Le 4 février, le gouvernement a adopté un décret permettant au CPE Le Jardin de Robi de demander au Tribunal administratif du travail d’imposer des services minimaux. Il s’agit d’une attaque sans équivoque au droit des travailleuses, celui de choisir leurs conditions d’emploi, et d’une tentative de briser leur rapport de force. C’est la première fois que le gouvernement a recours à cette loi controversée, imposée aux travailleuses et aux travailleurs l’automne dernier.
« Ce n’est pas de gaieté de cœur que les travailleuses exercent la grève, souligne la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Force est de constater que, depuis l’entrée en vigueur de la loi restreignant le droit de grève, en novembre dernier, l’employeur n’a pas bougé d’un iota à la table de négociation. Il espérait l’intervention du gouvernement pour ne pas avoir à négocier quoi que ce soit et il a finalement obtenu gain de cause. En agissant de la sorte, le ministère prend position dans le conflit. Il fait pencher la balance en faveur de l’employeur. En définitive, il nie le droit des travailleuses, celui de décider de leurs conditions de travail ! »
« Nous savions que le projet de loi 89, devenu la loi 14, minerait le processus de négociation en incitant les employeurs à jouer la montre, à ne pas négocier et à attendre que le gouvernement intervienne, poursuit le président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, Réjean Leclerc. On serait en droit de s’attendre d’un ministre du Travail qu’il s’élève au-dessus de la mêlée, qu’il rappelle au patron qu’il a une obligation de négocier, que ce n’est pas optionnel. Mais Jean Boulet a fait son lit : il trace une voie dans laquelle plusieurs employeurs tenteront de s’engouffrer. »
La direction du Jardin de Robi a demandé l’intervention du gouvernement dès l’entrée en application de la loi, le 1er décembre 2025. Rappelons que la directrice et la directrice adjointe ont la formation nécessaire pour recevoir quelques enfants durant le conflit, ce qu’elles ont choisi de ne pas faire bien qu’elles continuent de recevoir leur plein salaire. La dernière rencontre de négociation formelle entre les parties s’est tenue le 6 novembre 2025. Au cœur du conflit : l’employeur veut abolir la demi-heure de diner rémunérée, un droit acquis dans ce CPE il y a plus de 40 ans.
À propos
La vingtaine de salariées du Jardin de Robi est membre du Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN.
Celui-ci est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Celle-ci regroupe 140 000 membres, ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux ainsi qu’en services de garde éducatifs à l’enfance. Il fait également partie du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, regroupant 160 syndicats comptant plus de 16 000 membres dans la région.
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.







