La CSN a récemment demandé au premier ministre Legault, qui est aussi responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, de conclure une entente à long terme avec Glencore, afin de lui donner le droit de produire dans des conditions acceptables pour plusieurs années.
L’annonce aujourd’hui de la fin des investissements et de l’enclenchement d’un plan de démobilisation de la main-d’œuvre par Glencore montre que rien n’est encore finalisé et que le dossier traîne. Sans investissement, l’usine fait face à une mort programmée puisqu’elle ne parviendra jamais à ses objectifs environnementaux à moyen terme et encore moins à long terme.
« La CAQ se dit le parti des régions. C’est le temps ou jamais de le prouver et de mettre en place les conditions gagnantes pour une usine plus propre qui va produire du cuivre pendant plusieurs décennies encore. On a besoin des emplois et on a besoin du cuivre », insiste la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Cette dernière a d’ailleurs demandé à rencontrer le premier ministre Legault – ou le bon interlocuteur gouvernemental – pour enfin lever l’incertitude qui plane sur la région dont il est le responsable.
« Le suspense a assez duré. L’annonce de Glencore aujourd’hui nous fait mal avec son plan de démobilisation. Il y a déjà une grande difficulté de recrutement à l’usine. Tout le monde sait qu’il faut de la clarté à long terme pour investir des centaines de millions, pourquoi le gouvernement n’est pas capable de la donner », ajoute le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda–CSN, Shawn Smith.
Un enjeu interministériel
Le changement au ministère de l’Environnement avec le départ de Bernard Drainville et le retour de Benoît Charrette n’aide sans doute pas à régler ce dossier rapidement. « On sait qu’un comité interministériel est en place pour le dossier de la Horne – comité dont fait notamment partie le ministre Jean Boulet. On souhaite que notre région et notre premier ministre puissent bénéficier de tout l’appui interne nécessaire pour aboutir enfin et rassurer la population locale quant aux emplois et à la modernisation de l’usine », indique le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Félix-Antoine Lafleur.
Achat canadien en jeu
Cette saga survient au moment où le gouvernement Carney tente de mettre en place un programme d’achat canadien. Or, la Fonderie Horne est la seule productrice de cuivre au Canada. « On se demande si le gouvernement canadien aurait les moyens et l’intérêt d’aider à régler le dossier de la Fonderie Horne pour qu’on puisse continuer d’acheter du cuivre canadien », ajoute Kevin Gagnon, président de la FIM–CSN. Ce dernier reconnaît qu’il s’agit d’abord d’un dossier québécois, mais il est également d’intérêt canadien. « C’est important que les deux gouvernements se concertent rapidement pour régler ce dossier et sécuriser les emplois », conclut Kevin Gagnon.
À propos
Le Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (STMN–CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.






