Le sous-financement des universités, depuis plusieurs années, est manifeste. Mais la récente compression de 4 % du budget de fonctionnement pour l’ensemble des établissements dans le dernier cadre budgétaire du Québec fait mal. Cette décision survient alors que les coûts de système explosent et que les infrastructures se détériorent.
Les récents resserrements appliqués au Programme des étudiants étrangers affectent également le financement de la majorité des universités. C’est particulièrement vrai pour les programmes de deuxième et troisième cycles, pour lesquels les frais de scolarité y sont de quatre à cinq fois plus élevés pour les étrangers que pour les résidents et résidentes du Québec.
« Il faut investir dans l’avenir de notre société et ne pas brimer toute une génération. Si l’on veut être un chef de file en innovation, nous devons former des diplômé-es du baccalauréat, de la maîtrise et du doctorat », indique la vice-présidente de la FNEEQ–CSN et responsable politique des syndicats de chargé-es de cours universitaires, Christine Gauthier.
« Si les budgets ne sont pas suffisants pour couvrir les salaires et les autres frais d’exploitation, les universités vont être déficitaires. Il faudrait ajuster le montant alloué par étudiant », affirme pour sa part Ryan William Moon, vice-président de la FP–CSN, qui représente plus de 2000 professeur-es d’université. Ce dernier cite d’ailleurs en exemple Concordia, qui affiche à elle seule un déficit de 100 millions de dollars.
L’impact des déficits
Les universités qui déclarent un déficit budgétaire doivent négocier des arrangements avec le gouvernement pour retrouver rapidement l’équilibre. Il y a donc un risque d’influence externe sur l’offre de cours et l’agrandissement des groupes.
L’instauration de gels d’embauche et la diminution de services aux étudiantes et étudiants, en orientation ou en appui psychologique, par exemple, sont aussi relevées dans un contexte de compression. Ryan William Moon s’inquiète par ailleurs que cette précarité universitaire augmente le nombre de partenariats avec le privé, ajoutant ainsi à la menace qui pèse déjà sur la liberté académique. Ce dernier rappelle que le président Trump ne se gêne pas pour lier le financement des universités à certaines de ses orientations idéologiques. Le déficit crée une vulnérabilité dans le processus de ce genre d’interventions.










