Une vision étroite de l’accès aux services de santé et de services sociaux

Pour la CSN, une réelle réflexion sur l’enjeu primordial de l’accès aux services de santé et de services sociaux doit inclure une révision plus large du mode de rémunération des médecins que celle proposée par le ministre Barrette. Elle devrait aussi considérer l’ensemble du personnel qui joue un rôle clé dans l’accès aux services. La CSN déplore par ailleurs le fait que le ministre refuse d’indiquer sa vision globale pour l’avenir du réseau et que le projet de loi 20 porte une vision si étroite de l’accès aux services.

En effet, le paiement à l’acte ne favorise aucunement la prévention et met en place des conditions favorables au surdiagnostic qui coûte très cher au gouvernement du Québec. Cela n’est pas abordé par le projet de loi. « Un nouveau mode de rémunération permettrait d’allouer plus facilement les ressources aux endroits où elles sont davantage requises tout en s’assurant de la pertinence des soins », estime Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Il serait également opportun d’agir sur le rôle plus grand que pourrait prendre l’équipe soignante, dont les infirmières, et les autres professionnel-les de la santé, de façon à dégager les médecins qui seraient alors en mesure de prendre plus de patients, et à vraiment faciliter l’accès à la première ligne. « Comment peut-on réduire l’accès aux services à la seule disponibilité des médecins ? Une réelle première ligne passe d’abord et avant tout par de la prévention et des services sociaux de qualité, ce qui est totalement absent de ce projet de loi », explique le vice-président.

« Le projet de loi 20 laisse par ailleurs dans l’ombre la place que pourraient prendre les supercliniques promises par le Parti libéral. Le gouvernement ne nous a toujours pas indiqué si ces cliniques seraient privées ou publiques. Dans ce projet de loi, on craint que le gouvernement veuille favoriser le développement de cliniques médicales privées », affirme Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

« Il est curieux de voir que le projet de loi 20 maintient un rôle pour les agences régionales dans la répartition des médecins, alors que le gouvernement prévoit leur abolition avec le projet de loi 10 », souligne par ailleurs Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles. Si ce rôle était confié plus tard aux futurs centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), il faudrait alors du personnel supplémentaire affecté à ces nouvelles tâches. Cela démontre la nécessité des services actuellement offerts dans les agences régionales. »

Manque de transparence

Malgré deux projets de loi, plusieurs aspects de la réforme globale du système de santé du ministre Barrette demeurent encore nébuleux. « Dommage que le ministre maintienne par ce projet de loi une vision si étroite de l’accès aux services de santé et de services sociaux. Cela est d’autant plus déplorable que le 9 décembre prochain, les composantes du réseau seront réunies pour une deuxième fois pour mettre de l’avant des solutions porteuses pour assurer l’avenir du réseau et un meilleur accès aux services », affirme Jean Lacharité.

La CSN estime que pour comprendre l’ensemble de l’œuvre et sa portée, le ministre Gaétan Barrette devrait mettre l’ensemble de ses intentions sur la table en vue d’une consultation globale et générale.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La Montérégie perdrait beaucoup dans la réforme Barrette

Ce soir, des travailleuses et des travailleurs ainsi que des citoyennes et des citoyens montérégiens se sont réunis devant l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie pour signifier leur refus du projet de loi 10, présenté par le ministre Gaétan Barrette. Celui-ci entend abolir les instances de coordination régionales et centraliser l’ensemble des organismes relevant du ministère de la Santé et des Services sociaux au sein d’une seule structure mammouth pour toute la Montérégie.

Structure mammouth

« Si le projet de loi 10 est adopté, nous aurons dorénavant un seul centre de santé pour toute la Montérégie, de Salaberry-de-Valleyfield à Granby. Un mastodonte ingérable au sein duquel 28 000 travailleuses et travailleurs assureront soins et services pour 1,4 million de personnes, de 177 municipalités, couvrant plus de 11 000 kilomètres carrés, explique la présidente du Conseil central de la Montérégie CSN, Annette Herbeuval. Avec la réforme, les citoyennes et les citoyens perdent leur voix au chapitre. Les administrateurs actuels, bénévoles et représentatifs de la communauté, seront remplacés par des gens de l’extérieur, rémunérés et nommés par le ministre. C’est une lourde perte pour la démocratie ».

« Tous les intervenants en commission parlementaire sur ce projet de loi ont formulé des critiques majeures. La plupart des acteurs le rejettent carrément. La seule voix qui s’est élevée pour l’appuyer est celle de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Ce n’est pas nécessairement surprenant, puisque le Dr Barrette n’a consulté absolument personne. Il en va de notre devoir d’alerter toute la population : le gouvernement s’apprête à commettre de graves erreurs », prévient le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jeff Begley.

Les inquiétudes que suscite le grand bouleversement souhaité par le Dr Barrette sont nombreuses. De la réforme précédente, du Dr Couillard, retenons une longue période où les énergies furent concentrées au fonctionnement des nouvelles structures, les CSSS. On a vu le nombre de cadres augmenter deux fois plus rapidement que le personnel. Les nouvelles structures n’ont pas permis d’améliorer l’accessibilité aux services. Non seulement ces lacunes risquent-elles de s’aggraver, mais les services à la population ne seront pas améliorés. Le ministre lui-même l’a reconnu, promettant que des améliorations se feront ensuite.

Disparition des agences

« Au fond, c’est une recette pour permettre au ministre de concentrer plus de pouvoirs entre ses mains pour imposer plus de compression, plus de privatisation. Abolir d’un trait de crayon les organismes responsables de coordonner les services en région, de voir à la santé publique et à la prévention, ce que font les agences, est un non-sens. Ça va à contrecourant de tout ce qui se fait partout ailleurs dans le monde, où on mise sur le rapprochement des services à la population dans des structures les plus légères possible », ajoute le président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Michel Tremblay.

Quant au vice-président de la FSSS-CSN pour la Montérégie, Steve St-Onge, il craint que les services sociaux de la région sortent grands perdants de la réforme. « Les budgets, l’allocation des ressources seront centralisés dans les mains de quelques décideurs qui n’auront pas nécessairement d’expertise particulière dans le domaine des services sociaux. Par exemple, quelle importance sera accordée aux besoins des Centres jeunesse, surtout les points de service plus éloignés ou des centres de réadaptation dans cette structure mammouth qui gravitera plus que jamais autour des hôpitaux des grands centres. Nous sommes inquiets pour les travailleuses et les travailleurs que nous représentons, mais aussi pour les usagères et les usagers des services. Ils n’auront jamais été aussi éloignés des lieux décisionnels ».

À propos

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et la Fédération des professionnèles (FP-CSN) représentent environ 115 000 salarié-es du réseau public de santé et de services sociaux de tous les titres d’emploi, dans tous les types d’établissements, partout au Québec. Quant au Conseil central de la Montérégie, il réunit plus de 200 syndicats CSN de tous les secteurs d’activité sur le territoire montérégien.

Le retard de rémunération des employés de l’État est toujours aussi grand, constate le Front commun

Le retard de rémunération qu’accusent les employés du secteur public par rapport aux autres travailleurs québécois demeure toujours aussi grand, constate le Front commun. Malgré un faible recul jugé non significatif par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) dans son rapport rendu public aujourd’hui, cet écart se situe maintenant à 7,6 % de la rémunération globale, et ce, pour des emplois comparables et en tenant compte de l’ensemble des avantages sociaux.

« Année après année, nous ne pouvons que constater la cristallisation d’un retard salarial qui n’aide en rien le recrutement et le maintien de la main-d’œuvre au sein des services publics québécois, déplore Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Les femmes, qui représentent 75 % de la main-d’œuvre du secteur public, sont directement touchées par cette discrimination salariale. Le gouvernement doit saisir l’opportunité offerte par l’actuelle négociation du secteur public pour répondre une fois pour toutes à ce problème criant. Alors que 15 000 employés des réseaux de la santé, de l’éducation et des organismes gouvernementaux prendront annuellement leur retraite au cours des prochaines années, le gouvernement ne peut rester inactif face aux importants problèmes de rétention et d’attraction de la main-d’œuvre entrainés par cette rémunération qui, certainement, date d’une autre époque. »

Alors que le retard de rémunération touche une vaste majorité de titres d’emploi, certains sont dans une situation beaucoup plus préoccupante que d’autres. « Essayez d’aller convaincre une technicienne en génie ou un concierge de venir travailler pour l’État québécois quand ces personnes peuvent gagner de 33 à 35 % de plus ailleurs dans le secteur privé, s’inquiète Lucie Martineau, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics. Ce n’est pas étonnant qu’en raison des problèmes de rareté de main-d’œuvre, les établissements publics doivent se rabattre à la sous-traitance dans une multitude de secteurs. Mais ce recours au secteur privé coûte deux fois plus cher aux contribuables, et ça, il faut le rappeler! »

Le retard constaté pour la rémunération globale des ouvriers spécialisés du secteur public s’est considérablement dégradé, souligne Daniel Boyer, président de la FTQ. « C’est rendu que les électriciens, les plombiers et les menuisiers responsables de l’entretien de nos établissements reçoivent 37,3 % de moins que ce qui se paye dans le marché! Ce n’est pas des farces, le gouvernement semble tout mettre en œuvre pour faire fuir l’expertise de nos réseaux et ouvrir toutes grandes les portes à la privatisation de nos services! »

Le représentant syndical dénonce le fait que les plafonds des échelles salariales du secteur public soient nettement inférieurs à ceux du reste du marché. « Pour les catégories d’emploi professionnels, techniciens et employés de bureau, les maximums normaux des échelles salariales accusent un retard allant de 10 à 18 %. Encore une invitation toute grande aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public d’aller travailler ailleurs pour améliorer leurs conditions de travail en milieu de carrière! », déplore M. Boyer.

Lucie Martineau rappelle que les demandes salariales déposées par le Front commun, le 30 octobre dernier, visent principalement à assurer la parité en matière de rémunération avec l’ensemble des autres travailleurs québécois. « Notre demande est simple : 2 % par année pour combler graduellement le retard salarial, 2 % pour le maintenir en cours de convention et nous protéger contre la hausse du coût de la vie et un 0,5 % pour bénéficier, nous aussi, de l’enrichissement collectif. Nos demandes ne sont pas “déconnectées” de la réalité, mais bien collées sur ce que l’ISQ nous rappelle encore une fois aujourd’hui, à savoir que les employés de l’État québécois sont sous-payés par rapport aux autres travailleurs québécois. »

« Et comme M. Coiteux semble bien soucieux d’identifier des pistes d’économies, nous avons fait une partie du travail à sa place, poursuit Francine Lévesque. Nous avons identifié trois chantiers qui pourraient nettement améliorer la gestion de nos services publics : réduire la précarité d’emploi, qui touche 35 % de nos membres, contrer le recours à la sous-traitance et la privatisation des services publics et stopper l’érosion de l’autonomie professionnelle de nos membres. Ces trois enjeux sont source d’un gaspillage et d’un mal-financement importants de nos services publics. »

« Lorsque le gouvernement a créé l’ISQ, il avait pour but de démontrer que les employés du secteur public étaient surpayés, rappelle Daniel Boyer. Maintenant qu’il est clairement établi que nous sommes sous-payés, il est plutôt désolant que les employeurs tentent aujourd’hui de se servir des données de l’ISQ pour niveler par le bas les conditions de travail de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs québécois », s’inquiète le président de la FTQ.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public viendront à échéance le 31 mars 2015.

Des mesures extrêmement préoccupantes, estime le Front commun

Les annonces du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, en matière de réduction des effectifs et de la masse salariale de l’État entraineront une détérioration importante des services publics offerts aux citoyens et risquent de miner la capacité de l’appareil gouvernemental à répondre aux besoins de la population, estiment les porte-parole du Front commun.

« La fonction publique québécoise a été secouée depuis plusieurs années par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, souligne Lucie Martineau, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP). Faut-il rappeler à M. Coiteux les torts irréparables que ces mesures ont causés à de nombreux ministères, notamment au ministère des Transports, qui a vu son expertise en ingénierie être remplacée par le secteur privé, avec les conséquences qu’on connaît? Une réduction de 2 % des effectifs de la fonction publique ne peut qu’aggraver le recul des ministères et des organismes gouvernementaux. Ce n’est pas dans l’intérêt des Québécoises et des Québécois. »

Pour Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN responsable des négociations du secteur public, l’annonce de compressions supplémentaires de 689 millions dès l’exercice budgétaire de 2015-2016 comporte son lot d’interrogations. « M. Coiteux a précisé que la réduction de 2 % des effectifs ne s’applique pas aux réseaux de la santé et de l’éducation, du moins pour le moment. Mais des compressions additionnelles de l’ordre de 689 millions en 2015-2016 épargneront-elles ces réseaux? Nous en doutons fortement. Comment procèdera-t-il? Avec un programme de départs massifs à la retraite comme en 1997, dont le Québec ne s’est toujours pas remis encore aujourd’hui? »

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, dénonce l’absence de dialogue de ce gouvernement avec la société civile. « Le Québec est mené par des apprentis sorciers qui se plaisent à mettre des familles à la rue en tirant sur tout ce qui bouge. Nous l’avons dit et nous le répétons : les libéraux vont trop vite en ce qui a trait au retour à l’équilibre budgétaire. En agissant de la sorte, ils mettent en péril l’économie du Québec. Le président du Conseil du trésor risque, par son approche strictement idéologique, de nous entrainer en récession, malgré les mises en garde du FMI et de l’OCDE quant aux dangers réels des mesures d’austérité tous azimuts. Il faut se donner une marge de manœuvre, se donner l’oxygène nécessaire afin de ne pas mettre en péril ce que nous avons construit au fil des ans, soit le Québec moderne. »

Pour les représentants du Front commun, il est illusoire qu’une réduction des effectifs dans l’appareil gouvernemental n’aura pas d’impact sur les services à la population. « M. Coiteux désire “rénover la maison” en sapant les fondations du modèle québécois. La population n’a jamais voté pour ça. Voilà pourquoi nous réitérons notre invitation à prendre la rue par dizaines de milliers, à Québec et à Montréal, samedi prochain pour dénoncer les politiques d’austérité mises de l’avant par le président du Conseil du trésor et ses collègues du Parti libéral », ont conclu les représentants syndicaux.

Un choix irresponsable et dangereux

La CSN dénonce avec vigueur les nouvelles coupes imposées aux réseaux universitaire et collégial. Un choix irresponsable et dangereux de la part du gouvernement libéral qui, une fois de plus, s’attaque au modèle québécois avec ses politiques d’austérité effrénées.

Un choix irresponsable

Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et la CSN, les coupes de 20 millions de dollars dans le réseau collégial, qui s’ajoutent à celles de 109 M$ imposées depuis quatre ans, et de 30 millions pour les universités, somme qui totalise 200 M$ de compressions cette année, auront des conséquences désastreuses pour ces institutions, ceux qui les fréquentent et les salarié-es qui y œuvrent. « Il est complètement irresponsable d’imposer des coupes d’une telle ampleur aux établissements d’enseignement supérieur qui souffrent d’un financement inadéquat, et ce, en plein milieu de l’exercice financier », dénonce Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable du dossier de l’éducation.

Une attaque frontale

Pour la CSN et ses fédérations, s’attaquer de la sorte au réseau collégial ainsi qu’aux universités est un jeu dangereux pour l’avenir du Québec. « L’éducation est la pierre angulaire du développement du peuple québécois. Nous devons la protéger et la renforcer. En agissant de la sorte, le gouvernement de Philippe Couillard fragilise dangereusement notre système d’éducation. C’est le développement de la société qui est menacée, note Véronique De Sève. Ces compressions mettent en péril le soutien à l’apprentissage ainsi que toutes les mesures particulières visant la réussite, la persévérance et la vie socioculturelle et sportive dans les établissements. »

Le 29 novembre à Montréal et à Québec

La FNEEQ-CSN, la FEESP-CSN, la FP-CSN et la CSN invitent les Québécoises et les Québécois à prendre la rue massivement le 29 novembre prochain à Montréal et à Québec afin de faire comprendre au gouvernement qu’il joue à un jeu dangereux, pour lequel il n’a jamais été mandaté. « Il est encore temps d’arrêter ce gouvernement avant qu’il saccage tout ! », conclut la vice-présidente de la CSN.

À propos

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN) regroupe quelque 33 000 membres, dans les cégeps, les établissements privés et les universités. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec. La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) compte plus de 400 syndicats affiliés représentant environ 55 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. La Fédération des professionnèles (F-CSN) représente plus de 8000 professionnel-les, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité.

L’APTS, la CSN, la CSQ et la FTQ unissent leur voix contre le projet de loi 10

À l’occasion de la dernière journée de consultation sur le projet de loi n° 10 modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux, l’APTS, la CSN, la CSQ et la FTQ unissent leur voix pour signifier leur vive opposition au projet mammouth du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette.

La centralisation des pouvoirs dans les mains du ministre est une aberration. «Le ministre s’octroie des pouvoirs de nomination sans précédent, s’offusque la présidente de la CSQ, Louise Chabot. Des membres des conseils d’administration des nouveaux établissements en passant par leurs Directeurs généraux, tous seront directement redevables au ministre. Cette centralisation excessive aura pour effet direct d’éloigner la population de leur établissement. Le problème sera particulièrement visible en région. Les établissements de proximité connaissent bien leur population et leurs besoins. Les nouvelles structures mastodontes éloigneront les citoyens des centres de décision. Il s’agit d’une véritable atteinte à la démocratie.»

«Nos organisations l’ont toutes souligné au ministre : ce projet de loi ne doit pas être adopté, ajoute le président de la FTQ, Daniel Boyer. La CSN participait aujourd’hui à la Commission parlementaire sur le projet de loi 10. le vice-président de la CSN, Jean Lacharité était accompagné du conseiller syndical Jean Dalcé, du président de la FP–CSN, Michel Tremblay, du vice-président de la FSSS–CSN, Guy Laurion et de la conseillère syndicale Anne Pineau. Et nous ne sommes pas les seuls. La très grande majorité des intervenants qui sont passés devant la commission ont souligné à gros traits les risques que font peser sur le réseau le projet de loi 10. Seules les chambres de commerce ont applaudi. On ne peut pas faire une réforme de cette ampleur sans l’appui des principaux acteurs que sont le personnel du réseau, les établissements, les patients, le milieu communautaire et même les médecins. Ce n’est pas possible. Le ministre doit impérativement reculer. La population n’a pas voté pour se faire imposer des réformes sans consultation.»

Pour les organisations syndicales, il n’y a pas de véritables économies à réaliser avec ce projet. «La création des CSSS était supposée diminuer les structures et le nombre de cadres, indique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Dix ans après leur mise en place, c’est précisément le contraire qui s’est produit. Il n’y a jamais eu autant de cadres qu’en ce moment dans le réseau. La création de méga structures ne fait jamais diminuer l’encadrement. Si le passé est garant de l’avenir, dans dix ans, les cadres auront été recasés dans l’appareil. Le projet de loi 10 vient également menacer les missions sociales du réseau car les budgets actuellement dévolus aux centres jeunesse et aux centres de réadaptation risquent d’être aspirés par les besoins des hôpitaux. »

Par surcroit, le projet de loi ne répond en rien aux problèmes du réseau. «Jouer dans les organigrammes ne fera rien pour diminuer les listes d’attente, améliorer l’accessibilité et réduire la pression à la performance pour le personnel du réseau. La priorité d’un ministre de la Santé doit être l’accès aux services. On a déjà joué dans le film «brassage de structures» et on sait ce que ça donne sur le terrain : encore plus d’incertitudes et une quantité astronomiques d’énergies gaspillées à des fins administratives, au lieu de se concentrer sur les services. La dernière chose dont le personnel et la population ont besoin, c’est une énième réforme des structures. Le ministre doit mettre à la poubelle sa réforme et faire une véritable consultation», de conclure la présidente de l’APTS, Carolle Dubé.

Des demandes pour une convention collective humaine et à l’image de ses membres pour la Fédération des professionnèles

L’intérêt pour la clientèle, la réalisation d’un travail de qualité, les conditions d’exercice, les perspectives de travail et la reconnaissance sont parmi les grandes préoccupations des membres de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN).

« Malheureusement, on nous sert plutôt un régime draconien d’austérité, entremêlé d’un projet de loi centralisateur, le PL-10, et on relègue au second rang l’aspect humain qui est la force de nos services publics », déplore Ginette Langlois, vice-présidente de la FP-CSN, après avoir déposé les demandes de négociation sectorielle de la fédération.

Afin de remettre les questions liées aux défis de main-d’œuvre et de mettre de l’avant des solutions pour renforcer les motivations à travailler dans le réseau de la santé et des services sociaux, la FP-CSN propose un projet rassembleur et à l’image de ses membres. « Nous souhaitons notamment que soit créé un comité local d’amélioration continue qui se pencherait sur la qualité des services offerts, le transfert d’expertise, la conciliation famille-travail, la qualité de vie au travail et l’analyse de toutes les dimensions liées aux charges de travail », poursuit Ginette Langlois.

En plus de ce comité et en cohérence avec les demandes déposées par le Front commun, la semaine dernière, la FP-CSN soumet aujourd’hui des pistes de solutions afin d’améliorer le renouvellement et la stabilité de la main-d’œuvre, de consolider les conditions d’exercice, d’assurer la reconnaissance professionnelle et de se pencher sur tous les aspects de la santé et de la sécurité au travail. « Nos demandes sont bien plus que de simples demandes, ce sont des avenues légitimes, réalistes et réalisables que nous devrions emprunter pour améliorer le quotidien des professionnel-les, des techniciennes et des techniciens du réseau de la santé et des services sociaux », ajoute Ginette Langlois.

La FP-CSN souhaite ainsi que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) soit au rendez-vous pour discuter de ces importantes questions, puisqu’il se dit également préoccupé par la rétention et l’attraction des professionnel-les et des techniciens et techniciennes. « Assurer un personnel de qualité et motivé à œuvrer dans le réseau de la santé et des services sociaux, c’est assurer la pérennité de nos services publics », conclut Ginette Langlois.

À propos

La Fédération des professionnèles (FP-CSN) représente plus de 8000 professionnel-les, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont près de 5000 travaillent dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Le Front commun dépose ses demandes au Conseil du trésor

Les organisations membres du Front commun ont présenté aujourd’hui au Conseil du trésor leurs revendications en vue du renouvellement des conventions collectives des 400 000 travailleuses et travailleurs qu’elles représentent au sein du secteur public. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale pour appuyer leurs représentantes et leurs représentants dans cette démarche.

« Après un vaste processus de consultation auprès de l’ensemble de nos membres, où nous avons pu rencontrer des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs des services publics, ceux-ci nous ont donné un mandat de négociation très clair : combler le retard de 8,3 % qu’ils accusent par rapport à la rémunération des autres salariés québécois et améliorer leur qualité de vie au travail et les conditions dans lesquelles ils exercent leur profession », déclare Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.

Les demandes salariales du Front commun sont de l’ordre de 4,5 % par année, pour une convention collective d’une durée de trois ans. Elles s’expliquent ainsi : 2 % par année pour combler le retard de la rémunération globale de 8,3 %, identifié en novembre dernier par l’Institut de la statistique du Québec; une majoration de 2 % supplémentaire pour maintenir la parité salariale avec les autres salariés québécois au cours de la durée de la convention et afin d’assurer une protection contre la hausse du coût de la vie et, enfin, un montant fixe équivalent à 0,5 % du salaire moyen afin que la croissance économique du Québec puisse bénéficier aux employé-es de l’État.

Le Front commun entend aussi s’attaquer aux problèmes de qualité de vie au travail en améliorant les conditions dans lesquelles les salarié-es des services publics exercent leur profession. « Au cours des dernières années, nous avons noté un effritement croissant de notre autonomie professionnelle, et ce, parallèlement à une augmentation considérable du nombre de cadres, souligne Lucie Martineau, porte-parole du SISP. Nous constatons également les effets ravageurs de l’intrusion du secteur privé dans les services publics en termes de gaspillage et de perte d’expertise dans nos réseaux. Il est temps d’inverser ces tendances. »

Alors que le gouvernement prévoit le départ à la retraite de 15 000 employé-es du secteur public annuellement, au cours des prochaines années, le Front commun considère que des mesures concrètes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre doivent être convenues avec le gouvernement. « Environ 35 % des gens que nous représentons sont sur des listes de rappel, sans garantie d’emploi, et gagnent 25 000 $ par année, fait remarquer Daniel Boyer, président de la FTQ. En additionnant ce nombre avec les salarié-es à temps partiel, c’est plus d’une personne sur deux qui ne bénéficie pas d’un poste régulier à temps complet. Il est temps d’offrir à ces gens la possibilité de faire carrière dans les services publics. »

« Il ne faut pas oublier que 75 % des gens qui travaillent dans les services publics sont des femmes, rappelle Francine Lévesque. Les directions des établissements où elles travaillent n’ont aucune obligation, à l’heure actuelle, de convenir de mesures concrètes en matière de conciliation famille-travail-études. En 2014, cette situation est inacceptable, tant pour les femmes que pour les hommes à l’emploi. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et convenir avec nous de balises encadrant la conciliation famille-travail-études ».

Appel à la mobilisation

Au même moment, dans l’ensemble des établissements où travaillent les salarié-es du secteur public, de nombreuses actions ont été tenues afin de sensibiliser les employeurs locaux aux demandes de négociation du Front commun.

Les représentants du Front commun amorceront également la semaine prochaine une tournée de l’ensemble des régions du Québec. Cette tournée démarrera le 4 novembre dans les Laurentides pour se terminer le 11 décembre dans la région de Montréal. « Nous aurons l’occasion de rencontrer les membres du Front commun à même leur milieu de travail et de tenir, en soirée, des assemblées publiques portant sur les enjeux de cette négociation. Ce sera une excellente occasion pour discuter avec les travailleuses et les travailleurs du secteur public de nos revendications et d’échanger sur la conjoncture politique qui prévaut au Québec », indique Lucie Martineau.

« Au cours des prochains mois, nous serons de toutes les tribunes pour réaffirmer notre engagement envers les services publics, mis à mal par les politiques d’austérité du gouvernement libéral, affirme Daniel Boyer. La mobilisation est bien engagée, pas question de ralentir d’ici la conclusion de conventions collectives satisfaisantes pour l’ensemble des salarié-es de l’État québécois! »

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public viendront à échéance le 31 mars 2015.

Amputation de 35 M$ dans la santé et les services sociaux

Le Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN) dénonce vigoureusement les impacts dévastateurs des compressions de plus de 35 M$ dans le réseau de la santé et des services sociaux pour les deux régions, dont près de la moitié au CHU de Québec seulement.

« C’est irresponsable d’affirmer, comme le fait le gouvernement Couillard, que les services à la population ne seront pas diminués. Plusieurs postes dédiés aux soins ont d’ailleurs déjà été supprimés et on s’attend à deux fois plus de suppressions lors du prochain budget d’austérité libérale », affirme Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches.

Des impacts clairs pour la population se font déjà sentir. « L’absence de médecin à l’urgence de l’hôpital de Saint-Jean-Port-Joli est une complète aberration. Est-ce que les gens en dehors des grands centres sont des citoyens de second ordre? », proteste Ann Gingras. Dans le CSSS de La Vieille Capitale, on note aussi la décision de revoir à la baisse la cote des personnes en perte d’autonomie qui reçoivent des services à domicile de façon à diminuer l’aide qui était accordée habituellement. « C’est du nivellement vers le bas. C’est inacceptable », estime Danny Roy, représentant de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

À l’Institut en santé mentale, en réadaptation, les compressions ont visé les loisirs et les divertissements pour les usagers. Cette situation risque de provoquer une hausse de l’usage de médicaments et une augmentation du risque d’agressions. Sans oublier du côté de la région de Charlevoix avec la menace de fermeture du Foyer de St-Siméon qui viendra déraciner les personnes aînées de leur milieu.

La plus grosse structure en Amérique du Nord

En plus des compressions budgétaires, le personnel du réseau public de la santé et des services sociaux est extrêmement inquiet des répercussions de la réforme improvisée du ministre Gaétan Barrette.

« Le futur Centre intégré de santé et de services sociaux de la Capitale nationale va compter pas moins de 89 sites et plus de 28 000 salariés. Ce sera la plus grande structure administrative dans le réseau de la santé et des services sociaux en Amérique du Nord! Ce sera ingérable », souligne Ann Gingras.

De plus, dix ans après la réforme Couillard, plusieurs établissements n’ont pas encore trouvé leur vitesse de croisière. Pourtant toutes les réformes du passé ont toujours visé un allègement de la bureaucratie et, à chaque fois, c’est le contraire qui s’est produit.

Les représentants des médecins et plusieurs autres spécialistes ont d’ailleurs récemment manifesté leur inquiétude et leur scepticisme face à la réforme centralisatrice du ministre Barrette en commission parlementaire. Combiner l’ensemble des établissements de chaque région administrative sous un même chapeau risque fort de paralyser le réseau et de le déconnecter complètement des besoins de chacune des parties du vaste territoire desservi.

« Avec le projet de loi 10, c’est le ministre Barrette qui se met lui-même au cœur des préoccupations en lieu et place des usagers », déplore Danny Roy.

Le problème risque d’être encore plus criant pour les services sociaux, comme les centres jeunesse ou de réadaptation, qui bénéficiaient jusqu’à maintenant d’un budget complètement distinct de celui des hôpitaux. « Cette réforme improvisée se fera dans un contexte d’importantes contraintes budgétaires et nos membres sont déjà épuisés par les compressions des dernières années », ajoute Denis Bertrand, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Des représentants des syndiqué-es des établissements suivants étaient présents aujourd’hui à Québec pour dénoncer l’austérité libérale et ses impacts multiples : CSSS de Charlevoix, CSSS de la Vieille-Capitale, CSSS de Montmagny, CSSS Québec-nord, Agence de santé et des services sociaux de Québec et de Chaudière-Appalaches, CSSS de Thetford, Centres jeunesse de Québec et de Chaudière-Appalaches, Institut universitaire en santé mentale, CSSS de Portneuf, CSSS Alphonse Desjardins, CSSS Les Etchemins, CHU, CRDI de Québec et de Chaudière-Appalaches.

Le 29 novembre, refusons l’austérité

Devant ces décisions gouvernementales à courte vue, les syndicats CSN de nos deux régions ne resteront pas les bras croisés.

« Nous allons défendre la pérennité du réseau public avec toute l’énergie de nos milliers de membres », insiste Ann Gingras, qui lance une invitation à se joindre à une importante manifestation pour refuser l’austérité qui se tiendra le 29 novembre, à 13 h. Le rassemblement aura lieu devant le Musée national des beaux-arts situé sur les Plaines d’Abraham.

À propos de la CSN et du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Fondé en 1918, le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches regroupe les syndicats CSN sur le territoire de la capitale nationale et de la région Chaudière-Appalaches. Il représente 240 syndicats et plus de 45 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

Les instances régionales dans la moulinette libérale

La CSN dénonce encore une fois l’improvisation du gouvernement Couillard qui s’apprête à passer la tronçonneuse dans les organisations de développement régional telles que les CLD, les CJE et les CRÉ.

Après les attaques anticipées ou avérées envers d’autres instances de concertation régionale (agences régionales de la santé, commissions scolaires, directions régionales du ministère de l’Éducation), la CSN craint que tous les efforts de décentralisation du pouvoir de Québec vers les régions ne soient compromis pour de bon.

Pour l’heure, selon La Presse, ce serait les conférences régionales des élus (CRÉ) qui seraient pratiquement abolies, tandis que les centres locaux de développement (CLD) et les carrefours jeunesse-emploi (CJE) verraient leurs budgets amputés de plusieurs millions de dollars supplémentaires et leur mission « repensée ».

« On s’apprête encore à opérer une centralisation inouïe des pouvoirs vers Québec sans véritable consultation et en toute improvisation. C’est inacceptable. De plus, il serait particulièrement ironique que des budgets dédiés au développement régional soient sous la coupe du pouvoir central », dénonce la vice-présidente de la CSN Véronique De Sève.

Quant aux Carrefours jeunesse-emploi, ils ont pour mandat d’accompagner des jeunes dans leur démarche d’insertion économique et sociale. « En les aidant à se trouver un emploi ou à retourner aux études les CJE jouent un rôle social de premier plan auprès de jeunes décrocheurs dont ils assurent la réinsertion. Ce sont donc encore les plus démunis qui feront les frais d’une austérité aveugle », ajoute Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

Notons que lors du discours d’assermentation le ministre de l’Emploi, Francois Blais, a reçu le mandat de tendre la main à ceux qui ont besoin d’aide, particulièrement les jeunes.

À propos

La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux et des organismes de développement régional et d’employabilité.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Compressions libérales : l’enseignement supérieur écope à nouveau

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce avec force les compressions additionnelles imposées aux universités, telles que révélées aujourd’hui dans La Presse. Le réseau universitaire québécois, actuellement sous-financé, se voit imposer des restrictions budgétaires additionnelles et récurrentes par l’administration libérale.

« De nouvelles compressions s’abattent encore sur le Québec, sous l’égide de Philippe Couillard. Ces compressions s’ajoutent à celles imposées dans les commissions scolaires, les cégeps et dans les programmes sociaux », fustige Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable politique du dossier de l’éducation. « Quel manque de vision ! Il faut cesser de voir les sommes versées dans l’enseignement comme une dépense : il s’agit d’un investissement essentiel dont les retombées sont multiples ».

Notons que le Parti libéral prônait, lors du Sommet de l’enseignement supérieur de l’an dernier, qu’il fallait faire « le choix de l’économie du savoir » et qu’un « investissement insuffisant continuerait de creuser le sous-financement [des universités] ».

« Pour la CSN, l’enseignement universitaire est un bien commun dont l’accessibilité doit être assurée à toutes les personnes qui le désirent et qui en ont les capacités. Pour ce faire, il est impératif de garantir un financement public adéquat de l’enseignement universitaire. Les coupes à répétition ne peuvent que compromettre l’accessibilité, la qualité de l’enseignement de même que la capacité de l’université d’assumer toutes ses missions. Qui plus est, le projet de loi 15 imposant un gel aveugle d’effectifs risque de mettre en péril le réseau des universités du Québec, un joyau de l’enseignement supérieur au Québec », de conclure madame De Sève.

À propos de la CSN, de la FNEEQ-CSN, de la FP-CSN et de la FEESP-CSN

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.
 Les fédérations affiliées à la CSN qui comptent des membres dans le domaine de l’éducation sont la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et la Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN).

Une perte d’expertise régionale et un impact direct sur les soins

Le personnel des agences régionales de santé et de services sociaux affilié-es à la CSN a dénoncé aujourd’hui en conférence de presse les répercussions importantes sur les soins et les services rendus à la population qu’entraînera le projet de loi 10 du ministre Gaétan Barrette. Une perte d’expertise régionale et une concentration majeure des ressources autour des centres hospitaliers sont à prévoir.

Perte d’expertise locale

Le projet de loi 10, qui prévoit l’abolition des agences, engendrera l’effritement d’une expertise locale essentielle à la coordination des soins et des services des régions et des sous-régions. « C’est cette expertise, cette connaissance réelle du terrain, qui permet d’organiser les soins et les services en fonction des besoins des populations, explique Michel Tremblay, président de la FP-CSN. Avec la création des nouvelles structures mammouths que seront les CISSS, il sera extrêmement difficile pour le ministère de répondre aussi efficacement aux besoins. » Le ministre voudrait bien faire croire, de façon réductrice, que le travail effectué par le personnel d’agence n’est que bureaucratique et inutile. Mais c’est précisément ce travail administratif qui permet une coordination efficace et adaptée des politiques de santé et de services sociaux. « Ce ne sont pas des structures que nous défendons aujourd’hui, mais bien une expertise qui disparaîtra avec ce projet de loi », précise Michel Tremblay.

Une approche hospitalocentriste

Le projet de loi 10 imposera inévitablement une vision hospitalocentriste du réseau. Puisque tous les nouveaux CISSS regrouperont un ou plusieurs centres hospitaliers, une concentration majeure des ressources financières et humaines s’effectuera autour des hôpitaux. « Nous observons déjà ce phénomène dans les CSSS qui regroupent des hôpitaux. La création des CISSS ne viendra qu’accentuer le problème », croit pour sa part Étienne Blanchette de l’agence de l’Estrie et membre de la FSSS-CSN. « Quand c’est l’hôpital qui gobe la plus grande part du budget, ce sont les autres soins et autres services offerts qui en souffrent. À titre d’exemple, il se peut que dans le cadre de mon travail, je juge qu’il est important d’octroyer du financement aux cuisines populaires de la région afin d’aider les familles plus pauvres. Mais si tout l’argent est monopolisé par les hôpitaux, c’est exactement ce genre d’approche régionale qui disparaîtra. »

De nombreux dossiers négligés

Déjà aux prises avec des coupes majeures, le personnel d’agence déplore le fait que dans plusieurs régions, de nombreux dossiers ne sont plus pris efficacement en charge, ce que le projet de loi viendra amplifier. « Rappelons que des coupes de 5,1 % ont été imposées aux agences pour 2013-2014 et cela a déjà un impact sur notre travail », note pour sa part Louise Lemire de l’agence de Lanaudière. « Chez nous, plus personne n’est en mesure de s’occuper efficacement, faute de moyens, de prévention du jeu pathologique, de la santé et du bien-être des femmes, etc. Avec le projet de loi 10, d’autres dossiers sont à risque de devenir négligés, tels la dépendance, le maintien à domicile ou les aidants naturels », précise-t-elle. Même chose du côté de Montréal, où les dossiers négligés sont légions. « La déficience intellectuelle et les troubles envahissants du développement sont des dossiers pour lesquels le personnel d’agence ne peut remplir son rôle entièrement. Même chose pour les services spécialisés tels les soins de la vision ou l’endoscopie, explique Jennifer Dahak de l’agence de Montréal. Et il est évident pour nous que le projet de loi 10 viendra aggraver la situation et plombera cette nécessaire organisation régionale des soins et des services à offrir » conclut-elle.

Pouvoirs accrus du ministre

Les pouvoirs accrus du ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette inquiètent aussi le personnel d’agence qui y voit la perte d’une autonomie régionale essentielle. « Nous nous inquiétons de la perte des instances démocratiques en santé en raison de la disparition des rôles d’administrateur accessibles à la population civile pour chaque CSSS et à l’agence. Maintenant, le ministre aura la mainmise complète du système de santé en élisant tous les membres du CA des structures mammouths que seront les CISSS », dénonce pour sa part Kevin Coulombe de l’agence de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

À propos

La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux.

Des effets ravageurs sur les services publics

« À chaque jour, le gouvernement libéral nous annonce de nouvelles compressions budgétaires, déplore Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. En s’arrogeant tous les pouvoirs en matière de contrôle des effectifs, le président du Conseil du trésor, sans aucune forme de consultation, nous convainc qu’il n’a aucune considération des besoins de la population. »

« Le ministre Coiteux nous annonce qu’il veut geler les effectifs à leur niveau de janvier 2014. Mais en affirmant que la seule croissance des besoins augmente le nombre d’employé-es des services publics de 6000 par année, est-il en train de nous informer d’une nouvelle vague de compressions ? »

La CSN craint également que ce projet de loi ouvre toute grande la porte à la sous-traitance dans les services de santé et d’éducation. « Le ministre Coiteux prétend que le projet de loi 15 encadre également les contrats de services. Soit. Mais lorsqu’on l’examine attentivement, son projet de loi prévoit toute la procédure pour octroyer à la sous-traitance des pans entiers de nos services publics. Qui plus est, le Conseil du trésor, par l’entremise des ministres responsables, pourrait obliger les organismes du secteur public à octroyer de tels contrats de services à la sous-traitance. » Il reviendra au président du Conseil du trésor d’autoriser la planification triennale des effectifs des organismes publics « visant à optimiser l’organisation du travail », indique le projet de loi. « Quelle est l’expertise du président du Conseil du trésor en matière d’organisation du travail dans les réseaux de la santé et de l’éducation? », questionne Francine Lévesque. De quelle façon les personnes salariées qui dispensent ces services et leurs organisations syndicales seront-elles consultées?

Encore une fois, le gouvernement libéral s’engouffre dans une logique strictement comptable de nos services publics, sans égard aux besoins de nos concitoyennes et de nos concitoyens. C’est un désaveu total des gestionnaires de nos réseaux publics – y compris des ministres de son propre cabinet! – qui n’auront plus la latitude nécessaire pour faire les choix éclairés afin de répondre adéquatement aux besoins de la population. » La CSN juge également extrêmement préoccupant le pouvoir discrétionnaire que s’accorde le président du Conseil du trésor. « Les organismes qui ne pourraient, pour une raison ou une autre, notamment par la croissance des besoins dans le réseau de la santé, respecter les directives de contrôle d’effectifs pourraient être mis sous tutelle. Une belle façon de museler toute forme de contestation de la part de ceux et celles qui sont responsables de l’organisation et la gestion de nos services publics. »

La CSN représente 170 000 travailleuses et travailleurs du secteur public québécois, et ce, tant dans les réseaux de la santé, des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur que des organismes gouvernementaux.

Fondée en 1921, la CSN regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

L’école publique : richesse collective menacée par l’austérité

En cette sixième édition de la Semaine pour l’école publique, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à souligner le rôle déterminant de l’école publique, grâce à laquelle plus d’un million d’élèves québécois ont accès à une éducation de qualité. Cependant, celle-ci est plus que jamais menacée par l’idéologie prônée par le gouvernement de Philippe Couillard.

« Les gestes que nous posons aujourd’hui ont des répercussions importantes pour la suite des choses. Dans cette ère d’austérité imposée par le gouvernement Couillard, l’école publique est fragilisée par l’annonce de multiples compressions, alors qu’elle souffre depuis plusieurs années d’un sous-financement qui affecte directement les services aux élèves de même que les infrastructures dans lesquelles est prodiguée l’éducation », a exprimé d’emblée Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable du dossier de l’éducation. Les compressions annoncées affecteront de plein fouet les conditions d’apprentissage des élèves ainsi que les conditions de travail du personnel. « On a vu comment les coupes imposées récemment affectent l’aide aux devoirs, l’aide alimentaire, l’achat de livres, le soutien aux élèves en difficultés, etc. C’est un affront de prétendre que les services à la population ne sont pas touchés » dénonce Mme De Sève.

Qui plus est, le ministre Bolduc laisse planer une incertitude malsaine sur l’avenir du système d’éducation. « Le ministre Bolduc n’est en rien rassurant lorsqu’il affirme que “tout est sur la table”. Il semble maintenant vouloir remettre en cause l’existence même des commissions scolaires », de souligner madame De Sève

Le système éducatif forme un continuum : dès la petite enfance, les services de garde éducatifs en CPE et en milieu familial permettent de poser les premiers jalons vers la réussite scolaire. Par la suite, les écoles publiques doivent avoir les moyens nécessaires pour répondre aux élèves ayant des besoins spécifiques et permettre la réussite du plus grand nombre, afin de favoriser l’égalité des chances. Il importe également de mettre fin à la sélection des élèves en fonction de leurs résultats scolaires en ce qui concerne les projets éducatifs, et ce, tant dans les écoles privées que dans les écoles publiques.

« L’école publique est un acquis formidable et elle doit recevoir tout le soutien nécessaire de l’État. Couper dans l’éducation c’est faire des économies aberrantes » conclut Véronique de Sève.

À propos de la CSN, de la FNEEQ-CSN, de la FEESP-CSN et de la FP-CSN

La CSN est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. Elle regroupe trois fédérations du réseau de l’éducation, soit la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) et la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

Une structure mastodonte et ingérable

La CSN estime que les nouveaux établissements régionaux de la réforme Barrette seront des structures « mammouths » loin de la population. Pour améliorer l’accès, il aurait été plus avisé de décentraliser, comme en Suède, plutôt que de regrouper plusieurs dizaines ou même des centaines d’établissements avec des missions très différentes sous un même chapeau administratif autour d’un hôpital.

Les nouveaux « centres intégrés de santé et de services sociaux », les CISSS, seront des mastodontes difficiles à gérer. L’exemple des CSSS il y a 11 ans, à l’initiative de Philippe Couillard, alors ministre de la Santé, ne permet pas de penser que fusionner encore plus permettra d’économiser, de diminuer le nombre de cadres et de donner un meilleur accès aux soins à la population. De fait, c’est l’inverse qui s’est produit depuis 10 ans.

Par ailleurs, l’économie sera sans doute minime si les cadres sont relocalisés. « Si le passé est garant de l’avenir, on s’éloignera des besoins de la population au profit d’un plus grand contrôle par les médecins et les hôpitaux », lance Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

La transition vers cette nouvelle mégastructure risque de provoquer le chaos et de prendre du temps. Les missions de l’agence, dont la prévention, la santé publique, de même que celles des centres de réadaptation en santé mentale et physique, et des centres jeunesse seront transférées au CISSS. « En se centrant sur l’hôpital, on dénature des missions essentielles du réseau, un non-sens », de poursuivre le vice-président de la CSN. On peut se demander s’il ne s’agit pas d’un simple changement de nom accompagné d’abolitions de postes de cadres.

« C’est une réforme antidémocratique, puisque le ministre sera omnipotent avec de nombreux nouveaux pouvoirs, dont celui de nommer tous les conseils d’administration », ajoute Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Il n’y aura donc personne pour voir les changements d’un œil critique et attentif aux besoins des populations. En plus, cette réforme a été improvisée sans réelle consultation, comme la précédente, en 2003. « Il y aura une consultation bidon, mais les dés sont déjà pipés », ajoute Jeff Begley.

L’actuelle réforme de structure sera suivie d’une réforme tout aussi importante du financement qui va consacrer la notion d’argent qui suit le patient. « Je crains fort que le deal de Barrette permette aux médecins de facturer davantage au cours des prochaines années, puisque l’argent suivra les patients. Une baisse des services sociaux et de la prévention servira donc à financer une hausse des revenus des médecins », affirme Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

À propos

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. Elle agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux.

Fondée en 1921, la CSN regroupe 325 000 travailleuses et travailleurs, dont plus de 140 000 dans le réseau de la santé et des services sociaux, réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Quand le dialogue promis devient monologue

La CSN, la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS-CSN) ainsi que la Fédération des Professionnèles (FP-CSN) ont appris avec étonnement, ce matin, le dépôt expéditif du projet de loi proposant l’abolition des Agences. La CSN, la FP et la FSSS sont choquées de l’attitude cavalière du gouvernement Couillard, alors qu’il s’était engagé à un dialogue ouvert sur la question.

Rappelons que les composantes du réseau de la santé et des services sociaux sont actuellement engagées dans une démarche visant à définir des solutions pour assurer la pérennité du réseau. Il est déplorable que le gouvernement propose de façon unilatérale d’en revoir les structures alors que le 2e Rendez-vous national sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux, qui aura lieu en décembre, permettra de déterminer des voies d’avenir. « La réforme des structures proposée par le gouvernement est loin d’être une réponse satisfaisante aux défis que rencontre le réseau. Ce que la population souhaite, c’est que l’on améliore les services de santé et non qu’on se lance dans une énième réforme des structures », explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Force est de constater que le gouvernement a choisi d’imposer sa décision unilatéralement, optant pour un monologue aux dépens du dialogue promis.

Les trois organisations déplorent d’autre part le fait que le MSSS ait imposé la loi du silence en exigeant la signature de clauses de confidentialités aux PDG d’agences lors d’une rencontre la semaine dernière. Ainsi, les travailleuses et les travailleurs œuvrant dans les Agences n’ont été ni consultés ni informés de ce qui les attendait, jusqu’à ce matin, où ils ont appris leur sort dans les médias.

À propos

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux.

Fondée en 1921, la CSN regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La révolution Barrette, une autre réforme improvisée

Le ministre Barrette a présenté les grandes lignes des changements de structures qu’il proposera pour le réseau de la santé et des services sociaux. Pour la CSN, cela revêt toutes les apparences d’une réforme improvisée qui viendra chambouler l’organisation du réseau, au détriment des services à la population.

Selon Radio-Canada, cette refonte complète du système prévoit l’abolition des agences régionales de la santé et la fusion de la majorité des centres de santé et de services sociaux (CSSS).

La réforme libérale qui a mené à la création des CSSS, il y a 10 ans, n’a rien donné de bon puisqu’on compte aujourd’hui 30 % de cadres de plus, une concentration des budgets dans les hôpitaux, toujours pas de première ligne efficace et pas d’organisation adéquate des soins à domicile. La nouvelle réforme semble pourtant poursuivre dans la même voie. Aucune véritable consultation n’avait été menée à l’époque avant de transformer de but en blanc le réseau.

« Pourquoi tout virer à l’envers sans aucune véritable consultation du public et des principaux maillons du réseau de la santé, alors que l’expérience récente montre que ces fusions répétées d’établissements ne donnent rien de bon », questionne Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Ce dernier rappelle par ailleurs que la Confédération des syndicats nationaux (CSN), l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), l’Institut du Nouveau Monde (INM) et plusieurs autres partenaires du réseau ont déjà lancé une importante réflexion pour trouver des solutions pour assurer la pérennité du système public de santé et de services sociaux. « Nous invitons le ministre Gaétan Barrette à prendre acte de cet important effort de concertation du milieu qui pourra certainement donner des solutions plus viables et adaptées à la réalité », ajoute le vice-président de la CSN.

« Regrouper encore plus d’établissements avec des missions aussi variées sous un même chapeau représente un degré élevé de complexité et risque fort de provoquer des dérapages. Du haut de son ministère, le ministre Barrette veut pouvoir transmettre ses diktats aux régions. Ce sera une perte d’autonomie régionale. Nous n’y croyons plus lorsque le ministre dit qu’il ne touchera pas aux services », estime Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Cette réforme des structures administratives ne fait par ailleurs rien pour améliorer la première ligne, les services à la population ou les conditions de travail difficiles du personnel qui est déjà aux prises avec l’effet des compressions budgétaires répétées.

« On doit aussi se questionner sur l’économie réelle que représenterait le fait de remplacer une agence régionale par un méga CSSS qui devrait forcément prendre en charge les missions régionales de planification, de gestion et de prévention qui sont assurées par les agences en ce moment. Sans compter le cauchemar administratif que représenterait la gestion de ces CSSS mammouths » fait valoir Michel Tremblay, président de la Fédération des profesionnèles (FP-CSN).

Le modèle social québécois est menacé. Il est temps de réagir. La CSN lance un appel à la mobilisation à toute la population qui peut venir manifester son désaccord avec le projet de loi 3 et l’ensemble des mesures d’austérité que le gouvernement Couillard mijote en ce moment. Rendez-vous le 20 septembre à 11 h au parc La Fontaine à Montréal.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Des échanges « prévisibles et inquiétants » avec le Conseil du trésor

Au sortir de leur rencontre avec le président du Conseil du trésor, les représentants du Front commun ont qualifié de « prévisibles et inquiétants » les échanges qu’ils ont eus avec Martin Coiteux et les ministres Gaétan Barrette et Yves Bolduc.

« Nous n’avons rien appris de neuf quant à l’orientation économique du gouvernement, affirme Daniel Boyer, président de la FTQ. Nous sommes inquiets quant aux cibles budgétaires, aux politiques d’austérité qu’il entend mettre en place et au refus de se doter des marges de manœuvre nécessaires. Mais nous nous entendons sur une chose : nous avons une obligation mutuelle de convenir de nouvelles conventions collectives pour les 530 000 employés de l’État. De notre côté, nous allons consacrer toutes nos énergies à cela au cours des prochains mois afin que les négociations se déroulent dans un climat constructif et de bonne foi. »

Les représentantes et les représentants du Front commun ont profité de la rencontre pour rappeler à M. Coiteux les problèmes criants que nous vivons dans le secteur public. En raison de la dégradation des conditions de travail et du retard salarial grandissant avec les autres employés québécois, le secteur public connaît de plus en plus de difficulté d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre. En effet, selon la dernière étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée en novembre dernier, les salariés du secteur public québécois accusent un retard de 8,3 % de leur rémunération globale par rapport à l’ensemble des autres travailleuses et travailleurs québécois.

« Les employés du secteur public, à 75 % des femmes, font déjà l’impossible dans un contexte de compressions permanentes, souligne Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Pourquoi accepte-t-on qu’elles soient moins bien rémunérées que le reste de la population, alors qu’elles œuvrent au quotidien auprès de nos enfants, de nos aînés et des plus démunis de notre société? »

« Bien sûr que nous sommes conscients de la situation budgétaire du Québec, indique Carolle Dubé, porte-parole du SISP. Mais depuis quelques mois, le gouvernement de M. Couillard ne parle que d’une seule colonne du budget : celle des dépenses. Il est grand temps qu’on regarde celle des revenus! Depuis 20 ans, les nombreuses transformations du régime fiscal québécois ont fait en sorte que l’État se prive annuellement de plus de 4 milliards de dollars. Les organisations membres du Front commun entendent faire valoir, lors des travaux de la Commission sur la fiscalité, que le Québec a les moyens de financer des services publics accessibles et de qualité pour la population, et ce, sans hausser les impôts de la classe moyenne et des moins nantis de notre société. Et nous comptons également profiter de nos prochaines négociations pour nous attaquer aux multiples formes de gaspillage dans les services publics, que ce soit l’intrusion grandissante du secteur privé et la hausse importante du nombre de cadres qui minent l’autonomie professionnelle des membres que nous représentons. »

Rappelons qu’en mai dernier, le Front commun a lancé les consultations des assemblées générales en vue des demandes qui seront portées au gouvernement. Alors que les assemblées ont toujours cours, le Front commun entend déposer ses revendications au Conseil du trésor avant la fin de l’année.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec.

Les technologues spécialisés en radiologie ne régleront pas à rabais !

L’APTS, la FSSS-CSN et la FP-CSN dénoncent d’une même voix le manque d’ouverture de la partie patronale, dans le cadre des travaux du groupe paritaire de travail en radiologie. Une centaine de technologues en imagerie médicale et en radio-oncologie des trois organisations syndicales ont manifesté ce midi sous le thème « Pas de spécialité à rabais », devant les bureaux montréalais du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. À l’aube de la fin des travaux prévue le 30 juin, le Conseil du trésor et le ministère de la Santé et des Services sociaux ne reconnaissent toujours pas le travail essentiel effectué par les technologues spécialisés en radiologie.

« Nous demandons au ministre de la Santé et des Services sociaux d’intervenir en faveur de ce groupe de travailleurs et de travailleuses. En tant que radiologiste, il connaît la valeur des technologues en radiologie. Il sait que le travail de certaines spécialités de la radiologie a beaucoup évolué au fil des ans. Leurs responsabilités se sont accrues, au plus grand bénéfice des patients. À la suite d’importantes consultations menées par l’APTS auprès de ses membres, nous estimons que plusieurs spécialités mériteraient d’être mieux reconnues. Le principe est simple : à responsabilités accrues, salaire accru », affirme la vice-présidente de l’APTS, Martine Robert.

À l’heure actuelle, l’écart demeure grand entre la partie patronale et les représentants des travailleurs. « Nos vis-à-vis démontrent très peu d’ouverture à nos évaluations et à nos propositions pourtant raisonnables et mesurées. La mise sur pied du groupe de travail en radiologie en 2013 nous apparaissait comme un signe positif de la part du secrétariat au Conseil du trésor pour en arriver à un règlement acceptable. Un an plus tard, force est de constater que nous ne sommes pas plus avancés. Le Conseil du Trésor reconnaît à ce jour qu’une seule spécialité. C’est totalement inacceptable ! », indique Luc Bastien, vice-président région Montréal-Laval et Grand Nord Québécois de la FSSS.

Les représentants de l’APTS, de la FSSS-CSN et de la FP-CSN rencontrent leurs vis-à-vis patronaux demain. « Le Conseil du trésor et le ministère de la Santé doivent saisir cette occasion de régler ce dossier qui traine en longueur. Notre dossier est solide et nos arguments sont appuyés. Nos vis-à-vis doivent comprendre que nous ne réglerons pas à rabais. Nos membres méritent des résultats concrets, le plus rapidement possible », de conclure Évelyne Crépeau, responsable politique à la FP.

Pour la CSN, il est temps d’entendre les composantes du réseau pour en assurer l’avenir

Au lendemain du dépôt du budget provincial, plusieurs syndicats de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) se rassembleront ce soir devant l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal pour dénoncer les compressions budgétaires qui s’accumulent dans le réseau public. Celles-ci atteignent le niveau de services que reçoit la population, au moment où des exemples de mauvais financement continuent de faire les manchettes. Pour la CSN, il est temps que le gouvernement entende les préoccupations et les solutions des composantes du réseau.

Un budget qui poursuit l’attaque à l’intégrité du système public de santé et de services sociaux

Le budget provincial déposé le 4 juin dernier poursuit sur la voie des compressions budgétaires dans le réseau de la santé et des services sociaux. Depuis plusieurs années, les décideurs politiques imposent cette pression constante sur le dos des gestionnaires, des travailleuses et travailleurs et des usagers du réseau. Encore une fois cette année, en limitant la hausse des dépenses du réseau à 3 %, le gouvernement force les établissements et les Agences à procéder à une énième salve de compressions, ce qui empêche notamment de financer le virage vers les services à domicile et l’amélioration des services de prévention.

« Ces compressions touchent toutes les missions du réseau de la santé et des services sociaux, aussi bien au niveau local que régional. Pensons par exemple aux Agences régionales qui sont particulièrement atteintes. Nous avons été très vigilants dans les dernières années pour dénoncer les exemples d’atteinte aux services. Avec ces nouvelles compressions, on ne peut que s’inquiéter des impacts de ces nouvelles coupes », explique Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

Quoi faire et ne pas faire pour assurer l’avenir du réseau

La CSN veut s’assurer que tous les moyens sont pris pour assurer l’avenir du système public de santé et de services sociaux. C’est pourquoi elle dénonce avec autant de force les exemples de mauvais financement de nos services publics. « Un des problèmes actuellement dans le réseau est qu’on procède à des coupes dans les établissements sans avoir de réflexion en amont sur les impacts de celles-ci et sur le réseau que l’on veut comme société. Pendant ce temps, on continue de payer beaucoup trop cher pour la sous-traitance et à avoir recours à des contrats privés alors que le personnel du secteur public pourrait faire le travail pour moins cher », déclare Guy Laurion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Les compressions budgétaires des dernières années finissent par réduire l’accessibilité aux services et la population en ressent de plus en plus les effets. « Plutôt que de s’attaquer à des sources réelles de mauvais financement du réseau de la santé, comme au prix des médicaments ou au recours au privé, on impose des projets d’optimisation qui augmentent sans cesse la pression sur les travailleuses et travailleurs sans pour autant améliorer les services à la population », poursuit Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Une occasion d’entendre les composantes du réseau

Pour la CSN, la pression mise sur le réseau public est une occasion de rassembler l’ensemble des composantes du réseau de la santé et des services sociaux pour établir les défis que celui-ci rencontre et faire des propositions. C’est pourquoi la CSN a lancé le Premier rendez-vous national sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux, qui aura lieu le 16 juin prochain à Laval. « Il est grand temps qu’on entende les composantes du réseau et que comme acteur de ce réseau nous apportions des solutions pour maintenir l’accès aux services et assurer l’avenir de ce joyau collectif », de conclure Jean Lacharité.

À propos de la CSN

La CSN est l’organisation syndicale la plus représentative dans le secteur de la santé et des services sociaux. Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.