L’antisyndicalisme basé sur des données erronées

La CAQ a résolument pris le virage de l’antisyndicalisme en multipliant les attaques contre le mouvement syndical au cours des derniers mois. Le gouvernement prévoit de revenir à la charge cet automne pour réduire la capacité des syndicats à intervenir dans le débat public, même sur les enjeux qui touchent les travailleuses et les travailleurs au quotidien. Aux yeux de la CAQ, la fin semble justifier les moyens. Si le passé est garant de l’avenir, il faudra se méfier des arguments que les ministres utiliseront pour défendre leur projet, car ils ont fait preuve d’une grande créativité dans l’interprétation des faits, en matière de relations de travail.

Rappelons que durant le printemps et une bonne partie de l’été, le ministre du Travail, Jean Boulet, a mené une campagne antisyndicale en se basant sur des chiffres erronés publiés par Statistique Canada. Ainsi, il a fallu que la CSN interroge l’organisme fédéral pour que ce dernier révèle l’inexactitude des données et qu’il les retire de son site. En fait, Statistiques Canada recommande de consulter ces résultats auprès du ministère du Travail du Québec… le ministère de Jean Boulet !

Ainsi, il n’y a pas eu 759 grèves au Québec en 2024, mais bien 208 conflits de travail, confirme le propre ministère de Jean Boulet, qui est le seul organisme chargé de valider ces informations. L’année 2024, bien qu’effectivement ponctuée de nombreux arrêts de travail, ne fut pas une année record à ce chapitre et se situa légèrement au-dessus de la moyenne annuelle. Non, 91 % des grèves au Canada n’ont pas lieu dans la province !

Édition automne 2025: des nouvelles en rafale

Le personnel de soutien de l’aide juridique met fin à la grève

Après neuf jours de grève, les huit syndicats du Regroupement du personnel de l’aide juridique ont réussi à conclure une entente de principe en juin dernier. C’est le conciliateur au dossier qui a émis une recommandation afin de trouver une sortie au conflit de travail.

« Je suis fière qu’on ait réussi à mobiliser les travailleuses. C’est la première fois que nos membres se sont autant tenues debout. Nous avons mis en place une belle mobilisation graduelle. Nous sentions les effets sur l’employeur à la table de négociation. Mais il a fallu recourir à la grève pour le réveiller, et nous l’avons fait ! », affirme la présidente du regroupement, Josée Désilets.

Avec une même convention collective, les salariées ont maintenant toutes droit à un horaire variable, au télétravail et à la semaine de quatre jours. Elles obtiennent également une augmentation salariale de 17,4 % sur cinq ans et les mêmes gains que le secteur public.

 

La CSN s’opposera à l’interdiction des signes religieux en CPE

Soucieux de redorer son image auprès d’une frange de la population en cette année électorale, il y a fort à parier que le gouvernement Legault donne suite à la recommandation du rapport Pelchat-Rousseau à l’effet d’interdire le port de signes religieux au réseau de la petite enfance.

Au fil des projets de loi déposés par la CAQ, la CSN a toujours défendu sans réserve la laïcité de l’État, tout en s’opposant à ce qu’une vision rigide de celle-ci en vienne à bafouer les droits et libertés des travailleuses et des travailleurs, protégés par nos chartes.

Au même titre que la CSN s’était montrée en défaveur de l’élargissement de cette interdiction à l’ensemble du personnel du réseau de l’éducation, la centrale a annoncé qu’elle s’opposerait à une interdiction du port de signes religieux auprès du personnel des CPE.

« Visiblement, le gouvernement Legault a perdu tout sens des priorités, se désole Caroline Senneville. Le réseau de la petite enfance est à court d’au moins 30 000 places subventionnées. Les problèmes de recrutement de main-d’œuvre sont criants. Et tout ce que le gouvernement trouve à faire, c’est de se priver de travailleuses compétentes par simple calcul politique. »

Cliniques vétérinaires: des conditions de travail intenables

Après des années de surcharge de travail, les salarié-es de plusieurs cliniques vétérinaires du groupe Daubigny ont décidé de se syndiquer pour faire entendre leur voix.

Le groupe Daubigny, qui représente aujourd’hui plus d’une centaine d’établissements, s’impose comme le plus grand conglomérat vétérinaire au Québec. Toutefois, selon les témoignages des employé-es, cette croissance s’est faite au détriment de la qualité de vie au travail. La stratégie Daubigny est bien rodée : acquérir des cliniques sans afficher clairement son image de marque, augmenter considérablement les tarifs, désinvestir dans l’entretien des lieux et des équipements et détériorer les conditions de travail.

Le message des travailleuses et travailleurs des cliniques vétérinaires est clair : ils veulent améliorer leurs conditions d’emploi et, ultimement, offrir de meilleurs soins aux animaux de compagnie.

 

L’hôtellerie marque des points

Avec l’entente adoptée en septembre par les employé-es de l’Hôtel Le Concorde à Québec, la 11e négociation coordonnée de l’hôtellerie prend fin.

La mobilisation exemplaire des travailleuses et des travailleurs a mené à des avancées importantes : augmentations salariales de 21 % sur quatre ans et hausse de la contribution de l’employeur à l’assurance collective. Les syndicats ont de plus réussi à restreindre le recours aux agences privées. Le personnel améliorera aussi son sort en matière de formation, de vacances, de charge de travail et par rapport aux pourboires. Les journées de grève coordonnées et les nombreuses actions ont mis la pression nécessaire pour forcer les hôteliers à partager les profits.

La ronde de négo a été marquée par de longs conflits dans plusieurs établissements. Bien que certains hôteliers ont tenté d’épuiser les salarié-es, le résultat des négociations prouve que ça n’a pas marché ! La solidarité et la détermination donnent la force nécessaire aux membres pour marquer des points.

 

École de la relève 2025: les jeunes au rendez-vous !

Une quarantaine de militantes et militants ont pris part, en août dernier, à la cohorte de l’École de la relève 2025. Ce camp de formation, destiné aux jeunes de moins de 35 ans issus des syndicats affiliés à la CSN, vise à les initier aux rudiments de l’action syndicale et aux différentes composantes de notre centrale.

Conjoncture oblige, les attaques au droit de grève et à l’activité syndicale et l’impact de la hausse du coût de la vie sur les travailleuses et les travailleurs ont ponctué les discussions cette année. Pour la vice-présidente de la CSN et la responsable du comité confédéral des jeunes, Katia Lelièvre, l’École de la relève est d’abord et avant tout un lieu d’échange et de réseautage fort apprécié par les participantes et participants.

« La formation permet aux jeunes d’échanger sur les défis auxquels ils sont confrontés dans leur milieu de travail, explique Katia. Pour certains, c’est la découverte du milieu syndical, alors que pour d’autres, l’École leur permet d’approfondir leur connaissance de notre mouvement. C’est stimulant de les voir évoluer tout au long de la formation ! »

Une grande victoire syndicale chez Héroux-Devtek

Après un lock-out de deux mois, le syndicat a de quoi se réjouir. Une augmentation salariale significative de plus de 20 %, accompagnée d’une valorisation des primes et du régime de retraite, améliorera les conditions de vie des employé-es spécialisés dans la confection de trains d’atterrissage. (Une photo de Dominic Morissette)

Le chiffre du numéro : 101
L’illustre sociologue Guy Rocher, témoin et acteur important du 20e siècle au Québec, est décédé le 3 septembre dernier. Il avait 101 ans.
Dans le premier gouvernement du Parti québécois, le ministre Camille Laurin fait appel à lui pour la rédaction de la Charte de la langue française, baptisée loi 101, adoptée en 1977. Bon voyage, cher camarade !

Édition automne 2025: bienvenue à la CSN!

Cœur du Québec

  • STT de Transport & Entreposage Paradis (FEESP–CSN)
  • STT de la Micro-brasserie Le Trou du diable | Boutique et salon
    (FC–CSN)

    Lanaudière

    • SEE de la Société québécoise du cannabis | section Rawdon (FEESP–CSN)

    Montérégie

    • SN du Personnel de Francisation | Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu (FNEEQ–CSN)
    • STT en santé animale de la Montérégie | Section Clinique vétérinaire de Vaudreuil (FP–CSN)
    • STT des résidences et CH privés de la Montérégie | Section CHSLD Argyle (FSSS–CSN)

    Montréal métropolitain

    • SEE du pensionnat du Saint-Nom-de-Marie (FNEEQ–CSN)
    • STT des industries manufacturières | Section ARD Canada Inc. (FIM–CSN)
    • STT en santé animale de Montréal | Section Clinique vétérinaire du Plateau Mont-Royal (FP–CSN)
    • STT des centres d’hébergement du grand Montréal | Section Résidence le St-Michel (FSSS–CSN)
    • STT de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice (FEESP–CSN)

    Québec–Chaudière-Appalaches

    • S des employés municipaux de la Côte de Beaupré | Section Saint-Tite-des-Caps (FEESP–CSN)
    • STT du commerce | section Village Vacances Valcartier, restaurants Le capitaine, Villagio et Chalet sportif (FC–CSN)
    • STT du commerce | section Village Vacances Valcartier – Bars extérieurs (FC–CSN)
    • STT de la MRC de Bellechasse (FEESP–CSN)
    • SN des archéologues du Québec | Section Gaia (FP–CSN)

    Saguenay–Lac-Saint-Jean

    • STT des organismes communautaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean | Maison d’accueil pour sans-abri d’Alma (FSSS–CSN)
    • SEE de la Société québécoise du cannabis | section Saint-Félicien (FEESP–CSN)

    Bienvenue à la CSN!

    Résister, au fil des saisons

    En prenant la route du Bas-du-Fleuve cet été, Éric Lavoie Vouligny et Sylvain Bordeleau s’attendaient quand même à recevoir quelques tomates. La région est le fief d’André Bélanger, propriétaire de Béton Provincial.

    C’est d’abord pour informer les travailleurs des autres usines de Béton Provincial des enjeux de leur négociation qu’Éric et Sylvain ont fait tant de kilomètres. Mais aussi pour sensibiliser la population au comportement répréhensible de leur concitoyen, qui n’a pas hésité à mettre 50 employés en lock-out à quelques jours de leur qualification à l’assurance-emploi, en décembre dernier, tout juste avant la saison morte.

    « On voulait passer notre message, explique Éric en entrevue. On voulait aller chez lui, dans sa ville à Matane. Pour que sa famille, ses ami-es, commencent à l’interpeller : comment ça, que ça monte de Montréal pour poser des pancartes jusqu’ici ? »

    Des tomates, Éric et Sylvain n’en auront reçu qu’à Gaspé, où les travailleurs, non syndiqués, craignirent de subir les contrecoups de cette visite improvisée.

    « Partout ailleurs, on nous accueillait à bras ouverts. Ils savent qu’on se bat pour l’industrie au complet. Pour tous les opérateurs de bétonnières du Québec », explique M. Lavoie Vouligny

    « On a fait toutes les usines du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. On s’arrêtait, on mettait des drapeaux et on parlait aux gars. Sur la route, on s’arrêtait manger dans les haltes : on faisait juste se stationner, les gens venaient nous voir et on distribuait nos tracts… »à

    Tuer la concurrence

    C’est en avril 2024 que Demix Béton, la compagnie qui employait Éric et Sylvain, fut rachetée par Béton Provincial. En pleine expansion, l’entreprise emploie aujourd’hui plus de 2600 personnes dans ses 90 usines et sa centaine de carrières, tant au Québec qu’en Ontario, au Nouveau Brunswick et à Terre-Neuve.

    « À Gaspé, un entrepreneur est venu nous dire que Béton Provincial avait racheté toutes les petites usines de la région, relate Éric. Ils ont baissé les prix, ils ont tué toute la concurrence. Ensuite, ils ont fait passer le prix du mètre cube de béton de 100 $ à 300 $. L’entrepreneur nous disait qu’en Gaspésie, tu n’as pas le choix de faire affaire avec Béton Provincial. Pour de la qualité ben moyenne, parfois. »

    Comme tous ses collègues, Éric Lavoie Vouligny est conscient que les conditions négociées chez Demix sont meilleures que celles qui prévalent en Gaspésie. Jusqu’à 6 $ l’heure en moins.

    « Ce sont de petits plants : souvent quatre ou cinq employés, pas plus. Béton Provincial fait ce qu’il veut. Les travailleurs ont peu de marge de manœuvre pour refuser les offres de la compagnie », précise Éric.

    À LaSalle et à Longueuil, les employés ont refusé les offres du boss. Il voulait geler les salaires sur quatre ans, abolir le régime de retraite et couper substantiellement dans l’assurance collective. Depuis décembre, rien n’a trop bougé à la table de négociation.

    « C’est de plus en plus dur, admet Éric. Les gars se trouvent des petites jobs à gauche à droite. Il y en a qui n’ont pas le choix, avec les enfants et la maison à payer. Certains ont carrément décroché et sont allés se faire voir ailleurs, même si la majorité des lock-outés maintiennent chaque semaine la ligne de piquetage. »

    Au moment d’écrire ses lignes, Éric et Sylvain s’apprêtaient à reprendre la route à bord de leur camionnette. « On fera tout le Saguenay pour continuer sur la Côte-Nord ensuite. On s’arrêtera dans les conseils centraux et on prévoit visiter au moins une quinzaine d’usines de Béton Provincial. »

    « Moi, c’est la mobilisation qui me tient. Trouver des idées de mob et m’occuper des gars sur la ligne m’aide à passer au travers », conclut Éric Lavoie Vouligny.

    La déconfiture du royaume abitibien

    Grand cinéaste des gens ordinaires aux vies extraordinaires, Pierre Perrault avait l’habitude de coucher sur papier le contenu de ses films. Cet ouvrage retrace ainsi en détail le film du même nom sorti en 1975 et tourné avec la formidable caméra de Bernard Gosselin.

    En pleine crise des années 1930, le ministère de la Colonisation publiera la brochure Un royaume vous attend afin d’inviter des milliers de chômeurs à quitter la ville pour défricher et développer l’Abitibi.

    Avec les moyens du bord et peu de connaissances, plusieurs familles y développèrent des fermes modestes alors présentées comme celles qui porteraient l’avenir alimentaire du Québec. La famille de Hauris Lalancette fera partie de cette aventure ardue qui se terminera mal pour la majorité de celles et ceux ayant rêvé de vivre dignement dans ce royaume. Héros au centre de l’œuvre, Lalancette luttait à l’époque contre la fermeture de son village, Rochebaucourt.

    Les promesses de rêves des politiciens et du clergé ne seront pas accompagnées d’appuis concrets à cet effort de colonisation. Avec le temps, la dure réalité de la vie dans une région si austère et les coûts importants associés à l’agriculture industrielle finiront par en décourager plusieurs.

    Constatant les besoins de main-d’œuvre nécessaire à la construction de la Baie-James, le gouvernement lui-même enverra des fonctionnaires pour vendre ce nouveau rêve et inciter des familles à déménager vers ces villes plus denses. Défrichées et propices à la culture, les terres abandonnées par les familles seront alors confiées aux compagnies forestières pour qu’elles y cultivent différentes essences d’arbres nécessaires à l’industrie. Les rêves de liberté et les efforts de milliers de gens humbles seront alors gommés de l’histoire et réduits au service de l’économie.

    La lucidité et la colère contagieuses de Lalancette permettent au lecteur de comprendre le système d’exploitation mis en place par le gouvernement de l’époque, sans le soutien promis aux colons. Une histoire 1000 fois vécue par autant de familles dans un système capitaliste profitable aux riches, mais violent et réducteur pour les pauvres.

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    Les centrales syndicales et le RATTMAQ appellent à dépolitiser l’immigration

    Les grandes centrales syndicales (CSD, CSN, CSQ et FTQ) ainsi que le Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ) demandent au gouvernement de dépolitiser la gestion de l’immigration.

    « La planification pluriannuelle de l’immigration est un exercice trop important pour être entaché des débats politiques qui sont souvent inutilement partisans. On doit offrir aux personnes immigrantes toutes les chances de contribuer pleinement à la société québécoise et traiter véritablement avec humanité. Ce que l’on souhaite de tous nos vœux, c’est que le gouvernement fasse la démonstration que les dés ne sont pas pipés », ont affirmé d’une seule voix Luc Vachon, président de la CSD, Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN, Pascal Côté, troisième vice-président de la CSQ, Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ et Mélanie Gauvin, porte-parole du RATTMAQ.

    « Bien que nous participions aux consultations, nous demeurons dubitatifs quant à la volonté réelle du gouvernement d’écouter et d’ajuster sa politique. De nombreux acteurs, issus d’horizons variés, recommandent d’offrir des réelles voies d’accès à la résidence permanente pour les personnes à statut temporaire qui sont actuellement au Québec, notamment afin de répondre à des besoins de main-d’œuvre qui sont à la base permanents. Or, le plan actuel s’oriente clairement à l’inverse et ne répond pas adéquatement aux défis d’immigration, de francisation et d’inclusion au Québec », a ajouté Luc Vachon, président de la CSD.

    Miser sur la résidence permanente
    Depuis de nombreuses années, les centrales syndicales préconisent la résidence permanente plutôt que la précarité associée à la résidence temporaire. À long terme, croient-elles, seule l’immigration permanente motive l’apprentissage du français et peut soutenir la démographie, le marché du travail et la prestation de services.

    « Le Québec a des besoins démographiques, de main-d’œuvre et de services qui sont permanents. Nous devons combler ces besoins en offrant des statuts permanents aux immigrantes et immigrants qui sont ici présentement. Il faut être responsables dans notre façon d’accueillir ces gens. Pour ce faire, nous devons hausser les seuils de la résidence permanente par l’admission de résidents temporaires déjà chez nous, ce qui aura pour effet de réduire leur nombre sur le territoire », affirme la vice-présidente de la CSN, Katia Lelièvre.

    Le piège des permis de travail fermés
    Afin de mettre fin aux pratiques abusives dont souffrent les travailleurs étrangers temporaires, les centrales syndicales et le RATTMAQ exigent du gouvernement qu’il mette fin au permis de travail lié à un seul employeur dans tous les programmes temporaires et qu’il procède à une réforme en profondeur du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Mélanie Gauvin, porte-parole du RATTMAQ explique que : « Pour les travailleuses et travailleurs migrants temporaires, la seule véritable capacité d’accueil du Québec doit passer par l’abolition des permis de travail fermés et par un accès égal et inclusif à la résidence permanente. Nous souhaitons que le Québec agisse dans le respect des droits humains. »

    Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ poursuit : « Québec doit arrêter de tourner en rond dans le dossier des travailleuses et travailleurs migrants. Il doit, de façon urgente, régulariser la situation de ces milliers de travailleuses et travailleurs en leur accordant le statut permanent et en mettant fin aux permis de travail fermés » déclare Denis Bolduc secrétaire général de la FTQ.

    Soutenir la francisation et reconnaître l’apport des étudiantes et étudiants étrangers
    Les leaders syndicaux appellent le gouvernement à reconnaître pleinement la contribution des étudiantes et des étudiants internationaux et à réinvestir massivement en francisation, à tous les niveaux, dans les centres de services scolaires, en entreprise et celle offerte par les groupes communautaires.

    « L’apprentissage du français est un formidable passe-partout pour l’intégration des personnes immigrantes au Québec! Le gouvernement devrait éviter de jouer au yo-yo avec le financement comme il l’a fait l’automne dernier. Ce sont des parcours de vie dont il est question, pas de simples chiffriers Excel. En matière d’intégration, on ne peut pas non plus faire abstraction des étudiantes et étudiants internationaux. Ils sont déjà bien intégrés à leurs communautés et contribuent à la vitalité économique, sociale et culturelle de celles-ci », a conclu Pascal Côté, troisième vice-président de la CSQ.

    Ras-le-bol du mépris de l’environnement et de la démocratie

    Aujourd’hui, près de trois mille personnes ont répondu à l’invitation du mouvement Pour la suite du monde (PLSDM), qui compte quelque 50 organisations membres. Elles ont manifesté leur ras-le-bol du mépris de l’environnement et de la démocratie par le gouvernement Legault en arborant une cravate afin de souligner le manque d’écoute de la classe dirigeante, composée d’hommes en cravate souvent sous l’influence de lobbyistes intéressés par le profit à tout prix plutôt que le bien-être collectif. Ces manifestations avaient lieu aux abords du congrès de la CAQ à Gatineau ainsi qu’à Montréal, à Québec, à Rimouski, à Saint-Jérôme et à Baie-Saint-Paul.

    Ces rassemblements ont pour but d’exprimer le ras-le-bol généralisé de la population envers la gestion erratique et court-termiste du gouvernement Legault dans plusieurs dossiers ayant un impact environnemental significatif. Les groupes dénoncent notamment les projets de déréglementation environnementale au profit d’entreprises telles que Northvolt ou Stablex, la loi 69 qui ouvre la porte à la privatisation de l’énergie renouvelable et à la politisation des tarifs d’énergie, la réforme du régime forestier qui offrait nos forêts aux industries, le sous-financement répété du transport en commun, la surreprésentation des lobbyistes aux intérêts privés, le projet pharaonique du 3e lien, l’atteinte à la capacité des travailleurs et travailleuses de pouvoir négocier d’égal à égal afin d’améliorer leurs conditions, l’effritement général du filet social, etc.

    La revendication du mouvement est simple : il faut mettre en œuvre une transition énergétique, écologique et sociale au bénéfice de l’ensemble des Québécois et Québécoises et inclure la population dans les décisions pour un véritable dialogue social !

    Encore cette année, le Québec a subi les conséquences des changements climatiques de plein fouet avec des pluies diluviennes, des morts prématurées dues aux canicules et aux fumées venant de l’Ouest, des phénomènes climatiques extrêmes. Il est plus que temps de mettre en place les véritables solutions pour inverser la vapeur.

    Les partenaires du mouvement exigent que le nouveau cabinet des ministres de la CAQ aille à la rencontre des groupes de la société civile pour comprendre leur réalité et leurs besoins. Les élu-es pourraient ainsi entendre les préoccupations de la majorité de la population au lieu de s’enfermer derrière des portes closes pour prendre des décisions entre eux.

    Un récent sondage commandé par Équiterre* dans la foulée de l’adoption du projet de loi C-5 a révélé que 60 % des répondants et répondantes étaient en désaccord avec le fait qu’un grand projet puisse contourner des règles environnementales existantes. La guerre commerciale avec le président Trump demande de faire certains choix, mais on ne doit pas sacrifier l’environnement et reléguer l’urgence de sa protection aux générations futures en approuvant trop rapidement des projets sans tenir compte des impacts environnementaux et sociaux.

     

    Manque généralisé de démocratie

    Le manque de démocratie du gouvernement Legault se manifeste également dans d’autres dossiers : grande centralisation des décisions en santé et en éducation, nouvelles entraves au droit de grève, etc. Tout cela contribue au ras-le-bol des membres de Pour la suite du monde qui s’étaient d’abord coalisés sur des dossiers environnementaux.

    En conclusion, les groupes exigent que les décisions cessent de se prendre derrière des portes closes et que les solutions qui émergent de la société civile soient enfin entendues et mises en œuvre.

     

    Citations 

    Secteur environnement

    « Si ce gouvernement est impopulaire, ce n’est pas parce que les lois environnementales sont dans le chemin de l’industrie minière, militaire ou de l’intelligence artificielle, c’est parce qu’il ne met pas ses priorités à la bonne place. La solution est simple : améliorer les services publics et l’offre de logement abordable et aider le monde et les municipalités à traverser les épisodes climatiques extrêmes en mettant à niveau les infrastructures. Prendre encore plus de mauvaises décisions pour l’environnement, comme ils l’ont fait avec le contournement du BAPE pour Northvolt, ça ne les rendra pas plus populaires », tranche le directeur des relations gouvernementales chez Équiterre, Marc-André Viau.

     

    Secteur syndical

    « Les attaques du gouvernement Legault contre les travailleurs et les travailleuses nuisent au maintien d’un rapport de force équilibré. Cette stratégie politique déconnectée des réels besoins de la population limite leur capacité à négocier de meilleures conditions de travail. C’est encore plus vrai à une époque où le logement et la vie en général coûtent de plus en plus cher et que les travailleuses et travailleurs sont affectés par les conséquences des changements climatiques. Il est important aussi de rappeler que les luttes syndicales ont profité et profitent encore à l’ensemble de la population du Québec, et ce, depuis des décennies. « S’en prendre aux syndicats, c’est s’attaquer à celles et ceux qui luttent quotidiennement pour protéger et pour améliorer leur qualité de vie. Le gouvernement Legault semble l’oublier, et ce n’est sûrement pas étranger à son faible taux de popularité actuel dans les sondages », affirme le vice-président de la FAE et porte-parole syndical de PLSDM, Patrick Bydal.

     

    Secteur jeunesse

    « Les politiques d’austérité de la CAQ n’ont pas leur place dans notre société. La jeunesse, la transition socioécologique, l’éducation et l’enseignement supérieur ne sont pas des questions que le premier ministre peut se permettre d’ignorer. Il est temps d’investir là où ça compte : dans les écoles, les cégeps, les universités, dans la transition socioécologique », martèlent Flora Dommanget de l’Union étudiante du Québec (UEQ) et Christopher Zéphyr de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

     

    Secteur de la santé

    « Comme médecins, l’une de nos hantises est de manquer un diagnostic vital. C’est pourtant ce que font les gouvernements à l’heure actuelle. En minimisant la crise climatique, en allégeant les réglementations environnementales et en misant sur des gains illusoires à court terme, ils choisissent d’ignorer des menaces bien réelles pour la santé des gens. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas trop tard pour rectifier le tir, poser le bon diagnostic et offrir le traitement adéquat. Les données scientifiques sont claires : la transition sociale, écologique et énergétique est non seulement bénéfique pour la santé de tous, mais aussi économiquement intelligente », explique la présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), Dre Claudel Pétrin-Desrosiers.

     

    Secteur citoyen

    « Les mouvements de citoyennes et de citoyens sont importants dans notre société, car ce sont des personnes qui s’organisent et montent au front au nom du bien commun, en défendant le vivant. Malheureusement, les décisions prises entre le gouvernement et les entreprises privées, à huis clos ou par le biais de projets de loi, mettent à mal la démocratie (et ses institutions), ainsi que l’avenir de nos enfants. C’est pourquoi la population est amenée à décrier, à résister et à combattre les mauvais choix gouvernementaux qui détruisent l’environnement (milieux humides, forêts, faune, santé humaine) ! », s’indigne Francis Waddell de Demain Verdun.

     

    Secteur municipal

    « Les élus municipaux ont le pouvoir d’assurer une participation active de la population en l’informant et en la mobilisant sur les enjeux pouvant avoir un impact réel sur sa qualité de vie. Les beaux gros projets ne sont pas toujours aussi séduisants qu’on tente de nous le faire croire. Avant de les accepter ou de les rejeter, la population a besoin qu’on lui fasse confiance dans sa capacité à se prononcer. Vent d’élus se positionne sur certains enjeux environnementaux et sociaux, non pas pour imposer ses choix, mais dans le but d’offrir l’information la plus objective possible pour que chacun puisse faire un choix éclairé », précise le vice-président de Vent d’élus, Sylvain Pillenière.

     

    Secteur de l’économie

    « La logique économique dominante est insoutenable. En cherchant à maximiser le profit aux actionnaires, elle accélère la dégradation environnementale et aggrave les inégalités sociales. Il est grand temps de transformer le système économique. Partout au Québec, des initiatives en économie sociale portées par les communautés démontrent qu’il est possible de bâtir une économie qui travaille pour nous », souligne la directrice du Chantier de l’économie sociale, Béatrice Alain.

     

    Secteur communautaire

    « La nomination de Bernard Drainville au ministère de l’Environnement est un exemple parmi tant d’autres du désengagement complet de la CAQ envers les enjeux socioclimatiques », s’exclame Florence Nappert, des AmiEs de la Terre de Québec. « Le milieu communautaire ne baissera pas les bras : nous continuerons de dénoncer la vision extractiviste du gouvernement et de mener des actions en faveur de la justice climatique et sociale », conclut-elle.

     

    *Sondage, septembre 2025. Équiterre.

    https://cms.equiterre.org/uploads/Rapport-de-sondage-Le%CC%81gerE%CC%81quiterre-C5.pdf

     

    À propos du Collectif pour la suite du monde 

    Nous sommes un mouvement réunissant des organisations syndicales, environnementales, de santé, communautaires, jeunesses, économiques ainsi que des collectifs citoyens et d’élus autour d’une vision démocratique de la transition environnementale et sociale.

    À travers diverses actions, nous nous mobilisons afin de forcer nos gouvernements à mettre en place des solutions démocratiques porteuses de justice sociale et environnementale.

    Notre mouvement rassemble une cinquantaine d’organisations, représentant plus de deux millions de personnes. https://pourlasuitedumonde.ca/

    Le SAPSCQ–CSN, bien visible au Congrès national de la CAQ

    Hier soir, des membres du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN) ont manifesté leur présence en marge du Congrès national de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui débute à Gatineau ce samedi 27 septembre 2025.

    Le président national du syndicat, Mathieu Lavoie, en a profité pour interpeller François Legault et ses ministres responsables de leur négociation :
    « Le gouvernement de la CAQ doit prendre acte du rejet de l’entente de principe des agents en services correctionnels (ASC) du Québec le 13 juin dernier. Pour nous, il est clair que le travail essentiel de protection de la sécurité du public par les ASC doit être reconnu à sa juste valeur.

    « Notre syndicat a dénoncé à plusieurs reprises les mauvaises conditions de travail qui règnent dans les établissements de détention au Québec : les prisons craquent de partout, la violence et l’intimidation y sont constantes, les livraisons par drone, les cellulaires et la drogue circulent abondamment et les équipements de sécurité ne sont pas à la hauteur des problèmes vécus. Le nouveau ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, doit ramener la loi et l’ordre dans les établissements de détention.

    « Nous interpellons également la nouvelle présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, afin qu’elle donne des mandats clairs à ses porte-paroles dans le but de bonifier les conditions de travail des ASC, lesquelles ne reconnaissent pas suffisamment le caractère particulier et essentiel à la sécurité publique de ce métier ».

    À propos

    Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec.

    Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

    Les paramédics demandent la médiation

    Face à l’impasse dans les négociations pour le renouvellement des conventions collectives des 3300 paramédics membres de syndicats CSN, la Fédération de la santé et des services sociauxCSN demande au ministère du Travail de nommer une personne médiatrice-conciliatrice pour aider les parties à trouver un règlement satisfaisant.

    Rappelons que les conventions collectives sont échues depuis avril 2023 et que les paramédics exercent la grève depuis le 6 juillet dernier. Parmi les éléments qui nuisent au progrès dans les négociations, notons les demandes du gouvernement visant à réduire la rémunération des paramédics, jusqu’à quatre dollars l’heure dans certains cas. De leur côté, les paramédics veulent convenir d’une échelle salariale qui reflétera, enfin, pleinement la valeur de leur travail.

    Les parties ont convenu de poursuivre les négociations d’ici la nomination d’un médiateur afin de pouvoir progresser sur les sujets moins litigieux.

    « Il est dans l’intérêt de tout le monde que nous trouvions un règlement satisfaisant dans les meilleurs délais, explique le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Les paramédics du Québec n’accepteront jamais de baisser leur salaire ! S’il est surprenant que le gouvernement le croie possible, on espère que l’arrivée d’une tierce personne nous aidera à remettre les négociations sur les rails. »

    Les syndicats du secteur préhospitalier FSSS–CSN se réuniront le 21 octobre afin de faire le point sur l’avancement des négociations et de se doter d’un nouveau plan d’action.

    Non à une réforme du modèle d’affaires de la SAQ sans débat

    Au printemps dernier, la Société des alcools du Québec (SAQ) annonçait la fermeture de succursales dans plusieurs régions, soulevant l’inquiétude de nombreuses communautés pour leur vitalité. Élus municipaux, commerçants locaux, organismes de développement et citoyens se sont alors mobilisés afin de demander un moratoire sur les fermetures et l’adoption d’une politique de responsabilité territoriale par la société, culminant avec le dépôt d’une pétition portée par le Guillaume Cliche-Rivard, député de Saint-Henri–Sainte-Anne, et appuyée par les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale1.

    Or, l’annonce d’une nouvelle stratégie commerciale basée sur les mini-agences, quelques semaines après les fermetures de succursales, pose un problème plus large : au nom de la maximisation des revenus pour les coffres de l’État, la SAQ semble s’apprêter à revoir son modèle d’affaires, et ce, sans débat public. Cette approche est franchement inquiétante du point de vue de la santé publique.

    On le sait, l’alcool n’est pas un produit banal. La tendance à la diminution de la consommation est une bonne nouvelle, et ce, même pour les finances publiques, parce que les coûts sociaux et de santé liés à la consommation d’alcool étaient évalués à 3,24 milliards de dollars en 2020, soit plus de 5 % du budget en santé2.

    Une mission commerciale à concilier avec la responsabilité sociale

    La mission de la SAQ, inscrite dans la Loi sur la Société des alcools du Québec, ne mentionne ni sa responsabilité sociale ni en santé publique. Néanmoins, son statut de monopole d’État vient avec de telles attentes que la SAQ reconnaît elle-même.

    Or, le gouvernement du Québec a demandé, dans son budget 2024-2025, des efforts de 1 milliard sur cinq ans aux sociétés d’État, incluant notamment la SAQ, la Société québécoise du cannabis (SQDC) et Loto-Québec. Cibler une optimisation des revenus pourrait mener à influencer les comportements de consommation envers des produits qui présentent des risques importants sur la santé.

    Pour réduire les coûts et augmenter les profits, la SAQ privilégie les mini-agences, moins coûteuses et aux heures d’ouverture plus étendues qui facilitent l’accès à des boissons à forte teneur en alcool. La livraison privée accentue aussi ce risque. Accroître l’accès à des produits fortement alcoolisés, dans des lieux de proximité, et à des heures élargies et où la vérification de l’âge n’est pas aussi renforcée, c’est accroître les effets négatifs de l’alcool touchant les populations les plus vulnérables. Imaginons-nous réellement que la livraison Uber Eats sera propice à une consommation responsable ?

    De même, la fermeture complète de succursales réduit les coûts, parce que la clientèle est captive : la SAQ détient le monopole sur les produits qu’elle vend. Or, les mini-agences appelées à remplacer certains points de vente offrent une sélection limitée. Ainsi, pour accéder à une gamme complète de produits, on s’attend tout simplement à ce que les citoyens des centres-villes de Gatineau et de Saguenay, à titre d’exemple, parcourent de nombreux kilomètres pour se procurer des produits diversifiés.

    Ce que nous constatons et qui inquiète, c’est que la SAQ est en train de briser le pacte social. Soyons clairs : nous sommes en faveur du monopole public pour la vente de ces produits. Mais cela doit venir avec des responsabilités.

    C’est pour cette raison que nous demandons un moratoire sur les fermetures de succursales et sur le déploiement de la stratégie de nouvelles agences, d’ici à l’adoption d’une politique de responsabilité territoriale.

    La responsabilité sociale et territoriale, c’est d’analyser les impacts sur la santé des décisions qui sont prises, mais aussi l’impact sur la vitalité commerciale des collectivités. La fermeture d’une SAQ peut induire une spirale négative, en nuisant aux affaires des autres commerçants, du boulanger jusqu’à l’épicier, et contribuer à la dévitalisation des centres-villes et noyaux villageois. C’est contraire aux principes d’aménagement durable du territoire, alors que de nombreuses municipalités de partout au Québec déploient des efforts importants pour redynamiser leurs centralités.

    Surtout, pourquoi est-ce qu’une telle réforme du modèle d’affaires de la SAQ se ferait complètement sous le radar ? Les impacts sont beaucoup trop grands. Il faut prendre le temps de l’analyser avant d’aller de l’avant.

    Nous soumettons une première proposition, pour ce débat de société à venir : inscrivons la responsabilité sociale et la santé directement dans la mission inscrite dans la loi sur la SAQ, comme c’est le cas pour la SQDC.

    Les orientations anti-travailleurs de la CAQ se confirment

    La présidente de la CSN, Caroline Senneville, rencontrait le ministre Boulet ce matin au sujet des attaques antisyndicales promues par le gouvernement. Hier, un éventuel projet de loi visant les cotisations syndicales a fuité, indiquant l’intention du gouvernement de continuer de s’en prendre aux travailleuses et aux travailleurs.

    « Même si le ministre Boulet prétend que le document de travail qui a fait l’objet d’une fuite mardi n’est que préliminaire, et qu’il ne s’agit pas d’un document officiel, il ne leurre personne. Ce document, aussi « préliminaire » soit-il, illustre de manière on-ne-peut-plus limpide les orientations anti-travailleurs du gouvernement de la CAQ. En d’autres mots, le jupon traîne par terre », Caroline Senneville, présidente de la CSN.

    Le procès d’Amazon débute vendredi

    Après plusieurs objections préliminaires et autres mesures dilatoires, c’est ce vendredi, devant le Tribunal administratif du travail, que s’ouvrira enfin le procès d’Amazon. La multinationale américaine est en effet l’objet d’un recours intenté par la CSN à la suite de la fermeture, en janvier dernier, de ses sept entrepôts situés au Québec.

    Cette décision constitue un « vaste subterfuge » visant à se soustraire de ses obligations prévues à la loi et à éradiquer toute présence syndicale au sein de l’entreprise, soutient la centrale syndicale dans sa plainte déposée le 20 février dernier. « La multinationale ne cesse pas ses activités de vente en ligne sur le territoire. Elle choisit de réorganiser ses activités dans le but d’éluder ses obligations d’employeur en vertu du Code du travail », précise la requête déposée en vertu des articles 12, 13, 14 et 53 du Code du travail.

    Devant la juge Irène Zaïkoff, le procès s’ouvrira par le témoignage du président d’Amazon Canada Fulfillment Services, Jasmin Begagic, qui devra expliquer en quoi la fermeture des sept centres de distribution constitue une simple décision d’affaires qui n’a aucun lien avec la syndicalisation des employé-es de l’entrepôt DXT4, de Laval, et la campagne de syndicalisation qui était en cours dans les autres entrepôts québécois de la multinationale.

    « Il est clair pour nous que la fermeture des entrepôts d’Amazon visait principalement à freiner la campagne de syndicalisation en cours et la conclusion d’une première convention collective en Amérique du Nord », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Après les nombreuses objections préliminaires et autres mesures dilatoires utilisées par Amazon, le procès peut maintenant aller de l’avant. Il est temps que les travailleuses et les travailleurs obtiennent justice à la suite de ces fermetures illégales à plusieurs égards. »


    Une décision qui défie toute logique

    « Illégale à plusieurs égards », la décision d’Amazon doit être infirmée par le Tribunal, demande la CSN au nom de nombreux plaignants.

    Puisque « les agissements d’Amazon s’attaquent à l’ordre juridique québécois [et] parce que cet employeur n’hésite pas à licencier des milliers de personnes afin de donner l’exemple », la CSN demande au Tribunal d’ordonner la reprise des activités aux sept entrepôts visés par la plainte et de verser à chaque employé plus d’un an de salaire en guise d’indemnité, en plus de dommages moraux et exemplaires.

    La plainte fait valoir que la décision de fermer ses entrepôts québécois est en contradiction directe avec le plan d’affaires mis de l’avant par la multinationale au cours des dernières années. Les quatre derniers centres de livraison au Québec, dont l’entrepôt syndiqué DXT4 à Laval, n’ont été établis que depuis trois ans, rappelle la CSN, à l’image des investissements massifs de la compagnie dans la stratégie du « dernier mile ».

    Ces entrepôts de proximité, nécessaires à la livraison en un jour, « ne constituent pas seulement la façon la plus rapide de livrer les produits aux consommateurs, mais aussi la façon la plus économique de le faire », déclarait en octobre dernier le PDG d’Amazon, Andrew Jassy, après avoir annoncé un an plus tôt son intention de doubler le nombre de stations capables de livrer les colis le jour même.

    « Rien ne laissait présager qu’Amazon choisirait, à peine trois mois plus tard, de faire un retour à un modèle de livraison par des tiers », affirme la CSN dans sa requête. Pour la centrale syndicale, « Amazon n’hésite pas à avoir recours aux mesures les plus extrêmes et à sacrifier sa rentabilité afin d’éviter l’imposition d’une première convention collective », véritable objectif d’une décision aussi draconienne.


    À propos

    Le 19 avril dernier, la CSN déposait une requête auprès du TAT pour représenter les
230 salarié-es de l’entrepôt DXT4 d’Amazon, rue Ernest-Cormier à Laval. Au cours des semaines précédentes, un grand nombre de salarié-es avaient rallié leur syndicat. Le 10 mai, le TAT accréditait officiellement le syndicat, reconnaissant qu’une majorité d’employé-es y avaient adhéré.

    La négociation en vue d’établir une première convention collective a débuté en juillet. Le 22 janvier dernier, Amazon annonçait son intention de fermer ses sept entrepôts au Québec et de céder l’ensemble de ses opérations à la sous-traitance.

    Rappelons qu’Amazon a été condamnée par le TAT pour ingérence et entraves antisyndicales à l’entrepôt YUL2 à Lachine et qu’elle subit présentement un procès du même type pour des actions similaires menées à l’entrepôt DXT4 de Laval.

    Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

    Vers une nouvelle attaque du gouvernement caquiste aux travailleuses et travailleurs?

    Le gouvernement caquiste souhaiterait rendre facultative une partie de la cotisation syndicale, ce qui constituerait une nouvelle attaque aux droits des travailleuses et des travailleurs. Un éventuel projet de loi serait à l’étude selon un document rendu public lundi.

    « Plutôt que de trouver des solutions aux problèmes qui préoccupent les Québécoises et les Québécois, le gouvernement Legault s’enferme dans une logique revancharde qui nous mène dans un cul-de-sac. Le premier ministre et le ministre Boulet cherchent des boucs émissaires et ils continuent de s’attaquer aux travailleuses et aux travailleurs. La priorité, ça devrait être de s’assurer que les toits de nos écoles ne coulent pas, qu’on n’attend pas des heures à l’urgence et d’aider les salarié-es face à la hausse du coût de la vie. Ce qui est clair, c’est que la CAQ parvient bien mal à cacher son bilan peu reluisant, notamment en matière de gestion économique », Caroline Senneville, présidente de la CSN.

    Pour la fin des permis temporaires fermés

    Alors que les voix s’élèvent pour faire annuler ou restreindre le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) du Canada, les travailleuses et travailleurs migrants et leurs allié-es s’unissent pour adresser un message aux membres du parlement : toute modification apportée au PTET et aux autres programmes relatifs à la main-d’œuvre migrante doit être fermement ancrée sur les droits de la personne.

    Les travailleuses et travailleurs migrants, les organisations de la société civile, les syndicats et les organismes communautaires ont lancé des Journées d’action pancanadiennes pour exiger du gouvernement qu’il respecte la dignité et les droits des travailleuses et des travailleurs migrants en leur accordant des permis de travail ouverts, qui leur permettent de changer librement d’employeur. Actuellement, dans le cadre du PTET et d’autres programmes, les permis de travail fermés lient ces travailleuses et travailleurs à un seul employeur. Ce système favorise l’exploitation et les abus de ces travailleuses et travailleurs.

    Depuis des années, les travailleuses et travailleurs migrants, les organisations communautaires, syndicales et internationales, les comités parlementaires et sénatoriaux et même un Rapporteur spécial des Nations unies tirent la sonnette d’alarme sur les méfaits des permis de travail fermés. Les politiciennes et politiciens semblent reconnaître enfin les préjudices auxquels sont exposés les travailleuses et travailleurs, mais leurs propositions ne s’attaquent pas à la cause profonde du problème : les permis de travail fermés, liés à l’employeur. Ce qu’il faut, c’est un cadre fondé sur les droits qui garantit la mobilité, la dignité et une protection égale pour tous les travailleurs et travailleuses au Canada.

    Les Journées d’action pancanadiennes pour les droits des travailleuses et travailleurs migrants 2025 arrivent à un moment critique. Des chefs de partis de toute allégeance, y compris le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, et le chef de l’opposition fédérale, Pierre Poilievre, ont appelé à l’abolition du PTET, tout en continuant à proposer le recours à des travailleuses et travailleurs migrants dans l’agriculture. Cependant, le secteur principal du PTET est celui de l’agriculture et l’agroalimentaire, ce qui démontre que leurs revendications ne visent pas un changement significatif.

    Les Journées d’action ont été lancées le 22 septembre sur la Colline du Parlement par une action symbolique : des travailleuses et travailleurs migrants et leurs alliés se sont entourés d’une chaîne symbolisant le confinement imposé par le permis de travail fermé, brandissant des pancartes aux citations percutantes de personnes ayant subi des abus dans le cadre du PTET. En brisant cette chaîne symbolique, les personnes participantes ont envoyé le message que le gouvernement doit protéger la dignité et la sécurité de tous les travailleurs et défendre le droit de chacun à changer librement d’emploi.

    Tout au long de cette campagne de deux semaines, des sympathisantes et des sympathisants de tout le pays appelleront le gouvernement à agir, en signant des pétitions et des cartes postales, en interpellant leurs député-es, en participant à des actions de solidarité communautaires et en sensibilisant le public à travers les arts, avec des pièces de théâtre, une projection de film et des kiosques lors d’événements. La coalition à l’origine des Journées d’action pancanadienne appelle tous les responsables politiques à faire preuve de courage et de vision pour remplacer les systèmes d’exploitation par des structures qui respectent le droit de chaque personne à la sécurité, à la dignité et à un travail décent.

    Contexte :
    La société civile, les organismes de base et les syndicats dénoncent depuis de nombreuses années le caractère abusif du PTET et se sont mobilisés pour pousser le gouvernement à le modifier. En 2024, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage a publié un rapport appelant à la fin des permis de travail fermés et à l’accès à la résidence permanente pour les travailleuses et travailleurs migrant·e·s participant au programme. En janvier 2025, Amnistie internationale a publié un rapport accablant sur les violations des droits humains subies par les travailleuses et travailleurs migrant·e·s au Canada, réclamant l’abolition des permis de travail fermés et leur remplacement par des permis ouverts, entre autres recommandations qui font écho aux positions des organisations de la société civile.

    Le gouvernement veut se soustraire à son propre règlement en refusant de bien protéger ses employé-es

    Ces derniers jours, le gouvernement Legault a entériné le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement (RMPPÉ). Ce règlement fera en sorte que les travailleuses et les travailleurs de tous les milieux bénéficieront des mécanismes de prévention et de participation en santé et sécurité du travail. Une revendication historique du milieu syndical. « Il y a un très gros mais », avertit cependant la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville.

    « À première vue, c’est une victoire pour les travailleuses et les travailleurs. Mais, avec son projet de loi 101, le gouvernement pourrait saboter ce règlement qu’il vient tout juste d’adopter en se soustrayant à sa propre législation. Ce qui est bon pour tous les employeurs du Québec ne l’est pas pour l’État employeur, le plus gros boss du Québec », s’indigne Mme Senneville.

    En effet, bien que le règlement soit effectif à compter du 1er octobre, avec la prorogation de la session parlementaire, on ne sait pas ce qu’il adviendra du projet de loi 101. Ce dernier prévoit exclure de l’application de ce règlement la vaste majorité des établissements en santé, services sociaux et en éducation, qui emploient une majorité de femmes. « Le gouvernement veut exclure ces établissements à cause de la pénurie de personnel dans ces milieux et en raison des conditions de travail difficiles. Mais cette pénurie peut justement être, en partie, expliquée par ces conditions difficiles et le bilan lésionnel qui y est accablant ! Empêcher les travailleuses de ces secteurs de bénéficier de ces mécanismes est encore plus aberrant dans ce contexte », poursuit la présidente de la centrale.

    S’il ne meurt pas au feuilleton, la CSN exige que le projet de loi 101 soit modifié. « Si jamais il ne revient pas sur son intention, cela confirmera que nous sommes dirigés par un gouvernement sexiste et pingre, qui veut s’offrir un traitement préférentiel en refusant à ses salarié-es la même protection qu’aux autres travailleuses et travailleurs du Québec », conclut Mme Senneville.

    Le gouvernement prend l’éducation « en otage »

    « En retenant l’argent promis aux centres de services scolaires contre la condition de regrouper les services administratifs à l’échelle régionale ou nationale, le gouvernement prend le secteur de l’éducation en otage, pour reprendre des mots que la CAQ aime utiliser », s’indigne Frédéric Brun, président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

    Cette nouvelle contrainte est une façon d’effectuer discrètement la coupe d’un demi-milliard souhaitée par le gouvernement tout en faisant porter l’odieux des conséquences aux centres de services scolaires qui ne pourront répondre à cette exigence. La demande du gouvernement est tout simplement irréaliste :

    • De tels changements administratifs demandent une réflexion et une préparation sérieuse, en amont, et ne peuvent se faire sur un coup de tête alors que l’année scolaire est entamée;
    • La contrainte exigée ne tient pas compte des réalités propres à chaque centre de services scolaire, selon les territoires et les populations qu’ils desservent;
    • La délocalisation du personnel qui pourrait avoir à se déplacer sur des distances si grandes que leur qualité de vie serait affectée à un point tel que l’emploi ne serait plus du tout attractif à leurs yeux;
    • Les impacts importants sur l’attraction et la rétention du personnel, dans un contexte où il est déjà extrêmement difficile de recruter du personnel de soutien dans les écoles;
    • Etc.

    « Si la CAQ cherche à économiser des sommes significatives en éducation, qu’ils regardent du côté des cadres, lance Frédéric Brun. Il y en a de plus en plus, ils ont de plus gros salaires et leur rôle dans la structure est souvent au mieux flou, sinon contestable. »

    Par ailleurs, la FEESP-CSN rappelle que des clauses sont prévues à la convention collective du personnel de soutien scolaire afin de protéger les emplois en cas de fusion, d’annexion ou de restructuration des centres de services scolaires. Ces clauses, comme le sait certainement la nouvelle ministre de l’Éducation, Sonia Lebel, ont été négociées en partie lors de la dernière ronde de négociation du secteur public. « C’est pour le moins surprenant qu’on lie le financement du réseau à une exigence qui est déjà limitée par des clauses de convention collective négociées récemment avec le gouvernement, poursuit Frédéric Brun. Mme Lebel doit retirer cette condition immédiatement. »

    Pour conclure, la FEESP-CSN insiste pour que le gouvernement cesse la mascarade et redonne, sans condition, les sommes nécessaires au le bon fonctionnement du réseau. « Il faut arrêter de faire comme si on pouvait bloquer des sommes sans impacter les enfants. Si la CAQ met des conditions impossibles à remplir pour faire suivre de l’argent dans le réseau, en bout de ligne, ce sera toujours le service à l’élève qui en subira les effets », conclue Frédéric Brun.

    À propos

    La Fédération des employées et employés de services publics représente environ 69 000 membres dans près de 425 syndicats, dont 36 000 travailleuses et travailleurs de soutien dans le réseau scolaire dans 37 syndicats regroupés au sein de notre Secteur soutien scolaire, ce qui fait de la FEESP-CSN l’organisation représentant la vaste majorité du personnel de soutien au Québec.

    Éditorial sur les cotisations syndicales : S’acharner sur la mauvaise cible

    Les intentions de vote de la CAQ sont au plus bas. La solution du gouvernement Legault est de ressortir les mêmes vieilles cartes usées dans l’espoir de se relancer. Il mise sur un grand tour de magie et s’en prend encore une fois à l’immigration et aux syndiqué-es.

    Cette stratégie est un cul-de-sac parce que la baisse de confiance de la population vient d’ailleurs. Le gouvernement déplait en imposant une énième vague d’austérité qui nuit aux services publics, tout en multipliant de mauvais investissements faits avec les fonds publics.

    Restreindre le droit de grève, droit qui permet d’améliorer les conditions de travail et les salaires de milliers de Québécoises et de Québécois n’était pas suffisant. Voilà qu’on s’en prend maintenant aux cotisations et aux finances des syndicats.

    Cette nouvelle salve s’inspire des attaques similaires menées par la droite extrême chez nos voisins du sud, avec les résultats que l’on connait : un taux de syndicalisation famélique, une classe moyenne qui en arrache devant des riches de plus en plus fortunés, le tout dans un climat social très préoccupant.

    Dans le contexte de nombreuses crises actuelles, il est pour le moins surprenant qu’un gouvernement considère l’attaque des organisations syndicales comme une voie à privilégier. Des milliers de Québécoises et de Québécois peinent à se loger et à composer avec la hausse du coût de la vie. Et la solution serait de s’en prendre à l’institution qui est le meilleur garde-fou pour la classe moyenne ? Rappelons que les syndicats demeurent l’un des meilleurs outils pour freiner les inégalités sociales.

    Disons-le-nous franchement : depuis la hausse de l’inflation, des milliers de travailleuses et de travailleurs ont réussi à obtenir de bonnes augmentations salariales. Tout ça parce que leur employeur leur aurait fait de beaux cadeaux en remerciement du service rendu ? Que nenni ! Ce sont les luttes syndicales qui, d’hier à aujourd’hui, permettent d’améliorer le quotidien des travailleuses et des travailleurs.

    Le rôle des syndicats ne peut se confiner à négocier des conventions collectives. Les travailleuses et les travailleurs ne sont pas des robots qu’on éteint après leur shift. Ce sont des citoyennes et des citoyens qui subissent la hausse du prix des loyers et des propriétés et les impacts des coupes et des réformes centralisatrices du secteur public. Rien ne sert d’avoir le meilleur contrat de travail si tu ne peux te loger ou avoir accès à des services d’éducation et de santé. C’est grâce aux luttes syndicales que nous avons obtenu l’équité salariale, des services publics de qualité, une protection en santé et sécurité du travail et de bonnes conventions collectives. Ce n’est certainement pas le patronat qui a milité pour mettre sur pied un régime d’assurance parentale ! Ces gains font une différence dans la vie de la majorité de la population.

    Attaquer les syndicats ne fait que déséquilibrer davantage le rapport de force entre les employeurs et les travailleurs. Notre système de relations de travail s’ancre dans un compromis historique. Pour obtenir la paix industrielle, les employeurs et les gouvernements ont consenti à reconnaître les syndicats.

    Pendant que le gouvernement s’en prend aux cotisations syndicales, pas un mot sur les millions de dollars dépensés par les associations patronales pour faire du lobbying auprès des élu-es. Si l’on veut regarder de près les finances des syndicats, pourquoi ne pas en faire autant pour les entreprises ? Est-ce que certaines décisions de syndicats peuvent être remises en question ? Tout à fait. Ils ne sont pas parfaits. Mais s’attaquer sans cesse à la même cible favorise le pouvoir patronal et accentue les inégalités sociales.

    Militer syndicalement, c’est accepter de déranger. C’est accepter de contrarier les puissants ; pas pour le plaisir, mais pour améliorer la vie des travailleuses et des travailleurs. Et c’est la voie que la CSN continuera de suivre.

    Caroline Senneville

    Présidente de la CSN

    Des recommandations à la hauteur des défis de l’industrie audiovisuelle, la volonté politique le sera-t-elle ?

    La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) salue le travail réalisé par le Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec (GTAAQ). « L’ampleur de l’exercice est colossale. Le nombre important de recommandations démontre à quel point notre industrie audiovisuelle a besoin d’appuis sérieux. Nous pressons le ministre de la Culture et des Communications de faire siennes les recommandations du GTAAQ et d’effectuer les représentations nécessaires auprès de ses collègues ministres, notamment le ministre des Finances, afin de permettre que ces recommandations prennent vie », déclare Annick Charette, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), l’une des principales organisations syndicales dans le domaine de l’audiovisuel au Québec.

    La FNCC–CSN souligne plus particulièrement quelques recommandations. « En premier lieu, le GTAAQ recommande d’améliorer les conditions de travail du personnel de l’industrie, notamment en créant un filet social qui permettrait l’adaptation des régimes d’assurance-emploi et en développant des mécanismes de protection correspondant à la nature intermittente et créative du travail. Reconnaître la contribution incontournable des travailleuses, travailleurs, artistes et artisans de ces secteurs en s’efforçant de leur accorder les mêmes droits et avantages qu’aux autres travailleuses et travailleurs a toujours fait partie des priorités de la FNCC », souligne Mme Charette.

    « Nous sommes évidemment très heureux de voir que le GTAAQ a fait siennes nos recommandations à l’égard de l’élargissement du crédit d’impôt aux médias électroniques, de même que la recommandation d’améliorer les achats publicitaires dans les médias locaux. Nous mettons de l’avant ces mesures depuis quelques années déjà, dans le cadre de notre campagne L’information, un bien public », rappelle Mme Charette.

    La présidente est aussi enthousiaste de constater que le Groupe de travail recommande d’étendre le mandat de Télé-Québec et de lui assurer plus de moyens financiers, une autre revendication historique de la fédération. « Il est plus que temps que Télé-Québec soit considéré comme un véritable diffuseur national, surtout dans le contexte de la survie de notre spécificité ! », s’exclame-t-elle.

    La FNCC évalue positivement la recommandation de mieux soutenir les festivals et l’industrie de l’animation, qui en ont bien besoin. « Les conditions d’emploi des travailleuses et travailleurs des festivals sont très difficiles. Nous sommes aussi en phase avec le GTAAQ quand il recommande de réviser le crédit d’impôt pour les services de production, notamment la bonification liée aux effets visuels et à l’animation. Le secteur de l’animation dépérit depuis quelques années au Québec par la désaffection des crédits d’impôt provinciaux. La production a migré notamment vers l’Ontario », continue Mme Charette.

    « Il nous apparait impératif et urgent d’appuyer toute mesure visant l’encadrement et garantissant la souveraineté numérique du Québec. Nous appuyons l’ensemble des recommandations en lien, plus spécifiquement, avec tout ce qui touche à la protection du droit d’auteur et à la primauté de l’apport humain dans la création », affirme la présidente.

    La présidente de la FNCC–CSN conclut en émettant ce souhait : « Un remaniement ministériel est à nos portes. La personne qui occupera le siège de ministre de la Culture et des Communications devra conserver le rapport du GTAAQ sur sa table de chevet et tout mettre en œuvre pour que ses recommandations soient mises en œuvre ».

    À propos

    La FNCC–CSN regroupe 6000 membres dans 80 syndicats œuvrant dans les domaines des communications, du journalisme et de la culture. Elle est l’une des huit fédérations de la CSN qui réunit près de 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

    Coupes dans le secteur public: c’est le temps de ranger les boules à mites

    Pour certains, le concept de suppression de postes de fonctionnaires ressemble à un sport national, tellement c’est une pratique courante. Cela permet de recycler sans cesse les idées sorties des boules à mites. L’Institut économique de Montréal (IEDM) refait le coup cette semaine en dénonçant que le gouvernement Legault ne supprime pas assez d’emplois dans le secteur public.

    Ce sont les mêmes arguments qu’on nous sert sans cesse depuis plus de quarante ans. Les finances publiques seraient hors de contrôle et l’unique solution serait de mettre à la porte des travailleuses et des travailleurs. Pas un mot sur le fait que nos gouvernements continuent de se priver davantage de revenus, année après année. Rien non plus sur les réformes centralisatrices qui désorganisent encore nos services publics tout en entraînant une hausse des postes de cadres.

    Le cycle de l’austérité affaiblit encore les services à la population

    Si l’IEDM veut nous laisser croire qu’abolir des postes de fonctionnaires se fait comme par magie, sans avoir le moindre impact sur la population, la réalité est tout autre. Le nouveau cycle d’austérité dans lequel le gouvernement caquiste a plongé le Québec suit la même recette que les précédents. Après avoir baissé les impôts, on se retrouve le bec à l’eau avec un déficit à éponger… en coupant dans le secteur public !

    Depuis octobre 2024, le gouvernement impose un gel d’embauche du personnel administratif, notamment dans le réseau de la santé et des services sociaux et dans celui de l’éducation. Tout cela a un impact direct sur les services. Quand il y a moins de personnel administratif pour épauler le personnel soignant, c’est ce dernier qui se retrouve à passer plus de temps dans la paperasse plutôt que de traiter la population.

    Ce n’est pas de nouvelles coupes dans nos services publics dont nous avons besoin, mais de l’abandon du mauvais scénario qui ramène sans cesse une austérité qui affaiblit nos services publics. Cette austérité mène aussi à une plus grande privatisation qui entraine trop souvent des dépassements de coûts et des dérapages dont nous entendons trop souvent parler. Pensons seulement au dernier exemple en date avec le scandale de SAAQclic.

    Pour y arriver, les élu-es doivent cesser de ne répondre qu’aux lobbys patronaux, qui versent des larmes de crocodile dès qu’il est question d’augmenter les revenus de l’État ou d’améliorer les conditions de travail de celles et ceux qui assurent les services à la population.

    Un biais antisyndical qui se nourrit de mauvaises données

    Comme si ce n’était pas assez, cette énième attaque contre les méchants fonctionnaires et les syndicats nous vient du même chercheur qui diffusait pendant des mois, des données qui se sont avérées erronées sur le nombre « record » de grèves au Québec. Contrairement à ce que l’IEDM prétendait, il n’y a pas eu 759 grèves au Québec en 2024, mais bien 208. Les données étaient erronées. Mais comme elles permettaient de s’en prendre aux syndicats et aidaient le ministre du Travail à faire adopter son projet de loi pour restreindre le droit de grève, il ne fallait pas trop s’en formaliser. Nous aurions pu espérer que ce faux bond de l’institut le pousse à agir autrement, mais nous assistons cette semaine aux mêmes offensives antisyndicales que nous entendons que trop souvent de leur part.

    Caroline Senneville
    Présidente de la CSN