La CSN déplore que l’avenue de l’indépendance des trois campus soit écartée

La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) et la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN) déplorent que l’indépendance des trois campus constituant le Collège régional Champlain ait été complètement écartée par le rapport Birnbaum présenté plus tôt cette semaine par la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David. Néanmoins, pour les représentants du personnel des campus de Saint-Lambert et de Saint-Lawrence, le rapport a certains mérites. Il démontre notamment une bonne compréhension des problèmes qu’ils vivent au quotidien et il identifie, avec justesse, que la solution passe par davantage d’autonomie. La CSN salue le travail réalisé par David Birnbaum qui a pris le temps d’écouter et de rencontrer tous les intervenants qui le désiraient.

 « Quant à nous, les propositions ne vont pas assez loin, explique la vice-présidente de la FNEEQ–CSN, Nicole Lefebvre. Le rapport dresse pourtant un portrait assez juste des enjeux et identifie le renforcement de l’autonomie de campus comme une piste de solution. Mais en maintenant une structure bureaucratique pour chapeauter les trois campus, il y a un risque certain de rater la cible. Pour nous, toute la question du financement demeure entière. Malgré tout l’engagement du personnel, les étudiantes et les étudiants de ces trois campus n’ont pas droit au même niveau de services que ceux qui fréquentent un cégep autonome. Nous sommes déçus que le rapport ait écarté complètement l’hypothèse de faire de ces campus, des cégeps comme les autres. »

Le Collège régional Champlain est en effet unique en son genre au Québec, avec trois campus situés dans trois régions administratives (Saint-Lambert en Montérégie, Saint-Lawrence à Québec et Lennoxville en Estrie). Pour la CSN, sa situation n’est pas comparable à celle du Cégep régional de Lanaudière, dont les trois campus sont situés à moins de quarante minutes de route et dont les besoins des étudiantes et étudiantes sont bien différents. Les modalités de financement des cégeps, pensées pour financer des campus pleinement autonomes, ne tiennent pas suffisamment compte de cette réalité. Pour la CSN, les campus du Collège régional Champlain sont non seulement sous-financés, mais également mal financés, dans la mesure où une part des sommes qui leur sont dévolues actuellement servent à soutenir une structure interrégionale supplémentaire qui s’est avérée incapable de bien prendre en compte les besoins des différents campus. Le personnel déplore également le manque de transparence de l’instance interrégionale et sa tendance à vouloir tout contrôler.

« Le rôle majeur des employé-es de soutien nous semble trop peu pris en compte, déplore la vice-présidente trésorière de la FEESP–CSN, Sylvie Tremblay. Pourtant, nous sommes témoins au quotidien des difficultés pour les étudiantes et les étudiants à avoir accès aux services que nous offrons parce que nous n’avons pas les ressources suffisantes. Nous sommes bien conscients que tout le réseau des cégeps est sous-financé, mais le problème est encore plus aigu ici. Il est exacerbé par le fait que nous n’avons pas d’emprise localement sur les décisions qui sont prises loin de nous et qu’il y a un sérieux manque de transparence. »

Des difficultés intrinsèques
Pour la CSN, la source des problèmes de gouvernance et de gestion au CRC est sa structure elle-même. En ce sens, les recommandations visant à donner plus d’autonomie aux campus seront très difficiles à mettre en place. « Augmenter les indemnités de déplacement de certains gestionnaires pour leur permettre de se rendre plus souvent sur place ne sera pas suffisant, s’il n’y a pas une volonté très forte de tous les acteurs pour que l’autonomie fonctionne, de poursuivre Sylvie Tremblay. Nous ne pouvons qu’espérer que la personne qui sera nommée comme accompagnatrice par la ministre David aura le leadership et l’écoute nécessaires pour instaurer un nouveau climat ».

« Il faut garder en tête que le sentiment d’appartenance des enseignantes, enseignants et de tout le personnel est d’abord et avant tout envers leur propre campus, ajoute Nicole Lefebvre. Ils en sont fiers. Il faut donner au personnel tous les outils dont il a besoin pour accomplir sa mission.

Contre les violences sexuelles, l’implication des communautés est essentielle

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), la Fédération des professionnèles (FP) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) reconnaissent que la stratégie d’intervention présentée aujourd’hui par la ministre de l’Enseignement supérieur pour lutter contre les violences sexuelles sur les campus est un pas dans la bonne direction. Pour viser juste, la stratégie gouvernementale doit cependant respecter certaines conditions.

Selon Caroline Quesnel, présidente par intérim et responsable du comité femmes de la FNEEQ-CSN, les directions d’établissements ne doivent pas imposer une politique concoctée derrière une porte close. Elles doivent agir en concertation avec tous les acteurs du milieu.

« L’adoption par les établissements d’une politique de prévention des agressions à caractère sexuel doit impliquer l’ensemble de la communauté et les ressources financières doivent être récurrentes et à la hauteur des besoins », précise pour sa part, Louise Briand, vice-présidente du secteur universitaire de la FP. Le cégep de Sept-Îles et l’École de technologie supérieure, par exemple, sont confrontés à des réalités différentes. Pour les trois organisations, il est nécessaire d’en tenir compte.

Les établissements doivent avoir la possibilité de développer un mécanisme à la fois adapté à leur milieu et suffisamment souple pour faire face aux différentes situations. À cet égard, l’expertise des groupes communautaires est précieuse et doit être mise à contribution tout en étant soutenue financièrement. Il faut rappeler que ces organismes ont subi d’importantes compressions budgétaires au cours des dernières années.

 « Ce n’est qu’à ces conditions, qu’une politique de prévention des agressions enverra un signal fort tant aux victimes qu’aux agresseurs », conclut Sylvie Tremblay, vice-présidente de la FEESP.

La tournée régionale de consultation de la ministre avait aussi révélé l’importance d’intervenir en amont de l’enseignement supérieur afin de lutter efficacement contre la culture à l’origine des violences sexuelles. La FNEEQ, la FP et la FEESP espèrent que le projet de loi-cadre déposé dans quelques semaines sera cohérent et à la hauteur des défis à relever.

 La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’université. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

La Fédération des professionnèles (FP) représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des organismes gouvernementaux, des sociétés d’État, de l’éducation, des médecines non conventionnelles, de l’aide juridique, de l’employabilité, du développement régional, des organismes communautaires et des professionnèles autonomes.

 Fondée en 1947 sous le nom de Fédération des employés municipaux, la Fédération des employées et employés de services publics compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres oeuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Ces trois fédérations sont affiliées à la Confédération des syndicats nationaux.

Un premier rendez-vous fédérateur

Réunir quelque 500 personnes passionnées d’éducation et inquiètes des dérives actuelles en enseignement supérieur pour marquer un temps d’arrêt et réfléchir à l’avenir : voilà l’objectif atteint lors du lancement des États généraux de l’enseignement supérieur (ÉGES) tenus à l’Université Laval à Québec en mai dernier.

S’il a été aisé de rassembler autant de participants — bien davantage que dans les plans originaux des organisateurs — c’est signe que les artisans du réseau, ceux qui le construisent au quotidien, de même que celles et ceux qui le fréquentent, désirent s’exprimer sur sa pérennité et dénoncer les maux qui le rongent un peu plus chaque année : la marchandisation, l’austérité ambiante et la privatisation du mode de gestion.

Une table ronde, de grandes conférences thématiques et des ateliers participatifs ont favorisé les échanges pendant trois jours. Le collectif des vingt-cinq a regroupé des organisations professionnelles, étudiantes et syndicales dont la Fédération des professionnèles (FP–CSN), la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), initiatrice des ÉGES. Elles s’étaient donné le mandat de trouver une vision commune et de se fédérer, malgré les différences de point de vue sur certains enjeux, afin d’exiger que le gouvernement du Québec remette le cap sur l’essence même de la mission de l’enseignement supérieur. Pari réussi.

Cesser la marchandisation de l’éducation

Participants et panélistes ont déploré unanimement la volonté manifeste de réduire les institutions du savoir à des pépinières de travailleuses et travailleurs préparés uniquement à répondre aux besoins du marché de l’emploi. « Le réseau subit des pressions dues à une logique marchande. Les entreprises réclament qu’il y ait une adéquation entre leurs besoins à court terme en entreprise et les formations offertes. Mais la mission de l’enseignement supérieur est bien plus ambitieuse que ça », rappelle Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. S’il est nécessaire de gagner sa vie grâce, notamment à l’obtention d’un diplôme postsecondaire, les cégeps et les universités doivent toutefois viser à former des citoyennes et des citoyens à part entière, critiques, informés, capables de vision. En cela, le collectif admet sans détour que la marchandisation de l’éducation, une tendance lourde, est un travers à combattre ensemble, solidairement.

Pour ce faire, il faut la volonté politique d’assurer une plus grande accessibilité pour toutes et tous à l’enseignement supérieur, et partout sur le territoire québécois, un enseignement de qualité inscrit dans la tradition humaniste du rapport Parent. « L’éducation, c’est d’abord et avant tout un droit humain. Ce n’est pas une marchandise, les étudiantes et étudiants ne sont pas une clientèle. C’est un service public et c’est comme ça qu’il doit s’incarner dans la société. Il faut sortir d’une vision managériale, clientéliste ou utilitariste. Actuellement, on constate une course à la “clientèle” des étudiants internationaux, par exemple, parce qu’ils sont source de revenus. Sommes-nous devenus une business ou sommes-nous toujours, en 2017, des institutions au service de la population du Québec, comme le voulaient celles et ceux qui ont bâti le réseau ? », questionne Caroline Senneville — à l’époque présidente de la FNEEQ–CSN, aujourd’hui vice-présidente de la CSN —, en exergue des trois grandes conférences thématiques portant sur la mission du réseau, l’accessibilité et le financement public.

Austérité ambiante

Depuis plus de deux décennies, le financement du gouvernement québécois ne suit plus les coûts du système. Des compressions de plus d’un milliard de dollars dans le réseau universitaire et de 155 millions dans les cégeps compromettent leur capacité à contribuer pleinement au développement économique, social et culturel du Québec. L’austérité, omniprésente, créée de toutes pièces par les politiciens au pouvoir, réduit lamentablement les services que l’État doit rendre à sa population et atrophie le financement adéquat des réseaux collégial et universitaire. Et quoi qu’en dise le gouvernement du Québec, les crédits supplémentaires annoncés dans le budget 2017-2018 sont loin de rétablir la situation. Plus cynique encore, le rehaussement du financement général des établissements d’enseignement supérieur annoncé dans le dernier Plan économique du Québec « n’engage » le gouvernement libéral que s’il est réélu en 2018 !

Les conséquences se répercutent partout : situation de précarité pour les individus et les établissements, dévoiement des missions, dégradation des conditions d’enseignement, de recherche et d’études, ainsi qu’une montée d’un centralisme autoritaire dans l’administration des établissements, ce qui a immanquablement transformé les orientations des institutions.

Privatisation du mode de gestion

Le contexte d’austérité a favorisé le développement de tensions dans les établissements. Les nouvelles pratiques de gouvernance soutiennent la montée d’une gestion autoritaire qui se traduit par une judiciarisation croissante des conflits et des rapports entre les acteurs et le recul de la collégialité et de la liberté académique. La liberté de parole et la représentation de la communauté universitaire dans les instances sont en péril. La censure contamine nos institutions. On tente même d’évincer des conseils d’administration les voix dérangeantes, celles qui questionnent et celles qui critiquent.

Celles et ceux qui sont préoccupés par l’avenir de l’éducation au Québec n’ont pas le choix : ils doivent réunir leurs forces pour exiger des changements majeurs dans la manière de financer, d’administrer et de développer l’enseignement supérieur. C’est là le premier consensus des États généraux de l’enseignement supérieur. Le second : la création d’un espace politique autonome, horizontal et non partisan, à l’image de ce premier rendez-vous des ÉGES qui a favorisé la libre expression. « Ces consensus reposent, notamment, sur la solidarité entre toutes et tous et sur la reconnaissance pleine et entière du travail des divers groupes de personnel et de la précarité professionnelle, émotive et matérielle, tant chez les étudiantes et étudiants que chez les travailleuses et travailleurs », souligne Johanne Cadieux, présidente du Secteur soutien cégep de la FEESP–CSN.

Un plan d’action et un second rendez-vous déjà en chantier

Pour les participantes et participants, le temps n’est plus aux constats, mais bien aux propositions et à l’action. Ce premier rendez-vous des ÉGES a été marqué par la dénonciation du malaise qui mine l’enseignement supérieur. En ce sens, le mandat donné au collectif des 25 partenaires est sans équivoque. Il faut consolider les forces et échafauder un plan détaillé de lutte. Un comité de mobilisation et d’information pourrait être rapidement créé pour favoriser la participation des différents groupes dans la conception et la création d’outils de mobilisation et de réflexion collective. Les étudiants, les professeurs, les chargés de cours, les étudiants salariés, les tuteurs, le personnel de soutien et les professionnels convergeront tous vers un même objectif : faire de l’éducation une véritable priorité nationale.

Il y a urgence d’agir et des gestes concrets seront posés dans les prochains mois. « La campagne électorale provinciale de 2018 est le moment idéal pour placer nos demandes et faire valoir les éléments fondamentaux qui vont constituer nos revendications communes. Surtout, on ne veut pas se battre seulement contre quelque chose, mais plutôt se battre POUR quelque chose : POUR l’enseignement supérieur », précise Louise Briand, vice-présidente du secteur universitaire à la FP–CSN.

D’ailleurs, un second rendez-vous se prépare pour porter l’enjeu de l’enseignement supérieur au cœur du débat public.

Faux pas de l’Université du Québec en Outaouais

Le 13 mars 2017, la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, se déplaçait à l’Université du Québec en Outaouais afin de consulter la communauté universitaire sur la violence sexuelle en milieu scolaire. Malgré les engagements de l’UQO, il semblerait que la lutte contre les violences sexuelles ne soit pas sa priorité.

Le Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’UQO (SCCC-UQO) dénonce la décision de ne pas rémunérer celles et ceux qui siègent aux groupes de travail pour le projet d’Université sans violences sexuelles. Cette décision, en plus d’être contraire à la clause 4,09 de la Convention collective, est jugée discriminatoire par le syndicat. « Vu la nature de ce comité, ce sont surtout des femmes qui y siègent. L’UQO aurait-elle exigé un travail bénévole si ce comité avait été majoritairement masculin ? », a déclaré Marie-Josée Bourget, présidente du SCCC-UQO.

Le syndicat dénonce aussi le manque d’intégration des personnes chargées de cours dans la gouvernance universitaire. « Pendant que les autres employés siègent pendant leurs heures de travail rémunérées, les chargées et chargés de cours devraient le faire dans leurs heures libres. Certaines et certains prennent même un congé non rémunéré d’un autre emploi afin de participer aux réunions. C’est inacceptable ! », a poursuivi Madame Bourget.

Le Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’UQO, affilié à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), a été fondé en 1993 et compte 665 membres, dont environ le tiers enseignent au campus de Saint-Jérôme. Ils offrent approximativement 67 % des cours de premier cycle.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’université. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec. La fédération est l’une des huit fédérations affiliées à la Confédération des syndicats nationaux.

 

 

 

Entente au Collège Mont-Royal

Après plus d’un an de négociation, le Syndicat des employés du Collège Mont-Royal s’est entendu avec la direction du Collège sur une nouvelle convention collective. Cette entente, approuvée majoritairement par l’assemblée générale du syndicat hier, prévoit des améliorations significatives aux conditions de travail  

Le Syndicat est satisfait notamment d’avoir forcé le retrait des demandes patronales qui auraient représenté un véritable recul pour ses membres. En ce qui concerne les gains, mentionnons une contribution financière de l’employeur à l’assurance collective, une diminution de la tâche enseignante, une prime annuelle aux employé-es de soutien et l’amélioration des dispositions entourant les droits parentaux.

«La négociation a été longue et complexe puisque les parties ont aussi relevé le défi d’effectuer une mise à jour complète de cette convention collective. Désormais, celle-ci répond davantage aux besoins des employées et employés » souligne Caroline Quesnel, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et responsable du regroupement privé. La nouvelle convention collective est d’une durée de cinq ans.

Le Syndicat des employés du Collège Mont-Royal, un établissement privé, francophone et mixte d’enseignement secondaire, représente quarante-cinq enseignantes, enseignants et employé-es de soutien. Il est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN. .

Fondée en 1969, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’universités. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec et l’une des huit fédérations affiliées à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Un premier rendez-vous réussi

Après avoir dressé un bilan plutôt sombre du fonctionnement et des missions des réseaux collégial et universitaire québécois, plus de 500 personnes réunies pendant trois jours la semaine dernière à Québec sont parvenues à une vision commune pour garantir l’essor du réseau de l’enseignement supérieur au Québec.

Organisé par un collectif de vingt-cinq organisations professionnelles, syndicales et étudiantes dont fait partie la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), l’événement a permis aux participantes et participants de s’entendre sur la nécessité d’être solidaire et de s’allier pour exiger des changements majeurs dans la manière de financer, d’administrer et de développer le réseau de l’enseignement supérieur.

 « C’est un véritable cri du cœur que nous avons entendu. La précarité des individus et des établissements, le dévoiement des missions, la dégradation des conditions d’enseignement, de recherche et d’étude ainsi que la montée d’un centralisme autoritaire dans l’administration des établissements ont été vivement dénoncés » de préciser madame Caroline Senneville, présidente de la FNEEQ-CSN.  Cependant pour les participantes et les participants à l’événement, le temps n’est plus aux constats, mais à l’action.

« Ce n’était que la première étape. Nous consolidons nos forces et établissons des plans de luttes. Il y a urgence d’agir et des gestes concrets seront posés dans les prochaines semaines. Nous allons tenir des actions concertées et nous envisageons de tenir un second rendez-vous l’an prochain à la veille des élections provinciales » conclut madame Senneville.

 Le collectif a réussi à créer un événement d’une ampleur inattendue. Plus de 500 personnes ont répondu à l’appel des organisateurs, ce qui, selon la FNEEQ-CSN, est le signe d’un profond malaise dans les réseaux collégial et universitaire québécois.

Une convention collective nettement bonifiée

Réunis en assemblée générale hier, les enseignantes et les enseignants du Collège de Montréal ont entériné l’entente de principe intervenue la semaine dernière entre leur syndicat et la direction du collège. La nouvelle convention collective d’une durée de cinq ans prévoit des améliorations significatives à leurs conditions de travail.

En étendant la portée des congés rémunérés lors du décès d’un ex-conjoint, la direction reconnaît enfin la réalité des nouvelles familles. « C’est innovateur. Peu de conventions collectives ont été ainsi modernisées » indique Madame Caroline Quesnel, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et responsable du regroupement privé. De nouvelles dispositions dont une diminution significative du ratio maître/élève pour les élèves des niveaux 1, 2 et 3 du secondaire et l’obligation pour l’employeur d’informer, de consulter et de former le personnel enseignant lors de changement technologique auront un impact nettement positif sur la qualité de l’enseignement au collège.

Pour Madame Quesnel, il s’agit d’une très bonne entente et le mérite revient avant tout aux enseignantes et aux enseignants du collège. « C’est grâce à la mobilisation et à la solidarité des enseignantes et des enseignants que nous sommes parvenus à ces résultats. L’employeur a retiré ses demandes qui auraient impliqué un recul pour nos membres et le syndicat a réussi à préserver les acquis » conclut-elle.

Le Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège de Montréal FNEEQ-CSN représente les soixante-dix enseignantes et enseignants du Collège de Montréal. Il est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). Le Collège de Montréal est un établissement d’enseignement de vocation catholique comptant 1 300 élèves, filles et garçons, de la première à la cinquième secondaire.

Fondée en 1969, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’université. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec. La fédération est l’une des huit fédérations affiliées à la Confédération des syndicats nationaux.

Pour de plus amples renseignements sur la FNEEQ-CSN, visitez http://fneeq.qc.ca et suivez-nous sur Facebook et Twitter.

Les États généraux de l’enseignement supérieur débutent aujourd’hui

Près de 25 organisations professionnelles, syndicales et étudiantes invitent toutes les personnes préoccupées par l’éducation au Québec à participer au premier rendez-vous des États généraux de l’enseignement supérieur qui se déroule du 18 au 20 mai 2017 à l’Université Laval, à Québec.

Seront à l’ordre du jour, dans le but d’inciter les pouvoirs politiques à faire de l’éducation une priorité nationale, les enjeux de la gratuité, de l’aide financière aux étudiantes et étudiants, de la marchandisation de l’éducation, de l’assurance qualité, du financement, de la gouvernance, de la formation continue, de l’accessibilité et de la recherche.

Plus de 400 personnes ont déjà répondu à l’appel lancé par le collectif. Soixante-dix panélistes dont Martine Desjardins, Pierre Doray, Hind Fazazi, Ethel Groffier, Éric Martin et Michel Seymour lanceront les discussions. La réflexion débutera par une table ronde animée par la journaliste et féministe Francine Pelletier et se poursuivra avec trois grandes conférences thématiques et quatorze ateliers sur différents défis et enjeux.

Une alliance devenue nécessaire

« Nous avons mis beaucoup d’énergie à renforcer les liens entre les groupes et les organisations qui réclament des changements dans la manière de financer, d’administrer et de développer le réseau québécois de l’enseignement supérieur et nous allons continuer à y travailler. Nous espérons que cet exercice nous permettra de développer une vision commune qui saura s’opposer à l’actuelle empreinte d’une logique marchande » soutient Véronique de Sève, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) .

Selon les organisateurs, réinvestir comme l’a fait dernièrement le gouvernement n’est pas tout. Après des années d’austérité et de compressions budgétaires, il faut dresser un bilan du fonctionnement et des missions des réseaux collégial et universitaire québécois. Pour Mario Beauchemin, 3e vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), « face à la concurrence entre les établissements d’enseignement supérieur et les problèmes du mode de financement, les organisations ont senti la nécessité de s’allier, comme en témoignent ces États généraux sur l’enseignement supérieur et les alliances antérieures pour la sauvegarde de l’accessibilité à l’enseignement collégial en régions et pour le réinvestissement dans les universités ». 

Améliorer les conditions d’études

Il est impossible cependant de parler d’enseignement supérieur sans parler d’accessibilité. Historiquement, c’est une question qui préoccupe particulièrement les étudiantes et les étudiants. Selon Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ), il y a lieu de s’interroger sur les mesures existantes : « Peut-on réellement parler d’accessibilité sans discrimination liée au sexe, à l’origine sociale ou culturelle et au territoire? Est-ce que le régime fiscal et le régime actuel d’aide financière aux études (AFE) sont suffisants pour atteindre l’égalité des chances? »

Pour Rose-Crevier Dagenais, présidente à la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), ce sera aussi l’occasion d’aborder la question des violences à caractères sexuels et de la santé mentale. « Nous désirons aborder le cas de campagnes qui sont menées afin de changer de façon durable des comportements ».

… et de la recherche

De son côté, Claude Fortin, vice-présidente de la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU), souhaite que les discussions puissent contribuer à améliorer les conditions de réalisation de la recherche. « Il y a actuellement une iniquité dans les conditions de la recherche en enseignement supérieur. L’intégrité de la science et la liberté académique sont fragilisées. Il est temps d’y voir » conclut-elle.

Initié à l’automne 2013, cet événement se veut une réplique aux orientations du gouvernement et des administrations. Les organisateurs feront un bilan en juin prochain et envisagent de tenir un second rendez-vous en 2018 afin de garantir le sain essor du réseau de l’enseignement supérieur à la veille des élections provinciales.

À propos

Les partenaires des États généraux de l’enseignement supérieur sont :

Association des Étudiantes et des Étudiants de Laval inscrits aux Études supérieures (ÆLIÉS), Association pour la voix étudiante au Québec (AVEQ), Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au postsecondaire (AQEIPS), Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM), Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP), Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), Fédération des professionnèles (FP-CSN), Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU), Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), Fondation Paul Gérin-Lajoie, Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA), Nouveaux cahiers du socialisme (NCS), Nouvelle alliance pour la philosophie au collège (NAPAC), Regroupement des syndicats universitaires de la CSQ (RSU-CSQ), Syndicat des Étudiant-e-s Salarié-e-s de l’Université de Montréal (SÉSUM), Union étudiante du Québec.

Au Collège Montmorency, la mission éducative passe par la malbouffe

Les étudiantes, les étudiants et le personnel du Collège Montmorency font front commun contre la décision du Conseil d’administration d’ouvrir grande la porte, une seconde fois, à la malbouffe en permettant l’implantation d’un comptoir de la chaîne de restauration rapide Quesada Burritos & Tacos dans les murs de l’institution. Pour le front commun, cette décision va à l’encontre de la mission éducative, de la politique alimentaire et de la responsabilité sociale de l’établissement.

 À la demande du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), le Collège a adopté en 2009 une politique visant la promotion de saines habitudes alimentaires. Les fournisseurs de produits alimentaires du Collège doivent s’y conformer. De toute évidence, ce ne sera pas le cas avec Quesada Burritos & Tacos. « En 2015, ils ont transformé un kiosque de sandwichs en comptoir Subway, et là, ils en introduisent un nouveau dont les aliments avoisinent ou dépassent, pour un seul repas, le maximum des besoins nutritionnels quotidiens recommandé par Santé Canada.  On ne s’explique pas la décision du collège de ne pas faire respecter sa propre politique alimentaire » de soutenir Madame Karine L’Ecuyer, présidente du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Montmorency (FNEEQ-CSN) et porte-parole du groupe.

Pour le front commun, il est socialement irresponsable qu’une institution comme le Collège Montmorency fournisse à des jeunes une alimentation contenant trop de lipides, de calories, de sucre et de sel : « Entendons-nous bien. Notre intention n’est pas d’attaquer Quesada Burritos & Tacos et ses produits. Nous plaidons simplement qu’une chaîne de restauration rapide n’a pas sa place dans une institution d’enseignement public », conclut Madame L’Ecuyer.

Selon le front commun, la présence de grandes publicités dans le collège, sous les contours du nom d’une bannière d’une chaîne de restauration rapide, constitue une forme exagérée de privatisation des murs d’une institution publique. Les étudiantes, les étudiants et le personnel du collège invitent la direction à discuter d’une alternative alimentaire qui rassemblera toute la communauté montmorencienne.

Les syndicats et association membres du front commun sont : Syndicat des enseignantes et des enseignants du cégep Montmorency (SEECM), Syndicat des employées et des employés du cégep Montmorency (SECM), Syndicat des travailleuses et des travailleurs des milieux associatifs en éducation – Montmorency (STTMAE-AEM), Association générale étudiante du collège Montmorency (AGEM)

Les enseignantes et enseignants des cégeps portent toujours le flambeau

La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) souhaite rectifier l’information prétendant que les enseignantes et enseignants des cégeps délaisseraient l’enseignement à temps plein pour des libérations qui allègeraient leur tâche.  Pour la fédération, l’information est le reflet de la méconnaissance du travail des enseignantes et des enseignants.

En enseignement supérieur, la tâche enseignante est beaucoup plus large que la seule prestation de cours, et inclut la préparation, l’évaluation et l’encadrement. C’est pourquoi il faut libérer des enseignantes et des enseignants d’une partie de leur prestation de cours pour effectuer les autres tâches. Ils ne délaissent donc pas l’enseignement, mais ont à cœur d’effectuer toutes les tâches s’y rattachant.

Certes, l’épuisement professionnel est bien présent dans nos milieux de travail. Les causes sont bien connues. Mais pour la présidente de la FNEEQ–CSN, Madame Caroline Senneville, il existe une confusion dans l’esprit du public. « La libération de la prestation de cours pour effectuer d’autres tâches enseignantes, ne libère pas du temps de travail, puisque la personne continue à travailler à temps complet. Ces autres tâches sont essentielles pour la réalisation de la mission et le bon fonctionnement de nos établissements en enseignement supérieur. »

Pour la FNEEQ-CSN, il ne faut pas confondre les libérations et le programme volontaire de réduction de temps de travail qui est une mesure parfois utilisée pour éviter l’épuisement professionnel. Ce congé, dont la personne assume la réduction salariale, est à coût zéro, et permet même aux collèges d’effectuer des économies puisque la personne qui remplace a généralement une rémunération moindre que celle de la personne en congé.

Madame Senneville tient à rassurer la population. Les enseignantes et enseignants du Québec portent toujours le flambeau et ont à cœur la mission éducative des collèges.

Un personnel enseignant mieux outillé pour faire face aux changements

Le personnel enseignant du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Villa Maria – CSN a entériné à 93 % l’entente de principe intervenue avec leur employeur lors de l’assemblée générale du 25 avril. Cette entente introduit des dispositions balisant les changements technologiques et l’utilisation de nouvelles méthodes ou techniques d’enseignement, une nouveauté dans ce secteur.

Pour madame Caroline Quesnel, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec et responsable du regroupement privé, ces dispositions vont favoriser une perception plus positive des changements au collège.  « Le personnel sera dorénavant impliqué bien avant l’introduction de nouvelles technologies ou méthodes. La transition sera plus harmonieuse et la collaboration de toutes et tous sera certainement améliorée», poursuit-elle. L’administration du collège s’engage par ailleurs à payer le développement professionnel et la formation des enseignantes et enseignants visés par tout changement technologique.

L’entente prévoit d’autres améliorations aux conditions de travail notamment sur le plan de l’organisation du travail et des avantages sociaux. La contribution de l’employeur au régime d’assurance collective est multiplié par deux, ce qui a un impact direct sur la rémunération du personnel.

« Les négociations se sont déroulées rondement. Il n’a fallu que quatre rencontres pour conclure une nouvelle convention collective et nos membres en sont satisfaits. C’est ce qui se produit lorsque les parties négocient de bonne foi », conclut, pour sa part, madame Odie Miller-Maboungou, présidente du syndicat.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Villa Maria – CSN représente 156 membres, dont 80 enseignantes et enseignants. Les professionnels non enseignants et les professeurs de musique sont aussi membres du syndicat. Le collège Villa Maria est un établissement privé d’enseignement secondaire.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN regroupe quelque 35 000 membres dans les cégeps, les établissements privés et les universités. Le regroupement privé est composé de plus de 3700 membres du personnel dans 39 syndicats.

De réelles avancées, mais encore du chemin à parcourir

Trente ans se sont écoulés depuis l’adoption en 1987 de la première plateforme commune des chargé-es de cours membres de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN). À l’époque, six syndicats provenant de différentes universités (universités du Québec à Montréal, Chicoutimi et Rimouski, Université de Montréal et Université Laval) avaient décidé de s’appuyer les uns les autres pour tenter de réaliser des gains, notamment en matière de rémunération, en adoptant une plateforme de demandes communes. Cette première négociation coordonnée sera fructueuse. Au cours des années qui suivront, les chargé-es de cours connaîtront une augmentation salariale moyenne de 60 %.

Aujourd’hui, les chargé-es de cours forment le plus vaste corps enseignant des universités québécoises. Non seulement ils enseignent au premier cycle, mais ils sont de plus en plus responsables de l’enseignement dans les programmes de maîtrise et de doctorat. Malgré cela, beaucoup de chemin reste à parcourir pour faire reconnaître leur contribution à l’enseignement universitaire.

Lorsqu’on compare leur rémunération, nous constatons qu’un grand écart existe entre les professeur-es et les chargé-es de cours, et partout, la rémunération est injuste et discriminatoire envers eux. « Il existe un énorme déséquilibre entre les professeurs et les chargés de cours, non seulement par rapport aux salaires, mais aussi par rapport à l’intégration dans la vie démocratique de l’université et à l’accès à la recherche, remarque Sylvain Marois, chargé de cours au Département des littératures à l’Université Laval et vice-président de la FNEEQ–CSN. Ce qui nous permet de parfaire nos connaissances et de rester à l’affût de notre domaine d’étude, c’est la recherche. Ne pas avoir accès à la recherche peut carrément mener à la déqualification. C’est pour cette raison qu’on se bat pour l’accès à des fonds de recherche distincts de ceux qui sont réservés aux professeurs. »

Les demandes inscrites dans l’actuelle plateforme commune, adoptée en mai 2016, visent à corriger ces déséquilibres. Les revendications portent entre autres sur la réduction de l’écart salarial entre les professeur-es et les chargé-es de cours, sur l’accès à la retraite et aux protections sociales, dont les assurances, sur l’encadrement de la taille des groupes d’étudiants et autres améliorations aux conditions d’enseignement et sur l’intégration, la représentation et la reconnaissance des chargés de cours au sein de la communauté universitaire.

Une mobilisation gagnante

La négociation coordonnée a déjà porté ses fruits en 2017. Au début de février dernier, le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ–CSN) a approuvé une entente de principe avec une augmentation totale de 8,61 % sur quatre ans, une clause remorque avec les professeurs pour 2019 et d’autres gains en matière d’accès à la recherche. Après une grande mobilisation sur le terrain et l’adoption d’une banque de jours de grève, la direction de l’Université du Québec a rapidement réglé avec le syndicat. Voilà une première leçon à retenir.

La présente ronde de négociation coordonnée compte sur la participation de presque tous les syndicats de chargé-es de cours affiliés à la FNEEQ–CSN — sauf deux, ce qui représente plus de 10 000 chargé-es de cours.

Des états généraux, pourquoi ?

À la lecture des conclusions des États généraux de l’éducation de 1995-1996, il est stupéfiant de constater que les choses n’ont guère changé. Les derniers états généraux ne s’étant pas avérés un moteur de changement, pourquoi vouloir organiser en 2017 des États généraux de l’enseignement supérieur ? Peut-être simplement parce que nous en avons le devoir !

On a vu s’organiser, au cours des dernières années, une mobilisation citoyenne autour de l’éducation. L’enseignement supérieur semble cependant moins mobilisateur, étant considéré moins en danger. Quand on voit la rémunération toujours croissante de certains chefs d’établissement, quand on voit les projets pharaoniques de certaines universités, quand on voit les projets avec les entreprises privées… bien peu de cœurs saignent pour nos collèges et nos universités. Pourtant, sur le terrain, dans les salles de classe bondées, les conditions d’études et de travail se détériorent et l’offre de cours diminue. La situation est dramatique et nous croyons que nous devons nous porter à la défense des universités et des collèges québécois.

Mais comment mener cette bataille ? À la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), nous sommes fiers d’avoir atteint une première étape, celle de réunir l’ensemble des acteurs en enseignement supérieur autour d’enjeux, de questions et de problématiques qui font consensus. Depuis 2013, la FNEEQ–CSN, en collaboration avec de nombreux partenaires, cherche à mettre en place une coalition capable de porter un tel projet. Nous y sommes parvenus en réunissant les représentants étudiants et ceux de toutes les catégories de personnel présentes dans les collèges et les universités du Québec. L’événement aura lieu à l’Université Laval, du 18 au 20 mai. Les principaux objectifs partagés par l’ensemble de ce collectif sont les suivants :

  • Créer un espace de débat et de réflexion autour des enjeux en enseignement supérieur.
  • Remettre à l’ordre du jour certains enjeux, comme la gratuité, l’aide financière aux étudiantes et étudiants, la marchandisation de l’éducation, l’assurance qualité, le financement, la gouvernance, l’éducation populaire et la formation continue, l’accessibilité, la recherche, la tâche enseignante, etc.
  • Créer ou renforcer les liens avec d’autres organisations qui œuvrent en éducation pour partager nos analyses et unir nos actions pour faire de l’éducation une priorité nationale.
  • Débattre des solutions qui correspondent à notre vision de l’enseignement supérieur et des conditions nécessaires à sa réalisation.
  • Prévoir un plan d’action et mobiliser la société québécoise pour faire pression sur les pouvoirs politiques.

 

Ces éléments de consensus doivent maintenant être discutés dans une perspective d’avenir. Depuis près d’un an, la FNEEQ–CSN et ses partenaires travaillent de façon accélérée à la programmation. Le 1er mars dernier, le collectif s’entendait sur le programme final. Après une table ronde, le jeudi 18 mai en soirée, trois grandes conférences thématiques auront lieu le vendredi matin. Suivront plus d’une douzaine d’ateliers différents. Le tout se terminera en plénière, le samedi matin, où nous souhaitons profiter de la présence de représentants de la communauté de l’enseignement supérieur dans un même lieu pour nous projeter vers l’avant. Nous espérons pouvoir dégager des pistes d’action, qui tiendront compte des diverses consultations gouvernementales et du calendrier électoral québécois. 

La ministre Hélène David doit miser sur les consensus

La CSN juge inacceptables plusieurs recommandations des rapports sur les consultations portant sur un Conseil des universités du Québec, un Conseil des collèges du Québec, une Commission mixte de l’enseignement supérieur et des modifications au Règlement sur le régime des études collégiales (RREC). Si la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, affirmait vouloir agir en fonction de « ce qui fait consensus », force est de constater que plusieurs éléments des rapports sont loin de faire l’unanimité.

« Depuis plusieurs années, la  CSN et ses fédérations affiliées réclament la mise en place d’un conseil des universités, et nous avons exprimé cet automne notre ouverture à la création d’un conseil des collèges. Pour assurer la légitimité de ces conseils, il faut que leur mission et leur mode de fonctionnement reposent effectivement sur des consensus. Or, certaines recommandations nous paraissent totalement inacceptables et font craindre pour la suite des choses », affirme d’entrée de jeu Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

Les deux conseils auraient notamment pour responsabilité d’évaluer la qualité de l’enseignement dispensé par les établissements. « Nous nous sommes toujours opposés à ce que la création d’un conseil des universités serve de cheval de Troie pour introduire un nouveau mécanisme d’assurance qualité. Or, c’est exactement ce que l’on retrouve dans le rapport Corbo et dans le rapport Demers », s’insurge Louise Briand, vice-présidente du secteur universitaire de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Les deux organismes seraient administrés par des conseils d’administration assurant une faible majorité à la communauté universitaire et collégiale selon le cas. Toutefois, certains groupes y seraient peu ou pas du tout représentés. « Le conseil doit assurer une participation représentative de chaque catégorie de personnel. Pourtant, en ce qui concerne le CA du conseil des universités, il y aura davantage d’universitaires venant de l’extérieur du Québec (trois) que de chargés de cours (un), ce qui est aberrant ! Le personnel de soutien et les professionnel-les ne sont quant à eux même pas sûrs d’être représentés puisqu’un seul poste est réservé à une personne appartenant à un autre corps d’emploi universitaire. La ministre doit rejeter ce modèle de représentation », déclare Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

La consultation de l’automne a également porté sur de possibles modifications au RREC. Le rapport  Demers indique que, selon les commentaires reçus,  la possibilité d’accroître la flexibilité des programmes localement ne fait pas consensus.  Malgré tout, les commissaires recommandent d’augmenter la  flexibilité même au-delà de ce que préconisait le document de consultation.  « Cette recommandation doit être clairement rejetée. Offrir la possibilité à chaque collège de modifier un programme au gré des régions et des pressions des entreprises locales est inacceptable. Le diplôme obtenu dans un programme doit être le même partout.   Autrement, on compromet la cohésion du réseau collégial, la mobilité des étudiantes et des étudiants et celle des diplômé-es », ajoute Mme Sennevile.

Enfin, la CSN salue le fait que les deux rapports recommandent le maintien du Conseil supérieur de l’éducation (CSE). La conclusion du rapport Corbo à l’effet d’amputer le CSE de sa commission sur l’enseignement universitaire est toutefois irrecevable. « Le CSE a toujours sa raison d’être même en ce qui a trait à l’enseignement universitaire. Par exemple, les conditions de vie étudiantes forment un continuum du secondaire à l’université. On ne peut priver le CSE de sa compétence sur un tel sujet », affirme Sylvie Tremblay, vice-présidente-trésorière de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

 

 

Les chargées et chargés de cours de l’UQAM ratifient l’entente de principe

Les dernières journées de négociation précédant la journée de grève prévue pour le 7 février ont permis d’aller chercher une équité salariale avec les professeurs avec des augmentations de 1 % en 2017 et 1 % en 2018, en sus des paramètres gouvernementaux déjà prévus, pour un total de 8,61 % sur quatre ans, et une clause remorque avec les professeurs pour 2019, la convention collective de ces derniers se terminant en 2018. Les augmentations salariales seront versées sur une base forfaitaire de façon à favoriser les plus bas salariés du Syndicat.

Les charges de cours pouvant être accordées aux étudiants à la maîtrise ou au doctorat avant d’être offertes aux personnes chargées de cours (PCC) passent de 8 % à 6,5 % et pour obtenir ces charges l’étudiant doit avoir complété quatre sessions de son programme de maîtrise ou un trimestre de sa scolarité de doctorat, selon le cas.

Les personnes chargées de cours qui ont régulièrement au moins trois charges de cours depuis au moins cinq ans et qui, pour différentes raisons, en obtiennent moins auront accès à une banque de cinq charges de perfectionnement pour acquérir de nouvelles exigences de qualification pour l’enseignement.

Les 31 séances de négociation antérieures avaient permis d’aller chercher une importante reconnaissance institutionnelle de la valeur des activités de recherche et de création des chargées et chargés de cours et un droit de vote aux comités de programme et aux assemblées départementales. Ce dernier gain est toutefois sujet à l’approbation du Syndicat des professeurs et professeures de l’UQAM.

Le taux horaire pour des activités de représentation, de disponibilité complémentaire et pour des projets d’intégration, gelé à 45 $ de l’heure depuis plus de dix ans, sera augmenté de 2 dollars par année pour atteindre 51 $ en 2019. Le budget d’intégration des PCC aux différentes missions de l’institution passera de 500 000 $ en 2016 à 600 000 $ en 2019

Les nouvelles PCC auront accès à une réduction de leur période de probation et l’ensemble des membres à une bonification des congés spéciaux. Le nombre maximal de charges de cours passe de 8 à 9 par année.

Les deux parties se sont finalement entendues pour la mise en place de comités de travail sur la faisabilité d’un affichage annuel des charges de cours et sur les environnements numériques d’apprentissage.

La convention collective était échue depuis le 31 décembre 2014. La nouvelle convention est d’une durée de cinq ans.

À propos
Le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ) représente les quelque 2400 membres de ce corps enseignant. Fondé en 1978, il s’agit du plus vieux syndicat de personnes précaires au Québec. Le syndicat est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) qui regroupe quelque 35 000 membres dans les cégeps, les établissements privés et les universités. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Un frein à l’attraction et à la rétention de la main-d’œuvre dans le secteur public

Les centrales syndicales observent que le retard de la rémunération globale des salarié-es de l’État par rapport aux autres travailleurs québécois constituent encore aujourd’hui un obstacle à l’attraction et à la rétention de la main-d’œuvre au sein des services publics québécois.

Dans son rapport annuel consacré à la rémunération des salariés de l’État, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) constate que la rémunération globale – incluant le régime de retraite et autres avantages sociaux – des travailleuses et des travailleurs du secteur public accuse un retard de 9,3 % par rapport aux autres salariés québécois, et ce, pour des emplois comparables. Une situation jugée stable par l’ISQ comparativement à son dernier rapport publié à pareille date l’an dernier.

« Nous dénonçons cette situation depuis plusieurs années, rappelle la présidente de la CSQ, Louise Chabot. Ce retard salarial rend difficile le recrutement de nouveaux salariés dans les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation. La population québécoise désire avoir accès à des services publics de qualité. Nous devons donc accepter de rémunérer adéquatement les employés qui offrent ces services. »

Pour certains titres d’emploi comme ceux des ouvriers spécialisés, l’écart de la rémunération globale s’élève à plus de 40 %. « Les jeunes qui sortent de nos écoles ne sont pas idiots, déclare Daniel Boyer, président de la FTQ. Pourquoi envisageraient-ils de faire carrière dans les réseaux de la santé ou de l’éducation quand le secteur privé demeure beaucoup plus attrayant? Poser la question, c’est y répondre. »

Pour la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, le gouvernement doit poursuivre les travaux relatifs aux mesures d’attraction et de rétention dans le secteur public. « Il a été convenu avec le gouvernement d’instaurer des mesures particulières visant à améliorer la capacité de nos réseaux publics à attirer de la main-d’œuvre. C’est le cas des primes d’attraction pour les ouvriers spécialisés ou les psychologues, notamment. Nous avons également mis sur pied avec le Conseil du trésor de nombreux comités de travail visant à améliorer ces mesures. Le Conseil du trésor doit maintenant amorcer ces travaux avec tout le sérieux qu’exige l’état des lieux effectué par l’ISQ aujourd’hui. »

Des cégeps autonomes pour mieux répondre aux besoins des étudiantes et des étudiants

Le temps est venu, It’s time! Voilà ce que sont venus dire les étudiantes et les étudiants, le personnel enseignant, les employé-es de soutien, les professionnels et les partenaires socioéconomiques des campus de St. Lawrence et Saint-Lambert du Collège régional Champlain (CRC), qui militent depuis plus de deux ans en faveur de l’autonomie de leurs campus. Rassemblés au cinéma Le Clap pour un événement festif, les membres de ce mouvement ont tenu à rappeler les fondements et la légitimité de leur démarche.

« Les gens de Québec sont fiers de leur campus anglophone qui jouit d’une excellente réputation grâce à ses étudiants et à son personnel engagé et dynamique. Par contre, derrière cette façade, se cache une structure désuète et sous-financée qui accapare les ressources qui devraient servir nos étudiants », affirme Lisa Birch, présidente du personnel enseignant du campus St. Lawrence. Ce constat découle d’un rapport de MCE Conseils qui compare le financement, la structure de gouvernance et les services offerts du Collège régional Champlain à ceux des autres cégeps. Interrogée sur les conclusions du rapport, Mme Birch est forcée d’admettre que la seule façon d’obtenir un traitement équitable pour les trois campus serait d’accorder à chacun le statut de cégep.

De par son titre de cégep multirégional, le Collège régional Champlain ne reçoit qu’une enveloppe budgétaire, qui doit être divisée par la suite entre les trois campus et l’administration centrale de Sherbrooke. « Cette situation est à l’origine de la sous-embauche chronique d’employé-es de soutien et de professionnels, ce qui nuit aux services directs rendus aux étudiants », indique Sylvie Tremblay, vice-présidente-trésorière de la FEESP–CSN.

Avec ses trois campus (Saint-Lambert, St. Lawrence et Lennoxville) répartis sur trois régions différentes et son centre administratif à Sherbrooke, le CRC est le seul cégep multirégional qui subsiste au Québec. Les autres établissements de ce type, qui avaient été créés en 1970, ont tous été démantelés et remplacés par des cégeps indépendants. Selon Nicole Lefebvre, vice-présidente et responsable politique de la FNEEQ, « Les raisons qui avaient été évoquées à l’époque pour cette transformation des établissements étaient des problèmes d’identité, de gestion, de représentation et de finances. On retrouve aujourd’hui tous ces problèmes au Collège régional Champlain. »

L’ensemble des intervenants dans ce dossier est d’avis qu’un conseil d’administration nommé localement, avec une représentation suffisante du personnel de l’établissement, permettrait d’adapter les services aux priorités de chaque région. « Nous pourrions développer, avec des acteurs locaux, des initiatives qui s’inspirent des réalités régionales. En résulterait une utilisation plus efficace des ressources, qui bénéficierait aux communautés », renchérit Richard Garneau, président du personnel soutien. Rappelons que dans sa forme actuelle, le CRC a un seul conseil d’administration, ce qui entraîne un important déficit de représentativité pour chacune des collectivités.

Les communautés qui portent le projet d’autonomie espèrent que leur message sera enfin entendu : « Pour répondre pleinement à leur mission, les trois campus du Collège régional Champlain peuvent et doivent faire mieux en se gouvernant de façon pleinement autonome », affirme Benjamin Huot président du Conseil étudiant au campus de St. Lawrence.

À propos
Les syndicats du personnel enseignant des campus de St. Lawrence et Saint-Lambert sont affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN). Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Les syndicats du personnel de soutien des campus de St. Lawrence et Saint-Lambert sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). La FEESP–CSN représente plus de 70 % des employé-es de soutien du réseau collégial.

Full-fledged CEGEPs to better respond to students’ needs

It’s time, Le temps est venu! This is what students, teachers, support staff, professionals and socioeconomic partners are saying on the St. Lawrence and Saint-Lambert campuses of Champlain Regional College (CRC), who have been campaigning for campus autonomy for two years. Gathered at the Cinéma Le Clap for a festive event, supporters of this movement reiterated the foundations and legitimacy of their undertaking.

« People in Québec City are proud of their English-language campus, which enjoys an excellent reputation thanks to its dedicated and dynamic personnel. The structure of Champlain Regional College is obsolete and underfunded; it drains resources that should serve our students,” says Lisa Birch, President of the teaching staff. This is the conclusion of a report by MCE Conseils that compares the funding, governance structure and services offered at Champlain Regional College with those of other CEGEPs. Asked about the findings of this report, Ms. Birch stated that the analysis shows only one conclusion is possible: equitable treatment for each campus is only achievable if each is granted the status of a full-fledged CEGEP.

As a multiregional CEGEP, Champlain Regional College (CRC) receives funding as a single college. This must then be divided among three campuses and the central administration in Sherbrooke. This situation has resulted in the chronic under-hiring of support staff and professionals, which hampers services offered directly to students,” concluded Sylvie Tremblay, Vice President/Treasurer of the Fédération des employées-et employés de services publics (FEESP-CSN).

With its three campuses (Saint-Lambert, St. Lawrence and Lennoxville) spread over three different administrative regions of the province, and with its head office located in Sherbrooke, CRC is the only multiregional CEGEP in Québec. Other regional institutions, created in 1970, were dismantled and replaced by independent colleges. According to Nicole Lefebvre, vice president of the CEGEP sector at the Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), “The reasons given at the time to justify the transformation of these institutions included problems with identity, management, representation and finances. All these problems currently exist at Champlain Regional College.”

All stakeholders agree that a locally-appointed board of directors, with full representation from each region’s community and socio-economic groups and each institution’s students, staff and alumni, would allow services to be adapted to the priorities of each region. “With local stakeholders, we could develop initiatives based on regional realities. The result would be a more efficient use of resources that would benefit each community,” adds Richard Garneau, President of support staff at St-Lawrence campus. In its current form, the CRC has only one board of governors, which leads to significant representation problems for each campus.

The communities supporting this project hope their message will finally be heard. “To fulfill their missions fully, the three campuses of Champlain Regional College can and must do better through local governance with full autonomy,” concluded Benjamin Huot, President of the students’ association.

About
Teaching staff unions on the St. Lawrence and Saint-Lambert campuses are affiliated with the Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). FNEEQ-CSN represents some 34,000 members in Québec CEGEPs and universities, as well as secondary and college-level private institutions. It is the most representative union organization in higher education in Québec.

Support staff unions on the St. Lawrence and Saint-Lambert campuses are affiliated with the Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN). It represents more than 4,500 members in 34 college institutions and two computer centres. FEESP–CSN represents more than 70% of college support staff.

Une banque de cinq jours de grève!

Les chargées et chargés de cours de l’UQAM ont rejeté à 96,5 % l’offre finale de l’employeur, vendredi après-midi en assemblée générale, et 86 % des membres présents ont voté en faveur d’une banque de cinq jours de grève à utiliser au moment jugé opportun par le comité exécutif et le comité de négociation.

Après 17 mois et 30 séances d’une négociation qui avançait à pas de tortue, la direction de l’Université du Québec à Montréal a avisé le Syndicat le 15 novembre qu’elle ne voulait plus se prêter au jeu de la négociation avec ses chargées et chargés de cours. Elle a alors déposé son offre finale à la table de négociation. Une offre qui ressemble étrangement à l’offre globale de septembre, rejetée unanimement en assemblée générale.

SCCCUQ2

Cette offre finale contenait des augmentations salariales en-deçà de celles offertes aux professeurs et aux employés de soutien – se limitant aux paramètres salariaux gouvernementaux, soit 6,75 % sur cinq ans – alors que nous sommes les personnes chargées de cours à peu près les moins bien payées de l’ensemble des universités francophones québécoises. Et des offres normatives qui répondent par la négative à nos principales revendications sur les exigences de qualification pour l’enseignement (EQE), la clause réserve permettant aux étudiants à la maîtrise ou au doctorat d’enseigner sans répondre aux mêmes exigences, la stabilisation de l’emploi et les environnements numériques d’apprentissage.

L’offre finale maintient, somme toute, les membres de ce corps enseignant dans la précarité et sur un siège éjectable. Ces offres ne changeront rien pour la moitié des membres du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM qui gagnent moins de 20 000 $ par année ou qui sont en période de probation.

Tout comme en septembre, les chargées et chargés de cours ont accordé un mandat fort à leur comité de négociation qui retourne à la table de négociation lundi avec la ferme intention de poursuivre les négociations.

Le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ) représente, depuis 1978, les quelque 2300 membres de ce corps enseignant. Il s’agit du plus vieux syndicat de personnes précaires au Québec. Le syndicat est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) qui regroupe quelque 35 000 membres dans les cégeps, les établissements privés et les universités. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

SCCCUQ3