Les quatre centrales syndicales s’unissent pour freiner les reculs en santé et sécurité

À quelques jours de la reprise de l’étude détaillée du projet de loi no 59 sur la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) unissent leur voix pour dénoncer les reculs prévus dans le projet de loi du ministre Jean Boulet. Lors d’une conférence de presse virtuelle, les quatre chefs syndicaux ont fait le point sur les prochains sujets qui seront débattus en commission et qui auront un impact considérable sur la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses du Québec.

La liste des maladies professionnelles désuète

Mardi, dès la reprise des travaux sur l’étude détaillée du projet de loi no 59, les parlementaires trancheront sur la question de la liste des maladies professionnelles qui donne droit à une présomption pour la reconnaissance d’une lésion professionnelle. Or, cette liste de maladies n’a pas été mise à jour depuis 40 ans. Les centrales demandent que cette liste soit mise à jour et qu’elle tienne compte des avancées scientifiques plutôt que de la recherche d’économie des employeurs.

« Non seulement tout le monde s’entend pour dire que la liste des maladies professionnelles est désuète, mais aussi sur la façon de l’actualiser. En effet, les plus importantes associations patronales et les centrales syndicales du Québec se sont entendues au Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre en 2017 sur une façon adéquate de faire cette mise à jour et d’en assurer l’actualisation par la suite. Or, le ministre Boulet a choisi d’ignorer ce consensus et, en plus, d’ajouter des critères qui empêchent de fait l’accès à la présomption pour certaines maladies, dont la surdité. Les enjeux sont si grands pour les victimes de lésions professionnelles, on doit leur venir en aide et non leur ajouter des obstacles additionnels », dénonce Luc Vachon, président de la CSD.

La prévention mise à mal

Plutôt qu’étendre ce qui fonctionne pour les groupes prioritaires à tous les milieux de travail, la nouvelle mouture du projet de loi abolit les minimums prévus au bon fonctionnement des comités de santé et sécurité et retire aux travailleuses et aux travailleurs le droit de regard sur l’adoption du programme de prévention et sur le choix du médecin chargé de la santé au travail. Alors que la Loi sur la santé et la sécurité du travail est une loi d’ordre public, la responsabilité sera envoyée vers la négociation entre les parties avec à la clef, une possible contestation devant les tribunaux de la décision de la CNESST. On risque ainsi de judiciariser davantage la santé et la sécurité.

« Les travailleuses et les travailleurs du Québec devront maintenant négocier la protection de leur santé et sécurité en même temps que leurs salaires. C’est inacceptable! Ajoutons à cela l’ajout du critère de multiétablissement qui permet à un employeur d’appliquer des mesures de prévention de manière unilatérale dans tous ses établissements, peu importe la diversité et la complexité de leurs enjeux respectifs. L’objectif des mesures de prévention est de répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs et de garder comme priorité leur protection! », ajoute Jacques Letourneau, président de la CSN.

La santé psychologique : un enjeu incontournable

Les risques psychosociaux sont un véritable problème dans les milieux de travail du Québec. Alors que les lésions professionnelles d’ordre psychologique ne font qu’augmenter, particulièrement dans les métiers à prédominance féminine, le ministre doit s’assurer que les acteurs des milieux de travail puissent les prévenir et les indemniser.  « Bien que certains termes faisant référence à la santé psychologique soient introduits dans le projet de loi, rien ne permettra réellement d’améliorer la situation si nous n’avons pas les mécanismes de prévention paritaires suffisants et des mesures concrètes facilitant la reconnaissance de ces lésions psychologiques. Notre souhait est que l’importance d’assurer la santé psychologique des travailleuses et des travailleurs se reflète dans le projet de loi et de façon concrète. Il faut que nous ayons collectivement les moyens d’agir », souligne Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

Le secteur de la construction : rien de réglé

La construction est une industrie dangereuse. En ce qui concerne les décès, elle est chaque année surreprésentée, comptant 20 % des décès alors que l’industrie n’emploie que 5 % de la main-d’œuvre du Québec. Cela fait 40 ans que la Loi sur la santé et la sécurité du travail ne prévoit pas de mécanismes de prévention pour la construction. Le projet de loi no 59 introduit des mécanismes de prévention, mais ne s’assure pas qu’ils puissent être fonctionnels sur le terrain. Les représentants en santé et en sécurité doivent être indépendants des employeurs pour pouvoir intervenir librement et réellement représenter les intérêts des travailleurs et travailleuses à risque. « Le ministre Boulet ne tient pas compte de la précarité de l’emploi et de la facilité pour l’employeur de mettre un terme au lien d’emploi si la personne ose revendiquer plus de prévention. Le mécanisme d’application pour l’élection d’un représentant à la prévention ne tient pas plus compte de la rapidité avec laquelle un chantier de construction évolue. Si le ministre veut vraiment sauver des vies, il doit assurer une indépendance et une stabilité dans les représentants à la prévention dans le secteur de la construction en instaurant une législation qui met sur pieds une représentation syndicale des travailleurs et des travailleuses de ce secteur. Sinon, ce n’est que de la poudre aux yeux », conclut Daniel Boyer, président de la FTQ.

Le gouvernement refuse d’agir pour relever les services publics; la CSN prépare la grève

« L’éternel refus du gouvernement Legault d’agir concrètement pour que la crise dans les réseaux se résorbe commence de plus en plus à ressembler à de la négligence et cette négligence, on la connaît. Elle est le lot du secteur public depuis trop longtemps et elle nuit gravement à la capacité des réseaux à rendre les services à la population. Par son inaction, le gouvernement nous pousse à devoir prendre les grands moyens. » C’est le message que lance la CSN alors qu’elle annonce que l’ensemble de ses syndicats du secteur public partira, au cours des cinq prochaines semaines, à la recherche d’un mandat de grève.

D’ici le 10 mai, plus de 200 syndicats affiliés à la CSN, qui représentent plus de 160 000 membres, tant en éducation qu’en santé et services sociaux et dans les organismes gouvernementaux, se prononceront sur un mandat de grève dont les modalités ont été déterminées par chacune des fédérations, selon les discussions stratégiques qu’elles ont menées avec les militantes et les militants des syndicats. Ainsi, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESPCSN), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) et la Fédération des professionnèles (FPCSN) consulteront leurs membres sur un mandat de cinq jours de débrayage, tandis que la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN), quant à elle, soumettra au vote un mandat d’une banque d’un nombre de jours illimité de grève.

La CSN déplore que la contre-offre déposée la semaine dernière par le Conseil du trésor n’ait été qu’un désolant exercice de relations publiques sur le dos des travailleuses et des travailleurs des services publics. « On était pourtant en droit de s’attendre, après plus de 48 séances de négociation à la table centrale, à de nouvelles propositions qui auraient laissé entrevoir une meilleure compréhension de la situation de la part du gouvernement, mais non. Toujours rien qui permette de s’attaquer réellement au grave manque de ressources humaines et financières des réseaux, après des décennies de compressions et de mesures austéritaires », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Aux tables sectorielles, les enveloppes sont toujours nettement insuffisantes. Il est pourtant clair pour les fédérations du secteur public CSN que l’amélioration des conditions de travail reste la meilleure façon d’améliorer les services à la population.

« Les employé-es des services publics que nous représentons, notamment le personnel de soutien dans les centres de services scolaires et dans les cégeps et celui des organismes gouvernementaux, donnent tout ce qu’ils ont pour assurer une prestation de services de qualité à la population du Québec. La pandémie aura révélé, plus que jamais, le caractère essentiel de leur travail. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous partons à la recherche de mandats qui nous permettront d’accentuer la pression sur le gouvernement afin d’améliorer les conditions de travail de ces gens indispensables. Le statu quo a assez duré. Les comités patronaux de négociation doivent réellement travailler avec nous afin d’en arriver à un règlement satisfaisant pour l’ensemble de nos membres. À la FEESPCSN, nous sommes disposés à le faire. » – Nathalie Arguin, présidente de la FEESPCSN

« Dans la dernière année, les enseignantes et les enseignants du réseau collégial ont su s’adapter pour offrir des conditions d’apprentissage adéquates aux étudiantes et aux étudiants, et ce, malgré les nombreux défis posés par la pandémie. En ce moment, nous nous attendons à de l’ouverture et à un dialogue constructif avec le gouvernement afin d’apporter les solutions nécessaires pour la pérennité du réseau collégial. Pour y arriver, les porte-parole patronaux doivent se présenter aux tables avec des mandats clairs qui nous permettront d’avancer sur des questions telles que la précarité, notamment pour les chargé-es de cours à la formation continue, ou encore sur les enjeux touchant les techniques lourdes de la santé, les coordinations de département ainsi que les étudiantes et les étudiants en situation de handicap (EESH). » – Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQ–CSN

« C’est aberrant de constater que les représentantes et les représentants patronaux à notre table de négociation n’ont toujours pas de mandat pour discuter sérieusement des enjeux qui nous tiennent à cœur dans le réseau de la santé et des services sociaux et qui nous permettraient de donner des services de qualité. Cette négociation doit permettre la mise en œuvre de solutions pour mettre fin à la surcharge de travail, pour assurer un niveau adéquat de personnel en tout temps, pour retenir l’expertise tout en attirant la relève, pour renforcer la prévention en santé et sécurité du travail ou encore pour favoriser la conciliation famille-travail. L’heure est aux solutions, maintenant! »  – Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN

 « La nouvelle tentative du gouvernement de régler les négociations du secteur public est une démonstration supplémentaire de son manque flagrant d’écoute et de considérations pour ce que vivent les professionnel-les ainsi que les techniciennes et les techniciens, autant dans le réseau de la santé que dans les organismes gouvernementaux. Des journées entières de discussions consacrées à la mise en œuvre de solutions pour contrer la surcharge de travail ne se reflètent pas du tout dans cette nouvelle offre. De plus, on y trouve trop peu de ressources supplémentaires pour régler les difficultés d’attraction et de rétention du personnel. C’est inacceptable. »  – Danny Roy, vice-président de la FP–CSN

La CSN réitère que son unique objectif actuellement est d’en arriver à une entente satisfaisante qui, en répondant aux besoins des travailleuses et des travailleurs des services publics, permette de remettre sur pied les réseaux qui s’écroulent. « Si l’inaction du gouvernement perdure, nous allons continuer à défendre les services publics pour tous les Québécois et les Québécoises et nous allons faire ce qu’il faut pour qu’ils s’améliorent réellement au bénéfice de toute la population. Par ailleurs, si cela doit passer par l’utilisation de l’ultime moyen de pression que nous avons à notre disposition, lequel est un droit constitutionnel, nous le ferons : nous exercerons la grève pour les services publics du Québec », conclut Caroline Senneville.

Quand le compétiteur lorgne tes contrats…

Depuis plusieurs mois, nous sommes dans une pandémie mondiale qui amène plusieurs restrictions. Comme la majorité des citoyennes et citoyens de ce monde, notre petite famille se plie à toutes les recommandations de la santé publique pour essayer d’enrayer cette maladie au plus vite, mais voilà que le destin nous joue un tour encore une fois! Mon conjoint va perdre l’emploi qu’il occupe depuis les 25 dernières années.

Les Industries Câbles d’Acier (Bridon & Bekaert group) fermeront définitivement leurs portes le 31 mai 2021, après plus de 140 ans d’activité! Cette usine qui appartenait au groupe Noranda, oui une entreprise québécoise, a été vendue à Bekaert en Belgique pour finalement devenir la propriété de Bridon & Bekaert Group en 2016. Soit dit en passant, Bridon était un féroce concurrent des Industries Câbles d’Acier.

Industries Câbles d’Acier détient le contrat avec l’armée américaine que Bridon convoite depuis des années, mais elle est incapable de l’obtenir en raison de la mauvaise qualité de ses câbles. Les câbles faits ici sont trois plus performants. Cela donne matière à se poser des questions.

La compagnie fait des profits chaque mois. Les employé-es peuvent faire des heures supplémentaires, sur une base volontaire, chaque fin de semaine. Ils ont même droit à un partage des profits tous les trois ou quatre mois, et ce, jusqu’à la fermeture de l’usine!

Mon conjoint doit recommencer à zéro. Une perte de six semaines de vacances (bientôt sept) par année, un salaire très compétitif, de bonnes assurances pour les médicaments, le dentiste, l’optométriste, et j’en passe, un bon régime de retraite. C’est une grande perte pour lui et pour les 145 employés-es de l’usine.

Laissez-moi vous raconter l’histoire de mon conjoint.

Son père a été embauché à l’usine en 1974. Il était opérateur A de la machine 70, il aimait vraiment son travail! Sans compter les fêtes de Noël avec dépouillement d’arbre de Noël, les tournois de golf et les BBQ l’été, un club social. Il a participé à chaque dépouillement d’arbre de Noël avec sa famille jusqu’à son abolition. Il a grandi en voyant son père travailler fort et en étant impressionné par les grosses machines qui tournaient à toute vitesse pour fabriquer les câbles d’acier. Comme si son destin était tracé d’avance, tout naturellement, il a été engagé à son tour comme opérateur B de la machine 70. Eh oui! son père lui a tout appris de cette machine. Père et fils travaillaient ensemble! Mon beau-père est tombé malade quelques années plus tard et fut malheureusement déclaré invalide. Son fils, mon conjoint, a pris le relais, il est l’opérateur A de cette machine depuis. Ses collègues aiment bien lui dire que son père lui a légué la machine 70, car malheureusement mon beau-père est décédé en 2016. Après 25 ans, plusieurs liens d’amitié se sont tissés entre mon conjoint et les gars de l’usine! Cette camaraderie, il va devoir la trouver ailleurs et ça lui fait franchement de la peine.

Plus de 140 ans d’histoire jetés aux oubliettes! Cependant, lui et ses collègues n’oublieront jamais.

J’en profite pour souhaiter à tous la meilleure des chances dans le futur. Je sais que cette lettre est une goutte dans l’océan, je l’écris pour honorer les employé-es de cette usine centenaire!

Solidairement,

Karine Giguère

 

Les mêmes offres toujours insuffisantes pour relever les services publics

« Avec cette contre-proposition salariale qui n’en est pas une, il est clair que nous avons été convié-es à une nouvelle opération de communication du gouvernement Legault; un désolant exercice de relations publiques de la CAQ sur le dos des travailleuses et des travailleurs, alors que ceux-ci se mobilisent partout à travers le Québec pour défendre les services publics. » C’est le message que livre la Confédération des syndicats nationaux (CSN) au sortir de sa rencontre avec le Conseil du trésor ce matin, à Québec.

La CSN se dit extrêmement déçue par la proposition qui leur a été déposée; une proposition collée sur celle qui avait été rejetée en mai 2020 par l’organisation syndicale qui représente plus de 160 000 travailleuses et travailleurs des services publics. Les paramètres salariaux restent identiques à la dernière offre, soit 1,75 % en 2020, 1,75 % en 2021 et 1,5 % en 2022. Les montants forfaitaires à la première et à la deuxième année sont, quant à eux, légèrement bonifiés. « Des mesures éphémères, ce n’est pas ça qui va attirer et retenir le personnel. On est loin du coup de barre nécessaire », lance Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Une autre nouveauté de ce dépôt quant aux paramètres salariaux est la mise en place, pour la durée de la convention collective, d’un mécanisme de protection du pouvoir d’achat qui permet d’ajouter au plus 1 %, si l’inflation dépasse 5 % sur la période de trois ans. « C’est quand même incroyable que le gouvernement veuille nous vendre ce mécanisme comme un gain significatif. On parle ici de garantir aux personnels des réseaux, celles et ceux qui prennent soin de nous au quotidien, qu’ils ne s’appauvriront pas en travaillant pour les Québécoises et les Québécois. Et même là, ce n’est pas une vraie garantie, puisque si l’inflation dépasse 6 % sur trois ans, ce sera l’appauvrissement. Et le gouvernement en ajoute une couche en liant le déclenchement de ce mécanisme à la croissance économique », ajoute Mme Senneville.

La CSN ayant obtenu, le 15 mars dernier, un mandat clair de planifier la grève des syndicats de tous les secteurs qu’elle représente, tant dans les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux que dans les organismes gouvernementaux, elle affirme que la nouvelle tentative du gouvernement de régler au rabais les conventions collectives du secteur public accélérera les démarches déjà entamées en ce sens. « En refusant encore une fois de prendre les moyens nécessaires pour relever les réseaux, le gouvernement Legault met en péril les services à la population. Nous ne pouvons accepter ça. Et s’il faut que nous utilisions l’ultime moyen de pression pour améliorer nos conditions de travail et ainsi défendre les services auxquels les Québécoises et les Québécois ont droit, nous le ferons », conclut Caroline Senneville.

Le gouvernement entendra-t-il enfin le cri d’alarme lancé par les travailleuses et les travailleurs des services publics?

Devant le mépris exprimé depuis trop longtemps par le gouvernement Legault, qui refuse toujours de donner le coup de barre nécessaire pour relever les services publics, la colère monte chez le personnel. Il y a un an aujourd’hui, les conventions collectives des 550 000 travailleuses et travailleurs des services à la population venaient à échéance. Le gouvernement disait alors vouloir s’entendre rapidement avec ses employé-es, mais 12 mois plus tard, force est de constater que ces paroles n’étaient que du vent. C’est pourquoi, ce matin, des milliers de travailleuses et de travailleurs, toutes organisations syndicales confondues (CSN, CSQ, FIQ, APTS, FTQ, FAE, SFPQ et SPGQ), manifestent leur ras-le-bol devant l’Assemblée nationale à Québec et devant le bureau du premier ministre à Montréal.

Tout au long de la journée, malgré leur surcharge de travail constante et leur épuisement, ces centaines de milliers de femmes et d’hommes qui se dévouent sans relâche pour la population feront du bruit partout à travers le Québec afin de sonner l’alarme sur les situations intenables vécues sur le terrain actuellement et dénoncer l’inaction du gouvernement face à ces situations.

Pour les leaders syndicaux présents à Québec (Jacques Létourneau, CSN; Sonia Ethier, CSQ; Nancy Bédard, FIQ; Andrée Poirier, APTS; Daniel Boyer, FTQ; Sylvain Mallette, FAE; Christian Daigle, SFPQ et Line Lamarre, SPGQ), il est impératif que le gouvernement agisse maintenant.

« La situation catastrophique dans les réseaux, dans la fonction publique et dans les organisations parapubliques ne date pas d’hier. Ce sont des décennies de réformes centralisatrices, de compressions et d’austérité qui ont démoli les services publics. Il est aujourd’hui on ne peut plus clair que ce n’est pas la voie à suivre. Avant d’utiliser la fameuse cassette du « On n’a plus d’argent, les coffres sont vides », le gouvernement Legault doit se poser la vraie question « A-t-on les moyens de se priver des services publics? » La dernière année est venue nous confirmer, hors de tout doute, que la réponse est non », affirment les leaders syndicaux d’une seule voix.

Les organisations revendiquent des améliorations immédiates et significatives aux conditions de travail et de pratique et aux salaires du personnel de l’État pour freiner les départs qui se comptent par milliers depuis le début de la pandémie et réussir à recruter de nouvelles personnes pour venir rapidement prêter main-forte.

« Le gouvernement l’a dit lui-même par la bouche de son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, pour justifier l’augmentation de 127 % accordée au PDG d’Investissement Québec : « Si on veut avoir des outils à la mesure de nos ambitions, il faut rémunérer les gens en conséquence ». Cette affirmation est fort juste et elle doit aussi s’appliquer aux travailleuses et aux travailleurs qui, au quotidien, prennent soin de nous, de nos parents, de nos enfants, de nos proches », notent les porte-parole syndicaux, tout en ajoutant que chaque jour qui passe sans action directe du gouvernement pour ajouter des ressources humaines et financières en santé et services sociaux, en éducation, dans la fonction publique et dans les organismes gouvernementaux aggrave les problèmes d’attraction et de rétention du personnel et entraîne des conséquences importantes sur les services à la population.

Les travailleuses et les travailleurs veulent maintenant des réponses à leurs questions : après deux ans et demi au pouvoir, qu’attend le gouvernement pour faire ce qu’il faut et investir les sommes nécessaires pour relever les services publics? Quand entend-il donner des mandats à ses représentants aux tables de négociation pour parvenir à des ententes satisfaisantes pour toutes et tous, des ententes à la hauteur des besoins qui changeront le visage des services publics, tant pour celles et ceux qui y travaillent que pour l’ensemble du Québec?

Si le gouvernement refuse toujours de répondre adéquatement à ces questions, les organisations syndicales déploieront des actions de mobilisation plus musclées sur le terrain au cours des prochaines semaines.

« Nous ne resterons pas les bras croisés, alors que les services à la population sont en péril. Nous nous mobiliserons pour le bien-être de toutes les Québécoises et de tous les Québécois », de conclure les leaders syndicaux.

Marlène Paul ou le militantisme syndical pour créer des ponts sur les réalités autochtones

Innue par son père, Marlène est née il y a soixante-trois ans à Mashteuiatsh, la seule communauté autochtone au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elle enseigne à l’école secondaire Kassinu Mamu de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan, à Mashteuiatsh. Elle a œuvré à syndiquer le personnel enseignant de son école en 2014 et est maintenant présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Mashteuiatsh—CSN.

« Étant à moitié innue, j’ai les pieds dans deux cultures. Cela a fait en sorte que souvent, pour les Autochtones, je ne suis pas vraiment autochtone. Et pour les Blancs, c’est pareil, je ne suis pas vraiment comme eux, mon nom de famille est associé aux Innus. Cette tension a parfois été difficile, surtout plus jeune », commence Marlène.

Les pensionnats autochtones, on a l’impression que c’est bien loin, mais Marlène les a connus. La pratique de séparer les enfants autochtones de leur famille en les plaçant dans ces pensionnats a été adoptée par le gouvernement fédéral et le clergé pour « tuer l’indien dans l’enfant ». Ces pensionnats ont existé dans toutes les provinces canadiennes, des années 1880 jusqu’aux années 1990, le dernier ayant fermé ses portes seulement en 1996, en Saskatchewan.

« Lorsque j’étais enfant, il y avait un pensionnat directement dans la communauté, qui s’appelait Pointe-Bleue à cette époque. À l’âge de seulement six ans, on m’a arrachée à ma famille pour m’y envoyer. J’y suis demeurée quatre ans. Pendant tout ce temps, je n’ai pas revu mes parents, mes frères, mes sœurs. Ce fut… marquant », dit-elle simplement.

Après le pensionnat, Marlène fréquente l’école secondaire hors de sa communauté. « Lors de la séparation de mes parents, j’ai ensuite quitté Mashteuiatsh. J’ai étudié en génie mécanique, mais n’ai pas trouvé d’emploi. Je suis donc retournée à l’université en enseignement des mathématiques et des sciences. J’ai enseigné dans plusieurs écoles, partout au Québec, dans des communautés autochtones ou non. Je connais donc bien les différents enjeux touchant les Autochtones en éducation », continue-t-elle.

De retour à Mashteuiatsh depuis plusieurs années, Marlène est d’avis que les perceptions et les préjugés à l’endroit des Autochtones diminuent un peu. « Mais c’est un travail très lent. Ce n’est pas évident d’aller à la rencontre de l’Autre. La méfiance est très présente, de part et d’autre. C’est en créant des espaces d’échange et de dialogue que les barrières pourront tomber, j’en suis persuadée », observe Marlène.

« Les allochtones ont beaucoup de préjugés envers nous. On leur a rentré dans la tête que nous avons des privilèges, notamment au niveau de la chasse et de la pêche. C’est très tendu, ici, sur ces questions, ainsi que sur la question des terres qui appartiennent à la communauté. Ça crée des conflits entre les gens, on entend des propos racistes de la part de citoyennes et citoyens à la radio… Ce n’est pas facile », poursuit-elle.

Marlène croit que l’éducation est une clé importante pour faire tomber ces préjugés et ces méconnaissances, qui engendrent du racisme à l’endroit des membres des Premières Nations. « Les Innus de Mashteuiatsh sont de façon générale plus pauvres et plus malades que les gens de la région. Pourquoi ? Entre autres parce que le système colonial canadien nous maintient encore aujourd’hui dans une posture de mineur vis-à-vis Ottawa. Est-ce que les gens savent qu’on ne peut pas se prendre une hypothèque et que nous ne pouvons pas être propriétaires de nos maisons dans les communautés ? Que le gouvernement fédéral est encore notre “tuteur légal ?” Il commence à y avoir un certain éveil sur ces questions et des politiques timides de réconciliation voient le jour, mais il faut voir cela sur le long terme », souligne-t-elle.

Résolument engagée pour créer des espaces de dialogue partout où elle peut, Marlène a été nommée en 2019 au Conseil supérieur de l’éducation, qui conseille le ou la ministre de l’Éducation. Active au sein de la FNEEQ depuis 2014, elle voit aussi le militantisme syndical comme une occasion de créer des ponts et d’éduquer les gens sur les réalités autochtones. « Il faut parler, parler, parler, pour finir par se comprendre. Il ne faut pas se décourager, ça évolue », termine-t-elle en souriant.

 

 

 

 

Les négociateurs du gouvernement Legault ne pourront pas empêcher les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux de manifester bruyamment

Le Tribunal administratif du travail a tranché : le gouvernement Legault ne pourra pas empêcher les travailleuses et les travailleurs de participer massivement à des actions de mobilisation qui se tiendront, partout au Québec, ce mercredi 31 mars. Rappelons que le gouvernement Legault, par l’entremise du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS), a demandé dimanche matin l’intervention du Tribunal administratif du travail (TAT) pour interdire ces moyens de visibilité dans le réseau de la santé et des services sociaux.

fCette journée d’actions, déployée par l’ensemble des organisations syndicales du secteur public sous le thème « On sonne l’alarme », vise à souligner la situation critique qui prévaut dans les services publics, notamment dans le réseau de la santé et des services sociaux, alors que le personnel est sans convention collective depuis un an.

Les huit grandes organisations syndicales de la santé et des services sociaux visées par cette demande d’intervention maintiennent les actions prévues, tout en s’assurant que les balises édictées par le TAT seront intégralement respectées.

« Nous n’avons jamais eu l’intention de perturber les services ni de nuire aux usagères et aux usagers de quelque façon que ce soit, ont réagi les leaders syndicaux. La demande d’intervention de la partie patronale visait à nous faire taire, bien plus qu’à assurer qu’il n’y aurait aucun préjudice à l’égard des personnes dont nous prenons soin chaque jour. En ce sens, le TAT rappelle la partie patronale à l’ordre. Nous accueillons favorablement cette décision du TAT. Et nous avons un message très clair envers le gouvernement :  l’heure est à la négociation véritable avec les syndicats. C’est la seule vraie solution qui permettra de répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs sur le terrain, tout en améliorant nos services publics ».

Les organisations syndicales en question sont l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS); la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ); la Fédération des professionnèles (FP-CSN); la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN); la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ); le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ); le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ); le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ).

Le STT du cimetière Notre-Dame-des-Neige se dote d’une banque de dix jours de grève

Réunis en assemblée générale virtuelle vendredi soir dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN (STTCNDDN) ont accepté à 96 % le recours à une banque de dix jours de grève à l’issue d’un vote électronique tenu à scrutin secret.

« Nous sommes sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2018 et en négociation depuis le mois de novembre 2019. Le 17 mars dernier, alors que nous sortions tout juste d’une journée de négociation durant laquelle le sujet n’a jamais été abordé, l’employeur nous a annoncé l’abolition de 26 postes de travailleurs saisonniers, soit près de la moitié de l’effectif couvert par le plancher d’emploi de 31 semaines prévu à notre convention collective, de dénoncer Patrick Chartrand, vice-président du STTCNDDN. À cette même période l’an dernier, la soixantaine de salarié-es saisonniers, qui devaient revenir à la fin du mois de mars 2020, n’ont finalement été rappelés qu’au début du mois de juillet 2020, ce qui leur a imposé des pertes de revenus importantes. Pourtant reconnus en tant que travailleurs prioritaires, leurs salaires étaient assumés à 50 % par des subventions salariales du gouvernement. Nous vivons constamment des manques de respect et de cohérence au travail et nos membres nous ont donné un mandat clair. »

« Même si la haute direction invoque toujours des problèmes financiers pour justifier ses demandes de reculs et ses abolitions de postes, l’employeur a refusé à deux reprises de nous ouvrir ses livres comptables pour que nous puissions enfin constater sa situation financière. À ce manque de transparence s’ajoutent plusieurs épisodes d’intimidation de l’employeur envers les membres du syndicat qui ont simplement exercé des moyens de pression tout à fait légaux dans le cadre de leur négociation. Encore une fois, nous y voyons des tentatives visant à briser la combativité d’un syndicat qui ne se laissera assurément pas faire », de déclarer Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

« Rappelons qu’en 2007, les membres du STTCNDDN ont fièrement lutté contre leur employeur lors d’un long lock-out qui a duré 17 semaines. Et ils sont sortis de ce difficile conflit la tête haute en ayant obtenu la majorité de leurs demandes légitimes. Alors que ces salarié-es mettent tout en œuvre dans leur travail pour offrir un service respectueux aux familles endeuillées, elles et ils doivent à nouveau lutter pour que leur employeur entende raison. Or, nous serons encore là, bien aux côtés du syndicat, afin que celui-ci obtienne le respect auquel il a droit », de conclure Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN.

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN rassemble 125 membres.

Un baume sur les plaies causées par les pertes d’emplois

Le syndicat représentant les préleveurs de semences de taureau de l’Alliance Semex — une copropriété du Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ) — est parvenu à s’entendre sur les modalités d’une nouvelle convention collective qui sera en vigueur du 31 mars prochain jusqu’à la fermeture du centre, le 31 août prochain.

« Nous sommes satisfaits des termes de l’entente. Nos membres étaient déterminés et mobilisés et c’est ce qui nous a permis de nous entendre rapidement, sans avoir à mettre en pratique notre mandat de moyens de pression, a expliqué Carol Tétreault, président du Syndicat des travailleurs du C.I.A.Q.– CSN. Évidemment, nous aurions souhaité que cette négociation se déroule dans un tout autre contexte, mais nous considérons être allés chercher le maximum pour nos membres étant donné les circonstances. »

Acceptée à l’unanimité par les membres réunis en assemblé générale jeudi soir, cette nouvelle convention collective comprend un boni à la signature de 2 725 $ et une augmentation salariale de 0,75 $ de l’heure, en plus du programme de primes déjà offert par l’employeur pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs qui continueront à travailler jusqu’à la fermeture de l’établissement.

« Nous demeurons amèrement déçus que Semex ait décidé de cesser ses opérations à Sainte-Madeleine, a réitéré la présidente du Conseil central de la Montérégie (CCM–CSN), Annette Herbeuval. Par contre, une fois que nous nous sommes aperçus que la décision était irréversible, c’était important pour nous d’aller chercher le maximum pour ces salarié-es qui se retrouveront sans emploi dans les prochains mois. »

« La CSN et la Fédération du commerce (FC–CSN) n’ont ménagé aucun effort pour soutenir les travailleuses et les travailleurs durant cette période difficile, a précisé le président de la FC–CSN, Alexandre Boileau Laviolette. Toute la gamme des services de la CSN a été mise à profit et ça nous a permis d’obtenir des gains considérables pour nos membres. »

Alexandre Ladouceur, l’un des témoins derrière les masques

Le CHSLD Lionel-Émond, situé à Gatineau, figure parmi les premiers centres d’hébergement de l’Outaouais à être aux prises avec une éclosion de COVID-19. De quatre cas confirmés, le nombre de bénéficiaires positifs grimpe à 19 en quelques jours.

À 29 ans, Alexandre Ladouceur semble rougir au bout de la ligne quand on lui demande si on peut le qualifier de « jeune homme fringant ». Ce préposé aux bénéficiaires admet néanmoins s’entraîner au gym cinq fois par semaine. Croyant que sa bonne santé le prémunirait de symptômes trop graves s’il attrapait la maladie, Alexandre s’était porté volontaire pour aller travailler en zone rouge, à l’aile du 4e étage où les usagers luttant contre la COVID-19 sont isolés. À temps plein, sur le quart de soir.

« J’ai commencé à avoir peur quand j’ai réalisé à quel point la maladie était aléatoire : des patients bien portants pouvaient mourir en l’espace de trois jours, alors que d’autres, bien plus faibles, étaient positifs, mais ne présentaient presque pas de symptômes », relate-t-il.

C’est en écoutant le premier ministre expliquer en conférence de presse que les masques de procédure protégeaient non pas la personne qui le porte, mais plutôt celle avec qui elle interagit, qu’Alexandre et ses collègues commencent à se poser des questions… Inquiets de la non-disponibilité des masques N95, certains commencent à apporter leur propre équipement de protection, qui un foulard, qui des lunettes de plongée…

Alexandre travaillera à temps complet pendant environ trois semaines avant de recevoir la confirmation le 27 avril, à son troisième test, qu’il avait été infecté.

« J’ai passé 19 jours seul dans mon appartement. J’appelais le 811 au moins une fois par jour, j’étais extrêmement faible, je crachais du sang… C’était rough. Et dur pour l’orgueil, aussi », reconnaît-il.

Peu de temps après avoir reçu un appel de la Santé publique lui indiquant qu’il était « guéri » (« je crachais encore du sang », fait-il remarquer), une gestionnaire du CHSLD le contacte pour lui proposer un retour au travail… en zone rouge. « Je ne veux pas mourir! », lui répond-il aussitôt. « Ce n’est pas de sa faute, à la pauvre dame, mais elle a reçu toute la frustration que j’avais accumulée. J’avais vraiment l’impression – et je l’ai encore! – d’avoir été trompé. Depuis le début, dans cette histoire, c’est comme si on renvoyait toute la responsabilité aux employé-es : lavez-vous les mains, faites attention, puis tout va bien aller, comme si c’était de notre responsabilité de ne pas tomber malade… »

Alexandre Ladouceur a été « profondément atteint » par le décès de deux collègues. L’un est décédé des suites de la maladie, l’autre s’est enlevé la vie après que sa mère se soit retrouvée aux soins intensifs après l’avoir lui-même contaminée.

« C’est d’une tristesse… Les deux étaient tout proches de la retraite, c’est désolant », laisse tomber Alexandre.

Pas de contamination par aérosols?
Tout au long de l’année 2020, l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) refusera de reconnaître la possibilité de contamination par aérosols – ces minuscules particules, plus petites que les gouttelettes – qui circulent dans l’air. Pour la santé publique, les masques N95 ne sont pas nécessaires. Pire, une ordonnance du Dr Horacio Arruda, émise en juin 2020, interdira tout usage des N95 dans le réseau à l’exception de cas bien précis, soit les interventions médicales générant des aérosols.

Malgré les nombreuses plaintes déposées par de nombreux syndicats du réseau de la santé et des services sociaux quant au manque de protection des travailleuses et des travailleurs, la CNESST refusera d’appliquer le principe de précaution, se collant sur les avis de l’INSPQ. Ce sont ces rapports d’intervention de la Commission des normes de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui seront contestés, et ce, dès le printemps 2020, devant le Tribunal administratif du travail (TAT).

Lorsque son délégué syndical, Simon Lacroix, le contacte pour tester son intérêt à venir témoigner devant le TAT afin de contester les avis de la CNESST, Alexandre y voit une occasion en or. « Je n’en veux pas aux gestionnaires avec qui je travaille, ils ont vraiment tout fait avec les moyens que nous avions. Mais les gens qui travaillent en zone rouge, ce sont des gens extrêmement courageux. Il me semble qu’on a une responsabilité de bien les protéger. Je ne sais pas combien ça coûte, un N95, mais la vie d’un travailleur, ça n’a pas de prix, ça je le sais. »

Dans sa décision, le juge qualifiera le témoignage d’Alexandre de « troublant ».

« J’ai expliqué au juge que de travailler comme préposé aux bénéficiaires, c’est dynamique : on bouge tout le temps. On voyait bien que la protection n’était pas suffisante. Quand il fait chaud, on sue, la visière glisse, le masque de procédure devient tout mouillé, il glisse aussi, on est proche du patient, on sent sa respiration sur notre visage… essaye de replacer ton masque quand tu es en train de changer une couche! »

Le juge Philippe Bouvier donnera raison aux prétentions syndicales : le risque de contamination par aérosols est réel, seul un appareil de protection respiratoire (de type N95 ou supérieur) peut en protéger les salarié-es, les employeurs n’ont pas assuré leur protection et la CNESST a failli à son devoir quant à l’application du principe de précaution. Il ordonne aux employeurs visés par la requête de rendre disponibles des masques N95 dès qu’un salarié, peu importe son titre d’emploi, se retrouve en présence d’un patient contaminé ou suspecté de l’être, soit en zone tiède et chaude, en plus d’offrir un test d’ajustement à tous les salarié-es qui doivent en porter.

C’est en pensant à ses collègues décédés et aux 30 000 travailleuses et travailleurs du réseau de la santé qui ont contracté la maladie qu’Alexandre a savouré la victoire en lisant la décision du juge Bouvier cette semaine. Une victoire qui laisse un goût amer, plus d’un an après le début de la pandémie, admet-il.

« Ça faisait tellement longtemps que je parlais de tous ces problèmes à mes proches, j’étais content de pouvoir enfin parler à quelqu’un en position d’autorité. Je ne suis pas un spécialiste, ni un médecin, ni un avocat, mais le juge a pris le temps de m’écouter. Attentivement. J’ai juste essayé de lui répondre au meilleur de mes connaissances. »

Et fort d’une expérience des plus traumatisantes, risquerions-nous d’ajouter.

 La semaine prochaine : blocages politiques, victoire juridique

 

 

Budget : Des investissements nettement insuffisants pour relever les services publics

Tôt ce matin, des travailleuses et des travailleurs des services publics, membres de la CSN, ont manifesté devant les bureaux du ministre des Finances, Éric Girard, à Montréal. Munis d’une grande bannière sur laquelle on pouvait lire « Les services publics s’écroulent. La CAQ doit agir! », les militantes et les militants présents en avaient long à dire sur le manque de courage politique du gouvernement pour régler la crise qui perdure dans les réseaux depuis des années.

« La situation est catastrophique dans les services publics. Le Québec tout entier en a pris conscience au cours de la dernière année. Comment le gouvernement peut-il toujours refuser de faire ce qu’il faut pour que la crise dans les réseaux se résorbe enfin? » a lancé Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Pour l’organisation syndicale, qui représente plus de 160 000 employé-es dans tous les secteurs des services publics, il est clair que les sommes prévues dans le budget du Québec pour financer les réseaux de la santé et des services sociaux et de l’éducation ne répondent pas aux besoins criants, qui vont bien au-delà la crise sanitaire. « À la question, a-t-on les moyens d’investir davantage, nous répondons a-t-on les moyens de ne pas le faire? C’est le manque d’investissement des dernières décennies qui nous a menés là où nous sommes, avec des services publics en piteux état. Les Québécoises et les Québécois méritent mieux », a ajouté Mme Senneville.

Les militantes et les militants de la CSN tenaient aussi à dénoncer l’hypocrisie du premier ministre et de son gouvernement qui portent un certain discours publiquement et un tout autre discours aux séances de négociation qui se tiennent depuis plus d’un an pour le renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs des services publics. « Devant les caméras, c’est toujours Merci, Merci, Vous êtes des héros, mais lorsque vient le temps de poser des gestes concrets pour améliorer significativement les conditions de travail et les salaires de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui prennent soin de la population du Québec, c’est silence radio aux tables de négociation. »

La vice-présidente de la CSN a tenu à conclure la manifestation par une mise en garde au gouvernement de la CAQ : « Nous luttons pour que les Québécoises et les Québécois aient accès à des services publics de qualité, des services auxquels ils ont droit. Les enjeux sont trop importants pour que nous baissions les bras. Nous n’avons pas dit notre dernier mot! »

Budget : le ministre des Finances entend en partie raison

La CSN constate que le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a finalement mis le dogmatisme de côté et entendu raison, en partie, quant au report de deux ans du retour à l’équilibre budgétaire. Cette flexibilité, souhaitée par la centrale syndicale, permettra au gouvernement d’éviter les coupes draconiennes dans les principales missions sociales de l’État.

« On ne peut nier les efforts consentis par le ministre des Finances quant à la croissance des dépenses de programmes, reconnaît le président de la CSN, Jacques Létourneau. Mais il reste tellement de manque à gagner pour rattraper les effets dévastateurs des années d’austérité que nous avons connues, il reste tant de besoins de la population auxquels nos réseaux publics sont incapables de répondre que nous sommes en droit de nous demander si les investissements seront suffisants. D’autant plus que l’on poursuivra les versements au Fonds des générations, même dans un contexte déficitaire. Juste pour l’année qui se termine, c’est une somme de trois milliards, dont nous aurions eu grandement besoin. C’est un non-sens complet que le gouvernement envisage de se priver de ce même montant pour l’année qui s’amorce. »

Haro en santé et en éducation
Pour la CSN, la croissance anticipée des dépenses en santé et en services sociaux ne permettra pas de mettre un frein à l’effritement de plusieurs missions fondamentales de l’État. « Lorsqu’on retire toutes les mesures devenues nécessaires strictement en raison de la pandémie, on constate une stagnation, voire une régression de certains budgets, notamment dans les services sociaux. Malheureusement, malgré les histoires d’horreur que nous entendons chaque jour, que ce soit en santé mentale, à la protection de la jeunesse ou encore dans les soins pour les aînés, dans les faits, le budget présenté aujourd’hui laisse entrevoir une réduction du panier de services. Et pas seulement en 2022 », souligne Jacques Létourneau.

Le gouvernement demeure muet quant au renouvellement des conventions collectives du secteur public, déplore la centrale syndicale. « On le sait et le gouvernement le sait aussi : le principal obstacle à la dispensation des services de santé et d’éducation, c’est le manque criant de main-d’œuvre dans nos réseaux publics, rappelle le président de la CSN. Et tout le monde le reconnaît, la principale raison de ce manque de main-d’œuvre, ce sont les mauvaises conditions de travail du secteur public, tant sur le plan des salaires que de la charge de travail. Or, le budget ne contient aucune indication laissant envisager le nécessaire coup de barre que nous attendions de la part du gouvernement. »

Des sommes nettement insuffisantes pour les femmes victimes de violence
La CSN déplore vivement les sommes faméliques réservées aux centres venant en aide aux femmes victimes de violence. « On compte déjà sept féminicides de trop cette année. Faute de moyens, les maisons d’hébergement doivent refuser 75 % des demandes qu’elles reçoivent. Et le ministre des Finances nous annonce aujourd’hui qu’il injectera… moins de cinq millions cette année. Quel est l’objectif du gouvernement, d’abaisser à 71 ou 72 % le nombre de demandes refusées ? »

La centrale syndicale aurait également souhaité des mesures beaucoup plus costaudes pour favoriser la création de places en services de garde subventionnés. « Il y a plus de 50 000 enfants dont les parents sont en attente d’une place en CPE ou en milieu familial régi, rappelle Jacques Létourneau. Or, c’est moins de vingt millions qui seront alloués à la « stimulation » de la création de nouvelles places. Quand on sait à quel point les femmes ont été les premières victimes de la pandémie, qu’elles ont été deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir perdu leur emploi, il faut tout faire pour favoriser leur retour sur le marché du travail, notamment en consolidant nos services de garde. Malheureusement, l’occasion en ce sens est aujourd’hui ratée. »

La CSN réalise d’importantes avancées pour le droit de grève dans le réseau de la santé et des services sociaux

Le mardi 23 mars, le Tribunal administratif du travail (TAT) a rendu une décision importante qui modifie considérablement la manière dont les salarié-es pourraient dorénavant exercer la grève dans le réseau de la santé et des services sociaux. La Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente près de 110 000 travailleuses et travailleurs de ce réseau, accueille cette décision avec satisfaction, car elle permettra d’augmenter le rapport de force exercé par les salariés, s’ils devaient avoir recours à ce moyen ultime.

Par sa décision, la juge administrative Nancy St-Laurent concrétise les efforts déployés par la CSN depuis plus de cinq ans pour faire en sorte que les dispositions sur les services essentiels ne limitent pas indûment le droit de grève des salarié-es, un droit protégé par la Charte des droits et libertés de la personne. Selon ces nouveaux critères, une éventuelle grève dans le réseau de la santé permettrait aux salarié-es d’exercer un meilleur rapport de force afin d’améliorer leurs conditions de travail, tout en assurant la santé de la population et la sécurité publique.

« Pour les travailleuses et les travailleurs, c’est une victoire sans équivoque, se réjouit la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. On ramène un meilleur équilibre dans les relations de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. »

La décision concerne présentement deux unités d’accréditation du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et de services sociaux de l’Outaouais – CSN. La CSN ayant déjà déposé les mêmes listes pour la centaine d’autres unités d’accréditation affiliées à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) et à la Fédération des professionnèles (FPCSN), on peut s’attendre à ce que ces grands principes s’appliquent à tous les membres CSN du réseau.

Dans la décision de la juge St-Laurent, la CSN relève notamment deux avancées importantes.

Les cadres contribueront au maintien des services essentiels
Premièrement, la décision prévoit que le personnel-cadre qui était à l’emploi d’un établissement au début des négociations devra contribuer au maintien des services essentiels. Auparavant, cette responsabilité revenait exclusivement aux membres des syndicats, qui ne pouvaient compter sur le personnel-cadre pour contribuer au maintien des services essentiels.

Le niveau de services à maintenir en fonction des différentes réalités
Deuxièmement, le niveau de services à maintenir dans les différentes unités de travail a été établi à la suite d’un examen minutieux des enjeux réels en termes de santé et de sécurité publique. Auparavant, le niveau des services à maintenir était déterminé de façon uniforme par le Code du travail, en fonction de la mission d’un établissement, sans égard aux tâches réellement exercées au quotidien. Dorénavant, tout le personnel pourra exercer un temps de grève accru par rapport aux grèves précédentes. Seuls l’urgence et les soins intensifs verront leurs services maintenus entièrement. Dans toutes les autres unités de travail, les niveaux de services essentiels à maintenir varieront de 40 % à 90 %.

Enfin, en ce qui a trait à la pandémie actuelle, le TAT rappelle aux employeurs que, bien qu’ils puissent demander aux syndicats de fournir des effectifs supplémentaires pour répondre à la crise, ceci doit le moins possible porter atteinte au droit de grève des salarié-es.

« Les employeurs savent maintenant que s’ils laissent traîner les négociations en longueur, les salarié-es seront désormais en mesure d’exercer un rapport de force plus important », affirme Danny Roy, vice-président de la FPCSN. « On espère que cela amènera M. Legault à nous offrir plus que des mercis et du mépris et à enfin donner des mandats à ses négociateurs », ajoute Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSSCSN.

Une lutte de longue haleine
Cette décision du TAT découle d’une longue lutte menée par la CSN. En effet, en 2015, la CSN présentait un recours pour dénoncer les dispositions en vigueur sur les services essentiels, car elles enfreignaient le droit de grève des salarié-es, tout en maintenant que l’exercice de la grève ne devait jamais mettre en danger la santé et la sécurité de la population. C’est ainsi que le TAT déclarait, en 2017, « constitutionnellement inopérantes » les modalités prévues à l’article 111.10 du Code du travail. Le gouvernement a donc révisé le Code du travail et c’est la première fois que les nouvelles dispositions sont mises en application dans le réseau public de santé et de services sociaux.

Préparation de la grève
Cette décision arrive quelques jours après que la CSN ait annoncé que ses syndicats affiliés en santé et services sociaux, en éducation, dans les cégeps de même que dans les organismes gouvernementaux ont obtenu le mandat d’intensifier les moyens de pression et de planifier l’exercice de la grève, si nécessaire.

Adem Jasarevic : « La lutte contre le racisme est une tâche collective. La CSN fait partie de cette collectivité et moi aussi ».

Élu au Comité des relations interculturelles de la CSN par les délégué-es réunis lors du dernier conseil confédéral, Adem Jasarevic connaît bien le racisme et cela explique sûrement sa détermination à le combattre, en rassemblant le plus de gens possible autour de cette lutte nécessaire.

Adem est arrivé au Québec à l’âge de trois ans en tant que réfugié avec ses deux sœurs et ses parents. « En 1992, être musulman en Bosnie-Herzégovine signifiait persécution, violences et mort potentielle. Cette réalité n’est hélas pas complètement disparue aujourd’hui dans cette région du monde pour des gens comme moi. À l’époque, mes parents ont donc choisi de quitter leur maison, leur pays, leur famille, leur travail pour notre sécurité. La haine et la discrimination, j’ai donc connu cela très tôt », commence-t-il sans détour.

Le choix de quitter son pays pour sauver sa peau est une décision comme on en prend peu dans une vie. Une fois cette décision prise s’entame le chemin semé d’embûches pour trouver un nouveau port d’attache, en espérant qu’il sera accueillant.

« Avant d’arriver au Québec, nous avons été entassés pendant deux ans dans un camp de réfugiés en Hongrie, en attendant d’obtenir le visa tant espéré pour le Canada. Je ne marchais même pas quand nous sommes arrivés en Hongrie. Et je ne commenterai pas les conditions de vie dans ce camp, mais vous vous doutez bien que c’était loin d’être le luxe », continue le syndicaliste.

Une fois arrivés au Québec débute une autre étape : celle de se fabriquer une autre vie dans une société qu’on ne connaît à peu près pas, tout en étant encore marqués par les blessures du passé. Mais peut-on vraiment en guérir complètement ?

« Les premières années, mes parents ont occupé tous les emplois possibles pour nous faire vivre, principalement dans des fermes et dans des usines non syndiquées. Les conditions de travail n’étaient pas roses. Mes parents ne parlaient pas bien la langue, ne comprenaient pas les codes culturels, ne voulaient pas faire de vagues, avaient peur de perdre leur visa. Comme dans le cas de plusieurs autres réfugié-es, des employeurs en ont donc profité. J’ai aussi travaillé dans des fermes avec mes parents, lorsque j’étais adolescent. J’ai donc vu tout cela d’assez près moi aussi. J’ai pu observer comment une bonne partie de ces emplois sont occupés par des gens qui se retrouvent dans des situations d’exploitation et qui gardent le silence par crainte de se faire expulser du pays. Ce scénario fait en sorte que les réfugié-es veulent être des premiers de classe. Mais bien souvent, on n’aime pas les premiers de classe, sans trop savoir pourquoi », poursuit-il.

Travaillant pour les Industries Lassonde depuis plusieurs années, Adem s’implique syndicalement depuis 2018. Il en est à son deuxième mandat comme vice-président aux griefs dans son syndicat local. Il est aussi délégué régional et membre du comité interculturel du Conseil central de la Montérégie depuis 2019. C’est lui qui a proposé l’adoption d’une proposition voulant qu’une campagne sur le racisme soit intégrée au plan d’action de la CSN lors du dernier congrès.

« Lutter contre le racisme est une tâche collective. Le contexte politique et social concernant ces questions est houleux et les débats acrimonieux. Des organisations comme la CSN doivent être visionnaires en développant des positions claires et affirmées contre le racisme et en se dotant de moyens conséquents pour faire vivre ces positions, notamment par de l’éducation syndicale. C’est pourquoi j’ai proposé cette campagne. Pour moi, il est primordial que la CSN en fasse une priorité dans les prochaines années et je compte bien mettre l’épaule à la roue. Car comme je le disais, la lutte contre le racisme, c’est une tâche collective, et je fais partie de cette collectivité », termine Adem.

Masque N95 : le Tribunal administratif du travail rappelle à l’ordre la CNESST

La Fédération de la Santé et des services sociaux affiliée à la CSN se réjouit de la décision rendue aujourd’hui par le Tribunal administratif du travail (TAT). Ce dernier donne raison aux organisations syndicales qui demandent aux employeurs du réseau de la santé et à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) de prendre au sérieux la protection des travailleurs et travailleuses.

À partir de maintenant, les employeurs du réseau de la santé devront fournir à l’ensemble du personnel intervenant en zone tiède ou en zone chaude auprès d’un résident suspecté ou atteint de la COVID-19 un appareil de protection respiratoire de type N95.

« Il s’agit d’un gain majeur ! Jusqu’à maintenant, les employeurs et la CNESST refusaient d’appliquer le principe de précaution et de fournir les équipements de protection appropriés aux salarié-es », souligne Judith Huot, Vice-Présidente de la FSSS-CSN.

Dans sa décision, le Tribunal rappelle également l’obligation pour les employeurs de dispenser un test d’ajustement à toutes les personnes devant porter un masque de type N95 et l’obligation de créer des zones chaudes et tièdes avec des équipes dédiées à chacune de ces zones.

« Le TAT nous donne raison sur l’importance d’appliquer le principe de précaution, depuis le début de la pandémie c’est ce que nous demandons. On ne peut pas prendre de raccourcis quand il s’agit de la santé et de la sécurité des personnes qui œuvrent au front » se réjouit Jeff Begley, Président de la FSSS-CSN

« Nous espérons maintenant que l’ensemble des employeurs du réseau de la santé prendront acte de la décision et que celle-ci s’appliquera rapidement partout au Québec », ajoute Judith Huot, Vice-Présidente de la FSSS-CSN.

La CSN occupe les bureaux du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Des militantes et des militants du secteur scolaire FEESP–CSN occupent aujourd’hui les bureaux du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour dénoncer les demandes patronales jugées inacceptables ainsi que la lenteur des négociations.

« Dans les dernières semaines, les membres nous ont donné le mandat d’intensifier les moyens de pression et de planifier la grève », mentionne Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN. « Non seulement les assemblées générales ont voté en faveur, mais les membres ont approuvé la proposition à 90 %. Ceux-ci ont appuyé ce mandat parce qu’ils en ont assez de l’attitude intransigeante du gouvernement et du manque de ressources pour effectuer adéquatement leur travail », mentionne-t-elle.

Pour de réelles négociations
Pour le secteur scolaire FEESP–CSN, qui représente plus de 35 000 employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation au Québec, il est nécessaire que la partie patronale dispose d’un mandat clair pour négocier.

« Cela fera un an le 31 mars que nos conventions collectives sont échues. Nous avons répondu présents lorsque le gouvernement a voulu intensifier le rythme des négociations, alors que la partie patronale n’avait pas la latitude pour procéder ainsi. Comme signataire de la convention collective, le ministre de l’Éducation ne peut pas se cacher derrière le reste du gouvernement pour justifier son inaction. Il doit prendre position maintenant! » souligne Mme Charland.

« La situation actuelle ne fait pas de sens pour nous. Le personnel de soutien scolaire est au front depuis le début de la crise sanitaire, notamment par la mise sur pied des services de garde d’urgence, et on ne semble pas prendre leur réalité au sérieux. Nous souhaitons aussi que le gouvernement se rende compte que ce n’est pas en suggérant des reculs dans les conditions de travail que le milieu scolaire, déjà lourdement touché par le manque de personnel, va pouvoir se relever de la crise, souligne Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie–CSN.

La CSN lance un avertissement à Viandes du Breton

Lors d’une conférence de presse tenue devant l’usine de Viandes du Breton, des représentants de la CSN ont lancé un avertissement à la direction de l’entreprise, en prévision de la prochaine ronde de négociation. Nancy Legendre, présidente du CCBSL–CSN, David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN et Alexandre Boileau-Laviolette, président de la FC–CSN étaient sur place pour appuyer les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Viandes du Breton. Ces derniers viennent d’adopter dimanche dernier un projet de négociation pour améliorer leurs conditions de travail en 2021. Le syndicat s’était aussi doté d’un mandat de moyens de pression quelques jours auparavant.

Le projet de négociation, adopté à 99 %, prévoit des augmentations salariales, mais aussi une révision des clauses qui traitent des relations de travail, de la gestion des congés ainsi qu’un raffermissement de la protection de la santé et sécurité des salarié-es au travail.

Santé et sécurité
« La santé et la sécurité des travailleurs dans l’usine sont constamment mises à risque. La direction leur demande de travailler avec des porcs de plus en plus lourds, gelés et raides, sans réviser les cadences à la baisse », a dénoncé le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr. « Tout ça pour faire plus de profits. C’est lamentable ». L’insouciance de Viandes du Breton face à cet enjeu a d’ailleurs provoqué une éclosion de COVID-19 il y a quelques semaines dans la région. « Encore là, c’était pour éviter que leurs profits ne baissent, au détriment de la santé des gens d’ici. La CSN ne les laissera pas faire; quand nos membres prennent la peine de débattre en assemblée et se dotent de mandats clairs à propos de moyens de pression ou de négociation, la CSN est au rendez-vous. Tous nos services sont mis à contribution pour appuyer techniquement et financièrement les travailleurs dans leur lutte pour le respect. »

Relations de travail difficiles
« On dirait que cet employeur a plus à cœur le bien-être de ses cochons que celui de ses employé-es », a lancé pour sa part Nancy Legendre, résumant ainsi l’attitude de Viandes du Breton. Depuis des mois, la direction de Viandes du Breton a annulé plusieurs comités de relations de travail et comités de griefs. « Ça n’augure rien de bon pour les négos. Viandes du Breton va devoir se rendre disponible afin de discuter convenablement » a-t-elle précisé. « Il s’agit d’un employeur important de la région et s’il veut maintenir une image respectable, il va devoir écouter et considérer ses travailleuses et ses travailleurs », a ajouté Nancy Legendre.

Expertise
« Il semble que la tendance de Viandes du Breton à être arrogant ne date pas d’hier… Il y a quelques années, nous avions dû intervenir pour permettre aux employé-es d’avoir assez de temps pour aller aux toilettes. Un autre cas flagrant de manque de respect » a expliqué de son côté Alexandre Boileau-Laviolette, président de la FC–CSN. La fédération, qui représente des milliers de travailleuses et de travailleurs dans la transformation des viandes, entend mettre à profit son expertise lors de la prochaine négociation. « Au cours des dernières années, nous avons négocié parmi les meilleures conventions au Québec dans ce secteur. Les conditions de travail chez Viandes du Breton doivent être au diapason de ce que l’on retrouve dans nos autres entreprises. Viandes du Breton ne fera pas exception », a conclu Alexandre Boileau-Laviolette.

La Fabrique Notre-Dame : un employeur pas très catholique

Un an après le début de la pandémie de COVID-19, les membres de trois syndicats affiliés à la CSN se sont donné rendez-vous devant la mythique basilique Notre-Dame de Montréal pour un rassemblement solidaire afin d’exposer la difficile réalité vécue au sein de leurs milieux de travail respectifs.

« En plus d’avoir un lien d’emploi avec la Fabrique Notre-Dame, nos trois unités syndicales partagent plusieurs points en commun. En échangeant entre nous, nous avons constaté que l’employeur a profité de la pandémie pour abolir des postes pourtant essentiels à son bon fonctionnement, de souligner Hélène Godin, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Fabrique Notre-Dame–CSN. Récemment, la Fabrique a étalé ses problèmes financiers sur la place publique. Alors qu’elle déclare s’endetter depuis 12 ans, elle se paie à grands frais des avocats et des experts en ressources humaines, coupe des postes qui lui assureraient des revenus substantiels, tout en claironnant ne pas avoir d’argent pour ses salarié-es ».

Un employeur qui mine sa propre mission

« Dès le 13 mars 2020, nous avons été mis à pied et depuis ce temps, nous demeurons dans l’obscurité totale quant à notre avenir. En novembre dernier, nous avons appris l’abolition de 70 % de nos postes alors que la réouverture éventuelle de la basilique ne fait aucun doute. L’employeur se comporte de manière cavalière, nous ignore complètement alors qu’à plusieurs reprises, nous avons proposé des solutions concrètes et constructives pour la réouverture de ce joyau montréalais », de déplorer madame Godin.

« Pour notre part, nous sommes sans contrat de travail depuis décembre 2018 et en négociation depuis le mois de novembre 2019. Depuis le début de la pandémie, nous avons vécu de l’intimidation et malgré un plancher d’emploi inscrit dans notre convention collective, l’employeur n’a pas rappelé les salarié-es saisonniers à la fin du mois de mars 2020. Ils ont finalement été rappelés au début du mois de juillet alors qu’ils avaient été reconnus en tant que travailleurs prioritaires et que leurs salaires étaient payés à 50 % par le gouvernement, de préciser Patrick Chartrand, vice-président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN. Contre toute logique, l’employeur gardait les accès du cimetière fermés, ce qui a attisé la colère de tous les gens qui voulaient se recueillir sur les tombes de leurs proches ».

« Pour tous les membres rassemblés ici, il y a comme un nuage gris au-dessus de nos têtes qui plombe notre environnement de travail. Dans les bureaux, l’employeur a profité de la pandémie pour abolir six postes de conseillers en préarrangements funéraires, et ce, au plus mauvais moment qu’il aurait pu choisir. Alors que la COVID nous rend déjà la tâche difficile, notre propre employeur déstabilise notre milieu de travail, ce qui compromet notre capacité à soutenir les familles endeuillées dans cette étape importante de leur processus de deuil. Nous y voyons tout simplement une tentative d’affaiblir nos unités syndicales », de conclure Éric Dufault, président du Syndicat des employées et employés de bureau du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Fabrique Notre-Dame–CSN compte 30 membres; le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN rassemble 125 membres et le Syndicat des employées et employés de bureau du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN en compte 19.

Projet de loi 59 : un sérieux coup de barre est nécessaire

La santé et la sécurité du travail devraient être une priorité pour toute société moderne. C’est avant tout une question de dignité humaine : personne ne devrait perdre sa vie à la gagner ni y laisser une partie de sa santé physique ou mentale. De la même manière, une victime de lésion professionnelle doit pouvoir facilement accéder aux droits et protections qui lui sont dévolus afin de réparer ces lésions et leurs conséquences, en respect du contrat social d’abandonner son droit de poursuite judiciaire.

C’est avec impatience que nous attendions le dépôt du projet de loi 59, Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail. Malgré son titre, nous constatons malheureusement que ce projet de loi représente plutôt, à plusieurs égards, un recul qui ne répond pas aux besoins du Québec.

Pour les travailleurs et travailleuses qui ont malheureusement subi une lésion professionnelle, les impacts du projet de loi seront dévastateurs. Afin d’octroyer des économies à court terme pour les employeurs, des milliers de travailleurs et de travailleuses vont se retrouver injustement traités, sans revenu et sans réadaptation, condamnés à vivre aux frais de la société civile, avec des coûts humains énormes.

L’introduction de plusieurs critères limitatifs et de nouveaux règlements réduisent la possibilité pour les victimes de faire reconnaître leur lésion professionnelle et de recevoir une réadaptation adéquate. Alors que les tribunaux ont pu maintenir une indépendance envers les positions de la CNESST, le projet de loi 59 vient sabrer cette saine distance, restreindre grandement l’acceptation des réclamations pour maladies professionnelles et limiter les traitements et les médicaments auxquels les victimes devraient avoir droit.

De plus, le projet de loi prévoit une diminution de la prépondérance de l’opinion du médecin traitant qui est inacceptable. Il est également inconcevable qu’on oblige des victimes à participer à des mesures de réadaptation, dont le retour au travail, sans leur consentement ni celui de leur médecin, et sans aucune possibilité de contester la décision de la CNESST. Il serait beaucoup plus opportun et bénéfique de développer la médecine du travail qui combine l’expertise médicale et la connaissance des contraintes des milieux de travail au Québec si l’on désirait améliorer le sort des travailleurs et travailleuses.

La science nous enseigne qu’une réelle prévention impliquant l’ensemble des acteurs d’un milieu de travail de manière paritaire diminue de façon draconienne le coût économique en plus de diminuer le nombre de lésions professionnelles. Nous comprenons mal pourquoi le gouvernement s’écarte de ce consensus scientifique. La distinction selon les secteurs d’activité économique et la diminution des mécanismes de prévention prévues dans le projet de loi ne permettront pas la prise en charge de la santé et la sécurité par les milieux de travail, en plus de maintenir la discrimination systémique dont les femmes sont victimes.

Il est aussi incompréhensible que le projet de loi propose de réduire les exigences en matière de prévention dans les secteurs déjà couverts par la loi actuelle et que l’on écarte l’expertise et la neutralité des médecins de Réseau de la santé publique en santé au travail pour laisser les employeurs désigner leur médecin. L’autonomie des médecins de la santé publique et les mécanismes actuels de prévention font partie du succès dans les milieux déjà couverts : pourquoi diminuer ce qui fonctionne?

Devant ces constats, nous demandons au gouvernement d’apporter d’importantes modifications au projet de loi 59 afin de garantir une prévention efficace pour tous et toutes de manière égale, d’assurer un accès facilité aux indemnités prévues à la loi actuelle et à la réadaptation ce qui permettra aux victimes de lésions professionnelles d’être traitées dignement et avec justice.

  • À bout de souffle…ça suffit
  • Aide aux Travailleurs Accidentés (ATA)
  • Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
  • Association des juristes progressistes (AJP)
  • Association des spécialistes en médecine préventive du Québec (ASMPQ)
  • Association des travailleurs et des travailleuses accidentés Joli-Mont
  • Association des travailleuses et travailleurs accidentés de l’Abitibi-Témiscamingue (ATTAAT)
  • Carrefour d’aide aux non-syndiqué-es (CANOS)
  • Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  • Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI)
  • Centre international de solidarité ouvrière (CISO)
  • Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses de la région des Appalaches
  • Comité des travailleurs et travailleuses accidentés de l’Estrie
  • Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)
  • Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International)
  • Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
  • International Association of Heat and Frost Insulators and Allied Workers
  • PINAY
  • Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ)
  • Réseau des avocates et avocats de l’UTTAM
  • Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
  • Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
  • Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM)
  • Marie Laberge, Mélanie Laroche, Yanick Noiseux, Louis Patry, Susan Stock, Guylaine Vallée, (Université de Montréal)
  • Marie-Eve Major (Université de Sherbrooke)
  • Katherine Lippel (Université d’Ottawa)
  • Stéphanie Bernstein, Diane Berthelette, Vanessa Blanchette-Luong, Céline Chatigny, Yolande Cohen, Rachel Cox, Martin Gallié, Dalia Gesualdi-Fecteau, Audrey Gonin, Norman King, Mélanie Lefrançois, Karen Messing, Stéphanie Pache, Johanne Saint-Charles, Angelo Soares, Sid Ahmed Soussi, Hélène Sultan-Taïeb, Nicole Vézina (Université du Québec à Montréal)
  • Marie-Pierre Boucher, Valérie Lederer, Romaine Malenfant, Jessica Riel (Université du Québec en Outaouais)
    Geneviève Baril-Gingras, Chantal Brisson, Maria De Koninck, Pierre Deshaies, Émilie Giguère, Jean-Noël Grenier, Margot Kaszap,
  • Denis Laliberté, Louise St-Arnaud, Michel Vézina, Yv Bonnier-Viger, Simon Viviers (Université Laval)
  • Anne Renée Gravel (Université TÉLUQ)
  • Marie-Eve Beauregard, médecin spécialiste en santé publique
  • Jean-Pierre Bergeron, médecin spécialiste en médecine du travail
  • Luc Bhérer, médecin spécialiste en médecine du travail
  • Fatiha Haouara, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
  • Marie-Claude Letellier, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
  • Emily Manthorp, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
  • Caroline Massicotte, médecin en santé publique et santé au travail
  • Bernard Pouliot, médecin conseil
  • Nabyla Titri, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
  • Alice Turcot, médecin spécialiste en médecine du travail

Alstom : un investissement qui bénéficie à l’ensemble du Québec

La CSN se réjouit de l’annonce du gouvernement du Québec d’un prêt de 56 millions $ pour la modernisation de l’usine d’Alstom à La Pocatière. Pour la centrale syndicale, cet investissement représente un bénéfice pour l’ensemble du Québec, tant sur le plan environnemental que sur celui du maintien et de la création d’emplois de qualité au Québec.

« Lorsque la construction des trains du REM a été envoyée en Inde, la Caisse de dépôt et placements du Québec (CDPQ) avait le beau jeu de dire que l’usine de La Pocatière n’avait pas la “technologie appropriée” pour répondre à la demande, rappelle le président de la CSN, Jacques Létourneau. Le précédent gouvernement avait ignoré nos nombreuses demandes visant à appuyer la modernisation de l’usine afin, justement, de pouvoir répondre aux nombreux projets de transport en commun à venir au Québec. »

Ainsi, la CSN estime qu’avec cet investissement, l’usine de La Pocatière, cédée par Bombardier à l’entreprise Alstom l’an dernier, sera en bien meilleure position pour répondre aux nombreux projets de transport prévus pour Montréal, Québec et leurs banlieues.

« Le gouvernement de François Legault pose un geste important aujourd’hui, souligne Jacques Létourneau. Maintenant, s’il veut être cohérent avec lui-même, il doit enclencher rapidement les mécanismes d’appels d’offres pour les projets de transport en commun tant attendus et, surtout, y inclure l’ensemble des dispositions permises par les accords de libre-échange afin de favoriser le maximum de retombées économiques au Québec. Les travailleuses et les travailleurs de l’usine de La Pocatière ont démontré toute la qualité de leur savoir-faire au fil des ans. Les commandes du métro Azur venant à échéance très prochainement, le Québec ne peut se permettre de risquer une perte d’expertise entraînée par un arrêt des activités de l’usine de La Pocatière, de l’autre usine québécoise d’Alstom à Sorel et de nombreux sous-traitants. »

La centrale syndicale demande également au gouvernement du Québec de rappeler à l’ordre la CDPQ afin de favoriser un maximum de contenu local dans ses projets.

« Le gouvernement ne peut se cacher derrière l’indépendance de la Caisse pour justifier que des contrats aussi importants soient envoyés en Inde, comme cela a été le cas pour la première phase du REM. Cette institution québécoise, largement constituée de l’épargne-retraite des salarié-es du secteur public, a une énorme responsabilité envers les Québécoises et les Québécois. Il tombe sous le sens que le gouvernement doit leur rappeler leurs obligations sociales envers la population du Québec.