Pour la première fois depuis plus de cinq mois, des travailleuses du CPE Le Jardin de Robi accueillaient les enfants ce matin, conformément à la décision du Tribunal administratif du travail (TAT) exigeant l’instauration de services de garde du mercredi au vendredi jusqu’à la fin du conflit de travail. Leurs collègues qui ne sont pas à l’horaire aujourd’hui de même que de nombreux allié-es de la région leur avaient organisé une haie d’honneur tôt ce matin.
Car si un nouveau chapitre s’ouvre dans ce conflit de travail, rien n’est encore réglé au CPE Le Jardin de Robi. Le syndicat attend toujours un signal de la partie patronale pour reprendre la négociation. L’employeur dit vouloir charcuter les conditions d’emploi des travailleuses pour des raisons financières tout en refusant de discuter des solutions de rechange proposées par le syndicat. Il vient d’engloutir des sommes importantes dans un très lourd processus judiciaire pour ne pas avoir à négocier.
« On espère que toute l’énergie de l’employeur sera dorénavant concentrée sur la conclusion d’une entente négociée dans les meilleurs délais, explique la présidente du Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Nathalie Duperré. De notre côté, nous sommes prêtes à reprendre la négociation à tout moment. »
La secrétaire du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, Darlène Tremblay, souligne la détermination des travailleuses qui sont les premières à être assujetties à la Loi 14. « Nous savions que cette loi aurait pour effet de rendre certains conflits de travail plus longs et plus difficiles. Ces travailleuses entendent bien se tenir debout jusqu’à l’obtention d’une entente respectueuse et satisfaisante. C’est tout à leur honneur. »
La vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, Hélène Brassard, déplore le silence de la ministre de la Famille, Kateri Champagne Jourdain. « Est-ce qu’elle approuve la stratégie de l’employeur, qui mise sur la judiciarisation du conflit au lieu de rechercher des pistes de solution ? Nous comprenons très bien qu’elle ne veuille pas se mêler de la négociation, mais il est assez clair que la direction du CPE pourrait être mieux accompagnée ! »
À propos
La vingtaine de salarié-es du Jardin de Robi sont membres du Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN. Celui-ci est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Celle-ci regroupe 140 000 membres ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux ainsi qu’en services de garde éducatifs à l’enfance.
Le Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, ce sont 160 syndicats comptant plus de 16 000 membres dans la région.







