La FSSS–CSN rejette les dernières offres du gouvernement

Réunis hier soir en conseil fédéral, les délégué-es de tous les syndicats FSSS–CSN du réseau public de la santé et des services sociaux ont rejeté, sans ambiguïté, les dernières offres du gouvernement, déposées le 31 mars dernier. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ces offres ne répondent pas aux besoins des plus de 100 000 travailleuses et travailleurs qu’elle représente, dans toutes les catégories de personnel. Plus d’un an suivant l’échéance des conventions collectives, les syndicats FSSS–CSN entament dans les prochains jours des consultations, en assemblée générale pour obtenir le mandat de déclencher la grève au moment opportun, si cela s’avère nécessaire.

« Le gouvernement ne semble pas saisir l’ampleur des problèmes auxquels nous faisons face dans ce réseau, explique la vice-présidente de la FSSS–CSN, Josée Marcotte. Après des années de bouleversements et d’austérité, notre réseau était fort mal en point lorsque la crise de la COVID-19 a éclaté. Un grand coup de barre est d’autant plus nécessaire pour améliorer les salaires et les conditions de travail ainsi que les soins et services que nous offrons à toute la population québécoise ».

« Il y a urgence d’agir. Or, le gouvernement nous propose, des reculs, enchaîne le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley. Il n’y a pas de solutions concrètes applicables dès maintenant dans ce qu’il nous offre. Même sur les sujets que le gouvernement identifie comme ses priorités, pensons à la rémunération des préposé-es aux bénéficiaires, à la stabilisation des équipes dans les soins infirmiers ou les centres jeunesse, ses propositions ne sont pas en phase avec les engagements qu’il a pris publiquement. Pour des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs qui jouent un rôle essentiel dans ce réseau, bien qu’ils soient plus éloignés des projecteurs, le gouvernement n’offre absolument rien. Le mépris, ça suffit ».

Offres rejetées
Hier soir, les délégué-es ont analysé en détail l’ensemble des propositions du gouvernement. Ils ont été choqués de constater la fermeture du gouvernement à toute amélioration des conditions de travail et de pratique. Dans les faits, le gouvernement n’a que des « mercis » à offrir à ses « anges gardiens ».

Pourtant, la FSSS–CSN a présenté, au fil des 59 rencontres de négociation sectorielle, plus d’une centaine de solutions concrètes notamment pour renforcer la santé et la sécurité du travail, favoriser la conciliation famille-travail-études, éliminer les surcharges de travail ou encore attirer davantage la relève et retenir l’expertise dans le secteur public. Dans son dépôt, le gouvernement ignore complètement ces enjeux majeurs pour le personnel. Au contraire, il veut forcer de nombreux salarié-es d’augmenter leurs heures normales de travail par semaine dans le but d’économiser des sommes en versement des heures supplémentaires.

Quant aux préposé-es aux bénéficiaires (PAB), le gouvernement ne leur offre pas 26 $ l’heure comme il le prétend. En fait, le gouvernement offre aux PAB ainsi qu’aux auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) un taux de salaire unique de 23, 87 $ l’heure au moment de la signature de l’entente de principe, privant les salariées de milliers de dollars en rétroactivité. Seuls les PAB qui travaillent en CHSLD auraient droit à une prime supplémentaire, avec des conditions, qui ne compte pas au calcul de la rente de retraite. Le plus choquant, c’est que le gouvernement met tout ça conditionnel au règlement des plaintes en maintien de l’équité salariale déposées en 2010 et 2015 non seulement de ces titres d’emploi, mais de l’ensemble des autres emplois de cette même catégorie de personnel. Bref, le gouvernement veut négocier le droit à l’équité salariale et il voudrait que les femmes du secteur public financent elles-mêmes en bonne partie la correction de la discrimination salariale à leur égard!

Vote de grève
Les syndicats FSSS–CSN s’engagent dans une tournée auprès des membres pour voter un mandat de grève d’une banque de journées illimitées, par scrutin secret.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on s’engage là-dedans, rappelle Josée Marcotte. Mais, nous n’avons plus d’autre choix. Depuis un an et demi, nous tentons de faire comprendre au gouvernement que les travailleuses et les travailleurs n’en peuvent plus. Avec la pandémie, nous avons pris conscience, plus que jamais, qu’il y a urgence d’agir pour relever le réseau. En tenant la ligne dure, en refusant de négocier véritablement des solutions tout en affirmant en point de presse que ses offres sont « excellentes », le gouvernement est en train de créer de toute pièce un conflit alors que, dans les circonstances de crise que nous connaissons, les travailleuses et les travailleurs se seraient attendus à davantage de reconnaissance ».

Les professionnelles en soins infirmiers de la CSQ, de la CSN et de la FTQ refusent les conditions proposées par le gouvernement

Les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes affilié à la CSN, à la CSQ et à la FTQ dénoncent la fermeture du gouvernement à négocier véritablement pour trouver des solutions aux problèmes vécus au quotidien par les salarié-es. À chaque occasion, le gouvernement de la CAQ privilégie systématiquement l’approche unilatérale. Par ailleurs, il veut imposer des reculs aux conditions de travail, alors qu’il y a urgence de les améliorer si on veut être capable de garder le personnel déjà à l’emploi et d’en attirer d’autres.

Les organisations syndicales appellent à un changement de cap et demandent au gouvernement de négocier de bonne foi et d’octroyer sans tarder les mandats nécessaires à ses négociateurs. Ce n’est pas en forçant le personnel à travailler plus, sans agir sur leur charge de travail et leurs conditions d’exercice, que l’on va être capable de les retenir ou de les attirer. La conciliation travail-famille, ce n’est pas juste un beau principe, cela prend des mesures concrètes. Il faut cesser de gérer les ressources humaines à la petite semaine et avoir une vision à plus long terme. Il est plus qu’urgent d’octroyer des conditions de travail justes et équitables qui sont dignes de l’engagement indéfectible dont nos membres font preuve depuis de nombreuses années, en dépit des coupes constantes dans le réseau de la santé et des services sociaux.

« Rien n’est réglé en santé et services sociaux, et ce, plus d’un an après l’échéance de nos conventions collectives, souligne la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Josée Marcotte. Le gouvernement fait fausse route s’il pense pouvoir imposer à nos membres des reculs à leurs conditions de travail. Des milliers de professionnel-les en soins infirmiers et cardiorespiratoires demandent plus de respect et cela passe par une véritable négociation pour s’attaquer aux réels problèmes de fonds ».

« En négociation, les représentantes et les représentants patronaux n’ont aucun mandat pour discuter des questions qui nous tiennent à cœur, poursuit la présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), Sylvie Nelson. Qu’il s’agisse d’établir de meilleurs ratios de personnel dans les services, d’éliminer les heures supplémentaires obligatoires (TSO) ou de mettre en place des solutions pour attirer et retenir le personnel, nous nous heurtons à des vis-à-vis qui ne veulent rien introduire dans les conventions. Tout au plus, ils proposent de repousser dans le temps, encore une fois, la recherche de solutions. Nous appelons à un changement de cap, à une véritable négociation! C’est en travaillant tous ensemble que nous saurons renforcer ce réseau, non seulement pour répondre à la crise, mais pour l’avenir ».

« Le gouvernement Legault ne cesse de faire appel à notre collaboration, comme organisations syndicales, quand il en a besoin. Pour traverser la crise… Pour encourager la vaccination… Pour assurer la plus grande disponibilité possible de la main-d’œuvre… Mais c’est une collaboration à sens unique qu’il cherche, seulement quand elle fait son affaire, déplore le président du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS-SCFP-FTQ), Frédéric Brisson. C’est très frustrant parce que sur le terrain, tous les jours, nos membres se demandent constamment pourquoi le gouvernement n’a pas plus de reconnaissance pour leur contribution immense à la société; ce n’est pas de mercis en conférence de presse qu’ils ont besoin, ni des reculs ou des conditions inéquitables selon les statuts d’emploi, mais de respect et de justice. Ça suffit l’abus du gouvernement sur les conditions de vie et de travail inacceptables pour des milliers de femmes ».

« L’arrêté ministériel 007 étant toujours en vigueur, la menace plane sur nos vacances encore cet été, enchaîne la présidente de la Fédération de la santé (FSQ-CSQ), Claire Montour. Si on n’est pas capable de combler les besoins en main-d’œuvre, ce n’est pas juste à cause de la pandémie. C’est bien à cause des salaires non concurrentiels et des conditions de travail difficiles que les salarié-es désertent le réseau. C’est par la négociation qu’on trouvera des solutions. Au lieu d’en discuter avec nous, le gouvernement impose des conditions par arrêtés ministériels et il choisit de mettre en place un comité de travail sur les effectifs en soins infirmiers, auquel il convie différents acteurs, à l’exception notable des organisations syndicales. Encore une fois, on aura beau explorer toutes les pistes de solutions, cela ne peut pas se faire sans l’apport des infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes. C’est maintenant que ça doit se passer. Nous sommes en négociation maintenant, c’est maintenant qu’il faut négocier ».

Catastrophe annoncée : la FSSS publie les résultats d’un sondage sur le moral des travailleurs et des travailleuses de la santé et des services sociaux

La Fédération de la santé et des services sociaux affiliée à la CSN (FSSS-CSN) dévoile aujourd’hui les résultats d’un sondage mené auprès de ses membres un an après le début de la pandémie. Selon ce sondage, 71% des répondants souffrent d’une détresse psychologique élevée. Ce résultat est près de quatre fois plus élevé que ceux mesurés dans l’Enquête québécoise sur les conditions d’emploi et de santé et de sécurité du travail (EQCOTESST), pour le secteur de la santé et des services sociaux (18,1%). 

Les résultats du sondage révèlent également que 27% des personnes répondent aux critères d’une détresse psychologique élevée très importante, faisant en sorte qu’il est probable que ces répondants développent une maladie mentale grave. L’indice de détresse psychologique est un indicateur précoce d’atteinte à la santé psychologique qui évalue deux des plus fréquents troubles de santé psychologique, soit l’anxiété et la dépression. 

Les effets de la pandémie
Dans une grande enquête menée par la FSSS en 2018, le même outil méthodologique nous indiquait alors que 53.73% de nos membres avaient un niveau de détresse psychologique élevée. « La différence entre les résultats des deux enquêtes nous préoccupe énormément, cela démontre une détérioration marquée de la santé psychologique de nos membres dans la dernière année », souligne Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.  

54% des répondants ont par ailleurs répondu aller moins bien qu’avant la pandémie. 

« Il faut donner un coup de barre, c’est urgent. La santé du personnel des réseaux de la santé et des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance est en péril, tout comme la santé des réseaux eux-mêmes. Au final, c’est la population qui en paiera le prix si on laisse perdurer cette situation très préoccupante » rappelle Jeff Begley.

2300 personnes issues des différents secteurs que représente la FSSS ont répondu au sondage, mené en ligne du 10 au 17 mars 2021. 

Opération visibilité « Je me souviens » des Syndicats unis d’Héma-Québec

Le 31 mars marquera la deuxième année sans convention collective des cinq Syndicats unis d’Héma-Québec, affiliés à Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–­CSN). « La négociation de notre dernière convention collective a duré quatre ans. Nos membres ne veulent pas jouer dans le même film. C’est pourquoi nous avons choisi de souligner cet anniversaire en déployant l’opération visibilité “2 ans sans convention. Je me souviens.” avec des autocollants et des affiches sur les lieux de travail jusqu’au 31 mars », déclare Simon Poulin, président du Syndicat des techniciens(nes) de laboratoire d’Héma-Québec et porte-parole des syndicats unis.

Les Syndicats unis d’Héma-Québec déplorent que la partie patronale ait mis autant de temps à s’asseoir à la table de négociation. « Ce n’est qu’après un rappel à l’ordre du Tribunal administratif du travail en octobre dernier que les représentants d’Héma-Québec ont accepté de s’asseoir avec nous, après plus d’un an sans convention collective. Maintenant que ces complications sont derrière nous et qu’un dialogue est amorcé, les négociations doivent s’accélérer », continue M. Poulin.

Mandats de grève obtenus
Voulant être prêts à toute éventualité, les membres des Syndicats unis d’Héma-Québec ont voté massivement en faveur de mandats de grève dans les derniers mois.

« On parle de votes autour de 94 % en moyenne! Comme nos syndicats représentent autour de 70 % du personnel syndiqué à la grandeur du Québec, ces votes sont un message très clair pour l’employeur. Nous méritons une convention collective à la hauteur de la qualité de notre travail et nous méritons aussi de ne pas attendre quatre ans avant l’entrée en vigueur de celle-ci », conclut M. Poulin.

Les Syndicats unis d’Héma-Québec regroupent le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Héma-Québec (Montréal-CSN), le Syndicat des techniciens(nes) de laboratoire de Héma-Québec (CSN), le Syndicat des assistants (es) techniques de laboratoire de Héma-Québec (CSN), le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Héma-Québec (QUÉBEC-CSN) et le Syndicat des infirmières et infirmières auxiliaires de Héma-Québec (QUÉBEC-CSN).

Il y a urgence d’agir pour la santé et la sécurité de tout le personnel du réseau de la santé et des services sociaux

En négociation pour le renouvellement de leur convention collective, les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux ont installé une pente de neige devant l’entrée des bureaux montréalais de la Coalition avenir Québec (CAQ). L’inaction du gouvernement en ce qui a trait à la santé et à la sécurité au travail dans le réseau de la santé et des services sociaux constitue une pente glissante, tant pour l’intégrité physique et mentale des salarié-es que pour l’accessibilité de la population à des services de qualité.

Bien que la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ait présenté ses revendications il y a près de 18 mois, en octobre 2019, le comité de négociation représentant les intérêts de plus de 100 000 travailleuses et travailleurs du réseau attend toujours un signal des employeurs indiquant qu’ils souhaitent s’attaquer aux problèmes les plus criants et mettre en place des solutions dès maintenant.

En négociation, la FSSS–CSN veut renforcer les dispositions des conventions collectives portant sur la prévention. La violence en milieu de travail, le harcèlement psychologique, la formation en intervention sécuritaire dans les cas d’urgence, les équipements de protection et le rôle des syndicats dans les programmes de prévention sont au nombre des voies de solutions prônées par la FSSS–CSN. Jusqu’à maintenant, les représentants patronaux n’ont démontré aucune ouverture à régler ces problèmes.

Pourtant, même avant la pandémie, au cours de laquelle plus de 30 000 salarié-es ont été infectés, la situation était alarmante. En effet, 18 % des accidents de travail et des lésions professionnelles au Québec proviennent du réseau de la santé et des services sociaux. En deux ans, le nombre d’actes de violence à l’encontre du personnel a augmenté de 82 %, les chutes de 45 % et les troubles musculo-squelettiques de 36 %. Un sondage réalisé par la FSSS–CSN, en novembre 2020, montrait que 75 % des travailleuses et des travailleurs étaient inquiets pour leur santé psychologique ou celle de leurs collègues. Pour la FSSS–CSN, en continuant d’ignorer ces enjeux, le gouvernement engage tout le réseau sur une pente glissante.

« Il faut faire plus de prévention. Il faut mieux protéger celles et ceux qui prennent soin des bénéficiaires, explique le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Jeff Begley. Les chiffres donnent le vertige. En tant que plus grand employeur au Québec, on attend du gouvernement qu’il donne l’exemple, qu’il ne fasse aucun compromis quant à la santé et à la sécurité des travailleuses et des travailleurs. Nous avons proposé une dizaine de pistes de solutions pour améliorer ce bilan désolant. Jusqu’ici, il semble bien que nous soyons les seuls à vouloir régler la situation actuelle. Continuer de travailler dans le réseau de la santé et des services sociaux à s’en rendre malade n’est certainement pas la solution. Le gouvernement doit agir maintenant! »

« Protéger la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs, ça a toujours été au cœur de notre mission comme organisation syndicale, enchaîne la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain, Dominique Daigneault. On ne peut pas accepter que le gouvernement reste les bras croisés. La situation s’est tellement aggravée que c’est devenu aujourd’hui une des causes principales des difficultés de main-d’œuvre des établissements. Il y a l’équivalent de plus de 13 000 postes à temps complet en assurance-salaire dans le réseau au Québec. Ça doit changer maintenant! »

Accueil Bonneau : une décision antisyndicale qui nuit aux personnes itinérantes

Les travailleuses et les travailleurs de l’Accueil Bonneau ont manifesté aujourd’hui pour dénoncer la décision de la direction de l’Accueil Bonneau qui a aboli unilatéralement tous les postes des intervenantes et intervenants qui travaillaient en première ligne à la nouvelle halte-chaleur dans le Vieux-Port de Montréal. Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Accueil Bonneau (CSN) estime qu’il s’agit d’une mauvaise décision, dont les motifs ne sont pas aussi clairs que le prétend l’organisation.

Cette décision de janvier dernier a en effet permis de décimer l’exécutif syndical à la veille du début des négociations pour un nouveau contrat de travail. De plus, le syndicat estime qu’il n’est pas du tout « innovant », comme le prétend la direction, de remplacer les intervenantes et intervenants de première ligne expérimentés et formés, par des agents de sécurité sous prétexte que la priorité est maintenant au logement (housing first).

« Tant qu’il y aura des itinérants dans la rue, il faudra les accompagner de façon humaine et les besoins demeureront importants, même pour ceux et celles qui auront la chance d’obtenir un logement », soutient Chloé Bourbiaux, porte-parole du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Accueil Bonneau (CSN). « La tendance que l’on constate sur certains sites d’accueil de personnes itinérante d’embaucher des gardiens de sécurité pour faire le travail de première ligne n’est vraiment pas un pas dans la bonne direction. L’accueil devrait être plutôt axé sur l’humain et non pas concentré sur les seuls besoins de sécurité », affirme Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN.

Tendance au délaissement de la première ligne
La tendance actuelle à favoriser le logement d’abord (housing first), présente partout en Amérique du Nord et de plus en plus à Montréal, fait en sorte qu’elle canalise, dans certains ca, les subventions ou les dons du privé vers ces initiatives. « La course aux subventions associées à des projets et le désir de voir baisser les statistiques du nombre d’itinérants ne doit pas faire oublier qu’il y a encore des personnes dans la rue à Montréal, en plein hiver, en pleine pandémie et que leurs besoins comportent plusieurs dimensions », affirme Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

 Cette tendance touche également les autres grands refuges de Montréal qu’ils soient permanents ou temporaires. « Il est important de conserver une première ligne forte pour accompagner les itinérantes et les itinérants. Il faut des lits pour un accueil inconditionnel qui ne repose pas sur l’enrôlement dans un programme de travail ou de logement », ajoute Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Ce dernier ajoute que la tendance au remplacement de la première ligne d’accueil des itinérants par des agents de sécurité n’est pas une politique innovante, bien au contraire.

Les travailleuses et travailleurs de la santé enfin mieux protégé-es face à la COVID-19

Comme le réclame la FSSS–CSN depuis le début de la pandémie, les travailleuses et travailleurs de la santé qui travaillent auprès des patients atteints de la COVID-19 pourront utiliser des appareils de protection respiratoire N-95 ou leur équivalent pour se protéger.

Rappelant que plus de 30 000 travailleuses et travailleurs de la santé ont contracté la COVID-19 et que certains y ont laissé leur vie, la FSSS–CSN se réjouit du fait que la CNESST affirme enfin et sans ambiguïté que les appareils de protection respiratoires constituent des moyens de prévention nécessaires pour réduire les risques d’exposition des travailleurs et travailleuses de la santé œuvrant en zone chaude.

Cette nouvelle directive vient calmer l’indignation que la récente décision du comité sur les infections nosocomiales (CINQ) de l’INSPQ avait provoquée au sein du personnel du réseau. En effet, tout en indiquant vouloir protéger le personnel de la santé et leur donner accès aux masques N-95, le CINQ recommandait de ne considérer offrir ces respirateurs N-95 que dans les cas d’éclosion non contrôlée et au terme d’une longue démarche bureaucratique, ainsi que d’une série de conditions restreignant considérablement leur accès au moment opportun.

« Ça fera bientôt un an que la pandémie est en cours. Il est plus que temps que la CNESST intervienne pour s’assurer que le personnel de la santé soit bien protégé. La CNESST doit s’imposer en matière de prévention en santé et de sécurité au travail. C’est son travail, et il était impératif d’intervenir en réponse aux directives du CINQ de l’INSPQ », affirme Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La décision de la CNESST est l’aboutissement d’une longue lutte des organisations syndicales et de certains scientifiques et professionnels de la santé qui revendiquent ce droit depuis les débuts de la pandémie. Face à la flambée des cas au sein du personnel, mais aussi de la population, tout a été mis en œuvre pour obtenir ce changement d’orientation. Des recours juridiques ont été entrepris, des représentations constantes ont été faites auprès des organisations en cause, des documents ont été déposés et les médias alertés. Ces recours multiples ont finalement fait entendre la voix de la raison. Mieux vaut tard que jamais, surtout que nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux variants.

« Nous n’avons ménagé aucun effort et nous continuerons de le faire, de telle sorte à s’assurer que le personnel soit bien protégé au travail à l’avenir, mais aussi pour s’assurer qu’une telle situation, où pendant un an on met la santé et la sécurité du personnel à risque, ça ne puisse plus se reproduire », ajoute Judith Huot, première vice-présidente à la FSSS–CSN.

Cette victoire démontre, une fois de plus que la mobilisation et l’organisation sont les seuls garants de la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs et travailleuses.

La santé des salarié-es fait encore les frais de l’incohérence du ministre Dubé

D’une voix commune, les présidentes et présidents des organisations syndicales du réseau de la santé et des services sociaux (APTS, FIQ, FIQP, FSQ-CSQ, FSSS-CSN, FP-CSN, SCFP, SQEES-FTQ) dénoncent haut et fort les directives du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) par lesquelles il refuse toujours l’accès au masque N-95 pour les salarié-es qui travaillent auprès des patient·e·s porteur·euse·s, ou suspecté·e·s de l’être, de la COVID-19, et ce, malgré le fait que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ait reconnu, avec des mois de retard sur d’autres organisations sanitaires, que le virus se propageait par aérosol.

« Sur la place publique, le ministre Christian Dubé n’arrête pas de mentionner ses inquiétudes pour la santé physique et psychologique des personnes salariées du réseau, mais dans la réalité les directives soutenues par son ministère font plutôt grimper leur niveau d’anxiété quant à leur propre sécurité et celle de leurs proches. Le ministre doit faire preuve de cohérence et rappeler à l’ordre le ministère pour qu’il autorise le port du masque N-95 lorsque le personnel est en contact avec des usager·ère·s atteint·e·s de la COVID-19 ou suspecté·e·s de l’être », ont déclaré les chef·fe·s syndicaux·les.

Dans un avis publié plus tôt cette année, l’INSPQ a reconnu la propagation par aérosol de la COVID-19. Toutefois, faisant fi du principe de précaution et sapant toute mesure de prévention, il recommande le port du masque N-95 seulement lorsqu’une éclosion devient hors de contrôle. Plutôt que de suivre la procédure (algorithme décisionnel) complexe de l’INSPQ, les organisations syndicales proposent que les personnes salariées utilisent leur jugement professionnel pour décider du port du N-95.

« Comment peut-on promouvoir l’usage d’un équipement de protection uniquement après une éclosion hors de contrôle? Est-ce qu’un pompier attend que le feu soit hors de contrôle pour mettre son appareil respiratoire? Est-ce qu’une soldate part au front sans casque de protection? Et ce n’est pas une question de rareté du N-95, le ministre a indiqué plusieurs fois qu’on n’en manquait plus. Ajoutons que le MSSS vient d’accorder un contrat de gré à gré de 330 millions de dollars pour en assurer l’approvisionnement. Ce que l’on comprend des décisions du ministère, c’est que la santé de nos membres est le cadet de ses soucis. C’est odieux », ont ajouté les représentant·e·s des organisations syndicales.

Depuis le début de cette crise, le gouvernement fait appel à la collaboration des organisations syndicales pour passer au travers de la pandémie. Cette collaboration semble toutefois unidirectionnelle, car chaque fois que les représentant·e·s syndicaux·les tentent d’obtenir une amélioration des conditions de santé et de sécurité dans lesquelles travaillent leurs membres, ils et elles se voient opposer une fin de non-recevoir.

« Le ministre Dubé a l’occasion de prouver qu’il a vraiment à cœur la santé et la sécurité des salarié·e·s du réseau. Il doit faire preuve de leadership et respecter le principe de précaution en matière de prévention et de contrôle des infections. L’avis de l’INSPQ ne peut servir d’excuse à son inaction », ont conclu les personnes représentantes syndicales.

Projet de loi 59 : ne pas reproduire les erreurs de la réforme Barrette

La FSSS–CSN a rencontré le cabinet du ministre du Travail aujourd’hui afin d’insister sur la nécessité de modifier substantiellement le projet de loi 59 et que le nouveau régime puisse protéger les travailleuses et les travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance.

Complémentaires au mémoire présenté par la CSN et portant spécifiquement sur le volet prévention, les commentaires formulés par la FSSS–CSN et déposés lors de cette rencontre concernaient des problématiques spécifiques à ces deux secteurs.

La FSSS–CSN a rappelé qu’une importante crise de la santé et de la sécurité au travail a actuellement cours dans le secteur de la santé et des services sociaux qui représente 9,8 % des établissements, mais 18 % des lésions professionnelles au Québec! La situation s’aggrave d’année en année et la COVID n’a évidemment rien fait pour aider la situation. La réforme à venir doit pouvoir mettre un terme à cette crise en permettant d’améliorer rapidement l’efficacité de la prévention.

La FSSS–CSN a fait valoir que la réforme Barrette a créé des méga-établissements, qui opèrent maintenant sur d’immenses territoires. Cette hypercentralisation a eu pour effet de démanteler les structures de proximité en prévention, alors que l’on sait pourtant que la prévention doit être organisée de telle sorte qu’elle puisse tenir compte des particularités de chaque milieu pour être efficace. Or, la réforme proposée, au lieu de corriger la situation, perpétuerait l’erreur commise avec la réforme Barrette, en donnant aux employeurs la possibilité d’imposer une organisation de la prévention sur un modèle multi établissements. « C’est impossible de faire de la prévention en santé et sécurité au travail (SST) dans une mégastructure comme celle des CISSS et de CIUSSS et sur d’aussi vastes territoires. Il faut absolument prévoir une organisation décentralisée et paritaire pour s’assurer d’agir efficacement en prévention », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Un projet de loi qui pénalise les femmes

Le projet de loi 59 ne tient pas compte des conditions de travail des femmes et des risques particuliers dans les métiers du secteur de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance. La FSSS constate un biais qui défavorise les femmes dans l’évaluation des niveaux de risque et un affaiblissement des mécanismes de prévention qui sont proposés pour les milieux à prédominance féminine. Rappelons également que le projet de loi 59 va compliquer le retrait préventif des femmes enceintes en faisant en sorte que l’avis du médecin traitant ne soit plus le seul qui soit considéré. De plus, il y a de quoi s’interroger quand on constate qu’au moment même où on s’apprête à déployer les mécanismes de prévention dans les secteurs à prédominance féminine, on réduit les moyens consentis pour faire fonctionner ces mécanismes tout en faisant reculer le paritarisme. « Si le gouvernement Legault voulait un projet de loi féministe, il reste du chemin à faire », insiste Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Des établissements oubliés

Après 40 ans d’attente d’une réforme en SST, nous aurions espéré que tous les secteurs de la santé et des services sociaux soient encadrés par la Loi sur la santé et sécurité du travail (LSST). Or, des secteurs sont encore exclus comme les ressources de type familial (RI-RTF) et les responsables d’un service de garde en milieu familial (RSG). La FSSS–CSN estime qu’on ne doit pas prétexter que le statut de travailleurs et surtout de travailleuses autonomes empêche de bénéficier des dispositions de la LSST. Ces milieux de travail sont d’ailleurs encadrés par le réseau de la santé ou par des bureaux coordonnateurs qui devraient récupérer des responsabilités en prévention. 

Le gouvernement ne met pas en place les conditions gagnantes

Au cours des derniers jours, la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN (FSSS–CSN) reçoit des échos fort préoccupants des salarié-es de divers établissements quant à la campagne de vaccination en cours dans le réseau. En effet, plusieurs salarié-es souhaitant être vaccinés se voient forcés d’y renoncer à cause des conditions mises en place, notamment les coûts que cela engendrerait pour eux.

Selon les règles édictées par le gouvernement et les responsables patronaux des établissements, les travailleuses et les travailleurs du réseau peuvent recevoir le vaccin durant leur temps de travail et ne pas perdre de rémunération. Cependant, du même coup, ils offrent la possibilité aux employeurs de mettre en place divers autres scénarios et cela laisse place à des iniquités entre les membres du personnel d’un même établissement et entre les établissements. Par exemple, pour obtenir le vaccin, des personnes doivent, en plus de leur journée de travail, voyager plusieurs heures pour recevoir le vaccin à un point de service éloigné de leur lieu de travail habituel, sans aucune autre compensation, ni en temps, ni en frais de déplacement. Cela met en péril le succès de la campagne de vaccination.

La FSSS–CSN a interpellé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, à ce sujet de même que les représentantes et les représentants patronaux. La solution proposée est simple : dédommager pleinement les salarié-es qui doivent recevoir le vaccin, tant en ce qui a trait aux frais de déplacement qu’au temps requis pour recevoir le vaccin. Si l’on veut favoriser et faciliter la vaccination, il est important de mettre en place des conditions équitables pour toutes et tous.

« À la FSSS–CSN, nous souhaitons que cette campagne de vaccination fonctionne et que les salarié-es y adhèrent largement, si l’on veut se donner les meilleures chances de protéger rapidement les usagères et les usagers, la population et le personnel, explique le président de l’organisation, Jeff Begley. Depuis le début de cette crise, le gouvernement mise sur l’engagement, la passion et le professionnalisme du personnel pour qu’il tienne le fort dans des conditions inacceptables. Il refuse de verser des primes COVID à une écrasante majorité du personnel au front depuis le début de la crise. Il refuse également de rendre disponibles les équipements de protection individuels nécessaires. Il laisse traîner les négociations du secteur public tout en formulant des promesses en conférence de presse qui sont en complet décalage avec ce qu’il offre à la table de négociation. Il ne faut pas s’étonner ici que plusieurs salarié-es calculent que se faire vacciner leur coûterait beaucoup trop cher actuellement. »

COVID-19 : les experts du gouvernement ne recommandent toujours pas le N-95 !

Tout se passe comme si le gouvernement du Québec cherchait à gagner du temps pour couvrir son manque d’approvisionnement en masques N-95 pour les employé-es à risque du secteur de la santé.

Déposé le vendredi 8 janvier, le rapport du groupe d’experts concernant la ventilation et la transmission de la COVID-19 en milieu scolaire et en milieu de soins conclut pourtant que le virus « se transmet par des aérosols », principalement à moins de deux mètres d’une personne infectée. Les experts du gouvernement ne recommandent cependant toujours pas le port du masque nécessaire pour filtrer ces aérosols, le N-95 ou son équivalent, pour protéger le personnel dans les zones où se trouvent des patients atteints de la COVID-19. Timidement, le rapport propose plutôt de poursuivre les travaux pour « moduler les recommandations » sur l’utilisation des masques
N-95 dans des contextes autres que les interventions médicales déjà reconnues pour générer des aérosols (IMGA). Le rapport précise en plus que ces travaux porteront seulement sur des situations précises, restreintes et encadrées.

« Maintenant que l’Institut national de santé publique du Québec a enfin reconnu l’existence du risque de transmission par aérosols, minimalement sur une distance de moins de deux mètres, comment expliquer qu’on ne recommande pas dès maintenant que le matériel de protection requis soit fournit au personnel de la santé susceptible de se retrouver en pareilles conditions ? Et pourquoi ne procède-t-on pas à un examen systématique de la ventilation dans les milieux de soins ? Combien de dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs infectés cela prendra-t-il avant que le gouvernement n’applique le principe de précaution ? » s’interroge Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux. Ce dernier aurait par ailleurs souhaité que le ministre de la Santé et des Services sociaux soit présent lors du dévoilement du rapport vendredi et qu’il se prononce sur la question du masque N-95 ou de son équivalent.

Le rapport du groupe d’experts du gouvernement recommande néanmoins de mettre l’accent sur la qualité des masques de procédure utilisés à défaut des N-95. Rappelons que des milliers de masques non conformes aux normes canadiennes ont été en circulation dans les centres de la petite enfance du Québec.

Chicane d’experts

Récemment, un millier de médecins et d’experts britanniques ont demandé l’accès à l’équivalent des masques N-95 et une amélioration de la ventilation pour les travailleurs de la santé qui oeuvrent auprès des patients atteints de la COVID-19. Par ailleurs, quelque 363 experts et scientifiques canadiens recommandaient de « veiller à ce qu’aucun travailleur de la santé à haut risque ne se voit refuser l’accès à un appareil respiratoire (N95, élastomère ou équivalent) dont l’ajustement a été validé ». Puisque les aérosols peuvent transmettre la COVID-19, il s’agit d’une conclusion logique pour plusieurs experts.

Transport médical : Le gouvernement doit agir

Le gouvernement doit faire son devoir et octroyer les sommes nécessaires afin que le personnel œuvrant en transport médical bénéficie d’une prime COVID-19 de 4 $ l’heure. C’est le message lancé aujourd’hui par le Syndicat des employé-es de transport médical de la Capitale Nationale (SETMCN–CSN) et le Syndicat des employé-es de transport médical Cœur-du-Québec (SETMCDQ–CSN), qui représentent plus de 90 chauffeurs-accompagnateurs. Ceux-ci unissent leur voix à celle de leur employeur, Transport médical de la Capitale-Nationale, dont les demandes en ce sens au ministère de la Santé et des Services sociaux sont demeurées lettre morte. 

 « Le niveau de stress des chauffeurs-accompagnateurs, occasionné par la COVID-19, est de plus en plus élevé. Tous les jours, nos membres transportent des personnes vulnérables, qui subissent des traitements contre le cancer, d’hémodialyse ou des coronarographies, à titre d’exemple. Nous sommes en contact avec des résidents des centres d’hébergement privés, des usagers des hôpitaux et des CHSLD. Les risques de contracter le coronavirus sont très élevés », explique Pierre Labrecque, président du SETMCN–CSN.

 « Nous ne sommes pas seulement des chauffeurs, mais aussi des accompagnateurs qui doivent rassurer les patients à propos de leurs inquiétudes face à la pandémie et des dangers qui l’accompagnent », relate pour sa part le président du SETMCDQ–CSN, Michel Guillemette. « Nous ne sommes pas à l’emploi direct des différents CISSS et CIUSSS que nous desservons. C’est pourquoi, depuis mars 2020, nous exigeons une prime de 4 $ l’heure, car comme pour les paramédics, les primes versées aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public ne s’appliquent pas à nous.  »

 Depuis maintenant neuf mois, le gouvernement se traîne les pieds dans ce dossier. « Alors que le Québec est frappé de plein fouet par une deuxième vague de COVID-19, le gouvernement doit y mettre du sien et reconnaître que les chauffeurs-accompagnateurs mettent leur santé en péril pour effectuer un travail qui est considéré comme un service essentiel par le gouvernement », concluent les deux présidents.

Le gouvernement doit soutenir le personnel des CPE

Pour la CSN, les travailleuses des CPE doivent pouvoir accéder à des absences payées lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. C’est loin d’être toujours le cas en ce moment et c’est pourquoi des manifestations se tiennent partout au Québec aujourd’hui.

Depuis le début de la crise, elles doivent piger dans leur banque personnelle de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances lors de périodes d’isolement imposées par la Santé publique ou par l’employeur, lorsqu’il y a des symptômes, ou encore lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. Dans un sondage mené par la CSN auquel 5200 membres de CPE ont répondu en novembre dernier, près de 25 % des éducatrices avaient déjà été testées pour la COVID et près de 80 % de ces dernières ont utilisé leur banque personnelle ou ont dû prendre un congé sans solde durant l’attente du résultat.

Il y a donc un risque qu’une travailleuse choisisse de taire des symptômes bénins afin d’éviter les conséquences financières pour sa famille. Selon une étude de la Direction de la santé publique de Montréal sur les cas de COVID survenus du 26 août au 30 septembre, la présence de personnes symptomatiques dans les services de garde éducatifs était le deuxième plus important facteur de transmission.

« Il est inadmissible que le ministère de la Famille ne finance pas de congés rémunérés pour l’isolement préventif, car celui-ci sert à diminuer le risque de transmission dans les CPE », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

« On prend un risque inutile en forçant des travailleuses à faire un choix déchirant lorsqu’elles n’ont plus de jours dans leur banque de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances. Il n’est pas normal que le personnel des CPE doive en payer le prix pour le bien collectif », affirme Stéphanie Vachon, nouvelle responsable du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Cette dernière rappelle que les membres du personnel du réseau de l’éducation peuvent compter sur le maintien de leur rémunération en cas d’isolement préventif lié à la COVID. « Le personnel des CPE est injustement traité », affirme Stéphanie Vachon.

On sait qu’il y a plusieurs cas de COVID dans les CPE du Québec. Contrairement aux écoles, il n’y a cependant pas de compilation officielle des cas dans les CPE, ce qui contribue à l’inquiétude du personnel. Un sondage de l’INSPQ montre d’ailleurs que les répondants dans les écoles primaires et les services de garde éducatifs sont plus anxieux et inquiets par rapport au coronavirus que la population en général.

Personnel épuisé et manque d’écoute
Alors que le personnel des CPE est déjà épuisé, la récente annonce de l’interdiction des réunions de famille pour les Fêtes a eu l’effet d’une nouvelle douche froide. Le gouvernement aurait pu prévoir la fin du service habituel en même temps que la fermeture hâtive des écoles. « Que ce soit au sujet des congés en raison de la COVID ou concernant d’autres aspects, l’imposition de décisions sans consultation contribue à miner le moral des travailleuses des CPE. Le ministre Lacombe doit absolument reprendre les rencontres courantes avec ses partenaires qui ont pris fin en août dernier », insiste Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

« Le gouvernement doit donner un coup de barre pour rassurer le personnel des CPE du Québec et envoyer un signal fort afin d’éviter que plus de travailleuses ne quittent nos CPE », conclut Lucie Longchamps.

On s’en va dans le mur, selon la vaste majorité du personnel du réseau de la santé

La vaste majorité du personnel du réseau de la santé et des services sociaux considère que les offres gouvernementales de la négociation ne permettront pas d’améliorer la situation. C’est ce qui ressort d’un sondage mené par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

Des offres gouvernementales qui ne règlent pas la crise

Le sondage électronique a été mené du 17 au 24 novembre 2020 et a permis de recueillir les réponses de 2350 répondantes et répondants. C’est 96 % des répondants au sondage de la FSSS–CSN qui considèrent que les offres gouvernementales pour la négociation du secteur public ne vont pas permettre d’attirer et de retenir le personnel dans le réseau. Pour les répondants, les offres gouvernementales sont loin d’améliorer les choses, principalement :

  • Parce que l’offre salariale est insuffisante;
  • Parce que l’offre gouvernementale ne permet pas d’améliorer la situation pour l’ensemble des titres d’emploi du réseau;
  • Parce que l’offre gouvernementale ne permet pas de réduire la charge de travail du personnel.

Par son attitude dans la négociation, le gouvernement Legault ne prend pas en compte l’ampleur de l’épuisement et de la surcharge de travail du personnel selon 95 % des répondants.

Les solutions du personnel sont ignorées par le gouvernement

Pourtant, des solutions existent et le personnel en identifie plusieurs qui sont portées par la FSSS–CSN à la table de négociation. Pour le personnel, pour parvenir à améliorer la situation dans le réseau, il faut notamment :

  • Avoir de meilleurs salaires;
  • Rendre les emplois plus attrayants pour la relève et plus intéressants pour les expérimentés, en reconnaissant mieux les responsabilités et les compétences et en améliorant les compensations pour inconvénients;
  • Diminuer la charge de travail;
  • Avoir une plus grande stabilité des postes.

« Les travailleuses et travailleurs qui sont au front depuis le début de la pandémie sont insatisfaits de l’attitude du gouvernement dans la négociation. Ils le disent clairement dans ce sondage. Pour sortir notre réseau de la crise, ça va prendre un changement à la table de négociation et ça presse! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La parole au personnel

  • « L’offre gouvernementale ne règle pas les problèmes structurels du réseau : gestion intransigeante, travail en silo, charge de travail, absence totale de reconnaissance, absence de suivis dans la prestation de soins auprès des patientes et des patients, climat de travail malsain. »
  • « Le manque d’écoute criant envers la détresse des salarié-es et l’attitude de je-m’en-foutisme du gouvernement envers nous font mal à notre besoin de reconnaissance. »
  • « Il est temps que le gouvernement reconnaisse l’importance de nos emplois et que l’on soit payé à notre juste valeur. On ne se le cachera pas, le salaire est la première forme d’attraction dans le système de la santé. Il est temps de rééquilibrer les budgets, et que les professions occupées majoritairement par les femmes soient reconnues. »
  • « Il faut redorer les emplois du réseau de la santé en valorisant tous les titres d’emploi. Le salaire n’est pas tout. Il faut considérer et prendre soin des employé-es afin de les mobiliser et les garder motivés. Il y a une grande iniquité actuellement dans le réseau avec la pandémie et toutes les primes offertes. »

 

 

 

 

La sortie de crise, c’est d’améliorer les conditions du personnel.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) lance une vaste campagne publicitaire radio pour exiger que le gouvernement appuie et protège le personnel de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs.

Urgence d’agir pour sortir nos réseaux de la crise
Cette campagne publicitaire diffusée partout au Québec envoie un message fort au gouvernement Legault : le personnel tombe au combat dans la lutte à la pandémie et il y a urgence d’agir pour améliorer leurs conditions de travail et salariales. Les négociations en cours dans le secteur public, des CPE et du préhospitalier sont des occasions à saisir pour reconnaître l’apport essentiel de ce personnel au front depuis le début de la pandémie.
La FSSS–CSN dénonce de plus la protection insuffisante du personnel. La transmission aérienne du virus est reconnue, mais le Québec refuse d’ajuster à la hausse les mesures de protection, notamment en rendant disponibles les masques N95. Non seulement le gouvernement n’améliore pas les niveaux de protection, mais il a tendance à tenter de mettre la faute des récentes éclosions sur les employé-es.

« Si le gouvernement continue à refuser d’améliorer le sort du personnel, on s’en va droit dans le mur ! En santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs, la pandémie aggrave l’état de santé psychologique du personnel. On ne tiendra pas le coup encore longtemps ! La sortie de crise, elle passe par un coup de barre pour le personnel. Il y a urgence d’agir ! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La majorité du personnel craint pour sa santé psychologique

Les résultats d’un sondage mené par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) illustrent que la grande majorité des travailleuses et travailleurs en santé, services sociaux et services de garde éducatifs craint pour sa santé psychologique et sa protection. Le gouvernement doit en faire plus pour les appuyer et les protéger.

La pandémie accentue la crise de la santé mentale

Le sondage électronique a été mené du 9 au 16 novembre 2020 et a permis de recueillir les réponses de 1971 répondantes et répondants. C’est 75 % des répondants qui s’inquiètent pour leur santé psychologique ou celle de leurs collègues. Ils notent que la pandémie engendre beaucoup de pression, de surcharge de travail et d’anxiété.

« Le message du personnel est clair et limpide : il appelle à l’aide ! Il se met à risque chaque jour depuis le début de la pandémie. Malgré cela, il n’est toujours pas reconnu et reste mal protégé. Le gouvernement doit réaliser que le personnel épuisé ne tiendra pas le coup éternellement. Il doit dès maintenant améliorer les conditions de travail et salariales », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Le personnel mal protégé face au virus

76 % des répondantes et répondants au sondage estiment que les précautions nécessaires pour protéger le personnel n’ont pas été prises lors de la première vague. Ils attribuent les problèmes principalement au déplacement du personnel (selon 73 % des répondants) et aux équipements de protection individuelle (ÉPI) qui ont manqué (54 %).

À cela s’ajoute le fait que 51 % des répondants ne sont pas rassurés par les mesures de prévention actuellement déployées. Plusieurs notent que le virus se propage malgré le port des ÉPI, illustrant que ceux-ci sont insuffisants pour bien les protéger. D’autres déplorent le fait que le Québec ne reconnait toujours pas la transmission aérienne de la COVID-19 et que les systèmes de ventilation ne sont pas suffisamment inspectés. Plusieurs indiquent tout de même que nos réseaux étaient mieux préparés pour faire face à la deuxième vague.

« Jusqu’à maintenant, le gouvernement n’écoute ni la science ni le personnel. Il ne veut rien entendre et nie la transmission aérienne et la nécessité de rendre disponibles les masques N95. Ça va prendre encore combien d’éclosions avant que le gouvernement fasse ce qui saute aux yeux ? », de conclure Jeff Begley.

La parole au personnel

  • « Le réseau était mal en point avant la pandémie et là, en plus de travailler à court de personnel, en heures supplémentaire et en surcharge de travail, nous avons peur d’être contaminés. »
  • « Nous avons l’impression d’être des pions qu’on garroche ici et là juste pour répondre aux exigences des gestionnaires sans se préoccuper du reste. »
  • « J’ai moi-même été sérieusement affecté par la COVID-19 et j’ai failli y laisser ma peau. Le fait de ne pas avoir l’équipement nécessaire lors de mes interventions m’inquiète un peu. Et les conditions dans lesquelles nous travaillons, en plus d’un gouvernement qui nous pointe du doigt en ce moment, c’est irrespectueux et irresponsable de leur part et ça devient lourd à supporter. »
  • « En CPE, nous n’avons pas eu de compensation COVID depuis le début et en plus ils veulent qu’on vide nos banques de vacances si on est retiré à cause du virus. »
  • « Je suis tannée que le gouvernement nous prenne pour du personnel acquis qui ne dira rien et acceptera tout ce qu’il nous donne comme équipement. »

À propos de la FSSS–CSN 

Faire plus pour sortir de la crise en santé

La mise à jour économique du gouvernement Legault ne va pas chercher les marges nécessaires pour mettre fin à la crise en santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) préconise une réforme de la fiscalité audacieuse pour parvenir à améliorer nos services publics.

Une relance économique qui laisse peu de place aux services publics et aux travailleurs.
La mise à jour économique a pour objectif de revenir à l’équilibre budgétaire dans cinq ans, le tout sans aller chercher de nouveaux revenus. Pourtant, la pandémie montre à quel point nos services publics ont fait les frais des politiques d’austérité des dernières décennies. Le manque de personnel, les enjeux de santé mentale, la qualité des soins aux aîné-es sont autant d’enjeux qui nécessitent des investissements majeurs pour parvenir à répondre aux besoins de la population.

C’est pourquoi la FSSS–CSN souhaite que la relance économique mise davantage sur nos services publics. Le gouvernement compte sur une augmentation des transferts fédéraux en santé pour financer les mesures qu’il a annoncées dernièrement dans le réseau. Cette augmentation, bien que souhaitable, est loin d’être à portée de main et n’empêche en rien le gouvernement d’augmenter ses propres revenus.

« Si on ne veut pas aller chercher de nouveaux revenus tout en gardant le cap sur la réduction de la dette et un retour rapide à l’équilibre budgétaire, on peut craindre une nouvelle forme d’austérité. Le gouvernement doit sortir de son étau idéologique et prendre les moyens qui s’imposent pour sortir nos réseaux de la crise actuelle », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Des solutions fiscales pour renforcer le filet social
Selon la FSSS–CSN, la population du Québec a suffisamment souffert du désinvestissement dans les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaire autonome.

En vue du prochain budget, qui déterminera en grande partie notre capacité collective à traverser cette crise, et les autres qui pourraient subvenir, la FSSS–CSN demande au gouvernement Legault d’adopter, dès le prochain budget, les solutions fiscales qui lui permettront de procéder aux investissements nécessaires pour renforcer le filet social.

L’organisation, qui est membre de la Coalition Main rouge, invite donc tous ses membres et la population à signer la pétition qu’elle lance aujourd’hui.

La FSSS-CSN s’adresse à la Cour supérieure pour assurer la protection du personnel

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) entame des démarches judiciaires devant la Cour Supérieure à l’encontre de la CNESST. Par ce recours, la FSSS-CSN demande à la Cour d’enjoindre la CNESST à ne plus se faire dicter unilatéralement son action en prévention par des tiers, plus spécifiquement l’INSPQ, et à remplir pleinement son rôle en prévention et de faire respecter les obligations de la Loi sur la santé et la sécurité au travail dans tous les milieux de travail.

La FSSS-CSN dépose un pourvoi en contrôle judiciaire par voie de mandamus. Elle demande à la Cour de déclarer illégale la ligne de conduite de la CNESST d’ériger en règle de l’art les recommandations de l’INSPQ quant aux ports des équipements de protection individuelle (ÉPI) dans le contexte de la pandémie. Ces recommandations ne sont toujours pas à l’effet de mettre en place, dans les milieux de travail, les protections nécessaires contre le risque de transmission aérienne de la COVID-19. Par ce recours, la FSSS-CSN enjoint la CNESST à ordonner aux employeurs de fournir le moyen de protection nécessaire pour protéger la santé et la sécurité du personnel. C’est notamment le cas pour le port du masque N95 pour protéger le personnel contre la transmission aérienne du virus.

Ce risque de transmission aérienne a été reconnu il y a plusieurs semaines par l’OMS. Il a fait l’objet de nombreuses publications scientifiques et il est maintenant reconnu par l’Agence de la Santé publique du Canada. Pour la FSSS-CSN, les inspecteurs de la CNESST doivent tenir compte de l’existence reconnue de ce risque et imposer aux employeurs de mettre en place les mesures qui s’imposent, tels que l’exige la loi.

« Des milliers de travailleuses de la santé et des services sociaux, dans les secteurs publics et privés, ont été infectés par la COVID-19, et certains y ont laissé la vie. De nombreux foyers d’éclosions sont toujours actifs partout au Québec. Nous nous désolons de devoir intenter un tel recours pour forcer la CNESST à jouer son rôle, afin que les travailleuses et les travailleurs soient en sécurité dans tous les milieux de travail et par le fait même, toute la population », explique Judith Huot, vice-présidente de la FSSS-CSN.

« Le gouvernement doit cesser de tenter de mettre la faute des éclosions sur le personnel et enfin rehausser les mesures de protection pour le personnel. Ce n’est pas normal que plus de 8 mois depuis le début de la pandémie on ne donne toujours pas accès au masque N95 pour l’ensemble du personnel », de conclure Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

À propos de la FSSS-CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont près de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire. 

Des centaines d’employé-es quittent le réseau depuis le début de la pandémie

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) constate que des centaines de travailleuses et de travailleurs de plusieurs titres d’emploi ont quitté le réseau depuis le début de la pandémie. Cette tendance lourde montre l’urgence de donner un coup de barre pour améliorer les conditions de travail et les salaires de l’ensemble du personnel.

Une tournée des syndicats parmi les plus touchés par la deuxième vague de la pandémie confirme l’ampleur du manque de personnel pour plusieurs titres d’emploi du réseau de la santé et des services sociaux. C’est le cas pour l’entretien ménager, les agentes administratives, le personnel des cuisines, les préposé-es aux bénéficiaires (PAB), les préposé-es au retraitement des dispositifs médicaux, les infirmières auxiliaires, les ouvriers spécialisés, les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) et plusieurs autres titres d’emploi. La FSSS–CSN déplore d’ailleurs l’absence de données publiques nationales pour mieux comprendre l’ampleur du manque de personnel.

« Quand on regarde ce qui se passe sur le terrain dans le réseau, on réalise que le manque de personnel touche bien plus de titres d’emploi que ce que veut l’admettre le gouvernement. Il faut au plus vite se donner des moyens de retenir le personnel dans le réseau. On aura beau continuer à embaucher dans les prochains mois, si on ne prend pas les moyens de convaincre les gens de rester, on s’en va dans le mur! », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Des constats démontrant l’ampleur du manque de personnel

  • La surcharge de travail des derniers mois et le manque de reconnaissance du personnel entraînent une augmentation des arrêts de travail et des départs.
  • On assiste à une hausse du recours aux agences privées à certains endroits, ce qui augmente les risques d’éclosion en raison du déplacement. C’est particulièrement le cas pour le personnel de l’entretien ménager.
  • Si certains employeurs ont offert des postes aux personnes qui sont venues prêter main-forte par JeContribue à la suite des demandes des syndicats de la CSN, d’autres tendent à les remercier. La FSSS–CSN s’étonne de cette pratique alors que les besoins sont majeurs dans le réseau.

Des chiffres qui parlent

  • Au CISSS de la Montérégie-Est, il y a eu près de 100 départs de préposé-es à l’entretien ménager. Parmi ces départs, plusieurs salarié-es ont quitté pour suivre la deuxième cohorte de formation de préposé-e aux bénéficiaires.
  • Dans ce CISSS, il y a eu plus de 700 départs en moins d’un an pour les salarié-es représentés par la CSN. Parmi ces départs, on compte près de 150 PAB, plus de 90 préposé-es au service alimentaire et plus de 70 agentes administratives.
  • Du 13 septembre au 31 octobre 2020, il y a eu plus de 900 quarts de travail de PAB donnés aux agences privées dans les CHSLD du nord des Laurentides.
  • Plus du quart des préposé-es au retraitement des dispositifs médicaux de Saint-Eustache et Saint-Jérôme sont en arrêt de travail.
  • Du 13 septembre au 31 octobre 2020, il y a eu plus de 300 quarts de travail en maladie pour les PAB dans les CHSLD du nord des Laurentides.
  • Depuis le début de la pandémie, c’est plus de 100 agentes administratives, près de 30 ASSS, près de 60 préposé-es à l’entretien ménager, plus de 50 préposé-es au service alimentaire et plus de 250 PAB qui ont quitté le CISSS des Laurentides.
  • En Mauricie et au Centre-du-Québec, il y a eu plus de 600 départs depuis le début de la pandémie pour le personnel paratechnique, des services auxiliaires et métiers.

À propos de la FSSS–CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont près de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Toujours rien pour les travailleuses et les travailleurs

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS– CSN) est déçue que le soutien financier annoncé par le ministre Lacombe ne prévoie aucune mesure pour appuyer et reconnaître la contribution des travailleuses et travailleurs des CPE.

L’aide financière de 50 millions de dollars annoncée par le gouvernement vise à appuyer les services de garde éducatifs qui ont dû mettre en place des mesures sanitaires pour limiter les risques de propagation de la COVID-19. Malgré les nombreuses interventions des derniers mois, cette annonce n’inclut toujours pas de mesures concrètes pour répondre aux préoccupations des travailleuses et des travailleurs de CPE. La FSSS–CSN exige la mise en place d’une banque de jours payés pour appuyer les travailleuses qui doivent s’isoler en attente d’un résultat de test. Elle demande aussi au ministère d’accentuer la transmission d’informations au personnel sur les cas d’infection en CPE et d’instaurer une voie rapide de dépistage de test. Elle a aussi demandé l’accès à une prime COVID.

« On joue avec la patience des travailleuses et des travailleurs des CPE. Plus le temps passe, plus elles sentent que le gouvernement les laisse de côté. Elles sont au front depuis le début de la pandémie et tout ce qu’elles demandent, c’est qu’on les protège correctement et qu’on reconnaisse les nombreux efforts qu’elles font pour continuer de servir les tout-petits en pleine pandémie », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

À propos de la FSSS–CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS–CSN est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.