Le syndicat tire la sonnette d’alarme

Plusieurs manifestantes et manifestants se sont réunis aujourd’hui pour dénoncer les coupes d’environ 11 millions de dollars qui affectent depuis maintenant trois ans le Centre jeunesse de Montréal. Pour Sylvie Théorêt, présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs du centre, la situation est très inquiétante.

« Les intervenants sont dépassés et ce sont les jeunes qui en font les frais. Comme si ce n’était pas suffisant, l’Agence de Montréal a annoncé d’autres compressions de 20,9 millions dont on ne connaît pas encore la répartition. Depuis 2010, c’est près de 150 postes qui ont été sabrés dans les secteurs technique et de soutien, clinique et administratif, de même qu’un certain nombre de postes de cadres. Toutes ces compressions ont des effets directs sur les conditions de vie des jeunes et mettent en péril le travail qui est fait auprès d’eux et de leurs familles pour les accompagner et les encadrer au quotidien », a expliqué Sylvie Théorêt.

Dans ce contexte, les signalements de situations préoccupantes pour les enfants ont augmenté de façon significative depuis quelques années, ce qui entraîne un impact important sur le système. Le manque de places fait en sorte qu’une pression indue est exercée pour sortir hâtivement des jeunes des unités afin de libérer des places pour en accueillir d’autres.

« On a vu des salles de téléphones et de conférence converties en chambres provisoires, avant que la direction ne puisse ouvrir des unités d’urgence pour accueillir nos jeunes », a ajouté Sylvie Théorêt. Il est troublant que le gouvernement demeure de glace devant ce contexte et persiste à vouloir encore réduire les vivres du Centre jeunesse de Montréal. Compte tenu de son passé de travailleuse du Centre de services sociaux du Montréal métropolitain, Pauline Marois devrait se montrer sensible et comprendre que ce sont les enfants les plus vulnérables qui paient le prix de ses politiques », s’est-elle encore exclamée.

Par ailleurs, les intervenants cliniques doivent consacrer de plus en plus de temps à exécuter des tâches clinico-administratives, à entrer des données, à remplir des formules de toutes sortes. « Un intervenant me confiait dernièrement que c’est beaucoup de travail pour aucun résultat », ajoute Sylvie Théorêt.

« On n’utilise pas leurs compétences à leur plein potentiel, alors qu’on a besoin d’eux et de leur expertise précieuse sur le terrain », a souligné pour sa part Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN. « De plus, lorsque des postes sont abolis ou à la suite de départs pour maladie, on ne remplace pas les intervenants », a renchéri Sylvie Théorêt. La charge de travail ainsi laissée en suspens est redistribuée sur l’ensemble de l’équipe, créant ainsi une surcharge que doit encaisser le personnel. Et quand on dit surcharge de travail, on dit énormes répercussions sur les enfants et leurs familles, puisque la disponibilité des services est réduite.

« Il est même question, dès l’été, que les préposés à l’entretien ménager soient appelés à intervenir auprès de jeunes en situation de crise. Ces salariés ne se sentent absolument pas en mesure de procéder à de telles interventions. On ne peut tolérer ça », a encore affirmé Sylvie Théorêt en soulignant que les risques de blessure sont importants tant pour le jeune que pour le salarié.

Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN, a enfin déclaré : « Quelle que soit la fonction ou la provenance de nos travailleuses et travailleurs, ce sont des gens passionnés qui ont le bien-être des jeunes à cœur. »

Le président de la FSSS–CSN a conclu en s’indignant du manque de ressources accordées à l’application de la Loi de la protection de la jeunesse : « Au Québec, on a une des plus belles lois sur la protection de la jeunesse, mais on n’a pas les ressources pour l’appliquer pleinement. Pourtant, la prévention a déjà fait ses preuves, tant sur l’amélioration de la qualité de vie des jeunes que sur la question des économies budgétaires à long terme. On ne se donne pas les moyens de nos ambitions et ce sont les jeunes et leurs familles qui écopent. La situation est critique, il faut y remédier immédiatement. »

À propos du syndicat

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre jeunesse de Montréal représente environ 2500 syndiqué-es. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN (FSSS-CSN). Celle-ci compte plus de 125 000 membres dans les secteurs privé et public.

Rejet à 99,8 % de la proposition finale de l’employeur

Réunis en assemblée générale le vendredi 14 juin dernier, c’est dans une proportion de 99,8 % que 418 travailleuses et travailleurs membres du Syndicat national des pâtes et papiers de Crabtree-CSN (SNTTPP-CSN) ont rejeté la proposition finale de leur employeur, Produits Kruger, division de fabrication de l’Est.

Ce vote sans équivoque faisait suite au dépôt le 27 mai dernier d’une proposition qualifiée de finale et globale par les représentants de l’employeur à la table de négociations. Cette proposition a été faite par l’employeur après une vingtaine de rencontres de négociations, alors que la convention collective est expirée depuis le 30 avril dernier.

« Les membres de mon syndicat ont été choqués par le contenu de cette proposition de l’employeur et le résultat du vote le démontre clairement. En refusant de répondre à nos principales demandes et en nous proposant un gel de salaire et le versement d’un montant forfaitaire pour la première année de la convention collective, l’employeur ne tient pas compte des efforts consentis par les membres de mon syndicat au cours des dernières années », a déclaré Éric Sourdif, président du SNTTPP de Crabtree-CSN.

En plus du rejet de la proposition patronale, les membres du syndicat ont adopté à 97,6 %, toujours à scrutin secret, un mandat de moyens de pression excluant la grève générale illimitée à être déclenché au moment jugé opportun. « En adoptant ce mandat de moyens de pression, les membres nous ont clairement exprimé leur appui afin que nous parvenions à conclure cette négociation », d’ajouter le président du syndicat. « Nous invitons l’employeur à reprendre les discussions le plus rapidement possible afin que nous en arrivions à une entente dans les meilleurs délais. Notre objectif n’est pas de faire une escalade des moyens de pression, mais de conclure une convention collective satisfaisante pour nos membres », de conclure le représentant syndical.

Le SNTTPP de Crabtree- CSN qui représente 536 travailleuses et travailleurs est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) et au Conseil central de Lanaudière.

L’Alliance syndicale annonce le déclenchement d’une grève générale illimitée dès minuit

Le 17 juin sera une journée triste pour l’industrie de la construction. L’Alliance syndicale annonce le déclenchement d’une grève générale illimitée débutant lundi à minuit. « Aucun travailleur ne voulait en arriver à ce moyen ultime. La partie patronale ne nous laisse pas le choix », a déclaré le porte-parole de l’Alliance syndicale, Yves Ouellet.

Dans tous les secteurs, les hausses salariales proposées sont en bas de la cible de l’indice des prix à la consommation. « Comme nous l’avons indiqué hier, nous sommes prêts à négocier, mais pas à n’importe quel prix », a indiqué le porte-parole de l’Alliance syndicale. Malgré les efforts déployés par les équipes de négociation syndicale, il a été impossible d’en arriver à une entente qui protégerait le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs de la construction.

« Nous avons plusieurs fois dénoncé l’attitude arrogante de la partie patronale dans les dernières semaines. Malheureusement, les discussions des derniers jours n’ont fait que confirmer la mauvaise foi de ceux-ci. Leurs demandes rétrogrades et appauvrissantes sont inacceptables et mènent 175 000 travailleurs vers une grève illimitée », a rappelé M. Ouellet.

De plus, dans le secteur institutionnel, commercial et industriel (IC-I), l’Association de la construction du Québec (ACQ) maintient ses demandes quant à la réduction de la rémunération pour les heures supplémentaires, l’élargissement de la plage horaire de travail, la récupération des heures d’intempéries le samedi à temps simple et une mobilité provinciale accrue. Ces exigences de la partie patronale sont inacceptables pour les travailleurs de la construction et rendent toute entente impossible.

« Les patrons doivent entendre raison et respecter nos travailleurs qui sont la pierre angulaire de leurs entreprises. Nous sommes conscients que cette grève aura des conséquences, mais nos travailleurs doivent protéger leurs conditions de travail et le bien-être de leurs familles. Nous espérons que ce conflit pourra se régler rapidement », a ajouté le porte-parole de l’Alliance.

À partir de minuit, tous les secteurs de la construction seront en grève pour la première fois depuis 1986. Des piquets de grève seront installés à l’entrée de plusieurs chantiers et les travailleurs sont invités à se mobiliser pacifiquement. L’Alliance syndicale rappelle qu’il est important que toutes ces actions se fassent dans le calme et le respect.

Enfin, l’Alliance syndicale souhaite s’adresser directement aux entrepreneurs en construction du Québec. « Plusieurs entrepreneurs laissent entendre à leurs employés que leur emploi serait menacé s’ils ne se présentent pas au travail demain en respect de la grève annoncée par l’Alliance syndicale. C’est faux. Ce genre d’attitude mène à une dégradation des relations de travail. Le droit de grève est un droit légalement reconnu. Les patrons devraient au moins respecter ça », a conclu Yves Ouellet.

À propos de l’Alliance syndicale L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

L’entente entérinée, que fera V télé?

Réunis en assemblée générale aujourd’hui, les anciens employé-es de TQS et ceux de la station V ont entériné à 82 % les termes d’une potentielle entente visant à mettre fin au litige les opposant au propriétaire de la chaîne télévisée V. Celui-ci doit maintenant respecter les termes de ce règlement conclu cette semaine, soutient le syndicat représentant les employés mis à pied en 2008. L’entente prévoit notamment le paiement de leurs indemnités de départ et la gestion de leur régime de retraite.

Mais, selon les derniers signaux envoyés par l’employeur tard vendredi soir, celui-ci n’entendrait plus respecter le délai de paiement de 30 jours conclu dans l’entente. Le président de la Fédération nationale des communications (FNC–CSN), Pierre Roger, s’étonne de ce nouveau soubresaut de V télé. « Il s’agit d’un dossier qui traine depuis 2008. Les conventions collectives en vigueur à l’époque étaient claires quant au nombre de semaines de salaire d’indemnités par année de service à être versées. Nos membres ont entériné l’entente intervenue avec les dirigeants de V, et ce, malgré leur changement de position de dernière heure. Nous les appelons maintenant à respecter leur parole et de conclure cette trop longue saga à l’intérieur des délais qui ont été négociés au cours des derniers jours. » Par ailleurs, les employés de V télé ont adopté à 72 % les principes de l’entente visant le renouvellement de leur convention collective, conditionnellement au respect du délai de paiement par l’employeur.

La Fédération nationale des communications (CSN) représente 6000 travailleuses et travailleurs dans les médias et les industries culturelles et regroupe la majorité des journalistes syndiqués des grands médias écrits et électroniques au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. La CSN compte, quant à elle, près de 300 000 membres provenant de tous les secteurs d’activité, tant privé que public.

L’Alliance syndicale déplore le manque de respect des patrons et présente ses conditions pour un retour aux négociations

L’Alliance syndicale est sidérée de l’attitude irrespectueuse des parties patronales aux tables de négociation du secteur résidentiel et institutionnel commercial et industriel (IC-I). En effet, les discussions de la fin de semaine ont laissé transparaître une volonté réelle des patrons d’appauvrir les travailleurs de la construction.

Dans les secteurs résidentiels et IC-I, les hausses salariales proposées sont en bas de la cible de l’indice des prix à la consommation (2 % par année). De plus, dans l’IC-I, les demandes sont maintenues pour l’instauration du temps et demi, l’élargissement de la plage horaire de travail, la récupération des heures d’intempéries le samedi à temps simple et une mobilité provinciale accrue. Ces demandes sont inacceptables pour les travailleurs de la construction et leur maintien lors des discussions aux tables rend toute entente impossible.

« Nos travailleurs nous ont donné un mandat clair : protéger leur pouvoir d’achat, conserver le temps double, protéger les emplois en région et favoriser la conciliation travail-famille. Toutes les demandes patronales vont à l’encontre du mandat qui nous a été donné et cette situation rend les discussions complètement stériles », a indiqué Yves Ouellet, porte-parole de l’Alliance syndicale.

Tel que l’Alliance l’a toujours indiqué et en accord avec la demande de la ministre du Travail, l’Alliance syndicale a décidé de rester disponible pour d’autres discussions dans les prochaines heures. Les négociateurs sont disponibles pour un retour aux tables de négociation au moment où les conciliateurs les convoqueront. Cependant, pour que les négociations soient concluantes, il faudra que les associations patronales acceptent de remettre en question leurs demandes qui constituent un recul de 40 ans pour les travailleurs de l’industrie.

« Les travailleurs sont la plus grande richesse de l’industrie de la construction. Ils sont compétents et méritent d’être traités à leur juste valeur. Ce que les patrons nous demandent est de les punir en acceptant des conditions de travail qui défavorisent leurs familles, qui mettent en péril les emplois en région et qui diminuent leur pouvoir d’achat. Nos 175 000 membres ne peuvent pas se laisser appauvrir de la sorte et nous espérons que les patrons le comprendront dans les prochaines heures afin d’éviter une grève », a conclu M. Ouellet.

Pour information, la table du secteur du génie civil est toujours en discussion.

À propos de l’Alliance syndicale

L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

Les négociations sont rompues !

Les négociations sont rompues entre le Syndicat national des employé(e)s de Kronos et la direction de l’entreprise, en dépit d’une contre-offre syndicale déposée en début d’après-midi devant un conciliateur pour éviter l’impasse. Le comité de négociation du syndicat va donc rapidement tout mettre en œuvre pour assurer la suite des choses.

Pour François Morin, vice-président à l’information et porte-parole désigné du syndicat : « Jusqu’à la dernière minute, nous avons tenté de trouver un terrain d’entente qui aurait permis de rebâtir les ponts depuis l’imposition du lock-out, jeudi soir dernier. La balle est maintenant dans le camp de l’employeur. Quant à nous, nous demeurons disponibles en tout temps, de jour comme de nuit, pour reprendre les pourparlers. Notre objectif est clair : assurer à nos membres de bonnes conditions de travail et, surtout, maintenir nos acquis notamment en matière de protection de nos emplois. »

Rappelons que parmi les enjeux de cette négociation en vue du renouvellement de la convention collective, qui se termine ce soir à minuit, figurent la sous-traitance, le régime de retraite à prestations déterminées, les horaires de travail, les heures supplémentaires, les libertés d’action syndicale, dont une modification majeure à la portée du certificat d’accréditation.

Il importe de préciser qu’au moment où le syndicat était en conciliation au ministère du Travail à Montréal, une assemblée générale réunissant les travailleuses et les travailleurs se tenait en après-midi, à Verchères. Prévue initialement pour évaluer la situation et les moyens de pression à mettre en branle, l’assemblée s’est transformée en une rencontre d’information.

À propos du syndicat et de la CSN

Le Syndicat national des employé(e)s de Kronos (CSN) est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui compte près de 30 000 membres répartis dans 320 syndicats, ainsi qu’au Conseil central de la Montérégie, qui regroupe environ 35 000 syndiqué-es sur une base régionale. Le syndicat est également affilié à la CSN, laquelle compte près de 2000 syndicats regroupant plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

Le syndicat CSN dénonce la fermeture sauvage de l’entreprise

Le Syndicat national des employé(e)s de Kronos (CSN) dénonce l’entreprise d’origine américaine qui a procédé, en toute fin de soirée hier, à la fermeture sauvage de son entreprise, alors que la convention collective est toujours en cours, deux jours avant son échéance. Le syndicat y voit là un geste de pure provocation à la suite du rejet à 93 % des dernières offres patronales par les syndiqué-es réunis en assemblée extraordinaire, hier en fin d’après-midi.

Pour François Morin, vice-président à l’information et porte-parole désigné du Syndicat national des employé(e)s de Kronos (CSN) : « L’attitude de l’employeur est tout simplement scandaleuse. Après avoir participé à un simulacre de négociation pendant une douzaine de séances, dont deux en conciliation, avoir présenté des offres comportant des reculs tels qu’il savait qu’elles allaient être rejetées massivement, après avoir menacé le syndicat de déclencher un lock-out advenant un tel rejet, voilà qu’il ferme sauvagement son entreprise en renvoyant sur le champ des salarié-es alors en plein travail et en bloquant l’accès de l’usine pour tous les autres. Le plan de l’employeur apparaît clairement pour ce qu’il est : un exercice de mépris total à l’égard de ceux et de celles qui font la richesse de Kronos. »

Le syndicat et ses membres n’entendent pas se laisser démonter pour autant. Une ligne de piquetage a été dressée très tôt ce matin devant l’usine. Une assemblée générale extraordinaire est également prévue ce samedi 15 juin, alors que sera discuté un possible recours à la grève générale illimitée à être appliquée au moment jugé opportun.

À propos du syndicat et de la CSN

Le Syndicat national des employé(e)s de Kronos (CSN) est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui compte près de 30 000 membres répartis dans 320 syndicats, ainsi qu’au Conseil central de la Montérégie, qui regroupe environ 35 000 syndiqué-es sur une base régionale. Le syndicat est également affilié à la CSN, laquelle compte près de 2000 syndicats regroupant plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

Rejet massif d’une proposition finale et globale de l’employeur

Les 320 travailleuses et travailleurs de Kronos Canada ont rejeté à 93 % une offre dite finale et globale de l’employeur, lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue à Verchère, en toute fin de journée. Ils ont réitéré à leur comité de négociation le mandat de tout mettre en œuvre pour parvenir à une entente satisfaisante visant à maintenir leurs acquis, notamment au chapitre de la protection des emplois.

Pour François Morin, vice-président à l’information et porte-parole désigné du Syndicat national des employé(e)s de Kronos (CSN) : « Le dépôt d’une proposition dite finale et globale nous apparaît prématuré dans la mesure où nous n’avons eu que dix rencontres de négociation, dont deux l’ont été devant un conciliateur du ministère du Travail. Le rejet massif de cette proposition est un appel à la raison logé à l’employeur de ne pas sacrifier nos conditions de travail de ce fleuron qu’est Kronos Canada inc. pour des considérations strictement mercantiles. »

Les reculs qui apparaissent dans l’offre déposée par l’employeur ce matin même, lors d’une séance devant un conciliateur du ministère du Travail, sont considérés totalement inacceptables, tant ils impliquent une diminution radicale des conditions de travail, dont l’abandon d’acquis en matière de protection des emplois. Ainsi en est-il de la sous-traitance tout azimut qui entraînerait à plus ou moins long terme la perte de près du tiers des emplois spécialisés, notamment dans les secteurs de la maintenance des bâtiments, de l’entretien et de la salubrité ainsi que dans l’administration de l’entreprise spécialisée dans la production du dioxide de titane, principalement utilisé dans la fabrication de peinture.

D’autres reculs concerneraient l’abandon des bénéfices liés au régime de retraite actuel, aux assurances des retraités, la perte de droits au plan de la gestion des mouvements de personnel et des heures supplémentaires, les horaires de travail ainsi qu’une diminution des libertés d’action syndicale, dont une modification radicale de la portée de l’accréditation.

À propos du syndicat et de la CSN

Le Syndicat national des employé(e)s de Kronos (CSN) est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui compte près de 30 000 membres répartis dans 320 syndicats, ainsi qu’au Conseil central de la Montérégie, qui regroupe environ 35 000 syndiqué-es sur une base régionale. Le syndicat est également affilié à la CSN, laquelle compte près de 2000 syndicats regroupant plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

Le réseau est dans un état critique

Environ 500 délégué-es des syndicats CSN du Grand Montréal ont profité du 35e congrès du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) pour alerter la population quant à l’état critique dans lequel se trouve maintenant le réseau de la santé et des services sociaux dans la région. Le cocktail composé de compressions budgétaires draconiennes, de privatisation et de marchandisation des services et de l’imposition de méthodes de travail contre-productives dans le réseau met en péril la qualité et la pérennité des services à la population.

« Dans sa course à l’équilibre budgétaire, le gouvernement du PQ exige des compressions de plus de 100 millions de dollars dans la région de Montréal et de Laval. Contrairement au discours exagérément optimiste de certains dirigeants du réseau, nous voyons bien, sur le terrain, que les services à la population et l’accès à ces services, s’en trouvent directement touchés, explique le président du CCMM–CSN, Gaétan Châteauneuf. Le gouvernement fait trois erreurs : il accélère le retour à l’équilibre budgétaire alors que nos finances publiques sont en meilleur état que celles de la plupart de nos voisins. Il refuse d’envisager sérieusement une contribution plus équitable en revoyant la fiscalité. Enfin, il donne des consignes de compressions aux administrations régionales en leur laissant le soin de couper là où elles le veulent : par conséquent le plus grand effort demandé l’est auprès des salarié-es du réseau à qui on peut difficilement en demander encore plus. »

Privatisation

Le CCMM–CSN est par ailleurs extrêmement préoccupé par la poursuite de la privatisation du réseau. Le secteur privé prend en effet de plus en plus de place, particulièrement dans la région de Montréal. Or, on sait déjà que le privé coûte beaucoup plus cher. Cela explique en partie pourquoi le système canadien, où le secteur privé représente près de 40 % des dépenses, coûte globalement plus cher à la population que dans de nombreux autres États où le secteur privé est mieux encadré. De plus, le rôle accru du secteur privé entraine des questionnements quant à la transparence et la gouvernance des établissements ainsi que la qualité des services.

« Si on avait besoin d’exemples montrant que le choix de recourir au privé en santé et services sociaux est hasardeux, nous en avons deux à Montréal qui en sont devenus des caricatures. L’UPAC enquête depuis plusieurs mois au CUSM et des accusations de corruption, notamment, sont portées. Du côté du CHUM, la CSN, d’autres syndicats et Québec solidaire ont tous réclamé qu’on enquête également. Le dossier monté par la CSN dans ce dernier cas soulève de nombreuses questions d’intégrité et d’éthique. Pour aller au fond des choses sur ces deux contrats en PPP, il faudrait des moyens d’enquête. Il est désolant que le gouvernement n’ait toujours pas jugé bon d’intervenir. Que lui faudra-t-il de plus ? », demande le président du CCMM–CSN.

La CSN note également que le mode de gestion opaque des conseils d’administration de ces deux établissements amène des décisions fort discutables comme celle de mettre en vente l’Hôtel-Dieu de Montréal, et ce, alors que la région manque cruellement de lits et que des dizaines de millions ont été investis ces dernières années pour moderniser divers départements de l’Hôtel-Dieu.

La CSN dénonce également l’ouverture faite au secteur privé dans la dispensation des soins et des services à domicile aux personnes âgées contenue au projet d’assurance-autonomie dont le gouvernement souhaite discuter cet automne.

Réorganisation du travail

En plus des compressions et de la privatisation, les problèmes liés à la mauvaise organisation du travail perdurent. Rappelons que lors des dernières négociations du secteur public, les fédérations de la CSN dans la santé et les services sociaux et le gouvernement se sont entendus pour faire de l’organisation du travail dans les établissements en y associant de près les salarié-es et leurs syndicats. Toutefois, nombreux sont les établissements montréalais qui ont choisi d’ignorer cette entente, voire de la bafouer. Par exemple, plusieurs établissements ont fait appel récemment à des firmes privées pour revoir la façon dont sont organisés les soins à domicile. Ces firmes font fi de l’expertise locale et des préoccupations des salarié-es et des syndicats. Elles y imposent, contre la volonté des travailleuses et des travailleurs, un modèle d’interventions minutées qui dénature complètement la mission de ces professionnel-les. La démarche ne prévoit pas que les salarié-es aient un mot à dire dans la définition des cibles d’amélioration ni sur les moyens de les atteindre.

« Le recours à Proaction, ou à d’autres firmes du genre, par les établissements est inadmissible. D’abord, cela coûte cher. En outre, n’est-ce pas le mandat des gestionnaires et des cadres dans ce réseau que de gérer de tels changements ? Pourtant, poursuit Gaétan Châteauneuf, nous avons plein d’exemples ici, à Montréal où des démarches d’organisation du travail respectueuses et paritaires ont donné d’excellents résultats. Cette mode de sous-traiter ainsi à l’externe la mission de réorganiser le travail est vraiment néfaste. Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement n’a pas encore sonné la fin de la récréation dans ce dossier…»

Bref, l’état du patient « réseau montréalais de la santé et des services sociaux » se détériore à vue d’œil et le CCMM–CSN se demande si on attendra qu’il en soit aux soins intensifs avant de réagir.

À propos

Le CCMM–CSN rassemble tous les membres de la CSN de la région du Montréal métropolitain, de Laval et du Grand Nord, soit plus de 92 000 travailleuses et travailleurs réunis en plus de 400 syndicats, œuvrant dans tous les secteurs d’activités.

L’Alliance syndicale somme la partie patronale d’accepter un blitz de négociations

L’Alliance syndicale met au défi la partie patronale d’accepter un blitz de négociations intensives immédiatement jusqu’à dimanche soir. L’organisation d’un tel blitz est le seul espoir restant pour obtenir une entente négociée.

Au cours des derniers jours, l’Alliance syndicale a fait savoir son insatisfaction quant au rythme des négociations. Aux trois tables de négociations sectorielles, aucune rencontre officielle n’a eu lieu depuis le début de la semaine. « Si l’on veut pouvoir négocier et éviter la grève, il faut que les associations patronales acceptent minimalement de nous rencontrer en personne », s’est exclamé Yves Ouellet, le porte-parole de l’Alliance syndicale de la construction.

Les négociateurs syndicaux sont disponibles 24 heures sur 24 d’ici au 17 juin. « On veut trouver un terrain d’entente. Pour y arriver, la partie patronale doit changer d’attitude. Nos demandes sont toutes négociables. Ce n’est pas le message que l’on reçoit de la partie patronale. Ils préfèrent exiger plutôt que négocier », a affirmé le porte-parole syndical.

La date butoir du 17 juin a été fixée par l’Alliance syndicale le 30 mai dernier. L’objectif était d’inciter les associations patronales à négocier rapidement alors que l’Association de la construction du Québec sortait d’une période de trois semaines sans aucune séance de négociation.

Selon les estimations de l’Alliance syndicale, chaque travailleur perd plus de 53 $ par semaine depuis le 1er mai. Cette situation est causée par l’interdiction des mesures rétroactives dans les conventions collectives. Chaque semaine qui passe prive les travailleurs des augmentations salariales qui s’appliqueront pour l’année 2013.

« La situation actuelle permet aux entrepreneurs d’augmenter leur marge de profit sans avoir à faire un moindre geste. Nous ne pouvons pas tolérer ce qui semble être une stratégie concertée de ralentir les négociations », a conclu M. Ouellet.

À propos de l’Alliance syndicale

L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

De la poudre aux yeux ?

Encore une fois, les gestes n’ont pas suivi les paroles…

« … un gouvernement du Parti Québécois s’engage à élargir l’admissibilité à l’aide juridique gratuite, notamment afin que les personnes travaillant à temps plein au salaire minimum soient dorénavant admissibles. “Il s’agit d’un engagement qui fait l’unanimité au sein de la communauté juridique et des groupes communautaires qui œuvrent pour l’accès à la justice. Nous investirons 16 millions de dollars par année pour étendre ce programme à quelque 450 000 personnes supplémentaires…” » – Pauline Marois en campagne électorale, communiqué du Parti Québécois, le 26 août 2012

« Nous avons pris un engagement très clair auprès de la population : une personne travaillant à temps plein au salaire minimum doit être admissible à l’aide juridique. Nous agirons sous peu en ce sens. » – Bertrand Saint-Arnaud, ministre de la Justice, Courrier parlementaire, le 9 novembre 2012

À plusieurs reprises et notamment lors de l’étude des crédits du ministère de la Justice, les ténors du Parti Québécois ont renouvelé leurs engagements de hausser les seuils d’admissibilité à l’aide juridique, mais force est de constater qu’après neuf mois à la tête de l’État québécois, les gestes ne suivent pas les paroles.

Pour Sylvie Lévesque, porte-parole de la Coalition pour l’accès à l’aide juridique, qui regroupe une cinquantaine d’organismes membres et qui bénéficie du soutien de près de 250 groupes et associations, les engagements gouvernementaux vis-à-vis cette priorité ressemblent de plus en plus à de la poudre aux yeux.

« Depuis des mois le gouvernement réitère sa volonté de hausser les seuils d’admissibilité pour les ajuster avec le salaire minimum. Mais, il ne se prononce jamais sur le moment où il va agir. Il se limite plutôt à poursuivre les mesures mises en place par le précédent gouvernement. Qu’attend-il pour passer à l’action ? »

La présente indexation n’a aucun impact sur l’accès à l’aide juridique « Il ne faut pas s’y laisser prendre… la modification aux seuils d’admissibilité annoncée aujourd’hui est faite simplement en vertu du règlement sur l’aide juridique adopté l’année dernière par le gouvernement libéral, soit une indexation de 1,65 % concernant les seuils gratuits et de 10 % en ce qui a trait aux seuils avec contribution. Cela signifie que le volet avec contribution prend de plus en plus d’ampleur, tandis que l’aide juridique gratuite ne devient pas plus accessible.

« Nous avons dénoncé cette faible mesure l’année dernière et en avons discuté avec le ministre Saint-Arnaud lors d’une rencontre tenue à l’automne. Constatant que le seul geste du ministre est de poursuivre avec le Plan accès justice du gouvernement précédent et que rien ne bouge concernant les seuils d’admissibilité gratuits, nous ne pouvons que nous interroger sur les réelles intentions du gouvernement et conclure que, comme dans d’autres dossiers, rien n’est fait pour les plus démunis… », poursuit-elle.

Or, ces mesures sont nettement insuffisantes, constate Mme Lévesque. Autrefois arrimés au taux du salaire minimum, les seuils sont maintenant alignés sur les barèmes extrêmement bas de l’aide sociale. Une faible indexation de 1,65 %, qui fait passer le seuil d’admissibilité pour une personne seule à l’aide gratuite de 13 910 $ à 14 140 $, soit une maigre augmentation de 230 $, n’a donc aucun impact réel sur l’admissibilité à l’aide juridique ni sur l’amélioration de l’accès à la justice.

Les pauvres doivent payer pour avoir droit à la justice

Une personne seule ne doit pas gagner plus de 14 140 $ bruts pour avoir accès à l’aide juridique gratuitement. C’est donc dire qu’une personne travaillant au salaire minimum (40 h/semaine), vivant avec seulement 21 170 $ bruts par année, doit verser 600 $ pour avoir droit à la justice ; le seuil d’admissibilité étant maintenu à 66,8 % de son revenu.

Les personnes rémunérées au salaire minimum ont été admissibles gratuitement à l’aide juridique depuis sa création, en 1973, jusqu’au 1er octobre 1986. Par la suite, la non modification des seuils d’admissibilité a créé un écart de plus en plus grand avec le salaire minimum. Les très bas seuils d’admissibilité sont alors devenus le principal facteur d’exclusion à l’aide juridique.

Préjudices et perte de confiance dans le système

La Coalition est convaincue que l’accès à l’aide juridique gratuite pour les personnes à faible revenu du Québec est essentiel pour un réel accès à la justice. Depuis plusieurs années, il a été démontré par la majorité des intervenants du domaine de la justice que le déficit d’accessibilité actuel cause de nombreux préjudices aux personnes exclues, entraîne une perte de confiance dans notre système de justice et a des effets importants au plan du fonctionnement même de nos tribunaux.

Selon une étude d’économistes réputés publiée par le Barreau du Québec, il n’en coûterait que 16 M$ pour que les seuils d’admissibilité soient alignés sur le salaire minimum, comme le réclame depuis 2007 la Coalition pour l’accès à l’aide juridique. Cette dernière demande également que l’admissibilité soit déterminée en fonction du revenu mensuel et non du revenu annuel. Or, sur un budget ministériel dépassant les 800 M$, ce coût apparaît minime compte tenu des conséquences bénéfiques qui en découleraient.

http://www.coalitionaidejuridique.org

Les soins et les services doivent être développés dans le réseau public

La Confédération des syndicats nationaux appuie la volonté du gouvernement de mettre en place une assurance-autonomie qui permettra de développer les services à domicile. La CSN déplore toutefois que la proposition mise en avant par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, dans son livre blanc, ouvre toute grande la porte à la privatisation de ces services.

« À notre avis, en ouvrant la place au privé, on remet nécessairement en question la qualité et la continuité des services donnés à la population. Le rôle des travailleuses et des travailleurs du réseau est d’être les yeux et les oreilles du réseau public auprès des usagères et usagers à domicile. Avec des services donnés par le privé, on perd ce suivi du réseau public sur l’état de situation de l’usager. Bien au contraire, il faut miser sur le personnel du réseau public pour s’assurer que ces services seront de la meilleure qualité », explique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

La CSN ne comprend pas pourquoi ce livre blanc évacue la prestation publique des services de soutien à domicile. Non seulement le gouvernement entend confier au secteur privé ou de l’économie sociale la responsabilité d’offrir les services d’activités de la vie domestique (AVD), mais il ouvre également la porte à la privatisation des services liés aux activités de la vie quotidienne (AVQ), ceux qui nécessitent des soins et un toucher corporel, services qui sont assurés par les CSSS à l’heure actuelle. Le gouvernement envisage même de confier au secteur privé certains soins et services professionnels. La CSN considère que le rôle du secteur public ne peut pas se limiter à la gestion des services et qu’il doit assumer ses responsabilités quant à la dispensation des soins à domicile. À l’heure actuelle, plus de 5800 auxiliaires de santé et de services sociaux à l’emploi des CSSS assurent ces services de même que des infirmières et autres professionnel-les du réseau public.

La CSN participera activement aux consultations à ce sujet au cours de l’automne afin de défendre les services publics. « Nous ne croyons pas que la solution pour développer les services à domicile soit de maintenir des milliers de femmes dans des ghettos d’emplois précaires. Le modèle préconisé par le gouvernement est pour nous extrêmement préoccupant. »

Financement

Comme plusieurs acteurs sociaux, la CSN est d’avis qu’il faut mettre plus d’efforts pour développer les services de première ligne. La mise en place d’une assurance-autonomie cadre entièrement dans cette nécessité. À l’heure actuelle, le Québec n’investit pas à la hauteur des besoins dans les soins de longue durée à domicile. « Nous sommes nous aussi persuadés que c’est le virage que l’on doit prendre. Cela nous permettra non seulement de donner les services au bon endroit, mais aussi à long terme d’économiser des fonds publics et de réduire la pression dans les hôpitaux et les CHSLD, ce qui serait nécessaire considérant le manque de places dans ces établissements , poursuit Jean Lacharité. Toutefois, nous croyons qu’un financement supplémentaire de 500 millions de dollars devrait être injecté sans délai dans les services à domicile et non pas attendre cinq ans. Cette somme est nécessaire dès maintenant afin d’atteindre l’objectif de répondre à 40 % des besoins en soutien à domicile, ce qui constitue un seuil minimum. Encore une fois, le gouvernement semble donner la priorité au dogme de l’équilibre budgétaire. » La CSN salue néanmoins le fait que cette assurance-autonomie sera financée pour les cinq prochaines années à même le fonds consolidé de l’État. À long terme, la CSN préconise la mise en place d’une caisse dédiée, capitalisée à partir de contributions versées par les particuliers, en fonction de leur revenu et à laquelle contribueraient également les employeurs.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec, dont plus de 115 000 dans le réseau public de santé et de services sociaux.

La Société Radio-Canada réduit encore sa présence en région

De concert, le Conseil central du Bas-Saint-Laurent-CSN (CCBSL), le Conseil central de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine-CSN (CCGIM), le Conseil central Côte-Nord-CSN (CCCN) et le Syndicat des communications de Radio-Canada-CSN (SCRC-CSN) dénoncent la réduction du tiers du nombre de postes de technicien à Matane, à Rimouski et à Sept-Îles.

« Imaginons deux secondes que la Société Radio-Canada (SRC) réduise son nombre de techniciens du tiers à la Maison de Radio-Canada, à Montréal. Cette décision serait non seulement catastrophique pour la qualité de la production offerte à la population, mais elle aurait censément un impact sur les conditions de travail de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs. En région, les équipes sont évidemment moins nombreuses et le départ d’une seule personne impose des tâches supplémentaires aux salarié-es qui doivent produire leurs émissions courantes. Pour nous, il est clair que cette nouvelle réduction du nombre de postes aura vraisemblablement un impact sur tous les autres postes dans nos régions », de préciser Nancy Legendre, présidente du CCBSL. « Cette diminution du nombre de techniciens dans les régions tombe deux jours à peine après l’annonce du renouvellement des licences de Radio-Canada par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Aujourd’hui, nous sommes en droit de nous demander si ces coupes n’étaient pas déjà prévues. Rappelons que dans sa toute récente décision accordant la reconduction des licences de la SRC, pour le Réseau de l’information (RDI), le CRTC a encore réduit l’exigence de contenu régional à seulement 33 % de la production consacrée aux émissions ou aux segments d’émission provenant des régions », de déplorer Alex Levasseur, président du SCRC (FNC-CSN). « À Sept-Îles, il semble que le technicien radio de l’émission d’après-midi disparaît et que la réalisatrice devra cumuler la tâche de mise en ondes. Selon ce que nous savons actuellement, ce devrait être la même chose à Matane et à Rimouski. Le technicien qui perd son emploi ne s’occupera donc plus des montages que les journalistes, les animateurs et les chroniqueurs lui confiaient. Vraisemblablement, ce sont eux qui devront effectuer cette tâche.

En négociation actuellement, alors que le SCRC tente de faire reconnaître par l’employeur la surcharge de travail présente chez ses membres, ces compressions nous indiquent clairement que des travailleuses et des travailleurs devront vivre avec de nouvelles tâches qui n’ont rien à voir avec celles qu’ils devraient accomplir », de préciser Guillaume Tremblay, président du CCCN. « L’émission du samedi matin qui était produite en collaboration par les trois stations régionales de Matane, de Rimouski et de Sept-Îles perd sa réalisatrice. Celle-ci sera remplacée par une émission de musique variée produite à Sept-Îles. Deux chroniqueurs qui collaboraient à cette émission matinale sont remerciés, un en Gaspésie et l’autre dans le Bas Saint-Laurent », de dénoncer Éric Boulay, président du CCGIM. Pourtant, dans sa récente décision, le CRTC affirmait que « la Société Radio-Canada continuera à jouer un rôle clé pour la vitalité de la culture canadienne de langue française et anglaise partout au pays », en ajoutant que les radios de la SRC « représentent une solution de rechange à celle des stations de radio commerciale. À ce titre, les réseaux (Première chaîne et Espace musique) élargissent la diversité de la programmation radiophonique disponible aux auditeurs canadiens. » Pour madame Legendre, messieurs Boulay et Tremblay, « il devient de plus en plus évident que les orientations et les décisions de la SRC, qui semblent cadrer parfaitement avec la nature des licences que le CRTC vient tout juste de lui accorder, ne permettent plus l’atteinte de ces objectifs pourtant fixés par la Loi sur la radiodiffusion. Nous nous inquiétons de cette nouvelle coupe dans les budgets des stations de radio de l’est de la province qui ne peut que réduire la qualité des émissions ».

Le Conseil central du Bas-Saint-Laurent compte près de 100 syndicats affiliés représentant plus de 10 000 membres, dans les secteurs public et privé, de La Pocatière jusqu’à Les Méchins. Le Conseil central Côte-Nord regroupe plus de 50 syndicats représentant quelque 5500 membres sur un territoire qui s’étend de Tadoussac à Blanc-Sablon en passant par Anticosti et Fermont. Le Conseil central de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine rassemble 4500 membres réunis dans 74 syndicats. Actuellement unis dans la lutte contre la réforme de l’assurance-emploi, les trois conseils centraux travaillent de concert pour défendre les intérêts de l’Est du Québec. Le Syndicat des communications de Radio-Canada représente 1700 membres au Québec et à Moncton.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les conseillers juridiques de la Commission des droits de la personne interpellent le ministre de la Justice

Les conseillères et les conseillers juridiques de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) ont interpellé le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, alors qu’il prononçait une allocution cet après-midi devant les membres du Barreau du Québec réunis au Palais des congrès.

Les employé-es de la CDPDJ, toujours sans contrat de travail depuis l’échéance de leur convention collective en mars 2010, ont voulu dérouler une grande banderole sur laquelle on pouvait lire « De l’ensemble des avocats au service de l’État, seulement 15 d’entre eux n’ont pas droit au même traitement. Vous avez dit égalitén ? La parité. Toute la parité. », avant de se faire montrer la sortie. Par cette action d’éclat silencieuse, le personnel de la Commission souhaitait informer le ministre St-Arnaud de la situation irrégulière qui prévaut quant à la rémunération des conseillers juridiques.

Historiquement, ceux-ci ont toujours obtenu les mêmes conditions salariales que les procureurs de la Couronne, les juristes de l’État et les avocats de l’aide juridique. Depuis 2011, le gouvernement a consenti à ces derniers une augmentation salariale de 15 %. Mais l’employeur refuse aujourd’hui d’offrir le même traitement à ses conseillères et ses conseillers juridiques. « Nous avons pourtant obtenu une entente de principe en juin 2012, entente que nous avons adoptée en assemblée générale, pour apprendre en mars dernier que la Commission n’entendait plus respecter cette entente. Nous avons été très patients, mais ça suffit. Nous exigeons un règlement dans les plus brefs délais », a déclaré Jean-Sébastien Imbeault, président du syndicat. Les employé-es ont mené une première action, le 19 mai dernier, en distribuant des feuillets d’information aux membres de la Commission qui tenait une réunion de leur conseil d’administration. Les salarié-es prévoient d’autres moyens de pression si un règlement n’est pas conclu dans les prochains jours. Les représentants syndicaux ont rencontré le Conseil du trésor mardi dernier afin de faire le point sur la situation. Les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions la semaine prochaine.

Le SECDPDJ affilié à la Fédération des professionnèles de la CSN représente 150 employé-es, dont 15 conseillères et conseillers juridiques. Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2 000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le comité exécutif réélu par acclamation

La centaine de délégué-es au 35e Congrès du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSN) ont réélu par acclamation les quatre membres du comité exécutif.

Le président, Engelbert Cottenoir, est membre du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAC, la vice-présidente, Sylvie Blackburn provient du STT des CPE de la région, le secrétaire général, Pierre Morel, du STT Maxi des Galeries Lac-St-Jean et le trésorier, Guy Gingras, du STT CSSS Domaine-du-Roy. Signe de vitalité du militantisme régional, l’ensemble des huit postes au conseil syndical et des trois postes au comité de surveillance ont été comblés.

Rappelons que les délégué-es au congrès triennal, qui prendra fin demain, représentent les 16 600 membres réunis au sein de près de 165 syndicats affiliés à la CSN et provenant de différents secteurs d’activité de la région. Ils ont adopté diverses propositions visant l’amélioration des conditions de travail et de vie de leurs membres et de l’ensemble de la population. Ils se sont notamment prononcés en faveur de l’établissement d’une intervention du gouvernement du Québec structurée pour développer le secteur manufacturier et industriel québécois, dans une perspective de développement durable.

La gare de Mirabel : un exemple de ce qu’il ne faut pas faire

Un grand nombre d’organisations ayant à cœur le développement durable ainsi que la protection de la zone agricole et de sa vocation nourricière dénoncent aujourd’hui le gaspillage des terres comme tendance alarmante du développement urbain des dernières décennies. La politique de souveraineté alimentaire annoncée récemment par le gouvernement devra y mettre fin, demandent les groupes.

Le dossier du projet de gare dans la municipalité de Mirabel est une démonstration éloquente de cette tendance. Rappelons, en effet, que Mirabel et l’Agence métropolitaine de transport (AMT) ont tenté, à deux reprises, ces dernières années, d’obtenir l’approbation d’implanter une gare de train de banlieue sur des terres agricoles de très grande qualité dans la municipalité de Mirabel. À deux reprises, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a rejeté cette demande. Or, les promoteurs se réfugient aujourd’hui derrière l’article 105[1] de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA) leur permettant d’aller de l’avant avec le projet en vertu d’un droit acquis.

« Installer une gare en pleine zone agricole, en utilisant, à mauvais escient, une disposition légale traitant d’aqueducs et d’égouts ne fait aucun sens et fait montre d’un manque flagrant de vision. Pourtant, en utilisant un terrain disponible en zone blanche au milieu de la zone habitée, l’occasion serait belle pour Mirabel de miser sur la réalisation d’un TOD (Transit Oriented Development), comme l’encourage le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) », a déclaré le président général de l’Union des producteurs agricoles, M. Marcel Groleau, rappelant que les TOD sont des quartiers déployés autour des stations de transport en commun métropolitain (stations de métro, gares d’autobus et de train, etc.). M. Groleau a aussi précisé que ce cas s’inscrit dans un contexte où la pression de l’urbanisation sur la zone agricole dans les régions métropolitaines du Québec est forte et menace son intégrité, elle qui ne compte que pour 2 % du territoire québécois (comparativement à 58 % en France et 45 % aux États-Unis).

« Alors que le PMAD a dégagé un fort consensus quant à la protection du patrimoine agricole, il est inadmissible de songer encore à construire au milieu de terres cultivables lorsqu’on peut faire autrement. Rappelons qu’entre 2007 et 2009 seulement, sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, la zone agricole a perdu 826 hectares, soit l’équivalent de 1530 terrains de football », a ajouté M. André Bourassa, président de l’Ordre des architectes du Québec.

Selon Vivre en Ville, regroupement québécois pour les développements urbain, rural et villageois viable, il faut absolument cesser de voir la zone verte comme un territoire en attente d’urbanisation. « Les pressions d’urbanisation qui s’exercent sur la zone agricole s’intensifient d’année en année. Ces pressions sont devenues telles qu’elles justifient pleinement le renforcement de la LPTAA, comme le souligne la nouvelle politique de souveraineté alimentaire québécoise déposée récemment », a indiqué M. Alexandre Turgeon, président exécutif de Vivre en Ville.

« Conserver les terres agricoles de la région de Montréal fait largement consensus, comme en témoignent de nombreuses consultations ces dernières années, ainsi que l’inclusion de ce principe fondamental dans le PMAD de la CMM. Ne pas protéger la zone agricole, c’est condamner à l’échec la création d’une éventuelle ceinture verte digne de ce nom », a indiqué M. Christian Simard, directeur général de Nature Québec. « Nous continuons de défendre le principe selon lequel la zone agricole, tout comme les boisés, les milieux humides et aquatiques, est une partie intégrante de la ceinture verte que nous souhaitons voir apparaître sur le territoire de la CMM. Le cas de Mirabel est un test important de la crédibilité des engagements de la région », a continué M. Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

Soulignons que les organisations suivantes appuient la sortie d’aujourd’hui : l’Association québécoise des spécialistes en sciences du sol, la Centrale des syndicats du Québec, la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération de la relève agricole du Québec, La Coop fédérée, l’Ordre des agronomes du Québec et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement.

——————————- [1] Une personne peut, sans l’autorisation de la Commission, aliéner, lotir et utiliser à une fin autre que l’agriculture un lot qui, après la date à laquelle les dispositions de la présente loi visant à exiger une autorisation de la commission lui ont été rendues applicables, est ou devient adjacent à un chemin public où les services d’aqueduc et d’égout sanitaire sont déjà autorisés par un règlement municipal adopté avant cette date et approuvé conformément à la Loi.

Pour Partenaires pour un Québec français, une fois cette étape franchie, il faudra débattre des amendements à apporter

Partenaire pour un Québec français (PQF) se réjouit de constater qu’une étape supplémentaire vient d’être franchie, car elle considère que le projet de loi 14, avec certaines modifications, va dans la bonne direction. PQF invite la ministre à la prudence afin ne pas édulcorer davantage cette nouvelle politique linguistique qui survient plus de 35 ans après l’adoption de la Charte de la langue française.

PQF réitère l’importance des mesures entourant la langue de travail notamment, celles concernant les petites entreprises. Par contre, Partenaires pour un Québec français demande à nouveau de retirer l’article 42 du projet de loi qui affaiblit les comités de francisation, les rend négociables, et même, ouvre la porte à leur élimination. Les comités de francisation sont un outil essentiel à la francisation des milieux de travail et l’implication des travailleuses et des travailleurs ne doit pas être remise en cause. La coalition demande aussi que les services publics offerts dans les ministères et organismes soient exclusivement livrés en français. Les partenaires estiment suffisantes les exceptions déjà prévues dans la Charte envers les institutions anglophones dans les secteurs de la justice, de la santé, de l’éducation, des relations extérieures et du tourisme. De plus, PQF invite les partis à bonifier le projet de loi avec les diverses recommandations de la plateforme de PQF (http://languedutravail.org/PQF).

Rôle des partis d’opposition

PQF demande aux partis d’opposition de laisser tomber leur partisannerie et d’agir au nom des intérêts supérieurs du Québec. La question linguistique doit passer au-delà les frontières idéologiques et politiques. Puisque libéraux et caquistes n’ont pas nié les bienfaits du fait français au Québec, c’est sur cette base qu’ils doivent faire preuve de coopération et de collaboration dans ce dossier, tout en proposant, s’ils le jugent à propos, des amendements qui vont dans le sens de sa promotion et de sa préservation.

Partenaires pour un Québec français

Conscientes depuis quelques années de la fragilisation linguistique dans plusieurs secteurs d’activité au Québec, plusieurs organisations se sont concertées pour identifier les actions prioritaires à entreprendre pour inverser la tendance. C’est ainsi que le 19 novembre dernier, Partenaires pour un Québec français (PQF) dévoilait sa plateforme. La coalition représente plus d’un million de travailleurs québécois à travers les membres des partenaires que sont la FTQ, la CSN, la CSQ, le SFPQ, la FAE, et l’UDA. Sont aussi partenaires le Mouvement Québec français, le Mouvement national des Québécoises et Québécois et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Un homme de courage et de conviction

« Henry Morgentaler fut un homme de courage et de conviction et un pilier fondamental dans la lutte pour l’obtention du droit à l’avortement pour les femmes. Nous sommes reconnaissantes de tout ce qu’il a fait pour cette cause », de déclarer la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher.

À une époque où il était criminel de faire des avortements, il n’a pas craint de maintenir des services d’avortement pour les femmes et d’être emprisonné. Comme médecin, il a toujours fait face à la réalité. « Il était prochoix, parce qu’il refusait de voir des femmes mourir après avoir subi des avortements dans des conditions déplorables. Il était prochoix aussi parce qu’il a toujours cru qu’il revenait aux femmes de disposer de leur corps. La bataille, il l’a menée avec nous, jusqu’au bout », d’affirmer Denise Boucher. Rappelons qu’en 1988, la Cour suprême du Canada a rendu une décision historique en acquittant Henry Morgentaler, un médecin alors accusé de pratiquer des avortements illégaux.

Malheureusement, encore aujourd’hui, au moment de son décès, nous ne pouvons prendre ce droit pour acquis, notamment avec le gouvernement conservateur qui par toutes sortes de chemin tentent de nous faire reculer sur cette question.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Des avancées intéressantes

Pour la CSN, le projet de loi sur les mines, présenté aujourd’hui par la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, comporte des avancées intéressantes, notamment en introduisant des mesures permettant de favoriser la transformation de nos ressources naturelles au Québec plutôt que de simplement les exporter. « Nous avons toujours cru qu’il fallait soutenir la transformation de nos ressources afin de maximiser non seulement les retombées économiques, mais aussi d’augmenter les emplois de qualité sur l’ensemble du territoire québécois. Se réapproprier nos ressources ne peut qu’être un projet mobilisateur pour l’ensemble des acteurs », de soutenir le trésorier de la CSN, Pierre Patry.

La CSN apprécie aussi favorablement les pouvoirs dévolus dorénavant aux municipalités et au BAPE. Celui-ci aura à évaluer chacun des projets de développement minier avant d’obtenir les autorisations nécessaires à l’exploitation de chacun des sites. Toutefois, les représentants de la CSN souhaitent que des règles claires soient précisées afin d’encadrer les travaux des municipalités dans cette prise de décision. De même, concernant le comité de suivi environnemental et de maximisation des retombées économiques, la CSN considère que des représentants des travailleuses et des travailleurs devraient y siéger.

L’obligation faite aux entreprises de garantir financièrement la restauration des sites est également une très bonne nouvelle. « Le choix de contraindre les minières à prévoir 100 % des coûts de restauration des sites avant même que l’exploitation de ceux-ci soit amorcée s’inscrit aussi tout à fait dans la perspective de nos revendications. Il est effectivement temps que l’on mette fin au développement sauvage de nos ressources et des territoires », d’affirmer Pierre Patry.

Par ailleurs, la CSN aurait souhaité que le projet de loi accorde plus de droits aux communautés, notamment aux communautés autochtones. « Le projet de loi prévoit strictement la consultation de ces dernières, alors que nous croyons qu’il devrait prévoir leur consentement libre et éclairé », de préciser Pierre Patry.

Finalement, la centrale demande à l’ensemble des parlementaires de procéder à l’étude de ce projet avec diligence et en dehors de toute partisannerie. Il en va de l’intérêt de toutes les Québécoises et de tous les Québécois.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les paramédics CSN se font entendre devant l’Assemblée nationale

Dans la foulée des actions de visibilité déclenchées depuis quelques semaines pour faire débloquer leur négociation, les ambulanciers-paramédics haussent le ton. Ils manifestent aujourd’hui d’une manière originale devant l’Assemblée nationale, et ce, dès 14 h. À moins de quatre jours du déclenchement d’une grève illimitée, prévue le 24 décembre, les 2500 paramédics membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) souhaitent toujours conclure une entente satisfaisante, leur convention collective étant échue depuis mars 2010.

Une manifestation originale
Dans un esprit de camaraderie, les paramédics tiennent une joute de hockey-bottine, question de remplacer symboliquement les hockeyeurs de la Ligue nationale toujours absents de la glace. Bien qu’il s’agisse d’une mise en scène plutôt débonnaire, les paramédics n’en sont pas moins très sérieux dans leurs efforts pour obtenir du ministère de la Santé et des Services sociaux et des associations patronales des ouvertures et des mandats sur les matières actuellement sur la table.

Ayant rejeté à 71 % une entente de principe à l’automne 2012, les paramédics sont toujours à la recherche d’une entente satisfaisante. Leurs demandes portent sur une meilleure reconnaissance professionnelle, comme cela a été le cas pour la presque totalité des catégories d’emploi professionnel. Il exigent ainsi une réduction du nombre d’échelons salariaux, une bonification de leur régime de retraite, l’amélioration de la période d’essai et la fin des frais de caserne imposés par certains employeurs en région.

Obtenir un règlement avant Noël !
Pour l’un des porte-parole du comité national de négociation du secteur préhospitalier FSSS-CSN, Martin Jobin, « les paramédics sont exaspérés par l’absence de réponse concrète à leurs demandes. Il faut régler la convention collective avant Noël. Ce que nous demandons est une simple question de reconnaissance professionnelle et sociale, comme cela a été le cas dans d’autres secteurs comme la santé et les services sociaux. »

Depuis la fin novembre, les paramédics ont mis en branle une série de moyens de pression à caractère administratif, en refusant d’encadrer des stagiaires en soins préhospitaliers d’urgence et en cessant de raccompagner le personnel œuvrant à titre d’escorte médicale. Puis, ils ont tenu différentes manifestations dans plusieurs régions du Québec, dont l’Abitibi,le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec et Montréal. Par ailleurs, tout a été mis en place pour exercer la grève, dont la négociation de la liste des services essentiels pour l’ensemble des localités desservies. En tout temps, les services à la population seront maintenus, et même rehaussés.

À propos
Les paramédics membres de la CSN, au nombre de 2500, sont en négociation avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et les associations patronales depuis février 2011. Ils sont représentés par la FSSS-CSN qui regroupe notamment 60 % de tous les paramédics au Québec. Le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches compte environ 40 000 membres provenant de tous les secteurs d’activité. Pour sa part, la CSN regroupe plus de 300 000 membres, et ce, tant dans les secteurs public que privé.