Projet de loi 59 : ne pas reproduire les erreurs de la réforme Barrette

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) a rencontré le cabinet du ministre du Travail aujourd’hui afin d’insister sur la nécessité de modifier substantiellement le projet de loi 59 et que le nouveau régime puisse protéger les travailleuses et les travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance.

Complémentaires au mémoire présenté par la CSN et portant spécifiquement sur le volet prévention, les commentaires formulés par la FSSS–CSN et déposés lors de cette rencontre concernaient des problématiques spécifiques à ces deux secteurs.

La FSSS–CSN a rappelé qu’une importante crise de la santé et de la sécurité au travail a actuellement cours dans le secteur de la santé et des services sociaux qui représente 9,8 % des établissements, mais 18 % des lésions professionnelles au Québec! La situation s’aggrave d’année en année et la COVID n’a évidemment rien fait pour aider la situation. La réforme à venir doit pouvoir mettre un terme à cette crise en permettant d’améliorer rapidement l’efficacité de la prévention.

La FSSS–CSN a fait valoir que la réforme Barrette a créé des méga-établissements, qui opèrent maintenant sur d’immenses territoires. Cette hypercentralisation a eu pour effet de démanteler les structures de proximité en prévention, alors que l’on sait pourtant que la prévention doit être organisée de telle sorte qu’elle puisse tenir compte des particularités de chaque milieu pour être efficace. Or, la réforme proposée, au lieu de corriger la situation, perpétuerait l’erreur commise avec la réforme Barrette, en donnant aux employeurs la possibilité d’imposer une organisation de la prévention sur un modèle multi établissements. « C’est impossible de faire de la prévention en santé et sécurité au travail (SST) dans une mégastructure comme celle des CISSS et de CIUSSS et sur d’aussi vastes territoires. Il faut absolument prévoir une organisation décentralisée et paritaire pour s’assurer d’agir efficacement en prévention », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Un projet de loi qui pénalise les femmes

Le projet de loi 59 ne tient pas compte des conditions de travail des femmes et des risques particuliers dans les métiers du secteur de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance. La FSSS constate un biais qui défavorise les femmes dans l’évaluation des niveaux de risque et un affaiblissement des mécanismes de prévention qui sont proposés pour les milieux à prédominance féminine. Rappelons également que le projet de loi 59 va compliquer le retrait préventif des femmes enceintes en faisant en sorte que l’avis du médecin traitant ne soit plus le seul qui soit considéré. De plus, il y a de quoi s’interroger quand on constate qu’au moment même où on s’apprête à déployer les mécanismes de prévention dans les secteurs à prédominance féminine, on réduit les moyens consentis pour faire fonctionner ces mécanismes tout en faisant reculer le paritarisme. « Si le gouvernement Legault voulait un projet de loi féministe, il reste du chemin à faire », insiste Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Des établissements oubliés

Après 40 ans d’attente d’une réforme en SST, nous aurions espéré que tous les secteurs de la santé et des services sociaux soient encadrés par la Loi sur la santé et sécurité du travail (LSST). Or, des secteurs sont encore exclus comme les ressources de type familial (RI-RTF) et les responsables d’un service de garde en milieu familial (RSG). La FSSS–CSN estime qu’on ne doit pas prétexter que le statut de travailleurs et surtout de travailleuses autonomes empêche de bénéficier des dispositions de la LSST. Ces milieux de travail sont d’ailleurs encadrés par le réseau de la santé ou par des bureaux coordonnateurs qui devraient récupérer des responsabilités en prévention. 

Le gouvernement ne met pas en place les conditions gagnantes

Au cours des derniers jours, la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN (FSSS–CSN) reçoit des échos fort préoccupants des salarié-es de divers établissements quant à la campagne de vaccination en cours dans le réseau. En effet, plusieurs salarié-es souhaitant être vaccinés se voient forcés d’y renoncer à cause des conditions mises en place, notamment les coûts que cela engendrerait pour eux.

Selon les règles édictées par le gouvernement et les responsables patronaux des établissements, les travailleuses et les travailleurs du réseau peuvent recevoir le vaccin durant leur temps de travail et ne pas perdre de rémunération. Cependant, du même coup, ils offrent la possibilité aux employeurs de mettre en place divers autres scénarios et cela laisse place à des iniquités entre les membres du personnel d’un même établissement et entre les établissements. Par exemple, pour obtenir le vaccin, des personnes doivent, en plus de leur journée de travail, voyager plusieurs heures pour recevoir le vaccin à un point de service éloigné de leur lieu de travail habituel, sans aucune autre compensation, ni en temps, ni en frais de déplacement. Cela met en péril le succès de la campagne de vaccination.

La FSSS–CSN a interpellé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, à ce sujet de même que les représentantes et les représentants patronaux. La solution proposée est simple : dédommager pleinement les salarié-es qui doivent recevoir le vaccin, tant en ce qui a trait aux frais de déplacement qu’au temps requis pour recevoir le vaccin. Si l’on veut favoriser et faciliter la vaccination, il est important de mettre en place des conditions équitables pour toutes et tous.

« À la FSSS–CSN, nous souhaitons que cette campagne de vaccination fonctionne et que les salarié-es y adhèrent largement, si l’on veut se donner les meilleures chances de protéger rapidement les usagères et les usagers, la population et le personnel, explique le président de l’organisation, Jeff Begley. Depuis le début de cette crise, le gouvernement mise sur l’engagement, la passion et le professionnalisme du personnel pour qu’il tienne le fort dans des conditions inacceptables. Il refuse de verser des primes COVID à une écrasante majorité du personnel au front depuis le début de la crise. Il refuse également de rendre disponibles les équipements de protection individuels nécessaires. Il laisse traîner les négociations du secteur public tout en formulant des promesses en conférence de presse qui sont en complet décalage avec ce qu’il offre à la table de négociation. Il ne faut pas s’étonner ici que plusieurs salarié-es calculent que se faire vacciner leur coûterait beaucoup trop cher actuellement. »

COVID-19 : les experts du gouvernement ne recommandent toujours pas le N-95 !

Tout se passe comme si le gouvernement du Québec cherchait à gagner du temps pour couvrir son manque d’approvisionnement en masques N-95 pour les employé-es à risque du secteur de la santé.

Déposé le vendredi 8 janvier, le rapport du groupe d’experts concernant la ventilation et la transmission de la COVID-19 en milieu scolaire et en milieu de soins conclut pourtant que le virus « se transmet par des aérosols », principalement à moins de deux mètres d’une personne infectée. Les experts du gouvernement ne recommandent cependant toujours pas le port du masque nécessaire pour filtrer ces aérosols, le N-95 ou son équivalent, pour protéger le personnel dans les zones où se trouvent des patients atteints de la COVID-19. Timidement, le rapport propose plutôt de poursuivre les travaux pour « moduler les recommandations » sur l’utilisation des masques
N-95 dans des contextes autres que les interventions médicales déjà reconnues pour générer des aérosols (IMGA). Le rapport précise en plus que ces travaux porteront seulement sur des situations précises, restreintes et encadrées.

« Maintenant que l’Institut national de santé publique du Québec a enfin reconnu l’existence du risque de transmission par aérosols, minimalement sur une distance de moins de deux mètres, comment expliquer qu’on ne recommande pas dès maintenant que le matériel de protection requis soit fournit au personnel de la santé susceptible de se retrouver en pareilles conditions ? Et pourquoi ne procède-t-on pas à un examen systématique de la ventilation dans les milieux de soins ? Combien de dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs infectés cela prendra-t-il avant que le gouvernement n’applique le principe de précaution ? » s’interroge Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux. Ce dernier aurait par ailleurs souhaité que le ministre de la Santé et des Services sociaux soit présent lors du dévoilement du rapport vendredi et qu’il se prononce sur la question du masque N-95 ou de son équivalent.

Le rapport du groupe d’experts du gouvernement recommande néanmoins de mettre l’accent sur la qualité des masques de procédure utilisés à défaut des N-95. Rappelons que des milliers de masques non conformes aux normes canadiennes ont été en circulation dans les centres de la petite enfance du Québec.

Chicane d’experts

Récemment, un millier de médecins et d’experts britanniques ont demandé l’accès à l’équivalent des masques N-95 et une amélioration de la ventilation pour les travailleurs de la santé qui oeuvrent auprès des patients atteints de la COVID-19. Par ailleurs, quelque 363 experts et scientifiques canadiens recommandaient de « veiller à ce qu’aucun travailleur de la santé à haut risque ne se voit refuser l’accès à un appareil respiratoire (N95, élastomère ou équivalent) dont l’ajustement a été validé ». Puisque les aérosols peuvent transmettre la COVID-19, il s’agit d’une conclusion logique pour plusieurs experts.

Transport médical : Le gouvernement doit agir

Le gouvernement doit faire son devoir et octroyer les sommes nécessaires afin que le personnel œuvrant en transport médical bénéficie d’une prime COVID-19 de 4 $ l’heure. C’est le message lancé aujourd’hui par le Syndicat des employé-es de transport médical de la Capitale Nationale (SETMCN–CSN) et le Syndicat des employé-es de transport médical Cœur-du-Québec (SETMCDQ–CSN), qui représentent plus de 90 chauffeurs-accompagnateurs. Ceux-ci unissent leur voix à celle de leur employeur, Transport médical de la Capitale-Nationale, dont les demandes en ce sens au ministère de la Santé et des Services sociaux sont demeurées lettre morte. 

 « Le niveau de stress des chauffeurs-accompagnateurs, occasionné par la COVID-19, est de plus en plus élevé. Tous les jours, nos membres transportent des personnes vulnérables, qui subissent des traitements contre le cancer, d’hémodialyse ou des coronarographies, à titre d’exemple. Nous sommes en contact avec des résidents des centres d’hébergement privés, des usagers des hôpitaux et des CHSLD. Les risques de contracter le coronavirus sont très élevés », explique Pierre Labrecque, président du SETMCN–CSN.

 « Nous ne sommes pas seulement des chauffeurs, mais aussi des accompagnateurs qui doivent rassurer les patients à propos de leurs inquiétudes face à la pandémie et des dangers qui l’accompagnent », relate pour sa part le président du SETMCDQ–CSN, Michel Guillemette. « Nous ne sommes pas à l’emploi direct des différents CISSS et CIUSSS que nous desservons. C’est pourquoi, depuis mars 2020, nous exigeons une prime de 4 $ l’heure, car comme pour les paramédics, les primes versées aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public ne s’appliquent pas à nous.  »

 Depuis maintenant neuf mois, le gouvernement se traîne les pieds dans ce dossier. « Alors que le Québec est frappé de plein fouet par une deuxième vague de COVID-19, le gouvernement doit y mettre du sien et reconnaître que les chauffeurs-accompagnateurs mettent leur santé en péril pour effectuer un travail qui est considéré comme un service essentiel par le gouvernement », concluent les deux présidents.

Le gouvernement doit soutenir le personnel des CPE

Pour la CSN, les travailleuses des CPE doivent pouvoir accéder à des absences payées lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. C’est loin d’être toujours le cas en ce moment et c’est pourquoi des manifestations se tiennent partout au Québec aujourd’hui.

Depuis le début de la crise, elles doivent piger dans leur banque personnelle de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances lors de périodes d’isolement imposées par la Santé publique ou par l’employeur, lorsqu’il y a des symptômes, ou encore lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. Dans un sondage mené par la CSN auquel 5200 membres de CPE ont répondu en novembre dernier, près de 25 % des éducatrices avaient déjà été testées pour la COVID et près de 80 % de ces dernières ont utilisé leur banque personnelle ou ont dû prendre un congé sans solde durant l’attente du résultat.

Il y a donc un risque qu’une travailleuse choisisse de taire des symptômes bénins afin d’éviter les conséquences financières pour sa famille. Selon une étude de la Direction de la santé publique de Montréal sur les cas de COVID survenus du 26 août au 30 septembre, la présence de personnes symptomatiques dans les services de garde éducatifs était le deuxième plus important facteur de transmission.

« Il est inadmissible que le ministère de la Famille ne finance pas de congés rémunérés pour l’isolement préventif, car celui-ci sert à diminuer le risque de transmission dans les CPE », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

« On prend un risque inutile en forçant des travailleuses à faire un choix déchirant lorsqu’elles n’ont plus de jours dans leur banque de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances. Il n’est pas normal que le personnel des CPE doive en payer le prix pour le bien collectif », affirme Stéphanie Vachon, nouvelle responsable du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Cette dernière rappelle que les membres du personnel du réseau de l’éducation peuvent compter sur le maintien de leur rémunération en cas d’isolement préventif lié à la COVID. « Le personnel des CPE est injustement traité », affirme Stéphanie Vachon.

On sait qu’il y a plusieurs cas de COVID dans les CPE du Québec. Contrairement aux écoles, il n’y a cependant pas de compilation officielle des cas dans les CPE, ce qui contribue à l’inquiétude du personnel. Un sondage de l’INSPQ montre d’ailleurs que les répondants dans les écoles primaires et les services de garde éducatifs sont plus anxieux et inquiets par rapport au coronavirus que la population en général.

Personnel épuisé et manque d’écoute
Alors que le personnel des CPE est déjà épuisé, la récente annonce de l’interdiction des réunions de famille pour les Fêtes a eu l’effet d’une nouvelle douche froide. Le gouvernement aurait pu prévoir la fin du service habituel en même temps que la fermeture hâtive des écoles. « Que ce soit au sujet des congés en raison de la COVID ou concernant d’autres aspects, l’imposition de décisions sans consultation contribue à miner le moral des travailleuses des CPE. Le ministre Lacombe doit absolument reprendre les rencontres courantes avec ses partenaires qui ont pris fin en août dernier », insiste Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

« Le gouvernement doit donner un coup de barre pour rassurer le personnel des CPE du Québec et envoyer un signal fort afin d’éviter que plus de travailleuses ne quittent nos CPE », conclut Lucie Longchamps.

On s’en va dans le mur, selon la vaste majorité du personnel du réseau de la santé

La vaste majorité du personnel du réseau de la santé et des services sociaux considère que les offres gouvernementales de la négociation ne permettront pas d’améliorer la situation. C’est ce qui ressort d’un sondage mené par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

Des offres gouvernementales qui ne règlent pas la crise

Le sondage électronique a été mené du 17 au 24 novembre 2020 et a permis de recueillir les réponses de 2350 répondantes et répondants. C’est 96 % des répondants au sondage de la FSSS–CSN qui considèrent que les offres gouvernementales pour la négociation du secteur public ne vont pas permettre d’attirer et de retenir le personnel dans le réseau. Pour les répondants, les offres gouvernementales sont loin d’améliorer les choses, principalement :

  • Parce que l’offre salariale est insuffisante;
  • Parce que l’offre gouvernementale ne permet pas d’améliorer la situation pour l’ensemble des titres d’emploi du réseau;
  • Parce que l’offre gouvernementale ne permet pas de réduire la charge de travail du personnel.

Par son attitude dans la négociation, le gouvernement Legault ne prend pas en compte l’ampleur de l’épuisement et de la surcharge de travail du personnel selon 95 % des répondants.

Les solutions du personnel sont ignorées par le gouvernement

Pourtant, des solutions existent et le personnel en identifie plusieurs qui sont portées par la FSSS–CSN à la table de négociation. Pour le personnel, pour parvenir à améliorer la situation dans le réseau, il faut notamment :

  • Avoir de meilleurs salaires;
  • Rendre les emplois plus attrayants pour la relève et plus intéressants pour les expérimentés, en reconnaissant mieux les responsabilités et les compétences et en améliorant les compensations pour inconvénients;
  • Diminuer la charge de travail;
  • Avoir une plus grande stabilité des postes.

« Les travailleuses et travailleurs qui sont au front depuis le début de la pandémie sont insatisfaits de l’attitude du gouvernement dans la négociation. Ils le disent clairement dans ce sondage. Pour sortir notre réseau de la crise, ça va prendre un changement à la table de négociation et ça presse! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La parole au personnel

  • « L’offre gouvernementale ne règle pas les problèmes structurels du réseau : gestion intransigeante, travail en silo, charge de travail, absence totale de reconnaissance, absence de suivis dans la prestation de soins auprès des patientes et des patients, climat de travail malsain. »
  • « Le manque d’écoute criant envers la détresse des salarié-es et l’attitude de je-m’en-foutisme du gouvernement envers nous font mal à notre besoin de reconnaissance. »
  • « Il est temps que le gouvernement reconnaisse l’importance de nos emplois et que l’on soit payé à notre juste valeur. On ne se le cachera pas, le salaire est la première forme d’attraction dans le système de la santé. Il est temps de rééquilibrer les budgets, et que les professions occupées majoritairement par les femmes soient reconnues. »
  • « Il faut redorer les emplois du réseau de la santé en valorisant tous les titres d’emploi. Le salaire n’est pas tout. Il faut considérer et prendre soin des employé-es afin de les mobiliser et les garder motivés. Il y a une grande iniquité actuellement dans le réseau avec la pandémie et toutes les primes offertes. »

 

 

 

 

La sortie de crise, c’est d’améliorer les conditions du personnel.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) lance une vaste campagne publicitaire radio pour exiger que le gouvernement appuie et protège le personnel de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs.

Urgence d’agir pour sortir nos réseaux de la crise
Cette campagne publicitaire diffusée partout au Québec envoie un message fort au gouvernement Legault : le personnel tombe au combat dans la lutte à la pandémie et il y a urgence d’agir pour améliorer leurs conditions de travail et salariales. Les négociations en cours dans le secteur public, des CPE et du préhospitalier sont des occasions à saisir pour reconnaître l’apport essentiel de ce personnel au front depuis le début de la pandémie.
La FSSS–CSN dénonce de plus la protection insuffisante du personnel. La transmission aérienne du virus est reconnue, mais le Québec refuse d’ajuster à la hausse les mesures de protection, notamment en rendant disponibles les masques N95. Non seulement le gouvernement n’améliore pas les niveaux de protection, mais il a tendance à tenter de mettre la faute des récentes éclosions sur les employé-es.

« Si le gouvernement continue à refuser d’améliorer le sort du personnel, on s’en va droit dans le mur ! En santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs, la pandémie aggrave l’état de santé psychologique du personnel. On ne tiendra pas le coup encore longtemps ! La sortie de crise, elle passe par un coup de barre pour le personnel. Il y a urgence d’agir ! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La majorité du personnel craint pour sa santé psychologique

Les résultats d’un sondage mené par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) illustrent que la grande majorité des travailleuses et travailleurs en santé, services sociaux et services de garde éducatifs craint pour sa santé psychologique et sa protection. Le gouvernement doit en faire plus pour les appuyer et les protéger.

La pandémie accentue la crise de la santé mentale

Le sondage électronique a été mené du 9 au 16 novembre 2020 et a permis de recueillir les réponses de 1971 répondantes et répondants. C’est 75 % des répondants qui s’inquiètent pour leur santé psychologique ou celle de leurs collègues. Ils notent que la pandémie engendre beaucoup de pression, de surcharge de travail et d’anxiété.

« Le message du personnel est clair et limpide : il appelle à l’aide ! Il se met à risque chaque jour depuis le début de la pandémie. Malgré cela, il n’est toujours pas reconnu et reste mal protégé. Le gouvernement doit réaliser que le personnel épuisé ne tiendra pas le coup éternellement. Il doit dès maintenant améliorer les conditions de travail et salariales », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Le personnel mal protégé face au virus

76 % des répondantes et répondants au sondage estiment que les précautions nécessaires pour protéger le personnel n’ont pas été prises lors de la première vague. Ils attribuent les problèmes principalement au déplacement du personnel (selon 73 % des répondants) et aux équipements de protection individuelle (ÉPI) qui ont manqué (54 %).

À cela s’ajoute le fait que 51 % des répondants ne sont pas rassurés par les mesures de prévention actuellement déployées. Plusieurs notent que le virus se propage malgré le port des ÉPI, illustrant que ceux-ci sont insuffisants pour bien les protéger. D’autres déplorent le fait que le Québec ne reconnait toujours pas la transmission aérienne de la COVID-19 et que les systèmes de ventilation ne sont pas suffisamment inspectés. Plusieurs indiquent tout de même que nos réseaux étaient mieux préparés pour faire face à la deuxième vague.

« Jusqu’à maintenant, le gouvernement n’écoute ni la science ni le personnel. Il ne veut rien entendre et nie la transmission aérienne et la nécessité de rendre disponibles les masques N95. Ça va prendre encore combien d’éclosions avant que le gouvernement fasse ce qui saute aux yeux ? », de conclure Jeff Begley.

La parole au personnel

  • « Le réseau était mal en point avant la pandémie et là, en plus de travailler à court de personnel, en heures supplémentaire et en surcharge de travail, nous avons peur d’être contaminés. »
  • « Nous avons l’impression d’être des pions qu’on garroche ici et là juste pour répondre aux exigences des gestionnaires sans se préoccuper du reste. »
  • « J’ai moi-même été sérieusement affecté par la COVID-19 et j’ai failli y laisser ma peau. Le fait de ne pas avoir l’équipement nécessaire lors de mes interventions m’inquiète un peu. Et les conditions dans lesquelles nous travaillons, en plus d’un gouvernement qui nous pointe du doigt en ce moment, c’est irrespectueux et irresponsable de leur part et ça devient lourd à supporter. »
  • « En CPE, nous n’avons pas eu de compensation COVID depuis le début et en plus ils veulent qu’on vide nos banques de vacances si on est retiré à cause du virus. »
  • « Je suis tannée que le gouvernement nous prenne pour du personnel acquis qui ne dira rien et acceptera tout ce qu’il nous donne comme équipement. »

À propos de la FSSS–CSN 

Faire plus pour sortir de la crise en santé

La mise à jour économique du gouvernement Legault ne va pas chercher les marges nécessaires pour mettre fin à la crise en santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) préconise une réforme de la fiscalité audacieuse pour parvenir à améliorer nos services publics.

Une relance économique qui laisse peu de place aux services publics et aux travailleurs.
La mise à jour économique a pour objectif de revenir à l’équilibre budgétaire dans cinq ans, le tout sans aller chercher de nouveaux revenus. Pourtant, la pandémie montre à quel point nos services publics ont fait les frais des politiques d’austérité des dernières décennies. Le manque de personnel, les enjeux de santé mentale, la qualité des soins aux aîné-es sont autant d’enjeux qui nécessitent des investissements majeurs pour parvenir à répondre aux besoins de la population.

C’est pourquoi la FSSS–CSN souhaite que la relance économique mise davantage sur nos services publics. Le gouvernement compte sur une augmentation des transferts fédéraux en santé pour financer les mesures qu’il a annoncées dernièrement dans le réseau. Cette augmentation, bien que souhaitable, est loin d’être à portée de main et n’empêche en rien le gouvernement d’augmenter ses propres revenus.

« Si on ne veut pas aller chercher de nouveaux revenus tout en gardant le cap sur la réduction de la dette et un retour rapide à l’équilibre budgétaire, on peut craindre une nouvelle forme d’austérité. Le gouvernement doit sortir de son étau idéologique et prendre les moyens qui s’imposent pour sortir nos réseaux de la crise actuelle », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Des solutions fiscales pour renforcer le filet social
Selon la FSSS–CSN, la population du Québec a suffisamment souffert du désinvestissement dans les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaire autonome.

En vue du prochain budget, qui déterminera en grande partie notre capacité collective à traverser cette crise, et les autres qui pourraient subvenir, la FSSS–CSN demande au gouvernement Legault d’adopter, dès le prochain budget, les solutions fiscales qui lui permettront de procéder aux investissements nécessaires pour renforcer le filet social.

L’organisation, qui est membre de la Coalition Main rouge, invite donc tous ses membres et la population à signer la pétition qu’elle lance aujourd’hui.

La FSSS-CSN s’adresse à la Cour supérieure pour assurer la protection du personnel

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) entame des démarches judiciaires devant la Cour Supérieure à l’encontre de la CNESST. Par ce recours, la FSSS-CSN demande à la Cour d’enjoindre la CNESST à ne plus se faire dicter unilatéralement son action en prévention par des tiers, plus spécifiquement l’INSPQ, et à remplir pleinement son rôle en prévention et de faire respecter les obligations de la Loi sur la santé et la sécurité au travail dans tous les milieux de travail.

La FSSS-CSN dépose un pourvoi en contrôle judiciaire par voie de mandamus. Elle demande à la Cour de déclarer illégale la ligne de conduite de la CNESST d’ériger en règle de l’art les recommandations de l’INSPQ quant aux ports des équipements de protection individuelle (ÉPI) dans le contexte de la pandémie. Ces recommandations ne sont toujours pas à l’effet de mettre en place, dans les milieux de travail, les protections nécessaires contre le risque de transmission aérienne de la COVID-19. Par ce recours, la FSSS-CSN enjoint la CNESST à ordonner aux employeurs de fournir le moyen de protection nécessaire pour protéger la santé et la sécurité du personnel. C’est notamment le cas pour le port du masque N95 pour protéger le personnel contre la transmission aérienne du virus.

Ce risque de transmission aérienne a été reconnu il y a plusieurs semaines par l’OMS. Il a fait l’objet de nombreuses publications scientifiques et il est maintenant reconnu par l’Agence de la Santé publique du Canada. Pour la FSSS-CSN, les inspecteurs de la CNESST doivent tenir compte de l’existence reconnue de ce risque et imposer aux employeurs de mettre en place les mesures qui s’imposent, tels que l’exige la loi.

« Des milliers de travailleuses de la santé et des services sociaux, dans les secteurs publics et privés, ont été infectés par la COVID-19, et certains y ont laissé la vie. De nombreux foyers d’éclosions sont toujours actifs partout au Québec. Nous nous désolons de devoir intenter un tel recours pour forcer la CNESST à jouer son rôle, afin que les travailleuses et les travailleurs soient en sécurité dans tous les milieux de travail et par le fait même, toute la population », explique Judith Huot, vice-présidente de la FSSS-CSN.

« Le gouvernement doit cesser de tenter de mettre la faute des éclosions sur le personnel et enfin rehausser les mesures de protection pour le personnel. Ce n’est pas normal que plus de 8 mois depuis le début de la pandémie on ne donne toujours pas accès au masque N95 pour l’ensemble du personnel », de conclure Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

À propos de la FSSS-CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont près de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire. 

Des centaines d’employé-es quittent le réseau depuis le début de la pandémie

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) constate que des centaines de travailleuses et de travailleurs de plusieurs titres d’emploi ont quitté le réseau depuis le début de la pandémie. Cette tendance lourde montre l’urgence de donner un coup de barre pour améliorer les conditions de travail et les salaires de l’ensemble du personnel.

Une tournée des syndicats parmi les plus touchés par la deuxième vague de la pandémie confirme l’ampleur du manque de personnel pour plusieurs titres d’emploi du réseau de la santé et des services sociaux. C’est le cas pour l’entretien ménager, les agentes administratives, le personnel des cuisines, les préposé-es aux bénéficiaires (PAB), les préposé-es au retraitement des dispositifs médicaux, les infirmières auxiliaires, les ouvriers spécialisés, les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) et plusieurs autres titres d’emploi. La FSSS–CSN déplore d’ailleurs l’absence de données publiques nationales pour mieux comprendre l’ampleur du manque de personnel.

« Quand on regarde ce qui se passe sur le terrain dans le réseau, on réalise que le manque de personnel touche bien plus de titres d’emploi que ce que veut l’admettre le gouvernement. Il faut au plus vite se donner des moyens de retenir le personnel dans le réseau. On aura beau continuer à embaucher dans les prochains mois, si on ne prend pas les moyens de convaincre les gens de rester, on s’en va dans le mur! », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Des constats démontrant l’ampleur du manque de personnel

  • La surcharge de travail des derniers mois et le manque de reconnaissance du personnel entraînent une augmentation des arrêts de travail et des départs.
  • On assiste à une hausse du recours aux agences privées à certains endroits, ce qui augmente les risques d’éclosion en raison du déplacement. C’est particulièrement le cas pour le personnel de l’entretien ménager.
  • Si certains employeurs ont offert des postes aux personnes qui sont venues prêter main-forte par JeContribue à la suite des demandes des syndicats de la CSN, d’autres tendent à les remercier. La FSSS–CSN s’étonne de cette pratique alors que les besoins sont majeurs dans le réseau.

Des chiffres qui parlent

  • Au CISSS de la Montérégie-Est, il y a eu près de 100 départs de préposé-es à l’entretien ménager. Parmi ces départs, plusieurs salarié-es ont quitté pour suivre la deuxième cohorte de formation de préposé-e aux bénéficiaires.
  • Dans ce CISSS, il y a eu plus de 700 départs en moins d’un an pour les salarié-es représentés par la CSN. Parmi ces départs, on compte près de 150 PAB, plus de 90 préposé-es au service alimentaire et plus de 70 agentes administratives.
  • Du 13 septembre au 31 octobre 2020, il y a eu plus de 900 quarts de travail de PAB donnés aux agences privées dans les CHSLD du nord des Laurentides.
  • Plus du quart des préposé-es au retraitement des dispositifs médicaux de Saint-Eustache et Saint-Jérôme sont en arrêt de travail.
  • Du 13 septembre au 31 octobre 2020, il y a eu plus de 300 quarts de travail en maladie pour les PAB dans les CHSLD du nord des Laurentides.
  • Depuis le début de la pandémie, c’est plus de 100 agentes administratives, près de 30 ASSS, près de 60 préposé-es à l’entretien ménager, plus de 50 préposé-es au service alimentaire et plus de 250 PAB qui ont quitté le CISSS des Laurentides.
  • En Mauricie et au Centre-du-Québec, il y a eu plus de 600 départs depuis le début de la pandémie pour le personnel paratechnique, des services auxiliaires et métiers.

À propos de la FSSS–CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont près de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Toujours rien pour les travailleuses et les travailleurs

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS– CSN) est déçue que le soutien financier annoncé par le ministre Lacombe ne prévoie aucune mesure pour appuyer et reconnaître la contribution des travailleuses et travailleurs des CPE.

L’aide financière de 50 millions de dollars annoncée par le gouvernement vise à appuyer les services de garde éducatifs qui ont dû mettre en place des mesures sanitaires pour limiter les risques de propagation de la COVID-19. Malgré les nombreuses interventions des derniers mois, cette annonce n’inclut toujours pas de mesures concrètes pour répondre aux préoccupations des travailleuses et des travailleurs de CPE. La FSSS–CSN exige la mise en place d’une banque de jours payés pour appuyer les travailleuses qui doivent s’isoler en attente d’un résultat de test. Elle demande aussi au ministère d’accentuer la transmission d’informations au personnel sur les cas d’infection en CPE et d’instaurer une voie rapide de dépistage de test. Elle a aussi demandé l’accès à une prime COVID.

« On joue avec la patience des travailleuses et des travailleurs des CPE. Plus le temps passe, plus elles sentent que le gouvernement les laisse de côté. Elles sont au front depuis le début de la pandémie et tout ce qu’elles demandent, c’est qu’on les protège correctement et qu’on reconnaisse les nombreux efforts qu’elles font pour continuer de servir les tout-petits en pleine pandémie », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

À propos de la FSSS–CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS–CSN est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Un gouvernement qui ignore les besoins du personnel

Le gouvernement Legault doit cesser d’envoyer des messages contradictoires quant à ses déclarations sur la 2e vague. Jeudi dernier, à la table de négociation sur le seul sujet des mesures à prendre dans le cadre de la COVID-19, les représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux ont clairement indiqué que le ministère ne voyait aucun intérêt à travailler avec nous pour mettre en place des mesures visant à améliorer de façon substantielle la prévention en période de pandémie ni à mettre en place toute forme de reconnaissance pour garder motivés les salarié-es au front.

Pourtant, la même journée, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, indiquait publiquement, son intention d’interpeller les organisations syndicales pour demander notre collaboration afin de renforcer la prévention cet automne. Qui parle pour le gouvernement ; le ministre ou les représentants patronaux qui représentent le ministère ? Chose certaine, ces discours sont contradictoires.

Le réseau de la santé et des services sociaux du Québec présente le pire bilan en matière d’infections du personnel au Canada. Depuis le mois d’avril, nous interpellons, à tous les niveaux, le gouvernement. Le désir implicite du gouvernement à ne pas travailler ensemble jusqu’à maintenant, explique en bonne partie ces résultats plus que décevants jusqu’à maintenant.

« En recevant le retour du gouvernement à la table de négociation, on a l’impression qu’ils vivent sur une autre planète ! Ils ne veulent rien faire de plus, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes ! Malgré un bilan désastreux, ils prétendent même que les salarié-es du réseau ne devraient pas avoir d’autre protection que celles dont bénéficient tous les travailleurs dans d’autres secteurs. Ils veulent continuer de gérer la crise derrière des portes closes pendant que les travailleuses et travailleurs risquent leur vie au quotidien. » lance Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN.

Des mesures à la hauteur de la crise du réseau

Les mesures proposées par la FSSS-CSN visent à réduire les risques d’infections, à assurer la protection des usagers, du personnel et à mieux reconnaître leur contribution essentielle durant la pandémie. Parmi ces mesures, on compte :

  • Mettre à disposition de l’ensemble du personnel les équipements de protection individuels (EPI) appropriés et nécessaires, en assurant en tout temps une réserve d’équipements en quantité suffisante, notamment en rendant disponible le masque N95.
  • Fournir les uniformes et procéder à leur entretien.
  • Fournir des aires de repas et de repos qui permettent de respecter en tout temps les mesures de distanciation physique.
  • Interdire les déplacements du personnel dans plusieurs sites, installations, services ou unités.
  • Interdire l’utilisation de personnel d’agence de placement.
  • Donner accès à un processus de dépistage accéléré pour le personnel et les membres de leur famille immédiate.
  • Mettre en isolement ou en télétravail tout en maintenant la rémunération l’ensemble du personnel à risque.
  • Mettre en place des comités paritaires intersyndicaux locaux et nationaux de crise sanitaire pour forcer les employeurs et le gouvernement à transmettre les informations et à entendre les problèmes du terrain.
  • Offrir du soutien psychologique supplémentaire.
  • Convenir de balises pour le télétravail.
  • Suspendre les frais de stationnement
  • Rendre plus largement disponibles les primes COVID.

Un gouvernement qui préfère chercher des coupables

« La nouvelle ligne du gouvernement vise à mettre la faute sur le dos du personnel. S’il y a des éclosions récemment, à son avis c’est la faute de celles et ceux qui soignent la population. Jusqu’à maintenant, le gouvernement refuse de prendre ses responsabilités pour mieux protéger les travailleuses et travailleurs. Avant de déclarer que l’appel du ministre Dubé est un pas dans la bonne direction, nous allons vouloir voir un virage de la part du ministère et de ses représentants pour prendre des mesures qui s’imposent », de conclure Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

À propos de la FSSS-CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont près de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Le personnel du réseau de la santé est très critique

Montréal, le 30 octobre 2020 — Devant le manque d’écoute du gouvernement face au personnel du réseau, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) sonde ses membres sur la gestion de la pandémie dans l’hébergement des aîné-es. Les travailleuses et travailleurs identifient les problèmes vécus sur le terrain et attendent des actions concrètes du gouvernement pour mieux les protéger et les reconnaître.

Le sondage électronique de la FSSS-CSN s’est tenu du 14 au 28 octobre et a permis de recueillir les réponses de 1808 travailleuses et travailleurs du réseau public de santé et de services sociaux et des centres d’hébergement privés.

« Plus le temps passe, plus le gouvernement montre qu’il veut gérer la crise seul. C’est une grave erreur parce que ce sont les gens sur le plancher qui sont les mieux placés pour identifier les solutions. Ce qu’ils disent au gouvernement c’est qu’il faut agir sur le manque de personnel qui touche plusieurs titres d’emploi en améliorant au plus vite les conditions de travail et les salaires. Le personnel du réseau s’étonne aussi que le gouvernement n’annonce pas la nationalisation des CHSLD privés, alors qu’il est clair que la privatisation est un échec », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

Le personnel du réseau savait que nous n’étions pas prêts à faire face à la pandémie en hébergement

Ce sont 91 % des répondant-es qui ne sont pas surpris que la situation ait été aussi difficile dans le secteur de l’hébergement pour aîné-es lors de la première vague. Ils attribuent les causes du problème au :

  • Manque de personnel (selon 76 % des répondant-es)
  • Déplacement du personnel (59 %)
  • Manque d’équipements de protection individuelle (35 %)

Le personnel du réseau considère que tout n’a pas été fait pour faire face à la deuxième vague

Ce sont 80 % des répondant-es qui ne croient pas que le nécessaire a été fait pour éviter une crise dans le secteur de l’hébergement pour aîné-es lors de la deuxième vague. À leur avis, cela est dû principalement au fait que :

  • Il manque de personnel pour plusieurs titres d’emploi (entretien ménager, secteur administratif, service alimentaire, buanderie, etc.) (selon 60 % des répondant-es)
  • Les conditions de travail et les salaires ne sont pas attractifs (60 %)
  • Le déplacement de personnel se poursuit (53 %)

Le personnel du réseau est déçu du manque de courage de la CAQ face aux CHSLD privés

Le gouvernement de la CAQ recule et n’ira pas de l’avant avec la nationalisation des CHSLD privés, telle qu’évoquée lors de la première vague de la pandémie. Ce sont 70 % des répondant-es qui considèrent que le gouvernement fait fausse route en optant pour un modèle d’établissement privé conventionné.

La parole aux travailleuses et travailleurs au front

Nous laissons la parole aux travailleuses et travailleurs du réseau qui se sont exprimés en grand nombre pour dénoncer les problèmes qu’ils vivent :

« C’est bien beau vouloir couper partout pour réduire les dépenses, mais ça a des impacts sur tout. Un employé a juste deux bras et deux jambes et en réduisant partout, ça enlève aussi le côté humain que l’on doit avoir avec les résident-es. Tant qu’il n’y aura pas d’amélioration dans les conditions et salaires, peu importe le niveau de poste, vous allez avoir de la misère à avoir du nouveau monde. »

« Le gouvernement doit arrêter de voir la santé comme une dépense. Arrêter de gérer la vie des gens comme une entreprise privée qui ne recherche que le profit. Le soutien à domicile devrait être beaucoup plus exploité pour diminuer les hospitalisations. Il faut travailler en prévention ! Ça a déjà fonctionné dans le temps ! Les CLSC sont toujours en fin de ligne pour le financement. C’est travailler à l’envers ! »

« Je suis triste et déçu de la manière que le gouvernement gère cette crise. Ils n’ont pas été proactifs ni prévenants au niveau de l’isolement. Par-dessus tout, ils ne sont pas à l’écoute des travailleurs et cela depuis longtemps concernant entre autres le manque de personnel et les salaires. Ils n’ont qu’eux à blâmer. Ce que je trouve inacceptable et inhumain, c’est d’avoir laissé mourir seul tant d’aîné-es. Personne ne mérite de mourir ainsi. »

À propos de la FSSS-CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Le ministère de la Famille refuse de prendre les moyens pour réduire les infections en CPE

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) déplore que malgré ses nombreuses interventions, le ministère de la Famille refuse toujours de maintenir la rémunération des travailleuses de CPE en isolement. Cette décision gouvernementale met une pression supplémentaire sur le réseau en ajoutant un risque d’infection à la COVID-19.

Contrairement à d’autres secteurs comme le réseau scolaire, le personnel des CPE en isolement ou en attente d’un résultat de test de dépistage doit s’absenter sans solde et piger dans leur banque de congés. Cet enjeu qui aurait dû se régler rapidement traîne toujours sur le bureau du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. Comme le ministère n’a toujours pas répondu à notre demande de donner accès à une voie rapide de dépistage pour le secteur, bien des travailleuses se voient forcées de vider leurs banques de congé.

« Le gouvernement demande ces jours-ci à la population de faire des efforts supplémentaires pour arrêter la propagation du virus. Mais quand vient le temps de prendre les moyens pour freiner les éclosions dans les CPE, c’est silence radio. Pourquoi demande-t-on aux travailleuses de choisir entre le risque pour la santé des autres et leur revenu ? Les travailleuses et travailleurs des CPE sont au front depuis le début de la crise. Nous avons fait plusieurs demandes pour les appuyer et elles restent lettre morte. Elles n’ont pas accès à une prime COVID, ni à une voie rapide pour le dépistage et elles doivent en plus piger dans leur poche pour s’isoler quand il y a un risque qu’elles soient infectées. Après ça, on ne peut pas s’étonner qu’il manque de personnel dans nos CPE. Le temps presse pour envoyer le signal aux travailleuses et travailleurs des CPE que tous les moyens sont pris pour les protéger », lance Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

La FSSS–CSN demande au MFA de passer à l’action dès maintenant en accordant une banque de jours payés pour appuyer les travailleuses qui doivent s’isoler. Elle demande aussi au ministère d’accentuer la transmission d’informations au personnel sur les cas d’infection en CPE et d’instaurer une voie rapide de dépistage de test.

À propos de la FSSS–CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire. 

La solution pour les familles et les travailleuses, c’est de sortir du privé

Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), le ministre de la Famille met le doigt sur le bobo sans prendre les moyens de faire le meilleur pour les familles et les travailleuses et travailleurs. La solution est de miser sur le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance et sur l’amélioration des conditions des travailleuses.

« Le ministre Lacombe a tout à fait raison d’attaquer les décisions du précédent gouvernement de développer le privé dans les services de garde. Dommage qu’il n’ait pas le courage politique de faire la seule solution qui s’impose pour donner le meilleur à nos enfants. C’est en misant sur les CPE et les RSG et en augmentant considérablement le nombre de places qu’on peut répondre aux besoins des familles », lance Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Plutôt que d’annoncer la conversion de places du privé non subventionné vers des CPE, le ministre Lacombe annonce une conversion vers du privé subventionné. Cela ne règle en rien le besoin criant des familles pour de nouvelles places et ne permettra pas de donner les services de la meilleure qualité. Les études démontrent toutes que la meilleure qualité de services est dans le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance. C’est pourquoi la FSSS–CSN demande la conversion de places vers les CPE et les RSG. Elle déplore d’ailleurs que l’annonce d’aujourd’hui n’inclue encore une fois rien pour les services de garde en milieu familial. La FSSS–CSN surveillera de près la question des conditions des travailleuses des places converties. Elle rappelle l’urgence d’améliorer rapidement les conditions de travail et les salaires des travailleuses du réseau.

À propos de la FSSS–CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

 

La clé pour protéger le personnel, c’est une réforme de la SST

Au terme de la semaine nationale de la santé et sécurité au travail (SST), la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) réclame d’urgence une réforme des lois en SST.

Tout au long de la semaine, plusieurs travailleuses et travailleurs de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs ont interpellé le ministre du Travail, Jean Boulet, pour qu’il dépose rapidement la modernisation du régime de SST qui permettra de mieux protéger le personnel. Le ministre a d’ailleurs annoncé qu’il déposera sa réforme la semaine prochaine.

« Nous n’arriverons tout simplement pas à bien protéger celles et ceux qui prennent soin de la population si on ne se donne pas des lois en SST qui ont du mordant. Le laxisme des dernières années nous a mené à une catastrophe dont il faut prendre toute la mesure. Pour ne pas revoir autant de travailleuses infectées, le gouvernement doit envoyer le signal qu’il donne les moyens d’agir en prévention. Aujourd’hui, je demande au ministre Boulet de déposer une réforme qui protège le personnel », explique Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Quatre propositions pour protéger les travailleuses et travailleurs

Le réseau de la santé et des services sociaux possède un triste record, celui du milieu de travail ayant le plus grand nombre de travailleuses et travailleurs infectés. Il est d’ailleurs un des pires à l’échelle canadienne. Le réseau des services de garde éducatifs fait aussi subir plusieurs risques au personnel. C’est pourquoi la FSSS et la CSN réclament une modernisation du régime de SST misant sur quatre exigences :

  1. Instaurer l’intégralité des mécanismes de prévention à l’ensemble des secteurs;
  2. Faire une mise à jour complète des maladies professionnelles, entre autres pour que soient reconnus les problèmes de santé psychologique;
  3. Déjudiciariser le régime d’indemnisation de la CNESST, notamment par l’élimination du BEM, et revoir le financement du régime d’indemnisation;
  4. Faire en sorte que la CNESST joue pleinement son rôle en prévention et qu’elle en contrôle l’efficacité dans nos réseaux.

« La pandémie nous a montré toutes les lacunes en santé et dans les services de garde. Ça saute aux yeux que le statu quo nous mène à notre perte et pourtant le gouvernement refuse toujours de rehausser les mesures de protection. C’est inutilement inquiétant pour notre monde qui continue de se mettre à risque chaque jour et qui attend une réponse forte du gouvernement. Il faut que ça change ! », de conclure Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

À propos de la FSSS–CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Le gouvernement est déconnecté de l’urgence d’agir, déplore la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) est extrêmement déçue du plus récent dépôt patronal sectoriel dans les négociations visant le renouvellement des conventions collectives de ses 100 000 membres du réseau public. Ce nouveau dépôt ne peut toujours pas constituer une base de règlement. En effet, dans cette mise à jour de leurs demandes, les représentants patronaux maintiennent le cap vers une détérioration des conditions de travail des salarié-es. Le gouvernement n’offre aucune réponse sur les demandes d’améliorations des conditions de travail et de pratique des salarié-es.

Contrairement aux déclarations publiques récentes du gouvernement, il ne propose pas d’ajouter quelque somme que ce soit permettant d’éliminer les surcharges de travail qui affectent l’ensemble des titres d’emploi du réseau, bien au contraire, il veut sabrer dans les conditions de travail. Il ne répond pas non plus aux principales revendications du personnel en ce qui a trait, notamment, à la santé et la sécurité du travail, à l’attraction et la rétention du personnel ni à la conciliation famille-travail-études, et ce, malgré des dizaines de rencontres d’échanges depuis le début des négociations, en octobre 2019. Entre autres exemples de demandes patronales particulièrement troublantes, notons une révision des dispositions entourant les heures supplémentaires, non pas pour en réduire les recours, mais pour pouvoir en diminuer le coût pour les employeurs.

Déception

« Nos services à la population étaient déjà en crise, avant même la pandémie, rappelle la vice-présidente de la FSSS–CSN, Josée Marcotte. Les derniers mois nous ont montré à quel point ils ont été malmenés. En ce sens, ces propositions sont extrêmement décevantes. Lorsque vient le temps d’aider des entreprises privées, la CAQ trouve toujours les fonds nécessaires. Mais le même gouvernement n’a plus aucune marge de manœuvre quand c’est le temps de corriger les lacunes de notre réseau et de redonner un peu d’oxygène aux centaines de milliers de personnes qui sont au front, chaque jour, pour le mieux-être de la population. C’est vraiment irrespectueux ».

Mobilisation

« Malheureusement, le gouvernement ne reconnaît pas l’urgence d’agir, poursuit Josée Marcotte. Alors nous allons nous assurer qu’il en prendra conscience au cours des prochaines semaines et qu’il sentira, enfin, l’urgence de convenir de solutions négociées. Les travailleuses et les travailleurs méritent le plein respect et une véritable négociation. Nous refusons de reporter, encore une fois, la mise en place de solutions durables pour le personnel.

Les 3 000 RSG–CSN acceptent sans enthousiasme l’entente de principe recommandée par le médiateur

Après la tenue de six assemblées régionales virtuelles la semaine dernière, les 3 000 responsables de service de garde en milieu familial de la CSN (RSG–CSN) ont accepté dans une proportion de 86 % l’entente de principe recommandée par le médiateur Nicolas Dionne. « Ce taux d’acceptation ne doit pas cacher le grand mécontentement des femmes qui choisissent d’accueillir chez elles des milliers d’enfants québécois, de les éduquer et d’en prendre soin », nuance d’entrée de jeu Karine Morisseau, représentante du secteur des RSG à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

En effet, les travailleuses comprennent que le contexte actuel de pandémie, dont personne n’aurait pu prédire l’ampleur, a complètement chamboulé la négociation. Des parents angoissés à juste titre, des RSG obligés d’appliquer les mesures sanitaires strictes et des restrictions importantes en matière de rassemblement ont sans doute compliqué les pourparlers avec le ministère de la Famille.

« Le contexte sanitaire qui afflige l’ensemble des RSG en milieu familial leur ajoute un stress important. Cependant, il faut d’ores et déjà préparer la suite du combat pour la pérennité du métier de RSG en milieu familial. Nous serons au rendez-vous », prévient Jeff Begley, président de la FSSS–CSN. Tout indique malheureusement que cette entente recommandée par le médiateur ne freinera aucunement l’exode massif des RSG vers d’autres professions.  

Par ailleurs, le comité chargé de l’analyse du revenu annuel inéquitable des RSG en milieu familial doit reprendre ses travaux au plus tard le 1er janvier prochain. « Les trois représentants nommés par la FSSS–CSN veilleront à ce que le gouvernement soit de bonne foi afin d’en arriver à des recommandations communes à la fin du mois de septembre prochain », rappelle Lucie Longchamp, vice-présidente de la FSSS–CSN, qui demeure convaincue qu’il est inacceptable de travailler 55 heures par semaine pour moins de 30 000 $ par année.

L’entente de quatre ans recommandée par le médiateur prévoit tout de même une augmentation de 11,8 % en matière de rémunération et un allégement de la lourdeur des tâches administratives exigées aux RSG en milieu familial.

Faire mieux pour affronter la deuxième vague dans les résidences privées pour aîné-es

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) réclame que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour retenir le personnel des résidences privées pour aîné-es et des institutions religieuses alors que la deuxième vague s’annonce difficile.

La restriction de la prime accordée par le gouvernement dans ces résidences touche plusieurs préposé-es aux bénéficiaires (PAB) et s’ajoute aux nombreux défis pour attirer et retenir le personnel. Depuis août dernier, le gouvernement a établi un maximum salarial de 21,27 $ de l’heure pour l’application de la prime COVID dans ces résidences. Ce n’est ainsi plus tous les PAB qui ont maintenant accès à la prime de 4 $ de l’heure. Dans les derniers mois, de nombreux PAB ont quitté les résidences privées et les institutions religieuses, notamment pour prendre part à la formation abrégée dans le secteur public. Cela ne fait qu’accentuer le manque de personnel criant dans ces résidences pourtant au premier front de la lutte à la pandémie.

« Il faut dès maintenant régler ce problème. Bien des gens qui travaillent dans les résidences privées pour aîné-es ont quitté dans les derniers mois et on se retrouve avec encore moins de monde sur le plancher pour faire face à la deuxième vague. Nous avons déjà des éclosions dans nos résidences, il faut tout faire pour arrêter ça », explique Gilles Gagné, représentant des centres d’hébergement privés à la FSSSCSN.

À cela s’ajoute le fait que les travailleuses et travailleurs sont mal équipés. De plus en plus d’études indiquent que le virus peut se transmettre par aérosol. Les équipements de protection individuelle disponibles ne protègent pas contre ce mode de transmission. La FSSSCSN réclame un rehaussement des mesures de protection pour mieux protéger le personnel.