Appel à l’action en clôture du congrès de la CSN

C’est sur une note d’espoir et un appel à l’action que le 66e Congrès de la CSN, auquel ont pris part en mode virtuel 2000 participantes et participants provenant de plus de 400 syndicats, s’est conclu aujourd’hui.

« En ces temps difficiles, les syndicats de la CSN ont démontré toute leur pertinence pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs », a indiqué Jacques Létourneau, dont le mandat à la présidence de la centrale a été reconduit par les délégué-es pour les trois prochaines années. « Plus que jamais, le travail de nos 300 000 membres s’est avéré crucial pour assurer le maintien des activités essentielles au Québec, mais également pour diminuer l’impact de la pandémie sur l’ensemble de notre société, notamment en matière de santé et de sécurité au travail. »

Constatant l’épuisement entraîné par la pandémie de nombreux travailleurs et travailleuses, particulièrement ceux et celles œuvrant dans les services publics, le président de la CSN a appelé le premier ministre François Legault à consacrer les prochains mois au nécessaire renforcement de nos services publics. « François Legault doit s’attaquer à l’hécatombe que nous constatons dans le réseau de la santé et en éducation. Il doit recourir à toutes les marges de manœuvre qui sont à sa disposition pour appuyer une relance économique et sociale au bénéfice des travailleuses et des travailleurs. Pour ce faire, il doit mettre un terme à l’austérité budgétaire que constituent les versements au Fonds des générations et un retour trop rapide à l’équilibre budgétaire, et ce, dès le prochain budget du Québec. »

De meilleurs moyens pour mener les luttes
Les délégué-es participant à ce congrès ont adopté une résolution visant à bonifier le Fonds de défense professionnelle de la CSN, outil financier unique du milieu syndical québécois en appui aux négociations et aux luttes menées par l’ensemble des syndicats de la centrale. Les prestations lors d’une grève ou d’un lock-out ont été haussées à 300 $ par semaine (un montant pouvant aller jusqu’à 400 $ en fonction de la durée des conflits de travail) et l’admissibilité à celles-ci a de plus été accélérée.

Les congressistes ont de plus entériné les orientations du prochain mandat de la CSN. À l’image de la crise actuelle, celles-ci prioriseront la santé et la sécurité au travail, la vie syndicale et la mobilisation, les droits du travail et la relance sociale et économique post-covid.

En plus du renouvellement du mandat de Jacques Létourneau à la présidence, les délégué-es ont réitéré leur confiance en Jean Lortie, secrétaire général, et en Caroline Senneville au poste de première vice-présidente.

En fonction des départs du trésorier sortant, Pierre Patry, du deuxième vice-président, Jean Lacharité, et de la troisième vice-présidente, Véronique de Sève, trois nouvelles personnes font leur arrivée au comité exécutif de la CSN. Comptable à la firme MCE Conseils, Yvan Duceppe a été élu trésorier de la confédération. Il agissait jusqu’à maintenant à titre de trésorier de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). Membre du Syndicat des travailleuses et travailleurs de PJC entrepôt–CSN et président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr a été élu à titre de deuxième vice-président de la CSN. Enfin, la présidente du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ–CSN, Katia Lelièvre, a été élue troisième vice-présidente de la centrale syndicale.

La CSN exige des modifications en profondeur pour vraiment protéger tout le monde

Dans un mémoire étoffé, présenté en commission parlementaire cet après-midi, la CSN exige une bonification importante du projet de loi 59 du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet. « Ça fait des dizaines d’années que la CSN demande une nécessaire révision des vieilles lois en santé-sécurité. Au nom de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs québécois, nous n’avons pas le droit de rater ce rendez-vous et de bâcler la réforme », martèle d’emblée Jacques Létourneau, président de la CSN.

La confédération reconnaît certaines avancées dans le texte déposé par le gouvernement de François Legault. Mais, elle dénonce aussi les importants reculs. « Au lieu d’étendre à tout le monde les succès enregistrés au fil des ans par les groupes prioritaires en matière de prévention — comme dans le secteur de l’industrie lourde —, le gouvernement coupe dans leurs droits. C’est reçu comme une gifle », s’indigne Jacques Létourneau. En effet, dans ces milieux, PL-59 réduira les pouvoirs et le temps alloué aux représentants à la prévention pour procéder aux inspections et aux enquêtes.

En contrepartie, dans les milieux jugés à risque faible, comme l’éducation ou certains secteurs de la santé — majoritairement féminins — les minutes octroyées à la prévention seront nettement insuffisantes. La détermination des niveaux de risque doit d’être revue. « En ces temps de pandémie, qui au Québec croit sérieusement que celles et ceux qui accompagnent les jeunes dans nos écoles ou qui soignent les patients dans nos hôpitaux sont à risque faible? C’est absurde », selon M. Létourneau.

L’épuisement professionnel : grand oublié de PL-59

Si les risques psychosociaux et le stress post-traumatique sont enfin reconnus, le projet de loi ne va pas assez loin en matière de santé psychologique. Rien n’est prévu concernant le « mal du siècle » : l’épuisement professionnel. On sait que cette forme d’épuisement résulte souvent d’une organisation du travail déficiente ou de pratiques de gestion malsaines. Le gouvernement doit adapter sa réforme pour reconnaître cette réalité.

Accroissement inquiétant des pouvoirs de la CNESST

La CNESST disposerait d’un pouvoir réglementaire additionnel pour restreindre les soins et les moyens à déployer afin de permettre la réadaptation entière d’une ou d’un accidenté-e du travail. Cette mesure ouvre-t-elle la porte à la réalisation d’économies sur leur dos?

Aussi, PL-59 apporte des changements qui affectent particulièrement le retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite. Le gouvernement veut-il limiter la portée de cette avancée pour les femmes en restreignant les risques pour lesquels le retrait préventif serait applicable? Il faut rappeler que cette mesure permet de prendre acte des risques du milieu de travail et de s’y attaquer. Ce qui en fait une mesure de SST essentielle et non une mesure sociale, comme le prétendent certains employeurs.

Mobilisation et campagne publicitaire

La CSN et ses organisations affiliées partout au Québec réclament une bonification importante du PL-59. « Nos membres se mobilisent pour que le Québec cesse d’être dernier de classe en santé-sécurité au travail. La réforme aura un impact majeur sur la vie des travailleuses et des travailleurs. Le gouvernement serait irresponsable d’en oublier en chemin », conclut Jacques Létourneau.

La CSN a créé le site SSTvraiment.org afin de vulgariser et d’expliquer comment la réforme du gouvernement doit être bonifiée afin de vraiment protéger tout le monde. Une vaste campagne publicitaire dans chaque région du Québec est également en cours afin de sensibiliser les travailleuses et les travailleurs québécois aux manquements de cette réforme.

Le 66e Congrès de la CSN est lancé !

Le 66e Congrès de la CSN, qui réunit jusqu’à jeudi 2000 participantes et participants provenant de plus de 400 syndicats, a été lancé ce matin en mode virtuel. Ce 66e Congrès, qui devait avoir lieu à Québec en mai dernier, marque d’une façon bien particulière le 100e anniversaire de la première centrale syndicale québécoise, fondée en 1921.

Les délégué-es réunis auront la semaine pour se pencher sur les orientations du prochain mandat de la CSN, pour se prononcer sur une proposition visant à bonifier son Fonds de défense professionnelle et pour procéder à l’élection des membres du comité exécutif de la centrale, dont le résultat sera connu jeudi.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a ouvert le congrès en rendant hommage au travail remarquable des militantes et des militants syndicaux depuis le début de la pandémie. « Rarement, dans notre histoire, les syndicats de la CSN auront été aussi proches des valeurs d’entraide et de solidarité qui ont marqué l’ensemble des combats que nous avons menés depuis maintenant 100 ans », a-t-il déclaré.

Soulignant « l’extrême pression entraînée par l’hécatombe de nos services publics » sur les salarié-es de l’État, le président de la CSN a rappelé au gouvernement Legault que « toute relance économique et sociale doit pouvoir s’appuyer sur la consolidation de nos services publics. La crise du personnel du réseau de la santé, qui amplifie le délestage actuel, démontre à quel point il est nécessaire d’améliorer les conditions de travail dans le secteur public. Pour ce faire, le gouvernement doit se libérer du dogme des versements au Fonds des générations et d’un retour trop rapide à l’équilibre budgétaire en vue du prochain budget du Québec. »

Au cœur des orientations soumises aux congressistes figurent la santé et la sécurité au travail, la vie syndicale et la mobilisation, les droits du travail et la relance économique et sociale post-covid. Les délégué-es devront également adopter une proposition budgétaire pour l’exercice du prochain mandat de la CSN. Le 66e Congrès prendra fin jeudi avec l’installation des dirigeantes et dirigeants du comité exécutif de la CSN.

Santé et sécurité au travail, secteur public et relance économique au cœur des priorités syndicales

Alors que les impacts de la pandémie continuent à frapper de nombreux milieux de travail, la CSN cible trois chantiers majeurs pour 2021, une année qui marque le centième anniversaire de la fondation de la centrale syndicale : la santé et la sécurité au travail, les négociations du secteur public et la relance économique et sociale du Québec.

C’est la semaine prochaine que commenceront les travaux parlementaires entourant le projet de loi 59 visant à réformer les lois en matière de santé et de sécurité au travail. Pour la CSN, les reculs que subiraient certains secteurs portent malheureusement ombrage aux avancées dont pourraient bénéficier d’autres milieux de travail.

« Les mesures particulières dont bénéficiaient les secteurs prioritaires, notamment l’industrie lourde, ont démontré toute leur utilité au cours des trente dernières années, notamment au vu de la baisse importante d’accidents et de décès au travail, rappelle le président de la CSN, Jacques Létourneau. Il est inconcevable que le gouvernement puisse préconiser un retour en arrière, notamment en voulant réduire le temps alloué aux représentantes et aux représentants à la prévention pour qu’ils puissent faire leur travail. »

Pour le président de la CSN, le projet de loi doit être bonifié afin que soient reconnus les problèmes de santé mentale, notamment en matière d’épuisement professionnel. Les niveaux de risque associé aux différents secteurs d’emploi doivent également être revus. « Le réseau de la santé et des services sociaux est le secteur d’où provient le plus grand nombre de réclamations à la CNESST. C’était vrai avant la pandémie, ce l’est encore plus aujourd’hui. Que le gouvernement puisse considérer ce secteur comme étant à faible risque relève d’un raisonnement qui nous sidère, mais nous croyons que ces incohérences pourront être corrigées en commission parlementaire », déclare Jacques Létourneau.

Le président de la CSN demande par ailleurs au gouvernement et aux employeurs de renforcer les mesures de prévention afin de sécuriser les milieux de travail qui demeurent opérationnels malgré les mesures de confinement mises en place depuis les Fêtes.

Urgence d’agir pour les services publics
La CSN déplore que le premier ministre François Legault, après en avoir appelé à un règlement rapide des négociations du secteur public en avril dernier, ait modifié unilatéralement les conditions de travail du secteur public. À cette fin, il a multiplié les arrêtés ministériels pour ensuite se désintéresser complètement du renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs œuvrant dans les réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux.

« On va se le dire clairement : c’est le point mort aux tables de négociation, signale le président de la CSN. À ce sujet, la pandémie ne peut tout excuser, surtout pas la lenteur du gouvernement à octroyer les mandats nécessaires à ses équipes de négociation pour régler des conventions collectives échues depuis bientôt un an. Si la pandémie a bien démontré une chose, après tant d’années de compressions et de sous-financement de nos services publics, c’est bien l’urgence d’améliorer les conditions de travail des employé-es de l’État et d’augmenter les salaires, particulièrement pour les bas salarié-es. La situation dans le réseau de la santé est tout à fait déplorable. Mais on sait très bien que le délestage actuel ne serait pas aussi catastrophique si nos services publics n’étaient pas aux prises avec les problèmes criants de rareté de main-d’œuvre, principalement occasionnés par des décennies de négligence gouvernementale. »

L’ensemble des syndicats du secteur public de la CSN, qui représentent plus de 160 000 salarié-es de l’État, se réuniront les 28 et 29 janvier prochains avant de consulter ceux-ci sur une amplification des moyens de pression incluant le recours possible à la grève.

Relance économique et sociale
Enfin, le président de la CSN réitère, une fois de plus, son appel au premier ministre à mettre en place les mécanismes de dialogue social visant à poser collectivement les bases de la relance sociale et économique du Québec.

« Le premier ministre annonce depuis des mois un plan de relance pour le Québec. Pour l’instant, nous n’avons eu droit qu’à une série de mesures d’urgence, mais rien de structurant pour l’économie et l’emploi », souligne Jacques Létourneau.

Le salaire minimum, qui ne sera haussé qu’à 13,50 $ l’heure en mai prochain, demeure un véritable frein pour l’économie du Québec tout en gardant des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs du Québec dans la pauvreté. «L’une des choses que la pandémie a bien mises en relief, c’est à quel point nos vies dépendent de travailleuses et de travailleurs essentiels qui vivent dans des conditions totalement déplorables. Le salaire minimum doit être haussé à 15 $ l’heure. Comme société, nous partageons collectivement cette obligation », de déclarer M. Létourneau.

En vue du prochain budget du Québec, la CSN demande au gouvernement de revoir sa stratégie budgétaire, adoptée il y a plus de vingt ans. « Le Québec doit suspendre ses versements au Fonds des générations et abandonner cette stratégie de gestion de la dette. L’ensemble des revenus du gouvernement doit pouvoir être consacré aux budgets de nos services publics, notamment en santé et en éducation, en fonction des problèmes ahurissants auxquels nous faisons face actuellement. »

Un 66e congrès en mode virtuel la semaine prochaine
Reporté en raison de la pandémie alors qu’il devait se dérouler au printemps dernier, le 66e Congrès de la CSN aura lieu du 18 au 21 janvier en mode totalement virtuel. Environ 2000 participantes et participants y sont attendus. Les délégué-es se pencheront sur les orientations du prochain mandat de la centrale syndicale et procéderont à l’élection des membres du comité exécutif de la CSN, dont le résultat sera connu jeudi prochain.

Les femmes veulent être écoutées… et entendues

Le Collectif 8 mars dévoile aujourd’hui le slogan et le visuel de la Journée internationale des droits des femmes 2021 qui se déroulera sur le thème Écoutons les femmes. Cette édition sera bien évidemment marquée par la crise du coronavirus qui se poursuit et qui vient intensifier les diverses formes de discriminations commises à leur endroit.

En effet, depuis près d’un an, les conditions de vie et de travail des femmes se détériorent à vue d’œil, et ces dernières en paient un lourd tribut : plus grandes pertes d’emploi et de revenus, escalade de la gravité de la violence conjugale, augmentation du travail invisible (charge mentale, soins aux enfants, aux aîné-es et aux personnes vulnérables, travaux domestiques, etc.), surexposition au risque de contamination, etc.

Comme les femmes composent la majeure partie du personnel de la santé et des services sociaux, du réseau de l’éducation, des services de garde éducatifs à l’enfance ainsi que du secteur du commerce de détail, elles ont été et sont encore sur la ligne de front. Les conséquences de la pandémie se sont donc avérées particulièrement éprouvantes pour elles. Nombreuses ont été les organisations — et au nombre de celles-ci la CSN — à exiger que le gouvernement mette enfin en pratique l’analyse différenciée selon les sexes en tenant compte des impacts de son projet de relance économique sur les femmes.

Le slogan Écoutons les femmes vise à mettre en lumière la nécessité d’agir pour une égalité durable : les femmes veulent des mesures concrètes et structurantes pour combattre la pauvreté et la violence qu’elles subissent.

Écoutons les femmes pour une société plus verte, plus juste et plus inclusive !

Voir et télécharger tous les outils de visibilité du 8 mars 2021

Les membres du personnel administratif des trois établissements de l’école Irénée-Lussier manifestent à Montréal

À l’aube de l’annonce de nouvelles mesures de confinement par le gouvernement du Québec, les employé-es de soutien, membres de l’Association professionnelle du personnel administratif (APPA–CSN) de l’école Irénée-Lussier (maison mère et annexes) de Montréal manifestent pour revendiquer un rehaussement des mesures permettant de les protéger dans l’exercice de leur travail. Ces derniers dénoncent haut et fort ce qui est vécu dans les 14 écoles à mandat régional ou suprarégional du Centre de services scolaires de Montréal.

Les employé-es de ces 14 écoles spécialisées accueillent au quotidien des élèves d’âge préscolaire, primaire et secondaire présentant des besoins et défis suffisamment grands pour ne pouvoir être intégrés dans des milieux réguliers ou encore dans des classes spéciales en milieu régulier. Ces écoles spécialisées ont une offre de services sur mesure, définie en fonction des caractéristiques et besoins spécifiques de leur clientèle. La majorité de ces clientèles nécessite des services de proximité, tels des soins d’hygiène, une aide à l’alimentation, la gestion de crise, certaines techniques d’enseignement, etc. Les intervenantes et intervenants de ces écoles sont confrontés au quotidien à des comportements tels des morsures, des crachats, des égratignures, ou à des problématiques d’incontinence ou de salivation non contrôlée. Dans certaines de ces écoles, les soins prodigués et interventions mises en place sont équivalents à ce qui se fait dans le milieu de la santé et des services sociaux. Or, ces écoles ne profitent pas des mêmes avantages que dans le réseau de la santé : pas de dépistage régulier ni de priorisation pour la vaccination.

Les intervenants de ces écoles sont inquiets et anxieux. Ils connaissent les vulnérabilités de leurs élèves, tant sur le plan développemental que sur leur santé physique et psychologique. Ils craignent d’être pour eux des vecteurs de contagion. Ils craignent aussi d’être contaminés et de contaminer leur cercle familial.

Pour sa part, l’école Irénée-Lussier accueille des élèves de 12 à 21 ans atteints de déficience intellectuelle moyenne à sévère ou de trouble du spectre de l’autisme. Ces élèves ne comprennent pas le propre des mesures sanitaires. Cette école a déjà fait face à plusieurs fermetures de classes. À la fin novembre, à la maison mère, sept classes sur onze avaient été fermées ainsi que les cinq classes de l’annexe Jeanne-Mance.

Mesures de protection et encadrement prioritaire

« Qu’on nous comprenne bien : ce n’est pas qu’on ne veut pas travailler, mais on veut être en mesure de le faire dans des conditions qui soient sécuritaires pour l’ensemble du personnel. On accueille des élèves souvent lourdement handicapés déjà aux prises avec des problèmes de comportement et d’hygiène personnelle. Ce n’est pas évident de faire respecter toutes les mesures sanitaires dans de telles circonstances (port du masque, lavage fréquent des mains, désinfections, etc.). On se retrouve régulièrement dans des situations qui s’apparentent grandement à ce qui est vécu dans le réseau de la santé et des services sociaux, avec une clientèle vulnérable et un personnel constamment à risque. On comprend qu’on offre un service essentiel, mais encore faudrait-il que l’on soit considérés comme tels, avec le même traitement prioritaire au niveau des tests de dépistage et de la vaccination que les autres travailleurs essentiels », a déclaré Michel Picard, président de l’APPA–CSN.

Scolarisation à mi-temps et diminution des ratios : une nécessité

À l’instar de l’expérience positive vécue au printemps dernier, où le ratio des élèves par classe permettait l’application des mesures sanitaires et la désinfection régulière, les employé-es de soutien de l’école Irénée-Lussier, empathiques aux besoins des parents, souhaiteraient diminuer le ratio des élèves par classe, soit en créant plus de classes, soit en instaurant la scolarisation à mi-temps (une journée sur deux), ce qui permettrait un meilleur encadrement des enfants, en plus de permettre au personnel déjà exténué de souffler un peu. « Ce n’est un secret pour personne, le personnel au front depuis le début de la pandémie est à bout de souffle. C’est le cas du personnel de soutien, des préposé-es et des techniciennes et techniciens en éducation spécialisée qui doivent maintenir les services offerts aux élèves, confinement ou pas. Ce qu’on demande, c’est de réduire le nombre d’élèves par classe afin de permettre un meilleur encadrement des enfants, diminuer les risques de transmission du virus et permettre au personnel d’avoir un peu de répit. Avec les absences qui s’accumulent, la pénurie de main-d’œuvre et l’essoufflement général du personnel, ce n’est plus une recommandation. Il s’agit d’une nécessité. Il en va du bien-être de tout un chacun », a renchéri Annie Charland, présidente du secteur scolaire à la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN).

Rappelons qu’une lettre avait été transmise au ministre de l’Éducation en décembre dernier pour soulever ces problèmes et réclamer des mesures et des conditions de travail plus appropriées

Les manifestations vont se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, et ce, dans les trois annexes de l’école Irénée-Lussier : Hochelaga, Jeanne-Mance et Le Caron.

 

À propos
L’Association professionnelle du personnel administratif (APPA) compte plus de 5500 membres répartis entre le Centre de services scolaires de Montréal et la Commission scolaire English-Montréal. L’APPA est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), au secteur scolaire de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

Quand ni le coronavirus ni les employé-es ne prennent congé

« Le problème, c’est que l’employeur nous envoie chez nous sans nous payer », explique d’entrée de jeu Steve Houle, président du Syndicat des employé-es du groupe Olymel–CSN, en parlant de l’isolement requis pour minimiser la propagation de la COVID-19.

« Plusieurs travailleurs ont dit qu’ils rentreraient travailler même avec des symptômes légers. Ils ont besoin de leur paye », explique encore le président en évoquant la peur ressentie au sein des équipes de travail lorsqu’un des membres tousse ou se mouche. L’usine a connu 107 cas de COVID, dont deux hospitalisations. Lorsque les premiers cas sont apparus, l’employeur n’a pas voulu fermer boutique, pas même quelques jours. Les travailleurs et les travailleuses sont retournés sur le plancher avant d’avoir reçu le résultat de leurs tests. Plusieurs cas sont survenus par la suite.

CPE

Même son de cloche chez une majorité de directions de CPE qui refusent de payer pour l’isolement préventif des employé-es. Les membres du personnel doivent alors piger dans leur banque de congés de maladie ou dans leurs vacances. Le congé sans solde a également été utilisé.

« On dépose des griefs systématiquement dans ces cas-là », explique Nathalie Duperré, présidente du syndicat au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Dans cette région, 14 des 29 CPE ont été touchés par des éclosions de COVID. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est d’ailleurs la région qui compte, toute proportion gardée, le plus de cas au sein de la population.

« Plusieurs CPE ont pris une décision économique », affirme Nathalie Duperré en ajoutant que cette situation crée un stress supplémentaire pour les éducatrices qui craignaient déjà de ramener le virus à la maison. La présidente estime que des employeurs se cachent derrière la Santé publique ; lorsque cette dernière estime que l’employé-e n’a pas contracté la COVID au travail, le CPE n’est pas obligé de payer. Elle juge bien souvent que l’équipement de protection est un rempart impénétrable contre la COVID. « Il faudrait que la Santé publique accorde une banque de congés pour que les gens demeurent à la maison et évitent de contaminer leurs collègues. De cette façon, ils n’auraient pas à cacher leurs symptômes », estime Nathalie Duperré.

Une injustice parmi les paramédics

« Les paramédics de Montréal sont payés pour l’isolement préventif puisqu’ils travaillent pour Urgence santé et que cette organisation fait partie du décret gouvernemental pour couvrir le secteur public », explique Jean-Daniel Tremblay, le président au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les secteurs publics de la santé et de l’éducation n’ont d’ailleurs pas à se battre pour des congés COVID payés.

Le représentant syndical trouve tout à fait incongru que des travailleuses et des travailleurs qui font exactement le même métier et qui transportent des patients atteints de la COVID ne soient pas traités de la même façon s’ils doivent s’absenter du travail pour le bien commun. Il ajoute que le programme offert par le gouvernement fédéral ne fait pas l’affaire, puisqu’il couvre 55 % du salaire pendant 10 jours maximum et que certaines conditions en compliquent l’admissibilité. Quelques paramédics qui ont des symptômes légers décident donc de rentrer au travail pour éviter l’insécurité financière.

Jean-Daniel Tremblay rapporte enfin qu’une trentaine de ses membres ont été atteints par la COVID sur un total de 170. « On sent que si rien ne change, il va y avoir une hausse du nombre de cas. La surcharge de travail fait en sorte qu’il y a un peu moins de désinfection », souligne le président. Ce dernier rappelle que le métier de paramédic est l’un des plus risqués en raison des visites quotidiennes dans les urgences, dans les CHSLD, dans les résidences privées pour aîné-es, etc. Il estime que la transmission peut aussi se faire entre collègues qui passent beaucoup plus de 15 minutes ensemble à moins de deux mètres l’un de l’autre dans les ambulances. « On est très régulièrement en contact avec la COVID au travail », résume le président en déplorant que, malgré cette situation, la Santé publique ne reconnaisse pas toujours le travail comme source probable d’une contamination à la COVID d’un ou d’une paramédic.

 

Inadmissible que le salaire minimum n’atteigne pas 15 $ l’heure en 2021

La campagne 5-10-15 dénonce la hausse de 40 cents du taux régulier du salaire minimum annoncée aujourd’hui par le gouvernement du Québec. Cette hausse nous maintient très loin de la cible du 15 $ l’heure. Elle est aussi en contradiction avec ce qu’indirectement, le gouvernement Legault considérait comme un salaire décent : 100 $ de bonification par semaine pour les travailleuses et travailleurs essentiels gagnant moins de 550 $ par semaine avec le PIRTE (Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels). Encore cette semaine, il annonçait offrir, pour une période d’un an, des prestations minimales de 500 $ par semaine à celles et ceux qui recourent à l’assurance parentale.
Selon Mélanie Gauvin, co-porte-parole de la campagne, « la crise sanitaire actuelle a mis en lumière l’importance et le caractère indispensable de plusieurs travailleuses et travailleurs qui sont au bas de l’échelle. Ces personnes portent sur leurs épaules, et au risque de leur santé, le maintien de services essentiels à l’ensemble de la population. Le gouvernement doit reconnaître leur travail et y voir l’opportunité de bonifier leur salaire à 15 $ l’heure. »
Virginie Larivière, co-porte-parole de la campagne, ajoute : « Le Québec a été la première province à se doter d’une loi visant à lutter contre la pauvreté. Nous devrions être un exemple à suivre pour les autres provinces canadiennes, mais nous traînons dernière des provinces comme l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Le gouvernement doit mettre un frein aux piètres conditions salariales des travailleuses et travailleurs qui sont au bas de l’échelle. Dès 2021, il doit leur offrir un salaire minimum à 15 $ l’heure. Ces personnes dépendent du gouvernement pour voir leurs conditions s’améliorer. »
En 2019, l’Institut de la statistique du Québec dénombrait 747 000 emplois à bas salaire au Québec. De ce nombre, 266 100 personnes étaient rémunérées au salaire minimum. Parmi elles, 74 % occupaient un emploi permanent et 58 % étaient des femmes.

Parce que travailler au salaire minimum rime encore et toujours avec pauvreté, le gouvernement doit porter le salaire minimum à 15 $ dès le 1er mai 2021.

Les sept organisations membres de la campagne 5-10-15 sont : le Front de défense des non-syndiquéEs, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Pour information : Mélanie Gauvin, Front de défense des non-syndiquéEs, 514 795-0929 Virginie Larivière, Collectif pour un Québec sans pauvreté, 418 930-5969

La solidarité et la lutte paient à Aliments BCI inc.

Après avoir exercé leur droit de grève et mené plusieurs moyens de pression depuis le mois de septembre, les salarié-es des Aliments BCI inc. ont adopté, le samedi 12 décembre dernier, à 93 % l’entente de principe conclue en présence d’un conciliateur le 3 décembre 2020. Cette entente de principe permet de renouveler la convention collective échue depuis le 31 mars 2020. Ce contrat de travail d’une durée de cinq ans devrait permettre à l’employeur ainsi qu’aux salarié-es de faire face aux défis de croissance actuels de l’entreprise et permettre aussi de consolider sa place sur le marché de la soupe en conserve.

 

Cette nouvelle convention collective prévoit des augmentations pour tous les salarié-es de 1 $ rétroactif au 1er avril 2020 ainsi qu’une hausse de 1,5 % de la contribution de l’employeur au régime de retraite à la signature de la convention. Les hausses prévues pour les prochaines années sont de 1 $ au 1er avril 2021, de 3 % en 2022, de 2,5 % en 2023 et 2024 accompagnées d’une hausse de 0,5 % par année dans le régime de retraite pour les deux dernières années. Les salarié-es ont également obtenu des augmentations supplémentaires sur certains postes afin de rattraper le marché de l’emploi et la réduction des échelles salariales, certaines passant de 7 ans à 2 ans. Le 1er avril 2021, certains salarié-es verront donc leur rémunération globale augmentée en moyenne de 12 % et de 21 % au terme des cinq années de convention.

 

Le syndicat a également obtenu la mise sur pied d’un nouveau régime de retraite combinant une RRS de Bâtirente avec un REER de Fondaction, permettant aux salarié-es de profiter des avantages des deux types de placements. Sur le volet normatif, les syndiqué-es ont obtenu la fin des heures supplémentaire obligatoires, sauf pour quelques exceptions, la mise en place de protections pécuniaires contre les changements de quarts de travail, des gains importants sur la formation, sur la santé et sécurité du travail. Les salarié-es ont également réussi à obtenir des horaires de travail clairement défini dans la convention collective et beaucoup moins variables.

 

Pour Joaquim Gariépy-Dubois, président du Syndicat des salarié-es des Aliments BCI–CSN, « il est évident que cette victoire syndicale est le résultat de la solidarité et de la détermination de l’ensemble des membres. La pression sur l’employeur était à son comble. C’était essentiel pour nous d’en arriver à ce résultat, mais surtout, d’envoyer un message clair à l’ensemble des gens dans l’entreprise, le syndicat et ses membres doivent être pris au sérieux   ».

 

À la Fédération du Commerce–CSN, on se réjouit pour les salarié-es des Aliments BCI, « les derniers mois ont été difficiles et le climat de travail n’est pas toujours facile, mais les  salarié-es ont su démontrer que c’est en se relevant les manches et en osant la solidarité et la combativité qu’on obtient ce que l’on mérite. Il est important que ce que les salarié-es des Aliments BCI ont accompli serve d’exemple à d’autres syndiqué-es en lutte actuellement. Il faut lutter pour améliorer nos conditions, les employeurs ne nous donneront pas ce que nous méritons si nous ne mettons pas la pression pour l’obtenir », explique Nancy Mathieu, secrétaire générale de la fédération.

 Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie–CSN, salue le règlement, « on ne peut que se réjouir pour ces 230 salarié-es de la région. Aliments BCI est une entreprise en pleine croissance qui a créé de nombreux emplois dans les derniers mois. Avec cette nouvelle convention, il est clair que l’employeur et le syndicat se donnent les outils et les leviers nécessaires pour affronter les défis posés par cette croissance tout en imposant à  l’employeur  une meilleure répartition de la richesse. »

 

 

Le patrimoine enfoui complètement oublié

Le patrimoine culturel enfoui au Québec est une richesse collective incommensurable. Il nous aide à améliorer notre connaissance des peuples autochtones qui habitent notre territoire depuis des millénaires et à comprendre la vie que menaient les premiers colons européens qui y sont débarqués.

L’archéologie étant essentielle à la découverte et à la conservation de ce patrimoine, nous déplorons que le projet de loi 69 modifiant la Loi sur le patrimoine culturel ne comprenne aucune mesure pour améliorer les conditions qui régissent les travaux archéologiques, et ce, même si les règles encadrant le travail des archéologues découlent en grande partie de cette loi.

Bien que nous comprenions la nécessité de mieux encadrer la protection du patrimoine bâti et que nous saluions la volonté de la ministre de la Culture et des Communications en ce sens, force est de constater que l’archéologie demeure aujourd’hui le parent pauvre de la protection de biens culturels. Le fait qu’aucun organisme ou regroupement d’archéologues n’ait même été invité à participer aux consultations menées par la commission parlementaire sur ce projet de loi le démontre une fois de plus.

Pourtant, l’encadrement législatif des travaux archéologiques doit être amélioré. Ceux-ci ne doivent pas être uniquement considérés comme une étape préalable aux nouvelles constructions, mais comme une réelle démarche de recherche scientifique, d’inventaire, de fouilles et d’analyse qui mérite toute l’attention nécessaire à sa réalisation.

L’accélération des mises en chantier exerce une pression indue sur la protection des biens culturels, d’autant plus qu’en étant enfouis, ces derniers ne sont ni visibles ni identifiés. Il appartient au ministère d’assurer la protection de ce patrimoine plutôt que de se limiter à la protection du patrimoine bâti.

Il aurait été judicieux de profiter de cette révision de la Loi sur le patrimoine culturel — la première en dix ans — pour aborder plusieurs enjeux touchant à l’environnement de travail des archéologues.

Nous suggérons, entre autres, de hausser le montant des amendes imposées aux entrepreneurs qui ne respectent pas les règles de conservation du patrimoine ; de calculer le délai maximal pour la remise du rapport archéologique à partir de la fin des fouilles ; et de prévoir un mécanisme pour ajuster les montants et les délais alloués aux travaux archéologiques en fonction des contraintes vécues ou de l’ampleur des découvertes.

Par ailleurs, l’ajout d’un pouvoir décisionnel à l’échelon des municipalités régionales de comté (MRC) nous inquiète également, puisqu’il n’apporte aucune protection supplémentaire et qu’il risque d’engendrer une forte réduction du territoire protégé.

Notre patrimoine enfoui est non renouvelable et riche d’une histoire qui dépasse les intérêts économiques à court terme. Nous espérons que le gouvernement saura reconnaître son importance et modifier le projet de loi 69 en conséquence.

Ginette Langlois
Présidente
Fédération des professionnèles–CSN

Maxime Vaillancourt
Président
Syndicat national des archéologues du Québec–CSN

Cliquez ici pour lire le commentaire envoyé par le SNAQ-CSN la FP-CSN à la commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

Douze ententes conclues avec des magasins d’alimentation du Saguenay–Lac-Saint-Jean

La Fédération du commerce–CSN se réjouit d’avoir déjà réussi à conclure douze ententes acceptées en moyenne par plus de 90 % des membres dans le cadre de la négociation coordonnée des magasins de l’alimentation.

« Grâce à la combativité des travailleurs et travailleuses, nous avons réussi à faire des gains plus que substantiels, affirme le vice-président de la Fédération du commerce (FC–CSN), Alexandre Giguère. C’est une excellente nouvelle pour les travailleuses et les travailleurs de l’industrie qui ont été et qui continuent d’être au front depuis le tout début de la crise sanitaire. »

Les douze ententes signées jusqu’à présent seront valides jusqu’en 2025 ou 2026 et elles atteignent les objectifs établis pour cette ronde de négociation. Elles prévoient, notamment, des améliorations considérables aux régimes de retraite ainsi que des augmentations salariales variant entre 2,5 % et 2,75 % par année. De plus, plusieurs salarié-es seront repositionnés dans l’échelle salariale, ce qui fait qu’ils bénéficieront d’une augmentation salariale effective pouvant aller jusqu’à 6 %.

Dès la signature des nouvelles conventions, de nombreux salarié-es obtiendront un salaire de 15 $ l’heure et d’autres l’atteindront rapidement. Par exemple, les caissières au dernier échelon de l’échelle salariale gagneront 16,93 $ l’heure dans les magasins avec service comme les IGA et 18,57 $ l’heure dans les détaillants à escompte comme les Maxi.

« Nous sommes fort satisfaits des règlements obtenus. Ceux-ci confirment la grande force de la CSN dans la région, explique le secrétaire général du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean (CSN), Pierre Morel. Toutes bannières confondues, c’est chez nous que nous retrouvons les meilleures conventions collectives de tout le Québec, et de loin. »

« La signature de ces ententes ne signifie pas pour autant que nous cessons de revendiquer le retour de la prime « COVID » de 2 $, prévient toutefois M. Giguère. Nous continuerons de faire pression sur les employeurs sur ces enjeux, car l’actualité nous démontre chaque jour que les risques et les enjeux sanitaires sont tout aussi importants en ce moment qu’ils l’étaient le printemps dernier quand la prime avait été implantée. »

CHSLD : un rapport accablant

Le rapport de la Protectrice du citoyen sur la crise liée à la COVID-19 dans les CHSLD confirme, une fois de plus, de nombreuses préoccupations partagées par la CSN depuis le début de la pandémie, voire bien avant pour certaines d’entre elles. Malgré leur « immense dévouement » souligné par Marie Rinfret, les travailleuses et les travailleurs de ces établissements n’ont pas reçu le soutien nécessaire de la part du gouvernement du Québec, estime la CSN.

La CSN partage amplement la vision de la Protectrice du citoyen pour qui « la pénurie de personnel dans les CHSLD a été au cœur des ratés pour assurer la qualité des soins », tout comme le recours à des moyens incitatifs et financiers préconisés par cette dernière.

« Les équipes de travail fonctionnaient déjà au maximum de leur capacité, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Quand le recours aux heures supplémentaires obligatoires devient une norme de gestion, c’est qu’il y avait déjà un problème. La suite est malheureusement connue : du personnel épuisé, des milliers de salarié-es infectés et un accroissement de la mobilité des équipes de zones chaudes à zones froides, contribuant ainsi aux éclosions. »

Pour le président de la CSN, le gouvernement doit saisir l’occasion du renouvellement des conventions collectives du secteur public pour apporter dès maintenant des réponses concrètes aux priorités d’action ciblées par Marie Rinfret. « Le premier ministre a beau prétendre qu’il aurait dû améliorer les conditions salariales du personnel dès son arrivée au pouvoir, on attend toujours des réponses concrètes aux tables de négociations. Tout le monde s’entend : c’est avec de meilleurs salaires et une amélioration des conditions de travail que le réseau de la santé et des services sociaux parviendra à recruter le personnel nécessaire. »

Par ailleurs, rappelant qu’en date du 14 juin, 13 581 salarié-es avaient été atteints du virus, dont onze en sont décédés, la Protectrice du citoyen souligne à juste titre la distribution insuffisante, tardive et inégale des équipements de protection qui aurait pu amplifier les éclosions. « Encore aujourd’hui, le gouvernement refuse d’appliquer le plus élémentaire des principes de précaution en s’opposant à la distribution de masques N95 pour de larges pans du personnel des CHSLD. En ignorant les appels d’experts, le gouvernement met la santé et la sécurité de tous les intervenants et les bénéficiaires à risque », déplore fortement Jacques Létourneau.

Pour la CSN, la lecture de ce rapport soulève à nouveau les nombreux problèmes entraînés par la vision hospitalo-centriste qui prévaut depuis des années au sein du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que les effets désastreux de la centralisation des pouvoirs entraînés par la réforme Barrette. Le gouvernement, estime la CSN, devra se pencher sur ces questions lors de la mise en œuvre des recommandations de la Protectrice du citoyen, estime la CSN.

Oui à la réforme de la Charte de la langue française

Le ministre Jolin-Barrette a annoncé à plusieurs reprises l’arrivée imminente d’un plan d’action costaud pour réformer la Charte de la langue française. « Enfin », oserions-nous dire ! La CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ appuient cette volonté. Nous partageons aussi la volonté du gouvernement québécois, confirmée par une motion unanime de l’Assemblée nationale, d’étendre la Charte aux entreprises sous juridiction fédérale. Il nous apparaît incompréhensible que des milliers d’employées et employés québécois n’aient pas les mêmes droits que les autres parce qu’ils et elles travaillent, entre autres, dans les banques, les télécommunications ou le transport. En ce sens, nous demandons au gouvernement fédéral de faire sa part pour assurer la pérennité du français au Québec.

Mais ne soyons pas dupes, cette réforme, bien que nécessaire, ne parviendra pas à elle seule à transformer la tendance actuelle à l’anglicisation des milieux de travail, et ce, particulièrement dans le Grand Montréal. Différentes enquêtes et analyses montrent clairement le déclin du français au Québec. Un des principaux indicateurs est l’omniprésence des exigences en anglais sur les postes d’emploi. Si ces exigences sont justifiées pour certains emplois qui demandent d’œuvrer à l’international ou avec la communauté anglophone du Québec, d’autres relèvent essentiellement d’un parti pris patronal pour le bilinguisme. Cette nouvelle coutume a non seulement un effet sur le paysage linguistique du Québec, mais est aussi discriminatoire pour les milliers de Québécois et Québécoises francophones, quelles que soient leurs origines, qui ne maîtrisent pas parfaitement, et qui n’ont pas à la maîtriser parfaitement, la langue de Shakespeare.

En outre, le gouvernement du Québec tarde toujours à appliquer les dispositions de protection et de promotion de la langue dans les PME québécoises. Pour nous, il faudrait dès maintenant systématiser des analyses linguistiques portant sur la francisation des entreprises, incluant la main-d’œuvre, et ce, dans toutes les entreprises du Québec, peu importe leur taille. De plus, les agences de placement devraient elles aussi être assujetties aux obligations de la Charte.

L’État québécois, à titre d’employeur, doit donner l’exemple. Malheureusement, plusieurs de nos membres se plaignent de la bilinguisation de leur milieu de travail. Le réseau de la santé est un exemple patent. Si, pour des raisons évidentes, un minimum d’accès aux services en anglais doit être garanti, est-ce dire que tous ceux et celles qui y œuvrent doivent être bilingues ? Il serait d’ailleurs assez aisé d’instaurer des comités de francisation dans les différents organismes publics pour en faire des gardiens du droit de travailler et d’être servis en français.

Si la saga du « Bonjour-Hi » a animé les esprits il y a peu, il demeure important de rappeler que la langue de commerce est aussi la langue de travail pour plusieurs personnes. Les employeurs doivent assumer une responsabilité quant à l’offre de services en français et à la francisation de leurs employés et employées.

D’ailleurs, la francisation du monde du travail doit nécessairement passer par la francisation des travailleuses et des travailleurs. À l’heure actuelle, les programmes de francisation des entreprises s’appliquent principalement au secteur des technologies et au chapitre des équipements de travail, alors qu’elles devraient aussi viser la francisation de la main-d’œuvre.

À ce propos, l’offre de francisation en entreprise demeure un enjeu primordial. Celle-ci permet aux travailleurs et aux travailleuses de concilier le besoin d’un emploi avec celui de l’apprentissage de la langue commune. Plusieurs syndicats ont d’ailleurs mené à bien des projets en ce sens. Il demeure impératif que ces initiatives soient facilitées par l’État et par les employeurs.

Défendre la langue française au Québec, c’est vouloir défendre une langue commune, un espace de partage, un trait d’union. La solidarité fleurit dans l’échange et le partage des réalités. Les centrales syndicales du Québec ont toujours milité pour défendre non seulement le droit de travailler en français, mais aussi le développement d’une culture commune forte et solidaire.

Comme toujours, les centrales syndicales que nous représentons seront actives dans ce grand chantier de valorisation du français. Pour nous, vivre au Québec signifie vivre et travailler en français !

Luc Vachon, Jacques Létourneau, Sonia Ethier et Denis Bolduc
Respectivement président de la CSD; président de la CSN; présidente de la CSQ; secrétaire général de la FTQ

Le gouvernement doit soutenir le personnel des CPE

Pour la CSN, les travailleuses des CPE doivent pouvoir accéder à des absences payées lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. C’est loin d’être toujours le cas en ce moment et c’est pourquoi des manifestations se tiennent partout au Québec aujourd’hui.

Depuis le début de la crise, elles doivent piger dans leur banque personnelle de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances lors de périodes d’isolement imposées par la Santé publique ou par l’employeur, lorsqu’il y a des symptômes, ou encore lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. Dans un sondage mené par la CSN auquel 5200 membres de CPE ont répondu en novembre dernier, près de 25 % des éducatrices avaient déjà été testées pour la COVID et près de 80 % de ces dernières ont utilisé leur banque personnelle ou ont dû prendre un congé sans solde durant l’attente du résultat.

Il y a donc un risque qu’une travailleuse choisisse de taire des symptômes bénins afin d’éviter les conséquences financières pour sa famille. Selon une étude de la Direction de la santé publique de Montréal sur les cas de COVID survenus du 26 août au 30 septembre, la présence de personnes symptomatiques dans les services de garde éducatifs était le deuxième plus important facteur de transmission.

« Il est inadmissible que le ministère de la Famille ne finance pas de congés rémunérés pour l’isolement préventif, car celui-ci sert à diminuer le risque de transmission dans les CPE », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

« On prend un risque inutile en forçant des travailleuses à faire un choix déchirant lorsqu’elles n’ont plus de jours dans leur banque de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances. Il n’est pas normal que le personnel des CPE doive en payer le prix pour le bien collectif », affirme Stéphanie Vachon, nouvelle responsable du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Cette dernière rappelle que les membres du personnel du réseau de l’éducation peuvent compter sur le maintien de leur rémunération en cas d’isolement préventif lié à la COVID. « Le personnel des CPE est injustement traité », affirme Stéphanie Vachon.

On sait qu’il y a plusieurs cas de COVID dans les CPE du Québec. Contrairement aux écoles, il n’y a cependant pas de compilation officielle des cas dans les CPE, ce qui contribue à l’inquiétude du personnel. Un sondage de l’INSPQ montre d’ailleurs que les répondants dans les écoles primaires et les services de garde éducatifs sont plus anxieux et inquiets par rapport au coronavirus que la population en général.

Personnel épuisé et manque d’écoute
Alors que le personnel des CPE est déjà épuisé, la récente annonce de l’interdiction des réunions de famille pour les Fêtes a eu l’effet d’une nouvelle douche froide. Le gouvernement aurait pu prévoir la fin du service habituel en même temps que la fermeture hâtive des écoles. « Que ce soit au sujet des congés en raison de la COVID ou concernant d’autres aspects, l’imposition de décisions sans consultation contribue à miner le moral des travailleuses des CPE. Le ministre Lacombe doit absolument reprendre les rencontres courantes avec ses partenaires qui ont pris fin en août dernier », insiste Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

« Le gouvernement doit donner un coup de barre pour rassurer le personnel des CPE du Québec et envoyer un signal fort afin d’éviter que plus de travailleuses ne quittent nos CPE », conclut Lucie Longchamps.

Les mentalités ont la couenne dure

Billet de Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN

Été 2020. Une autre vague de dénonciation d’agressions sexuelles secoue le Québec. Bien que les mouvements #MeToo et #AgressionNonDénoncée aient créé un certain élan pour faire bouger la classe politique en faveur des victimes, je peux affirmer une chose : il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour venir à bout des comportements inacceptables qui sont légion dans bien des milieux de travail au Québec.

Depuis quelques années, on observe des changements législatifs qui découlent de l’action féministe contre les actes de violence sexuelle. En décembre 2017, le gouvernement libéral adopte une loi pour contrer ces violences dans les établissements d’enseignement supérieur. En 2018, la notion de harcèlement sexuel est nommément inscrite dans la Loi sur les normes du travail. En juin dernier, un projet de loi modifiant le Code civil est adopté pour mettre fin au délai de prescription qui limitait à 30 ans la possibilité de poursuivre au civil un présumé agresseur. Par ailleurs, le Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale se prépare à déposer ses recommandations. Celles-ci devraient inclure la création d’un tribunal spécialisé afin d’aider les victimes à toutes les étapes du processus judiciaire.

Les dinosaures ont-ils encore de l’avenir ?
Les choses avancent, certes, mais les mentalités ont la couenne dure. Prenons le cas de la médecine, qui a longtemps été le boysclub le plus huppé du monde du travail. Même si les femmes ont investi la profession, cette culture semble y avoir imprégné sa marque. Récemment, une travailleuse syndiquée d’un hôpital réputé me racontait l’histoire qu’elle a vécue avec une personnalité connue du public. À l’époque, l’individu est médecin dans l’hôpital où elle travaille. Sa réputation de harceleur n’est plus à faire, mais personne n’ose le dénoncer en raison, notamment, de son aura de médecin et du processus de plaintes particulier lorsqu’il s’agit d’un membre du corps médical dans un établissement public. Notre disciple d’Esculape profite d’un colloque à l’extérieur de la ville pour inviter la jeune femme à souper, lui offrir à boire jusqu’à plus soif, insister pour aller prendre un dernier verre, la tirer de force sur une piste de danse pour la tripoter et se frotter contre elle, malgré les refus répétés de cette dernière. En dépit de ses réflexes affaiblis par l’alcool, elle réussit à s’esquiver. Quoi qu’il en soit, elle ne souhaite pas dénoncer l’homme intouchable parce que « quand tu te mets un médecin à dos dans ton milieu de travail, ta vie peut être de la marde. »

Dans les établissements du réseau public de la santé, la Loi sur les services de santé et les services sociaux prévoit l’examen des plaintes contre un médecin par un médecin « examinateur », lequel est désigné par le conseil d’administration de l’établissement sur recommandation du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens. Le processus d’enquête sur la plainte et, s’il y a lieu, de la révision de la décision se déroule sous l’étroite supervision du corps médical à toutes les étapes, quelle que soit la nature de la plainte.

Il convient par ailleurs de souligner que des hommes peuvent aussi être victimes d’agressions et d’inconduites sexuelles au travail. Un employé administratif d’une organisation à but non lucratif m’a raconté avoir subi les assauts homophobes d’un de ses collègues qui lui a brusquement pris la tête pour la plaquer sur son entrejambe. Ce geste dégradant, empreint d’une grande violence, est à tous points de vue condamnable.

Stoppons le cortège des agressions de toutes sortes
À l’approche du 6 décembre, la Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes dont la CSN est membre revendique l’élimination des violences faites aux femmes, notamment la violence sexuelle. Et comme les formes de violence et de harcèlement au travail sont d’une grande diversité et qu’elles concernent aussi les hommes, la CSN veille à ce que les employeurs respectent leur obligation légale d’assurer aux employé-es des milieux de travail sains et sécuritaires. Nous avons aussi, individuellement et collectivement, un rôle à jouer pour enrayer ce fléau, entre autres lorsque nous sommes témoins de telles situations. C’est pour cette raison que la CSN a décidé d’apporter sa contribution en lançant sa toute nouvelle campagne agispourquecacesse.com. Car personne ne devrait avoir à tolérer de la violence ou du harcèlement dans son milieu de travail. Car ensemble, nous devons agir pour que ça cesse, une bonne fois pour toutes.

Le STTRC dénonce à nouveau une coupe à blanc faite à Radio-Canada

Le syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada (STTRC) dénonce la suppression de 13 postes permanents et 3 postes contractuels à Radio Canada International (RCI). La Société Radio-Canada (SRC) invoque une restructuration nécessaire pour assurer la pérennité et la pertinence de RCI. Mais dans les faits, ces compressions auront plutôt comme principal impact d’amputer le caractère international de RCI.

Ce n’est pas la première fois que RCI subit les assauts de la direction de Radio-Canada. Mais cette fois-ci, la direction a choisi de délaisser le mandat de RCI, d’être la voix du Canada à l’étranger pour plutôt « se rapprocher des communautés installées au Canada ». La loi sur la radiodiffusion explique pourtant clairement que Radio-Canada doit fournir un service international (article 46,2).

En pratique, cela veut dire de permettre à des auditrices et des auditeurs se trouvant sur les cinq continents d’avoir accès à une information qui leur permet de mieux comprendre les réalités canadiennes. Les avancées technologiques des dernières années devraient encore plus facilement rendre possible l’atteinte de cet objectif.

Au lieu de cela, l’actuelle direction de la SRC choisit une approche qui met l’accent sur la mise en valeur du multiculturalisme canadien. Ce n’est pas le mandat confié par le Parlement canadien à RCI.

Le STTRC demande que Radio-Canada annule les suppressions de postes annoncées et donne à RCI les ressources humaines et techniques nécessaires pour réaliser pleinement son mandat. RCI ne doit pas devenir un média qui ne s’adresse qu’à certaines communautés culturelles canadiennes, mais demeurer la voix du Canada à l’étranger.

À propos
Le syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada (STTRC, ancien SCRC) compte plus de 2500 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et à la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC).

Édition 2020 de C’est Noël pour tout le monde

La période des fêtes arrive à grands pas et, comme chaque année, la CSN fait appel à la solidarité de nos membres afin que ces réjouissances offrent à toutes et à tous de bons moments et de chaleureux souvenirs. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la campagne des paniers de Noël.

Grâce aux contributions, nos camarades privés de revenus en raison d’une grève, d’un lock-out ou d’un congédiement pour activité syndicale pourront aussi prendre part aux festivités et célébrer avec leurs proches. Grâce à vous, nous pourrons dire : C’EST NOËL POUR TOUT LE MONDE!

Un retard de rémunération indécent, alors que les services publics sont à bout de souffle

Actuellement en négociation pour le renouvellement des conventions collectives de plus de 160 000 travailleuses et travailleurs du secteur public, la CSN estime que le rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) démontre, encore une fois et sans ambiguïté, l’urgence de donner un sérieux coup de barre en matière de rémunération.

« Nous sommes en plein cœur de la négociation et les chiffres révélés par l’enquête annuelle de l’ISQ illustrent amplement la détérioration des conditions salariales dans le secteur public. Il est clair que ce rapport vient appuyer le bien-fondé de nos demandes et il est temps que le gouvernement entende raison et assume ses responsabilités », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

En effet, l’enquête menée par l’ISQ souligne que la rémunération globale des employé-es de l’État (ce qui inclut le salaire, le régime de retraite et les avantages sociaux) affiche un retard alarmant de 9,2 % par rapport à l’ensemble des salarié-es québécois; un retard qui s’est amplifié, puisqu’il était de 6,2 % l’année dernière. Du point de vue strictement salarial, le retard est encore plus manifeste, alors que les employés de l’État gagnent 16,5 % de moins que les autres salariés du Québec.

« C’est tout simplement indécent. Nos services publics étaient déjà en crise avant la pandémie et ils sont actuellement portés à bout de bras par des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs. En ce moment, l’élastique est tendu au maximum et les problèmes de surcharge de travail et de pénurie de main-d’œuvre continuent de fragiliser les services à la population, sans compter l’impact considérable pour les hommes et surtout pour les femmes qui y travaillent, puisqu’elles occupent plus de 75 % des emplois du secteur public », ajoute Caroline Senneville.

En négociation depuis plus d’un an, la CSN estime que l’heure est venue pour le gouvernement Legault de prendre acte de la situation et d’agir en conséquence. Actuellement, les augmentations salariales proposées par le gouvernement sont de 1,75 % en 2020 et en 2021 puis de 1,5 % en 2022.

« C’est une proposition tout simplement déconnectée de la réalité, car comme le démontre le rapport de l’ISQ, les salaires des syndiqué-es ne faisant pas partie du secteur public ont augmenté en moyenne de 2,6 % en 2020. L’offre sur la table ne ferait qu’accentuer l’écart entre les travailleuses et les travailleurs des services publics par rapport aux autres salariés du Québec. Le gouvernement ne peut plus ignorer ce que nous lui soulignons depuis plus d’un an, soit l’urgence d’agir et de soutenir nos services publics en donnant un sérieux coup de barre en matière de rémunération », explique la vice-présidente de la CSN.

La CSN a déposé cet automne une contre-proposition qui revendique une augmentation de 2 $ l’heure pour l’année 2020 et le plus avantageux entre 0,75 $ l’heure ou 2,2 % pour les deux années subséquentes. « Actuellement, les salaires d’un bon nombre de travailleuses et de travailleurs des services publics ne leur permettent pas de vivre décemment. Notre revendication en montants fixes vient directement répondre à cet enjeu, puisque ses impacts sont plus importants pour celles et ceux qui gagnent le moins. Notre demande répond aux besoins réels du personnel des réseaux », conclut Caroline Senneville.

Québec doit déposer des offres acceptables

Les organisations syndicales (CSN, CSQ, FIQ, APTS, FTQ, FAE, SFPQ, SPGQ) représentant plus de 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public unissent aujourd’hui leurs voix pour dénoncer fermement l’attitude du gouvernement. Ce dernier n’a toujours pas présenté d’offres susceptibles de faire avancer les négociations dans le but de renouveler les conventions collectives échues le 31 mars 2020.

Les travailleuses – représentant plus de 75 % du personnel des services publics – et les travailleurs en ont assez des « mercis » de 13 heures lors des points de presse. Le personnel profite de deux actions de visibilité à grand déploiement – l’une au pied du pont Jacques-Cartier à Montréal et l’autre à la place George-V à Québec, adjacente au Secrétariat du Conseil du trésor – pour sonner l’alarme. Il réclame ainsi des offres concrètes pour résorber la crise qui sévit dans les services publics depuis bien avant la pandémie.

En point de presse, les leaders syndicaux (Jacques Létourneau, CSN; Sonia Éthier, CSQ; Nancy Bédard, FIQ; Andrée Poirier, APTS; Daniel Boyer, FTQ; Sylvain Mallette, FAE; Christian Daigle, SFPQ; Line Lamarre, SPGQ) ont mis en garde le gouvernement quant aux dangers d’une rupture de service dans les réseaux publics et aux conséquences catastrophiques qu’aurait un retour à l’austérité pour toute la population du Québec.

« Dans les faits, nous sommes déjà en bris de service dans les réseaux avec notamment des interventions chirurgicales et des suivis qui sont reportés ou carrément annulés. Il n’y a plus de temps à perdre, le gouvernement doit reconnaître l’apport essentiel des travailleuses et travailleurs des services publics en déposant des offres qui permettent d’attirer et de retenir le personnel. Il doit, sans attendre, bonifier la rémunération et améliorer les conditions de travail », déclarent les leaders syndicaux.

« Nos organisations ont présenté des solutions aux différentes tables de négociations. Elles répondent très précisément aux besoins des services publics et permettent de valoriser et de reconnaître le travail du personnel. Ce n’est pas seulement les travailleuses et travailleurs qui souffrent des années d’austérité des gouvernements précédents, c’est toute la population du Québec qui en paie le prix », ajoutent les leaders syndicaux.

« Le personnel est écœuré des conditions d’exercice d’emploi épuisantes, de la pénurie de main-d’œuvre, de la non-reconnaissance du travail accompli et des sacrifices que toutes et tous font chaque jour. La capacité à offrir des soins et des services de qualité est intimement liée aux conditions de travail et de rémunération. Il n’y a plus de temps à perdre, Québec doit déposer des offres valables afin de mettre derrière nous cette négociation et de se concentrer sur la lutte contre la pandémie », concluent les leaders syndicaux.

Le gouvernement choisit enfin la voie de la raison

En réaction à l’annonce du gouvernement concernant le congé des fêtes pour les écoles québécoises, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) se disent soulagées et joignent leurs voix pour saluer la décision qu’elles qualifient de responsable.

Les trois organisations syndicales considèrent qu’une décision du gouvernement obligeant les services de garde scolaires à ouvrir leurs portes à 100 % aurait été une consécration de l’incohérence dans les mesures sanitaires. Dans le contexte où le Québec ne connaît aucun relâchement dans sa lutte contre la COVID-19 et que plusieurs régions sont encore en zone rouge, le personnel des services de garde scolaires pourra aussi, comme tout le monde, limiter son exposition aux risques de contamination à l’aube de la période des fêtes. Si le gouvernement avait fermé les écoles à moitié, le personnel des services de garde scolaires aurait été traité, une fois de plus, comme des travailleurs de seconde zone puisque les risques de contamination auraient été maximisés alors que le concept de bulle-classe et la distanciation physique sont impossibles à appliquer. Dès lors, la raison principale invoquée par le gouvernement visant à limiter la propagation du virus pour Noël apparaissait comme un faux prétexte au regard des centrales.

Étant donné que les services de garde d’urgence qui seront mis sur pied pour le congé des fêtes s’effectueront sur une base volontaire des éducateurs et éducatrices, les organisations syndicales demandent au gouvernement de garantir des incitatifs financiers pour le personnel afin d’assurer le succès de l’opération.

Un gouvernement qui fait cavalier seul dans la pandémie
Malgré cette décision en faveur du personnel des services de garde scolaires, la CSQ, la CSN et la FTQ dénoncent qu’une fois de plus, elles sont encore obligées d’éteindre la panique générée par les ballons d’essai lancés par le gouvernement depuis plusieurs jours. Elles confirment ne pas avoir été parties prenantes de la réflexion entourant la démarche, à la seule exception de rencontres tenues sur le tard, hier. Les syndicats réitèrent qu’il aurait été préférable que toutes les parties prenantes puissent être associées à la décision afin de minimiser les impacts et, surtout, de garantir le succès de l’opération, qui touche des millions de personnes. Les organisations continuent à tendre la main pour l’avenir.

Citations
« La décision du gouvernement est responsable et constitue un soulagement pour le personnel des services de garde scolaires. Pour eux, c’était loin de passer comme une lettre du père Noël à la poste. Le gouvernement a peut-être fini par entendre raison sur l’importance de la cohérence dans les mesures sanitaires, mais il faut déplorer le manque d’écoute devant le processus unilatéral qui s’est déroulé depuis quelques jours. Dans le futur, le gouvernement gagnerait à associer le plus d’organisations possible à ses réflexions pour éviter un autre psychodrame. » – Sonia Ethier, présidente de la CSQ

« Le gouvernement avait plusieurs facteurs à prendre en considération. Nous sommes satisfaits que le premier ministre ait entendu nos arguments quant à l’incohérence des scénarios jusqu’ici envisagés. On ne pouvait régler la question en renvoyant tout simplement le fardeau sur le personnel des services de garde, déjà grandement sollicité par la crise mais si peu considéré par le gouvernement. C’est une décision mitoyenne qui nous semble beaucoup plus responsable en matière de santé publique. » –Jacques Létourneau, président de la CSN 

« On comprend que le gouvernement a finalement entendu les inquiétudes que nous lui avons exprimées lors de rencontres précédentes. Si nous avions été consultés avant les ballons d’essai lancés dans les médias, on aurait pu éviter toutes les spéculations qui ont insécurisé la population et le personnel du réseau. Le gouvernement doit retenir la leçon et consulter davantage les travailleurs et travailleuses qui œuvrent auprès de la population. » – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ