Un conflit de travail pourrait affecter la livraison de fruits et légumes auprès des 1000 magasins du groupe Metro : les employé-es du centre de distribution Metro Laval, le seul du genre appartenant à Metro au Québec, ont voté la grève à 97 % lors d’une assemblée générale tenue hier.
Comme leur dernière convention collective a été négociée avant la pandémie et que l’inflation a depuis frappé de plein fouet, les 550 travailleuses et travailleurs demandent un rattrapage salarial important. Des questions liées à la sous-traitance du transport dans un contexte de chauffeurs inc., à la santé et la sécurité au travail et à la protection du télétravail pour les employé-es du siège social sont également en jeu.
« Les travailleuses et les travailleurs sont tannés du manque d’indications de l’employeur quant aux augmentations salariales. Aucune offre salariale n’a été déposée encore. Avec un tel mandat de grève, on envoie un message très clair : on veut retrouver le pouvoir d’achat qu’on a perdu au cours des dernières années », indique Matthieu Lafontaine, président du Syndicat des travailleur(euses) des épiciers unis Métro-Richelieu–CSN.
La situation financière du groupe Metro est des plus reluisantes, souligne le syndicat. Depuis 2019, le chiffre d’affaires a crû de 28 % et les profits ont augmenté de 39 %. Les dividendes aux actionnaires ont progressé de 56 %, alors que le président et chef de la direction du groupe, Eric La Flèche, a profité d’une augmentation salariale de 37 %.
Les salaires des employé-es du centre de distribution et du siège social, eux, n’ont progressé que de 11 % au cours de la même période, dénoncent des affiches syndicales placardées à l’entrepôt au cours des derniers jours.
Pour le président de la Fédération du commerce–CSN, Serge Monette, il est clair que le groupe a la capacité financière pour répondre aux demandes des salarié-es. « Metro est une entreprise québécoise en pleine santé. Sa rentabilité est le résultat direct de l’engagement et du travail de ses employé-es. Ceux-ci méritent leur part de cet enrichissement. »
« Il est temps que le groupe Metro dépose des offres salariales sérieuses à la table de négociation », affirme le président du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Bertrand Guibord. « La forte participation et la hauteur du vote de grève d’hier confirment que les travailleuses et les travailleurs sont déterminés à retrouver leur pouvoir d’achat. Ils peuvent compter sur toute la solidarité CSN pour atteindre cet objectif ! »
À propos
Le Syndicat des travailleur(euses) des épiciers unis Métro-Richelieu–CSN représente les 550 salarié-es du centre de distribution Metro Laval et du siège social de l’entreprise à Montréal ainsi que les chauffeurs de l’entrepôt Mérite-1, à Rivière-des-Prairies. Leur convention collective est échue depuis le 19 septembre 2025.
Le syndicat est affilié à la Fédération du commerce et le Conseil central du Montréal métropolitain. Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.






