Aller simple assuré à l’urgence

Les organisations syndicales représentant les psychologues du réseau public de la santé et des services sociaux (l’APTS, la FP–CSN, la FSSS–CSN, le SQEES–FTQ et la CSQ), ainsi que diverses organisations de la société civile, tirent la sonnette d’alarme : l’abolition de la prime de rétention versée aux psychologues aggravera le problème d’accessibilité aux services psychologiques pour la population québécoise. Résultat : des gens vulnérables sont laissés sur le carreau, tandis que d’autres passent carrément par l’urgence pour recevoir des soins. Pour les organisations syndicales, le gouvernement n’a pas mesuré les conséquences de sa décision unilatérale sur l’attente aux urgences, l’alourdissement du fardeau des groupes communautaires, mais surtout sur les personnes les plus vulnérables de notre société.

Face au manque d’écoute du gouvernement, les psychologues se mobilisent aujourd’hui et demain devant divers établissements partout au Québec afin de sensibiliser la population sur les effets désastreux du retrait de la prime et inciter le gouvernement à changer de cap « Quand on regarde les conditions offertes dans le secteur privé, il est clair que c’est par conviction, par choix personnel, que les psychologues du réseau public y font carrière. Nous aurons un problème majeur si la situation se détériore au point où les jeunes psychologues, comme les plus expérimentés, jugeront les sacrifices trop importants pour travailler le secteur public », ont résumé les porte-parole des organisations syndicales aujourd’hui à l’occasion d’un rassemblement devant l’établissement Notre-Dame du CHUM. Étaient notamment présents : la vice-présidente de l’APTS, Martine Robert, le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley, la porte-parole de la FP–CSN et psychologue au CHU Sainte-Justine, Dominique Pallanca, ainsi que le vice-président de la CSQ, Pierre Jobin.

Rappelons que cette mesure de rétention, retirée le 30 mars dernier, avait pour objectif d’inciter les psychologues à demeurer dans le réseau public. Sans cette mesure, le gouvernement reconnaissait lui-même que les psychologues se tourneraient vers le privé, entraînant du même coup une inévitable baisse de l’accessibilité aux soins psychologiques publics et une importante perte d’expertise dans le réseau. Or, les problèmes d’accès aux services de psychologues sont déjà bien réels. Les conséquences sont majeures tant au niveau de la santé publique que de la gestion. Les personnes qui ne peuvent consulter un psychologue du réseau public au moment où elles en ont besoin peuvent voir leur santé mentale et physique se dégrader, ce qui entraîne toutes sortes de conséquences sociales, dont une augmentation de l’itinérance.

Unknown-11

Pour les organisations syndicales, le gouvernement cherche à réaliser des économies sur le dos des plus vulnérables. À long terme toutefois, cela coûtera plus cher, car les personnes qui ne peuvent recevoir les services de psychologues se tourneront vers les urgences des grands centres hospitaliers qui, on le sait, sont déjà surchargées.

Les groupes communautaires sous pression

Quelques représentants d’organismes d’aide ont pris la parole aux côtés des représentants syndicaux. Le coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreault, considère que l’accès à des services psychologiques dans le secteur public est essentiel. « Depuis plusieurs années, nous plaidons pour qu’on agisse en amont. La prévention demeure le meilleur moyen afin de venir en aide aux personnes itinérantes. Déjà, l’accueil et les services offerts dans le réseau de la santé et des services sociaux sont déficients et malheureusement souvent mal adaptés aux défis particuliers que représente cette population marginalisée. L’accessibilité aux services publics est névralgique ».

De son côté, le Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale de l’île de Montréal (RACOR) déplore que les politiques d’austérité du gouvernement prennent encore une fois pour cible des personnes parmi les plus vulnérables. « L’austérité, en santé mentale, cela veut dire plus de gens en détresse! On entend moins parler des listes d’attente en santé mentale et pourtant elles sont bien réelles, tout comme leurs conséquences pour les personnes à la recherche d’aide. Le réseau public ne peut miser uniquement sur la médicalisation des problèmes de santé mentale; les services de psychologie doivent faire partie des réponses offertes. Ces coupes entraînent également un alourdissement pour les organismes communautaires qui n’ont pas les ressources nécessaires pour répondre adéquatement aux demandes », explique la directrice générale du réseau, Julie Nicolas.

 

Quand austérité et protection de la jeunesse ne font pas bon ménage

C’est ce lundi, le 15 juin que les DPJ ont dévoilé leur bilan annuel, lequel révèle une hausse de 5 % des signalements pour l’année 2014-2015. Depuis l’adoption de la loi sur la protection de la jeunesse en 1979, les signalements ont fait un bond de 189 %. La vaste majorité de ces cas concerne des abus physiques ou des négligences. La CSN s’inquiète de ces résultats alarmants, surtout en considérant les nombreuses compressions auxquelles sont soumis les différents organismes et services chargés d’aider ces jeunes vulnérables.

Les Centres jeunesse : faire plus, avec moins !

Ces hausses de signalements se répercutent en effet par une augmentation de la fréquentation des Centres jeunesse. Or ceux-ci ont été soumis à de nombreuses compressions budgétaires au cours des dernières années, de plus de 50 millions de dollars au cours des quatre dernières années. Le budget actuel fait état d’un accroissement de seulement 0,8 %, donc en deçà de l’inflation et de la hausse naturelle des coûts. Les compressions des dernières années ont eu pour conséquence d’augmenter la charge de travail des intervenants et intervenantes, qui peinent de plus en plus à maintenir le niveau de services aux jeunes vulnérables. « Nous dénonçons depuis plusieurs années les conséquences des compressions budgétaires dans les Centres jeunesse. Ces coupes interviennent alors que les taux de signalement augmentent sans cesse. On ne peut demander constamment aux travailleuses et travailleurs de traiter plus de cas avec moins de moyens. À force de couper, le gouvernement Couillard compromet l’avenir des jeunes vulnérables », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN,) abonde dans le même sens : « Dans le seul but d’économiser, certains centres jeunesse abolissent des postes de professionnels qui viennent en aide aux jeunes en difficulté. Ceci provoque une perte d’expertise et d’expérience pour des tâches névralgiques, comme le triage des signalements en première ligne. Le travail de ces salarié-es est par la suite effectué par moins de personnes disposant de moins de formation et de moins d’expérience, ce qui ne favorise pas un climat de stabilité dans les centres d’hébergement pour des jeunes ayant souvent vécu des situations traumatisantes. »

Lutter contre la pauvreté pour réduire la vulnérabilité des jeunes

La CSN se réjouit des déclarations de Michèle Dionne, la porte-parole des DPJ, à l’effet qu’il faut lutter contre la pauvreté pour agir contre la maltraitance. Malheureusement, le gouvernement Couillard ne fait preuve d’aucune compassion. Coupes à l’aide sociale, coupes en éducation et en santé, diminution du nombre de logements sociaux, augmentation des tarifs de toutes sortes, notamment des services de garde, autant de mesures imposées par le gouvernement actuel qui contribuent à accroître la pauvreté. En ce sens, les annonces de Philippe Couillard lors du congrès du Parti libéral de la fin de semaine dernière n’ont rien de rassurant : « Il est grand temps que le gouvernement comprenne que ses mesures d’austérité ont des conséquences directes et tangibles sur la population », affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN. C’est bien beau de prétendre que les compressions n’ont pas d’impact sur la population, mais au-delà de cette pensée magique, il y a la réalité et dans cette réalité : protection de la jeunesse et austérité ne font pas bon ménage ! » poursuit-il.

À propos

La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont ceux de la santé et des services sociaux.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La CSN rejette les offres du gouvernement

Les quatre fédérations du secteur public de la CSN rejettent les offres du gouvernement déposées dans le cadre du renouvellement des conventions collectives des employé-es des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux.

Après six mois de négociation, les comités patronaux ont enfin commencé à clarifier, au cours des derniers jours, la nature réelle de leurs demandes en déposant de nouveaux cahiers de négociation. « En amorçant cette négociation, nous avons soulevé au gouvernement d’importantes préoccupations, notamment en rapport aux problèmes de rareté et de pénurie de main-d’œuvre dans nos réseaux publics, indique la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque. Mais plutôt que de répondre aux problèmes que nous avons identifiés, le gouvernement propose des mesures qui vont inévitablement les exacerber. »

« Plutôt que de chercher l’adhésion de ses salarié-es aux importantes restructurations qu’il impose, le gouvernement souhaite s’attaquer à leurs conditions de travail pour faire en sorte qu’il puisse les faire travailler là où il veut, quand il le veut et de la façon qu’il le veut, poursuit Madame Lévesque. Il voudrait forcer les gens à se déplacer à des centaines de kilomètres de leur lieu de travail actuel, sans quoi ils pourraient être considérés comme démissionnaires. Il voudrait imposer unilatéralement des horaires atypiques, voire des semaines de travail sur plus de cinq jours. Alors que 75 % des emplois des services publics sont occupés par des femmes, ces changements iraient complètement à l’encontre de la conciliation famille-travail. »

En déposant leurs demandes à l’automne dernier, les fédérations du secteur public affiliées à la CSN avaient identifié quatre priorités pour améliorer la capacité d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre, la qualité de vie au travail et l’efficacité des réseaux publics : mettre un terme à la sous-traitance, réduire la précarité d’emploi, protéger l’autonomie professionnelle des employés et bonifier les mesures de conciliation famille-travail-études. Pour la CSN, d’importantes économies et des gains d’efficience concrets sont à la portée du gouvernement :

« Non seulement le gouvernement refuse de répondre à nos demandes, mais il aborde les problèmes complètement à l’envers, déplore la vice-présidente de la CSN. Les pénuries de main-d’œuvre provoquent un surplus d’heures supplémentaires et des excédents de coûts? Pas de problème, nous dit le gouvernement, on va abolir le paiement des heures supplémentaires après un quart normal de travail. On manque de personnel pendant l’été? On n’a qu’à empêcher le monde de prendre leurs vacances! Ce sont des mesures qui nous ramènent 30 ans en arrière. On a de la difficulté à trouver du personnel dans certains secteurs? Abolissons les primes instaurées pour répondre à ces situations particulières! Le gouvernement va tellement écœurer le monde que plus personne ne voudra travailler dans les services publics. Est-ce vraiment ça qu’il veut? »

« Le gouvernement est-il vraiment prêt à négocier sérieusement? Son comportement aux différentes tables de négociation nous apparaît très préoccupant » signale Francine Lévesque.

À propos

La CSN regroupe plus de 325 000 travailleuses, dont 170 000 œuvrent dans les réseaux publics de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux. Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.

Le Front commun demande l’intervention du médiateur

Le Front commun a interpellé aujourd’hui le ministre du Travail, Sam Hamad, afin qu’il nomme un médiateur pour tenter de dénouer les nombreuses impasses qui subsistent dans le cadre des négociations du secteur public.

« Après six mois de discussion, force est de constater le peu de marge de manœuvre accordée par le gouvernement à ses négociateurs, déplore Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Le gouvernement souhaite conditionner les discussions sur les salaires à des éléments qui sont à l’extérieur du cadre des négociations, notamment en matière d’équité salariale et de règlement des plaintes de maintien de l’équité. Or, ce n’est pas à la table centrale qu’on règle ces plaintes, mais bien devant la Commission de l’équité salariale : la loi prévoit une procédure précise et objective pour apporter les modifications nécessaires. Alors qu’on célèbre cette semaine le 20 e anniversaire de la marche  Du pain et des roses, alors que le secteur public est composé à 75 % de femmes, il est plutôt décevant de constater que le gouvernement ignore l’une de nos priorités, soit de mettre un terme au retard salarial des employés de l’État par rapport aux autres travailleurs québécois. »

Le président de la FTQ,  Daniel Boyer, s’inquiète de la lenteur des travaux aux différentes tables sectorielles de négociation. « Nous avons fait nos travaux, nous avons déposé nos demandes dans les délais prescrits et nous les avons ciblées afin d’améliorer l’organisation du travail et résoudre les problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur public. De leur côté, les comités patronaux de négociation ont déposé des textes plutôt flous et plusieurs d’entre eux refusaient de clarifier leurs demandes. C’est assez difficile de négocier quand on ignore ce que l’autre partie veut! Nous avons dû intervenir auprès du négociateur en chef du gouvernement,  Maurice Charlebois, pour que les comités patronaux nous déposent de nouveaux cahiers, avec des demandes précises, il y a à peine une semaine. Nos équipes les étudient actuellement pour voir s’ils contiennent de réels espaces de négociation. »

« Devant la lenteur des travaux, nous sommes d’avis que l’intervention d’un tiers, indépendant, pourrait aider les parties à progresser dans leurs discussions, estime  Lucie Martineau, porte-parole du SISP. La loi qui encadre les négociations du secteur public prévoit une période de médiation obligatoire avant l’obtention du droit de grève. Mais nous ne voulons pas d’un passage obligé, nous voulons un réel exercice de médiation. Nous réitérons que notre objectif premier est l’obtention de bonnes conventions collectives négociées. Parallèlement, nous poursuivons nos consultations en vue d’une grève à l’automne, et ce, en fonction de l’état des travaux aux tables de négociation. La grève n’est pas un objectif en soi, mais bien un moyen pour augmenter notre rapport de force. Nous voulons être prêts dès cet automne, si nécessaire, à exercer des moyens plus lourds pouvant aller jusqu’à la grève. »

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.

Des édifices passent avant les jeunes vulnérables

Le Syndicat des professionnèles, des techniciennes et des techniciens de l’Outaouais (SPTO-FP-CSN) dénonce fermement l’orientation des Centres jeunesse de l’Outaouais qui coupent des services aux jeunes vulnérables pour se donner les moyens de financer de nouveaux bâtiments.

La direction a notamment supprimé un poste de psychoéducateur et sept postes d’agents en relations humaines responsables de première ligne, et donc en charge de donner suite aux nombreux signalements de jeunes en détresse. « C’est une perte énorme d’expertise à des postes névralgiques pour les jeunes », affirme Martin Leblanc, président du SPTO-FP-CSN, qui rappelle que les Centres jeunesse de l’Outaouais subissent une 3e année de coupes budgétaires pour un total de 2 M$.

« C’est d’autant plus choquant que l’administration a réussi à mettre 4,1 M$ de côté, alors même qu’elle diminuait la qualité des services », ajoute Martin Leblanc, qui attribue cette double manœuvre à la volonté de la direction de construire de nouveaux bâtiments sans avoir de budgets spécifiques pour le faire. Ces nouveaux locaux amélioreraient les conditions d’hébergement des jeunes, mais le SPTO estime qu’il ne faut pas les financer au détriment des services actuels. « Il est déplorable que le centre jeunesse se prive des professionnels les plus qualifiés dans chacun des secteurs d’intervention pour faire des économies sur le dos des jeunes », insiste Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

L’absence du psychoéducateur, le dernier qui était en poste, fait en sorte que les éducateurs ou les agents d’intervention n’ont plus d’expert à consulter dans les situations de violence entre les jeunes, de jeunes qui se font violence eux-mêmes ou qui s’en prennent au personnel. Cette perte est d’autant plus cruciale que le remplacement, au cours des dernières années, de plusieurs éducateurs par des agents d’intervention est venu diminuer l’expertise terrain dans ce type de situations. Sans surprise, le personnel constate une augmentation significative de la violence dans les centres d’hébergement depuis trois ou quatre ans.

Équité régionale

« Il est irresponsable de risquer l’avenir de jeunes de l’Outaouais parce que le gouvernement refuse de consacrer les fonds nécessaires à mettre les centres jeunesse de la région à niveau avec ceux d’autres régions du Québec », affirme Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN).

À propos

La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont ceux de la santé et services sociaux. Le Syndicat des professionnèles, des techniciennes et des techniciens de l’Outaouais (FP-CSN) SPTO-FP-CSN représente près de 400 membres. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais regroupe plus de 10 000 membres et près de 70 syndicats sur tout le territoire de la région.

Le plan libéral en quatre projets de loi

PL-10 : Les mammouths

Adopté au petit matin le 6 février dernier à la suite de 15 heures de débat conclu par un bâillon, le projet de loi 10 est l’œuvre maîtresse du ministre de la Santé Gaétan Barrette. Intitulé Loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales, le projet de loi prévoit, entre autres, l’abolition des agences régionales et la création des nouveaux centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Pour le ministre, le PL-10 viendrait améliorer et simplifier l’accès aux soins et aux services grâce à l’abolition d’un palier « administratif » — les agences — et permettrait l’économie de 220 millions de dollars, sur un budget total d’environ 31 milliards de dollars. Ces compressions cadrent bien avec l’atteinte du déficit zéro, l’objectif ultime des libéraux. Selon ses prédictions, seulement 1300 cadres perdraient leur emploi au terme de l’exercice. En plus d’une diminution marquée du nombre de conseils d’administration, qui passent de 200 à une vingtaine, le projet de loi abolit la vaste majorité des CSSS.

Les critiques fusent de toutes parts. Pour la CSN, la FP-CSN et la FSSS-CSN, mais aussi pour l’ensemble des acteurs du réseau, les nouveaux CISSS et CIUSSS (centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux), rebaptisés « structures mammouths », viendront alourdir et complexifier inutilement l’organisation et l’accès aux soins et aux services. La création des CISSS et des CIUSSS aura aussi pour effet de concentrer entre les mains de quelques personnes les prises de décisions ayant un effet sur l’ensemble du réseau. Plusieurs craignent l’accélération d’une approche hospitalo- centriste, déjà dominante, où l’hôpital gobe une trop grande part du budget des nouveaux CISSS, en particulier la part dévolue aux services sociaux (notons que tous les CISSS chapeautent au moins un centre hospitalier).

Mais une des critiques les plus virulentes à l’égard du PL-10 concerne les pouvoirs démesurés que s’octroie le ministre, du jamais vu ! En effet, Gaétan Barrette se donne un droit de regard sur la composition des conseils d’administration tout en se permettant une ingérence sans retenue sur la nomination des dirigeantes et des dirigeants des différents établissements. En pleine controverse au CHUM, où le ministre veut imposer son « homme » à la tête du département de chirurgie, les allégations d’abus de pouvoir sont légion.

PL-15 : L’austérité à son sommet

Le projet de loi 15, intitulé Loi sur la gestion et le contrôle des effectifs des ministères, des organismes et des réseaux du secteur public ainsi que des sociétés d’État, est déposé par Martin Coiteux, président du Conseil du trésor, en octobre 2014. Il est adopté deux mois plus tard, à la fin de la session. L’objectif est de contrôler la taille des effectifs des ministères, des organismes, des réseaux de la santé et de l’éducation, de même que des sociétés d’État. Les commissions scolaires, les cégeps et les composantes de l’Université du Québec, de même que la Caisse de dépôt et placement du Québec sont visés.

Le PL-15 se veut un outil législatif pour limi­ter de façon coercitive la croissance des effectifs de l’État, ce qui devrait permettre, selon Martin Coiteux, une économie de l’ordre d’un demi-milliard de dollars. À ce frein imposé à la croissance des effectifs s’ajoute un gel d’embauche dans le secteur public. L’austérité à son sommet, avec ses effets sur les services.

De façon unanime, les syndicats et les observateurs y voient une volonté d’augmenter le contrôle et l’emprise du gouvernement sur les sociétés d’État. En limitant sa croissance et en empêchant l’embauche, il ne fait aucun doute que le gouvernement souhaite en secret affaiblir l’État et le rôle privilégié qu’il joue au Québec depuis plus de 50 ans. Une fois les réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, mais aussi l’ensemble des sociétés d’État affaiblis, la porte s’ouvrira d’elle-même à la privatisation.

PL-20 : Des quotas, puis une entente

Déposé en novembre dernier et toujours en attente d’adoption, le projet de loi 20 avait au départ pour principal objectif d’imposer des quotas aux médecins. Pour Gaétan Barrette, l’auteur du projet de loi, le PL-10 organise les soins, alors que le PL-20 augmente les soins. À eux seuls, ces deux projets de loi viendraient, toujours selon lui, régler les problèmes du réseau de la santé. Intitulé Loi édictant la Loi favorisant l’accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée, le PL-20 dit avoir pour objectif l’amélioration de l’accès aux soins.

Au moment de son dépôt, le projet de loi imposait aux médecins de famille des quotas qu’ils devaient respecter sous peine de sanctions financières pouvant aller jusqu’à 30 % de leur rémunération.

Mais à la fin du mois de mai, coup de théâtre. Gaétan Barrette et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) s’entendent. Les médecins de famille n’auront pas à respecter de quotas. En échange, ils doivent s’engager à ce que 85 % des Québécois et des Québécoises aient accès à un médecin de famille, d’ici le 31 décembre 2017. Si cet objectif est atteint, le PL-20 ne s’appliquera pas aux membres de la FMOQ. Le ministre de la Santé qualifie l’entente d’historique.

PL-28 : La méthode Harper

Adopté à toute vitesse sous le bâillon le 20 avril dernier, le PL-28, intitulé Loi concernant principalement la mise en œuvre de certaines dispositions du discours sur le budget du 4 juin 2014 et visant le retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016 compte rien de moins que 337 articles.

Véritable fourre-tout présenté par le ministre des Finances Carlos Leitão, cette loi touche entre autres aux tarifs des services de garde, en introduisant des hausses qui feraient grimper les frais jusqu’à 20 $ par jour pour les familles plus fortunées. Elle officialise l’abolition de deux structures municipales d’importance, les centres locaux de développement (CLD) et les conférences régionales des élus (CRÉ). Elle fixe les tarifs demandés par les pharmaciens, entraînant des baisses d’honoraires de 177 millions et fait passer de 100 millions à 500 millions de dollars par année les sommes virées au controversé Fonds des générations.

Malgré l’ampleur du projet de loi, il aura fallu seulement une dizaine d’heures de débat avant que le gouvernement de Philippe Couillard ne juge qu’il soit mûr pour l’adoption en chambre. À l’unanimité, les partis d’opposition, les syndicats et l’ensemble des observateurs ont dénoncé cette méthode trop souvent utilisée par les conservateurs de Stephen Harper. En choisissant délibérément d’inclure dans le PL-28 des politiques qui vont dans toutes les directions, les libéraux tentent de minimiser une décision majeure, celle de toucher aux tarifs des services de garde. Choix collectif ayant une incidence majeure sur la société, les services de garde voient leur accessibilité réduite de manière importante pour une première fois depuis leur création.

Privatisation insidieuse

Le projet de loi 28, tout comme le 10, le 20 et le 15 n’ont dans les faits qu’un seul réel objectif, celui d’ouvrir la porte à la privatisation et à la tarification. De manière insidieuse, en diminuant l’offre, en haussant les tarifs, en affaiblissant l’autonomie des établissements, et en dévaluant le travail des employé-es de l’État, ce gouvernement met en place les conditions idéales pour justifier la pertinence de l’entreprise privée dans les maillons de l’État social québécois.


Quelle analyse faire de ces projets de loi ?

Perspectives CSN a rencontré le vice-président de la CSN Jean Lacharité ainsi que Jeff Begley et Michel Tremblay, respectivement présidents de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).


L’histoire de deux hommes

Jean Lacharité, vice-président de la CSN

Quelle est la position de la CSN à propos des projets de loi 10, 15, 20 et 28 ?

La CSN s’oppose totalement à ces lois qui remettent en question les acquis sociaux dont s’est doté le Québec depuis la Révolution tranquille.

Qui mène au gouvernement ?

Le gouvernement libéral est l’histoire de deux hommes. Philippe Couillard et Martin Coiteux, bien que certains autres membres jouent un certain rôle, ont un certain poids. Les autres membres du gouvernement ont l’air de sous-ministres. D’ailleurs, le premier ministre laisse beaucoup de place à Martin Coiteux. On a presque l’impression qu’il se cache. Ce que ça dénote, c’est que Coiteux a l’aval complet de son premier ministre pour prendre les devants de la sorte.

Quels sont les objectifs des libéraux ?

La réponse est simple : une remise en question complète du modèle québécois tel qu’on le connaît. C’est-à-dire où l’État joue un rôle social important, même fondamental. À titre d’exemple, avec le projet de loi 10, on crée des structures mammouths. Ces dernières, accompagnées de coupes budgétaires, remettent en cause le panier de services publics.

Même chose avec le projet de loi 15 qui vise la réduction du nombre de fonctionnaires. Mais pas seulement dans la fonction publique. Les employé-es de l’État, en santé, en éducation et dans les organismes gouvernementaux, comme la CSST, sont aussi touchés. Le gouvernement prétend qu’il ne s’adresse qu’aux structures sans toucher aux services, mais c’est totalement faux !

D’où vient cette vision néolibérale et quelles en seront les conséquences ?

Le grand manitou, c’est Martin Coiteux. C’est un idéologue dogmatique de droite qui veut réduire le rôle de l’État. Ce ne sont pas seulement les fonctionnaires et autres employé-es de l’État qui vont en payer le prix, mais bel et bien tous les Québécois, toutes les Québécoises, tous les payeurs d’impôts. Que se passera-t-il quand le réseau public ne livrera plus la marchandise ? On se fera dire « faut aller vers le privé ». Car le réel objectif du gouvernement est d’ouvrir au privé. Les citoyens et les citoyennes vont devoir puiser dans leurs poches pour recevoir ces services. On nous offre des réductions minimes de taxes et d’impôts. Mais ce n’est rien comparé à ce que nous devrons payer pour nous assurer des services. Aux États-Unis par exemple, ça peut coûter entre 15 000 $ et 20 000 $ par année pour une simple assurance maladie.

Nous sommes mieux protégés en payant nos taxes et nos impôts pour nous payer les services dont on a besoin que si nous étions à la merci de l’entreprise privée, dont l’objectif est avant tout le profit.

Que propose la CSN pour combattre cette idéologie ?

Il faut d’abord et avant tout prendre conscience du dégât qu’est en train de faire le gouvernement. Ensuite, il faut nous mobiliser. Prendre la rue, être présents aux manifestations, aux rassemblements de masse. Montrer qu’on s’oppose à l’entreprise de démolition qui est en train de se profiler.

Y a-t-il une similitude entre les conservateurs et les libéraux du Québec ?

Tout à fait. Au Québec, on n’aime pas Stephen Harper et on a pu le constater lors des élections. Il faut se rendre compte que le PLQ propose une harperisation intensifiée du Québec. Le PLQ est devenu aussi conservateur que le PC à Ottawa. L’idéologie est la même, réduire considérablement le rôle de l’État. Rappelons-nous la fameuse réingénierie de l’État proposée par Jean Charest entre 2003 et 2005. Nous avions réussi à freiner ses ardeurs — même s’il y a eu certains dégâts — grâce à notre mobilisation. La CSN avait réussi. Le PLQ d’aujourd’hui tente d’achever l’œuvre de Jean Charest et de Monique Jérôme-Forget. Nous aussi nous continuerons notre œuvre : nous appelons l’ensemble des Québécois et des Québécoises à se tenir debout et à démontrer leur opposition à ce projet dévastateur.


Le sabotage des services de garde

Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux

Parmi les quatre projets de loi déposés par les libéraux, quel est le plus dommageable ?

Ils sont tous dommageables. Mais le PL 28, qui touche entre autres à la hausse des frais des services de garde, est particulièrement représentatif, car il est le parfait exemple des réelles intentions du gouvernement : ouvrir au privé en prétextant l’inefficacité des services… inefficacité qu’il a lui-même délibérément créée. Prenons les services de garde. Avant leur création en 1996, il pouvait en coûter 30 $ par jour pour envoyer son enfant à la garderie. Ces dernières avaient de hauts taux d’inoccupation. Les cégeps songeaient à réduire leur formation en la matière. Lentement, mais sûrement, les gens se sont mobilisés ; les parents, mais aussi la communauté. Devant l’immense pression populaire, Pauline Marois a créé les centres de la petite enfance (CPE). Sans mobilisation, elle n’aurait rien fait. Rapidement, la demande a explosé. Les services de garde ont reçu un appui populaire impressionnant, les gens étaient emballés. Les CPE ont eu comme impact de pousser les femmes vers le marché du travail. Celles qui y étaient déjà n’avaient plus à travailler la moitié de leur journée pour payer la garderie. C’était accessible et socialement payant. Mais la suite des choses s’est avérée vraiment décevante.

Comment les choses ont-elles évolué ?

Pendant les 20 ans qui ont suivi la création des CPE, l’offre mise de l’avant par les gouvernements successifs n’a jamais réussi à répondre à la demande. Les listes d’attente sont devenues de plus en plus longues. Puis, en 2003, on a mis fin à l’augmentation de l’offre. C’est ce que j’appelle une opération de sabotage. Il faut préciser qu’en même temps qu’on laisse stagner les places intentionnellement, les effets du Régime québécois d’assurance parentale se sont fait sentir : on assiste à une augmentation significative du nombre de naissances au Québec. Le manque de places a eu pour effet de créer de la grogne chez les gens. Le réseau est alors devenu dans la tête de plusieurs mécontents, inefficace. Les perceptions ont changé, et c’était ce que voulaient les libéraux. Il faut dire que depuis le début, le PLQ était contre le programme universel de service de garde.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui, devant la supposée inefficacité du réseau des services de garde, les libéraux nous disent qu’ils n’ont pas d’argent pour le financer. Pourtant, on sait que pour chaque dollar investi, c’est 1,50 $ qui revient au gouvernement. Il faut dire que les CPE permettent à plus de femmes de travailler, c’est donc plus de gens qui paient de l’impôt. Ça, c’est pour les bénéfices économiques. Mais il y a aussi des bénéfices sociaux non négligeables. Les enfants qui fréquentent les services de garde sont encadrés, stimulés rapidement, ils socialisent, etc.

Nous ne devons pas laisser faire les libéraux. Car sinon, on va payer cher. Très cher. L’augmentation des coûts pour les familles va dépasser cent fois le remboursement d’impôt qu’on nous promet. Il faut appuyer les membres qui sortent dans la rue. Mais il faut aussi que les gens « ordinaires », qui n’utilisent pas nécessairement les services de garde, sortent pour appuyer la cause. Comme en 2012.


L’illogique PL 10

Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles

Quels sont les effets concrets des projets de loi des libéraux en santé, particulièrement les 10 et 15 ?

Prenons le PL 15 pour commencer. Depuis son adoption, il n’y a plus d’affichage de postes possible, à moins d’avoir la permission directe du Conseil du trésor, dirigé de main de fer par Martin Coiteux. C’est exactement le genre de contrôle que Monique Jérôme-Forget souhaitait du temps qu’elle en était la présidente. Dans ce contexte, disons… contraignant, la loi 10 entre aussi en vigueur. Il faut savoir que le projet de loi a été écrit par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette lui-même, et sa garde rapprochée. Approche plutôt rare, puisque les fonctionnaires sont souvent mis à contribution dans ce genre de mandat.

La loi 10 est en fait une étape importante dans la transformation que souhaite imposer le ministre Barrette au réseau de la santé et des services sociaux. Dans la tête du ministre, d’ici cinq ans, les effectifs du réseau seront largement réduits et, parallèlement, le financement des activités médicales en fonction des actes posés sera augmenté. Pour arriver à cette fin, on réduit de 30 % le budget dédié à la santé, ce qui ouvrira obligatoirement la porte au privé.

Quel sera l’impact de l’abolition des agences de santé et de services sociaux ?

Au 31 mars dernier, 15 % du personnel d’agence ont perdu leur poste à cause du de la loi 10. Cette décision a créé toutes sortes de situations aberrantes. Prenons l’agence de Montréal par exemple. Le 1er avril, quatre postes d’agents de planification, de programmation et de recherche (APPR) ont été transférés au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine. Les APPR possèdent une spécialisation en santé publique et détiennent souvent un doctorat en la matière. Rien à voir avec les services offerts au CHU Sainte-Justine, où il n’y avait pas d’APPR parce qu’il n’en avait pas besoin. La direction de Sainte-Justine, qui doit accueillir ces professionnel-les en raison de leur ancienneté, devra probablement les garder à ne rien faire… et, du même coup, comme le transfert n’est pas accompagné de budget, elle devra vraisemblablement mettre quatre personnes à pied, des psychologues qui travaillaient déjà auprès d’enfants, par exemple. Ici, on est perdant sur toute la ligne : quatre psychologues ne donnent plus de services aux patients de Sainte-Justine, et quatre APPR ne peuvent plus mettre leur expérience à contribution et travailler en prévention.

Quel sera l’impact sur la vie syndicale de toutes ces fusions d’établissements ?

C’est certain qu’avec sa loi 10, le gouvernement souhaite aussi complexifier le fonctionnement de la vie syndicale. Ce n’est pas l’objectif premier, mais disons que ça ne déplaît pas au gouvernement.

Un mot sur le PL 28 ?

C’est un projet de loi aberrant. Le cas des conférences régionales des élus, les fameux CRÉ, en est un bel exemple. Au moment de son dépôt, le PL 28 venait abolir les CRÉ, tout en empêchant les travailleurs d’avoir recours à l’article 45 du Code du travail, qui prévoit que le changement d’employeur par vente ou concession totale ou partielle d’une entreprise n’invalide pas l’accréditation syndicale et, s’il en existe une, la convention collective. Donc, pas de transfert possible pour ces travailleurs, puisque leur accréditation ne tient plus. Il y a finalement eu un amendement à la dernière minute. Alors qu’on espérait un assouplissement du ministre, il a plutôt opté pour la ligne dure et décidé d’étendre la mesure aux employé-es des centres locaux de développement, les CLD, et aux corporations de développement économique communautaire, les CDEC.

Les femmes de Lanaudière sont les principales victimes

Les coupes budgétaires, seulement en santé et services sociaux, ont atteint 13,5 M$ en 2014-2015 pour l’ensemble de Lanaudière. Les mauvaises nouvelles ne sont par ailleurs pas terminées puisque le dernier budget Leitao prévoit une augmentation de l’enveloppe du ministère de seulement 1,4 % qui sera accaparé en majorité par la hausse salariale déjà négociée avec les médecins.

« Les femmes sont les premières visées par ces compressions puisqu’elles occupent la grande majorité des emplois salariés dans le réseau de la santé et des services sociaux et qu’elles subissent aussi les baisses de services comme citoyennes », avance Francine Ranger, présidente du Conseil central de Lanaudière – CSN. La présidente ajoute que Lanaudière faisait déjà partie des trois régions où il manque le plus de ressources en santé et services sociaux au Québec. Si l’on se compare à la dépense de référence, on constate en effet un retard de 4,7 % en dépenses dans les programmes de santé et services sociaux en 2014-2015. Alors qu’il faudrait un rattrapage, le gouvernement compresse encore.

« Les impacts de coupes budgétaires dans les services de santé et d’éducation peuvent toucher davantage les femmes que les hommes lorsque des services publics ne sont plus offerts. Les rôles sociaux sont encore largement découpés selon les sexes et les femmes sont en effet plus souvent responsables des tâches entourant les soins aux autres dans la sphère privée », fait valoir Flavie Trudel, militante de la CSN dans Lanaudière et enseignante au cégep régional. Cette dernière a recensé plusieurs coupes récentes du gouvernement Couillard qui touchent particulièrement les femmes : abolition de la CRÉ (19 des 22 employés étaient des femmes), hausse des tarifs des CPE qui peut se traduire par la décision de plusieurs femmes (plus bas salaire du couple ou rôle plus rattaché aux enfants) de quitter leur emploi, réduction des effectifs au niveau du Conseil du statut de la femme, coupe dans les commissions scolaires, dans l’aide aux devoirs et dans les programmes des groupes communautaires (dont ceux qui s’occupent des victimes de violence conjugale), etc.

Coup dur pour la prévention en santé

Les femmes et toute la population seront également affectées par le démantèlement aveugle de l’instance chargée de la santé et services sociaux. L’abolition de l’Agence régionale de la santé de Lanaudière, combinée à une coupe de 30 % du budget consacré à la santé publique cette année, ne feront rien pour améliorer les mesures de prévention en santé. Or, la prévention est le moyen le moins coûteux de désengorger les urgences et la première ligne de soins.

« La fin des agences donne lieu à des aberrations dans Lanaudière. Par exemple, on replace une sociologue de formation spécialisée depuis plusieurs années dans la planification régionale des services en santé mentale comme intervenante auprès de jeunes ayant fait des tentatives de suicide. La réforme Barrette vise plus à créer d’immenses structures centralisées qu’à aider les usagers », indique Louise Lemire, présidente de la section locale du Syndicat des technicien-nes et des professionnel-les de la santé et des services sociaux du Québec-STEPSSSQ (FP-CSN), affilié à la Fédération des professionnèles (FP-CSN). Le STEPSSSQ tient d’ailleurs son conseil syndical provincial à Joliette aujourd’hui et demain.

À propos

Le Conseil central de Lanaudière – CSN regroupe les syndicats CSN sur le territoire de Lanaudière. Il représente 84 syndicats et plus de 14 000 membres dans tous les secteurs d’activité, dont 8 syndicats dans le transport scolaire (400 membres). La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont ceux de la santé et services sociaux et du développement régional et local (CLD, CRÉ, et CDEC). Le STEPSSSQ (FP-CSN) représente 2 400 techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux œuvrant dans différentes missions : Centre hospitalier universitaire, CSSS, Centres de réadaptation et (ex) Agences de la santé et des services sociaux. Ses membres sont originaires de 12 établissements du réseau répartis dans 6 régions du Québec.

Les impacts de l’austérité dénoncés

Les travailleuses et travailleurs du CSSS Champlain-Charles-Le Moyne ont dénoncé une fois de plus ce midi l’impact des mesures d’austérité en santé et services sociaux. Cette manifestation s’inscrit dans une série d’actions menées par les syndicats de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) pour démontrer que le gouvernement Couillard affaiblit actuellement le réseau public, sans nous donner de moyens de lutter contre la hausse des inégalités sociales.

Le démantèlement de nos services publics est en cours

Les compressions budgétaires frappent de plein fouet les services à la population dans le réseau de santé et de services sociaux. Pour l’année à venir, c’est plus de 500 millions de dollars de compressions qui seront imposées aux établissements. Au CSSS Champlain-Charles-Le Moyne, les compressions ont déjà des effets directs sur les services, notamment sur les soins d’assistance aux personnes en perte d’autonomie, sur les interventions liées aux maladies infectieuses et sur le déplacement des usagers.

« En plus de participer à plusieurs manifestations, nous avons aussi voulu nous adresser directement à la population. C’est pourquoi nous avons fait paraître des articles sur les impacts de l’austérité. Face à l’arrogance du gouvernement Couillard, il faut faire entendre un contre-discours. Contrairement à ce que les citoyennes et citoyens pourraient croire, ils sont les premiers perdants face à l’austérité. Que ferons-nous si nos services publics sont privatisés et que nous n’avons pas tous les moyens de payer? Est-ce qu’il faut attendre que l’accès aux soins de santé et de services soit réduit davantage avant d’agir? Devrons-nous bientôt changer la carte soleil pour la carte de crédit? », demande Jean Mercier, président du syndicat CSN du CSSS Champlain-Charles-Le Moyne.

« Derrière les chiffres des compressions budgétaires, ce sont les services que nous recevons comme population qui sont touchés! Ce sont les citoyennes et citoyens qui sont les premières victimes de ces mesures d’austérité. Nous devons attendre plus longtemps pour obtenir les services, quand ce n’est pas des services qui sont supprimés. Et plutôt que de s’occuper de cela, l’ensemble des intervenant-es du réseau est actuellement occupé à appliquer la réforme de structure la plus complexe qu’on a jamais vue. Que les politiciens arrêtent de faire des réformes de structure et qu’on s’occupe des besoins de la population! », lance Steve St-Onge, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

De plus en plus nombreux à refuser l’austérité

Depuis septembre dernier, nombre d’actions ont eu lieu pour dénoncer les mesures d’austérité imposées par le gouvernement Couillard. Les syndicats de la FSSS-CSN et de la Fédération des professionnèles (CSN) ont dénoncé le projet de loi 10 et les compressions budgétaires, en plus de se mobiliser en vue de la négociation du secteur public.

« La mobilisation en Montérégie a été importante et elle va se poursuivre. Le 1er mai dernier, nous avons été présents partout dans la région pour dénoncer l’austérité. Encore aujourd’hui, nous dénonçons l’impact de ces mesures pour la population. Nous serons au rendez-vous dans les mois à venir, afin de faire comprendre à ce gouvernement que nous refusons l’austérité », explique Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie – CSN.

« On le voit de plus en plus, les réels objectifs du gouvernement Couillard sont d’affaiblir les services publics pour mieux pouvoir les privatiser par la suite. Ce n’est donc pas étonnant de constater que l’austérité attaque la classe moyenne et les plus démunis de notre société et qu’elle laisse indemnes les mieux nantis. Il y a près de 50 ans, on s’est doté de services publics pour répondre à nos besoins. C’est le meilleur moyen pour limiter les inégalités sociales et pour grandir comme société. On doit se donner les moyens de conserver ses acquis! », de conclure Jacques Létourneau, président de la CSN.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les sages-femmes se réjouissent du discours du ministre Barrette la veille de l’adoption de leurs demandes de négociation

Réunies en assemblée générale spéciale, les sages-femmes ont adopté hier, avec un très large consensus, les demandes qui seront déposées par le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) auprès du gouvernement, en prévision de la prochaine ronde de négociation. Dans ce contexte, elles applaudissent la toute récente sortie du ministre Barrette à l’occasion de la Journée internationale des sages-femmes et l’invitent à être cohérent avec ses propos en s’engageant dans une pleine et concrète reconnaissance de leur travail.

« Les sages-femmes se réjouissent d’avoir entendu, pas plus tard qu’avant-hier, le ministre Barrette réitérer son intention de développer les services de sages-femmes et les maisons de naissance. Elles sont aussi très heureuses des mots du ministre qui a clairement exprimé la valeur ajoutée qu’elles représentent au sein du réseau de la santé et ont par conséquent confiance qu’il se montre réceptif face à leurs demandes. Celles-ci porteront particulièrement sur la rémunération de la garde, pierre angulaire du modèle de pratique », souligne la présidente du RSFQ, Claudia Faille.

Le gouvernement a maintenant le devoir de donner à ces professionnelles de première ligne tous les moyens nécessaires pour mieux répondre à la demande des femmes et des familles, demande qui dépasse largement l’offre actuelle et qui est en croissance constante, estime Claudia Faille. Dans le contexte de la négociation qui approche à grands pas, il est important qu’il accorde aux sages-femmes des conditions de travail à la hauteur de leurs responsabilités pour pouvoir exercer leur profession de façon optimale.

Cadre de référence

« Le gouvernement a profité de la Journée internationale des sages-femmes pour publier son Cadre de référence pour le déploiement des services de sage-femme au Québec, une stratégie qui découle de sa Politique de périnatalité 2008-2018. Une des priorités de cette politique est de faire en sorte que les sages-femmes soient en mesure d’assurer les suivis de maternité complets (grossesse, accouchement, postnatal) de 10 % des femmes enceintes d’ici 2018. Dans ce contexte, le gouvernement doit résolument aller de l’avant avec l’intention exprimée par le ministre Barrette et ne peut plus se permettre d’attendre. Il est impératif de donner aux nombreuses femmes qui le souhaitent la possibilité d’accoucher dans le lieu de leur choix, avec le ou la professionnel-le de leur choix, sage-femme ou médecin de famille. Les conditions nécessaires pour la réalisation de cet objectif doivent être mises en place », conclut la présidente du RSFQ, Claudia Faille.

Les sages-femmes bientôt en négo : Des professionnelles encore trop peu reconnues

Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec profite de la Journée internationale des sages-femmes (RSFQ) pour interpeler le gouvernement, à la veille d’une nouvelle ronde de négociation, sur l’importance de reconnaître concrètement la profession, et ce, particulièrement en ce qui a trait à la rémunération de la garde.

« Cette garde assure la continuité des soins tout au long du suivi par la même professionnelle, comme le revendiquent les femmes et les familles du Québec. Elle est la pierre angulaire du modèle. Les études démontrent que cette continuité diminue, entre autres, les hospitalisations pendant la période prénatale, la prématurité et les bébés de petits poids, ainsi que les interventions obstétricales. À ce jour, elle n’est toujours pas reconnue pour ses bienfaits. Il n’est pas normal que les sages-femmes ne soient pas adéquatement compensées pour une garde aussi exigeante », souligne Claudia Faille, la présidente du RSFQ.

Pour un meilleur soutien au développement de la profession Quelques pas ont été faits pour rattraper les retards vis-à-vis des objectifs de la Politique de Périnatalité du Québec 2008-2018, convient la présidente du RSFQ, mais bien du travail reste à faire. Au moment où le Cadre de référence pour le déploiement des services de sages-femmes au Québec doit être publié de façon imminente, elle demande au gouvernement Couillard de travailler plus activement pour attirer et retenir dans la pratique ces professionnelles. Elle l’invite également à se montrer plus cohérent avec ses propres positions. « Il envoie des messages contradictoires aux sages-femmes, déplore-t-elle, puisqu’il dit vouloir s’engager à améliorer l’accès aux services de sages-femmes tout en leur retirant leur siège au conseil d’administration des CISSS, les écartant ainsi d’un lieu de décisions important dans l’organisation des soins de santé au Québec. »

« Les services de sages-femmes et les maisons de naissance font partie du paysage en périnatalité depuis maintenant plus de 20 ans, ajoute-t-elle pour finir. Les sages-femmes démontrent quotidiennement leur dévouement et leur savoir-faire auprès des femmes et des familles du Québec, dont la mobilisation a permis d’améliorer l’accès à ce modèle de soins en périnatalité.

Le gouvernement a la responsabilité de donner à la profession, qu’il a légalisée, tous les moyens nécessaires pour mieux répondre à la demande des femmes et des familles, laquelle dépasse largement l’offre actuelle. Il se doit aussi, dans le contexte de négociation qui approche, d’accorder aux sages-femmes des conditions de travail à la hauteur de leurs responsabilités, afin qu’elles exercent leur profession pour répondre à la demande croissante », conclut-elle.

Le régime de retraite du secteur public en excellente santé, estime le Front commun

Avec un taux de capitalisation qui atteint maintenant 98,4 %, le Front commun constate que le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) est en excellente santé financière et est pleinement en mesure de répondre à ses engagements actuels et futurs. C’est ce qui ressort de la plus récente mise à jour annuelle de l’évaluation actuarielle du RREGOP, dévoilée aujourd’hui par la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA) : http://www.carra.gouv.qc.ca/fra/publications/evaluation_actuarielle.htm

« Avec les données publiées aujourd’hui, comment le gouvernement peut-il prétendre que la survie du régime est menacée? En voulant administrer une médecine de cheval au RREGOP, le gouvernement sème la panique parmi les employés du secteur public, qui sont de plus en plus nombreux à interpeler la CARRA ou encore leurs représentants syndicaux. Un nombre de plus en plus grand de personnes songe à prendre une retraite hâtive. Un tel exode accentuerait les pénuries de main-d’oeuvre que nous vivons et résulterait par une sérieuse perte d’expertise dans nos réseaux publics. Ceci aurait pour effet de menacer sérieusement la qualité des services publics offerts à la population », met en garde Carolle Dubé, porte-parole du SISP.

« Le président du Conseil du trésor voudrait procéder à des attaques sans précédent au régime de retraite de ses employés, souligne Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Les mesures proposées à la table de négociation auront le même effet : appauvrir les retraités du secteur public avec une diminution des rentes pouvant aller jusqu’à 30 %, alors que la rente moyenne d’un retraité se situe à peine à 19 000 $ par année. Non seulement le gouvernement voudrait nous appauvrir maintenant en gelant nos salaires, il voudrait également nous appauvrir jusqu’à la fin de nos jours! »

Rappelons qu’à la table de négociation, le Conseil du trésor demande d’augmenter de 5 à 8 ans la période de calcul de la rente, d’augmenter de 4 % à 7,2 % la pénalité actuarielle par année d’anticipation et de faire passer de 60 à 62 ans l’âge de la retraite sans pénalité actuarielle. « Aucune donnée ni étude sérieuse ne permet d’affirmer que le RREGOP connait des difficultés. Au contraire, des projections sur les 15 prochaines années réalisées récemment indiquent que les probabilités que le taux de cotisation du régime demeure stable ou même diminue sont plus grandes que l’inverse. Le ministre Coiteux est-il en train de noircir la situation comme l’a fait son collègue, le ministre Moreau, dans le dossier des régimes de retraite municipaux? Rappelons que ce dernier avait surévalué de 50 % le déficit des régimes de retraite municipaux pour justifier l’adoption de son projet de loi 3 », dénonce Daniel Boyer, président de la FTQ.

Le Front commun a à coeur l’état de santé du RREGOP et il continue d’y porter une attention constante, à l’aide des résultats fournis par les actuaires de la CARRA et autres spécialistes. Le RREGOP a d’ailleurs vu son taux de capitalisation s’améliorer, alors que celui-ci était de 94 % en 2011 et de 96 % en 2013. « Le RREGOP est solide et en santé. Il constitue une composante importante de la rémunération globale des employées et employés du secteur public et les organisations membres du Front commun entendent défendre son intégrité avec vigueur », concluent les porte-parole syndicaux.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.

« Deux poids, deux mesures », dénonce le Front commun

Le Front commun dénonce le retour des bonis de performance à l’intention des gestionnaires de certaines sociétés d’État alors que le Conseil du trésor menace d’appauvrir les 530 000 travailleuses et travailleurs des services publics, une politique du « deux poids, deux mesures » inacceptable selon les porte-parole syndicaux.

« C’est encore une fois une démonstration du mépris du gouvernement envers ses propres employés. En ne leur offrant que 3 % sur 5 ans, on menace de doubler le retard de rémunération qu’ils accusent par rapport aux autres travailleurs québécois. Le gouvernement voudrait appauvrir le personnel des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des organismes gouvernementaux et de la fonction publique, alors qu’il réintègre en catimini des bonis à l’intention des hauts gestionnaires!», fulmine Carolle Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP).

« La situation est pour le moins ironique, poursuit Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. L’ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, avait éliminé ces bonis en 2010 dans le cadre de sa stratégie de retour à l’équilibre budgétaire. Le gouvernement actuel martèle que tout le monde doit faire sa part, que le retour à l’équilibre budgétaire dès cette année est incontournable, mais il profite de l’adoption sous le bâillon d’un projet de loi mammouth pour offrir une augmentation de salaire aux hauts gestionnaires. Faut le faire! »

« Ce gouvernement ne cesse de nous surprendre. Alors qu’il impose des hausses de taxes et de tarifs aux plus démunis, aux familles et à la classe moyenne, il se permet d’offrir des primes aux plus fortunés et de préparer un projet de loi pour augmenter la rémunération des députés», dénonce Daniel Boyer, président de la FTQ.

« Philippe Couillard s’en prend aux salariés du secteur public, aux femmes, à la classe moyenne et aux plus démunis. Le Front commun entend s’opposer farouchement à la politique de division libérale et se mobiliser pour obtenir des conditions de travail décentes pour ses membres. Si ce gouvernement n’a aucun respect pour ses travailleuses et ses travailleurs, il va certainement nous trouver sur son chemin », préviennent les porte-parole.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.

Les travailleurs des CLD bafoués

Sous le bâillon, à la dernière minute, le gouvernement libéral a décidé de retirer un droit fondamental aux travailleuses et travailleurs des centres locaux de développement (CLD).

En effet, la nouvelle loi 28 tente de se débarrasser des conventions collectives de certains CLD. Ces dernières ne pourraient pas être transférées dans les villes ou les MRC qui embaucheront les experts en développement régional en provenance de CLD. Rappelons que l’article 45 du Code du travail stipule pourtant que la convention collective devrait suivre dans le cas où les travailleurs effectuent une mission semblable pour un nouvel employeur.

Une disposition similaire pour les syndiqués des CRÉ était déjà incluse dans la version initiale du projet de loi. Avec la nouvelle loi, ces conférences régionales des élus (CRÉ) pourront être remplacées par des tables locales de gestion intégrée des ressources du territoire qui seront directement sous la responsabilité du ministre des Affaires municipales. La mission sera probablement similaire, mais avec une plus grande centralisation des décisions.

« En plus de détruire le modèle québécois de développement local et régional, ce gouvernement ne semble pas tenir en haute estime les droits des travailleurs », affirme Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

À propos

La Fédération des professionnèles (FP) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont celui du développement régional et local (CLD, CRÉ et CDEC).

Une deuxième attaque à la démocratie en moins de trois mois

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce vivement l’utilisation par le gouvernement Couillard d’un deuxième bâillon en moins de trois mois pour forcer l’adoption du projet de loi 28. Cela est d’autant plus injustifié qu’il n’y a aucune urgence à imposer cette loi mammouth qui va affecter des dizaines de lois dans autant de domaines.

La CSN constate que le gouvernement de Philippe Couillard emprunte les pires stratégies du gouvernement Harper pour bafouer la démocratie et faire avancer son agenda d’austérité au détriment de l’ensemble de la population. « On assiste à un autre coup de force du gouvernement Couillard alors qu’il avait pourtant promis en campagne électorale d’ouvrir le dialogue social, déclare Jacques Létourneau, président de la CSN. Il n’y avait aucune urgence à faire adopter le projet de loi 28, sinon celle qu’il s’est imposé à lui-même dans le but de mieux précipiter l’abandon d’un modèle de société plus égalitaire acquis au cours des quarante dernières années au nom de la sacro-sainte atteinte de l’équilibre budgétaire.

C’est une autre triste journée pour le Québec, particulièrement pour les familles de la classe moyenne et les personnes les plus vulnérables. » Rappelons qu’en février dernier, le gouvernement a bâillonné l’opposition en forçant l’adoption du projet de loi 10 restructurant le réseau de la santé et des services sociaux et octroyant au ministre de la Santé et des Services sociaux des pouvoirs sans précédent.

Pour sa part, le projet de loi 28 va bien au-delà de son objectif initial visant la mise en œuvre du budget présenté le 4 juin 2014. Il introduit notamment le principe de l’utilisateur-payeur dans les services de garde subventionnés qui entraînera la fin de la tarification unique et son remplacement par la tarification modulée en fonction des revenus des parents, ce qui aura pour conséquence des hausses pouvant atteindre 3300 $ par enfant. « Nous ne pouvons comprendre l’empressement de ce gouvernement. À force de s’entêter et de ne tenir compte d’aucune critique, il nous entraîne dans une situation pire que celle qu’il tente supposément d’améliorer. S’il utilise le bâillon, c’est parce qu’il n’est pas en mesure de faire la démonstration des bienfaits de ses politiques. Encore une fois, ce sont les familles québécoises qui sont la cible du gouvernement. Plutôt que de miser sur une imposition progressive des revenus, il a fait le choix d’appauvrir les familles en modulant les tarifs des services de garde », déclare Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

En outre, le projet de loi 28 consacre le démantèlement du modèle de développement économique local et régional qui a contribué à la croissance du Québec, en plus d’imposer d’importantes compressions budgétaires et la fermeture de centres locaux de développement (CLD). Il centralise les responsabilités de ce développement dans le giron des municipalités régionales de comté (MRC) en abolissant les conférences régionales des élus (CRÉ). « L’adoption forcée du projet de loi 28 mettra fin au modèle de développement régional que le Québec connaissait depuis près de 30 ans et qui était basé sur la concertation, pas sur les bâillons », affirme Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles de la CSN, qui représente plusieurs syndicats d’employé-es de CRÉ, CLD et CDEC. Il déplore que l’empressement mis par le gouvernement et certaines municipalités à fermer les CRÉ et à licencier le personnel, alors que la loi n’était pas encore adoptée. C’est un véritable gâchis ! »

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Mise au point du SPUQ sur la situation à l’UQAM

Devant les évènements regrettables des jours derniers à l’UQAM, le SPUQ tient à faire le point sur la situation. Représentant l’ensemble des professeures et professeurs ainsi que les maitres de langue de l’UQAM, le Syndicat tient à condamner les gestes de vandalisme commis cette semaine, qui éloignent de toute solution basée sur le dialogue, tout comme il déplore les maladresses de la direction dans sa gestion de la situation. Le SPUQ encourage les parties à ouvrir un espace de dialogue. Le SPUQ appelle donc la direction de l’UQAM à sursoir aux mesures contestées (expulsions, injonctions, recours à la police) et les associations étudiantes à exercer leurs moyens de pression légitimes dans les limites de leur application en régime démocratique. Des engagements clairs de part et d’autre permettraient de trouver une issue sereine à la crise actuelle.

La CSN dénonce fermement l’attitude de la direction de l’UQAM

La répression n’a absolument pas sa place à l’intérieur des murs d’une université et il est inadmissible qu’elle soit utilisée pour imposer par la force un point de vue qui diffère de celui qui émane des décisions démocratiques prises en ses murs. La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et ses organisations affiliées dénoncent fermement la direction de l’UQAM qui a recours à un arsenal répressif par la voie d’injonctions, d’expulsions et en faisant appel à la force policière.

Réunis au sein du bureau confédéral, l’instance politique de la CSN, les délégué-es des huit fédérations et des treize conseils centraux de la confédération ont d’ailleurs adopté une proposition en ce sens. Elle se lit comme suit :

Que le bureau confédéral de la CSN

• Dénonce la rupture de communication de la direction de l’UQAM envers ses associations étudiantes et avec les syndicats de l’établissement;

• Déplore les choix de l’université et du gouvernement d’attaquer les grands principes que sont le droit d’association, le respect des décisions démocratiques ainsi que la liberté d’expression;

• S’oppose à la répression exercée par les autorités et dénonce toutes formes de violence;

• Exige la mise en place d’un véritable processus de négociation et de règlement du conflit par un retour au dialogue digne d’une institution universitaire, avec les associations étudiantes et tous les membres de la communauté universitaire.

Spirale de violence

« Les arrestations et l’intervention brutale des policiers, à l’appel de la direction de l’UQAM, contre l’avis des professeurs, des chargés de cours et des étudiants contribuent à une spirale de violence et ne sont absolument pas le chemin à prendre pour sortir de cette crise. Le premier ministre Couillard devrait lui aussi prendre un certain recul avant d’encourager cette façon de faire. Le premier ministre et son ministre de l’Éducation ne font que jeter de l’huile sur le feu », estime Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

Les professeurs et les chargés de cours n’ont certes pas manqué de courage en tentant de s’interposer entre les policiers et les étudiantes et les étudiants. Ils demandaient au recteur de trouver une autre solution que celle de faire entrer l’antiémeute au sein d’une institution indépendante consacrée au savoir.

« Ce qui se passe à l’UQAM dénote un mépris des étudiants, des professeurs et des chargés de cours, et l’on se demande pourquoi le recteur ne défend pas davantage l’indépendance de son institution et semble se plier aux directives ministérielles », avance Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), qui représente le Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ).

L’université sous la botte des policiers

« L’administration de l’UQAM semble avoir oublié son rôle premier : défendre l’université et ses valeurs fondamentales. L’administration uqamienne poursuit son orientation de confrontation et de répression, ce que nous dénonçons avec fermeté! Nous appelons le recteur Proulx et son équipe au calme et au dialogue », soutient Jean Murdock, secrétaire général et trésorier de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente les chargés de cours de l’UQAM.

À propos

La CSN représente plus de 325 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs, répartis partout au Québec, dans quelque 2000 syndicats.

Le CCMM-CSN dénonce le recours à la répression

« La direction de l’UQAM fait fausse route en empruntant la voie de la répression politique et policière », estime la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN (CCMM-CSN),  Dominique Daigneault. Les arrestations qui ont eu cours à l’UQAM hier vont accentuer la colère des étudiantes et des étudiants qui font face à une administration qui abuse de ces pouvoirs. Devant une telle situation, des chargé-es de cours, des professeur-es de même que la présidente du Syndicat des professeur-es de l’UQAM (SPUQ-CSN), Michèle Nevert, ont érigé une chaîne humaine pour éviter que les étudiants soient blessés dans l’intervention policière. Par la suite, des membres de l’exécutif du SPUQ et du Syndicat des chargé-es de cours de l’UQAM (SCCUQ-CSN) se sont rendus au poste du SPVM pour soutenir les étudiants.

Le CCMM-CSN dénonce l’attitude répressive de l’UQAM hier, mais également dans le dossier des neuf étudiantes et étudiants menacés d’expulsion. À l’instar des syndicats et associations étudiantes de l’université, le CCMM-CSN demande le retrait des procédures dans cette affaire. De plus, l’UQAM impose dorénavant aux professeur-es, chargé-es de cours et maîtres de langue de donner leur cours, peu importe le nombre d’étudiantes et d’étudiants en classe. « Cela ajoute à l’indignation de la communauté universitaire. Il y a des conditions minimales à respecter pour enseigner et apprendre. Les gestes posés par la direction de l’UQAM sont totalement inacceptables et sont loin de permettre d’atteindre ces conditions », conclut la présidente du CCMM-CSN, également enseignante.

À propos du CCMM-CSN 

Organisme régional affilié à la CSN, le Conseil central du Montréal métropolitain-CSN regroupe plus de 100 000 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de près de 400 syndicats à Montréal, à  Laval et dans le Grand Nord du Québec.

Le gouvernement prend à la légère des décisions qui affecteront l’accès aux soins psychologiques pour le public

Dans une décision qui ne tient pas la route, le gouvernement a choisi de mettre fin unilatéralement à la prime de rétention des psychologues dès le 30 mars 2015, sans même disposer de données probantes sur les impacts de son introduction en janvier 2012. Une décision prématurée puisque le bilan du groupe de travail formé pour étudier cette question était prévu pour janvier 2016. Des mots mêmes du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), il est pour l’instant impossible de bien cerner les effets de la prime sur l’attraction et la rétention des psychologues dans le réseau. Pour ce faire, les actuaires du MSSS auraient besoin de données pour la prochaine année, ce qui sera irréalisable puisque la prime est retirée! Une prime qu’il avait lui-même mise en place, reconnaissant alors le besoin criant de retenir les psychologues dans le réseau public.

Inquiètes de cette annonce, les organisations syndicales de la santé et des services sociaux du Front commun (APTS, F4S-CSQ, FP-CSN, FSSS-CSN, SQEES-298-FTQ et SCFP-FTQ) ont demandé à rencontrer le sous-ministre adjoint au MSSS, pour mieux comprendre ce qui motivait le gouvernement à prendre une décision aussi grave et qui aura certainement des répercussions sur la disponibilité des soins psychologiques pour une clientèle souvent très vulnérable. Cette rencontre s’étant déroulée le 23 mars 2015 aura permis de clarifier une chose : le MSSS prend cette décision sur un coup de tête, motivé uniquement par l’obsession des coupes à tous vents. En effet, le ministère n’était pas en mesure de justifier l’intérêt de l’abolition de cette prime ni les impacts qu’elle pourrait avoir. Une rencontre du comité de pénurie de main-d’œuvre (PMO) des psychologues prévue dans les jours suivants devait servir à faire la lumière sur cette situation. Encore une fois, impossible d’obtenir un portrait des impacts potentiels, et pour cause, le MSSS est incapable d’en faire l’évaluation maintenant puisque les travaux du comité ne seront complétés qu’en janvier 2016.

Une prime avec des effets positifs

Pourtant, cette prime avait été implantée par la partie patronale elle-même, qui cherchait en 2012 un moyen de retenir les psychologues dans le réseau public. Sans cette prime, la partie patronale reconnaissait alors que les psychologues se tourneraient vers le privé, entraînant du même coup une inévitable baisse de disponibilité de l’accès aux soins psychologiques publics et une importante perte d’expertise dans le réseau. De plus, à la suite de l’instauration de la prime, les représentants ministériels au comité de PMO des psychologues avaient confirmé que l’exode prévu des psychologues vers le privé n’avait pas eu lieu, ce qui tend à démontrer que la prime a eu des effets positifs sur la rétention. Constatant l’importance de cette prime, les syndicats ont d’ailleurs réclamé qu’elle soit reconduite au moins jusqu’à la conclusion de la ronde de négociation 2015.

L’annonce cavalière et irréfléchie de l’abolition de cette prime s’ajoute à une série de mesures qui affecteront les employé-es du secteur public. Mais les vrais perdants seront les gens qui, chaque jour, ont besoin de l’expertise et du travail de qualité des psychologues du réseau public. Face à cette situation, les organisations n’auront d’autre choix que d’amplifier leurs actions au courant des prochaines semaines.

La CSN dénonce l’austérité à géométrie variable

C’est avec un grand étonnement que la CSN apprend aujourd’hui l’intention du ministère de la Santé et des Services sociaux de majorer le salaire des nouveaux cadres du réseau de 10 % en moyenne par année, 34 % dans certains cas, alors même que le réseau subira en 2015-2016 des compressions à hauteur d’un milliard de dollars. La CSN constate que l’austérité est à géométrie variable selon que l’on est travailleurs, travailleuses ou patron.

Au moment même où le gouvernement annonce un gel salarial de deux ans et des augmentations méprisantes de 1 % pour les trois années suivantes pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses du secteur public, il annonce qu’il fera ce cadeau aux nouvelles directions. La CSN déplore le fait que le fossé entre les travailleurs, les travailleuses et les cadres du système de santé se creuse davantage. « Il faudrait constamment que les salarié-es démontrent leur bonne volonté et fassent leur juste part, à coup de gel salarial et de coupes d’effectifs, alors que les dirigeants et dirigeantes sont avantageusement considérés par le gouvernement, ce qui se traduit par une hausse de rémunération, sans parler de leurs généreuses indemnités de départ quand leur mandat se termine », s’indigne Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.

Le ministère semble justifier cette hausse par l’augmentation de la charge associée à ces nouvelles fonctions. « Les travailleurs et les travailleuses subissent une surcharge de travail sans cesse croissante au fil des compressions et tout ce qu’on leur propose c’est de s’appauvrir. Avec ces augmentations de salaire pour les nouveaux PDG, le gouvernement nous indique surtout le peu de considération qu’il a pour le personnel du secteur public », se désole Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui regroupe près de 130 000 membres dont plusieurs sont touchés par les récentes fusions des établissements de santé et de services sociaux.

« Plusieurs nouveaux grands patrons de ces CISSS proviennent des agences régionales de santé et de services sociaux où des centaines de leurs anciens employé-es sont dans l’incertitude la plus complète sur leur avenir comme professionnels. Il semble plus urgent pour le ministre Barrette de donner des augmentations à sa nouvelle garde rapprochée », déplore Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), qui représente notamment 850 professionnel-les qui étaient affectés aux Agences qui ont été supprimées le 1er avril dernier.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les discussions sur le recours à la grève sont lancées

Près de 2500 travailleuses et travailleurs du secteur public membres du Front commun se réunissent aujourd’hui, à Québec, pour débattre du recours à la grève dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement.

« En nous proposant un gel salarial de deux ans, le gouvernement semble déterminé à faire assumer le coût du retour à l’équilibre budgétaire par ses propres employés, mentionne Carolle Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP). Alors que notre pouvoir d’achat se détériore depuis 25 ans, alors que notre retard salarial par rapport aux autres travailleurs québécois atteint des sommets, il n’est pas question pour nous de rester les bras croisés. Voilà pourquoi nous devons lancer cette importante réflexion dès maintenant. »

Pour la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, aucun scénario ne doit être exclu. « Lors du dépôt de nos demandes, nous avons soulevé des préoccupations légitimes quant à l’appauvrissement de nos membres, la précarité d’emploi qui les touche et la difficulté d’attirer et de retenir la main-d’œuvre lorsque la rémunération globale est de 7,6 % inférieure à ce qui se paye pour des emplois comparables. Le gouvernement libéral n’a démontré aucune forme d’écoute à notre égard. Alors que nos conventions collectives viennent à échéance aujourd’hui, il est maintenant temps d’augmenter nos moyens de pression afin de développer le rapport de force qui sera nécessaire à l’obtention de bonnes conventions collectives. »

« Cette réflexion sur le recours à la grève dans le secteur public ne doit pas être prise à la légère, souligne Daniel Boyer, président de la FTQ. Comment développer une stratégie rassembleuse qui nous permettra d’atteindre nos objectifs de négociation? Comment la déployer tous ensemble, tout en l’adaptant à l’évolution des pourparlers aux tables de négociation? Voilà la discussion que nous voulons amorcer aujourd’hui et que nous devrons poursuivre avec les 400 000 membres du Front commun. »

En ce sens, cette journée de réflexion du Front commun constitue le coup d’envoi d’un vaste travail de dialogue, d’échanges et de réflexion qui aura lieu au cours des prochaines semaines dans l’ensemble des milieux de travail du secteur public.

« Nos membres sont touchés par les mesures d’austérité comme l’ensemble des citoyennes et des citoyens. Mais alors que l’augmentation salariale moyenne au Québec sera de 2 % au cours des prochaines années, il faudrait que les travailleuses et les travailleurs du secteur public subissent un gel salarial de deux ans, diminuant ainsi leur pouvoir d’achat? Il s’agit d’un double effort complètement inacceptable », indiquent les porte-parole du Front commun.

Le Front commun ne laissera pas le gouvernement détruire nos services publics. « Notre monde a choisi de travailler dans le secteur public parce qu’ils y croient. C’est grâce à eux que la classe moyenne et les plus démunis reçoivent des services de qualité, malgré les compressions, malgré la volonté du gouvernement de privatiser. Avec nous, la population peut compter sur 400 000 travailleuses et travailleurs déterminés à assurer pour longtemps une offre de services publics de qualité et accessibles au plus grand nombre », de conclure les porte-parole.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public viennent à échéance le 31 mars 2015.