Il faut stabiliser le personnel qui s’occupe de l’intégration des immigrantes et immigrants au Québec

Alors que la pénurie de main-d’œuvre va continuer encore longtemps – on estime à 1,4 million le nombre de postes vacants au Québec dans les dix prochaines années – il est crucial de mettre tous les éléments en place pour bien accueillir les personnes immigrantes et faire en sorte que leur intégration au Québec soit un succès. Or, la négociation de la convention collective de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui regroupe plus de 160 organismes spécialisés au Québec, achoppe en ce moment, notamment sur la question des salaires. Il faut régler une convention collective qui permettrait de stabiliser ce personnel essentiel. En effet, on y compte un taux de roulement de plus de 70 % en un an !

Près de 100 000 personnes qui immigrent en 2019

Le TCRI joue notamment un rôle important pour défendre les droits des nouveaux arrivants. Or, la croissance du nombre de personnes immigrantes qui ont un statut temporaire ou qui sont des demandeurs d’asile rend la défense des droits encore plus importante, étant donné le statut plus précaire de ces personnes. Entre 2016 et 2019, les résidents non permanents sont passés de 12 671 à 61 668.

En 2019, il y a eu 40 565 immigrantes et immigrants permanents, 23 300 personnes du Programme des travailleurs étrangers temporaires, 39 715 personnes dans le Programme de mobilité internationale et 56 550 étudiantes et étudiants internationaux. Selon les données du MIFI, ce sont donc quelque 160 000 nouvelles personnes qui sont arrivées sur le territoire du Québec en 2019.

« Il n’y a pas moins de personnes immigrantes, il y en a plus, mais leur statut est plus précaire. Il est tout autant important d’en prendre soin. Il faut absolument renforcer nos structures d’accueil et les stabiliser », précise Marie-Claire Rufagari, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la TCRI-CSN.

La TCRI a récemment mis sur pied un projet pour la lutte contre le racisme en emploi afin d’accompagner ses membres sur la mise en place de stratégies inclusives pour des communautés accueillantes au Québec. Les personnes qui immigrent ont également besoin d’apprendre le français, de trouver un logement, d’inscrire leurs enfants à l’école ou au CPE, de se retrouver dans les différents services publics, etc. Les défis sont importants et l’équipe de la TCRI doit être stabilisée pour soutenir ses organismes membres dans ce travail.

 

L’« amazonification » de la SAQ est commencée

Plusieurs conseillères et conseillers en succursales de la SAQ ont constaté que divers produits de niche ne pouvaient plus être commandés en magasin et que les clients devaient se tourner vers le service en ligne pour le faire.

« On refuse que les succursales deviennent seulement des distributeurs de produits de masse et que les consommateurs soient forcés de faire venir leurs alcools préférés de Montréal en utilisant le service en ligne », affirme Lisa Courtemanche, présidente du SEMB-SAQ-CSN. La SAQ nie vouloir se transformer en Amazon. Même s’il est certain qu’elle n’est pas antisyndicale comme Amazon, certains faits montrent que la priorité de la société d’État est de centraliser les ventes de milliers de produits en ligne et de les livrer à partir d’un seul entrepôt.

On note en effet l’existence de plans, estimés en ce moment à 48,5 M$, pour la construction du Centre automatisé de Montréal (CAM) qui sera doté d’une machine ultra sophistiquée visant à préparer les commandes dont on ne connaît pas encore le coût. Selon le syndicat, il y a un risque que les magasins deviennent de simples comptoirs pour faciliter les commandes en ligne. Par ailleurs, la présidente du syndicat fait valoir qu’il sera plus difficile pour les conseillers et les conseillères en succursale de bien connaître les produits si ceux-ci sont seulement disponibles en ligne. Les clients risquent de perdre du point de vue conseils.

Une pétition est d’ailleurs en ligne pour s’opposer à cette centralisation en cours de plusieurs produits.

Rentabilité et efficacité questionnée

Pour le moment, les commandes en ligne représentent environ 4 % des ventes de la SAQ (moins de 1 % avant la pandémie). Même si la SAQ atteint son objectif de tripler ses ventes en ligne, ce qui est loin d’être fait, ce type de transaction représenterait seulement 12 % des ventes. « On risque d’investir entre 50 M$ et 100 M$ pour un système qui ne fera peut-être pas progresser les ventes en ligne et les ventes totales de beaucoup. Est-ce vraiment la meilleure façon d’investir l’argent des Québécois ? », s’interroge Lisa Courtemanche en rappelant que 96 % des ventes se font en magasin et que ces ventes en personne sont en croissance. Si on force l’achat en ligne de plusieurs produits, cela ne veut pas dire que les ventes totales seraient plus grandes. Le bénéfice pour la SAQ ne serait pas nécessairement augmenté, seulement la proportion de ventes en ligne. Il est à noter que le dividende versé au gouvernement était en progression ces dernières années sans avoir besoin d’une immense machine distributrice à Montréal.

Il serait par ailleurs possible de continuer à faire des ventes en ligne en utilisant le réseau de succursales, en conservant des produits de niche partout au Québec et en livrant les commandes en quelques heures plutôt qu’en 24 h. L’idée du syndicat n’est pas de revenir au siècle passé et de cesser de vendre en ligne, mais plutôt de le faire autrement, en continuant d’offrir un service conseil de qualité dans toutes les succursales. « C’est sans compter que la centralisation de toutes les opérations dans un seul entrepôt est plus risquée en cas de panne, de feu, de travaux routiers importants ou d’autres contretemps », met en garde la présidente.

Les lock-outés d’Oldcastle arrachent des gains importants

Après plus d’une semaine passée à la rue, résultat d’un lock-out sauvage décrété après sept heures de grève, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Oldcastle Solutions Enclosure–CSN étaient à Brossard ce lundi pour se prononcer sur une entente de principe intervenue entre les parties. C’est donc dans une proportion de 70 % que les lock-outés présents à l’assemblée ont entériné l’entente, mettant ainsi fin au conflit perdurant depuis le 20 juin dernier.

Pour Serge Lachance, président du Syndicat, « il était impératif d’obtenir une forme de rattrapage, puisque nous étions les parents pauvres de la famille Oldcastle ainsi que des industries environnantes. Le travail est dur chez nous, ça nous prenait de la reconnaissance. Grâce à la mobilisation de tous, nous y sommes arrivés ! »

Dans le cadre de cette entente, les travailleurs ayant voté à 100 % en faveur de la grève générale illimitée suivant l’avis de Lock-out ont réalisé plusieurs gains et surtout, ont atteint leurs objectifs. Ne serait-ce que sur le plan salarial, le syndicat a obtenu des augmentations allant de 16,7 % à 18,7 % sur quatre ans, en plus de bonifier sensiblement les régimes d’assurance collective et de retraite.

Pour Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, « dans un contexte où les prix des produits de consommation explosent, les employeurs doivent comprendre qu’il ne peuvent continuer à offrir des augmentations appartenant à une autre époque tout en préservant leur marge de profit. Ça aura pris un peu plus de temps que souhaité à Oldcastle pour comprendre la nouvelle réalité, mais nous y sommes parvenus et c’est le résultat qui importe ».

Bravant la chaleur, le vent ou les pluies diluviennes dans la même semaine, les travailleurs fièrement syndiqués à la CSN n’ont jamais fléchi. Pour Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie–CSN, ce conflit s’avère un bel exemple de mobilisation fructueuse : « J’étais présente à leur assemblée et sur la ligne de piquetage et j’ai été impressionnée par la détermination de ce groupe dont plusieurs détiennent énormément d’ancienneté. De l’adversité, il y en a eu, mais elle n’est jamais venue à bout de leur unité et de leur solidarité. Espérons que ce succès inspirera les employeurs de la région à faire des offres raisonnables à leurs salarié-es plutôt que de les mettre en lock-out pour finalement se raviser et leur donner ce qu’ils demandaient. »

Les employé-es de la SQDC syndiqués à la CSN acceptent l’entente de principe

Une entente de principe est intervenue entre le Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN (SEESQDC–CSN) et leur employeur, le 23 juin. Les membres ont accepté cette entente lors des assemblées qui se sont tenues le 26 juin au soir, un peu partout au Québec.

« Nous sommes satisfaits de cette entente qui permet de faire une bonne partie du rattrapage entre notre convention collective et celle de nos camarades des magasins de la SAQ », affirme Maxime Nadeau, président du SEESQDC–CSN.

De fait, les employé-es qui commencent verront leur salaire augmenté de 34 % pendant les quatre ans de l’entente par rapport à la situation actuelle. Pour les employé-es en haut de l’échelle salariale en ce moment, le salaire passera de 19,92 $ l’heure à plus de 23 $ en fin de convention. L’ensemble des travailleuses et des travailleurs du SEESQDC–CSN bénéficiera donc d’une hausse salariale de 16 à 34 % sur quatre ans. Un autre gain majeur permettra maintenant d’atteindre le sommet de l’échelle salariale en trois ans et demi plutôt qu’en huit ans, comme c’était le cas dans l’ancienne convention collective !

Notons que le salaire à la fin de la période couverte par l’entente dépendra de l’augmentation des deux dernières années qui pourra varier en fonction de l’augmentation obtenue par le secteur public. Le salaire pourrait donc être un peu plus élevé si le secteur public obtient plus de 2 % d’augmentation pour ces deux années-là.

On note par ailleurs plusieurs améliorations sur le plan des horaires de travail, dont la garantie de deux heures de plus par semaine pour les employé-es à temps plein. La prime de chef d’équipe (10 % à 15 %) sera par ailleurs attribuée sur un plus grand nombre d’heures et de façon plus stable et prévisible.

 

Entente de principe pour les employé-es de la SQDC syndiqués à la CSN

Une entente de principe est intervenue entre le Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN et leur employeur en fin de journée le 23 juin. Celle-ci sera bientôt présentée aux membres qui se prononceront sur tout son contenu. Aucune entrevue ne sera accordée d’ici là.

À propos

Le Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN représente près de 200 syndiqué-es répartis dans une quinzaine de succursales. Fondée en 1947, la FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

SQDC : les syndiqué-es enfument le Conseil du trésor

Les membres du Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN ont profité d’une autre journée de grève ce mercredi 22 juin afin d’enfumer le Conseil du trésor à Québec. Provenant d’une quinzaine de succursales partout au Québec, les membres du syndicat exerçaient une autre journée d’une banque de cinq jours de grève adoptée le 5 juin dernier.

« Nous avons choisi cette journée pour enfumer le Conseil du trésor à Québec alors que nos négociations salariales demeurent dans un brouillard que nous désirons dissiper, et ce, dès que possible, de déclarer Maxime Nadeau, président du syndicat. Nos négociations piétinent toujours et encore sur la question des salaires et l’employeur tarde à déposer une offre salariale respectable pour nous toutes et tous. À quelques jours de la Fête nationale, nous avons déclenché à nouveau la grève aujourd’hui, durant une semaine où l’achalandage sera encore très élevé, à un autre moment donc où notre expertise est fortement sollicitée. »

« La structure salariale de la Société des alcools du Québec (SAQ) reconnaît l’expertise de ses travailleuses et de ses travailleurs, mais à la SQDC, qui est pourtant majoritairement détenue par la SAQ, ce n’est vraiment pas le cas, de déplorer Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services (FEESP–CSN). À la SQDC, le taux horaire à l’entrée est de 17,12 $ l’heure et il leur faut environ huit ans avant d’atteindre le 12e échelon, qui est fixé à 21,23 $ l’heure. Or, plusieurs départs ont récemment eu lieu à la SQDC, dont deux salarié-es sur sept à la succursale de Saint-Georges, la semaine dernière seulement. »

« Pour attirer et retenir des salarié-es dans une organisation, l’offre de bons salaires et de bonnes conditions de travail est décisive. Voilà pourquoi les membres du syndicat de la SDQC revendiquent toujours la parité salariale avec la SAQ, mon employeur depuis 21 ans déjà, de souligner Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN. Ces salarié-es effectuent sensiblement le même travail que nous et pourtant, une disparité de traitement de plus de 38 % subsiste toujours entre nous, et ce, dès le premier échelon salarial. Lorsqu’on sait que Catherine Dagenais, la PDG de la SAQ, touche un salaire annuel de 453 952 $, on se dit que celles et ceux qui sont à la source de cette richesse devraient recevoir leur juste part. »

« La SQDC est très rentable et sa capacité de payer de bons salaires se vérifie lorsque nous observons la tendance de la haute direction. Celle-ci touche des salaires annuels variant entre 161 000 $ et 305 000 $, ce dernier montant étant réservé à Jacques Farcy, président et chef de la direction de la SQDC. Conséquemment, le Conseil du trésor doit donc donner les mandats clairs à la SQDC dans les plus brefs délais pour en arriver à une entente satisfaisante pour les parties », conclut François Proulx-Duperré, secrétaire général du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN (CCQCA–CSN).

Le Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN représente près de 200 syndiqué-es répartis dans une quinzaine de succursales.

Une autre occasion ratée par le ministre Roberge

À quand une vraie reconnaissance pour toutes celles qui participent au développement de nos enfants en travaillant au quotidien, plusieurs heures par jour, auprès de ceux-ci? Nous sommes amèrement déçus du manque de considération du ministère de l’Éducation à l’égard des éducatrices et des techniciennes en services de garde en milieu scolaire », affirme Annie Charland, présidente du Secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

La fédération, qui représente le plus grand nombre d’employé-es de soutien dans les écoles du Québec, réagit ce matin à la publication officielle des modifications au Règlement sur les services de garde en milieu scolaire. Mme Charland rappelle que, dans le cadre des travaux menés par le ministère sur ce règlement, la FEESP–CSN a soumis un mémoire proposant plusieurs pistes d’action pour améliorer les services de garde en milieu scolaire. « Une fois de plus, on demande notre avis et on l’ignore ensuite. Bien que nous ayons réussi à obtenir que seuls les membres du personnel de garde soient pris en compte dans le calcul des ratios, lesdits ratios, eux, restent les mêmes. Ce sont des conditions de travail difficiles et, dans un contexte de pénurie de main d’œuvre, ça rend le recrutement presque impossible. »

La présidente du secteur scolaire reproche aussi au ministère de déposer son nouveau règlement si tardivement. « Plusieurs des modifications doivent être effectuées pour la rentrée. Ces délais irréalistes démontrent bien à quel point le ministre Roberge est déconnecté de la réalité des services de garde. Avec l’imminence de la période estivale, un très grand nombre de techniciennes et d’éducatrices seront mises à pied d’ici quelques jours; alors, qui travaillera à l’opérationnalisation de ces changements? Est-ce vous, monsieur le ministre? », ajoute Annie Charland.

Pour Frédéric Brun, 2e vice-président de la FEESP–CSN, il est plus que temps que le gouvernement reconnaisse le rôle primordial que jouent les dizaines de milliers d’éducatrices et de techniciennes en services de garde dans le réseau de l’Éducation. « Au plus fort de la pandémie, le personnel des services de garde en milieu scolaire a sauvé la mise pour bien des familles. Le ministère doit maintenant prendre conscience que c’est comme ça tous les jours. Par leur professionnalisme et leur présence sécurisante et stimulante auprès des enfants, et ce de la première à la dernière minute d’une journée d’école, les éducatrices et les techniciennes en services de garde sont un maillon essentiel au bon fonctionnement du réseau », conclut M. Brun.

Salaire d’entrée à plus 18 $ chez IKEA !

Les quelque 500 salarié-es d’IKEA de Montréal ont une nouvelle convention collective. Réunis en assemblée générale le 19 juin, les travailleuses et les travailleurs se sont prononcés en faveur de l’entente de principe dans une proportion de 80 %.

Le nouveau contrat de travail prévoit une amélioration notable des salaires chez IKEA Montréal en revoyant la structure salariale. Les personnes qui sont au sommet de l’échelle auront une augmentation de 5,5 % rétroactive au 1er janvier 2022 ainsi que des augmentations de 3 % en 2023 et en 2024. La révision de l’échelle salariale entraîne une revalorisation atteignant jusqu’à 36 % dans certains cas. Ainsi, le 1er janvier 2024, le salaire d’entrée s’établira à 18,50 $ l’heure. Avant la conclusion de cette entente, il était de 15,60 $ l’heure.

De plus, le syndicat a obtenu une garantie de 12 heures pour les salarié-es à temps partiel, des bonifications aux clauses de santé-sécurité, ainsi qu’une bonification du REER. Par ailleurs, le syndicat a contré la volonté d’IKEA d’élargir davantage le recours à la sous-traitance.

Les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’IKEA Montréal–CSN ont exercé deux journées de grève en mai. Ils s’étaient précédemment dotés d’une banque totalisant dix jours de grève. Ils se sont montrés solidaires et déterminés tout au long du processus de négociation.

Journée nationale des peuples autochtones

Célébrée le 21 juin, la Journée nationale des peuples autochtones vise à reconnaître et à honorer le patrimoine, les cultures et les précieuses contributions des Premières Nations, des Inuits et des Métis à la société québécoise et canadienne. La date du 21 juin coïncide avec le solstice d’été. Elle revêt un caractère symbolique important pour de nombreux peuples autochtones.

La CSN est fière de représenter les travailleuses et travailleurs du Syndicat du Musée de la nation huronne-wendat (CSN). Affilié à la Fédération nationale des communications et de la culture, ce syndicat représente près d’une vingtaine de membres parmi lesquels on compte des allochtones et des autochtones de différentes nations. Avec l’ouverture du Musée huron-wendat en 2008, le rêve de raconter l’histoire de la communauté est enfin devenu une réalité.

En ce jour le plus long de l’année, la CSN vous encourage à visiter l’établissement, car chaque nouvel apprentissage sur les personnes, les lieux et les expériences des peuples autochtones est un pas en avant sur le chemin de la réconciliation.

Les sages-femmes dénoncent le chantage de Sonia LeBel

Flanquée des représentantes et représentants du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec, Josyane Giroux, a dénoncé vendredi dernier le chantage exercé à la table de négociation par les mandataires de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.­­­­

Au cours d’une manifestation de supporteurs devant les bureaux montréalais de la ministre, Josyane Giroux a témoigné de « l’indignation » des sages-femmes à l’égard de cette stratégie patronale. Le gouvernement parlera d’argent, mais seulement à ses conditions.

Diviser pour régner
Lors d’une récente séance de négociation, un représentant patronal a ainsi indiqué que le gouvernement n’acceptera pas de discuter des conditions pécuniaires, tant et aussi longtemps que les sages-femmes ne renonceront pas à synchroniser leur négociation avec celle du secteur public et parapublic. Au lieu d’une entente de trois ans, le gouvernement veut ainsi imposer un contrat de cinq ans.

« Jamais un gouvernement n’oserait proposer une telle chose à un groupe de travailleurs majoritairement masculins, a-t-elle déclaré. Mais il le fait avec les sages-femmes. »

« Mais on ne va pas plier cette fois-ci, a-t-elle assuré. On ne va pas lâcher. Le nombre de sages-femmes diminue d’année en année. Le gouvernement doit nous offrir le nécessaire pour que l’on reste dans la profession et que l’on ait l’équité. On ne lâchera pas et l’on va être là durant les élections. »

Une forme de discrimination
Responsable du secteur de la santé et des services sociaux à la Fédération des professionnèles (FMCSN), Sébastien Collard, estime que « le gouvernement a décidé de ne pas accorder de hausses de salaire aux sages-femmes ». Pourquoi ? « Parce que ce sont des femmes. Or, le traitement différencié, c’est de la discrimination. Et ce n’est pas acceptable. »

« Les sages-femmes ont le droit de ne pas plier l’échine, ajoute-t-il. En mars dernier, l’Assemblée nationale a demandé à l’unanimité au gouvernement de négocier. Sonia Lebel et son gouvernement ne l’ont pas fait. La FPCSN va continuer d’être derrière les sages-femmes. On ne lâchera pas tant qu’il n’y aura pas une entente. »

Tout le monde sauf la CAQ
« Tout le monde à la CSN reconnaît l’importance des sages-femmes », a assuré de son côté Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMMCSN) qui regroupe 109 000 membres et 374 syndicats.

« Le gouvernement actuel manque de reconnaissance à l’égard des femmes, a-t-elle souligné. Ce n’est pourtant pas dans nos gènes de rester pauvres. Le gouvernement a une bien drôle vision du travail des femmes. »

« On va faire savoir au gouvernement ce que les sages-femmes méritent, a-t-elle promis. Elles méritent une pleine reconnaissance. Elles peuvent compter sur toutes les composantes de la CSN et du Conseil central du Montréal métropolitain bien sûr, pour briser le mur du sexisme qui s’érige devant la reconnaissance pleine et entière de leurs droits. »

Trois autres jours de négociations intensives entre les sages-femmes et le gouvernement sont prévus d’ici la Fête nationale.

SQDC : les syndiqué-es exercent une autre journée de grève

À la suite d’un vote d’une banque de cinq jours de grève adoptée le 5 juin dernier, les membres du Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN exercent à nouveau une journée de grève ce samedi 18 juin dans une quinzaine de succursales partout au Québec.

« Nous avons choisi cette journée pour que la direction de la SQDC comprenne toute l’importance du travail que nous effectuons tous les jours, de déclarer Maxime Nadeau, président du syndicat. Nos négociations piétinent toujours sur la question des salaires et l’employeur n’a toujours pas déposé d’offre salariale le moindrement décente. Nous avons donc déclenché à nouveau la grève aujourd’hui, durant une fin de semaine où l’achalandage est très élevé, à un moment donc où notre expertise est fortement sollicitée. Or, cette expertise, qui est pourtant reconnue chez nos collègues de la Société des alcools du Québec (SAQ), ne l’est pas à la SQDC actuellement. Notre taux horaire à l’entrée est de 17,12 $ l’heure et il nous faut environ huit ans avant d’atteindre le 12e échelon, qui est fixé à 21,23 $ l’heure. Voilà pourquoi nous revendiquons toujours la parité avec celles et ceux qui effectuent sensiblement le même travail que nous. Nous réclamons cette parité parce qu’une disparité de traitement de plus de 38 % existe entre nous, et ce, dès le premier échelon salarial. »

« Nous interpellons à nouveau l’employeur afin qu’il règle cette négociation, et ce, dès que possible. Le Conseil du trésor doit donner les mandats clairs à la SQDC dans les plus brefs délais pour en arriver à une entente satisfaisante pour les parties », souligne Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services (FEESP–CSN).

Le Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN représente près de 200 syndiqué-es répartis dans une quinzaine de succursales.

Le STTuBAnQ tient un BBQ de solidarité

En ce jeudi 16 juin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs uni-es de Bibliothèque et Archives nationales du Québec–CSN tiendront un BBQ de solidarité pour faire le point sur leur négociation.

« Nous sommes en négociation depuis octobre 2021 et notre convention collective est échue depuis mars 2020. Le 30 mai dernier, nous avons tenu une assemblée générale spéciale durant laquelle nous avons adopté un mandat de moyen de pression à l’unanimité, souligne Sylviane Cossette, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs uni-es de BAnQ–CSN. Nous en sommes à finaliser notre volet touchant aux clauses normatives et la question des clauses à incidences financières reste entière. Or, nos conditions générales d’emploi sont nettement inférieures à celles de nos collègues qui œuvrent dans les autres bibliothèques du Québec et, de ce fait, nous revendiquons un rehaussement salarial conséquent qui reconnaîtra enfin notre travail à sa juste valeur. »

« En plein contexte de rareté de main-d’œuvre, BAnQ doit continuer à demander au Conseil du trésor une enveloppe budgétaire qui favorisera l’attraction et la rétention de ses salarié-es », précise Linda Tavolaro, secrétaire générale de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). « Les demandes du syndicat sont fondées sur des comparatifs d’emplois similaires, elles sont légitimes et réalistes et nous interpellons Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, afin qu’elle donne des mandats clairs à la direction de BAnQ pour en arriver à une entente rapidement. »

« Plus de deux ans après l’échéance du contrat de travail, le syndicat arrive à une étape cruciale de sa négociation. Son objectif est clair : que BAnQ, leur employeur, reçoive enfin les mandats et les ressources lui permettant de négocier les clauses à incidences financières qui bonifieront conséquemment leurs salaires. La direction de BAnQ doit relancer dès maintenant le Conseil du trésor afin qu’il délie les cordons de la bourse et qu’il permette à la négociation de se conclure positivement pour les travailleuses et travailleurs », conclut Bertrand Guibord, secrétaire général du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs uni-es de BAnQ–CSN rassemble 450 salarié-es œuvrant dans 13 points de services. Ces derniers sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics de la CSN.

Le gouvernement doit prendre ses responsabilités

Aujourd’hui et demain, dans plusieurs régions du Québec, des conductrices et des conducteurs de véhicules scolaires manifesteront devant les bureaux de leur député-e afin de réclamer du gouvernement caquiste des investissements importants pour sauver le transport des élèves. « L’indexation de 8 % de l’enveloppe globale du transport scolaire proposée par le ministère de l’Éducation est nettement insuffisante puisqu’elle ne couvre même pas les augmentations nécessaires pour assurer un salaire décent aux conductrices et aux conducteurs d’autobus jaunes et de berlines », affirme Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Pour Mme Dubé, la solution est simple : « Ça prend une enveloppe budgétaire dédiée entièrement à nos salaires. Nous exerçons un vrai métier et il est plus que temps que l’on reçoive une rémunération qui reconnaisse nos compétences », affirme Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN. Rappelons que le salaire moyen de la profession est actuellement de 20 000 $ par année.

De nombreux transporteurs scolaires jugent aussi que la proposition du ministère est complètement inadéquate et, par conséquent, refusent de renouveler leurs contrats avec les centres de services scolaires. « Il est minuit moins une. Nous l’avons dit maintes et maintes fois et nous le répétons aujourd’hui : si les augmentations des montants pour le transport scolaire ne sont pas à la hauteur des besoins, il y aura d’importants bris de services à la rentrée et ce sera un vrai casse-tête pour les familles », ajoute Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN. Le Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN évalue qu’il manque actuellement 1500 conductrices et conducteurs pour assurer la couverture de toutes les régions du Québec. « La balle est dans le camp du gouvernement. Il doit maintenant prendre ses responsabilités », conclut Mme Gratton.

Aide juridique : sept jours de grève supplémentaires pour les régions de Montréal et Laval

Réunis en assemblée générale hier soir, les avocates et avocats de l’aide juridique de Montréal et de Laval ont adopté à l’unanimité un nouveau mandat de sept jours de grève. Ils imitent ainsi leurs collègues du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, qui avaient également voté à 100 % pour un tel mandat vendredi dernier.

Pour ces syndicats, le blitz de négociation entrepris la semaine dernière n’a pas donné les résultats escomptés. « Le Conseil du trésor persiste dans une voie de négociation qui ferait en sorte que les avocates et les avocats de l’aide juridique auraient une rémunération inférieure à celle des procureurs de la Couronne », déplore Justine Lambert-Boulianne, présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique de Montréal et de Laval. « Nos membres ont été clairs en assemblée : il n’est pas question pour nous d’abandonner ce principe de justice qui nous est cher, à savoir que la poursuite et la défense doivent pouvoir agir sur un pied d’égalité. »

Les avocates et les avocats des Laurentides et de Lanaudière, également syndiqués à la CSN, se prononceront quant à eux ce soir en assemblée.

Toujours sans entente avec le Conseil du trésor, les syndicats CSN représentant les avocats et les avocates de l’aide juridique réclament la parité salariale avec les procureurs de la Couronne de l’aide juridique. Ceux-ci ont obtenu des augmentations de 10 % sur quatre ans, alors que le gouvernement n’offre que 6 % sur trois ans aux avocats de l’aide juridique.

Sprint de négociation chez les sages-femmes

Le groupe de militantes s’est réuni devant l’hôtel Quality Suites où se déroulaient les négociations avec les représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux.

« Nous demandons au gouvernement du Québec d’améliorer nos conditions de travail pour favoriser le développement des services de sages-femmes, a expliqué la porte-parole, Peggy Ducroz. Cette amélioration doit passer par un investissement dans la profession ainsi que des conditions de travail équitables, valorisantes et attractives. »

En cas d’échec, les sages-femmes s’inviteront dans la campagne
« Le gouvernement doit poser des gestes concrets d’ici la Fête nationale du Québec, a-t-elle expliqué. Sinon, nous serons présentes durant la prochaine campagne électorale pour lui rappeler l’importance de négocier et d’en venir à une entente. »

En mars dernier, les sages-femmes ont obtenu l’appui unanime de l’Assemblée nationale du Québec pour un règlement rapide du dossier.

Des revendications pour améliorer les services aux familles
Le Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) se trouve sans entente pour leurs conditions de travail avec le ministère de la Santé et des Services sociaux depuis plus de deux ans.

Outre une révision de l’échelle salariale visant le redressement salarial en début de carrière, le RSFQ revendique notamment des mesures d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre en région, une compensation adéquate pour leur garde en disponibilité et l’obtention de conditions de travail attractives pour les sages-femmes de dépannage.

Cette année, 10 % des sages-femmes n’ont pas renouvelé leur adhésion à leur ordre professionnel. Selon le RSFQ, cela illustre la faible rétention de la profession exercée dans les conditions actuelles de travail.

Le Regroupement Les sages-femmes du Québec réunit près de 250 professionnelles qui assurent chaque année plus de 4,5 % des naissances au Québec. Le regroupement est membre de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) de la CSN.

SQDC : les syndiqué-es déclenchent la grève

À la suite d’un vote d’une banque de cinq jours de grève dimanche soir dernier, les membres du Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN ont déclenché la grève ce mercredi 8 juin dans une quinzaine de succursales partout au Québec.

« Les négociations piétinent toujours sur la question des salaires et l’employeur, qui n’a toujours pas de mandat du Conseil du trésor, ne semble pas pressé d’en obtenir un afin de régler les clauses à incidence financière », de déclarer Maxime Nadeau, président du syndicat. Nous avons donc déclenché la grève aujourd’hui, puisqu’une des revendications centrales consiste à obtenir la parité avec nos collègues de la Société des alcools du Québec (SAQ) qui effectuent sensiblement le même travail que nous. Nous réclamons cette parité parce qu’une disparité de traitement de plus de 38 % existe entre nous, et ce, dès le premier échelon salarial. »

« Il faudra que l’employeur comprenne qu’il ne peut pas laisser traîner cette négociation en longueur et que pour la conclure, il lui faut interpeller le Conseil du trésor qui est seul à pouvoir délier les cordons de la bourse », de souligner Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services (FEESP–CSN). Nous partageons entièrement l’impatience des travailleuses et des travailleurs qui veulent simplement voir leur travail reconnu à sa juste valeur. »

SQDC : les syndiqué-es se dotent d’une banque de cinq jours de grève

Réunis en assemblée générale virtuelle dimanche soir dernier, les membres du Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN ont accepté à 83 % le recours à une banque de cinq jours de grève à l’issue d’un vote électronique tenu à scrutin secret.

« Les négociations sont bien avancées, mais nous faisons actuellement face à un employeur qui ne semble pas pressé d’obtenir un mandat clair de la part du Conseil du trésor afin de régler les clauses à incidence financière, de déclarer Maxime Nadeau, président du syndicat. Depuis le début de notre négociation, nous revendiquons la parité avec nos collègues de la Société des alcools du Québec (SAQ) qui effectuent sensiblement le même travail que nous. Nous réclamons cette parité parce qu’une disparité de traitement de plus de 38 % existe entre nous, et ce, dès le premier échelon salarial. Nous avons donc décidé démocratiquement d’appliquer la pression nécessaire afin d’être entendus par le Conseil du trésor, qui devra enfin entendre nos revendications. »

À la suite du port du bermuda en succursales à titre de moyen de pression, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a distribué des avis disciplinaires à plusieurs de ses
salarié-es.

« La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) appuie entièrement les revendications et les moyens de pression des travailleuses et des travailleurs de la SQDC, de souligner Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN. La direction de la SQDC multiplie les manœuvres d’intimidation envers ses
salarié-es en moyens de pression, alors qu’ils ne font que manifester leur impatience face à une partie patronale qui ne prend pas leur négociation au sérieux. »

Le Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN représente près de 200 syndiqué-es répartis dans une quinzaine de succursales. Fondée en 1947, la
FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Les cols bleus d’Archibald choisissent la CSN

Le certificat d’accréditation vise « toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail en excluant les employé-es de bureau, les représentants aux ventes, les employé-es de restauration et celles et ceux déjà couverts par un autre certificat d’accréditation. »

Le 28 mai dernier, les travailleuses et travailleurs des établissements d’Archibald, situés à Québec et à Lac-Beauport, ont tenu leur première assemblée générale et ont élu leurs deux délégué-es de site ainsi que les membres de leur comité de négociation pour leur première convention collective.

Une avancée majeure dans l’industrie brassicole

Depuis quelques années, Archibald, une micro-brasserie devenue industrielle, est la propriété de la Brasserie Labatt qui assure d’ailleurs la distribution de ses produits.

Les établissements touchés sont l’usine et l’entrepôt de Québec, en plus du laboratoire situé à Lac-Beauport.

« C’est une avancée majeure de la CSN dans le milieu brassicole », a affirmé Nancy Mathieu, secrétaire générale de la Fédération du commerce (FC–CSN). La fédération représente déjà d’autres employé-es dans l’industrie, dont ceux de la Labatt.

Pour des conditions comparables à celles de l’industrie

Parmi les motifs invoqués pour joindre le syndicat, les salarié-es invoquent l’organisation et la surcharge du travail, la rotation des quarts de fin de semaine, le manque de personnel, l’augmentation de la cadence de production et la volonté d’obtenir de meilleures conditions de travail tout en se faisant respecter par l’employeur.

« Nous sommes déjà la propriété de Labatt. Nous voulons des conditions de travail comparables à ses autres installations, a résumé un des employés, l’un des principaux organisateurs de la syndicalisation. Nous avons fait signer nos cartes en moins de 48 heures par une forte majorité d’employé-es. »

En se joignant à la CSN, le nouveau syndicat devient membre de la Fédération du commerce et du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches. 

À propos

La Fédération du commerce regroupe plus de 30 000 membres dans les secteurs du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

L’avenir de l’aérospatiale ce ne sont pas que des subventions

En lock-out depuis le 15 mars 2022, les travailleuses et les travailleurs de Rolls-Royce Canada ont tenu un coup d’éclat aujourd’hui au siège social de l’organisme AéroMontréal, un organisme réunissant notamment tous les grands employeurs de l’industrie au Québec. Ils soulignent que la relance de l’industrie ne peut pas passer par un autre chemin que la reconnaissance de la valeur du travail des salarié-es et des conditions de travail équitables.

« Ce sont les travailleuses et les travailleurs qui ont donné leurs lettres de noblesse à cette industrie. C’est grâce à nous que Rolls-Royce Canada peut se targuer d’une réputation d’excellence, explique le vice-président d’atelier du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada (CSN), Hrvoje Golek. Après tout ce que nous avons donné à cette entreprise, nous ne sommes pas près de renoncer à obtenir le respect. C’est scandaleux de voir ces fleurons engranger les subventions publiques au nom de la relance tout en maintenant des clauses “orphelin” qui discriminent les plus jeunes et en gelant nos salaires. La relance, c’est juste pour les patrons ? »

Un appui sans équivoque de la CSN
« Toute la CSN sera à vos côtés jusqu’à ce que vous ayez signé la convention collective que vous méritez, a réitéré la présidente de la CSN, Caroline Senneville, qui prenait la parole lors de la mobilisation d’aujourd’hui. En déclenchant un lock-out, Rolls-Royce Canada ne s’attendait peut-être pas à une telle détermination de la part des travailleuses et des travailleurs. Mais maintenant, la direction sait qu’ils sont prêts à aller jusqu’au bout, et que les 325 000 membres de la CSN vont les soutenir sans relâche jusqu’à la victoire. J’appelle l’entreprise à se mettre au travail sans tarder pour trouver une issue satisfaisante à ce conflit. Ça passe par une réelle négociation : il n’y a pas d’autres voies possibles ».

Rappelons que Rolls-Royce Canada qui se spécialise dans l’entretien des moteurs d’avion veut imposer deux années de gel salarial à ses 530 salarié-es et mettre fin au régime de retraite à prestations déterminées. De leur côté, les travailleuses et les travailleurs demandent un contrat de cinq ans et veulent notamment éliminer les clauses « orphelin » du régime de retraite et de l’assurance collective, améliorer les salaires et les horaires de travail ainsi que bonifier les congés. La convention collective est échue depuis mars 2020.

Le président de Rolls-Royce Canada, Denis Giangi a présidé AéroMontréal il y a quelques années.

Les sages-femmes interpellent les député-es caquistes

Le 16 mars dernier, l’Assemblée nationale du Québec avait adopté à l’unanimité une motion enjoignant le gouvernement à « débuter sans délai les négociations de renouvellement de la convention collective des sages-femmes afin d’améliorer leurs conditions de travail pour favoriser le développement des services de sages-femmes du Québec ».

Mais depuis, plusieurs semaines se sont écoulées avant que le gouvernement accepte un calendrier de rencontres de négociation. Les rencontres qui ont eu lieu entretemps n’ont pas donné l’impression que le gouvernement avait réellement saisi les enjeux urgents soulevés par les sages-femmes et qu’il avait l’intention de bouger rapidement. Les discussions ont donc repris, la semaine dernière, en présence d’une personne-ressource nommée par le ministère du Travail.

Une négociation qui traîne à démarrer

À ce stade-ci et après deux ans d’attente, le MSSS indique enfin vouloir parvenir à un règlement avant la fête nationale. Le comité de négociation du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) a accueilli avec enthousiasme cette avancée et s’attend maintenant à ce que cette volonté politique se traduise en action, c’est-à-dire que les bottines suivent les babines.

« Jusqu’à maintenant, les offres déposées ne permettent toujours pas d’assurer l’accès aux services sage-femme auxquels les familles québécoises ont droit dans toutes les régions de la province », estime la présidente du RSFQ, Josyane Giroux.

La crédibilité du gouvernement est en jeu

Dans un message très personnalisé, les sages-femmes du Québec ont demandé à chacune et chacun des parlementaires caquistes « d’utiliser son influence au sein du caucus pour obtenir un déblocage du dossier ».

« Cela doit passer par un investissement dans la profession ainsi que des conditions de travail équitables, valorisantes et attractives, ont-elles écrit. Les élections approchent et, au besoin, nous irons sur le terrain, soutenues par la population, pour vous rappeler vos promesses. »

Pour la présidente du RSFQ, Josyane Giroux, « il en va de la crédibilité du gouvernement et de son engagement pour des soins accessibles et humains envers les familles québécoises ».