Après avoir fermé sa librairie des Galeries de la Capitale en octobre dernier, Renaud-Bray met la clé dans la porte de sa succursale de Laurier Québec. Les travailleuses et les travailleurs de ces deux magasins, membres du même syndicat, en ont été avisés par courrier recommandé aujourd’hui. Ils sont en grève depuis le 22 novembre 2024 pour exiger un salaire d’à peine 1 $ de plus que le salaire minimum.
« Nous sommes sous le choc, mais nous ne nous laisserons pas abattre. Surtout pas par un être aussi sans scrupule que Blaise Renaud. Il n’y a pas de mots pour décrire un tel manque de sensibilité envers ses employé-es. Un geste abject », affirme le président du syndicat, Jimmy Demers.
« Renaud-Bray aura eu le culot de choisir le 1er mai pour poser le geste le plus antisyndical qui soit : celui de tenter d’anéantir toute velléité de ses employé-es d’exiger un meilleur sort que le salaire minimum. Où est le ministre du Travail quand on bafoue de façon aussi flagrante les droits des travailleuses et des travailleurs ? », lance la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Depuis le début de ce conflit, les gestes posés par Renaud-Bray ont été condamnés à maintes reprises par le Tribunal administratif du travail (TAT). Il est clair pour nous que cette fermeture sera contestée devant le Tribunal, au même titre que celle des Galeries de la Capitale. »
La plainte déposée par la CSN à la suite de la fermeture de la succursale des Galeries de la Capitale, le 9 octobre dernier, sera d’ailleurs entendue le 14 mai par le TAT, date à laquelle Blaise Renaud doit comparaître. Dans ce recours, la centrale allègue que « cette fermeture est manifestement une entrave dans les activités du syndicat et une représaille contre ses membres qui ont voté en faveur de la grève et contre les offres patronales ». Un geste qui contrevient aux articles 3, 12, 14, 15 et 53 du Code du travail en vigueur au Québec, précise la requête.
« Nous ne laisserons jamais tomber les travailleuses et les travailleurs de Renaud-Bray. C’est dans notre essence même que d’appuyer leur lutte jusqu’au bout, particulièrement quand nous faisons face aux employeurs les plus véreux », déclare la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, Barbara Poirier.
« Depuis le début de ces négociations, Renaud-Bray a tout fait pour intimider ses employé-es, préférant user de menaces, d’entraves et d’intimidation plutôt que de négocier de bonne foi. Il est grand temps que l’entreprise dirigée par Blaise Renaud accepte de se conformer à la loi plutôt que de chercher sans cesse à la contourner », indique le président de la Fédération du commerce–CSN, Serge Monette.
Dans une décision datée du 5 août 2024, le TAT avait déclaré la direction des succursales de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale coupable d’avoir entravé les activités syndicales et manqué à son obligation de négocier de bonne foi. Le 6 décembre 2024, une ordonnance provisoire émise par le Tribunal interdisait au groupe Renaud-Bray d’utiliser des briseurs de grève, après avoir conclu à la présence d’au moins trois d’entre eux dans les succursales en conflit. Le 13 février 2025, un rapport d’enquête du ministère du Travail concluait que Renaud-Bray avait eu recours à au moins sept briseurs en dépit d’une ordonnance provisoire qui le lui interdisait formellement.
Enfin, en février dernier, le TAT avait à nouveau condamné Renaud-Bray pour avoir contrevenu à la loi en entravant les activités du syndicat, en plus d’avoir utilisé pas moins de huit briseurs de grève depuis le déclenchement du conflit.
À propos
Les 60 employé-es des librairies Renaud-Bray de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale sont en grève depuis le 22 novembre 2024. Au déclenchement du conflit, ils étaient tous payés à 15 cents au-dessus du salaire minimum, alors que plusieurs cumulaient plus de 20 ans d’ancienneté. Leur convention collective est échue depuis le 31 décembre 2023. Depuis juillet 2025, Renaud-Bray n’a donné aucun signe de vie à la table de négociation.
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray–CSN est affilié à la Fédération du commerce–CSN et au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN. Forte de ses 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.






