Le gouvernement du Québec en conflit d’intérêts

Blogue co-signé par Jacques Létourneau, président de la CSN,
et Pierre Brassard, président de la CSN-Construction

Avec sa loi spéciale dans la construction, le gouvernement vient nier le droit fondamental à la libre négociation des travailleuses et des travailleurs de la construction. C’est très grave, car il contrevient ainsi aux jugements de la Cour suprême et à la Charte des droits et libertés, qui reconnaissent ce droit fondamental.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement québécois vote une loi matraque contre des syndiqué-es. Tout récemment, il a frappé les juristes de l’État, niant ainsi leur droit de négocier. Dans le secteur de la construction, il s’agit d’un deuxième coup de force en quatre ans. Et dans le passé, les ouvriers de cette industrie ont subi à plusieurs reprises les affres d’une loi spéciale. Ce faisant, le gouvernement a habitué les associations patronales à un certain laxisme aux tables de négociation, qui nuit à la conclusion d’ententes négociées. Pourquoi s’empresseraient-elles de négocier en sachant que le gouvernement finira par intervenir quelques jours après le déclenchement d’une grève ?

Juge et partie
Les parties à la table de négociation sont, d’un côté, les organisations syndicales chapeautées par l’Alliance syndicale, et de l’autre, les associations patronales de la construction. Or, des acteurs de l’industrie brillent par leur absence à cette table, et ce sont les donneurs d’ouvrage. On parle notamment des municipalités et des deux paliers de gouvernement, provincial et fédéral, qui se trouvent parmi les plus gros donneurs d’ouvrage de la construction.

Le gouvernement québécois a en plus le pouvoir de décréter les conditions de travail dans ce secteur névralgique, comme il vient de le faire avec sa loi spéciale. Comment croire à son impartialité dans le dossier, lui qui commande et assume les coûts de la majeure partie des travaux d’infrastructures au Québec et qui a tout intérêt à réduire la facture ? Pourrait-il être tenté, par un jeu de corridor, de s’allier aux représentants patronaux présents à la table de négociation pour tenter d’obtenir des syndiqué-es qu’ils acceptent les offres patronales ? Se ferait-il le porte-voix des municipalités, alors que les maires Labeaume et Coderre ont expressément demandé l’adoption d’une loi spéciale ? On peut se poser ce genre de questions. D’ailleurs, le gouvernement Couillard a démontré à plusieurs reprises son préjugé favorable à l’égard des patrons et s’est déjà montré très sensible aux pressions de ces deux maires lors de l’adoption du projet de loi 110 visant les conventions collectives dans le secteur municipal.

Le gouvernement semble jouer un jeu parallèle au déroulement des négociations de la construction et se place à la fois en position de juge et partie. Par le fait même, il donne toutes les apparences de conflit d’intérêts. Cette situation, tout simplement intolérable, s’est concrétisée et renforcée cette semaine avec l’adoption de la loi spéciale.

Avaler la couleuvre de la loi
La loi spéciale donne cinq mois aux parties pour en venir à une entente, sans quoi un arbitre sera appelé à recommander les conditions des syndiqué-es, qui leur seraient par la suite imposées par l’État. L’adoption de cette loi a permis au gouvernement de s’ingérer plus profondément encore dans un processus de négociation privée, et même dans l’arbitrage, si nécessaire. Nous dénonçons plus particulièrement l’article 23 de la loi qui confère à la ministre du Travail le droit de déterminer dans le menu détail les matières à arbitrage, les méthodes et le cadre pour le tenir. De facto, cet article retire à l’arbitre toute marge de manœuvre pour assumer correctement le rôle judiciaire qui lui incombe. Le gouvernement peut-il faire abstraction de son statut d’important donneur d’ouvrage lorsqu’il prend ainsi parti pour fixer les termes de la loi et les critères de l’arbitrage ?

En cas d’impasse, le statut de législateur du gouvernement et son rôle de donneur d’ouvrage lui permettent de pousser les parties, et plus particulièrement les syndicats, dans un processus d’arbitrage qu’il a concocté lui-même et dont il tirera les plus grands avantages. Les associations patronales qui seront assises à la table, elles, savent que le Saint-Esprit gouvernemental veillera sur leurs travaux et auront tout intérêt à laisser venir le processus d’arbitrage.

Le législateur aurait dû faire confiance au processus de négociation et laisser les parties poursuivre les discussions. Le coup de force du gouvernement est carrément inacceptable. En choisissant plutôt de porter deux chapeaux à la fois, il convie les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction à jouer à un jeu de dupes.

Le ministre fédéral Jean-Yves Duclos doit trouver des solutions aux problèmes

Bien que les activités aient repris dans l’industrie de la transformation des crevettes en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent depuis le 21 mai dernier, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) espère des actions concrètes du gouvernement fédéral pour éviter la répétition du drame économique qui a affecté les revenus de centaines de travailleuses et travailleurs. C’est le sens de son intervention faite lors d’une rencontre expresse avec Jean-Yves Duclos, député fédéral et ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, aussi responsable de l’assurance-emploi.

Étaient présents à cette rencontre du 26 mai dernier à Québec Jean Lacharité, vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, vice-président de la Fédération du commerce, et Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent. La rencontre leur a permis de sensibiliser le ministre aux difficultés vécues depuis des années dans l’industrie de la transformation des crevettes, dont le fait que plusieurs syndiqués et même des non-syndiqués n’ont pas accumulé assez de semaines de travail pour se qualifier à l’assurance-emploi tant cette année que l’an prochain.

Mais pour Jean Lacharité, vice-président de la CSN, « le problème réside principalement dans le fait que l’ancien gouvernement fédéral de Stephen Harper a mis fin abruptement à un programme spécifique adapté aux travailleuses et travailleurs saisonniers du Québec, dont ceux de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. Ce programme permettait de prolonger de cinq semaines leur période de prestations à l’assurance-emploi, tout en leur évitant de se retrouver dans le fameux « trou noir », soit la période entre la fin des prestations et le retour au travail. Voilà pourquoi nous avons expressément demandé au ministre Jean-Yves Duclos de rétablir ce programme pour assurer aux salarié-es saisonniers un revenu en tout temps, contrairement à la situation actuelle où ils sont placés dans une pauvreté absolue en raison d’un manque de revenus. »

« Le gouvernement fédéral ne peut pas se permettre de ne rien faire », a fait valoir pour sa part David Bergeron-Cyr, vice-président de la Fédération du commerce de la CSN (FC–CSN), en parlant de la situation de ces travailleurs aux prises avec des bas salaires eu égard au coût de la vie dans ces régions, sans protection en cas de maladie et sans régime de retraite. « Et là, ils doivent vivre avec la menace quasi constante de ne pas travailler assez longtemps pour se qualifier et toucher leurs prestations d’assurance-emploi. Le gouvernement fédéral doit intervenir pour corriger la situation. »

Pour Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN) : « C’est toute la fragilité des travailleuses et travailleurs saisonniers qui est en jeu ici en raison de la nature même du travail saisonnier. C’est déjà assez difficile de réussir à gagner sa vie décemment quand on travaille dans l’industrie de la pêche. En plus, ils doivent vivre la moitié de l’année avec des revenus amputés de 50 % que représentent les prestations de l’assurance-emploi. La même chose risque d’arriver avec les travailleurs de la sylviculture en raison des inondations récentes. C’est ce qu’on a expliqué au ministre. On espère être entendus. »

Sans prendre d’engagements, le ministre s’est dit sensible à la situation de ces employé-es et prêt à regarder différentes avenues qui pourraient être applicables à l’ensemble des emplois saisonniers tant en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent qu’ailleurs au Canada. Le ministre a aussi manifesté un intérêt à l’idée que soit créé un comité de concertation avec les acteurs socioéconomiques, dont les municipalités régionales de comté, les propriétaires d’usines et les syndicats, afin de dégager des solutions à moyen et long terme, notamment en cherchant à maintenir en emploi le plus longtemps possible ces salarié-es saisonniers.

À propos de la CSN

Le Syndicat des employés des Fruits de mer de Matane (CSN) regroupe 100 travailleurs et travailleuses, et le Syndicat des pêcheries Marinard compte environ 130 membres. Ils sont affiliés à la Fédération du commerce (FC–CSN), au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN) et au Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN). La CSN est composée de plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

Le gouvernement a muselé les travailleuses et les travailleurs

L’Alliance syndicale dénonce l’adoption du projet de loi 142. « Cette loi porte atteinte au droit fondamental d’association puisqu’il entrave le droit de négocier et d’exercer un rapport de force en empêchant les travailleurs de faire la grève. Cette intervention du législateur est plus qu’intrusive. C’est une loi antidémocratique », a martelé Michel Trépanier, porte-parole syndical de l’Alliance syndicale.

« La loi spéciale ne reflète pas du tout l’attitude constructive que nous avons eue. Depuis le début, nous avons porté une attention particulière pour répondre aux demandes et recommandations de la ministre », a dénoncé le porte-parole syndical.

L’Alliance syndicale examine les recours possibles pour contester cette loi spéciale devant les tribunaux. Cependant, elle respectera le retour au travail prévu pour le 31 mai 2017 et répondra positivement aux convocations des médiateurs.

L’Alliance syndicale remercie ses membres pour leur support tout au long de ce processus et pour leur engagement. Elle espère maintenant que le retour au travail s’effectuera dans le respect des conventions collectives. D’ailleurs, tout travailleur victime d’intimidation ou de représailles de la part de son employeur est invité à communiquer avec son représentant syndical.

À propos de l’Alliance syndicale
L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

Blitz de cinq jours de négo pour 11 000 travailleuses

Les représentants des 11 000 travailleuses et travailleurs en CPE, syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), entament un blitz de négociation de cinq jours à compter de demain, le 31 mai. Avec cette accélération des pourparlers qui ont commencé le 8 décembre dernier, les membres du comité de négociation nationale espèrent obtenir rapidement une entente avec le ministère de la Famille et onze associations d’employeurs. Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.

Le blitz de négociation, qui intervient après une vingtaine de séances régulières, se poursuivra jusqu’au dimanche 4 juin inclusivement. Plusieurs sujets à incidence pécuniaire y seront discutés, dont les salaires, l’assurance collective, la retraite, les fériés, les vacances, le temps supplémentaire ainsi que les disparités régionales. D’autres enjeux nationaux feront également l’objet de négociation, notamment les ratios éducatrice/enfants, les horaires de travail, le taux de fréquentation, l’accès aux divers congés, la gestion du service alimentaire, et la place des travailleuses sur les conseils d’administration des CPE.

« Pour nous, ces enjeux sont majeurs en raison des ravages engendrés par d’importantes compressions budgétaires dans les services de garde éducatifs en installation, qui ont été de plus de 300 millions de dollars imposés depuis 2014, lance Louise Labrie, membre du comité de négociation nationale des CPE FSSS–CSN. Ça fait plus de deux ans maintenant qu’on est sans contrat de travail. Nous souhaitons donc un règlement satisfaisant qui tienne compte de nos demandes, pas seulement de celles des employeurs et du ministère de la Famille. »

Le 31 mai, 11 000 travailleuses en CPE vont porter leur t-shirt en appui à la négociation.Le premier jour du blitz, le 31 mai, les 11 000 travailleuses syndiquées à la FSSS-CSN sont invitées à porter leur t-shirt en appui à la négociation.Dany Lacasse, vice-président de la FSSS–CSN et responsable du secteur privé, invite le ministère de la Famille et les associations d’employeurs à « saisir cette occasion qu’est le blitz de négociation pour atténuer, voire régler à la base les problèmes causés par des compressions budgétaires sans précédent. Les enfants, tout comme les travailleuses et les travailleurs, n’ont pas à faire les frais de l’austérité ambiante, encore moins en diminuant la qualité des services éducatifs à la petite enfance. »

L’APNCPE absente des pourparlers

Le comité de négociation syndical déplore le fait que l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE), qui représente 133 CPE syndiqués à la FSSS–CSN en Estrie, en Montérégie, à Montréal-Laval et dans le Centre-du-Québec, se soit retirée de la table nationale de négociation peu avant le début des pourparlers, à l’automne 2016. L’APNCPE a décidé de faire cavalier seul en tentant de négocier au plan régional les clauses qui sont négociées depuis plus de vingt ans sur le plan national, là où se retrouve le principal bailleur de fonds, soit le ministère de la Famille lui-même.

« La FSSS–CSN a rejeté cette voie promue par l’APNCPE qui entraînerait d’importantes disparités dans les conditions de travail et de pratique des travailleuses selon qu’un CPE appartienne ou non à cette association patronale. Face à ce refus, l’APNCPE a intenté un recours devant le Tribunal administratif du travail (TAT) pour une soi-disant négociation de mauvaise foi. Bien qu’elle ne soit pas encore rendue, la FSSS–CSN est confiante que cette plainte sera rejetée, car elle est dénuée de fondement. En outre, cette association devra intégrer les résultats des négociations convenues à la table nationale, qu’il y ait ou non une décision du TAT », de conclure Dany Lacasse.

À propos des CPE et de la CSN

Environ 11 000 travailleuses et travailleurs syndiqués répartis dans quelque 400 CPE sont regroupés dans 37 syndicats affiliés à la FSSS–CSN. Pour sa part, la CSN est composée de plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

Semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à souligner la semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial qui se déroule jusqu’au 3 juin. La centrale veut ainsi reconnaître l’apport indéniable des services éducatifs au développement des enfants et de la société québécoise en général, mais aussi saluer les efforts quotidiens des travailleuses et des travailleurs au bien-être des tout-petits.

Pour Véronique De Sève : « Les nombreuses attaques menées par le gouvernement libéral contre les services éducatifs subventionnés et régis et son choix délibéré en faveur de leur commercialisation croissante ne feront jamais oublier que le Québec s’est clairement doté depuis plus de 20 ans d’un joyau unique au Canada et envié de par le monde. Comme organisation, nous allons tout faire pour que le réseau reprenne ses lettres de noblesse, notamment en mettant toute la pression nécessaire pour en faire un enjeu de la prochaine élection provinciale. C’est le sens de la nouvelle campagne d’information qui sera menée au cours des prochains mois. »

La CSN lancera dès le retour des vacances estivales une nouvelle campagne dont le thème est Pas de profit sur le dos des petits, qui s’inscrit en continuité avec sa précédente campagne nationale Un réseau qui fait grandir, laquelle a permis notamment de déposer à l’Assemblée nationale plus de 80 000 cartes postales réclamant la fin du saccage des services éducatifs.

Enfin, comme d’autres, la CSN a participé au Sommet sur l’éducation à la petite enfance les 4 et 5 mai dernier, lequel a réaffirmé la nécessité de consolider et de développer le réseau des services de garde éducatifs subventionnés et régis. Elle a également signé une déclaration des partenaires en faveur de la reconnaissance du droit de tous les enfants à des services éducatifs de qualité dès la naissance. 

Le gouvernement du Québec en conflit d’intérêts

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, s’adressera ce matin à 11 h 30 aux travailleurs et travailleuses de la construction réunis devant l’Assemblée nationale pour protester contre l’adoption imminente d’une loi spéciale et en profitera pour souligner le conflit d’intérêts dans lequel se trouve le gouvernement du Québec, qui compte parmi les plus gros donneurs d’ouvrage de l’industrie.

« Encore une fois, le gouvernement intervient avec une loi spéciale qui vient nier le droit fondamental à la libre négociation pourtant reconnu par la Charte. Mais il y a plus, explique Jacques Létourneau. Les parties à la table de négociations sont, d’un côté, les organisations syndicales chapeautées par l’Alliance syndicale, et de l’autre, les associations patronales. Or, des acteurs de l’industrie brillent par leur absence à cette table, et ce sont les donneurs d’ouvrage. Il se trouve pourtant que l’un des principaux d’entre eux, le gouvernement du Québec, a le pouvoir de décréter les conditions des travailleurs dans la construction. Comment croire à son impartialité dans cet exercice, lui qui a tout intérêt à réduire ses dépenses justement parce qu’il commande et paye une grande partie des travaux d’infrastructures au Québec ? », questionne le président de la CSN.

Pierre Brassard, le président de la CSN-Construction, abonde dans ce sens et rappelle que les négociations de la construction se font alors que le cadre et les coûts de plusieurs projets de construction sont déjà fixés. Il estime du coup que cette négociation s’est déroulée dans un contexte nettement déséquilibré, où ceux qui ont réellement un intérêt à tirer les conditions de travail vers le bas influencent la table de négociation. « Est-ce que les augmentations de salaire des travailleurs sont prévues lors de l’acceptation des projets d’infrastructures ? Les donneurs d’ouvrage s’organisent-ils avec les représentants patronaux présents à la table de négociation pour faire payer aux syndiqué-es la baisse des coûts relatifs aux travaux ? On peut se poser ce genre de question. Si tel est le cas, les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction se trouvent pris en otage dans un jeu de dupes. »

Pour ces raisons, entre autres, la CSN dénonce fermement l’action du gouvernement libéral dans ce dossier. « Avec la menace d’une loi spéciale, le gouvernement du Québec veut contraindre les travailleurs et travailleuses de la construction à renoncer à leurs demandes, qui sont plus que raisonnables. Mais en tant que donneur d’ouvrage, il semble jouer un jeu parallèle au déroulement des négociations et se place ainsi en position de juge et partie. Par le fait même, il donne toutes les apparences de conflit d’intérêts. Cette situation est tout simplement intolérable », conclut Jacques Létourneau.

 

L’Alliance syndicale refuse les offres finales des patrons

L’Alliance syndicale de la construction refuse les offres finales qui ont été déposées par les associations patronales dans tous les secteurs de l’industrie de la construction.

Dans les secteurs institutionnel-commercial et industriel, l’Association de la construction du Québec a remis de l’avant ses demandes attaquant la conciliation travail-famille. C’est ces demandes qui sont au centre du conflit de travail actuel.

Dans tous les secteurs, les offres salariales présentées étaient aussi insuffisantes. L’Alliance syndicale refuse que les 175 000 travailleuses et travailleurs de la construction s’appauvrissent au cours des quatre prochaines années.

Le gouvernement du Québec déposera une loi spéciale demain matin à l’Assemblée nationale. « Demain, nous verrons qui le gouvernement choisira entre les 175 000 travailleurs et travailleurses et leurs familles ou les patrons et leurs chums », a déclaré Michel Trépanier, porte-parole de l’Alliance syndicale de la construction.

À propos de l’Alliance syndicale
L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

L’Alliance syndicale dénonce la mauvaise foi de l’Association de la construction du Québec

L’Alliance syndicale a annoncé qu’elle déposera, lundi, des procédures judiciaires pour négociation de mauvaise foi contre l’Association de la construction du Québec et son négociateur, Dominic Proulx.

Hier soir, à la table du secteur institutionnel-commercial et industriel, l’ACQ a présenté une nouvelle offre qui nous ramène en arrière de plusieurs semaines. Dans leur proposition, les patrons ont ramené dans leurs demandes :

  • Les changements des horaires de travail;
  • L’abolition de l’horaire de 5 jours consécutifs;
  • Le temps supplémentaire.

Ces demandes avaient été échangées contre deux demandes syndicales de première importance soit l’inflation à la fin de la convention et le droit de rappel. Cela ne fait que démontrer l’attitude arrogante de la partie patronale à la table institutionnel-commercial et industriel .

« L’ACQ a menti aux négociateurs, aux médias et à la population en disant qu’ils retiraient leurs clauses sur la conciliation travail-famille. Le représentant de l’ACQ a dit qu’il allait prendre TOUS les moyens pour atteindre son but et qu’au pire il l’atteindrait par une loi spéciale  » a expliqué Michel Trépanier, porte-parole de l’Alliance syndicale.

« Nous sommes donc obligés de dénoncer publiquement la situation, car nous devons prendre les moyens appropriés pour défendre les intérêts de nos travailleuses et travailleurs », a conclu monsieur Trépanier.

À propos de l’Alliance syndicale
L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

 

Victoire sur toute la ligne

Hier, dans une décision rendue par l’arbitre Me Richard Bertrand, le Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (CSN) (STIP) et le Syndicat des employés de bureau et de journaux (CSN) (SEBJ) ont eu gain de cause sur toute la ligne relativement aux dispositions touchant à leur sécurité d’emploi.

« Dans la décision de plus de 40 pages rendue hier et immédiatement communiquée aux parties, Me Bertrand ordonne la réintégration de 26 employé-es, dont 10 à la rédaction et 16 dans les bureaux. Ces travailleuses et ces travailleurs avaient été licenciés illégalement en septembre 2015 », de préciser Charles Côté, président du STIP.

« Cette décision donne suite aux griefs déposés par le STIP et le SEBJ, à la suite de la réorganisation de l’entreprise en prévision de l’abandon de l’édition papier en semaine. À cette occasion, La Presse avait aboli 160 postes et la plupart de ces mises à pied avaient été réglées par un programme de départ volontaire », de souligner Constance Godin, présidente du SEBJ.

Les syndicats exigeaient le respect du droit de ces 26 employé-es permanents d’être réaffectés, tel que le prévoient nos conventions collectives. À ce sujet, dans sa décision, Me Bertrand affirme que « L’Employeur ne pouvait faire l’économie de la recherche d’une solution de recyclage, aussi compliqué que puisse se révéler l’exercice ». Me Bertrand poursuivra son implication dans le dossier « pour régler toute difficulté résultant de l’application » de sa décision et de « toute mésentente quant à la compensation devant éventuellement être offerte » aux employé-es.

Réunis à Québec, les présidents des syndicats concernés et les responsables et conseillers de la Fédération nationale des communications–CSN se réjouissent de cette décision. Plus de détails seront communiqués ultérieurement.

Source :

Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (CSN)

Syndicat des employés de bureau de journaux (CSN)

La CSN honorée

 

Dans le cadre de la soirée soulignant les 70 ans de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA), le 24 mai 2017, la CSN a été honorée tout spécialement pour l’appui qu’elle donne à cet organisme dévoué à la promotion du droit à l’apprentissage tout au long de la vie.

La vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève, deuxième à partir de la gauche a reçu le prix remis à la CSN.

La CSN a toujours considéré l’éducation des adultes comme un facteur essentiel à la démocratie et à l’amélioration des conditions de vie des hommes et des femmes. En plus d’adhérer à l’ICÉA depuis 1947, la CSN décerne annuellement les bourses Fernand-Jolicoeur depuis 2003 aux militantes et militants ainsi qu’aux syndicats affiliés qui encouragent l’apprentissage continu en milieu de travail et qui sensibilisent leurs membres à cette nécessité.

Développer une culture de formation

Créé en 1947, l’ICÉA cherche à développer des outils pour contribuer à lever les obstacles à l’accessibilité des adultes aux activités de formation et à faire progresser leur participation selon différentes situations. En plus de réaliser des analyses et des réflexions portant sur le développement des connaissances dans le domaine de l’éducation des adultes et de la formation continue, l’Institut organise des rencontres, des débats ou des séminaires sur des dossiers qui touchent le droit à l’apprentissage tout au long de la vie. Il développe des projets qui visent l’expérimentation et l’innovation éducative. Certains deviennent de véritables outils de développement ou d’implantation d’une culture de formation.

L’Alliance syndicale déclenche la grève générale illimitée

Devant l’impasse qui persiste dans les négociations, l’Alliance syndicale n’a d’autre choix que de déclencher la grève générale illimitée. « Les employeurs nous demandent de sacrifier du temps avec nos familles pour être disponible au travail. Il y a des limites à ne pas dépasser et elle est atteinte », s’insurge Michel Trépanier, porte-parole de l’Alliance syndicale de la construction.

« La grève était le seul choix qui nous restait. Nous avons négocié jusqu’à la dernière seconde afin de tenter d’en venir à une entente. D’ailleurs, nous avons accepté à plusieurs reprises de collaborer avec la conciliatrice afin d’accepter un règlement qui évite un conflit. Malheureusement, les employeurs se sont entêtés à conserver leurs demandes déraisonnables et n’ont pas voulu accepter les propositions de la conciliatrice. Leur objectif est clair, ils veulent prolonger les négociations pour continuer à tirer profit de l’absence de rétroactivité. Ils misent sur une loi spéciale », dénonce Michel Trépanier.

C’est la deuxième grève générale illimitée dans l’industrie de la construction en quatre ans. « En 2013, les employeurs avaient mis de l’avant les mêmes demandes. La grève en 2017 ne peut pas surprendre les patrons. Les mêmes demandes, la même fermeture et la même arrogance ne pouvaient que nous amener au même résultat », s’exclame le porte-parole syndical.

Tous les secteurs de la construction sont en grève. Des piquets de grève seront installés à l’entrée de plusieurs chantiers et les travailleurs sont invités à se mobiliser pacifiquement. L’Alliance syndicale rappelle qu’il est important que toutes ces actions se fassent dans le calme et le respect.

Enfin, l’Alliance syndicale souhaite rassurer ses membres. Plusieurs travailleuses et travailleurs ont peur de se faire mettre à la porte s’ils exercent leur droit de grève. « Si vous recevez de telles menaces, contactez votre syndicat ! Le droit de grève est un droit légalement reconnu que les patrons se doivent de respecter », conclut Michel Trépanier.

À propos de l’Alliance syndicale
L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

 

 

Non au couperet d’une loi spéciale dans la construction

La CSN reproche au gouvernement libéral de laisser planer la menace d’une loi spéciale pour régler les négociations dans l’industrie de la construction.

« La partie syndicale met toutes ses énergies pour en arriver à une entente négociée avec les associations patronales, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Il faut les laisser poursuivre leur démarche et éviter à tout prix la loi spéciale qui nie le droit à la libre négociation. »

Le président de la CSN dénonce la pratique des libéraux qui, encore une fois, se préparent à attaquer le droit à la libre négociation, comme ils l’avaient fait dans le cas du projet de loi 3 et des régimes de retraites des employé-es municipaux. « Ce que le gouvernement est en train de dire, c’est qu’il va empêcher les travailleuses et travailleurs de la construction d’exercer ce droit fondamental, qui est reconnu par la Charte des droits et libertés. On ne peut pas tolérer ça », affirme Jacques Létourneau.

Rappelons que la Cour suprême a rendu une décision dans laquelle elle réprimande le gouvernement de la Saskatchewan qui voulait restreindre le droit de grève des employé-es des services publics en santé. « C’est une décision historique dont le gouvernement du Québec a l’obligation de tenir compte », conclut le président de la CSN.

Soutien à domicile : il est grand temps d’agir !

La Confédération des syndicats nationaux participera au prochain forum sur les meilleures pratiques en soutien à domicile. La CSN milite depuis des années pour une amélioration des soins et services à domicile, un domaine où le Québec accuse un grand retard. De plus, il faut miser sur les ressources du secteur public, notamment sur les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) qui assurent les services quotidiens et travaillent en interdisciplinarité avec tous les professionnel-les des centres intégrés. La CSN aborde ce forum, qui se tiendra jeudi et vendredi, avec ouverture et elle espère qu’il laissera véritablement place aux échanges pour que le soutien à domicile deviennent une véritable priorité collective.

« Le soutien à domicile, c’est le meilleur investissement qu’on puisse faire en santé et services sociaux. On permet davantage aux aîné-es de vieillir dans la dignité à leur domicile, l’option qu’ils privilégient largement et cela permet de diminuer la pression sur les centres d’hébergement de soins de longue durée où des milliers de Québécoises et Québécois attendent toujours une place », explique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

« Pour tirer le meilleur des soins et services à domicile, il faut par ailleurs s’assurer qu’ils sont donnés par un personnel stable, bien formé et qui travaille en équipe avec tous les autres professionnel-les de la santé et des services sociaux s’occupant de ces aîné-es, ajoute Jean Lacharité. Les ASSS sont les yeux et les oreilles du réseau auprès d’eux. Nous déplorons les recours de plus en plus fréquents au secteur privé en ces matières car ces entreprises ne remplissent pas ces conditions. »

Par ailleurs, la CSN entend faire preuve de vigilance quant à de potentielles annonces du gouvernement qui auraient été décidées bien avant la tenue du forum. « On entend déjà des CISSS justifier la coupe de places en soins de longue durée par le réinvestissement de ces économies dans le soutien à domicile ! Ne soyons pas dupes ! Après des années d’une austérité budgétaire qui a fait mal partout dans le réseau, et en particulier dans les soins aux aîné-es, c’est d’argent neuf dont le réseau a besoin », rappelle Jean Lacharité.

Solidarité avec les prisonniers palestiniens en grève de la faim

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) exprime sa solidarité avec les quelque 1500 prisonniers palestiniens qui ont entamé une grève de la faim le 17 avril dernier, et appuie le rassemblement qui aura lieu cet après-midi, à 17 h 30, à la place Norman-Bethune à Montréal.

La CSN joint ainsi sa voix à celle de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de nombreuses organisations au Québec et à travers le monde, pour exiger la levée des restrictions sur les visites familiales, une amélioration globale des conditions de détention, l’accès à des soins médicaux, la fin de l’isolement et des détentions administratives.

À l’instar de la CSI, la CSN demande aux autorités israéliennes de s’assurer que les prisonniers palestiniens soient traités avec dignité, dans le respect des normes fixées dans le droit international humanitaire.

Alors que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, sera au même moment en Israël pour renforcer les liens de coopération économique, la CSN considère qu’il est de son devoir d’intercéder en faveur des prisonniers palestiniens et d’intervenir auprès du gouvernement israélien dans le sens de la résolution portant sur la reconnaissance de l’État de Palestine adoptée par l’Assemblée nationale en décembre 2014.

Au cours des dernières décennies, la CSN a maintenu un front de solidarité avec le peuple palestinien et réclame plus particulièrement la fin de l’occupation militaire illégale des territoires palestiniens et le démantèlement des colonies de peuplement illégales en vertu du droit international. La CSN s’est jointe en 2015 à la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions visant Israël, une campagne pacifiste et légitime qui exige le respect par Israël du droit international et des droits des Palestiniennes et Palestiniens.

Mettre fin au statu quo oui, mais pas pour faire entrer le loup dans la bergerie

Ce matin se tenait un colloque qui, profitant des difficultés du réseau public de santé et de services sociaux, prône une plus grande place du  privé dans la prestation des soins à la population. Si la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est d’accord pour mettre un terme au statu quo dans le réseau, c’est pour privilégier des solutions audacieuses qui permettraient d’améliorer l’accès aux soins dans le secteur public.

Une démarche ayant pour objectif de légitimer l’accentuation du privé dans la prestation de soins

C’est ce matin que le Pôle santé des HEC dévoilait les résultats d’une étude menée ces derniers mois. Celle-ci pointe vers une accentuation de la place du privé en santé. Si l’analyse permet de mettre le doigt sur plusieurs problèmes vécus par les patientes et patients, les solutions qui ressortent majoritairement cachent mal le biais en faveur du privé en santé. Rappelons que l’étude était notamment financée par la Fédération des chambres de commerce du Québec, La Capitale assurance et TELUS Santé, des groupes ayant des intérêts financiers dans le secteur de la santé.

Un sondage CROP, réalisé dans le cadre de cette étude, illustre les préoccupations de la population quant à l’accès aux soins de santé et de services sociaux. Ces données démontrent qu’il y a urgence d’agir sur cette question. Mais la recherche conclut à tort, selon la CSN, que les solutions se trouvent dans une plus grande place du privé et dans la responsabilisation individuelle des patientes et patients. Le privé a pris une place importante dans les dernières années, sans que cela ne se traduise par une amélioration de l’accès aux services. Et l’idée de responsabiliser les patients laisse dans l’angle mort les inégalités socio-économiques à l’origine de nombreux problèmes de santé. Il faut noter que des éléments de l’étude sont à retenir. Que l’on pense par exemple aux lacunes dans le partage de l’information dans le réseau ou encore à la place grandissante qu’il faudrait accorder à la prévention dans notre réseau.

« Nous sommes sur toutes les tribunes pour dénoncer les problèmes du réseau. L’accès aux soins est déficient depuis trop longtemps et les gouvernements n’ont rien fait pour améliorer les choses. Ce n’est pas les coupes des dernières années ni la réforme Barrette qui assureront un meilleur accès, on s’en rend bien compte. Le signal est clair, les gens sont tannés d’attendre. Mettons en place les solutions publiques garantissant l’accès aux soins », lance Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

Mettre un terme au statu quo

Loin d’être en faveur du statu quo qui conduit actuellement à une croissance du privé en santé, la CSN et ses fédérations proposent plusieurs alternatives. Deux Rendez-vous nationaux qui se sont tenus récemment ont permis d’établir les défis prioritaires et les solutions à préconiser pour améliorer l’accès aux soins. Si les solutions sont connues, leur application se fait toujours attendre. Réviser le mode de rémunération des médecins permettrait notamment de dégager des sommes pour investir dans la première ligne. En instaurant un régime d’assurance médicaments entièrement public, l’État québécois économiserait plus d’un milliard de dollars qui pourraient servir à soigner la population. C’est sur ces questions qu’il convient d’agir en priorité pour la CSN.

« Ça fait des années qu’on éteint le monde qui donne des soins au quotidien. Ils tombent au combat comme jamais. De son côté, la population s’y retrouve de moins en moins dans un réseau qui est plus compliqué à comprendre depuis la réforme Barrette. Si on commençait par mettre les conditions favorables pour que le personnel puisse soigner la population, ça serait un bon début. Le réseau de la santé appartient à tous les Québécois et Québécoises, pas à ceux qui veulent faire une piasse sur la maladie et sur ceux qui le gèrent comme si c’était une business », lance Guy Laurion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

«  Le problème avec cette étude, c’est que la démarche a tout d’une prophétie auto-réalisatrice. On laisse le réseau public dépérir pendant des années, pour après s’exclamer que la population est prête à plus de privé en santé ! Ce que la population veut, c’est l’accès aux services dont elle a besoin ! Cessons d’entretenir le privé ! Concentrons nos énergies à améliorer le public et la population choisira le public, j’en suis certain », de conclure Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

L’Alliance syndicale appuie les sinistrés des inondations

Alors qu’elle a annoncé une grève dans l’industrie de la construction le 24 mai prochain s’il n’y avait pas d’entente pour le renouvellement des conventions collectives, l’Alliance syndicale tient à rassurer les sinistrés affectés par les inondations. Les syndicats de la construction ont décidé que les travaux en cours sur des résidences dans les zones inondées pourront se poursuivre après le 24 mai, et ce, même en cas de déclenchement d’une grève générale illimitée.

« Nous considérons que ces travaux sont essentiels afin de permettre aux familles affectées par ce terrible drame de réintégrer leur domicile dans les plus brefs délais. Nous allons permettre à ces travaux de se poursuivre. Nous tenons à l’annoncer aujourd’hui afin d’éviter un stress inutile à ces gens », a indiqué Michel Trépanier, porte-parole de l’Alliance syndicale.

Des milliers de bénévoles disponibles
L’Alliance souhaite favoriser le bénévolat de ses membres dans les corvées de nettoyage dans toutes les régions affectées. Une invitation sera envoyée aux travailleuses et travailleurs afin qu’ils participent, avec leurs familles, aux efforts qui seront faits durant la fin de semaine prochaine.

En cas de grève, l’Alliance incitera et mobilisera ses membres afin qu’ils effectuent du bénévolat auprès des sinistrés. « Les travailleurs de la construction sont des gens de cœur. La bataille que nous menons pour la conciliation travail-famille ne doit pas affecter les sinistrés. Nous espérons encore une entente négociée, mais nous tenons à faire savoir que, s’il y a grève, les travailleuses et les travailleurs seront à pied d’œuvre bénévolement pour accélérer le rétablissement de la situation dans les zones inondées », a conclu Michel Trépanier.

L’Alliance syndicale est entrée en communication avec le Centre national de coordination gouvernementale (CNCG) de la sécurité civile afin de s’assurer que les municipalités soient avisées de cette proposition de support. Les villes désirant bénéficier de cette main-d’œuvre sont invitées à communiquer leurs besoins directement au 514-377-1102 ou par courriel au victor@flanaganrp.com.

À propos de l’Alliance syndicale
L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les 5 syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

Les États généraux de l’enseignement supérieur débutent aujourd’hui

Près de 25 organisations professionnelles, syndicales et étudiantes invitent toutes les personnes préoccupées par l’éducation au Québec à participer au premier rendez-vous des États généraux de l’enseignement supérieur qui se déroule du 18 au 20 mai 2017 à l’Université Laval, à Québec.

Seront à l’ordre du jour, dans le but d’inciter les pouvoirs politiques à faire de l’éducation une priorité nationale, les enjeux de la gratuité, de l’aide financière aux étudiantes et étudiants, de la marchandisation de l’éducation, de l’assurance qualité, du financement, de la gouvernance, de la formation continue, de l’accessibilité et de la recherche.

Plus de 400 personnes ont déjà répondu à l’appel lancé par le collectif. Soixante-dix panélistes dont Martine Desjardins, Pierre Doray, Hind Fazazi, Ethel Groffier, Éric Martin et Michel Seymour lanceront les discussions. La réflexion débutera par une table ronde animée par la journaliste et féministe Francine Pelletier et se poursuivra avec trois grandes conférences thématiques et quatorze ateliers sur différents défis et enjeux.

Une alliance devenue nécessaire

« Nous avons mis beaucoup d’énergie à renforcer les liens entre les groupes et les organisations qui réclament des changements dans la manière de financer, d’administrer et de développer le réseau québécois de l’enseignement supérieur et nous allons continuer à y travailler. Nous espérons que cet exercice nous permettra de développer une vision commune qui saura s’opposer à l’actuelle empreinte d’une logique marchande » soutient Véronique de Sève, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) .

Selon les organisateurs, réinvestir comme l’a fait dernièrement le gouvernement n’est pas tout. Après des années d’austérité et de compressions budgétaires, il faut dresser un bilan du fonctionnement et des missions des réseaux collégial et universitaire québécois. Pour Mario Beauchemin, 3e vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), « face à la concurrence entre les établissements d’enseignement supérieur et les problèmes du mode de financement, les organisations ont senti la nécessité de s’allier, comme en témoignent ces États généraux sur l’enseignement supérieur et les alliances antérieures pour la sauvegarde de l’accessibilité à l’enseignement collégial en régions et pour le réinvestissement dans les universités ». 

Améliorer les conditions d’études

Il est impossible cependant de parler d’enseignement supérieur sans parler d’accessibilité. Historiquement, c’est une question qui préoccupe particulièrement les étudiantes et les étudiants. Selon Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ), il y a lieu de s’interroger sur les mesures existantes : « Peut-on réellement parler d’accessibilité sans discrimination liée au sexe, à l’origine sociale ou culturelle et au territoire? Est-ce que le régime fiscal et le régime actuel d’aide financière aux études (AFE) sont suffisants pour atteindre l’égalité des chances? »

Pour Rose-Crevier Dagenais, présidente à la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), ce sera aussi l’occasion d’aborder la question des violences à caractères sexuels et de la santé mentale. « Nous désirons aborder le cas de campagnes qui sont menées afin de changer de façon durable des comportements ».

… et de la recherche

De son côté, Claude Fortin, vice-présidente de la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU), souhaite que les discussions puissent contribuer à améliorer les conditions de réalisation de la recherche. « Il y a actuellement une iniquité dans les conditions de la recherche en enseignement supérieur. L’intégrité de la science et la liberté académique sont fragilisées. Il est temps d’y voir » conclut-elle.

Initié à l’automne 2013, cet événement se veut une réplique aux orientations du gouvernement et des administrations. Les organisateurs feront un bilan en juin prochain et envisagent de tenir un second rendez-vous en 2018 afin de garantir le sain essor du réseau de l’enseignement supérieur à la veille des élections provinciales.

À propos

Les partenaires des États généraux de l’enseignement supérieur sont :

Association des Étudiantes et des Étudiants de Laval inscrits aux Études supérieures (ÆLIÉS), Association pour la voix étudiante au Québec (AVEQ), Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au postsecondaire (AQEIPS), Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM), Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP), Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), Fédération des professionnèles (FP-CSN), Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU), Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), Fondation Paul Gérin-Lajoie, Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA), Nouveaux cahiers du socialisme (NCS), Nouvelle alliance pour la philosophie au collège (NAPAC), Regroupement des syndicats universitaires de la CSQ (RSU-CSQ), Syndicat des Étudiant-e-s Salarié-e-s de l’Université de Montréal (SÉSUM), Union étudiante du Québec.

Montréal, ville ouverte

En ce 17 mai, Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, la CSN tient à souligner l’importance du travail accompli, depuis plusieurs années, sur cet enjeu primordial. Particularité en 2017, la journée coïncide avec le 375e anniversaire de la fondation de Montréal.

« Même si la lutte est loin d’être terminée, il faut souligner l’ouverture dont Montréal a souvent fait preuve envers les droits des personnes LGBT+ », admet le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie.

Rappelons qu’en 2006, la Ville de Montréal a été l’hôte des premiers Outgames mondiaux ainsi que de la Conférence internationale des droits des LGBT. C’est à cette occasion que la Déclaration de Montréal sur les droits des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et transsexuelles, a été adoptée.  « Il s’agit d’une étape primordiale dans la lutte des droits de la communauté LGBT+, et elle s’est jouée à Montréal. Sans oublier que c’est à Montréal que se trouve l’un des plus grands quartiers gais au monde, qui existe depuis plus de 40 ans », note Jean Lortie.

Encore du chemin à parcourir

La Confédération des syndicats nationaux note toutefois le long chemin qui reste à parcourir pour que l’homophobie et la transphobie soient chose du passé. Ainsi, un tout récent sondage mené par Léger Marketing pour la Fondation Émergence, auquel la CSN a contribué financièrement, indique que près d’un Canadien sur cinq (18%) rapporte avoir été témoin de propos désobligeants à l’égard des personnes trans dans son milieu de travail, au cours des 12 derniers mois, 3% affirmant l’avoir été souvent.

La CSN profitera de la tenue de son 65e Congrès qui se tiendra à Montréal du 5 au 9 juin prochains, pour sensibiliser à nouveau les syndicats aux enjeux entourant cette question. Plus de 2000 délégué-es syndicaux de partout au Québec et œuvrant dans tous les secteurs d’activité, des invités internationaux et des salarié-es du mouvement y prendront part.

La journée mondiale de lutte à l’homophobie a vu le jour en 2003. Elle commémore la décision prise le 17 mai 1990 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie !

Une grève le 24 mai dans la construction ?

Alors que les négociations durent depuis des mois, l’intransigeance patronale force la main de l’Alliance syndicale. « Pour débloquer les négociations, nous sommes obligés de demander à nos membres de se préparer pour la grève dès le 24 mai », a annoncé Michel Trépanier, porte-parole de l’Alliance syndicale.

Réunis dans une assemblée extraordinaire qui se déroulait simultanément dans onze villes du Québec, les membres de l’Alliance syndicale se sont indignés devant les demandes patronales. « Les patrons souhaitent abolir la semaine de travail de cinq jours. Ils veulent changer notre horaire de travail n’importe quand, selon leur volonté, sans indemnités supplémentaires. La conciliation travail-famille serait impossible. Nous ne plierons jamais devant de telles demandes parce que nous défendons nos familles et notre dignité », a affirmé Michel Trépanier.

Des demandes syndicales raisonnables

Les demandes syndicales de cette négociation sont raisonnables. Les syndicats de la construction demandent que les travailleurs et travailleuses de l’industrie de la construction maintiennent leur pouvoir d’achat, concilient plus facilement le travail et la famille ainsi qu’une bonification de leurs régimes de retraite et d’assurances collectives. « En octobre dernier, nous avons rencontré la ministre du Travail qui nous a demandé d’être responsables et raisonnables dans nos demandes, ce que nous avons fait. Les patrons, eux, ont décidé de présenter des demandes abusives qui auront des conséquences directes sur nos familles. En cette semaine québécoise des familles, il nous apparaît raisonnable de nous assurer que notre vie au travail se fasse dans les meilleures conditions, sans affecter nos proches »,  a expliqué le porte-parole syndical.

Aucun intérêt à négocier pour les patrons

Depuis le 30 avril, les employeurs empochent, sur le dos de chaque travailleur, plus de  51 dollars par semaine. C’est la conséquence directe de l’interdiction de négocier des clauses rétroactives dans les conventions collectives de la construction. « La loi sur les relations de travail dans l’industrie de la construction encourage les patrons à retarder les négociations. C’est un déséquilibre total qui doit changer », a dénoncé Michel Trépanier.

La semaine dernière, l’Alliance syndicale a déposé une pétition de plus de 40 000 signataires à la ministre du travail. La pétition portait spécifiquement sur les questions de la rétroactivité et des dispositions contre les briseurs de grève. « Nous sommes confiants que la ministre responsable du Travail prendra position pour que tous les syndiqués au Québec soient traités de la même façon », a conclu le porte-parole de l’Alliance syndicale de la construction.

À propos de l’Alliance syndicale

L’Alliance syndicale représente les 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction dans le cadre des négociations de la construction. Elle regroupe les cinq syndicats représentatifs de la construction, soit la FTQ-Construction, le Conseil provincial (International), le Syndicat québécois de la construction (SQC), la CSD Construction et la CSN-Construction.

 

 

Prestations cibles? Pas à n’importe quel prix

Aujourd’hui, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a déposé son mémoire en lien avec la consultation menée par le ministère des Finances sur le projet de loi C-27 Loi modifiant la Loi de 1985 sur les normes de prestation de pension.

« La CSN maintient que les régimes à prestations déterminées sont ceux qui offrent aux travailleuses et aux travailleurs la meilleure protection à la retraite, puisqu’ils leur garantissent le versement de la rente qu’ils ont accumulée. La CSN reconnaît également que les régimes à prestations cibles sont une alternative intéressante pour permettre à ceux qui participent à des régimes à cotisation déterminée d’améliorer leur véhicule d’épargne et une meilleure mutualisation des risques », de déclarer Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.

Présentement, seulement 40 % des travailleuses et des travailleurs canadiens participent à des régimes de retraite d’entreprise et au cours des dernières années, peu de régimes à prestations déterminées ont vu le jour. Seuls les régimes à cotisation déterminée ont vu leur nombre augmenter ; le nombre de participantes et de participants couverts par ces régimes a également connu une croissance.

« Toutefois, la CSN s’oppose fermement à la section du projet de loi qui, si adopté tel quel, permettra aux parties de convertir les régimes à prestations déterminées en régimes à prestations cibles. La CSN s’oppose à toute modification qui affecterait le service passé des participants. Le service passé d’un régime de retraite étant du salaire différé à la suite d’une négociation de bonne foi entre l’employeur et la partie syndicale, un tel changement signifierait que les employeurs renient leurs obligations. La CSN demande donc au gouvernement de retirer de son projet de loi les dispositions permettant de convertir un régime de retraite à prestations déterminées en régime à prestations cibles », de conclure madame Lévesque.

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.