À la veille de la Journée internationale des sages-femmes du 5 mai, celles-ci demandent plus de cohérence au gouvernement du Québec. Santé Québec et le ministère de la Santé souhaitent en effet que les sages-femmes prennent plus de place en première ligne, mais les moyens nécessaires pour y arriver ne sont pas tous en place.
Comme signal positif, on souligne l’adoption récente du projet de loi 15 qui modifie le Code des professions et accorde de nouveaux actes aux sages-femmes, comme les soins de contraception, le traitement des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) ou le suivi de l’allaitement au-delà de six semaines.
« Ces avancées sont essentielles pour l’accès aux soins en santé sexuelle et reproductive et elles témoignent de la force d’une profession qui continue de faire valoir sa place au bénéfice de la population. », mentionne la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ), Amaili Jetté.
Peu d’avancées sur le terrain
Quant au développement de services des sages-femmes et des maisons de naissance, il avance à pas de tortue ce qui entraîne une disparité dans l’offre sur le territoire. Notons, par exemple, que le projet de maison de naissance de Longueuil est en gestation depuis plus de 15 ans. Le RSFQ salue l’ouverture récente d’une maison de naissance et de la petite enfance à Val d’or, qui offre enfin aux familles de la région un lieu de naissance humain, sécuritaire et centré sur leurs besoins. Mais on attend toujours des nouvelles positives pour Laval, Mont-Tremblant, la Côte-Nord et les Îles-de-la-Madeleine. Le degré d’avancement varie d’un projet à l’autre, mais le rythme a été très lent jusqu’à maintenant.
« C’est bien de nous donner plus de responsabilités par la loi, mais, pour que ça veuille dire quelque chose sur le terrain, il faut plus de sages-femmes et plus de maisons de naissance et ça prend des moyens. Pour le moment, certains établissements semblent donner une plus grande priorité que d’autres à la place des sages-femmes dans le réseau », ajoute la présidente.
Conclusions du récent sommet national
Rappelons par ailleurs que le Sommet des États généraux de la pratique sage-femme de novembre dernier s’est tenu en présence de représentants du ministère de la Santé et de Santé Québec. Le compte-rendu du Sommet, publié le 9 avril dernier, recommande notamment que : « Pour répondre à l’iniquité d’accès aux services offerts par les sages-femmes et pour renforcer la première ligne en santé sexuelle et reproductive, nous recommandons que les établissements de santé soutiennent et financent le développement de modèles collaboratifs initiés et coconstruits localement par les actrices et acteurs du milieu. »
Appel à Santé Québec et à la ministre Bélanger
« Les sages-femmes sont une ressource de première ligne sous-utilisée dans le réseau de la santé. Il faudrait que Santé Québec et la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, envoient une consigne claire aux établissements afin d’améliorer l’accès aux services de sages-femmes dans toutes les régions. », affirme la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Jessica Goldschleger.
« La Journée internationale des sages-femmes de 2026 devrait être un nouveau départ pour mettre les moyens en place dans le sens de la nouvelle loi et des orientations du récent Sommet », conclut Amaili Jetté.
À propos
Le Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) rassemble plus de 300 membres réparties dans une vingtaine d’établissements de santé. Il est affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).
La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente quelque 10 500 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant notamment dans les secteurs de la santé et des services sociaux.






