Négociation nationale des CPE 2015-2018

Une mobilisation spectaculaire et déterminante

Photo : Cédric Martin
Sans convention collective depuis avril 2015, et irritées par trois ans de coupes budgétaires, les éducatrices en CPE se sont fortement mobilisées.
Par François Forget
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Les 11 000 syndiquées CSN des CPE n’ont pas manqué d’audace et de moyens pour se faire entendre et se faire respecter du gouvernement et des associations patronales.

Sans convention collective depuis avril 2015, et irritées par trois ans de coupes budgétaires, les éducatrices se sont fortement mobilisées. Résultats : en plus d’améliorer leurs conditions de travail, elles ont réussi à maintenir la qualité des services éducatifs aux enfants, un des enjeux de cette négociation.

« Ça fait longtemps que je milite dans les CPE. Et j’ai rarement vu des travailleuses aussi mobilisées et galvanisées par une couverture médiatique rarement égalée, affirme Louise Labrie, représentante du secteur des CPE et alors porte-parole à la négociation nationale. Ça présage bien pour l’avenir de notre secteur, mais surtout pour la prochaine ronde de négociation nationale. »

À l’automne 2017, alors que les pourparlers piétinent depuis des mois, les syndiquées de tout le Québec décident que c’en est assez. Au terme d’une tournée des assemblées générales, elles mandatent leur comité de négociation pour déclencher six jours de grève au moment jugé opportun. Leur objectif : faire débloquer les enjeux sur le ratio enfants/éducatrice, la planification des activités pédagogiques, le régime de retraite, l’assurance collective et les salaires, notamment.

Le 30 octobre, les travailleuses de 578 installations débrayent pour une première fois, en plus d’annoncer la tenue de deux autres jours de grève les 7 et 8 novembre. Le 6 novembre en fin de soirée, elles obtiennent une entente de principe, sauf dans quatre régions.

Des associations patronales récalcitrantes
En effet, environ 130 CPE en Estrie, en Montérégie, au Cœur du Québec et à Montréal et Laval, représentés par des associations patronales régionales, ont refusé de reconnaître la valeur de l’entente conclue avec le gouvernement. Fortes de leur mandat initial de cinq jours de grève restants, pas moins de 4000 syndiquées ont poursuivi leur bataille pour finalement obtenir gain de cause dans les mois suivants, non sans avoir exercé leur mandat de grève dans la plupart des cas.

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