Réuni-es en assemblée générale ce matin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Massif Petite-Rivière-Saint-François–CSN n’iront pas en arbitrage tel que l’employeur l’exige. Cette décision s’inscrit dans une volonté ferme : ne pas abandonner leur avenir à une tierce partie et forcer l’employeur à revenir sérieusement à la table de négociation.
« L’arbitrage n’est pas une solution. C’est un renoncement. C’est accepter que quelqu’un qui ne connaît ni la réalité du travail sur la montagne ni les conditions vécues par les salarié-es, tranche à leur place. Les veulent un règlement négocié, et ce avant la fin de la saison. Le syndicat ne confiera pas la négociation à un tiers avec une issue incertaine. Ce sont les travailleuses et les travailleurs qui font vivre le Massif, et ce sont elles et eux qui doivent décider », affirme la présidente du syndicat, Annick Simard.
Le syndicat croit encore à la négociation, contrairement à l’employeur
Le syndicat tient à être parfaitement clair : la négociation demeure la voie privilégiée. La conciliation peut encore fonctionner, une entente est possible. Mais pour cela, l’employeur doit choisir de négocier pour vrai, et non multiplier les sorties médiatiques et les manœuvres pour éviter la table. Depuis le déclenchement de la grève, l’employeur tente de faire croire que le syndicat bloque les discussions. Or, les faits et les agissements de la partie patronale révèlent une tout autre histoire.
« L’employeur affirme dans les médias que le syndicat ne fait pas d’offres sérieuses. C’est faux. La dernière offre complète et structurée à la table vient du syndicat. Dire le contraire, c’est tromper volontairement l’opinion publique. On met beaucoup plus d’énergie pour entacher la réputation du syndicat et sauver son image corporative qu’à négocier. Ça n’aurait pris qu’une fraction de toute cette énergie investie par l’employeur pour en arriver à un règlement. Malheureusement, ce n’est pas leur priorité », dénonce le président de la Fédération du commerce–CSN, Serge Monette.
Un double discours inacceptable
Alors que l’employeur prétend agir pour le bien de la région, ses gestes démontrent exactement l’inverse. Depuis le début du conflit, il a recours à des briseurs de grève pour maintenir la montagne ouverte, ce qui lui permet de retarder la négociation et d’éviter de ressentir une réelle pression. Il priorise les clients du Club Med avant de penser à sa propre région et aux travailleuses et aux travailleurs des villes avoisinantes.
« On ne peut pas prétendre se soucier de la région tout en affaiblissant celles et ceux qui la font vivre. Utiliser des briseurs de grève pour contourner un conflit, notamment en recourant à des autobus afin d’assurer la remontée du bas vers le haut de la montagne, ce n’est pas protéger l’économie régionale : c’est l’abîmer. Prioriser une clientèle de passage qui ne fera même pas vivre les commerces locaux, tout en affirmant agir pour la région, c’est tout simplement effronté », s’indigne la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, Barbara Poirier.
À cet effet, l’employeur devra se défendre devant le Tribunal administratif du travail le 20 janvier prochain en lien avec son utilisation de briseurs de grève. Une plainte formelle a été déposée par le syndicat la semaine dernière, forçant la tenue d’une audience.
Ce choix patronal prolonge inutilement le conflit, fragilise la saison hivernale et nuit à l’ensemble de la communauté. Tout cela aurait pu être évité si l’employeur avait choisi la voie du dialogue plutôt que celle de l’affrontement.
La responsabilité est claire
Les travailleuses et les travailleurs n’ont jamais fermé la porte à la négociation. Elles et ils sont encore disponibles pour négocier à tout moment, mais pas à n’importe quel prix. Le respect, la reconnaissance du travail et des conditions justes ne sont pas négociables.
Le message est limpide : la mobilisation est forte, la détermination est intacte et la solution passe par la table de négociation.






