Alors qu’un conflit de travail persiste depuis 14 mois dans deux succursales Renaud-Bray à Québec, le Tribunal administratif du travail (TAT) constate que l’entreprise a contrevenu à la loi en entravant les activités du syndicat, en plus d’avoir utilisé pas moins de huit briseurs de grève depuis le déclenchement du conflit.
« Le Tribunal ne peut que conclure à la lumière de la preuve que les agissements de Renaud-Bray ont eu comme conséquence de déstabiliser le syndicat dans sa mission de représentation de ses membres », affirme le juge Christian Drolet dans sa décision.
En conséquence, le TAT ordonne à Renaud-Bray de cesser d’utiliser des briseurs de grève et de s’abstenir d’entraver les activités du syndicat, en plus de condamner l’entreprise à verser 7000 $ au syndicat à titre de dommages moraux et punitifs.
Ce n’est pas la première fois que Renaud-Bray se voit rabrouée par les tribunaux. Dans une décision datée du 5 août 2024, le TAT avait déclaré la direction des succursales de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale coupable d’avoir entravé les activités syndicales et manqué à son obligation de négocier de bonne foi. Le 6 décembre 2024, une ordonnance provisoire émise par le Tribunal interdisait au groupe Renaud-Bray d’utiliser des briseurs de grève, après avoir conclu à la présence d’au moins trois d’entre eux dans les succursales en conflit. Le 13 février 2025, un rapport d’enquête du ministère du Travail concluait que Renaud-Bray avait eu recours à au moins sept briseurs malgré qu’une ordonnance provisoire le lui en avait formellement interdit l’usage.
Renaud-Bray devra également se défendre d’avoir contrevenu à plusieurs articles du Code du travail en annonçant le 9 octobre 2025, sans préavis, la fermeture de la succursale des Galeries de la Capitale. Une plainte en ce sens a été déposée auprès du TAT en novembre dernier par le syndicat et la CSN.
« Depuis le début de ces négociations, Renaud-Bray a tout fait pour intimider ses employé-es, préférant user de menaces, d’entraves et d’intimidation plutôt que de négocier de bonne foi avec ses employé-es. Il est grand temps que l’entreprise dirigée par Blaise Renaud accepte de se conformer à la loi plutôt que de chercher sans cesse à la contourner », d’affirmer la présidente de la CSN, Caroline Senneville, qui rappelle que Renaud-Bray figurait dans le palmarès des pires employeurs du Québec publié par la CSN en décembre dernier.
« On ne demande qu’une chose : que Renaud-Bray revienne à la table de négociation avec une autre proposition qu’un salaire à 15 cents au-dessus du salaire minimum, affirme Isabelle Nadeau, porte-parole du syndicat. Cette offre a été largement rejetée par les employé-es l’été dernier, mais depuis, Renaud-Bray n’a posé aucun geste pour relancer la négociation. Nos demandes sont raisonnables : un salaire situé à un dollar au-dessus du salaire minimum, avec une véritable échelle salariale permettant aux salarié-es de progresser en fonction de leurs années de service. »
À propos
La convention collective des 60 employé-es des librairies Renaud-Bray de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale est échue depuis le 31 décembre 2023. Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray–CSN est affilié à la Fédération du commerce–CSN et au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN. Forte de ses 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.






