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Les dégâts de l’austérité

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Les dégâts de l’austérité

Avec le dernier budget québécois, les libéraux se targuent d’avoir renoué avec l’accroissement des dépenses de l’État. Certes les réinvestissements en éducation, en enseignement supérieur ainsi que dans la santé et les services sociaux, à la hauteur de 4,2 %, correspondent à peu de choses près aux coûts de système. Est-ce à dire qu’il n’y aura pas de réduction de services cette année et que les postes laissés vacants depuis les débuts de l’ère austère du gouvernement Couillard seront enfin pourvus ? Ne rêvons pas en couleur.

Depuis son élection, ce gouvernement a haché menu les budgets des services publics et des programmes sociaux. Des services à la population ont été considérablement réduits et la charge de travail des travailleuses et des travailleurs des réseaux publics n’a cessé de s’alourdir. Le personnel est épuisé.

En clair, le budget actuel ne vient absolument pas corriger les effets des compressions draconiennes passées. Alors qu’il a engrangé des surplus de 6 milliards de dollars sur le dos du monde avec ses mesures d’austérité, il a réduit les budgets de la santé et de l’éducation de 5,2 milliards. Son obsession à verser des parts considérables dans le Fonds des générations prive l’État québécois de ressources pour son développement et pour remplir ses missions.

Les votes dans la santé et les services sociaux

Au moment d’écrire ces lignes, le Tribunal administratif du travail continuait de dévoiler les résultats du plus important vote d’allégeance syndicale de l’histoire du Québec. Découlant de la réforme insensée du ministre Barrette qui a forcé une autre fusion des établissements du réseau, ce vote répondait à sa volonté d’imposer une réduction du nombre de syndicats. Toutes les organisations syndicales ont dénoncé avec force cette opération qui affaiblit le mouvement syndical québécois et nie le droit d’association.

Pour la CSN, les nouvelles sont dures. Des milliers de travailleuses et de travailleurs ont choisi de quitter nos rangs pour joindre d’autres organisations syndicales. Nous devons prendre la pleine mesure de ces résultats. Ces derniers nous imposent de dresser un bilan sans complaisance de notre action, des services que nous offrons et des moyens que nous mettons en œuvre pour réaliser les objectifs que nous poursuivons. Cet examen introspectif, qui touche aussi à la vie militante dans nos organisations affiliées et au syndicalisme que nous promouvons, est une nécessité… incontournable. Au cours de cette période agitée que nous traversons, nous ne regarderons donc pas qu’à côté de nous.

Toutefois, il ne s’agit que d’une étape, car il nous faut agir rapidement, en réfléchissant aux conditions à mettre en place pour s’assurer que la CSN continue à jouer pleinement son rôle dans les milieux de travail et dans la société pour améliorer le quotidien des travailleuses et des travailleurs.

Depuis plus de 95 ans, nous avons traversé plusieurs épreuves, voire des tempêtes, engagé de multiples combats et vécu nombre de difficultés. Il a fallu nous battre contre l’antisyndicalisme au début du siècle. Nous le faisons encore aujourd’hui. Nous avons combattu des mesures répressives de plusieurs gouvernements qui visaient à empêcher la syndicalisation ou à brimer l’action collective pour refouler les aspirations des travailleuses et des travailleurs, celles de nos membres.

Dans les années 1970, des dizaines de milliers d’entre eux ont quitté nos rangs, le tiers de nos effectifs, sous prétexte qu’ils ne se reconnaissaient pas dans le syndicalisme que nous portions. Une dizaine d’années plus tard, le patronat canadien et québécois, appuyé par la police et les services secrets, se sont ligués contre nous durant la lutte pour la reconnaissance syndicale au Manoir Richelieu.

Combien de lois spéciales avons-nous affrontées et subies ? Combien de fermetures sauvages d’usines ?

La CSN a mené des batailles très dures, impopulaires, souvent contre plus fort qu’elle, sans jamais lésiner sur les moyens à prendre pour défendre ses membres. Il nous est arrivé de tomber, de perdre aussi. Nous avons été en butte à de nombreuses attaques qui visaient à affaiblir la CSN et ses membres. Chaque fois, nous avons puisé en nous pour nous relever. C’est encore aujourd’hui notre responsabilité, notre obligation de s’atteler à cette tâche. Et nous le ferons avec lucidité, courage et solidarité.

Il ne s’agira pas de la première fois où nous ne devrons compter que sur nos propres moyens.

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