Les jeunes demandent un dialogue respectueux et transparent avec le gouvernement

Mercredi matin, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, annonçait la fermeture des forums jeunesse régionaux. Les 14 M$ de subventions leur étant accordés seront entièrement transférés aux Carrefours jeunesse-emploi (CJE), des organismes communautaires visant l’insertion socioprofessionnelle des 16-35 ans. Le lendemain, jeudi, lors de l’étude des crédits de la jeunesse, peu d’informations ont été dévoilées sur les nouvelles orientations concernant les jeunes.

Les organisations qui oeuvrent au bien-être des jeunes sont restées dans le flou malgré les trois heures pourtant allouées au débat. L’attitude du gouvernement a fait beaucoup réagir le milieu, qui a décidé de s’unir pour envoyer un message commun au gouvernement : un changement d’orientation s’impose. « Depuis plus d’un an, les enjeux jeunesse sont absents du débat public. Caroline Simard, l’adjointe parlementaire de monsieur Couillard, est littéralement invisible. Nous sommes déçus de constater que le gouvernement n’est pas notre allié comme il le prétend. En abolissant les forums et en agissant à l’insu des partenaires, le gouvernement a rompu un dialogue déjà fragile avec sa jeunesse. Il doit, dès maintenant, rebâtir les ponts et inclure les jeunes dans la construction du Québec », a affirmé Alexis Tremblay, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Pour le Collectif autonome des Carrefours jeunesse-emploi du Québec, cette décision est d’autant plus étonnante puisqu’elle n’a pas été prise en concertation avec les acteurs du milieu, au contraire. « Nous avons été très surpris de cette annonce, d’autant plus que nous n’avons jamais été consultés, ni pour l’une ni pour l’autre », a déclaré Pierre Gingras, le président du Collectif. Les membres du Collectif travaillaient en étroite collaboration avec leurs Forums jeunesse régionaux. Ils sont conscients du vide que laissera leur disparition dans toutes les régions du Québec.

Les Forums jeunesse portent une mission différente et complémentaire de celle des CJE. « C’est la voix des jeunes en région qui s’éteint. Le gouvernement a décidé d’écarter les jeunes au nom de la nouvelle gouvernance territoriale. Nous perdons ce qui faisait du Québec un exemple envié en matière de jeunesse à travers le monde. La vision de la jeunesse du gouvernement actuel semble être limitée à des coupures de structures. Au nom des générations futures, le gouvernement hypothèque la jeunesse d’aujourd’hui », souligne Madame Élise-Ariane Cabirol, présidente de la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec (TCFJRQ).

Les trois porte-paroles ainsi que tous les groupes jeunesse qui se regroupent aujourd’hui partagent une vive déception et frustration envers le ministre responsable de la jeunesse, le premier ministre lui-même, pour sa gestion opaque et cavalière des dossiers jeunes. Conjointement, ils invitent ce dernier à revoir ses façons de faire. « Nous voulons réellement collaborer à l’élaboration de la nouvelle politique québécoise de la jeunesse et nous voulons contribuer au renouvellement de la stratégie d’action jeunesse. Notre souhait commun, c’est d’investir les jeunes dans le Québec de demain. Pour y arriver, nous avons besoin d’un premier ministre transparent, à notre écoute, respectueux de l’opinion des jeunes et prêt à travailler pour nous et avec nous. Présentement, nous n’avons pas ce premier ministre », ont-ils conclus.

Étaient présents lors de la conférence de presse :

Academos Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l’homophobie Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal Fédération étudiante collégiale du Québec Force Jeunesse Forum jeunesse de l’Île de Montréal Forum jeunesse Laval Forum jeunesse Longueuil Forum jeunesse Laurentides Comité des jeunes de la CSN Comité des jeunes de la FTQ Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec Coalition autonome des Carrefours jeunesse-emploi YMCA du Québec

Le Canada doit agir face aux abus des entreprises

À l’occasion de la journée de « 24 heures de solidarité féministe » encadrée par la coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes, la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève, se joindra aujourd’hui à une manifestation devant le Walmart de Côte-des-Neiges afin de manifester sa solidarité envers les travailleuses exploitées par l’industrie du vêtement. « Partout dans le monde, des actions auront lieu durant l’heure du midi, selon les fuseaux horaires des différents endroits où elles se dérouleront, pour souligner le deuxième anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh qui a coûté la vie à plus de 1100 personnes et qui en a blessé 2500, en majorité des femmes », explique Véronique De Sève.

Ces femmes travaillaient dans des conditions inhumaines et leur salaire, avec un salaire complètement dérisoire. L’immeuble mal entretenu où elles passaient plusieurs heures par jour présentait des fissures très apparentes. Pourtant, de grandes marques à travers le monde et des multinationales comme Walmart faisaient affaire avec les ateliers de confection de vêtement qui se trouvaient dans l’édifice du Rana Plaza », déplore-t-elle aussi.

Autre fait à noter : Walmart a refusé de reconnaître sa part de responsabilités dans cette tragédie. « Cette multinationale, comme d’autres d’ailleurs, qui fait tout pour empêcher ses travailleuses et ses travailleurs de se syndiquer malgré les lois en vigueur au Québec, est sans vergogne : elle n’hésite pas à contracter les services de compagnies abusant de personnes vulnérables qui peinent au quotidien à gagner de quoi mettre à manger sur la table le soir », dénonce Véronique De Sève. « Ce n’est qu’un an après la tragédie que Walmart, mis sous pression, a versé une contribution estimée à un million de dollars au Fonds des donateurs du Rana Plaza supervisé par l’Organisation internationale du travail (OIT), qui doit indemniser les victimes du Rana Plaza. Avec des profits de plus de 16 milliards en 2014, Walmart a clairement les moyens d’offrir une compensation plus décente aux victimes et à leur famille, en plus de d’offrir un salaire juste et des conditions de travail sécuritaires à ses employées ».

Dompter les multinationales : des moyens existent

« Honte aux multinationales comme Walmart, renchérit-elle, car elles encouragent des fournisseurs à payer leur main-d’œuvre le moins cher possible, sans aucune préoccupation pour les conditions de travail et la sécurité des travailleuses et travailleurs. »

« Nous demandons au Canada d’être proactif et d’adopter une réglementation claire qui obligera les compagnies basées au Canada ou qui transigent avec des entreprises canadiennes à respecter les conventions et les normes de l’OIT, dont celles sur le salaire décent, le droit à la syndicalisation et la santé et sécurité sur les lieux de travail, et ce, dans toute leur chaîne d’approvisionnement. Les marques ou revendeurs de vêtements devraient aussi être tenus de dévoiler le nom et l’endroit où leurs produits sont fabriqués. Il revient encore une fois au Canada d’ajuster la législation en ce sens », conclut finalement la vice-présidente de la CSN.

« Deux poids, deux mesures », dénonce le Front commun

Le Front commun dénonce le retour des bonis de performance à l’intention des gestionnaires de certaines sociétés d’État alors que le Conseil du trésor menace d’appauvrir les 530 000 travailleuses et travailleurs des services publics, une politique du « deux poids, deux mesures » inacceptable selon les porte-parole syndicaux.

« C’est encore une fois une démonstration du mépris du gouvernement envers ses propres employés. En ne leur offrant que 3 % sur 5 ans, on menace de doubler le retard de rémunération qu’ils accusent par rapport aux autres travailleurs québécois. Le gouvernement voudrait appauvrir le personnel des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des organismes gouvernementaux et de la fonction publique, alors qu’il réintègre en catimini des bonis à l’intention des hauts gestionnaires!», fulmine Carolle Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP).

« La situation est pour le moins ironique, poursuit Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. L’ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, avait éliminé ces bonis en 2010 dans le cadre de sa stratégie de retour à l’équilibre budgétaire. Le gouvernement actuel martèle que tout le monde doit faire sa part, que le retour à l’équilibre budgétaire dès cette année est incontournable, mais il profite de l’adoption sous le bâillon d’un projet de loi mammouth pour offrir une augmentation de salaire aux hauts gestionnaires. Faut le faire! »

« Ce gouvernement ne cesse de nous surprendre. Alors qu’il impose des hausses de taxes et de tarifs aux plus démunis, aux familles et à la classe moyenne, il se permet d’offrir des primes aux plus fortunés et de préparer un projet de loi pour augmenter la rémunération des députés», dénonce Daniel Boyer, président de la FTQ.

« Philippe Couillard s’en prend aux salariés du secteur public, aux femmes, à la classe moyenne et aux plus démunis. Le Front commun entend s’opposer farouchement à la politique de division libérale et se mobiliser pour obtenir des conditions de travail décentes pour ses membres. Si ce gouvernement n’a aucun respect pour ses travailleuses et ses travailleurs, il va certainement nous trouver sur son chemin », préviennent les porte-parole.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.

Les travailleurs de l’Institut de cardiologie de Montréal sont inquiets

Des centaines de travailleurs et travailleuses de l’Institut de cardiologie de Montréal ont manifesté devant l’établissement de santé pour dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement de Philippe Couillard.

Des compressions de six millions de dollars sur cinq ans ont été demandées à l’institut, ce qui fait craindre au Syndicat des travailleurs et travailleuses de l’Institut de cardiologie de Montréal (STTICM) affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) une dégradation des services à la population.

« Nous avons eu une discussion avec la direction des ressources humaines. On nous a assurés que les emplois seraient maintenus pour l’année en cours. C’est rassurant pour nous, mais on ne peut pas retrancher six millions de dollars au budget sans couper dans les services, et nous comptons avoir l’œil ouvert afin d’éviter que la population écope », explique Daniel Martin, président du STTICM.

Des employé-es de trois syndicats du CHU Sainte-Justine travaillant au Centre de réadaptation Marie-Enfant situé tout près et dans deux écoles voisines se sont joints aux manifestants pour dénoncer ce grand coup de faux asséné par les libéraux au système de santé.

Entente de principe chez les Pêcheries Marinard

C’est le samedi 11 avril dernier, lors de leur assemblée générale, que les membres du Syndicat des Pêcheries Marinard (CSN) ont approuvé à 65 % l’entente de principe survenue avec la direction de l’entreprise.

La nouvelle convention collective prévoit des augmentations moyennes de 6,2 % pour la première année. Puis pour les quatre années suivantes, les hausses seront d’au minimum 2,5 % selon l’évolution du coût de la vie. Il s’agit là d’une bonification salariale de plus de 15 % en moyenne en 5 ans.

À cela s’ajoute une prime de fin de semaine d’un dollar l’heure qui a été instaurée pour deux départements. De plus, les salarié-es qui travaillent plus de 8 heures dans une journée seront maintenant rémunérés à temps et demi. Notons également que certains salarié-es soumis à des normes d’hygiène plus élevées voient leurs pauses prolongées. Finalement, les pauses-repas des personnes devant être disponibles au travail seront maintenant rémunérées.

Selon Jacques Mimeault, président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, « ces gains sont considérables compte tenu du climat d’austérité qui règne au Québec. Nous sommes très heureux d’avoir contribué à améliorer les conditions de ces travailleuses et travailleurs, ce qui prouve que la négociation est une formule gagnante pour les deux parties. La CSN est toujours prête à aider les gens du secteur de la transformation des fruits de mer à s’organiser pour de meilleurs salaires et des conditions de travail plus intéressantes. »

À propos

Le Syndicat des Pêcheries Marinard représente 150 membres. Il est affilié au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CSN) qui regroupe plus de 4500 membres dans ses 80 syndicats et à la Fédération du commerce-CSN, qui compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Une deuxième attaque à la démocratie en moins de trois mois

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce vivement l’utilisation par le gouvernement Couillard d’un deuxième bâillon en moins de trois mois pour forcer l’adoption du projet de loi 28. Cela est d’autant plus injustifié qu’il n’y a aucune urgence à imposer cette loi mammouth qui va affecter des dizaines de lois dans autant de domaines.

La CSN constate que le gouvernement de Philippe Couillard emprunte les pires stratégies du gouvernement Harper pour bafouer la démocratie et faire avancer son agenda d’austérité au détriment de l’ensemble de la population. « On assiste à un autre coup de force du gouvernement Couillard alors qu’il avait pourtant promis en campagne électorale d’ouvrir le dialogue social, déclare Jacques Létourneau, président de la CSN. Il n’y avait aucune urgence à faire adopter le projet de loi 28, sinon celle qu’il s’est imposé à lui-même dans le but de mieux précipiter l’abandon d’un modèle de société plus égalitaire acquis au cours des quarante dernières années au nom de la sacro-sainte atteinte de l’équilibre budgétaire.

C’est une autre triste journée pour le Québec, particulièrement pour les familles de la classe moyenne et les personnes les plus vulnérables. » Rappelons qu’en février dernier, le gouvernement a bâillonné l’opposition en forçant l’adoption du projet de loi 10 restructurant le réseau de la santé et des services sociaux et octroyant au ministre de la Santé et des Services sociaux des pouvoirs sans précédent.

Pour sa part, le projet de loi 28 va bien au-delà de son objectif initial visant la mise en œuvre du budget présenté le 4 juin 2014. Il introduit notamment le principe de l’utilisateur-payeur dans les services de garde subventionnés qui entraînera la fin de la tarification unique et son remplacement par la tarification modulée en fonction des revenus des parents, ce qui aura pour conséquence des hausses pouvant atteindre 3300 $ par enfant. « Nous ne pouvons comprendre l’empressement de ce gouvernement. À force de s’entêter et de ne tenir compte d’aucune critique, il nous entraîne dans une situation pire que celle qu’il tente supposément d’améliorer. S’il utilise le bâillon, c’est parce qu’il n’est pas en mesure de faire la démonstration des bienfaits de ses politiques. Encore une fois, ce sont les familles québécoises qui sont la cible du gouvernement. Plutôt que de miser sur une imposition progressive des revenus, il a fait le choix d’appauvrir les familles en modulant les tarifs des services de garde », déclare Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

En outre, le projet de loi 28 consacre le démantèlement du modèle de développement économique local et régional qui a contribué à la croissance du Québec, en plus d’imposer d’importantes compressions budgétaires et la fermeture de centres locaux de développement (CLD). Il centralise les responsabilités de ce développement dans le giron des municipalités régionales de comté (MRC) en abolissant les conférences régionales des élus (CRÉ). « L’adoption forcée du projet de loi 28 mettra fin au modèle de développement régional que le Québec connaissait depuis près de 30 ans et qui était basé sur la concertation, pas sur les bâillons », affirme Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles de la CSN, qui représente plusieurs syndicats d’employé-es de CRÉ, CLD et CDEC. Il déplore que l’empressement mis par le gouvernement et certaines municipalités à fermer les CRÉ et à licencier le personnel, alors que la loi n’était pas encore adoptée. C’est un véritable gâchis ! »

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le gouvernement fédéral doit consentir à un meilleur partage des contrats de construction navale

À l’approche du dépôt du budget fédéral prévu le 21 avril, le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN), la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) et le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches demandent instamment au Premier ministre canadien, Stephen Harper, de considérer le chantier Davie Canada dans l’octroi des contrats maritimes.

Voilà l’essentiel du message contenu dans une lettre adressée par la Confédération des syndicats nationaux au Premier ministre. Pour Gaétan Sergerie, président du Syndicat des travailleurs du chantier Davie (CSN) : « Il ne doit plus faire aucun doute dans l’esprit du gouvernement fédéral que le Chantier Davie Canada a tout ce qu’il faut pour participer pleinement à la construction de navires de toutes catégories. Il dispose d’une main-d’œuvre qualifiée, de l’expertise nécessaire et des ressources technologiques. Notre chantier à Lévis est le plus important au Canada, mais également le plus apprécié en Amérique du Nord. Il a récemment reçu la mention « Meilleur constructeur naval nord-américain » par Lloyd’s List North American Maritime Awards 2015, devant la General Dynamics NASSCO, un important constructeur de navires militaires des États-Unis. Le gouvernement fédéral n’a donc aucune raison pour refuser de considérer notre chantier dans l’attribution des contrats. »

Bien que Chantier Davie Canada ait obtenu, en mars dernier, le contrat de prolongation de vie de neuf mois du navire NGCCC Earl Grey de la Garde côtière canadienne, la CSN considère que le gouvernement fédéral doit faire davantage pour assurer le maintien et la pérennité du constructeur naval de Lévis. En 2011, des contrats totalisant plus de 30 milliards de dollars ont été octroyés à d’autres chantiers au Canada sans que Chantier Davie soit considéré. Aujourd’hui, le chantier atteint un niveau relativement élevé de ses activités avec environ 1100 personnes y travaillant sur une base régulière, dont plus de 750 sont syndiqués à la CSN.

Le chantier réclame sa part des contrats fédéraux dont les impacts sur le développement et le maintien des emplois de qualité et sur l’économie de la région sont majeurs. Pour Alain Lampron, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM), affiliée à la CSN : « Le gouvernement fédéral, par l’entremise de son ministre Steven Blaney, député de Lévis, a lui-même reconnu au printemps 2014 que le chantier Davie avait la capacité et l’expertise nécessaires pour répondre aux besoins en matière de construction de navires de qualité au pays. Il nous l’a reconfirmé encore lors d’une rencontre privée tenue le 7 avril dernier à Lévis alors qu’il était justement question du développement de cet important dossier pour la région et le Québec. Nous souhaitons ardemment que le gouvernement reconnaisse que Chantier Davie Canada est un acteur sérieux et très crédible de l’industrie navale canadienne. »

Pour Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches : « Le gouvernement fédéral a une occasion en or de changer son approche et de traiter de manière équitable le chantier Davie, comme il le fait avec d’autres constructeurs au Canada. On a un chantier à Lévis qui a les capacités, les infrastructures et toutes les expertises nécessaires et, faut-il le répéter, qui est prêt à passer immédiatement à l’action. » Cette démarche initiée par la CSN s’inscrit dans la politique mise de l’avant par la centrale pour assurer la relance de la construction navale au Québec. En mars 2014, sept propositions visant les gouvernements d’Ottawa et celui de Québec ont été rendues publiques avec l’objectif de permettre aux chantiers québécois, dont celui de la Davie, de jouer un rôle à la mesure de leur capacité, tout en développant des emplois de qualité.

À propos du syndicat et de la CSN

Le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN) représente quelque 750 membres. Il est affilié à Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN (FIM-CSN) qui compte plus de 30 000 membres au Québec, ainsi qu’au Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN) qui regroupe sur une base régionale plus de 45 000 syndiqué-es. Pour sa part, la CSN regroupe plus de 325 000 membres présents dans tous les secteurs d’activité tant privés que publics.

Perte d’expertise et missions dévalorisées, craint la CSN

La CSN craint la perte d’expertise et la dévalorisation des missions de la Commission de l’équité salariale, de la Commission des normes du travail et de la Commission de la santé et sécurité du travail qui résulteraient de l’adoption du projet de loi 42, déposé hier par le ministre Sam Hamad. « Il s’agit d’une autre façon de diminuer la contribution des employeurs et celle du gouvernement, cette fois dans des organismes voués au travail qui jouent un rôle clé auprès des travailleuses et des travailleurs, a dénoncé le président de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau.

Ce sont les femmes et les non-syndiqué-es qui écoperaient le plus de cette fusion qui n’est pas qu’administrative. Son but est politique, inscrit dans la volonté des libéraux de désengagement de l’État. » Avec ce projet de loi, non seulement le gouvernement transfèrerait-il des responsabilités à la nouvelle entité, mais il consentirait à réduire de 12,5 % les contributions des employeurs versée à ce jour à la commission des normes, Le ministre Hamad dit vouloir réaliser des économies de quelque 15 millions de dollars. Mais qui en seraient les bénéficiaires ? Surtout les employeurs québécois, déjà largement favorisés par le dernier budget Leitão qui leur concède d’importantes réductions d’impôt et allègements fiscaux. « Une fois de plus, le gouvernement Couillard cède aux pressions des patrons qui continuent de se déresponsabiliser sur le plan social, a poursuivi Jacques Létourneau. L’allégeance des libéraux ne peut être plus claire. »

Perte d’expertise et missions en péril

Si le ministre du Travail se fait rassurant en promettant qu’aucun poste ne sera aboli et qu’il dit vouloir maintenir les services des trois organismes fusionnés, il annonce tout de même la suppression par attrition de plus de 80 postes. « Sera-t-il possible de préserver les mêmes services avec une diminution de personnes et de moyens ?, questionne le président de la CSN.

En outre, le regroupement de missions pour le moins spécifiques dans un guichet unique est très inquiétant pour la capacité de les assurer adéquatement.» La CSST, la CNT et la CES ont des mandats très spécialisés qui exigent une expertise propre à leurs champs d’intervention. Il est irréaliste de penser que dans ce contexte des économies d’échelle importantes pourraient être réalisées.

Préposés aux renseignements, enquêteurs, conciliateurs ou juristes par exemple, ne peuvent traiter avec autant de compétences les questions aussi diverses que la santé et la sécurité du travail, les normes du travail ou celles du domaine de l’équité salariale. Jacques Létourneau : « C’est une vision de l’esprit de croire que ces organismes, une fois regroupés, réussiront à jouer aussi efficacement le même rôle qu’ils assument actuellement, et d’autant moins dans un contexte de négociation avec l’État où les employé-es sont dévalorisés. »

Cette question de l’expertise est aussi fondamentale pour les membres du nouveau conseil d’administration. En effet, comment les membres du CA pourront-ils débattre efficacement à la fois des orientations à l’égard des normes du travail, de la santé et de la sécurité au travail et de l’équité salariale ? Ils pourraient se voir confiner à un rôle d’administrateur.

Ces inquiétudes valent aussi pour le rôle que jouerait le Tribunal administratif du travail prévu par le projet de loi 42, qui prévoit aussi les regroupements de la Commission des relations du travail et de la Commission des lésions professionnelles. Pour la CSN, la capacité de ces institutions d’assumer leur rôle de promotion et de défense de normes et de droits essentiels associés au travail s’en trouve nettement affaiblie, diluée dans un grand ensemble bureaucratique. Nous constatons que le respect de la loi sur l’équité est difficile. Or, avec le projet de loi 42, on va noyer cette question parmi d’autres. Comment ne pas y voir là une autre attaque au droit des femmes ?

La CSN étudiera plus en profondeur le projet de loi 42 et elle souhaite se faire entendre dans l’éventuelle commission parlementaire.

À propos

La CSN représente quelque 325 000 travailleuses et travailleurs oeuvrant dans tous les secteurs d’activité dans près de 2000 syndicats partout au Québec.

Le ministre de l’Éducation doit ouvrir la porte qu’il a laissée entrouverte

C’est avec étonnement que la CSN a pris connaissance des propos tenus hier par le ministre de l’Éducation, François Blais, au sujet de l’abolition des élections scolaires. Vu le faible taux de participation aux élections scolaires de l’automne dernier, le ministre laisse entendre qu’il remplacerait les commissaires par un conseil d’administration.

Un modèle à conserver, mais à revoir

Pour la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève, le faible taux de participation est un faux débat. « On aurait pu facilement améliorer ce taux de participation en faisant coïncider les élections scolaires et municipales. C’est ce que réclament depuis des années de nombreux groupes et ce que recommande le rapport Champoux-Lesage. »

La CSN tient à rappeler que la commission scolaire est une instance intermédiaire nécessaire entre le Ministère et les écoles. « Ce palier intermédiaire permet une redistribution équitable des ressources sur le plan régional entre les différentes écoles. C’est aussi un espace de débat démocratique où les parents sont représentés. Bien sûr, on peut améliorer le fonctionnement et la transparence des commissions scolaires. Mais la fin de ce système serait un recul important pour l’ensemble du Québec », indique Marjolaine Côté, vice-présidente trésorière de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

Pas de réforme dans la précipitation

Pour la CSN et la FEESP, le nouveau ministre doit prendre le temps de tenir une consultation de fond avant d’aller de l’avant avec la réforme amorcée par son prédécesseur. « Une réforme d’une telle importance, impliquant de multiples fusions de commissions scolaires et une révision de la gouvernance, doit faire l’objet d’une analyse sérieuse; en ce moment, nous avons plutôt l’impression que le gouvernement improvise, et cela, au détriment du projet pédagogique », ajoute Marjolaine Côté.  Le ministre devrait ouvrir toute grande la porte aux discussions. « Ce n’est pas en prenant des décisions contre vents et marées que le gouvernement va réussir à convaincre la population du bien-fondé de ses réformes. Déjà, le gouvernement a entre ses mains un rapport (Champoux-Lesage) sur le financement et l’administration des commissions scolaires qui comporte d’intéressantes pistes de réflexion jamais débattues. Le gouvernement devrait s’en inspirer pour tenir une véritable consultation sur l’avenir des commissions scolaires », de conclure Véronique de Sève.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Fondée en 1947 sous le nom de Fédération des employés municipaux, la Fédération des employées et employés de services publics compte plus de 400 syndicats affiliés représentant environ 55 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

La CSN se joint au mouvement mondial

Réunis lors d’une séance du bureau confédéral la semaine dernière, les délégué-es des fédérations et des conseils centraux de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont voté une proposition de joindre la campagne internationale « Boycott, désinvestissement et sanctions » contre Israël (BDS).

La CSN répond solidairement à l’appel lancé en juillet 2014 par des syndicats palestiniens qui souhaitent intensifier le mouvement pacifique né en 2005 pour amener Israël à respecter le droit international, à mettre fin à l’occupation militaire de Gaza et de la Cisjordanie, à respecter les droits des réfugié-es palestiniens et à cesser la discrimination raciale visant des citoyens palestiniens d’Israël.

La CSN rejoint ainsi 26 autres organisations québécoises membres de la Coalition BDS-Québec et des centaines d’autres à travers le monde. « Depuis des décennies, Israël poursuit d’une façon éhontée et avec violence une politique de colonisation des territoires palestiniens et bafoue le droit international à l’encontre du peuple palestinien, a expliqué le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Nous souhaitons que la campagne BDS réussisse à faire entendre raison à Israël et à ses alliés, là où ont échoué des centaines de résolutions de l’ONU et une multitude de démarches diplomatiques pour la justice et la paix. »

Le Canada, « meilleur ami d’Israël »

Pour la CSN, la campagne BDS doit être particulièrement active au Canada et au Québec en raison de la profondeur des liens que tisse le gouvernement Harper avec celui d’Israël. « Au cours des dernières années, l’appui inconditionnel donné par les conservateurs à Israël et à ses politiques d’apartheid est gênant, a poursuivi Jean Lacharité. Ils essaient maintenant de faire l’amalgame entre cette campagne et l’antisémitisme, alors que la campagne BDS est pacifique et reconnaît à Israël le droit d’exister dans les limites entendues avant 1967. Il est de notre responsabilité d’être solidaires de la population et des syndicats palestiniens en menant cette campagne non violente pour faire respecter les droits humains dans cette région du globe. »

Les objectifs de BDS

Les organisations qui appuient la campagne internationale BDS demandent de :

  1. Cesser toute importation de biens israéliens ou toute exportation de biens, productions culturelles ou activités académiques en Israël;
  2. Retirer les investissements dans les obligations israéliennes et dans les entreprises et les banques complices de l’occupation israélienne et des violations des droits de la personne;
  3. Soutenir l’appel des groupes palestiniens pour un embargo militaire contre Israël;
  4. Diffuser auprès de nos membres de l’information concernant le siège et la destruction de Gaza et leur demander de boycotter les produits d’Israël et de partager leurs connaissances avec leur famille, leurs collègues et leurs amis.

Au cours des prochains mois, en plus de participer aux activités de la Coalition BDS-Québec, la CSN mènera une campagne auprès de ses membres pour les informer des objectifs poursuivis par le mouvement international BDS.

La CSN représente quelque 325 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité dans près de 2000 syndicats partout au Québec.

La Gaspésie fête à son tour notre producteur et notre diffuseur public

En cette belle soirée de printemps, pas moins de vingt-cinq artistes et personnalités d’ici et d’ailleurs montent sur la scène du Centre culturel de Paspébiac afin d’appuyer Radio-Canada. Plus de 350 personnes ont répondu à l’appel lancé par des artisans de la région et les Amis de Radio-Canada.

Présenté gratuitement, le spectacle de solidarité et de prise de parole rassemble sur scène les Sœurs Boulay, Daniel Boucher, Gilles Bélanger, Guillaume Arsenault, Claude Cormier, Juan Sebastian Larobina, Alan Côté, St. Mars et Philippe Garon qui joignent leur voix à la défense de notre producteur et de notre diffuseur public. Éric Dion, le directeur artistique de la soirée, a accepté de s’y impliquer parce que selon lui, « la très grande majorité des artistes que nous connaissons nous ont été présentés sur les ondes de Radio-Canada.

Toutes les plateformes de notre service public offrent une vitrine incroyable aux artistes de toutes les régions du pays, ce qui en fait un lieu de découverte artistique, un lieu d’inspiration pour nous toutes et nous tous. » « Après Sherbrooke, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Moncton, Montréal, Rouyn-Noranda, le Bas-Saint-Laurent, Ottawa, la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine termine cette belle tournée de spectacles en appui à Radio-Canada. Comme partout ailleurs, de nombreuses voix se regroupent afin de défendre la présence de Radio-Canada/CBC dans leur magnifique région. Ici toutefois, la population sait ce que c’est que de perdre Radio-Canada puisqu’en 1990, la haute direction avait procédé à la fermeture de toutes les stations de télévision régionales de l’Est du Québec, celles de Matane, de Rimouski et de Sept-Îles avec le plus profond mépris pour la population du Bas Saint-Laurent, de la Côte-Nord et de la Gaspésie. Ce n’est qu’en juillet 2012 que la production télévisuelle est revenue mais seulement à Rimouski, pour tout ce vaste territoire. Pour contrer ces reculs, nous devons nous mobiliser pour les choses changent à Ottawa et à Radio-Canada », de déclarer Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

Plusieurs personnalités de la région sont aussi présentes pour affirmer l’importance du producteur et du diffuseur public à la vitalité culturelle, au rayonnement et à la diffusion de l’information en région. Le spectacle est une initiative de la campagne Tous amis de Radio-Canada. Il est organisé par les artisans et les amis de Radio-Canada.

La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée et soutenue par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

La Côte-Nord attend toujours un projet solide et cohérent

À la suite du dépôt mardi dernier du Plan Nord à l’horizon 2035 par le gouvernement de Philippe Couillard, le Conseil central Côte-Nord-CSN (CCCN-CSN) tient à formuler les mêmes réserves qui avaient été mises de l’avant lors du dévoilement préliminaire de la première mouture de cet imposant projet.

À l’heure où le gouvernement impose diverses mesures d’austérité partout sur le territoire québécois, cette annonce d’investissements publics totalisant près de 2 milliards de dollars laisse plusieurs observateurs perplexes. « Dans les multiples revendications qu’elle porte, la CSN favorise le développement économique des régions dans la mesure où celui-ci respecte les besoins des populations qui seront au cœur des projets avancés. Or, historiquement, la Côte-Nord a souvent été négligée relativement à ce type de projet d’envergure.

Nous demeurons au rang de région ressource où l’extraction demeure la principale activité des entreprises présentes et où les travailleurs proviennent de l’extérieur, soutirant la création de la richesse qui devrait bénéficier collectivement à notre développement local et régional.  Encore une fois, le gouvernement débloque des fonds publics pour sa nouvelle mouture du Plan Nord alors que ses plans d’austérité justifient, selon lui, des ponctions majeures dans les finances publiques qui se traduiront inévitablement par des réductions de services dans la région », de préciser Guillaume Tremblay, président du CCCN.

Présenté à Montréal, le document déposé mardi affiche une facture visuelle digne des grandes firmes de relations publiques. À cet égard, comme dans bien d’autres annonces du gouvernement Couillard, la description du projet occulte des enjeux majeurs liés à ce plan qui expose davantage la forme de celui-ci que le fond. Pour le moment, principalement à cause de la faible valeur des métaux sur les marchés mondiaux, le niveau des investissements du secteur privé demeure totalement inconnu. « Le gouvernement nous propose une vision future du développement économique d’une immense région basée sur une hypothétique hausse de la valeur des ressources minières au même moment où l’économie mondiale navigue dans une mer de fluctuations et d’incertitude constantes.

L’imprévisibilité d’un nombre important de facteurs liés à ce projet constitue son problème central. En ce sens, nous ne sommes pas capables de saisir la cohérence d’une telle annonce dans un contexte de réduction des services publics et de démantèlement des structures de développement régional. Nous revivons encore le même scénario d’improvisation du développement du Plan Nord qui laisse miroiter de la richesse pour tous les Nord-Côtiers au moment même où le gouvernement coupe partout dans les services publics. Or, advenant une reprise réelle des activités minières, notre région pourra-t-elle offrir tous les services nécessaires à la population qui s’installerait chez nous », de demander monsieur Tremblay.

« Un seul exemple bien concret de cette improvisation : l’abolition de la Conférence régionale des élus de la Côte-Nord qui cumulait, année après année, plus de 150 dossiers divers pilotés par des professionnels du développement régional. En abolissant l’entièreté des 25 postes du CRÉ, les politiques d’austérité de ce même gouvernement mettent clairement en péril ces 150 dossiers qui s’intègrent socialement et économiquement dans nos communautés. À la lumière de ce seul exemple, comment Philippe Couillard peut-il sérieusement déclarer que cette nouvelle version du Plan Nord mettra de l’avant un développement durable exemplaire, selon une approche globale, intégrée, cohérente et responsable, de questionner le président du CCCN.

Actuellement, nous comptons environ 7500 emplois dans le secteur public et dans la fonction publique sur la Côte-Nord, des postes qui assurent une stabilité économique qui contrebalance la grande incertitude que laisse planer ce fragile projet dans notre région. Et nous réaffirmons haut et fort au gouvernement qu’il faut absolument consolider cette présence, voire l’augmenter, afin de garantir notre prospérité dans une perspective de développement économique durable qui nous assure une vision à long terme. »

À propos du conseil central

Le Conseil central Côte-Nord – CSN regroupe plus de 50 syndicats représentant plus de 5500 travailleuses et travailleurs.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Confusion et inquiétudes autour du déménagement du CUSM sur le site Glen

Manque de formation, directives contradictoires, informations incomplètes et improvisation : voilà le contexte dans lequel se déroulera sous peu le déménagement du personnel et des patients du Centre universitaire de santé McGill dans le nouvel hôpital situé sur le site Glen, selon les élu-es du plus grand syndicat du CUSM.

Lors d’une manifestation qui s’est tenue devant l’Hôpital Royal Victoria, aujourd’hui à midi, le président du Syndicat des employé-es du CUSM-CSN, Paul Thomas, a demandé une collaboration plus étroite entre les différents paliers d’administration de cet important établissement de la communauté anglophone afin d’assurer une transition harmonieuse. La première étape s’effectuera le 26 avril.

« Il faut qu’on réussisse, a commenté monsieur Thomas. Toutefois, on s’est aperçu que la haute administration nous transmet des messages différents de ceux qu’on reçoit des autres paliers d’administration. Nous sommes continuellement bombardés par des informations contradictoires et incomplètes. »

Le président du syndicat, qui représente quelque 5000 travailleuses et travailleurs au sein du CUSM, donne comme exemple les horaires de travail, qui sont constamment modifiés. Il dénonce les superviseurs qui leur disent « qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec leurs horaires, et cela, malgré des ententes négociées ».

Le transport des aliments est un autre problème épineux, soutient la secrétaire générale du SECUSM-CSN, Mary Ann Davis. Actuellement, le plan consiste à transporter par camion des repas de l’Hôpital général de Montréal vers l’Institut et hôpital neurologiques (qui demeure dans son édifice actuel). Mais les employés-es attendent toujours une formation pour utiliser adéquatement les nouveaux équipements avec lesquels ils devront dorénavant travailler. En plus, les cuisines perdront un cuisinier, même si l’on anticipe un accroissement de la demande.

« Les membres du personnel des cuisines vivent une grande anxiété, les gens sont de plus en plus inquiets par rapport à l’avenir », a affirmé Mary Ann Davis.

Les employé-es de bureau, pour leur part, n’ont toujours pas reçu de directives claires pour l’organisation du travail sur le nouveau site. Les patients sont frustrés devant l’incapacité des travailleurs à répondre aux nombreuses questions qui leur sont posées.

« À quel étage trouve-t-on le département de radiographie? Où sont les équipements? Où trouve-t-on le photocopieur? Telles sont les questions de base auxquelles les salarié-es ne peuvent pas répondre. Ils ne savent même pas avec quel médecin ils travailleront », déplore madame Davis.

Paul Thomas observe que « la majorité du personnel a déjà reçu des informations générales sur le nouveau complexe du CUSM, mais qu’il reste néanmoins plusieurs questions cruciales auxquelles les gestionnaires de département n’ont toujours pas répondu. Il y en a qui ne se sont toujours pas engagés dans le processus. Mais il faut que nous sachions comment ça fonctionnera avant qu’il ne soit trop tard. Les enjeux sont trop importants ! »

 

Le gouvernement prend à la légère des décisions qui affecteront l’accès aux soins psychologiques pour le public

Dans une décision qui ne tient pas la route, le gouvernement a choisi de mettre fin unilatéralement à la prime de rétention des psychologues dès le 30 mars 2015, sans même disposer de données probantes sur les impacts de son introduction en janvier 2012. Une décision prématurée puisque le bilan du groupe de travail formé pour étudier cette question était prévu pour janvier 2016. Des mots mêmes du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), il est pour l’instant impossible de bien cerner les effets de la prime sur l’attraction et la rétention des psychologues dans le réseau. Pour ce faire, les actuaires du MSSS auraient besoin de données pour la prochaine année, ce qui sera irréalisable puisque la prime est retirée! Une prime qu’il avait lui-même mise en place, reconnaissant alors le besoin criant de retenir les psychologues dans le réseau public.

Inquiètes de cette annonce, les organisations syndicales de la santé et des services sociaux du Front commun (APTS, F4S-CSQ, FP-CSN, FSSS-CSN, SQEES-298-FTQ et SCFP-FTQ) ont demandé à rencontrer le sous-ministre adjoint au MSSS, pour mieux comprendre ce qui motivait le gouvernement à prendre une décision aussi grave et qui aura certainement des répercussions sur la disponibilité des soins psychologiques pour une clientèle souvent très vulnérable. Cette rencontre s’étant déroulée le 23 mars 2015 aura permis de clarifier une chose : le MSSS prend cette décision sur un coup de tête, motivé uniquement par l’obsession des coupes à tous vents. En effet, le ministère n’était pas en mesure de justifier l’intérêt de l’abolition de cette prime ni les impacts qu’elle pourrait avoir. Une rencontre du comité de pénurie de main-d’œuvre (PMO) des psychologues prévue dans les jours suivants devait servir à faire la lumière sur cette situation. Encore une fois, impossible d’obtenir un portrait des impacts potentiels, et pour cause, le MSSS est incapable d’en faire l’évaluation maintenant puisque les travaux du comité ne seront complétés qu’en janvier 2016.

Une prime avec des effets positifs

Pourtant, cette prime avait été implantée par la partie patronale elle-même, qui cherchait en 2012 un moyen de retenir les psychologues dans le réseau public. Sans cette prime, la partie patronale reconnaissait alors que les psychologues se tourneraient vers le privé, entraînant du même coup une inévitable baisse de disponibilité de l’accès aux soins psychologiques publics et une importante perte d’expertise dans le réseau. De plus, à la suite de l’instauration de la prime, les représentants ministériels au comité de PMO des psychologues avaient confirmé que l’exode prévu des psychologues vers le privé n’avait pas eu lieu, ce qui tend à démontrer que la prime a eu des effets positifs sur la rétention. Constatant l’importance de cette prime, les syndicats ont d’ailleurs réclamé qu’elle soit reconduite au moins jusqu’à la conclusion de la ronde de négociation 2015.

L’annonce cavalière et irréfléchie de l’abolition de cette prime s’ajoute à une série de mesures qui affecteront les employé-es du secteur public. Mais les vrais perdants seront les gens qui, chaque jour, ont besoin de l’expertise et du travail de qualité des psychologues du réseau public. Face à cette situation, les organisations n’auront d’autre choix que d’amplifier leurs actions au courant des prochaines semaines.

3000 RSG membres de la CSN en grève le 1er mai pour mettre fin à une injustice à leur égard

Un peu plus de 3000 responsables en service de garde (RSG) sont toujours sans entente collective depuis le 1er décembre 2013. Lors d’une récente tournée de consultation, elles ont unanimement refusé les offres jugées appauvrissantes du ministère de la Famille qui tente de leur imposer ses politiques d’austérité. Elles déclencheront une grève d’une demi-journée le 1er mai prochain. Les RSG réclament notamment l’équité avec leurs consœurs des centres de la petite enfance afin de corriger une injustice historique à leur égard.

Pour Lucie Longchamps, représentante du secteur des responsables en service de garde et membre du comité de négociation à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) : « Le ministère fait toujours la sourde oreille à nos demandes d’ordre monétaire. Il poursuit à notre égard une politique de discrimination, en refusant de reconnaître l’équité de traitement avec le titre d’emploi comparateur pourtant prévue dans la loi sur la représentation des RSG, soit l’éducatrice en CPE, échelon 1. »

Rappelons que les éducatrices en CPE bénéficient de 13 congés supplémentaires payés par rapport à ceux qui sont octroyés aux RSG, ce qui représente un rattrapage de 5 % applicable au 1er décembre 2013. Dans leurs demandes déposées le 13 juin 2014, elles réclament également que leur soient versées les mêmes hausses consenties notamment aux travailleuses en CPE et à l’ensemble des 550 000 salarié-es de l’État, soit 2 % au 1er avril 2014 et 1 % au 31 mars 2015. Or, le ministère n’offre qu’un maigre 0,5 % par année pour les deux premières années d’une entente, soit 197 $ brut par année, largement en deçà de l’inflation. »

« Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a dit la semaine dernière que les RSG avaient négocié et conclu leur entente collective. C’est faux ! Plus de 3000 d’entre elles sont toujours sans entente. Si les médecins, qui sont aussi des travailleurs autonomes, ont réussi à arracher avec raison l’équité de traitement avec les médecins du reste du Canada, on ne voit pas pourquoi nous serions traitées de manière différente ! C’est pourquoi le Conseil du trésor et la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, vont nous entendre au cours des semaines et des mois à venir. »

« Aucune raison ne peut justifier que le gouvernement traite les responsables de service de garde différemment des travailleuses en CPE, et même des salarié-es de l’État, lance pour sa part Dany Lacasse, vice-président et responsable du secteur privé à la FSSS-CSN. C’est une simple question d’équité. Le Conseil du trésor, tout comme la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, doivent en tenir compte et donner tous les mandats nécessaires à leurs négociateurs pour régler l’entente collective des RSG membres de la CSN. Elles ne demandent pas la lune. Ce qu’elles veulent, c’est d’être traitées équitablement. Ni plus, ni moins. »

Pour Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN) : « Le refus du gouvernement de traiter correctement les responsables en service de garde en milieu familial est un bel exemple que les femmes sont les premières à être pénalisées par les politiques d’austérité, comme l’a démontré une récente étude de l’IRIS portant sur les impacts néfastes de ces mesures sur les femmes. Des politiques discriminatoires ne sont jamais acceptables et au Conseil central, nous allons tout mettre en œuvre pour qu’elles puissent obtenir ce qui leur est dû et ce qu’elles méritent. Pas question de baisser les bras ! »

À propos des RSG et de la CSN

Plus de 3000 responsables en service de garde familial sont membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Celle-ci regroupe plus de 130 000 membres provenant des secteurs public et privés de la santé et des services sociaux. Pour sa part, la CSN est composée de près de 2000 syndicats regroupant plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

SSQ Vie de nouveau en grève

Les 600 membres du syndicat de SSQ Vie ont déclenché une nouvelle journée de grève dès 11 heures aujourd’hui. Ils vont ainsi rejoindre leurs 400 collègues de SSQauto en grève illimitée depuis le 2 mars dernier. Les deux syndicats manifestent aujourd’hui devant le siège social de SSQ Groupe Financier sur le boulevard Laurier à Québec.

Les travailleurs et les travailleuses dénoncent les demandes patronales qui impliquent une série de reculs dans leurs conditions de travail, en particulier en ce qui concerne le régime de retraite et les assurances collectives. « Il y a quelque chose de paradoxal dans l’attitude de l’employeur, il s’enrichit grâce à la couverture de risque, mais il refuse de l’assumer pour ses propres employé-es. C’est un autre cas de cordonnier mal chaussé », affirme la présidente du Syndicat des employés de bureau de SSQ Vie (CSN), Linda Morissette.

Des syndiqué-es de SSQauto de Longueuil rejoindront leurs collègues aujourd’hui pour manifester avec eux leur mécontentement face à l’employeur. Les deux syndicats font face aux mêmes exigences inacceptables de l’employeur. « Nous saluons le geste de solidarité des membres de SSQ Vie, car c’est ensemble que nous parviendrons à faire comprendre à l’employeur qu’il est dans l’intérêt de tous de changer d’attitude à la table de négociation», s’exclame Éric Tremblay, président du Syndicat des salariées et des salariés de SSQ Société d’assurances générales (CSN).

Les deux syndicats sont prêts à négocier, mais pas à se faire imposer des conditions.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. La Fédération du commerce, affiliée à la CSN, compte 360 syndicats et plus de 32 000 membres dans les secteurs du commerce de gros et de détail, de la finance, de l’agroalimentaire et du tourisme.

La CSN invite ses membres à manifester solidairement aux côtés des étudiants

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) invite ses membres et la population à marcher aux côtés des dizaines de milliers d’étudiantes et d’étudiants qui manifesteront contre les politiques du gouvernement Couillard demain, à l’appel de l’ASSÉ, dans les rues de Montréal.

« Il s’agira de la première occasion de masse d’opposition à l’austérité libérale depuis le dépôt du budget Leitão-Coiteux la semaine dernière, et il est essentiel de lancer un message clair en étant nombreux à dire non à ce plan de régression sociale ! », a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Depuis septembre 2014, la mobilisation contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard est soutenue. Les syndicats, les groupes sociaux, féministes, étudiants et environnementaux sont de cette lutte pour dénoncer les conséquences de ses choix budgétaires et profondément politiques. Ils ont permis de faire la lumière sur le véritable agenda du Parti libéral au pouvoir : le démantèlement de l’État social québécois par des privatisations et des hausses de tarifs.

« Ces actions ont permis à la population de comprendre ce qui est en jeu et, depuis lors, le PLQ chute dans les sondages, a poursuivi le président de la CSN. Il faut maintenir cette pression. C’est pourquoi nous sommes solidaires des étudiantes et des étudiants qui sont mobilisés contre l’austérité et nous souhaitons être nombreux à marcher avec eux le 2 avril. »

L’appui à cette manifestation est aussi une occasion pour la CSN de dénoncer la violence policière durant les manifestations anti-austérité. « Avec les dérapages de la semaine dernière, notamment à Québec où une jeune femme a été atteinte brutalement au visage, la CSN réaffirme l’importance du droit de manifester en toute liberté et de continuer à s’opposer aux politiques du gouvernement Couillard. Nous souhaitons aussi que les manifestations se déroulent dans le calme pour permettre au plus grand nombre d’y participer. »

La CSN représente près de 2000 syndicats regroupant plus de 325 000 travailleuses et travailleurs partout au Québec, dont quelque 170 000 dans le secteur public québécois (santé, services sociaux, éducation et organismes gouvernementaux).

Les discussions sur le recours à la grève sont lancées

Près de 2500 travailleuses et travailleurs du secteur public membres du Front commun se réunissent aujourd’hui, à Québec, pour débattre du recours à la grève dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement.

« En nous proposant un gel salarial de deux ans, le gouvernement semble déterminé à faire assumer le coût du retour à l’équilibre budgétaire par ses propres employés, mentionne Carolle Dubé, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP). Alors que notre pouvoir d’achat se détériore depuis 25 ans, alors que notre retard salarial par rapport aux autres travailleurs québécois atteint des sommets, il n’est pas question pour nous de rester les bras croisés. Voilà pourquoi nous devons lancer cette importante réflexion dès maintenant. »

Pour la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, aucun scénario ne doit être exclu. « Lors du dépôt de nos demandes, nous avons soulevé des préoccupations légitimes quant à l’appauvrissement de nos membres, la précarité d’emploi qui les touche et la difficulté d’attirer et de retenir la main-d’œuvre lorsque la rémunération globale est de 7,6 % inférieure à ce qui se paye pour des emplois comparables. Le gouvernement libéral n’a démontré aucune forme d’écoute à notre égard. Alors que nos conventions collectives viennent à échéance aujourd’hui, il est maintenant temps d’augmenter nos moyens de pression afin de développer le rapport de force qui sera nécessaire à l’obtention de bonnes conventions collectives. »

« Cette réflexion sur le recours à la grève dans le secteur public ne doit pas être prise à la légère, souligne Daniel Boyer, président de la FTQ. Comment développer une stratégie rassembleuse qui nous permettra d’atteindre nos objectifs de négociation? Comment la déployer tous ensemble, tout en l’adaptant à l’évolution des pourparlers aux tables de négociation? Voilà la discussion que nous voulons amorcer aujourd’hui et que nous devrons poursuivre avec les 400 000 membres du Front commun. »

En ce sens, cette journée de réflexion du Front commun constitue le coup d’envoi d’un vaste travail de dialogue, d’échanges et de réflexion qui aura lieu au cours des prochaines semaines dans l’ensemble des milieux de travail du secteur public.

« Nos membres sont touchés par les mesures d’austérité comme l’ensemble des citoyennes et des citoyens. Mais alors que l’augmentation salariale moyenne au Québec sera de 2 % au cours des prochaines années, il faudrait que les travailleuses et les travailleurs du secteur public subissent un gel salarial de deux ans, diminuant ainsi leur pouvoir d’achat? Il s’agit d’un double effort complètement inacceptable », indiquent les porte-parole du Front commun.

Le Front commun ne laissera pas le gouvernement détruire nos services publics. « Notre monde a choisi de travailler dans le secteur public parce qu’ils y croient. C’est grâce à eux que la classe moyenne et les plus démunis reçoivent des services de qualité, malgré les compressions, malgré la volonté du gouvernement de privatiser. Avec nous, la population peut compter sur 400 000 travailleuses et travailleurs déterminés à assurer pour longtemps une offre de services publics de qualité et accessibles au plus grand nombre », de conclure les porte-parole.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public viennent à échéance le 31 mars 2015.

On vous attend

Cette année encore, la CSN invite ses membres à participer à la Rencontre annuelle sur la francisation en milieu de travail qui aura lieu le 20 mai prochain à l’hôtel Gouverneur Place Dupuis (Montréal).

Malheureusement, la présence de la langue française ne cesse de diminuer sur les lieux de travail québécois. Selon les données de l’Office québécois de la langue française, la proportion de personnes travaillant généralement en français a considé­ra­blement diminué au cours des dernières années passant de 73 % à 66 % entre 1989 et 2010, soit un taux similaire à ce qui existait avant l’adoption de la Charte de la langue française.

Dans le Grand Montréal, cette proportion est passée de 56 % en 1989 à 51 % en 2010. Cette situation ne peut que s’enliser alors que l’hystérique politique d’austérité génère un lot de coupes aux organismes de francisation et de défense de la langue française. La promotion et la défense du droit de travailler en français sont donc toujours, et même plus que jamais, nécessaires. La CSN espère que cette journée vous permettra d’être fiers de travailler en français.

La CSN dénonce le climat d’improvisation

À quelques heures de l’entrée en vigueur de la loi 10 qui prévoit notamment l’abolition des Agences de santé et de services sociaux, la CSN dénonce le climat de confusion qui règne dans le réseau et ce, partout dans la province. « Alors que le ministre Gaétan Barrette avait rejeté du revers de la main les craintes soulevées, entre autres par la CSN, sur l’onde de choc que cette loi créerait, force est de constater que les travailleurs et les travailleuses avaient raison de craindre le pire », dénonce le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

À deux jours de l’abolition de leur poste, des centaines d’employé-es et de professionnel-les œuvrant dans les agences, n’ont aucune idée de ce qui adviendra d’eux. À la FP-CSN, qui représente 850 professionnel-les d’agence, le portrait de la situation n’est pas reluisant. « On constate que la loi est appliquée de façon improvisée et contradictoire d’une région à l’autre. Il aurait fallu que le ministre envoie clairement ses intentions, accompagnées d’un mode d’emploi ou d’un organigramme qui aurait facilité le travail de transition », précise Michel Tremblay, président de la FP-CSN. En date d’aujourd’hui c‘est environ 30 % des professionnel-les qui sont transférés ou perdent leur emploi. Malheureusement, la grande majorité de ceux-ci ne savent pas ce qui adviendra d’eux, à quelques heures du jour fatidique », dénonce-t-il.

Les conséquences sur les patients se feront aussi sentir à court et moyen terme. Les mises à pied touchant les professionnel-les œuvrant en prévention se feront sentir dès le printemps. À plus court terme, l’intégration du personnel non clinique risque de provoquer des bris de service auprès des patients. »

Agence de Chaudière-Appalaches

Même scénario à l’Agence de Chaudière-Appalaches, où près de 75 personnes ont appris lundi dernier qu’elles ne seraient pas transférées au CISSS de Chaudière-Appalaches, alors qu’on leur avait pourtant indiqué le contraire depuis le début. « Ce genre d’improvisation se fait au détriment de travailleurs et de travailleuses qui voient du jour au lendemain leur carrière et leur vie chavirées, et ce dans la plus grande incertitude. À titre d’exemple, les gens de la santé publique seront rapatriés à Montmagny et à Lévis en attendant de connaître quels seront les postes abolis. De tels drames humains auraient pu être évités si le ministre avait réellement voulu s’attaquer aux problèmes de fond du réseau, plutôt que de précipiter un processus structurel », a noté pour sa part Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches.

Peu de surprise du côté de Jeff Begley, président de la FSSS-CSN. « Nous vivons aujourd’hui les premiers effets concrets de la 1oi 10. Selon nous, ce n’est que le début d’une série de chamboulements improvisés, qui viendront empirer les choses plutôt que de les simplifier comme l’avait promis le ministre. À peu près tous les acteurs du réseau ont dénoncé cette réforme qui, au nom d‘économies minimes de 200 millions de dollars, crée désorganisation et incertitude », conclut le président de la FSSS-CSN.

 

À propos

Fondée en 1921, la CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Fondé en 1918, le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches regroupe les syndicats CSN sur le territoire de la capitale nationale et de la région de Chaudière-Appalaches. Il représente 240 syndicats et plus de 45 000 membres dans tous les secteurs d’activités. La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont la santé et les services sociaux. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte un peu plus de 125 000 membres dans les secteurs privé et public. La FSSS est la plus grande organisation syndicale du secteur de la santé et des services sociaux.