aux membres. En bref, ce qui est “au cœur de notre action”, c’est l’amélioration des conditions de vie des travailleuses et travailleurs. Il ne faut jamais oublier d’où on vient si on veut savoir où on s’en va. Pour la partie “nos membres”, nous avions le souhait que tous les membres s’approprient leur fédération. »

Visuels des congrès de la FIM, de la FNEEQ, de la FP, et de la FSSS

FC : Combattre à vos côtés
« Dans un contexte de morosité syndicale, et même de cynisme à l’égard du mouvement ouvrier, notre fédération a choisi de se recentrer sur ses racines, soit le syndicalisme de combat, explique David Bergeron-Cyr, président de la Fédération du commerce (FC–CSN). La combativité est une caractéristique qui distingue depuis longtemps la CSN d’autres organisations syndicales. Pour la FC–CSN, le syndicalisme de combat doit privilégier l’action collective par rapport au traitement individuel des dossiers. L’action collective qui nous caractérise est présente lors des négociations des conventions, mais une fois réglées, toute l’action syndicale est principalement dirigée vers la défense individuelle. Nous voudrions axer le militantisme syndical vers le développement du “savoir être” des camarades, afin qu’ils écoutent les problèmes de leurs membres et développent la solidarité dans leurs milieux de travail. Tous les problèmes vécus par nos membres ne se régleront pas par l’action collective, et tous les syndicats n’ont pas la capacité de régler leurs problèmes par l’action collective. C’est pourquoi la FC–CSN sera “à vos côtés” et accentuera sa présence sur le terrain. Car pour elle, le syndicalisme de combat est le moyen privilégié pour développer une conscience de classe et un sentiment d’appartenance des camarades envers leur syndicat. »

FNEEQ : Élargir l’horizon des possibles
« Lorsqu’est venu le moment de choisir le slogan du con­grès, nous voulions réunir dans une même formule deux dimensions, indique Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) : la portée du travail quotidien des enseignantes et des enseignants dans leur milieu, ainsi que le sens de leur engagement dans la vie syndicale. Le thème retenu témoigne de notre volonté de travailler ensemble afin de concevoir une alternative crédible et applicable aux propositions de la droite politique et économique. Nous voulons trouver d’autres “possibilités” pour contrer les idéologies dominantes qui imposent un système politique injuste et inéquitable et qui privilégient les finances au détriment de l’humain. Finalement, ce thème est surtout une invitation à se retrousser les manches et à trouver des solutions qui tiennent compte des préoccupations des femmes et des hommes, de leurs idées et de leur environnement. Les congrès sont des lieux privilégiés pour développer ces réflexions, pour ensuite les faire vivre au sein des syndicats qui les transmettront à leurs membres qui, à leur tour, les partageront avec leur famille et leurs proches. Ainsi, nous arriverons véritablement à “élargir l’horizon des possibles”. »

FNC : Des libertés à défendre
« Nous avons choisi ce thème, car les travailleuses et les travailleurs que nous représentons œuvrent dans des secteurs protégés par des droits et libertés inscrits dans nos chartes, soit la liberté de presse, le droit du public à l’information et la liberté d’expression, explique Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC–CSN). Or depuis plusieurs années, la culture et les médias vivent de graves difficultés économiques et structurelles. Les plateformes numériques étrangères dévalorisent nos productions journalistiques et artistiques, en les offrant gratuitement aux usagers, le plus souvent sans aucune forme de rétribution, en plus de capter les revenus, qui autrefois finançaient nos productions. Alors, au-delà des emplois à défendre, ce sont les fondements même de notre société qui sont en péril. Qui seront nos yeux et nos oreilles dans les lieux de pouvoir d’où nous sommes autrement exclus si le journalisme professionnel continue de dépérir faute de moyens ? Comment vivrons-nous notre culture, si nos institutions culturelles, nos artistes et nos artisans continuent d’être sous-financés ? Ainsi, la FNC–CSN doit mener ces importants combats pour défendre des libertés et des droits fondamentaux que notre société tient trop souvent pour acquis. »

Visuels des congrès de la CSNConstruction, de la FC, de la FEESP, et de la FIM

FP : Ma profession. Ma fédération. Notre force collective.
« Comme fédération multisectorielle, nous représentons une grande et belle diversité de professionnels œuvrant dans différents milieux de travail, présente Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). Ce qui nous unit, c’est justement cette condition “professionnelle”, que l’on soit techniciens, bacheliers, maîtres ou docteurs. Tous ensemble nous cumulons une somme importante d’expertises différentes qu’il nous faut à tout prix mettre à profit lors de notre action syndicale. Cette diversité constitue une richesse pour notre action collective, de la même façon que notre identité professionnelle influence et teinte notre action collective. Nous avons aussi souhaité un congrès tourné vers les préoccupations qui touchent nos membres dans leur pratique professionnelle et qui leur permet, par l’action collective, de sortir de l’isolement afin qu’ensemble nous puissions faire avancer nos conditions. Une large majorité des professionnels ont tendance à s’isoler et à ne pas voir la pertinence de l’action syndicale, percevant leurs connaissances et leurs compétences comme les principaux outils de négociation de leurs conditions de travail. Ainsi, notre thème porte le message que la FP peut être un lieu de mise en commun et le vecteur de leur action collective porteuse de changement. »

FSSS :Déterminées
« Au courant des quatre dernières années, nous avons tous été témoins de la détermination des docteurs Couillard et Barrette et de l’équipe du gouvernement libéral à démanteler le réseau de la santé et des services sociaux, ainsi que celui des services de garde, souligne Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Du même coup, à la FSSS, nous avons constaté que le rempart face à leurs attaques reposait sur la résilience exceptionnelle du personnel qui continue jour après jour de faire un travail exceptionnel dans des conditions qui varient entre difficiles et exécrables. Dans ce contexte, les délégués-es du congrès ont amorcé des discussions pour que nos voix soient entendues et respectées. Nous sommes déterminés à remettre nos réseaux sur les rails. Pour y arriver, les dirigeants des réseaux et le gouvernement doivent faire preuve d’une réelle écoute. Nous avons des solutions pour la pénurie de main-d’œuvre, pour les problèmes criants de santé et sécurité au travail, pour le manque de prévention dans nos établissements, pour retrouver la satisfaction du travail bien accompli. Nos vis-à-vis doivent renouer avec le dialogue et avec la négociation. Ainsi, nous nous promettons d’être déterminés à nous mettre en mode transformation, pour nous et pour nos réseaux de travail. »

Viser juste avec la CSN–Construction
« Ça bouge dans l’industrie de la construction, annonce Pierre Brassard, président de la CSN–Construction. La nette augmentation des heures travaillées par l’ensemble des salarié-es de l’industrie en témoigne. Dans ce contexte en effervescence, les travailleuses et les travailleurs ont besoin d’une fédération à leur image. Une fédération proche de ses membres. Une fédération qui comprend leurs besoins et qui sait y répondre efficacement. Avec la nouvelle CSN–Construction, ils ne se trompent pas. C’est ça que traduit notre thème de congrès 2018. »

Lettre au premier ministre sur l’éducation et l’enseignement supérieur

Monsieur le Premier Ministre,

En tant que nouveau premier ministre, vous serez bientôt appelé à nommer un ou deux ministres de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce sera l’occasion de réaffirmer la mission de l’éducation de la société québécoise mise en place dans la foulée du rapport Parent : une éducation qui doit permettre à chacun de développer son plein potentiel et contribuer à son épanouissement. Il est fondamental de rappeler cette mission alors que notre système d’éducation est fragilisé par une logique marchande qui se traduit notamment par une concurrence entre les écoles et entre les établissements d’enseignement supérieur.

Dans son dernier rapport sur l’état et les besoins de l’éducation, le Conseil supérieur de l’éducation mentionne que la justice sociale à l’école et les valeurs que nous défendons collectivement sont en péril. Nous vous invitons à faire preuve de courage et à répondre à ce cri d’alarme du Conseil supérieur. Oui, cela prendra du courage pour éveiller la conscience des Québécoises et des Québécois sur le fait qu’au lieu d’atténuer les inégalités sociales, notre système scolaire à plusieurs vitesses contribue à leur reproduction.

Deux idées phares de votre programme en éducation nous font craindre pour la suite des choses. D’abord, l’implantation de la maternelle 4 ans dans toutes les écoles mettrait en péril le réseau des CPE et des responsables d’un service de garde en milieu familial reconnues, privant ainsi les jeunes enfants de services éducatifs de qualité. Cela irait à l’encontre de votre objectif d’une intervention précoce. Puis, l’abolition des commissions scolaires serait tout aussi dangereuse alors qu’elles ont pour fonction de répartir les ressources de façon équitable en tenant compte des besoins exprimés par les établissements sur leur territoire ainsi que des inégalités sociales et économiques auxquelles ils sont confrontés. La création de centres de service aux écoles nous apparaît comme un prélude à la sous-traitance, particulièrement pour le personnel de soutien. Lors de votre conférence de presse au lendemain des élections, vous avez démontré une certaine ouverture au dialogue auquel nous souhaitons ardemment participer.

Il y a quelques années, vous avez tenu des propos fort malheureux sur les cégeps, et nous nous réjouissons que votre opinion ait changé. Votre engagement à modifier le mode de financement des cégeps pour entre autres consolider les établissements en région est certainement positif. Nous croyons que la réforme de leur financement doit également prévoir un plancher minimum de services pour le personnel de soutien et pour le personnel professionnel. Une révision du financement de la formation continue et des études à temps partiel est aussi nécessaire afin d’en assurer la gratuité et d’offrir les mêmes services aux étudiantes et étudiants inscrits dans ces programmes. De plus, il faut octroyer les mêmes conditions de travail aux enseignantes et enseignants de la formation continue qu’à leurs collègues de l’enseignement régulier.

Par ailleurs, nous tenons à faire une mise en garde contre votre intention de donner plus de flexibilité aux collèges dans l’élaboration des programmes afin de maximiser l’adéquation entre les formations offertes et les besoins de main-d’œuvre de la région. La variabilité d’un programme technique d’un collège à l’autre risquerait d’affecter la reconnaissance du diplôme national et de réduire la mobilité des diplômés. De plus, la formation collégiale doit permettre d’acquérir des connaissances et des compétences techniques qui transcendent le temps et les besoins des entreprises, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les cours de la formation générale revêtent une si grande importance.

La récente politique de financement des universités prévoit la déréglementation des droits de scolarité des étudiantes et étudiants internationaux. Une telle mesure augmenterait la concurrence entre les établissements, les inégalités de financement (au détriment des universités francophones) et les risques d’un désengagement de l’État. Nous vous demandons de retirer cette mesure. Nous pensons également que la nouvelle politique devrait être bonifiée de manière à mieux tenir compte des services à offrir aux étudiants à temps partiel et à ceux ayant des besoins spécifiques. Interpellé sur le financement des universités, vous avez exprimé votre intention de miser sur une collaboration plus étroite entre le secteur privé et les universités. Vous ne serez pas étonné que nous exprimions notre réticence, l’influence du secteur privé nous semblant déjà trop forte, particulièrement dans le financement et le choix des activités de recherche.

L’ascendant du secteur privé est manifeste également dans les pratiques de gestion et d’administration issues de la nouvelle gestion publique qui mettent à mal le principe de collégialité propre à l’enseignement supérieur. Les différents groupes des communautés collégiale et universitaire doivent être représentés et majoritaires au sein des instances décisionnelles ou consultatives. Pour ce qui concerne la représentation des milieux socioéconomiques au sein des conseils d’administration des établissements des réseaux collégial et universitaire, nous vous invitons à faire respecter la lettre et l’esprit des lois sur les cégeps et sur l’Université du Québec afin d’assurer l’ouverture sur le milieu et la démocratisation promises par ces réseaux. De plus, nous souhaitons la création d’un conseil national des universités pour mieux coordonner le développement du réseau universitaire, une orientation que vous avez déjà appuyée. Il va sans dire que ce conseil ne devrait pas conduire à l’implantation de mécanismes d’assurance qualité ni à une standardisation des contenus pédagogiques.

Enfin, nous partageons l’indignation que vous avez manifestée à l’endroit des coupes budgétaires réalisées par le précédent gouvernement et des effets négatifs qu’elles entraînent sur les services aux élèves et aux étudiants. Tous les partenaires en éducation ont réclamé un réinvestissement important en éducation et en enseignement supérieur. Nous serons à l’affût de vos plans budgétaires afin de nous assurer qu’ils reflètent vos promesses et qu’ils répondent pleinement aux besoins du milieu.

Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, , Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) et Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN)

La CSN représente près de 70 000 personnes œuvrant dans les réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur et regroupées dans ces trois fédérations.

Nouveau syndicat en centre de pédiatrie sociale  

La CSN annonce la création du premier syndicat en centre de pédiatrie sociale au Québec. Le Québec compte une vingtaine de centres de pédiatrie sociale, une initiative de la Fondation du Dr Julien.

Fondé le 15 mai dernier, le Syndicat des professionnelles en centre de pédiatrie sociale (SPCPS-CSN) regroupe moins d’une dizaine de spécialistes du Centre de pédiatrie sociale Centre-Sud telles que des travailleuses sociales, psychoéductrices, art-thérapeute, etc.

« Je suis heureuse de représenter ce nouveau syndicat dont l’accréditation va permettre d’améliorer la situation de ses membres », affirme Josiane Morel, présidente du SPCPS-CSN. Cette dernière sera appuyée par deux autres membres de l’exécutif syndical Valérie Naulet et Julie Archambault.

La syndicalisation à la CSN

Le service de syndicalisation de la CSN est actif dans toutes les régions et les secteurs de l’économie au Québec. Il vise notamment l’élimination des injustices, du favoritisme, de la discrimination, des mises à pied ou des congédiement injustifiés, de l’arbitraire de l’employeur, du choix des horaires ou des vacances. Les groupes de travailleuses et de travailleurs qui souhaite se syndiquer peuvent rejoindre la CSN en tout temps et en toute confidentialité au 1-800-947-6177.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale aggrave la pénurie de main-d’oeuvre

Le réseau de la santé et des services sociaux traverse actuellement une grave pénurie de main-d’œuvre. Face à un phénomène prévisible, et prévu, le manque de vision et une gestion bureaucratique à la petite semaine au Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale ne font qu’aggraver le problème, comme on a pu le constater récemment dans les résidences du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de Québec (CRDI).

Dès l’été 2017, la direction du CIUSSS reconnaissait le manque d’employé-es et affirmait dans les médias que « la situation va de moyennement difficile à très difficile, selon les secteurs[1] », au point de devoir lancer une campagne de recrutement[2] à l’automne. « Nous constatons, un an plus tard, que le CIUSSS n’a pas été prévoyant, qu’il n’a pas mis en place les mesures d’attraction et de rétention nécessaires, bref qu’il n’a pas bien géré la pénurie », déplore François Proulx-Duperré, président par intérim du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (CSN), « pire, face au manque de personnel, la direction a mis en place une politique qui a démobilisé les gens et aggravé la situation. »

Le cas du CRDI

Cet été, la direction du CIUSSS s’est retrouvée face à un problème grave au CRDI et la réponse ne fut pas à la hauteur. « À cause de la pénurie de personnel, les gestionnaires se sont retrouvés avec de nombreux quarts de travail d’éducateur ou d’éducatrice à découvert, jusqu’à 50 par fin de semaine, dans les résidences, le milieu le plus difficile du CRDI », explique Emmanuelle Lachance, représentante du secteur du CRDI au syndicat, « mais au lieu de s’asseoir avec nous pour trouver une solution, ils sont arrivés avec un plan de contingence dangereux, développé en vase clos, imposé et absolument inacceptable pour le personnel ».

Au CRDI, il y a environ 500 éducateurs ou éducatrices. De ce nombre, 150 travaillent dans les résidences. La direction du CIUSSS voulait forcer le personnel de semaine des autres secteurs, sans égard à leur formation et à leur ancienneté, à effectuer deux remplacements de fin de semaine par quinzaine pour combler des quarts de travail à découvert. Grace aux interventions du personnel et de la CNESST, la direction a été forcée de faire marche arrière. En lieu et place du plan de contingence prévu, elle a dû appliquer des mesures alternatives.

Emmanuelle Lachance explique : « nos mesures alternatives étaient relativement simples : d’abord, utiliser au maximum la liste de rappel, ensuite demander s’il y a des volontaires pour les remplacements et les attribuer par ancienneté au lieu de forcer les gens, enfin, payer les gens en temps supplémentaire puisqu’il s’agit bien de ça. » Avec ces mesures souples, le nombre de quarts à découvert durant les quatre pires fins de semaine de l’été est passé de 43, 48, 48 et 50 respectivement à 1, 1, 4 et 7, selon nos informations.

« Pour nous, ça démontre qu’avec des mesures simples et souples, intéressantes pour nos gens, ça marche et on peut gérer efficacement les crises, il n’est pas nécessaire de faire violence aux gens et de les contraindre, » explique François Proulx-Duperré. Le syndicat milite actuellement pour trouver une solution permanente aux problèmes vécus au CRDI. « Il s’agit d’un secteur difficile et négligé avec un des taux d’absentéisme les plus élevés du CIUSSS, c’est très fragile. Mais c’est possible de renverser la vapeur, nous avons un bon contre-exemple sur le territoire même du CIUSSS, » explique le président par intérim, « il s’agit des résidences de Charlevoix. Là-bas, le syndicat et la direction sont parvenus à une entente locale souple pour offrir des horaires attrayants, fonctionner par compétences et intérêts plutôt que par ancienneté. Doit-on s’étonner qu’ils aient beaucoup moins de problèmes là-bas? » Pour le syndicat, la solution demeure la souplesse et le dialogue, « on arrivera à rien avec une gestion autoritaire basée sur le droit de gérance ».

Mettre les gens dans le coup

« Face à des phénomènes comme la pénurie de main-d’œuvre, on ne peut pas juste agir sur le coup, d’urgence en urgence », croit Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « il faut prévenir et mettre en place des mesures d’attraction et de rétention du personnel. » La présidente du conseil central rappelle qu’il est toujours plus payant de mettre les gens dans le coup plutôt que de travailler contre eux et les contraindre, « ce sont des choses qu’il faut pouvoir négocier avec les syndicats ».

Pour le conseil central, l’enjeu ne se situe pas seulement au niveau des conditions de travail. « On parle de services à la population, il faut comprendre que quand on gère dans l’urgence, pour patcher des trous, la population y perd au change, il y a des services qui ne se donnent pas », rappelle Ann Gingras. « Ce qui se passe actuellement est questionnant, des fois on se demande quel est le mandat du CIUSSS : organiser et donner les soins de santé et les services sociaux auxquels la population a droit ou ouvrir la porte au privé ? », conclut la présidente.

La responsable des services de sage-femme entre en poste dans la Baie-des-Chaleurs

Le collectif Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs est ravi d’annoncer aux parents et futurs parents du territoire qu’après dix années de revendications, la responsable des services de sage-femme dans la Baie-des-Chaleurs a finalement fait son entrée en poste cette semaine.

Il y a en effet maintenant plus de 10 ans que les membres d’Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs consultent régulièrement les familles de la région pour saisir leurs besoins; font des représentations auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie; échangent avec l’Ordre des sages-femmes du Québec et le Regroupement Les Sages-femmes du Québec sur une base régulière pour obtenir de l’appui et de l’information et organisent différentes activités d’information publiques. « Après toutes ces années de travail soutenu, il va sans dire que nous sommes emballées d’enfin voir naître des services de sage-femme dans la Baie-des-Chaleurs. En effet, l’arrivée d’une sage-femme bilingue d’expérience qui agira à titre de responsable laisse entrevoir la mise en place d’un service complet et bénéfique pour notre communauté », souligne la porte-parole du collectif, Marie-Josée Racine.

Embauchée par le CISSS de la Gaspésie, la responsable des services de sage-femme travaillera dans un premier temps à partir de l’Hôpital de Maria. Rappelons toutefois que les sages-femmes, par la nature même de leur profession, se déplacent sur le territoire qu’elles desservent. Dans les mois à venir, cette nouvelle ressource travaillera d’abord à l’établissement des conditions gagnantes pour la mise en œuvre des services dans la Baie-des-Chaleurs. Elle aura la responsabilité d’organiser le tout en étroite collaboration avec l’équipe de périnatalité du CISSS afin d’adapter les services de sage-femme aux réalités régionales, soit un large territoire avec un nombre restreint de naissances. À noter que le plan d’action en périnatalité relevant du Ministère engage le CISSS de la Gaspésie à offrir des services de sage-femme régionaux d’ici 2019.

Les membres d’Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs tiennent à remercier chaleureusement la population qui a exprimé, au cours des années, ses besoins et sa volonté pour la mise en place d’un tel service. C’est cette voix que le collectif a porté auprès des instances au fil du temps. « Nous sommes également reconnaissantes envers le CISSS de la Gaspésie d’avoir été à l’écoute des besoins de la population et pour la saine collaboration des dernières années », ajoute Marie-Josée Racine.

Pour le collectif, l’arrivée de la responsable des services de sage-femme est certes une excellente nouvelle, mais il reste beaucoup à accomplir et des défis se présenteront certainement en cours de route. Les membres d’Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs comptent bien demeurer actifs et continuer de représenter la population tout au long de la mise en place et du déploiement des services de sage-femme. Le Cadre de référence pour le déploiement des services de sage-femme au Québec (MSSS, 2015) est d’ailleurs clair sur ce point : « Prévoir la participation des clientes et des familles, souvent représentées par des groupes de citoyens mobilisés, à l’ensemble du processus afin de s’assurer que le projet répondra à leurs besoins. » (1)

Ainsi, les parents, futurs parents, ou toute autre personne ayant de l’intérêt pour la cause sont invités à s’impliquer avec le collectif. Pour obtenir de l’information ou pour s’impliquer, écrivez à asfbdc@gmail.com, ou consultez la page Facebook Accès Sagesfemmes Baie-des-chaleurs ou le site Web sagesfemmesbdc.com.

 

 

Cap sur l’emploi, les services publics et l’environnement

Alors que la campagne électorale bat son plein, les porte-parole de la FTQ, de la CSN et de la CSQ ont tenu à interpeller les différents partis politiques sur la base des priorités mises de l’avant par les travailleuses et les travailleurs du Québec. Les défis en matière d’environnement, de développement économique, de financement de nos services publics et des conditions de travail des Québécoises et des Québécois figurent au centre de leurs préoccupations.

« Le développement économique du Québec fait face à de nombreux défis qui doivent être conjugués de façon cohérente, indique Daniel Boyer, président de la FTQ. La situation de l’emploi se porte plutôt bien, mais les problèmes de pénuries de main-d’œuvre menacent notre économie. Une politique proactive en matière de francisation et d’intégration au marché du travail des populations immigrantes est primordiale pour le maintien des emplois actuels et pour l’essor du Québec. Le prochain gouvernement devra également adopter les mesures nécessaires afin de nous sortir de l’industrie des hydrocarbures. Nous avons, au Québec, l’expertise et le savoir-faire nécessaires à cette transition énergétique, laquelle est urgente et devra être planifiée et mise en œuvre afin d’être juste pour les communautés et les travailleuses et les travailleurs. Pour ce faire, le prochain gouvernement devra soutenir ces derniers, notamment en matière de formation professionnelle. Il devra aussi s’engager, selon nous, à mettre en place un véritable régime d’assurance médicaments public et universel. »

L’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleuses et des travailleurs québécois ne doit pas se résumer à un slogan électoral, estime le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Tous les partis politiques semblent faire de la classe moyenne et des familles leur clientèle électorale privilégiée, souligne-t-il. Pourtant, au-delà de micromesures électoralistes ultra-ciblées, nous constatons un manque d’envergure flagrant de la part des partis. On parle très peu d’un salaire minimum qui permettrait à quelqu’un travaillant à temps plein de se sortir de la pauvreté. Pour nous, ça passe par le 15 $ l’heure. La conciliation famille-travail, ça ne peut se résumer qu’à un slogan : il nous faut des mesures concrètes afin de faciliter la vie des familles de la classe moyenne, particulièrement en termes d’horaires de travail et de prise de congé. Et que dire de la question environnementale? Il est désolant de constater, en 2018, à quel point l’environnement est le grand absent de la présente campagne. La lutte contre le réchauffement climatique passe entre autres par un plan de transport collectif cohérent pour l’ensemble de nos régions — et non pas en fonction des gains électoralistes de telle ou telle couronne de Montréal ou de Québec, laissant les autres régions du Québec sur l’accotement en matière de mobilité durable. »

D’autre part, les dirigeants des centrales syndicales réaffirment la nécessité d’un réinvestissement massif dans nos services publics. « Nous sortons d’une période d’austérité qui a mis à mal l’ensemble de la population québécoise, rappelle Sonia Éthier, présidente de la CSQ. Le prochain gouvernement du Québec devra assurer un financement stable de nos services publics. Afin de pallier le manque à gagner engendré par le sous-financement des dernières années, la croissance de ce financement devra être supérieure à celle des coûts de système. Les effets désastreux de la dynamique du financement en yo-yo, on les a constatés, particulièrement auprès de nos aînés et de nos jeunes ayant des difficultés d’apprentissage. Le personnel œuvrant dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des services sociaux et des services éducatifs à la petite enfance réclame depuis des années un allégement de leur charge de travail et les ressources nécessaires afin d’assurer de bons services publics. Ça ne peut passer autrement que par l’embauche de personnel supplémentaire afin d’alléger les tâches des salarié-es du secteur public. Non seulement la situation financière du Québec le permet, mais d’autres revenus doivent être récupérés par le gouvernement, notamment par une politique proactive face aux paradis fiscaux. »

En plus de réitérer leur volonté de voir le mode de scrutin révisé afin de renforcer notre système démocratique, notamment par l’adoption d’un système proportionnel mixte, les porte-parole des centrales syndicales invitent les partis à s’engager à instaurer des mesures tangibles visant le soutien à la presse écrite, dans un contexte où les médias d’information vivent des moments particulièrement difficiles.

Les avocat-es de l’aide juridique en grève pour la parité salariale

Les avocat-es du réseau de l’aide juridique de plusieurs régions du Québec ont exercé aujourd’hui une journée de grève afin d’obtenir la parité salariale avec les procureurs de la Couronne. Cette journée de grève coïncide avec la rentrée judiciaire à Montréal. Demain, ce sera au tour des syndicats de Québec et de l’est du Québec à débrayer.

Une centaine d’avocat-es du réseau de l’aide juridique en provenance de plusieurs régions du Québec se sont donc présentés en matinée au Palais de Justice de Montréal pour souligner l’événement et rappeler la ministre Vallée à ses responsabilités, alors que celle-ci procèdera à une allocution à cette occasion. Les avocat-es de l’aide juridique souhaitent donc en finir avec une négociation qui traîne en longueur depuis trois ans et qui achoppe sur un seul sujet, soit celui de la parité avec les procureurs de la Couronne.

Photo : Jean-François Coutu

« Les avocates et les avocats de l’aide juridique ne cèderont pas sur une question aussi importante que celle de la parité. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités dès maintenant et mettre fin à ces négociations pour le bien de tous. De notre côté, la pression sera maintenue aussi longtemps qu’il le faudra », a averti le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Malgré qu’une entente de principe ait été conclue sur les clauses normatives, le Conseil du trésor n’a toujours pas dégagé les mandats permettant de faire progresser la négociation sur les paramètres salariaux. Trois rencontres de négociation ont eu lieu en août sans toutefois que le principe de parité ne soit pas reconnu de la part de la partie patronale.

Une parité historique

Notons qu’au moins quatre fois en 35 ans, les avocat-es de l’aide juridique ont obtenu la parité avec les procureurs de la Couronne après l’avoir revendiqué lors de leurs négociations. Pourtant, les négociateurs patronaux refusent toujours de reconduire cette parité historique. La convention des avocat-es du réseau de l’aide juridique est d’ailleurs échue depuis mars 2015.

« C’est un principe d’équité et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes toujours battus pour obtenir cette parité. Nous allons le répéter une fois de plus au gouvernement : vous ne pouvez pas payer davantage l’avocat qui poursuit que celui qui défend », a rappelé Berna Tabet, présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique de Montréal (CSN). 

« Les avocates et les avocats de l’aide juridique défendent des personnes vulnérables selon les mêmes règles, la même éthique et au sein du même système judiciaire que les procureurs de la Couronne. Ils plaident devant toutes les instances judiciaires et quasi judiciaires tant en matière criminelle et civile qu’en matière familiale, administrative et d’immigration », a souligné la présidente du conseil central du Montréal métropolitain de la CSN, Dominique Daigneault.

De son côté, la présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN, Ginette Langlois a noté que ce sont les services juridiques aux personnes les plus démunies de la société qui seraient compromis si aucun accord satisfaisant n’intervient rapidement. « Sans la parité, la capacité de l’aide juridique à recruter et à retenir les bons éléments serait mise à mal. Mais nous sommes déterminés à défendre le principe de l’accès à la justice pour tous », a-t-elle souligné.

Photo : Jean-François Coutu

Selon Monique Carmel, présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique Laurentides-Lanaudière (CSN), cette mobilisation est essentielle pour maintenir la pression. « Une grève à l’aide juridique est une chose rare, car ce moyen de pression doit être utilisé qu’en dernier recours. Nous sommes rendus au point où cette décision s’est imposée d’elle-même. Nous n’avons plus le choix de nous mobiliser pour obtenir gain de cause et je suis convaincue que cette journée d’action contribuera à débloquer ce dossier ». 

De son côté Gilles P. Veilleux, président du syndicat de l’aide juridique de la Rive-Sud estime que la patience des avocat-es a assez duré. « Cela fait trois ans que nous sommes en négociation et ce conflit aurait dû être terminé depuis longtemps. Nous sommes un rouage important du système judiciaire et il est temps que le gouvernement le reconnaisse par des gestes concrets ». Une majorité des dossiers de nature criminelle ou pénale entendus devant les tribunaux impliquent des personnes ayant fait appel aux services des avocat-es de l’aide juridique. Voilà qui démontre bien l’importance de ce service essentiel dans l’administration de la justice au Québec.

Un changement de cap s’impose

Bien que la ministre de l’Enseignement supérieur, madame Hélène David, semble prendre au sérieux le rapport d’enquête sur le partenariat entre l’Institut MATCI Montréal et l’université TÉLUQ, les principales organisations syndicales concernées par la situation espèrent que les correctifs qui seront apportés à la gestion de l’établissement ouvriront la porte à la collégialité.

« On fait le constat que le projet de restructuration de la direction de l’université TÉLUQ est en contradiction avec les intérêts des étudiantes et des étudiants. Il n’y a pas que la question de la privatisation de l’encadrement. La direction a créé un nouveau statut de personnes tutrices qualifiées ironiquement de professeurs sous contrat avec comme résultat l’élimination graduelle mais certaine de tutrices et de tuteurs chevronnés en formation à distance. Il faut redresser la situation, d’autant plus qu’on demande à ces nouveaux employés de donner trois fois moins de temps en encadrement aux étudiants que sous le modèle ayant auparavant fait ses preuves,» souligne Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé-Université (STTTU).

La ministre a décidé de mener une vérification sur l’université TÉLUQ à la suite des pressions syndicales et politiques, et l’intervention de deux personnes tutrices membres du conseil d’administration dénonçant les irrégularités dans la gouvernance et l’entente secrète de partenariat.

« Nous souhaitons cependant qu’elle rende public ce rapport d’enquête et surtout qu’elle prenne les moyens pour que la direction de l’université travaille dans le respect des lois et dans le respect de sa communauté, » précise Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).

Selon Louise Briand, vice-présidente du secteur universitaire de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), le véritable problème est celui de la sous-traitance des activités d’encadrement à une entreprise privée. « C’est une décision qui a des conséquences graves non seulement sur les emplois des tutrices et des tuteurs qui accompagnent depuis des années les étudiantes et les étudiants de l’établissement, mais aussi sur tout le réseau universitaire, car cette décision ouvre la porte à des entreprises privées pour former les étudiantes et les étudiants », conclut-elle.

Les organisations syndicales sont satisfaites que la ministre ait demandé une enquête et qu’elle prenne des décisions en conséquence. La ministre David doit cependant assumer pleinement ses responsabilités en enseignement supérieur en mettant en priorité la qualité de la formation et la réussite des étudiantes et des étudiants, et en clarifiant ses intentions quant à la suite des événements.

Les avocats de l’aide juridique s’impatientent

Munis de leur toge, les avocat-es de l’Aide juridique ont manifesté aujourd’hui dans le Vieux-Montréal devant le manque de volonté du gouvernement du Québec à clore leur négociation qui dure depuis trois ans et qui achoppe sur un seul point : la parité salariale avec les procureurs de la Couronne. Mais la négociation est au point mort.

Regroupés devant le Palais de justice de Montréal, ceux-ci ont démontré leur exaspération devant ce manque de volonté de la part du ministère de la Justice. « Pour conserver la capacité de recrutement et de rétention d’éléments de qualité dans le réseau, nous devons maintenir cette parité, souligne Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN). Cette parité a toujours été maintenue par le passé et il n’y aura pas de règlement cette fois-ci sans cette parité. Il s’agit pour nous d’envoyer le signal que les services d’aide juridique sont importants et qu’on ne doit pas pénaliser les citoyens les plus démunis de la société ».

Le Conseil du trésor doit corriger le tir immédiatement et dégager les mandats pour faire débloquer la négociation. En effet, pour les avocat-es de l’Aide juridique, il s’agit d’un principe d’équité : le gouvernement ne peut pas payer davantage celui qui poursuit que celui qui défend. La convention des avocat-es de l’Aide juridique est échue depuis mars 2015 et le gouvernement Couillard ne doit pas se soustraire à ses responsabilités avant les élections, alors que la conclusion d’une entente est à portée de main. C’est pourquoi les avocat-es du réseau de l’aide juridique de partout au Québec intensifient leurs actions de mobilisation.

Le président de la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ), Denis Asselin, souligne pour sa part que « la parité avec les procureurs de la Couronne est au centre des enjeux de négociation pour une cinquième fois en 35 ans. Nous n’avons plus tellement envie de rejouer dans le même film. Chaque fois, le gouvernement a étiré les négociations jusqu’au bout, mais chaque fois, les avocates et les avocats ont obtenu gain de cause. Ce sont des personnes déterminées qui luttent pour la justice de façon quotidienne. Elles ne se laisseront pas abattre par les tactiques dilatoires du gouvernement ».

*Professionnèles est un néologisme visant à féminiser le mot professionnel.

De l’affront au défi

Le château des Angos des Maizerets, pierre angulaire d’un domaine tricentenaire ayant résisté à l’outrage du temps, au beau milieu de la plus violente tempête printanière que le Québec ait connue depuis quarante ans, s’est avéré une trame de fond on ne peut plus représentative de ce qu’a vécu le  Syndicat des professionnels et techniciens de santé et services sociaux de Québec–CSN (SPTSSS) au cours des dernières années.

Un peu à l’image des multiples ajouts faits au château au fil du temps, le nouveau syndicat, dont la création a été forcée par la violente réforme Barrette, s’appuyait tout de même sur de solides fondations. Comme se plaît à le rappeler Danny Roy, président du syndicat, « c’est le premier anniversaire du SPTSSS, mais certains syndicats desquels nous sommes issus ont plus de quarante ans ». Danny est souriant et confiant pour l’avenir, et avec raison. Le bruit du mélange de grêle et de verglas sur les minces carreaux des fenêtres historiques n’est rien à côté de la tourmente qu’ont dû endurer les syndicats en santé du Québec depuis 2014. D’abord, un vent d’austérité s’est abattu sur le secteur public, puis sans crier gare, dès 2015, le gouvernement a littéralement dévasté le réseau de la santé en imposant d’immenses structures administratives grises et mornes, jetant un froid sur les travailleuses et les travailleurs et forçant la création de nouvelles structures syndicales.

Le 16 avril dernier, un an presque jour pour jour après l’accréditation du syndicat, ils étaient près de 80 militantes et militants réunis pour finaliser les dernières étapes de la mise en place de leur nouvelle structure.

Au SPTSSS, cet affront a été pris comme un défi. Un an presque jour pour jour après l’accréditation, ils étaient près de 80 militantes et militants réunis pour finaliser les dernières étapes de la mise en place de leur nouvelle structure. Leur organisation représente maintenant plus de 4600 membres répartis sur un territoire d’environ 250 km2. La tâche est colossale, mais elle ne semble pas leur faire peur. À preuve, d’anciens membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), maintenant délégué-es du SPTSSS, dînent avec des militants CSN de longue date, échangeant sur les bons coups de la dernière année, mais aussi sur leurs craintes, leurs appréhensions et les obstacles à surmonter.

Allégeance au syndicalisme
Dans une grande salle au plafond bas, au bout de laquelle trône l’immense foyer de la vieille cheminée, les délégué-es s’installent pour dîner. Aux tables, les nouveaux camarades se mélangent avec les militants chevronnés, ici avec des anciens de la CSN, là avec des anciens de l’APTS. Aujourd’hui, il n’est pas question d’appartenance à une organisation : l’allégeance est au syndicalisme et le ton est amical. Xavier Isabelle, éducateur spécialisé, Cynthia Bergeron, physiothérapeute, Céline Martin et Hélène Beaupré, ergothérapeutes, et Véronique Ouellette et Simon Rondeau, travailleurs sociaux, mangent en débattant de leur nouvelle structure syndicale. D’un côté, on aime le leadership du syndicat qui a réussi à donner des lignes directrices claires malgré le court laps de temps imposé par la fusion. De l’autre, on soulève que la CSN a encore un bout de chemin à faire pour gagner la confiance de tous les membres. En effet, il semble y avoir consensus à la table : la grande structure syndicale pose un défi quant à l’appropriation du syndicat et de la centrale par les membres. Les anciennes de l’APTS ne se gênent d’ailleurs pas pour rappeler que leur conseiller syndical était plus facile à joindre dans leur ancienne structure syndicale. Les membres des anciens syndicats CSN répliquent toutefois que « pour eux, pas de doute, l’absence de délégué-es jusqu’à maintenant rendait effectivement le contact avec les membres plus difficile. Mais ce n’était que temporaire, puisque c’est justement pour finaliser cette étape de mise en place des délégué-es terrain que sont réunis tous les militants du syndicat aujourd’hui ». On sent bien une pointe de nostalgie à l’égard des anciens syndicats maintenant fusionnés. On aimait leur proximité, leur échelle humaine. Mais ce sentiment fait vite place à une grande résilience. Ils savent très bien que c’est en s’unissant et en travaillant ensemble qu’ils arriveront à répondre aux impératifs provoqués par la nouvelle réalité administrative démesurée des Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS).

Il fait froid, trop froid dehors pour un 16 avril. On comprend pourquoi le château a résisté aussi bien au temps, parce qu’à l’intérieur, la vie syndicale bat son plein. Les enjeux de mobilisation, de communication et de représentation sont sur toutes les lèvres, mais de façon constructive, proactive. Les discussions intelligentes, bien senties, portées par des militantes et des militants qui ont à cœur de faire le meilleur travail possible pour les membres, résonnent entre les poutres de bois qui portent les marques du temps.

Avec ses représentantes et représentants dûment élus depuis la fin de l’année 2017, un comité exécutif, un conseil exécutif, des représentantes et représentants de secteurs et des délégué-es de site, le SPTSSS s’est construit, en moins d’un an, une fondation solide qui, avec un peu d’entretien, servira de base pour construire la grande maison des professionnel-les, des techniciennes et des techniciens en santé et services sociaux de Québec. 

Non au démantèlement de la SAQ !

Pour la Confédération des syndicats nationaux, la Société des alcools du Québec (SAQ) constitue une grande réussite à tous points de vue. La CSN appelle les politiciens à mettre le bien commun au cœur de toutes leurs réflexions quant à l’avenir de la société d’État.

 « Encore une fois, le débat sur l’avenir de la SAQ s’engage sur une base idéologique ne reposant sur aucun fait, constate le président de la CSN, Jacques Létourneau. Il est complètement faux de prétendre qu’il y aurait plus de choix pour le consommateur en libéralisant le commerce. Parlez-en aux Albertains qui trouvent deux fois moins de produits différents sur les tablettes ! Pour ce qui est des prix, ceux de la SAQ tiennent bien la comparaison avec ceux d’ailleurs. C’est particulièrement vrai des produits les plus populaires auprès des consommateurs qui sont moins chers ici qu’en Ontario. »

La CSN s’inquiète par ailleurs des conséquences du démantèlement de la SAQ sur les finances publiques. « La SAQ, c’est un milliard chaque année pour nos services publics, et ce, sans compter les revenus en taxes, poursuit Jacques Létourneau. En toute transparence, la CAQ doit nous dire ce qu’elle fera pour pallier cette perte. Des coupes supplémentaires dans les services? De nouvelles taxes? Il faut être clair sur ce que ça veut dire. Quant à nous, nous croyons que l’État n’a tout simplement pas les moyens de se priver de ces revenus. »

La CSN n’est pas plus rassurée de la position affichée par le ministre des Finances, Carlos Leitão, qui estime nécessaire d’étudier, encore, différents projets de privatisation et de libéralisation. « C’est le bien commun qui devrait guider les choix politiques, explique le président de la CSN. L’État a une responsabilité sociale importante dont notamment des préoccupations quant à la santé publique. La SAQ, c’est la vente responsable, des profits qui financent nos services publics et des salaires décents par rapport à ce qu’on trouve ailleurs dans le commerce de détail où c’est le rendement aux actionnaires qui prime. La SAQ, c’est aussi du personnel bien formé, passionné, qui assure un service à la clientèle inégalé. Nous avons un joyau collectif entre les mains. Nous ne laisserons personne le dilapider pour enrichir quelques privilégié-es. »

À propos
La Confédération des syndicats nationaux réunit plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité, dont près de 6000 œuvrent à la SAQ.

Le Syndicat des employé-es de magasins et de bureau (SEMB–SAQ–CSN) représente les 5500 employé-es de la SAQ. Il est affilié à la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN).

Quant au Syndicat du personnel technique et professionnel de la SAQ (SPTP-SAQ–CSN), il regroupe quelque 500 membres qui travaillent en partie à Québec, mais principalement à Montréal. On y compte notamment les secrétaires, techniciens et analystes du siège social et des centres de distribution. C’est d’ailleurs ce centre qui est responsable d’approvisionner en vin l’ensemble du réseau de la SAQ. Le SPTP-SAQ est affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Pour plus d’informations sur les succès de la SAQ, visitez le www.saqnotrefierte.com.

Rouges et blancs, au pays de l’or noir

 

Le gouvernement crée beaucoup d’incertitude

Le plan d’action numérique en éducation et en enseignement du gouvernement est à peine dévoilé qu’il soulève déjà plusieurs questions pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et ses fédérations membres. Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants (FNEEQ-CSN), la Fédération des profesionnèles (FP-CSN) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), le plan de plus de 80 pages apporte bien peu de précisions et contribue surtout à créer un climat d’incertitude pour les travailleuses et les travailleurs du milieu de l’éducation, et ce, quant à chacune des trois orientations.

« Le plan ne prévoit pas de comité directeur pour la mise en œuvre de ce vaste chantier, soulève Véronique de Sève, vice-présidente de la CSN. C’est le néant quant à l’intégration des partenaires dans l’élaboration de la stratégie, rien ne précise le rôle qu’ils devront jouer, quels objectifs ou axes doivent être développés par qui, dans quel ordre ou à quel moment. Bref, c’est un plan sans acteurs. Pour éviter un développement chaotique, nous réclamons la mise en place d’un comité incluant les représentantes et représentants des organisations syndicales et étudiantes. »

« D’entrée de jeu, on constate que le gouvernement mise sur la formation de tous les titres d’emploi, explique Sylvie Tremblay, vice-présidente-trésorière de la FEESP. C’est une bonne intention, mais il n’y a aucun détail concernant la mise en place de cette formation. Il n’y aucun calendrier prévu pour ces formations et nous savons déjà que les employé-es du milieu de l’éducation manquent de temps pour accomplir tous les volets de leur tâche. Impossible également de savoir qui donnera ces formations et si du personnel supplémentaire sera embauché pour les donner. Il en va de même pour la mise en place, le soutien technique et l’entretien. Il est important de ne pas recourir à des sous-traitants provenant du privé, et de plutôt privilégier la compétence du personnel du secteur public. »

« Concernant certains points plus précis du plan, le gouvernement souhaite mettre sur pied un campus virtuel et déployer davantage la formation à distance, remarque Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ. Il faut faire attention à ce que la formation virtuelle serve réellement à rendre l’éducation plus accessible sur le plan géographique et ne constitue pas une alternative « bon marché » à un enseignement en présentiel. En ce qui a trait au projet de campus virtuel, nous avons plusieurs craintes voulant que cette plateforme contribue à nourrir la concurrence entre les établissements, notamment par la course à la « clientèle » étudiante internationale. Nous craignons aussi une standardisation de la formation en enseignement supérieur. Les initiatives actuelles en formation à distance comportent aussi des écueils quant à la sous-traitance de l’enseignement, comme c’est le cas à la TÉLUQ. Le plan doit interdire ces dérives. »

« Nous sommes également préoccupés par la question de l’autonomie professionnelle, poursuit Louise Briand, vice-présidente de la FP. Il est impensable de mettre en place une stratégie qui aura des impacts potentiels sur la liberté académique, sur le droit d’auteur et sur la façon d’enseigner sans respecter la latitude qu’ont les professeurs. »

« Le gouvernement parle à plusieurs reprises du développement des compétences numériques, s’inquiète Véronique de Sève. Or, ces fameuses compétences ne sont jamais clairement définies, ce qui est particulier dans un plan qui touche l’éducation. On souhaite développer des compétences, sans savoir lesquelles. Nous craignons également que le programme mis en place pour le développement de ces compétences se fasse au détriment des autres matières enseignées. Il faut éviter de tomber dans un simple effet de mode qui répond aux impératifs des entreprises sans avoir de vision globale de l’éducation. »

« Ça fait maintenant quelques mois que le gouvernement délie les cordons de la bourse et annonce de grandes réformes et de grands chantiers. On sent bien que la campagne électorale est lancée officieusement. Voilà pourquoi nous ne lançons pas ces questions qu’au gouvernement, mais à tous les partis politiques. Nous souhaitons avoir l’heure juste et savoir où se situe chacun des partis quant au plan dans son ensemble et par rapport aux multiples questions qu’il soulève », conclut Véronique de Sève.

Sit-in pour dénoncer la surcharge de travail

Des travailleuses et travailleurs de tous les titres d’emploi du CHU Sainte-Justine tiennent un sit-in symbolique aujourd’hui pour dénoncer leur surcharge de travail permanente. Ces membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) proposent plusieurs solutions durables pour donner de l’appui au personnel de l’établissement et lui permettre d’assurer véritablement un haut niveau de qualité de services qui font la renommée de l’établissement auprès des enfants et des familles du Québec.

Personnel en détresse
Les salarié-es du CHU Sainte-Justine dénoncent la surcharge de travail qui entraîne une augmentation notable des cas d’épuisement et de détresse psychologique menant à une hausse marquée des arrêts de travail pour cause de santé et de sécurité.

« On n’en peut plus. Des solutions, il en existe. Avec plus de stabilité et de meilleures mesures de conciliation travail-famille, nous pouvons améliorer les choses. Il faut que nos gestionnaires comprennent qu’il faut retourner toutes les pierres dans la recherche de solutions », explique la présidente du Syndicat des professionnel-les en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine, Sophie Leclair.

« À la veille des élections, le gouvernement Couillard voudrait mettre derrière lui les années d’austérité qu’il nous a imposées. Cependant, les conséquences sur le terrain demeurent bien réelles. Il est responsable d’une grande part de cette situation, car il a obligé le CHU Sainte-Justine à comprimer son budget au point où la situation est maintenant intenable pour le personnel », poursuit le Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine, Simon Bouclin.

« Le CHU Sainte-Justine, c’est un joyau pour toutes les Québécoises et les Québécois. Pour nous, qui nous consacrons au quotidien corps et âme au mieux-être des enfants et de leur famille, c’est extrêmement frustrant de terminer notre journée de travail avec le sentiment qu’on n’a pas donné tout ce qu’on pouvait, du aux surcharges de travail et au manque de personnel, explique la présidente du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et services sociaux du Québec (STEPSQ-FP–CSN), Évelyne Crépeau.

« Ce que le personnel vit à Sainte-Justine est vécu un peu partout au Québec, rappelle la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), Dominique Daigneault. Le problème de rareté de main-d’œuvre touche tous les secteurs d’activité. Pour remettre notre réseau public sur les rails, il faudra impérativement valoriser davantage les emplois pour les rendre plus attrayants pour la relève, améliorer l’organisation du travail et favoriser la conciliation famille-travail. Pour la CSN, c’est une priorité! »

À propos de la CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération des professionnèles (FP–CSN) regroupent plus de 110 000 travailleuses et travailleurs du réseau public de santé et de services sociaux dont l’ensemble des plus de 4500 salarié-es du CHU Sainte-Justine.

 

Une politique qui ne répond pas aux attentes

La nouvelle politique de financement des universités déposée aujourd’hui par le gouvernement libéral ne permettra pas de répondre aux attentes. « La ministre responsable de l’enseignement supérieur a fait fi de nombreuses recommandations largement partagées par la communauté universitaire. Rappelons que les travaux ont été effectués dans la plus grande opacité » a déploré d’entrée de jeu, Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

La nouvelle formule de redistribution ne permettra pas de réduire la concurrence entre les établissements pour attirer davantage de clientèles. Le montant des subventions repose encore trop sur le nombre d’étudiants, sans compter l’apport financier que procurera l’effectif des étudiants internationaux. « Le sous-financement du réseau va continuer à accentuer les iniquités du modèle de financement », a précisé Mme De Sève. Une des faiblesses du financement basé sur le nombre d’étudiants équivalent à temps plein est qu’il ne tient pas compte des caractéristiques de l’effectif étudiant. « À cet effet, nous déplorons que les critères n’aient pas été modifiés pour mieux tenir compte des coûts associés aux services offerts aux étudiants à temps partiel, qui sont de plus en plus présents dans les universités ».

Du côté de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec, on s’oppose notamment à la libéralisation des droits de scolarité et à ce que les étudiantes et les étudiants internationaux permettent le désengagement de l’État dans le financement de l’enseignement supérieur. « Nous nous opposons à la déréglementation des droits de scolarité pour les étudiants internationaux qui sont plus que jamais perçus comme une source de financement additionnel. L’accueil d’étudiants internationaux doit s’inscrire dans une quête d’enrichissement culturel et intellectuel et non dans une vision utilitariste ou de désengagement financier de l’État » a précisé pour sa part Jean Murdock, président de la FNEEQ–CSN.

Pour sa part, la Fédération des professionnèles note que si certains éléments de la nouvelle politique apparaissent positifs, d’autres inquiètent. « Pour nous, le soutien accru aux établissements de petite taille et la réduction du nombre d’allocations spécifiques semblent intéressants. Toutefois, les mandats stratégiques qui permettront un financement basé sur l’atteinte de cibles convenues entre le gouvernement et les universités soulèvent, chez nous, des craintes. Cela ressemble étrangement à des contrats de performance qui orienteront la réalisation de la mission des universités et le développement des programmes » a conclut Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN.

À propos
Fondée en 1921, la CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’université.

La Fédération des professionnèles de la CSN compte plus de 8 000 membres, principalement dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation, notamment des professeurs et des professionnel-les d’université.