Les avocates et avocats de l’aide juridique demandent aux candidats de s’engager pour la parité

Alors qu’un débat électoral organisé par le Barreau du Québec aura lieu ce soir entre des candidats des différents partis, les syndicats d’avocates et d’avocats de l’aide juridique affiliés à la CSN souhaitent y voir discuter les enjeux relatifs à l’accessibilité au système de justice du Québec, lequel est plombé, comme plusieurs secteurs, par les problèmes liés à la pénurie de main-d’œuvre.

En ce sens, ils demandent aux candidates et aux candidats de se prononcer en faveur de la parité salariale entre les avocats de l’aide juridique et les procureur-es de la Couronne, corolaire de l’équilibre entre la poursuite et la défense sur lequel repose notre système de justice.

« Notre système de justice est aux prises avec d’importants problèmes de recrutement qui minent l’accès à la justice pour la population québécoise, notamment les plus démuni-es », fait remarquer Laurence Côté-Lebrun, présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. « On ne peut se permettre d’avoir deux classes d’avocats payés par le même employeur, à savoir le gouvernement du Québec, et de donner aux personnes portant l’accusation au nom de l’État de meilleures conditions salaires qu’à celles défendant les citoyennes et les citoyens qui n’ont pas les moyens financiers d’assumer les coûts de leur défense. »

« Les avocates et les avocats de l’aide juridique seront au cœur de réformes dont l’actualité des derniers mois a démontré toute la nécessité », ajoute la présidente du syndicat de Montréal et de Laval, Justine Lambert-Boulianne. « C’est le cas de l’ensemble des avocates et avocats œuvrant en droits de la jeunesse, dans la foulée des recommandations du rapport Laurent ainsi qu’au sein des programmes d’appui aux victimes de violence conjugale ou sexuelle à la suite du rapport Rebâtir la confiance. Si le prochain gouvernement souhaite attirer et garder les atouts nécessaires pour ces chantiers majeurs pour la société québécoise, il doit reconnaître la parité salariale de l’aide juridique avec la Couronne, maintes fois renouvelée au fil des conventions collectives. »

« Il appert que le Conseil du trésor n’a pas obtenu les mandats nécessaires pour s’engager noir sur blanc à maintenir cette parité », regrette pour sa part Sandrine Malo, vice-présidente de la région des Laurentides et de Lanaudière. Voilà pourquoi nous demandons au ministre de la Justice sortant ainsi qu’aux autres candidats de s’engager fermement, lors du débat ce soir, à soutenir la parité salariale entre les avocats de l’aide juridique et ceux de la Couronne au sein du prochain gouvernement. »

Sans convention collective depuis le 31 décembre 2019, les syndicats de l’aide juridique affiliés à la CSN représentent 200 avocates et avocats de Montréal, de Laval, des Laurentides, de Lanaudière, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Ils sont affiliés à la Fédération des professionnèles–CSN. Fondée en 1921, la CSN regroupe quelque 325 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Sans entente avec Québec, les avocates et avocats de l’aide juridique déclenchent la grève

Toujours sans nouvelles du Conseil du trésor, les syndicats des avocates et avocats affiliés à la CSN tiennent aujourd’hui une nouvelle journée de grève. Alors que la rentrée judiciaire de l’automne était soulignée au palais de justice de Montréal en présence du ministre de la Justice sortant, Simon Jolin-Barrette, le discours de ce dernier fut interrompu, silencieusement, par les grévistes qui ont brandi des pancartes réclamant la parité salariale avec les procureur-es de la Couronne.

La présidente du Syndicat des avocats et avocates de l’aide juridique de Montréal et Laval–CSN, Justine Lambert-Boulianne, a d’ailleurs rappelé que tant la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, que son collègue de la Justice, le ministre Jolin-Barrette, se sont prononcés par le passé sur la nécessité de maintenir cette parité salariale.

« La rentrée judiciaire coïncide avec l’accélération du rythme de dossiers pour les avocats permanents de l’aide juridique et les nouveaux défis qui s’ajoutent chaque année », a-t-elle affirmé en marge d’une manifestation qui s’est tenue devant le palais de justice ce midi. « C’est notamment le cas en matière de droits de la jeunesse dans la foulée des recommandations de la Commission Laurent ainsi qu’au sein de différents programmes d’appui aux victimes de violence conjugale ou sexuelle, ou face aux problèmes causés par la pénurie criante de logements. Autant de chantiers développés actuellement par le ministre qui nécessitent l’appui des avocates et des avocats de l’aide juridique. Or, ce même gouvernement refuse la parité salariale avec la Couronne alors qu’elle a été réaffirmée lors de la dernière négo, il y a à peine trois ans. »

Présente à la manifestation, la présidente de la CSN, Caroline Senneville, a tenu à exprimer sa profonde solidarité envers les grévistes de l’aide juridique. « Ce conflit de travail repose sur une question de justice : la poursuite et la défense doivent pouvoir agir sur un pied d’égalité. Un principe qui a été reconnu négociation après négociation par Québec qui, allez savoir pourquoi, s’entête cette fois-ci dans une voie qui ferait en sorte que les avocats de l’aide juridique auraient une rémunération inférieure à celle des procureur-es de la Couronne. Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet notre appareil judiciaire, il s’agit d’une orientation complètement malavisée », a-t-elle déclaré.

Les régions de Montréal, de Laval, des Laurentides, de Lanaudière, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie sont touchées par ce débrayage. Plusieurs avocates et avocats de ces régions ont convergé vers Montréal, en plus de tenir des lignes de piquetage un peu partout en région. Alors que leur convention collective est échue depuis plus de deux ans, ils désirent ainsi augmenter la pression sur le Conseil du trésor qui refuse de consentir des mandats de négociation pour maintenir la parité salariale avec les procureur-es de la Couronne employés par Québec. Pourtant, le ministre a récemment offert aux avocats de la pratique privée la mise en place des recommandations qui les concernent pour les honoraires reliés aux mandats externes. Les avocats de l’aide juridique s’indignent du refus du ministre d’honorer l’engagement de 2019 qu’il a pris envers eux.

La CSN s’inquiète que d’éventuelles baisses d’impôts soient faites sur le dos des jeunes

En pleine rentrée et à la veille du déclenchement officiel de la campagne électorale québécoise, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et ses fédérations du secteur de l’éducation réclament un positionnement immédiat de la part de tous les partis en faveur de l’éducation comme véritable priorité québécoise, au lieu de promesses de baisses d’impôts faites au détriment des services publics en général, et des élèves, étudiantes et étudiants en particulier. Alors que les finances du Québec se portent bien et que les employé-es du monde de l’éducation et les élèves font face à des défis encore jamais vus dans le réseau, la CSN demande aux partis de s’engager à :

  1. Réinvestir massivement dans le réseau à l’aide d’un financement étatique stable et prévisible.
  2. Mettre en place de réelles mesures d’attraction et de rétention pour l’ensemble des professions du réseau, et les financer à la hauteur des besoins.
  3. Reconnaître le personnel de soutien comme une composante essentielle du réseau de l’éducation.
  4. Baisser les ratios éducatrices-élèves et maître-élèves, de la maternelle à l’université, afin de répondre notamment à l’augmentation continue du nombre d’élèves et d’étudiant-es à besoins particuliers.

CITATIONS

« Les élèves, les enseignantes et les enseignants, les professionnel-les et les employé-es de soutien en ont bavé au cours des deux dernières années, mais bien avant aussi. Si l’éducation était perçue comme une valeur fondamentale de la société québécoise, on ne serait pas encore en train de parler de conditions de travail gênantes, de pénuries de personnel, d’écoles vétustes et de classes mal ventilées dans les écoles, les cégeps et les universités. L’éducation ne sera jamais une dépense : c’est un investissement pour l’avenir! Qu’on arrête de promettre des baisses d’impôts sur le dos des jeunes, et qu’on finance à sa juste valeur le réseau, pour le bien-être de ceux et celles qui y étudient et qui y travaillent, avant que ça nuise définitivement à la société québécoise. »

  • CAROLINE SENNEVILLE, présidente de la CSN

 

« Les conditions d’apprentissage de nos jeunes se détériorent. M. Roberge et Mme McCann ont malheureusement poursuivi dans la même ligne que leurs prédécesseurs en refusant de reconnaître le rôle majeur que joue le personnel de soutien en éducation. Aujourd’hui, on voit les conséquences désastreuses de ce manque de considération : il y a présentement plus de 2000 postes d’employé-es de soutien vacants dans les écoles et les cégeps. Quels sont les impacts de cette pénurie? Des ratios qui explosent dans les services de garde, des jeunes qui n’ont pas le suivi dont ils ont besoin en raison du manque de techniciennes en éducation spécialisée, des techniciens en travaux pratiques trop peu nombreux pour préparer adéquatement les laboratoires et les ateliers. Sans parler des effets moins visibles, mais tout aussi importants, de la pénurie de personnel administratif et d’employé-es d’entretien pour s’occuper des bâtisses.

  • BENOÎT MALENFANT, président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

 

« Avec l’augmentation exponentielle des élèves, étudiantes et étudiants à besoins particuliers et la détresse que nous côtoyons quotidiennement dans nos établissements, il est grand temps de mieux financer les réseaux de l’éducation ainsi que de l’enseignement supérieur pour leur donner les moyens de mieux former la relève. Il y a urgence de valoriser la profession enseignante et d’investir afin d’améliorer les conditions de travail et les conditions d’apprentissage. Un véritable coup de barre s’impose d’autant plus que, collectivement, nous avons les moyens de nos ambitions pour les jeunes du Québec. »

  • CAROLINE QUESNEL, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)

 

« Trop souvent, le financement des programmes d’enseignement supérieur est dépendant des inscriptions étudiantes et des besoins du marché du travail. Or, les établissements d’enseignement supérieur ne forment pas juste les futures travailleuses mais ils forment aussi les citoyennes, les penseurs, les bâtisseurs et bâtisseuses de la société de demain. C’est pourquoi il est essentiel que le prochain gouvernement réinvestisse dans le réseau, et ce, par un financement étatique stable, prévisible et équitable entre les programmes. »

  • DANNY ROY, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN)

 

À propos

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de plus de 1 600 syndicats, elle défend près de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations ainsi que dans treize conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec.

La FEESP–CSN représente près de 40 000 employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation et de l’enseignement supérieur. La FNEEQ–CSN regroupe quelque 35 000 professeurs, chargé-es de cours et tuteurs-trices, principalement en enseignement supérieur. La FP–CSN représente plus de 2 000 professeur-es et professionnel-les de l’enseignement supérieur.

Santé et services sociaux : De nouvelles plaintes contre un gouvernement récidiviste

Les organisations syndicales représentant le personnel du réseau de la santé et des services sociaux se voient dans l’obligation de déposer de nouvelles plaintes pour dénoncer encore une fois le gouvernement qui a fait entrave aux organisations syndicales. Depuis plusieurs mois, le gouvernement s’entête à agir seul, il contourne les syndicats et refuse de négocier avec ces derniers pour améliorer la situation dans le réseau.

Cette nouvelle série de plaintes déposées en vertu de l’article 12 du Code du travail vise à dénoncer les mesures estivales implantées unilatéralement par le gouvernement dans les dernières semaines. Ces mesures concernent notamment la rémunération du temps supplémentaire à taux double, octroyées seulement à certaines conditions. En mai dernier, les organisations syndicales avaient tendu la main au ministre pour convenir de mesures à mettre en place pour traverser la période estivale, alors que le personnel est surchargé et que le manque d’effectifs frappe le réseau de manière importante et de façon récurrente. Le gouvernement avait alors refusé de discuter avec les organisations syndicales, pour finalement imposer des mesures selon certaines conditions le 21 juillet.

Rappelons que les organisations syndicales ont récemment remporté une importante victoire juridique en contestant l’arrêté ministériel 2021-071 qui prévoyait des primes importantes, assorties d’une série de conditions disqualifiantes pour les professionnelles en soins, alors que des ententes de principes avaient été conclues quelques semaines auparavant avec les organisations syndicales pour le renouvellement des conventions collectives.

Les organisations syndicales réclament que le gouvernement cesse d’entraver les activités syndicales et qu’il négocie dorénavant les mesures à mettre en place pour mettre fin à la crise qui touche le réseau. Les organisations syndicales demandent de plus des dommages punitifs étant donné la récidive du gouvernement.

« Le gouvernement vient de se faire taper sur les doigts. Le tribunal lui a clairement dit qu’il doit arrêter d’entraver les activités syndicales et d’agir de manière autoritaire. C’est pour s’assurer que les choses changent pour le personnel du réseau que ces plaintes ont été déposées. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement s’obstine à faire à sa tête. Force est de constater que cette pratique ne fonctionne pas du tout. Il doit maintenant admettre que le temps est venu d’entendre les solutions du personnel », indiquent les représentantes et représentants de la FSSS-CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP-CSN et du SPGQ.

Les sages-femmes adoptent une entente collective de quatre ans

Les membres du Regroupement Les sages-femmes du Québec ont entériné mercredi l’accord de principe intervenu le mois dernier avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de l’entente collective qui les lie au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Réunies en assemblée générale par visioconférence, plus de 92 % des membres ont accepté les termes d’un nouveau contrat de travail de quatre ans qui s’étendra jusqu’au 31 mars 2024. Ces travailleuses autonomes étaient sans contrat depuis le 31 mars 2020.

L’entente, qui a nécessité 19 séances de négociation, confirme l’autonomie des professionnelles, améliore les conditions d’entrée dans la profession, bonifie les conditions générales de pratique, notamment en région, et contribue à consolider les services dispensés aux parents à travers le Québec.

Des conditions nettement plus avantageuses
La nouvelle entente comporte d’importants gains pour les sages-femmes. Une refonte des échelles salariales fait ainsi disparaître les quatre premiers échelons. Pour les recrues, cela représente une augmentation qui varie entre 7 % et 20 %. À la signature du contrat, une nouvelle sage-femme à temps plein débutera avec un salaire annuel de 73 000 $ (au lieu de 60 000 $ actuellement) pour atteindre 103 000 $ après dix ans. Une responsable des services de sage-femme commencera à 83 000 $ et terminera à 114 000 $.

Les sages-femmes doivent souvent être disponibles le jour, le soir et la nuit entre huit et dix jours sur 14. Dans le cadre d’un projet pilote, le gouvernement améliorera la rétribution de cette disponibilité. Une compensation annuelle de 13 000 $ à 16 000 $ leur sera octroyée. C’est une augmentation qui varie de 45 % à 80 % pour la majorité d’entre elles. S’ajoutent aussi des primes de soir, de nuit et de fin de semaine qui varient de 4 % à 15 %. Elles bénéficieront en outre d’une prime de 1 % si elles acceptent de travailler à temps complet.

Des hausses salariales équivalentes à celles du réseau de la santé
Pour chacune des trois premières années du contrat, les sages-femmes obtiennent une augmentation rétroactive de 2 %. Pour la quatrième année du contrat (2023-2024), elles ont l’assurance de recevoir une augmentation équivalente à celle du secteur public. Lorsqu’elles iront travailler dans une des quatre régions où il y a rareté de main-d’œuvre, elles recevront en outre un forfait d’installation variant de 10 000 $ à 25 000 $.

Différents gains permettront aussi de soutenir le développement de la profession, tels que des journées de perfectionnement additionnelles, une prime d’encadrement de stagiaire de 2 % et la possibilité de se prévaloir d’un congé sans rémunération pour études ou enseignement. L’entente prévoit également 20 journées de libérations professionnelles additionnelles et la mise en place de comités paritaires qui se pencheront sur différents enjeux.

Le résultat d’une mobilisation
« Nous sommes fières du travail accompli, a déclaré la présidente du RSFQ, Josyane Giroux. Cette entente est le résultat de la mobilisation des sages-femmes, des femmes et des familles, sans oublier le travail acharné de toute l’équipe du regroupement, de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et de la CSN. »

« Le gouvernement fait des pas considérables dans la voie de la reconnaissance de notre profession et de son importance dans le réseau de la santé du Québec, a-t-elle souligné. Nous espérons qu’elle contribuera à améliorer l’accès au soin en santé reproductive pour les femmes et personnes enceintes du Québec. »

« Depuis la légalisation de leur profession, les sages-femmes ont eu de la difficulté à faire reconnaître leur profession à sa juste valeur et à obtenir des conditions de travail équitables par rapport aux autres professionnel-les du réseau, a commenté Guy Albert Coulombe, trésorier de la FP–CSN. Leurs négociations sont souvent longues et ardues. La fédération est fière de les avoir accompagnées et s’assurera que les prochaines négociations débutent à partir des gains acquis dans la présente entente. »

« Trop peu, trop tard », dénoncent les syndicats du réseau

Bien qu’elles accueillent favorablement l’annonce du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de payer à taux double les heures supplémentaires effectuées par les travailleuses et les travailleurs, les organisations syndicales se désolent qu’il y ait des conditions à l’application de cette mesure et du laxisme du gouvernement Legault dans ce dossier. Pour elles c’est trop peu, trop tard.

« Nous avons avisé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, le 9 mai dernier que la situation sur le terrain s’avérait très précaire et qu’il fallait convenir d’un plan pour éviter les bris de services cet été. Nous lui avons tendu la main. En la refusant et en n’agissant pas immédiatement, le gouvernement a laissé la situation se détériorer à tel point que la mesure annoncée hier est nettement insuffisante. Encore une fois, il improvise au lieu de planifier », ont déploré les porte-paroles de l’APTS, de la FIQ, de la FP–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FSSS–CSN, du SCFP, du SPGQ et du SQEES-FTQ.

Les organisations syndicales regrettent d’ailleurs que le gouvernement poursuive sa gestion autoritaire et unilatérale en faisant fi des mécanismes prévus dans les conventions collectives afin de mettre en place de nouvelles conditions de travail, adaptées à la situation dans le réseau. Selon elles, le gouvernement aurait eu avantage à agir en concertation avec elles afin de regarder l’ensemble des options et de choisir les meilleures solutions. D’ailleurs l’une des mesures qui avait bien fonctionné cet hiver, l’accumulation d’une demi-journée de congé par quart de travail en temps supplémentaire complet, a été balayée du revers de la main par le MSSS.

« Si nous avions convenu dès le mois de mai, ensemble, d’une série de mesures structurantes, les salarié-es du réseau seraient plus mobilisés et moins fatigués, et le risque de bris de services serait bien moindre que maintenant. Là, on compose avec un gouvernement qui a chanté la moitié de l’été et qui se retrouve fort dépourvu en plein milieu d’une 7e vague de COVID-19 », ont ajouté les porte-paroles syndicaux.

La COVID continue de surcharger le réseau
Lors de la rencontre avec le MSSS, où elles ont été mises devant le fait accompli, les organisations syndicales ont relevé le manque de cohérence du ministère face à cette nouvelle vague et le fait que, malheureusement, ce sont encore les personnes salariées du réseau de la santé et des services sociaux qui en paient le prix.

« Le gouvernement refuse toujours d’accorder des congés supplémentaires aux membres du personnel lorsque ces personnes sont obligées de s’isoler en raison de la COVID-19, parce qu’elles sont positives ou qu’une ou un proche en est atteint. C’est sans compter que certaines retournent au travail même en étant positives à la COVID-19, mettant en danger collègues, patientes et patients. Si le gouvernement veut devenir l’employeur de choix, comme il le clame dans son plan santé [et services sociaux], il serait plus que temps qu’il soutienne adéquatement ses salarié-es et qu’il applique le principe de précaution pour celles et ceux qui tiennent le réseau à bout de bras », ont conclu les porte-paroles syndicaux.

Les travailleuses et travailleurs du Groupe Vétéri Médic–CSN acceptent l’entente de principe à 93 %

Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Groupe Vétéri Médic–CSN ont accepté la récente entente de principe à 93 % lors d’un vote tenu le 20 juillet en assemblée. Cette nouvelle convention collective prendra fin le 30 juin 2025. Le syndicat a notamment obtenu des hausses salariales de 5 % pour la première année et de 3,5 % pour les années subséquentes.

Le syndicat a aussi obtenu des gains en ce qui a trait à 46 de ses demandes incluant une augmentation des congés de maladie pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs et des jours de vacances supplémentaires pour les personnes ayant accumulé de l’ancienneté.

Finalement, les primes de soir, de nuit et de fin de semaine ont été respectivement bonifiées de 1 $, 3 $ et 2,50 $ depuis le début des négociations. Les primes accordées aux techniciennes et techniciens certifiés, pour leur part, passent de 1 $ à 2 $. Elles ont également été augmentées pour les techniciennes et techniciens spécialisés, passant de 3 $ à 4 $.

« Nous pouvons être fiers du travail accompli par notre syndicat de Vétéri Médic. Ce syndicat est une véritable locomotive pour les conditions de travail des collègues des autres cliniques du réseau Vet et Nous !. Comme nous l’avons vu lors de la négociation de notre dernière convention, il y a fort à parier que le reste du groupe bénéficiera de ces gains dans les prochaines semaines », a commenté Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles–CSN.

« Le syndicat présent chez Vet et Nous ! est un exemple de l’influence que peut avoir un syndicat sur tout un environnement de travail. Les gains que ces personnes vont chercher sont toujours accordés à l’ensemble des autres cliniques. Ce n’est pas le reste du groupe qui leur permet d’avoir les conditions de travail qu’elles ont aujourd’hui, mais l’influence qu’exerce leur syndicat sur l’employeur », indique Danny Chamberland, secrétaire-trésorier du Conseil central de la Montérégie–CSN.

Rappelons que les travailleuses et les travailleurs du Groupe Vétéri Médic–CSN sont les seuls du groupe Vétéri Médic, maintenant Vet et Nous !, à être syndiqués. Le groupe représente vingt-quatre cliniques et hôpitaux ainsi que trois centres de référence sous sa bannière.

Les sages-femmes concluent une entente de principe

Tard dans la nuit de vendredi dernier, le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) a conclu une entente de principe avec les négociateurs gouvernementaux.
Privées de contrat depuis les deux dernières années, les sages-femmes ont dû s’armer de patience pour obtenir le début de véritables négociations avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Tout au long de la pandémie, elles ont ainsi maintenu les services avec courage. Mais depuis quelques mois, plusieurs d’entre elles n’avaient pas renouvelé leur permis d’exercice, faute d’une rémunération satisfaisante et de conditions d’exercice intéressantes. Pour les finissantes universitaires, l’intérêt d’étudier, d’intégrer la profession et d’y rester commençait sérieusement à s’étioler.

Un parcours de longue haleine
Forcées d’attendre pendant une vingtaine de mois, les sages-femmes ont finalement pu commencer à négocier à la suite d’un vote unanime de l’Assemblée nationale du Québec en mars dernier. Leur mobilisation a permis d’obtenir par la suite de nouvelles offres du Conseil du trésor. Au cours des dernières semaines, la voix des parents solidaires de la cause a aussi porté haut et fort, notamment grâce à la Coalition pour la pratique sage-femme, un mouvement soutenu par la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Les pourparlers se sont finalement intensifiés au printemps et les discussions avec le Conseil du trésor ont culminé au cours des mois de juin et juillet, ponctuées – faut-il rappeler – de quelques manifestations hautes en couleur.

Les détails à venir
Les détails de l’entente, qui a été négociée avec le soutien et l’expertise de la Fédération des professionèles–CSN, seront d’abord soumis aux répondantes CRT (comité de relations de travail). Cette instance, qui joue un rôle équivalent à celui d’un conseil syndical, représente chacun des services sages-femmes. Si l’instance le recommande, l’entente sera ensuite présentée à l’assemblée générale du RSFQ, ce qui pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’été, précise-t-on.

La solidarité a fait la différence
Dans un communiqué diffusé tôt samedi matin, la présidente du RSFQ, Josyane Giroux, s’est dite « fière du travail accompli » au nom de tous les membres du comité de négociation. « Nous avons hâte de partager ce que nous considérons être de grandes améliorations des conditions de travail des sages-femmes et des responsables des services de sages-femmes, a-t-elle d’abord souligné. « Tout au long du processus, votre soutien, votre mobilisation, vos précieux mots d’encouragement et votre présence ont eu un impact concret sur le cours des choses. Un grand merci pour votre appui et votre confiance. Merci également aux familles d’avoir fait entendre leur voix. »

Les sages-femmes réclament l’équité avant les vacances de la construction

Les négociations entre Québec et le Regroupement Les Sages-Femmes du Québec entrent aujourd’hui, mercredi, dans une phase critique.
Mardi, une trentaine de sages-femmes et de sympathisantes ont manifesté à Québec devant les locaux du ministère du Travail où se déroulaient les négociations avec le Conseil du trésor pour le renouvellement de l’entente-cadre avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Les négociations achoppent notamment sur la rémunération des longues heures de garde des sages-femmes, à qui Québec refuse l’équité avec les autres travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux.

« C’est du sexisme ! »
« Les sages-femmes sont des femmes dévouées qui offrent des services à d’autres femmes, a rappelé Mélanie Pelletier, vice-présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN). Or les sages-femmes sont toujours les dernières à obtenir un règlement. »

« Le gouvernement essaye de leur offrir moins que les autres en disant qu’il en a toujours été ainsi, a-t-elle insisté. C’est vraiment du sexisme. Il est temps que le gouvernement reconnaisse la valeur du travail des sages-femmes. »

« La FP–CSN est derrière vous »
« Dans tous les milieux de travail à prédominance masculine, le gouvernement paye une heure pour chaque période de garde de huit heures, a souligné Sébastien Collard, responsable du secteur de la santé et des services sociaux à la Fédération de professionnèles (FP–CSN). Aux sages-femmes, le gouvernement n’offre que la moitié de ce salaire-là. »

« Les sages-femmes font quelque chose d’importance pour les autres femmes, a-t-il insisté. Elles les accompagnent pour qu’elles puissent vivre l’expérience de la maternité. La FP–CSN est là et appuie les sages-femmes. On va faire ce qu’il faut pour qu’elles obtiennent un règlement avant les vacances de la construction. »

Pour assurer une relève
Venue comme d’autres sympathisantes appuyer les revendications des sages-femmes, Roxanne Lorrain, coordonnatrice de la Coalition pour la pratique sage-femme, a rappelé que ces professionnelles « répondent à des besoins spécifiques et essentiels des femmes enceintes et des familles depuis plus de 40 ans ». Or la situation dans certaines régions est désormais « critique ».

« Pour assurer la pérennité des services, le gouvernement doit offrir les moyens d’assurer une relève dans ce modèle de pratique. Les sages-femmes méritent une reconnaissance financière pour leur disponibilité. »

Syndicat national des archéologues du Québec–CSN

Le Syndicat national des archéologues du Québec–CSN a été accrédité le 7 juillet 2021 pour représenter :

« Toutes et tous les salariés de la division Archéologie, à l’exclusion du personnel de soutien administratif »

Par la syndicalisation, les archéologues revendiquent des améliorations significatives de leurs conditions de travail, la lutte à la précarité d’emploi et des milieux de travail plus sécuritaires. S’ajoutent à ces enjeux traditionnels la valorisation de leur profession et du patrimoine historique québécois et autochtone.

Le Syndicat national des archéologues du Québec–CSN sera affilié au Conseil central du Montréal métropolitain, à la Fédération des professionnèles et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Syndicat des travailleuses et travailleurs de la TCRI–CSN

Les travailleuses et les travailleurs de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) ont majoritairement choisi de joindre les rangs de la CSN.

La TCRI est un organisme communautaire regroupant 160 autres organismes oeuvrant auprès des personnes réfugiées, immigrantes et sans statut. Il offre des services d’aide, de soutien, de réflexion critique et de solidarité sur le territoire du Québec auprès des organismes membres.

Un mauvais climat de travail a poussé ce groupe à vouloir se doter d’un syndicat. Ils ont interpelé le directeur pour exiger des changements, mais l’employeur n’a pas répondu à l’appel. Un choix s’est imposé à eux, se créer un syndicat pour avoir un rapport de force afin de faire changer les choses et retrouver un milieu de travail stimulant et agréable.

Ce nouveau syndicat est affilié à la Fédération des professionnèles–CSN, au Conseil central du Montréal métropolitain et bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Toujours retomber sur ses pattes

Les militantes du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Groupe Vétéri Médic–CSN ne l’ont jamais eu facile.

Depuis la fondation de leur syndicat en 2017 – une première dans le secteur des soins vétérinaires offerts dans des cliniques privées au Québec – ces syndicalistes ont rencontré obstacles après obstacles pour faire valoir leurs droits.

Voici un survol rapide des premières années de leur accréditation : un employeur qui a recours à un avocat patronal de renom pour exiger que le Tribunal administratif du travail (TAT) rejette leur dépôt, qui profère des menaces et qui distribue les représailles, une première négociation sabotée et un dépôt en révocation.

Malgré ces défis, les pionnières du syndicat n’ont jamais lâché prise, et après la signature de leur première convention en 2019, elles pensaient bien que le temps de chien était finalement derrière elles.

Mais hélas, ce n’était pas le cas.

Une deuxième révocation
Alexandra Fortin-Boulay, technicienne en santé animale (TSA) et présidente du syndicat, est au front de ce long et cet ardu parcours depuis les débuts du processus de syndicalisation.

Celle qui se décrit comme ayant le syndicalisme dans le sang a été de toutes les luttes et porte avec une grande fierté les victoires que le syndicat a obtenues au cours des cinq dernières années.

Le climat de travail s’est beaucoup amélioré au fil du temps et la présidente du syndicat se réjouissait des travaux effectués en comité de relations de travail. « Pour la première fois en quatre ans, je suis capable de dire qu’on a d’excellentes relations de travail avec l’employeur, » nous explique-t-elle.

Grognements internes
Le groupe Vétéri Médic, maintenant Vet et Nous !, offre les mêmes salaires et avantages sociaux à l’ensemble des personnes salariées des vingt quatre cliniques et hôpitaux ainsi que des trois centres de référence sous sa bannière. Une stratégie qui se défend bien, surtout en temps de rareté de main-d’œuvre, mais qui a aussi l’effet de susciter une grogne chez les membres du syndicat. Celles-ci s’expliquent mal de devoir payer des cotisations syndicales alors que les autres travailleuses n’ont pas à le faire.

Les anciens  du mouvement CSN se rappelleront que Couche-Tard avait effectué cette même manœuvre à la suite de l’accréditation syndicale de 2011, laquelle avait eu comme effet la dissolution du syndicat. Fait à souligner : Vet et Nous! ont fait appel à l’avocat qui avait sévi dans le dossier de Couche-Tard à l’époque pour faire tomber le STT du Groupe Vétéri-Médic en 2017. C’est sûrement un hasard…

Sans surprise, un groupe de membres qui s’opposent à l’existence du syndicat, dans un contexte où les autres travailleuses de Vet et de Nous!, qui sont non syndiquées,  bénéficient des mêmes conditions de travail, ont déposé une demande en révocation au début du mois de mai 2022.

Travail de fourmi
Le comité exécutif syndical s’était posé la question : « Qu’est-ce qu’on fait ? Si la majorité des gens n’en veut plus, est-ce qu’on reste les bras croisés et on regarde le syndicat tomber ? », se rappelle Mme Fortin-Boulay.

« Après tant d’années de luttes, d’acharnement, et de déchirements internes, que reste-t-il à donner ? Ne faut-il pas se plier à la volonté de la majorité ? N’est-ce pas les fondements mêmes de la démocratie syndicale ? »

Or, après réflexion et surtout, après s’être fait interpeller par plusieurs membres inquiètes de l’annonce de la révocation, le comité exécutif s’est rapidement mis en action pour sauver le syndicat.

Beaucoup de désinformation circulait pendant la révocation, notamment en ce qui concernait un « comité de travail » qui pourrait prendre la place du syndicat. Plusieurs personnes prétendaient que celui-ci pouvait remplacer le syndicat et que les membres bénéficieraient des mêmes droits et protections sans avoir à payer des cotisations syndicales.

« Donner libre arbitre 100 % à l’employeur, c’est une décision dont les répercussions n’avaient pas bien été évaluées. En effet, plusieurs personnes ayant signé la révocation n’étaient pas conscientes de l’ampleur de cette décision et ont rapidement signé à nouveau leur carte de membre dès que nous avons eu l’occasion de corriger le tir, » explique la présidente du syndicat.

Remède de cheval
Le syndicat a reçu la demande de révocation à 22 h le dimanche 1er mai 2022. Selon les règles, les militantes syndicales avaient jusqu’à la fin de la journée du lundi suivant pour redéposer sa demande en accréditation au TAT.

« C’était un moment très sombre, tant physiquement que moralement. Disons qu’on n’a pas beaucoup dormi. Je ne savais pas si on allait s’en sortir, se désole Mme Fortin-Boulay. Mais quand j’ai reçu l’appel pour m’expliquer les détails du rapport préliminaire du TAT disant qu’on gardait notre accréditation et qu’on n’allait même pas devoir aller au vote, c’est vraiment venu me chercher. J’en tremble encore. Je l’ai vu naître ce syndicat, c’est viscéral en moi. Alors quand j’ai su la nouvelle, j’ai crié au téléphone “c’est pas une blague à faire !” et je me suis mis à courir derrière la maison. C’était cathartique. »

Avoir des yeux de chat
Après avoir surmonté cet énième obstacle, les militantes du STT du Groupe Vétéri Médic–CSN se sont immédiatement remises au travail. Il y a une nouvelle convention collective à négocier et d’autres gains à décrocher pour les travailleuses de ce secteur en pleine croissance.

« La meilleure façon de s’en sortir, c’est de se tenir. C’est ça, le syndicalisme, c’est ça, la collectivité, c’est ça, notre mouvement CSN, et c’est la raison pour laquelle je vais continuer à lutter pour nos conditions de travail et de vie. Ce qui est bon pour pitou est bon pour minou et les travailleuses en soins vétérinaires méritent des conditions qui leur permettent de soigner les animaux sans se brûler, » conclut Mme Fortin-Boulay, sourire déterminé aux lèvres.

Les employé-es de la CDPDJ en grève pour une troisième journée

Les employé-es de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) sont en grève pour une troisième journée afin de forcer leur employeur et le gouvernement à reconnaître l’importance de leur travail.

La CDPDJ et le Conseil du trésor doivent nous revenir avec des offres
Si la grève des 16 et 17 juin derniers a permis des avancées à la table de négociation concernant l’une des deux unités syndicales regroupant les employé-es de la CDPDJ, du chemin reste à parcourir pour convenir d’une entente de principe pour ces deux unités. Rappelons que ces travailleuses et ces travailleurs sont sans convention collective depuis plus d’un an et réclament la parité avec les augmentations salariales obtenues par les groupes comparables de travailleuses et de travailleurs du secteur public.

« Avec cette troisième journée de grève, les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ montrent à quel point ils sont déterminés à se faire respecter. Leur patience atteint ses limites. Il est temps que la CDPDJ et le Conseil du trésor nous reviennent avec des offres qui répondent à nos demandes légitimes », explique Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

« Pour que la CDPDJ demeure l’institution essentielle de défense des droits et libertés de la population, elle a besoin que ses employé-es soient bien reconnus. Pour cela, elle doit intervenir auprès du Conseil du trésor pour que la négociation aboutisse enfin », de conclure Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Le terme épicène professionnèles vise à représenter tous les membres de la fédération, indépendamment de leur genre.

     

    Il faut stabiliser le personnel qui s’occupe de l’intégration des immigrantes et immigrants au Québec

    Alors que la pénurie de main-d’œuvre va continuer encore longtemps – on estime à 1,4 million le nombre de postes vacants au Québec dans les dix prochaines années – il est crucial de mettre tous les éléments en place pour bien accueillir les personnes immigrantes et faire en sorte que leur intégration au Québec soit un succès. Or, la négociation de la convention collective de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui regroupe plus de 160 organismes spécialisés au Québec, achoppe en ce moment, notamment sur la question des salaires. Il faut régler une convention collective qui permettrait de stabiliser ce personnel essentiel. En effet, on y compte un taux de roulement de plus de 70 % en un an !

    Dernière heure

    Peu après cette sortie publique du syndicat, ce dernier a été en mesure de conclure une entente de principe qui sera présentée aux membres dans les prochains jours!

    Près de 100 000 personnes qui immigrent en 2019

    Le TCRI joue notamment un rôle important pour défendre les droits des nouveaux arrivants. Or, la croissance du nombre de personnes immigrantes qui ont un statut temporaire ou qui sont des demandeurs d’asile rend la défense des droits encore plus importante, étant donné le statut plus précaire de ces personnes. Entre 2016 et 2019, les résidents non permanents sont passés de 12 671 à 61 668.

    En 2019, il y a eu 40 565 immigrantes et immigrants permanents, 23 300 personnes du Programme des travailleurs étrangers temporaires, 39 715 personnes dans le Programme de mobilité internationale et 56 550 étudiantes et étudiants internationaux. Selon les données du MIFI, ce sont donc quelque 160 000 nouvelles personnes qui sont arrivées sur le territoire du Québec en 2019.

    « Il n’y a pas moins de personnes immigrantes, il y en a plus, mais leur statut est plus précaire. Il est tout autant important d’en prendre soin. Il faut absolument renforcer nos structures d’accueil et les stabiliser », précise Marie-Claire Rufagari, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la TCRI-CSN.

    La TCRI a récemment mis sur pied un projet pour la lutte contre le racisme en emploi afin d’accompagner ses membres sur la mise en place de stratégies inclusives pour des communautés accueillantes au Québec. Les personnes qui immigrent ont également besoin d’apprendre le français, de trouver un logement, d’inscrire leurs enfants à l’école ou au CPE, de se retrouver dans les différents services publics, etc. Les défis sont importants et l’équipe de la TCRI doit être stabilisée pour soutenir ses organismes membres dans ce travail.

     

    Premières conventions collectives pour le secteur de l’archéologie au Québec

    Après avoir porté à 10 le nombre d’entreprises spécialisées en recherche archéologique à être syndiquées au Québec, le Syndicat national des archéologues du Québec affilié à la CSN (SNAQ–CSN) est parvenu à négocier, au cours des dernières semaines, les toutes premières conventions collectives de ce secteur au Québec. Réunis en assemblée générale samedi, les membres du SNAQ–CSN ont en effet adopté les ententes de principe intervenues avec les firmes Patrimonia, Artefact Urbain et Archéo-Mamu.

    « Certaines firmes partageaient dès le départ notre vision : il fallait un rehaussement et une uniformisation des conditions de travail en archéologie, a souligné le président du SNAQ–CSN, Maxime Vaillancourt. Jusqu’à ce jour, des archéologues ayant une formation universitaire gagnaient moins qu’un journalier sur un chantier de construction. Il était temps que ça évolue ! »

    Avec les nouvelles grilles salariales, un archéologue à l’échelon maximal touchera une augmentation de 35 % à compter du 1er janvier 2023. Les conventions collectives prévoient, et ce dès maintenant, des droits de rappel clairs, par ordre d’ancienneté, selon une formule flexible permettant une saine composition des équipes de travail. Des mécanismes ont également été prévus afin de diminuer la précarité d’emploi en permettant aux archéologues de travailler pour diverses firmes sans perdre leur statut d’emploi pour autant. Des mesures favorisant la conciliation travail-famille-études ont aussi été instaurées.

    Enfin, les normes de santé et de sécurité au travail ont été renforcées selon le modèle de celles du secteur de la construction tout en ayant été adaptées à la spécificité du travail archéologique.

    « C’est un jour historique pour les archéologues du Québec ! s’est réjouie Alexandra La Perrière, vice-présidente du syndicat. Depuis plus de deux ans, les membres du SNAQ–CSN ont investi des énergies considérables pour établir les fondations de l’archéologie professionnelle. Grâce à la volonté et à la collaboration de Patrimonia, Archéo-Mamu et Artefact urbain, ces fondations sont maintenant solidement implantées. Nous espérons que cela fera boule de neige auprès des autres employeurs. »

    Fort de plus de 150 membres répartis dans différentes régions du Québec, le SNAQ–CSN poursuit les négociations avec les firmes Archéotec, Ethnoscop, Arkéos, Patrimoine Experts, Artefactuel et Subarctique et invite ces employeurs à reconnaître les balises convenues au sein des autres firmes dans une optique d’harmonisation des conditions de travail et de saine compétition entre les différentes firmes d’archéologie au Québec. Le SNAQ–CSN a également syndiqué récemment un dixième employeur de ce secteur, Archéoconsultant.

    Première à l’aide juridique: Des avocates et avocats du public et du privé unissent leurs voix et font la grève

    Pour la première fois, des avocates et avocats de l’aide juridique du public et du privé unissent leurs voix pour demander au ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barette, d’intervenir rapidement afin d’assurer la stabilité de l’accès à l’aide juridique. Les membres de la nouvelle coalition se sont réunis à cette fin, aujourd’hui à Montréal, devant le palais de justice.

    Ce sont donc les avocates et avocats de l’aide juridique de Montréal-Laval, des Laurentides et de Lanaudière ainsi que du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, syndiqués à la CSN, qui sont tous en grève aujourd’hui pour exiger le maintien de la parité avec les avocats de la Couronne. Des représentantes et représentants de toutes ces régions sont venus manifester devant le Palais de justice de Montréal.

    Des avocats en pratique privée, qui refusent de faire avancer leurs mandats de l’aide juridique pour une période de deux jours, étaient à leurs côtés, à Montréal, pour demander une révision urgente des tarifs qu’ils reçoivent pour les mandats de l’aide juridique.

    Les avocates et avocats de l’aide juridique n’acceptent pas de s’entendre sur de nouvelles conditions de travail tant que celles-ci n’assurent pas clairement le maintien de la parité avec les avocates et avocats de la Couronne. Or, ceux-ci ont obtenu des augmentations de 10 % sur quatre ans, alors que le gouvernement n’offre que 6 % sur trois ans aux avocats de l’aide juridique. On croyait pourtant le dossier de la parité réglé depuis 2019 !

    « Pour le moment, le Conseil du trésor fait de vagues promesses et nous demande un acte de foi plutôt que d’offrir un engagement clair », déplore Justine Lambert-Boulianne, présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique de Montréal et de Laval.

    Le maintien d’une disparité de traitement rendra très difficile le maintien d’un réel accès à la justice pour toutes les personnes qui ont besoin de l’aide juridique. Parmi ces personnes, notons entre autres les victimes de violence conjugale ou sexuelle, les jeunes vulnérables et les groupes autochtones. Pour chacun de ces groupes, le gouvernement a pris de nouveaux engagements (Rebâtir la confiance, Commission Laurent) pour lesquels les avocates et avocats de l’aide juridique jouent déjà ou devront bientôt jouer un rôle encore plus grand. « S’assurer d’une stabilité à l’aide juridique est plus que jamais essentiel », insiste d’ailleurs Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal Métropolitain (CCMM–CSN).

    Contexte d’inflation

    « L’offre de 6 % sur trois ans est non seulement inéquitable, mais elle est totalement insuffisante dans le contexte actuel d’inflation », ajoute Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles qui regroupe trois syndicats de l’aide juridique.

    Coalition avec les avocats de la pratique privée

    Il y a près d’un an, un groupe de travail indépendant a déposé plusieurs recommandations auprès du ministère de la Justice. Parmi celles-ci, se trouvait la réforme de la structure tarifaire de l’aide juridique, incluant des augmentations urgentes. « Sans un ajustement rapide des tarifs, il deviendra de plus en plus difficile de trouver des avocats qui acceptent les mandats de l’aide juridique, ce qui risque de retarder encore plus de causes », affirme Marie-Pier Boulet, présidente de l’Association québécoises des avocats de la défense (AQAAD).

    La CSN prête à travailler dans une vision commune

    Hier, de hauts fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que le ministre Dubé rencontraient différents acteurs du réseau, dont les représentantes et représentants des organisations syndicales, pour présenter les mesures du Plan santé qui guident le ministre dans ses projets de réforme du réseau public. D’autres rencontres de discussions sont prévues.

    Un tel forum d’échanges au niveau national est inédit. La CSN, la FSSS–CSN et la FP–CSN participeront activement à ces travaux. Depuis sa fondation, la CSN milite pour améliorer et pérenniser le réseau de santé et de services sociaux public et universel. Le réseau fait face aujourd’hui plus que jamais à des défis titanesques. Toutefois, aucune réforme n’atteindra ses objectifs si elle n’émane pas d’une vision commune, partagée par tous les partenaires. En ce sens, la CSN accueille positivement cette démarche de consultation des travailleuses et des travailleurs, lancée par le ministre.

    « Nous souhaitons ardemment que cette démarche soit sincère, souligne le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr. Nous jugerons l’arbre à ses fruits. Nous espérons que cela permettra d’aller au fond des choses, au-delà même de ce qui est prévu dans les 50 mesures annoncées par le ministre Dubé. Nous l’avons dit et répété, même les meilleures idées ne peuvent être pleinement mises en place si les travailleuses et les travailleurs ne sont pas impliqués. On ne compte plus le nombre de réformes précédentes mal reçues sur le terrain parce qu’elles ne tenaient pas compte de la réalité au quotidien dans les établissements. »

    Pour un réseau public fort
    Pour la CSN, ce lieu de discussion sera notamment l’occasion de soulever les risques de conséquences néfastes liés à la privatisation des soins et des services et de mettre au jeu ses propres pistes de solutions. Le renforcement du rôle des CLSC, l’amélioration des services de soutien à domicile, l’accès aux soins de santé mentale, la décentralisation du réseau, l’autonomie des CHSLD et des centres jeunesse et la pénurie de main-d’œuvre et le travail interdisciplinaire seront au nombre des éléments portés par la CSN dans le cadre de ces travaux.

    Enfin, la CSN rappelle que la santé globale des Québécoises et des Québécois repose sur de nombreux facteurs qui ne se limitent pas aux soins et services offerts dans les établissements. Le gouvernement dispose de nombreux autres leviers pour favoriser la santé et le bien-être de la population, notamment en agissant positivement sur les déterminants sociaux de la santé, pensons au revenu décent, à l’éducation accessible et de qualité, aux services éducatifs de garde à la petite enfance, au logement abordable et salubre ou encore à la lutte contre toute forme de discrimination.

    Les sages-femmes dénoncent le chantage de Sonia LeBel

    Flanquée des représentantes et représentants du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec, Josyane Giroux, a dénoncé vendredi dernier le chantage exercé à la table de négociation par les mandataires de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.­­­­

    Au cours d’une manifestation de supporteurs devant les bureaux montréalais de la ministre, Josyane Giroux a témoigné de « l’indignation » des sages-femmes à l’égard de cette stratégie patronale. Le gouvernement parlera d’argent, mais seulement à ses conditions.

    Diviser pour régner
    Lors d’une récente séance de négociation, un représentant patronal a ainsi indiqué que le gouvernement n’acceptera pas de discuter des conditions pécuniaires, tant et aussi longtemps que les sages-femmes ne renonceront pas à synchroniser leur négociation avec celle du secteur public et parapublic. Au lieu d’une entente de trois ans, le gouvernement veut ainsi imposer un contrat de cinq ans.

    « Jamais un gouvernement n’oserait proposer une telle chose à un groupe de travailleurs majoritairement masculins, a-t-elle déclaré. Mais il le fait avec les sages-femmes. »

    « Mais on ne va pas plier cette fois-ci, a-t-elle assuré. On ne va pas lâcher. Le nombre de sages-femmes diminue d’année en année. Le gouvernement doit nous offrir le nécessaire pour que l’on reste dans la profession et que l’on ait l’équité. On ne lâchera pas et l’on va être là durant les élections. »

    Une forme de discrimination
    Responsable du secteur de la santé et des services sociaux à la Fédération des professionnèles (FMCSN), Sébastien Collard, estime que « le gouvernement a décidé de ne pas accorder de hausses de salaire aux sages-femmes ». Pourquoi ? « Parce que ce sont des femmes. Or, le traitement différencié, c’est de la discrimination. Et ce n’est pas acceptable. »

    « Les sages-femmes ont le droit de ne pas plier l’échine, ajoute-t-il. En mars dernier, l’Assemblée nationale a demandé à l’unanimité au gouvernement de négocier. Sonia Lebel et son gouvernement ne l’ont pas fait. La FPCSN va continuer d’être derrière les sages-femmes. On ne lâchera pas tant qu’il n’y aura pas une entente. »

    Tout le monde sauf la CAQ
    « Tout le monde à la CSN reconnaît l’importance des sages-femmes », a assuré de son côté Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMMCSN) qui regroupe 109 000 membres et 374 syndicats.

    « Le gouvernement actuel manque de reconnaissance à l’égard des femmes, a-t-elle souligné. Ce n’est pourtant pas dans nos gènes de rester pauvres. Le gouvernement a une bien drôle vision du travail des femmes. »

    « On va faire savoir au gouvernement ce que les sages-femmes méritent, a-t-elle promis. Elles méritent une pleine reconnaissance. Elles peuvent compter sur toutes les composantes de la CSN et du Conseil central du Montréal métropolitain bien sûr, pour briser le mur du sexisme qui s’érige devant la reconnaissance pleine et entière de leurs droits. »

    Trois autres jours de négociations intensives entre les sages-femmes et le gouvernement sont prévus d’ici la Fête nationale.

    Syndicat national des archéologues du Québec–CSN

    À la suite du dépôt de sa requête en accréditation, le 16 mai 2022, le Syndicat national des archéologues du Québec–CSN a été accrédité pour représenter :

    « Toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail à l’exclusion des employé-es de bureau. »

    La campagne de syndicalisation visant les compagnies, coopératives et OSBL spécialisés en fouilles archéologiques continue. Par la syndicalisation, les archéologues revendiquent des améliorations significatives de leurs conditions de travail, la lutte à la précarité d’emploi et des milieux de travail plus sécuritaires. S’ajoutent à ces enjeux traditionnels la valorisation de leur profession et du patrimoine historique québécois et autochtone.

    Cette nouvelle section du Syndicat national des archéologues du Québec–CSN demeurera affiliée à la Fédération des professionnèles, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.