La CSN a demandé à ses 3 300 membres paramédics, où ils se voyaient dans un horizon de cinq ans ?
Parmi les 1 272 paramédics qui ont répondu au questionnaire, seuls 304 estiment qu’ils seront toujours à leur poste. Pas moins de 262 d’entre eux envisagent un retour aux études, et 364, un changement de carrière. Quelque 78 répondantes et répondants comptent prendre leur retraite d’ici les cinq prochaines années.
Parmi les paramédics qui prévoient de pratiquer encore cette profession dans cinq ans, à peine une vingtaine identifient les conditions de travail, dont le salaire, comme un élément déterminant dans leur choix de rester à l’emploi.
Ces données mettent en lumière les difficultés importantes de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur, à un moment où les paramédics, sans convention collective depuis près de trois ans, tentent de négocier un nouveau contrat de travail qui reconnaîtra la pleine valeur de leur travail.
Leur dernière augmentation salariale remonte au 1er avril 2022. Ils sont sans convention collective depuis le 1er avril 2023. En grève depuis le 6 juillet, avec maintien des services essentiels, les paramédics de la CSN ont pris part à une cinquantaine de séances de négociation. Au cœur des enjeux toujours en suspens : la fixation d’un juste salaire, la surcharge de travail et l’accès à certaines mesures octroyées par le gouvernement à d’autres groupes de la santé et des services sociaux, comme la bonification de certaines primes et la rémunération des heures supplémentaires.
« Les paramédics ne se sentent pas respectés par le gouvernement, qui laisse traîner les négociations et qui agit comme s’il les tenait tous pour acquis. Le coup de sonde que nous avons mené devrait le convaincre qu’au contraire, il y a urgence d’agir », a déclaré le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon.






