Pensons aux congés parentaux, à la santé et sécurité du travail – à travers des luttes contre le harcèlement – ou encore au salaire minimum. D’abord et avant tout des enjeux d’équité pour les femmes, tout le monde bénéricie aujourd’hui des fruits des luttes féministes.
À la CSN, le féminisme a autant de visages qu’il y a de membres. À l’occasion du 8 mars, le Point syndical s’est entretenu avec deux travailleuses pour prendre le pouls de l’engagement féministe en 2026.
Féminisme de chantier
Technicienne sur le réseau de gaz, Catherine travaille chez Énergir depuis six ans. Elle compte parmi les 16 % de femmes de l’entreprise et est également responsable du comité de la condition féminine de son syndicat. Si le distributeur d’énergie démontre une certaine maturité en matière d’équité normative, des angles morts liés au genre peuvent toutefois persister. Catherine donne l’exemple des uniformes. Les modèles pour femmes sont inconfortables alors que la majorité des travailleuses sur le terrain ont besoin de bouger facilement. Elles finissent souvent par se procurer le modèle pour hommes, plus ample. « Comment se fait‑il que les tests sur les tenues réglementaires ne soient pas effectués avec des femmes ? », demande Catherine, qui souligne que ces tests font partie des procédures normales dans son domaine.
Les enjeux d’équité font leur chemin jusqu’à la table de négociation. Des gains en conciliation travail-famille ont récemment permis une plus grande flexibilité des horaires, un avantage apprécié par l’ensemble des employé-es.
L’arrivée de femmes dans l’entreprise a notamment contribué à améliorer la santé et la sécurité. Les travailleurs se blessaient souvent en ouvrant et fermant des vannes de gaz. « Ils devaient forcer pour manipuler les vannes à la main et finissaient par se blesser au dos », explique la déléguée. Avec l’arrivée des travailleuses, un outil offrant un meilleur levier a été développé, pour le bien de toute la force de travail.
Féminisme en temps de grève
Pour le CREW, syndicat qui représente les auxiliaires d’enseignement de l’Université Concordia, le féminisme est la racine de leur affiliation avec la CSN. Les personnes militantes qui ont organisé le maraudage entre 2023 et 2024 se mobilisaient contre un professeur accusé de harcèlement sexuel. Elles cherchaient une centrale qui les appuierait dans leurs démarches. Ainsi, le comité féministe du syndicat joue le rôle de gouvernail politique de l’organisation, s’assurant que chaque auxiliaire, dans son travail ou sa militance syndicale, a des opportunités similaires. Le comité remplit donc une mission éducative, mais aussi une fonction de chien de garde, pour faire en sorte que le réflexe d’inclusion intersectionnelle soit constant.
Pendant la grève du printemps 2025, la majorité des membres du comité se dirigent vers celui de la négociation. « Nos priorités se sont déplacées, mais notre approche féministe est demeurée transversale, explique Tyisha Murphy, qui milite au comité. Pendant cette période, on s’assure de mettre en place des services de garde pour que les parents puissent participer au même titre que les autres membres. Alors que les lignes de piquetage peuvent être drainantes, on s’assure que tous les grévistes demeurent hydratés, nourris et au chaud. C’est le fameux “ prendre soin ” ».
Dans les prochaines semaines, le comité organisera sa militance autour de la Journée internationale des droits des femmes et tâchera de multiplier les liens et les connexions avec d’autres syndicats. L’objectif est de bâtir une communauté de travailleuses et de travailleurs plus résiliente.










