Un frein à l’attraction et à la rétention de la main-d’œuvre dans le secteur public

Les centrales syndicales observent que le retard de la rémunération globale des salarié-es de l’État par rapport aux autres travailleurs québécois constituent encore aujourd’hui un obstacle à l’attraction et à la rétention de la main-d’œuvre au sein des services publics québécois.

Dans son rapport annuel consacré à la rémunération des salariés de l’État, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) constate que la rémunération globale – incluant le régime de retraite et autres avantages sociaux – des travailleuses et des travailleurs du secteur public accuse un retard de 9,3 % par rapport aux autres salariés québécois, et ce, pour des emplois comparables. Une situation jugée stable par l’ISQ comparativement à son dernier rapport publié à pareille date l’an dernier.

« Nous dénonçons cette situation depuis plusieurs années, rappelle la présidente de la CSQ, Louise Chabot. Ce retard salarial rend difficile le recrutement de nouveaux salariés dans les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation. La population québécoise désire avoir accès à des services publics de qualité. Nous devons donc accepter de rémunérer adéquatement les employés qui offrent ces services. »

Pour certains titres d’emploi comme ceux des ouvriers spécialisés, l’écart de la rémunération globale s’élève à plus de 40 %. « Les jeunes qui sortent de nos écoles ne sont pas idiots, déclare Daniel Boyer, président de la FTQ. Pourquoi envisageraient-ils de faire carrière dans les réseaux de la santé ou de l’éducation quand le secteur privé demeure beaucoup plus attrayant? Poser la question, c’est y répondre. »

Pour la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, le gouvernement doit poursuivre les travaux relatifs aux mesures d’attraction et de rétention dans le secteur public. « Il a été convenu avec le gouvernement d’instaurer des mesures particulières visant à améliorer la capacité de nos réseaux publics à attirer de la main-d’œuvre. C’est le cas des primes d’attraction pour les ouvriers spécialisés ou les psychologues, notamment. Nous avons également mis sur pied avec le Conseil du trésor de nombreux comités de travail visant à améliorer ces mesures. Le Conseil du trésor doit maintenant amorcer ces travaux avec tout le sérieux qu’exige l’état des lieux effectué par l’ISQ aujourd’hui. »

Se donner les moyens de défendre nos laboratoires médicaux

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La CSN est la seule organisation à intégrer les préoccupations de l’ensemble du personnel des laboratoires médicaux dans ses interventions et ainsi développer une vision englobante de l’avenir de nos laboratoires médicaux.

Sous le thème Mon labo, j’y tiens, la CSN a organisé une tournée de manifestations partout au Québec et poursuit les actions pour faire reculer le ministre Barrette sur le projet Optilab, qui vise la fusion des laboratoires médicaux en 11 grappes formées de laboratoires serveurs et associés.

Le projet Optilab représente trop de risques pour être poursuivi dans sa forme actuelle. Comment le ministre peut-il accepter de voir un plus grand nombre d’échantillons perdus et ainsi réduire la qualité des soins à la population ? Comment les régions se relèveraient de la perte d’emplois de qualité ? Comment accepter de voir les temps d’attente augmenter pour la population ? Autant de questions qui trouvent bien peu de réponses du ministre et des directions des établissements.

Pour porter les revendications des technologistes médicales et de l’ensemble du personnel des laboratoires, la CSN met les moyens nécessaires.

Lancement des travaux du comité prévu à la convention collective CSN

Le 10 novembre dernier, se tenait la première rencontre du comité de la lettre d’entente numéro 7 prévu à la convention collective pour discuter des enjeux des laboratoires médicaux. La CSN est la seule organisation syndicale qui a obtenu un endroit privilégié pour discuter avec le comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS) des questions reliées notamment aux impacts des réorganisations dans les laboratoires et pour convenir de recommandations.

Le comité ad hoc de la CSN, qui a le mandat d’appuyer les travaux en lien avec la convention collective, est composé de : Mélissa Gaouette, vice-présidente responsable des techniciennes, techniciens et professionnel-les à la FSSS-CSN, Hugo Dion, conseiller syndical, Yasmine Leclerc du CHU Sainte- Justine, Martin Bordua de l’Hôpital Santa Cabrini, Lesly Meunier du CSSS Memphrémagog et Josette Drouin du CSSS de Bécancour-Nicolet-Yamaska. Le comité de la lettre d’entente numéro 7 est pour sa part composé de 5 représentant-es de la CSN et de 5 représentant-es du CPNSSS.

Lors de cette première rencontre, nous avons demandé à être tenus informés du développement des orientations ministérielles sur l’enjeu des laboratoires médicaux. Nous avons d’ailleurs profité de cette rencontre pour mettre de l’avant notre vision globale des laboratoires médicaux, en souhaitant que nos travaux nous permettent non seulement de couvrir les préoccupations des technologistes médicales, mais aussi celles des autres membres du personnel touché par ce projet de fusion des laboratoires médicaux. Ce lieu d’échanges nous a permis de mettre de l’avant les recommandations issues d’un groupe de travail de la CSN composé de technologistes médicales.

Il est important d’expliquer que la fusion des laboratoires préoccupe plusieurs salarié-es du réseau, des technologistes médicales, infirmières, infirmières auxiliaires, en passant par les préposé-es, agentes administratives, les techniciens en génie biomédical et les techniciens en électronique et informatique. En effet, des membres du personnel de bureau et de l’administration (catégorie 3) et des techniciennes, techniciens et professionnel-les (catégorie 4) sont touchés par le projet Optilab, notamment en ce qui concerne les transferts.

Il est notamment important de discuter des questions liées au système informatique utilisé dans le projet Optilab. Nous avons des préoccupations sur la question de la traçabilité des échantillons qui seront analysés dans les laboratoires serveurs. Nous avons de plus fait valoir que cette fusion ne devait pas entraîner une nouvelle forme de privatisation, notamment en ce qui concerne le transport des échantillons. À ce titre, nous sommes d’avis que le personnel du secteur public doit être privilégié.

Nous pensons aussi que ce comité sera un lieu privilégié pour faire état des impacts particuliers de l’application du projet Optilab dans les différentes régions du Québec.

La prochaine rencontre de ce comité aura lieu au mois de décembre. Nous vous tiendrons informés des développements.

Un comité de travail CSN où la voix du personnel des laboratoires compte vraiment !

À la CSN, le personnel des laboratoires médicaux bénéficie d’un espace pour influencer les travaux que nous menons.

En effet, la CSN a mis en place un comité large regroupant des salarié-es de plusieurs régions et de plusieurs titres d’emploi, aussi bien de la catégorie 4 que de la catégorie 3, pour développer l’argumentaire le mieux à même de défendre nos laboratoires médicaux. Prennent part à ce comité des personnes provenant de plusieurs régions du Québec.

Pour la CSN, il n’est pas seulement question d’écouter vos préoccupations, mais bien de vous donner tout l’espace nécessaire pour que votre réalité soit au coeur des travaux que nous menons avec le CPNSSS.

La CSN entend poursuivre les actions pour mieux faire connaître le projet Optilab auprès de la population et pour permettre aux technologistes médicales et à l’ensemble du personnel des laboratoires de passer à l’action.

C’est pourquoi vous êtes invités à vous afficher ! En effet, des brassards Mon labo, j’y tiens sont disponibles partout au Québec pour poursuivre la mobilisation contre le projet Optilab.

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Concernant les mesures pouvant être prises au niveau local, que ce soit par exemple en proposant des alternatives aux employeurs afin de réduire l’impact des réorganisations sur les personnes salariées, un document sous forme de questions/ réponses sera acheminé prochainement aux syndicats locaux afin de vous outiller dans vos démarches et recours, le cas échéant.

La CSN Laurentides dénonce le projet Optilab

Le syndicat des employé-es du Centre de santé et de services sociaux de Saint-Jérôme tenait une manifestation ce midi devant l’Hôpital de Saint-Jérôme afin de dénoncer le projet Optilab. Le syndicat estime que ce projet de fusion des laboratoires médicaux comporte des risques importants pour les patients ainsi que pour le personnel.

Plusieurs membres du personnel de l’Hôpital de Saint-Jérôme ainsi que plusieurs alliés syndicaux de la région étaient également sur place pour dénoncer le projet de fusion des laboratoires médicaux mis de l’avant par le ministre Barrette. Rappelons que ce projet touche directement l’ensemble du personnel de l’établissement – technologistes médicaux, infirmières, préposé-es et agentes administratives – et prévoit de centraliser la plupart des prélèvements dans un laboratoire-serveur situé à Laval.

« Le projet Optilab comporte énormément de risques dans sa forme actuelle et provoquera la perte d’une expertise incontournable dans les laboratoires médicaux actuellement au Québec. Pourquoi vouloir encore tout centraliser ? À l’Hôpital de Saint-Jérôme, le personnel du laboratoire est au rendez-vous pour répondre aux besoins des patients et patientes et pour assister le personnel soignant. La lubie centralisatrice du ministre Barrette va faire diminuer la qualité des services à la population et leur accès », déplore Mélissa Gaouette, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux.

« Les technologistes médicales de partout au Québec ont de nombreuses raisons de s’inquiéter du projet Optilab, qu’elles soient en milieu urbain ou rural. Combien d’échantillons seront perdus ou endommagés en raison de cette centralisation et de toutes les embûches qui peuvent se présenter lors du transport, comme les fermetures de routes, les travaux, le trafic ou les mauvaises conditions climatiques ? Combien de prélèvements devrons-nous reprendre parce qu’un trop long délai se sera écoulé entre le moment où il aura été pris et son analyse ? Ce projet ne fera que restreindre et dégrader les soins à la population », poursuit Frédéric Brun, vice-président du Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides – CSN.

« La CSN poursuit ses interventions pour dénoncer cette fusion des laboratoires médicaux. Nous avons débuté les travaux d’un comité national pour faire état des préoccupations du personnel des laboratoires. Il faut absolument cesser les projets de centralisation qui éloignent les services de la population et ralentissent l’offre de services. Parce que Mon labo, j’y tiens, la CSN continuera d’appuyer le personnel des laboratoires », a-t-il conclu.

Mettre fin au saccage de nos services de garde éducatifs

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Le 3 décembre, manifestons pour réclamer du gouvernement la fin du saccage et le renforcement de notre réseau de services de garde éducatifs, un joyau envié dans le monde.

Malgré des surplus de 3,6 milliards de dollars cette année, le gouvernement de Philippe Couillard impose toujours ses politiques d’austérité aux parents utilisateurs et aux travailleuses et travailleurs des services de garde éducatifs à contribution réduite en CPE, en milieu familial régi et en milieu scolaire. Conséquences : les familles ont de la difficulté à payer la facture alors que les centres de la petite enfance, les services de garde en milieu familial régi et en milieu scolaire vivent durement les contrecoups des hausses tarifaires. En outre, leur capacité à offrir des services de qualité accessibles à tous les enfants se voit minée par les compressions récurrentes de dizaines de millions de dollars. Nous vous invitons à communiquer avec le conseil central de votre région pour les horaires des autobus.

Saint-Félicien: à 11 h 30, Carrefour Saint-Félicien, 1140 boul. Saint-Félicien

Montréal: à 13 h, Carré Saint-Louis (angle Saint-Denis et du Square-Saint-Louis). Métro Sherbrooke

Signalez votre participation sur Facebook :

Saint-Félicien | Carrefour Saint-Félicien
Montréal | Carré Saint-Louis métro Sherbrooke

Le festin du Dr Barrette perturbé

Comme un cheveu sur la soupe, une délégation du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN) s’est invitée à la dégustation organisée aujourd’hui par le Dr Barrette. Celui-ci avait invité les journalistes à goûter des mets servis en CHSLD à l’occasion d’un vaste « show de boucane » visant à contrer la perception du public à l’égard de la qualité des aliments servis en CHSLD. Le ministre promet une amélioration de ce côté, et ce sans ajout de ressources.

La présidente du CCQCA–CSN, Ann Gingras, a présenté aux journalistes une série de photos des mets servis au même moment aux aîné-es hébergés en CHSLD dans la région de la Capitale-Nationale. L’intervention a été fort remarquée ! Elle a rappelé au ministre que les services aux aîné-es reposent d’abord et avant tout sur un personnel qualifié en nombre suffisant.

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Cette mobilisation a été l’objet de quelques reportages :

Dégustation de repas dans les CHSLD : loin de la réalité, déplorent les syndicats

Le festin du Dr Barrette

Une perte énorme pour Thetford Mines

Les travailleuses et les travailleurs du CSSS de la région de Thetford Mines sont inquiets face aux répercussions qu’aura sur la région le projet Optilab visant à centraliser les laboratoires médicaux du Québec. Malgré l’annonce de transferts de personnel dès avril 2017, le gouvernement se montre incapable actuellement de répondre à des questions pressantes, ce qui jette un doute sur la viabilité d’Optilab. La CSN demande qu’un moratoire soit décrété sur cette réorganisation majeure le temps d’en évaluer correctement les conséquences.

Optilab prévoit que toutes les analyses médicales non urgentes de produits sanguins ou de tissus humains, par exemple pour le dépistage du cancer, prélevés dans la région, seront désormais traitées à l’Hôtel-Dieu de Lévis. À terme, près de 50 emplois de technologistes médicales seront perdus aux laboratoires de Thetford Mines, de la Beauce et de Montmagny, ce qui toucherait 57 personnes. Environ 25 emplois seront créés à Lévis. Si les technologistes médicales sont en première ligne, la réorganisation touche également d’autres travailleurs et travailleuses, dont le personnel administratif et les techniciennes et techniciens en génie biomédical.

Des risques pour la population
« Nous sommes inquiets pour les citoyennes et les citoyens de la région », explique la présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses du Centre de santé et des services sociaux de la région de Thetford–CSN, Lina Marois. « Inévitablement, le traitement des échantillons à 100 kilomètres d’ici veut dire des délais supplémentaires en raison du transport et de la manipulation accrus, des risques plus importants de perdre des échantillons ou de les endommager et une perte d’expertise dans les établissements de la région. Ce qui va arriver, c’est que des gens vont devoir parfois reprendre leur test. Leur médecin traitant obtiendra les résultats quelques jours plus tard qu’actuellement. Et les risques d’erreur sont décuplés. Pour nos membres qui travaillent au quotidien dans les laboratoires médicaux de la région, ces risques sont bien réels, mais ils n’ont pas le sentiment d’être entendus. »

Aperçu des conséquences à Thetford Mines
Avant même l’implantation complète d’Optilab, les travailleuses et travailleurs constatent déjà des défaillances sur le terrain dans le transport d’échantillons entre les établissements. En une seule journée, fin septembre, on a dû reprendre les prélèvements sur 28 patients parce que des échantillons ont été perdus par le transporteur privé qui fait la navette entre les établissements de la région. Le 26 octobre, neuf prélèvements ont été reçus à Lévis sans l’information nécessaire à leur analyse. C’est la même entreprise qui serait chargée de transporter les échantillons dans le cadre d’Optilab.

La durée de vie de tels échantillons est en moyenne de 4 heures. À terme, Optilab nécessitera environ six transports par jour entre l’hôpital de Thetford Mines et Lévis. On peut certainement craindre que de telles erreurs se multiplient et qu’il sera encore plus difficile de les corriger lorsque toutes les analyses seront concentrées au même endroit. C’est sans parler des tempêtes, des accidents ou de tout autre imprévu qui pourraient perturber le transport.

Pour la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau, le projet Optilab est bien mal engagé. « Le ministère de la Santé et des Services sociaux a beau clamer qu’il réalisera des économies, dans nos rencontres avec eux, ses représentants nous ont avoué qu’ils ne savent même pas combien cela coûte actuellement. En plus de l’ajout d’équipements et de l’agrandissement des installations dans les laboratoires « serveurs » comme celui de Lévis, il faut compter les coûts de transport et de manipulation accrus, ainsi que le coût de toutes les analyses qui devront être reprises en cas de défaillance du système. »

« En général, les gens n’ont aucune idée de ces coûts et des risques que cela implique », poursuit le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Denis Bertrand. « Nous allons continuer toutes nos interventions au niveau national ainsi que dans les communautés, comme ici, à Thetford où nous nous déploierons dans les prochaines semaines à la rencontre de la population qui doit savoir de quoi il retourne  ».

Enjeu économique
Le Conseil central de Québec­Chaudière-Appalaches (CSN) soutient la lutte contre la perte des laboratoires médicaux des hôpitaux plus éloignés et des emplois qui s’y rattachent. « Pour Thetford Mines, Optilab, c’est une catastrophe économique », dénonce la présidente de CCQCA–CSN, Ann Gingras. « L’économie régionale est déjà durement frappée par la perte de bons emplois qualifiés, bien rémunérés. C’est renversant de constater à quel point le gouvernement ignore les dommages irréparables qu’il impose au tissu social de la région. On est en train de dire aux citoyennes et aux citoyens de la région qu’il faut déménager à Lévis si on veut de bons emplois et une meilleure qualité de services publics. Le ministre Barrette, de par ses gestes, contribue à vider les régions. C’est inacceptable. Les élus municipaux de la région se sont déjà prononcés dans ce dossier. Nous n’attendons rien de moins du député de la région Laurent Lessard, car les enjeux sont énormes pour tout le monde ».

Comité syndical–patronal
Le 10 novembre, un comité composé de technologistes médicales membres de la CSN a rencontré des représentants patronaux des établissements. Plusieurs autres rencontres se tiendront au fil des prochaines semaines. Ce comité de travail, prévu aux conventions collectives de la CSN, doit permettre de formuler des recommandations au ministère, notamment sur Optilab. Pour la CSN, on devrait instaurer un moratoire immédiat sur le déploiement d’Optilab, le temps d’en évaluer tous les impacts et de trouver des solutions.

Campagne

La demande de moratoire sur le déploiement d’Optilab s’inscrit au cœur du plan d’action de la CSN dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j’y tiens. Plus d’information au : www.maplaceensante.com

L’heure est à l’action !

La Confédération des syndicats nationaux et ses deux fédérations de la santé et des services sociaux (la FSSS et la FP) étaient représentées par quatre personnes au Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD. La CSN s’est prêtée au jeu bien que les solutions pour améliorer la qualité de vie des aîné-es en perte d’autonomie soient déjà connues et bien documentées. La CSN déplore que l’implantation concrète de solutions n’ait pas été à l’ordre du jour du forum. Le réinvestissement de 65 millions annoncé à la clôture du forum par le ministre Barrette, pour l’embauche de personnel supplémentaire, constitue un pas dans la bonne direction mais des problèmes demeurent. 

« C’est bien beau les meilleures pratiques qui nous sont présentées, mais tout cela ne pourra pas se faire à coût nul. Il va falloir de l’investissement d’argent neuf à un moment donné. On nous annonce aujourd’hui un réinvestissement fort attendu. Mais il y a encore plus de 3550 personnes en lourde perte d’autonomie qui attendent une place en CHSLD. Il faudra faire plus », a rappelé Jean Lacharité.

Le travail en CHSLD est fort complexe, les préposé-es aux bénéficiaires sont des intervenants incontournables, il faut miser sur leurs compétences, leur donner de l’autonomie dans leur travail, les impliquer dans les décisions et valoriser leur travail. Il faut aussi miser sur des équipes interdisciplinaires, donner tous les soins et services requis, incluant les services professionnels, et tenir compte des particularités de chaque usager dans l’organisation des soins. Et il faut que le personnel soit assez nombreux pour répondre adéquatement aux besoins des usagères et des usagers.

En ce sens, la CSN accueille positivement l’annonce de l’ajout de 1150 préposé-es aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires et infirmières dans les CHSLD. « Nous allons également suivre de près la stratégie d’attraction et de rétention des préposé-es aux bénéficiaires que le ministre entend déployer », assure Jean Lacharité.

Ces questions sont d’une importance capitale pour la CSN. Dès 2012, elle menait une campagne de sensibilisation Vieillir dans la dignité. En 2013, la CSN s’est dotée d’une Vision sur le continuum de services publics intégrés pour les aîné-es. De grandes orientations, des recommandations et des solutions y sont identifiées visant à améliorer l’accès et la qualité des soins et services aux aîné-es, dont les CHSLD, dont plusieurs ont été présentées dans le cadre du forum.

Soins à domicile
En outre, un volet important de la recherche de solutions pour améliorer les soins et services aux aîné-es concerne l’accès à des soins à domicile sous la responsabilité des CLSC, notamment en misant sur les auxiliaires en santé et services sociaux (ASSS). La plupart des aîné-es souhaitent pouvoir demeurer à domicile le plus longtemps possible. Pour la CSN l’amélioration de l’accès à des soins et services de soutien à domicile est un rouage essentiel de l’amélioration générale des conditions de vie des aîné-es et permet d’utiliser les ressources de façon plus optimale. La CSN participera d’ailleurs au prochain forum sur les soins à domicile, en janvier 2017.

Le CCMM dénonce les impacts de l’austérité sur les services aux enfants

À l’occasion de la présentation, aujourd’hui, de son mémoire à la Commission sur l’éducation à la petite enfance, le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) a décrié les nombreux effets des mesures d’austérité du gouvernement Couillard sur les services de garde éducatifs. Le CCMM–CSN est particulièrement inquiet des impacts sur les services offerts aux tout-petits et à leur famille. Ces inquiétudes se fondent en grande partie sur une enquête réalisée auprès de responsables de service de garde en milieu familial et de travailleuses en centre de la petite enfance. Cette enquête a permis de brosser un tableau des nombreux problèmes vécus dans ces milieux. « Aujourd’hui, nous avons suggéré une série de recommandations qui ont pour objectif d’assurer la qualité et l’accessibilité des services de garde éducatifs, a insisté le porte-parole du CCMM–CSN, Patrice Benoît. Les enfants doivent bénéficier de conditions qui permettent leur plein épanouissement. »

Des services réduits comme peau de chagrin
Que ce soit la qualité de l’offre alimentaire qui est menacée dans plusieurs CPE et services de garde en milieu familial ou les activités éducatives qui ont été réduites au minimum, l’impact des coupes sur la qualité des services est indéniable. Il faut rappeler qu’au printemps dernier, le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, annonçait plus de 140 M$ en compressions, s’ajoutant aux 50 M$ effectuées en 2015. Le CCMM–CSN estime que les associations de CPE et les bureaux coordonnateurs doivent exiger un réinvestissement pour pallier ces problèmes.

Toujours en matière de qualité de services, l’enquête effectuée par le CCMM−CSN démontre que les services de garde en milieu familial sont nettement défavorisés et doivent faire face à de plus en plus de demandes particulières et répondre à des exigences accrues pour demeurer attractifs. À cet égard, on souhaite que le ministère de la Famille valorise les CPE et les services de garde en milieu familial régis, notamment par le biais d’une campagne de promotion.

Par ailleurs, l’imposition récente de nouvelles règles en matière de ratio est jugée particulièrement irritante dans les CPE. Ainsi, le ratio dit « bâtisse » fait en sorte qu’un groupe d’enfants peut être sous la surveillance d’une autre éducatrice que celle de son groupe, pourvu que le nombre d’adultes dans l’installation du CPE respecte le quota imposé. Ce contexte contraignant accroît les risques d’accident sans compter qu’il a pour effet de nuire à la qualité des services. Afin de mieux répondre aux besoins des enfants, on revendique le retour au ratio par éducatrice.

Accessibilité et universalité
L’enjeu le plus important qui ressort du mémoire présenté aujourd’hui est certes la modulation des tarifs selon les revenus et les crédits d’impôt, qui favorisent les garderies privées, au détriment des services offerts dans les CPE et RSG subventionnés. « L’imposition de la taxe famille, le 22 avril 2015, a mis fin à une valeur fondamentale de la société québécoise, celle de l’universalité des services publics, qui garantit à toutes les familles des services de qualité », a soutenu Luc Bastien, de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

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Afin d’assurer le bien-être des enfants et leur garantir des soins appropriés, une autre recommandation vise le rétablissement de corridors de services entre les CLSC, les CPE, les RSG et les milieux d’éducation scolaire afin de réinstaurer des liens avec d’autres partenaires du réseau public.

« Si nous voulons consolider les services de garde éducatifs, il faut leur en donner les moyens, et cela passe, entre autres, par un réinvestissement », a conclu monsieur Benoît.

Lors de la présentation du mémoire, Patrice Benoît, trésorier au CCMM–CSN, était accompagné de Luc Bastien, vice-président de la FSSS–CSN, de Carole Leroux, présidente du Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de la petite enfance de Montréal et Laval–CSN et de Diane Provost, du Syndicat des responsables des services éducatifs à l’enfance Ahuntsic–Villeray–Petite-Patrie–CSN.

Ces porte-parole sont disponibles pour donner des entrevues aux médias.

Pour accéder au mémoire, cliquez ici.

L’attitude des riches propriétaires de résidences dénoncée

Des employé-es syndiqués de la CSN travaillant dans des centres d’hébergement privés se sont rassemblés aujourd’hui devant le Château Frontenac à Québec, où se déroulait le congrès annuel du Regroupement québécois des résidences pour aîné-es (RQRA), afin de dénoncer l’intransigeance et la fermeture de certains propriétaires devant des demandes pourtant très raisonnables.

État de la négociation
« Jusqu’à maintenant, 17 établissements sur 42 en négociation coordonnée ont accepté d’accéder à nos demandes. Pourtant, de gros joueurs comme Eddy Savoie, qui évalue lui-même sa fortune à près de 1,5 milliard, refuse obstinément de nous accorder la modeste augmentation de 1,50 l’heure sur trois ans que nous demandons. Il semble oublier que sans nous, ses résidences Soleil n’existent pas », a souligné d’entrée de jeu le représentant du secteur des centres d’hébergement privés (FSSS-CSN), Gilles Gagné.

Quatre fois le salaire hebdomadaire pour le congrès
Le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Dany Lacasse, rappelle que les travailleuses et travailleurs des résidences privées, principalement des femmes, accusent des retards importants sur le plan des conditions de travail par rapport à d’autres secteurs. « Leur rémunération moyenne est de 12,80 $ et se situe donc tout près du salaire minimum. Le calcul n’est pas bien difficile à faire; les propriétaires membres du RQRA payent plus de 1000 $ pour assister aux trois jours du congrès au Château Frontenac et couvrir tous les frais reliés. Une femme qui travaille 35 heures à
12,80 $ sera payée 448 $ pour une semaine, avant impôt. Toute proportion ramenée, le coût de participation au congrès est de près de trois fois le salaire hebdomadaire net d’une travailleuse. Trouvez-vous que ça a de l’allure vous autres? »

 

La présidente du Conseil central de Québec Chaudière Appalaches (CSN), Ann Gingras, s’est elle aussi profondément indignée de la situation. « Le marché des centres d’hébergement privés explose. Ces millionnaires ont flairé la bonne affaire et cherchent à s’enrichir davantage sur le dos des personnes aînées et des salariés. Le groupe Résidences des Bâtisseurs, propriétaire de la résidence Sully à Québec qui fait aussi de la misère à ses employé-es, vient d’annoncer un chantier de six millions de dollars pour agrandir la résidence. Une prochaine résidence ouvrira ses portes en mars 2017 à Baie-Saint-Paul, et des projets sont en marche pour La Malbaie et La Tuque. propriétaire de dix résidences au Québec. Et après ils viennent nous dire qu’ils n’ont pas les moyens de bien traiter ceux et celles qui mettent tout leur cœur à prendre soin des aîné-es ? Foutaise! » a-t-elle lancé.

Rappelons aussi qu’encore tout récemment, le groupe Réseau Sélection annonçait un investissement de près de 2 milliards de dollars d’ici 2020 dans la construction de nouvelles résidences pour aîné-es, alors qu’il a maintenu ses employé-es en grève durant trois mois. « Malgré leurs avoirs démesurés, ces propriétaires adoptent la ligne dure face aux personnes qu’ils embauchent. C’est honteux. En réduisant leurs conditions de travail, c’est la qualité de services aux aîné-es qu’ils réduisent aussi pour s’en mettre plein les poches. Toute société qui se respecte ne peut accepter de tels abus », a conclu Dany Lacasse.

Le personnel de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont dénonce le projet Optilab

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tenait une manifestation ce midi devant l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont pour dénoncer le projet Optilab. Pour la CSN, ce projet de fusion des laboratoires médicaux comporte des risques importants pour les patient-es et le personnel.

Plusieurs membres du personnel de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ont manifesté ce midi devant leur établissement pour dénoncer le projet de fusion des laboratoires médicaux mis de l’avant par le ministre Barrette. Ce projet touche directement le personnel de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, des technologistes médicales, en passant par les infirmières, les préposé-es et les agent-es administratives, alors qu’il prévoit de centraliser la plupart des prélèvements dans un laboratoire-serveur, situé au CHUM.

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« Le projet Optilab comporte trop de risques pour être mené de l’avant dans sa forme actuelle. Il y a une expertise incontournable dans les laboratoires médicaux actuellement au Québec. Pourquoi vouloir encore tout centraliser? À l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le personnel du laboratoire est au rendez-vous pour répondre aux besoins des patient-es et assister le personnel soignant. La lubie centralisatrice du ministre Barrette risque encore de faire diminuer la qualité des services à la population », déplore Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

« Les technologistes médicales de partout au Québec ont de nombreuses raisons de s’inquiéter du projet Optilab, qu’elles soit en milieu urbain ou rural. Combien d’échantillons seront perdus en raison de cette centralisation? Combien de prélèvements devrons-nous reprendre parce que trop de temps aura passé entre le prélèvement et l’analyse? Ce projet va dans le sens contraire de ce que nous devons faire pour améliorer les soins à la population », poursuit Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

« La CSN poursuit ses interventions pour dénoncer cette fusion des laboratoires médicaux. Nous avons débuté les travaux d’un comité national pour faire état des préoccupations du personnel des laboratoires. Il faut absolument cesser les projets de centralisation qui éloigne les services de la population et ralentisse l’offre de services. Parce que mon labo, j’y tiens, la CSN continuera d’appuyer le personnel des laboratoires », de conclure Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

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Des syndiqués invitent les militants libéraux à faire bloc contre Barrette

Des syndiqué-es CSN provenant des régions du Montréal métropolitain, des Laurentides et de Lanaudière ont rendu visite aujourd’hui aux militantes et aux militants libéraux réunis en conseil général à Laval. Les travailleuses et travailleurs leur demandent de faire obstacle au gouvernement Couillard, et plus particulièrement au ministre Barrette, dans leur opération de destruction massive du réseau public de la santé et des services sociaux. Ils ont aussi décoché des flèches à l’endroit du gouvernement libéral au sujet de l’adoption du projet de loi 110 sur la négociation collective des employé-es municipaux.

« Dans nos trois régions, c’est plus de 40 000 employé-es CSN qui subissent au quotidien les effets de la réforme Barrette et qui sont témoins des impacts négatifs sur les services à la population. On est en train de démanteler complètement les CLSC, des services de proximité qui ont pourtant fait leurs preuves, pour miser plus que jamais sur les GMF et les supercliniques, des entités à but lucratif, sous gestion privée. On retire ainsi des services de première ligne de proximité qui pourtant, devraient demeurer accessibles et universels », a dénoncé la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daigneault.

« Nos services de santé et nos services sociaux, ce ne sont pas des business. Nous avons à cœur le bien-être des gens et cela ne peut pas se résumer à des colonnes de chiffres. Avec le démantèlement des CLSC, les coupes dans la prévention et la santé publique, ou le projet Optilab, le gouvernement est en train d’imposer un modèle encore plus centralisé et éloigné de la population. Un modèle qui gravite de plus en plus autour des médecins et qui répond davantage à leurs besoins qu’à ceux des citoyennes et des citoyens. Nous ne voulons pas du modèle de Gaétan Barrette et il est hors de question que nous assistions passivement au saccage du réseau », a poursuivi le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Le vice-président de la CSN s’est aussi indigné d’autres attaques frontales du gouvernement Couillard envers l’ensemble des travailleuses et travailleurs québécois depuis son élection. « Ce gouvernement s’en prend aux syndiqué-es du secteur public et municipal pour faire des économies indécentes sur leur dos. Il a nié le droit de négocier des employé-es municipaux avec l’adoption du projet de loi 110 qui ouvre la porte à des lois spéciales pour décréter leurs conditions de travail. Son but était de briser leur rapport de force et de réduire leurs conditions de travail à son profit. On va continuer à le talonner, on lui en passe un papier! », a-t-il lancé.

« Les travailleuses et des travailleurs des régions du Montréal métropolitain, des Laurentides et de Lanaudière peuvent compter sur la CSN pour défendre le système public de santé et de services sociaux et pour faire reculer le gouvernement sur l’ensemble de son œuvre. Gaétan Barrette et Philippe Couillard vont continuer à nous entendre, on vous le promet! », a conclu Dominique Daigneault.

 

Le ministre Barrette s’entête à nier les effets des compressions budgétaires

Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), l’augmentation des rapports d’incidents et d’accidents au CHU Sainte-Justine est une nouvelle démonstration de l’effet des compressions budgétaires sur les soins donnés à la population. Mais plutôt que de saisir la balle au bond, le ministre Barrette préfère insulter le personnel du réseau de la santé et des services sociaux en niant la réalité.

Une austérité qui se traduit par une augmentation des erreurs dans la prestation de soins

Dans un reportage de Radio-Canada, nous apprenions l’augmentation des rapports d’incidents et d’accidents à l’unité des naissances du CHU Sainte-Justine. Face à cette nouvelle démonstration des effets de l’austérité imposée par le gouvernement Couillard, le ministre Barrette a eu pour seul réflexe de rejeter cet énième signal d’alarme. Rappelons que les professionnel-les en soins ont la responsabilité de remplir des rapports d’incidents et d’accidents lorsqu’intervient un problème dans la prestation de soins à la population. Il s’agit d’un devoir professionnel qui permet d’évaluer concrètement la performance de notre réseau.

« Plutôt que de prendre acte du signal d’alarme lancé par les infirmières de Sainte-Justine, le ministre Barrette préfère nier la réalité. Quand les professionnel-les en soins nous indiquent qu’il y a plus d’erreurs, le rôle du ministre devrait être d’écouter et d’agir, pas d’insulter les infirmières ! En agissant comme il le fait aujourd’hui, il remet en cause le professionnalisme du personnel qui, jour après jour, prend soin de la population », lance Marie-Josée Tremblay, infirmière et vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS­–CSN).

« C’est l’ensemble du personnel de Sainte-Justine qui est touché par les compressions budgétaires et la réforme Barrette. Les techniciennes et techniciens et les professionnel-les sont de plus en plus épuisés et leur charge de travail ne fait que s’accroître sans cesse. Le ministre Barrette a beau déplorer nos critiques, nous avons le devoir d’alerter la population sur les effets des compressions et nous continuerons de le faire », poursuit Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

L’urgence d’agir pour les soins à la population

En août dernier, la CSN est intervenue publiquement pour dénoncer le manque de personnel dans le département de néonatalogie du CHU Sainte-Justine. C’est maintenant dans l’unité des naissances que des problèmes surviennent aujourd’hui.

« Visiblement, rien n’a été fait dans les derniers mois pour améliorer les soins aux patientes et patients. Combien de crises comme celle-ci devrons-nous vivre avant que le ministre réponde aux préoccupations légitimes du personnel ? Ce qui se passe à Sainte-Justine, c’est ce qui se passe partout au Québec. Il faut absolument augmenter le personnel pour répondre aux besoins de la population. Il est grand temps de réinvestir massivement dans les soins aux patients avant que les erreurs ne deviennent tragiques », conclut Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Les employés du CHU exhortent le ministre Barrette à investir dans le personnel

Invités à visiter le nouveau bâtiment des unités spécialisées et le nouveau centre de recherche, les employé-es du CHU Sainte-Justine, membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS­–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ont tenu à profiter de l’événement pour envoyer un message clair au ministre Barrette : Le béton ne s’occupe pas des enfants, nous oui ! Réinvestissez dans le personnel du CHU Sainte-Justine.

Après plus de 35 millions de dollars de compressions en cinq ans et près d’un milliard de dollars de dépenses pour agrandir et moderniser les bâtisses du CHU Sainte-Justine, toujours aucune mesure n’a été prise pour appuyer le personnel. « Derrière cette belle construction neuve et ces jolis oursons en pierre se cachent des compressions d’une violence inouïe. Le nombre de cas d’épuisement dans nos rangs ne cesse d’augmenter. Alors qu’on continue à vouloir offrir des soins de qualité, on se fait dire qu’on doit se contenter de fournir des soins sécuritaires. C’est extrêmement démoralisant », affirme Louise Laplante, présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires – SPSIC (FSSS–CSN).

Même son de cloche du côté des professionnel-les et des techniciens et techniciennes. « Il sera de plus en plus difficile pour le gouvernement Couillard de cacher les impacts négatifs sur les services de cette réorganisation sauvage du réseau. Prenons par exemple le projet de centralisation des laboratoires d’analyses Optilab : c’est une évidence même que ce projet aura des conséquences graves. À Sainte-Justine, nous intervenons auprès de nourrissons et d’enfants; les prélèvements doivent être traités selon les spécifités de cette clientèle et non pas se retrouver noyés dans une mer d’échantillons », lance Dominique Pallanca, présidente du Syndicat des techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec – STEPSSSQ (FP–CSN).

À la suite des annonces de centaines de millions de réinvestissement en santé par le ministre des Finances, Carlos Leitao, les employé-es du CHU ont aussi tenu à dire haut et fort qu’ils ne sont pas dupes. « Qu’on ne vienne surtout pas nous parler d’argent neuf ! Ces investissements, ce n’est rien d’autre que le résultat des coupes insensées des dernières années. De l’argent qui a été amassé en bonne partie sur le dos des travailleuses et des travailleurs du réseau qui, depuis trop longtemps, essaient de minimiser les impacts sur la population, trop souvent au détriment de leur propre santé », ajoute Gilles Charrois, président du Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine – SNE (FSSS–CSN).

À propos
Le Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine, affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux CSN, représente près de 2000 membres.

Le Syndicat des techniciens-nes et des professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec, affilié à la Fédération des professionnèles de la CSN, représente plus de 1000 membres à Sainte-Justine et au Centre de réadaptation Marie Enfant.

Le Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires du CHU Sainte-Justine, affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux CSN, représente plus de 1600 membres.

Les mandats de grève se multiplient

À l’issue de la première semaine d’une vaste tournée de consultation provinciale, le secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) constate que les paramédics, répartitrices, répartiteurs et employé-es de soutien sont bien déterminés à obtenir un règlement satisfaisant de leur convention collective dans les meilleurs délais.

Au cours de la dernière semaine, les paramédics de Montréal, Laval, Québec, Saint-Jean-sur-Richelieu, Cowansville, Bedford, Waterloo, Oka, Saint-Sylvestre, Saint-Paulin et du Parc des Laurentides ont en effet voté la grève générale illimitée dans des proportions de 98 % à 100 %. Cette grève sera déclenchée au moment opportun, en fonction de l’évolution des négociations. De nombreux autres votes se tiendront au cours des trois prochaines semaines.

« La réponse de nos membres ne pourrait être plus claire. Voter la grève est une décision lourde de sens, rappelle le responsable du secteur préhospitalier de la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Notre stratégie respectera la Loi sur les services essentiel, par conséquent, nous maintiendrons, voire améliorerons les services à la population. Toutefois, cette grève va déranger énormément tant au niveau administratif que politique. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, ne veut peut-être pas nous voir à une table de négociation, mais c’est clair qu’il va nous voir dans sa soupe ! »

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Les conventions collectives du secteur préhospitalier sont échues depuis le 31 mars 2015. En négociation, les syndicats CSN, représentant quelque 3600 travailleuses et travailleurs, portent plusieurs revendications communes notamment en ce qui a trait aux salaires, à la retraite progressive, à la santé et à la sécurité du travail ainsi qu’à la surcharge de travail, l’organisation du travail et les horaires de travail (abolition des horaires de faction 7/14). Les associations patronales ont été incapables jusqu’à maintenant de proposer des pistes de solution sur ces questions alors que le ministère de la Santé et des Services sociaux, de son côté, refuse de prendre part aux travaux, contrairement aux précédentes négociations.

Pour seules réponses, les négociateurs de la FSSS–CSN ont reçu une offre de gel salarial pour 2015, assorti d’un montant forfaitaire équivalent à 0,30 $ l’heure travaillée et d’une augmentation de 1,5 % pour 2016. La partie patronale souhaiterait convenir d’un contrat de travail de cinq ans sans convenir immédiatement des augmentations salariales pour les trois dernières années, ce qui est inacceptable pour les syndicats. En ce qui a trait à tous les autres enjeux, la partie patronale exige une négociation à coût zéro. Plusieurs rencontres de négociations sont au calendrier des prochaines semaines avec les regroupements d’employeurs, notamment la Corporation des services d’ambulancies du Québec (CSAQ) ainsi que la Fédération des coopératives de paramédics du Québec (FCPQ).

Horaires de travail
« C’est comme nous dire : si vous voulez améliorer les services, par exemple raccourcir le temps de réponse des paramédics en abolissant les horaires de faction, vous devrez le financer à même vos conditions de travail. Ça n’a pas de bon sens, dénonce le vice-président de la FSSS–CSN, Dany Lacasse. Les horaires de faction devaient être une solution temporaire pour pallier le manque d’effectifs. Ça fait 30 ans que ça dure… En 2016, on ne doit plus accepter que les citoyennes et les citoyens des régions n’aient pas le même niveau de services que ceux des grandes villes. On parle de délais qui peuvent sauver des vies, ici. Nous, on a décidé que les horaires de faction, ça se terminait maintenant, dans cette négociation. Il va falloir que les employeurs et le ministère se le tiennent pour dit. On ne lâchera pas le morceau ».

Plusieurs rencontres de négociations sont au calendrier des prochaines semaines avec les regroupements d’employeurs, notamment la Corporation des services d’ambulances du Québec (CSAQ) ainsi que la Fédération des coopératives de paramédics du Québec (FCPQ).

Surcharge de travail
Par ailleurs, dans les centres urbains, comme à Montréal et à Laval, c’est le problème de la surcharge de travail qui est particulièrement criant et qui doit être réglé maintenant. Or, à la corporation Urgences-Santé il n’y a même pas de date prévue pour la poursuite des négociations sur le renouvellement de la convention collective !

Un rôle accru pour le secteur privé maintenant consacré

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a procédé ce matin au dépôt du projet de loi 118 visant à encadrer les laboratoires médicaux, les centres de services orthopédiques et les centres de physiologie respiratoire du secteur privé. La CSN y voit, encore une fois, un transfert de ressources publiques vers le secteur privé.

La loi vient élargir la portée des activités des laboratoires privés en autorisant les examens et les analyses réalisés à des fins de recherche ou de développement, ainsi que ceux effectués en vue d’un dépistage ou d’un suivi de la condition physique. Tout indique que ce projet de loi vise à transférer de plus en plus d’examens d’imagerie médicale aux cliniques privées, le tout aux frais de la Régie de l’assurance-maladie du Québec. En juillet dernier, le ministre annonçait en effet la gratuité des services d’échographie en clinique médicale privée, ajoutant que le scan et l’IRM suivraient sous peu.

« Si on doit se réjouir du fait que des patientes et des patients n’auront plus à payer pour de nombreux examens médicaux et de laboratoires nécessaires à leur santé, il est déplorable que le gouvernement mise une fois de plus sur le privé pour rendre les services à même les fonds publics, dénonce le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

« Nous craignons qu’on draine encore les ressources publiques vers des entreprises privées. La responsabilité du gouvernement ne se limite pas à payer des services. Il doit aussi les organiser de façon à renforcer la santé publique, l’efficience et le continuum des services et en assurer la maîtrise. Alors qu’on s’apprête à vider des laboratoires de leur main-d’œuvre partout au Québec, avec le projet Optilab, comment se fait-il qu’on ne se soit même pas demandé s’il n’y avait pas moyen de rapatrier au moins une partie de ces activités dans le secteur public ? Veut-on confier toute l’imagerie médicale au privé ? »

La CSN mène campagne depuis plusieurs années contre la privatisation du réseau de la santé et des services sociaux et l’effritement du système public. Sous le coup des politiques d’austérité menées par le gouvernement Couillard et des réformes engagées par le ministre Barrette, le caractère public de nos services de santé et de nos services sociaux est menacé plus que jamais.

Les héros de Saint-Paulin

Avec leurs collègues, notamment ceux qui prennent leur relève une semaine sur deux, ils répondent à 800 appels d’urgence médicale par année, couvrant, avec deux ambulances – une seule les soirs et la nuit – quelque 1200 km2 de territoire, soit la superficie des villes de Montréal, Québec et Gatineau réunies !

C’est pour des questions budgétaires que les services préhospitaliers d’urgence en milieu rural fonctionnent sur de tels horaires, dits de faction ou 7/14. Une situation officiellement temporaire… qui dure depuis des décennies ! Ces horaires ont évidemment un impact considérable tant sur l’organisation du travail que sur la qualité de vie des paramédics, bien que certains trouvent avantageux d’être complètement libres une semaine sur deux. Toutefois, en ce qui a trait à la qualité des services à la population, il est clair que cette pratique peut engendrer des délais d’intervention plus importants alors que dans certaines situations, le temps d’intervention fait la différence entre la vie et la mort.

Alexandre Gendron habite la caserne, une semaine sur deux. Il sera bientôt papa et sa conjointe vient le voir de temps en temps. Leur domicile familial est situé trop loin de la caserne pour qu’il puisse y attendre un appel en vaquant à ses obligations familiales. « J’ai toujours aimé aider les gens, dit-il. J’ai été préposé aux bénéficiaires avant d’être paramédic. Je suis vraiment bien là-dedans. En plus, j’ai besoin de cette adrénaline et j’aime bien ne jamais savoir d’avance comment va se passer ma journée. »

Son coéquipier, Kevin Cossette, lui, a choisi d’emménager à quelques pas de la caserne de Saint-Paulin. Il y vit avec sa petite famille. Un placard, près de la porte d’entrée, sert exclusivement à entreposer son matériel et son uniforme qu’il doit enfiler à la vitesse de l’éclair pour sauter dans l’ambulance, y rejoindre Alexandre, à chaque appel d’urgence. En fait, Kevin est si rapide qu’il arrive parfois à l’ambulance en même temps qu’Alexandre qui dort à côté ! Personnellement, il s’accommode bien de l’horaire 7/14 et du fait que cela lui donne sept jours consécutifs pour s’occuper exclusivement de sa jeune famille, ce que peu de personnes peuvent se permettre. Il a d’ailleurs déjà travaillé en caserne avec un horaire régulier, mais il préfère sa situation actuelle. « Ce qui me dérange cependant, avec cet horaire, c’est que je sais bien que pour plusieurs de mes collègues, ça ne répond pas à leurs attentes et puis ce n’est pas l’idéal du point de vue des services à la population. »

Perspectives CSN les a rencontrés le lundi 8 août 2016. Quelques jours auparavant, ils étaient intervenus, en pleine nuit, pour secourir une fillette en arrêt cardiorespiratoire. Déjà morte à leur arrivée, un peu plus de 20 minutes après que l’appel ait été enregistré à la centrale d’urgence, ils ont tout tenté pour la ranimer, sans succès. Ils ont trouvé ça difficile. « On est préparés à ça, assure Kevin. Mais quand le médecin, à l’hôpital, a annoncé au père qu’elle était morte, sa réaction m’a touché, moi aussi j’ai pleuré. »

Priorité 3, code 21

Ce 8 août, c’était une journée un peu plus tranquille pour les héros de Saint-Paulin. Un seul appel leur est dédié, vers 19 h 30. C’est une priorité 3, un code 21. L’ambulance doit se rendre à environ une demi-heure de route de la caserne. En chemin, les informations se raffinent. Une dame est aux prises avec des saignements de nez abondants et répétitifs. Les paramédics échangent sur les différentes possibilités de façon à être bien préparés mentalement pour l’intervention. Ils ne font pas de diagnostic. Toute leur pratique est gérée par des protocoles stricts couvrant pratiquement toutes les situations. Ils amèneront la patiente jusqu’à l’urgence de l’hôpital le plus approprié et lui administreront les premiers soins tout au long du trajet.

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Derrière le volant, Kevin nous fait remarquer que si par malheur une autre urgence se déclarait sur leur territoire, il faudrait faire appel à une autre ambulance stationnée très loin de Saint-Paulin, à Louiseville, voire à Shawinigan. Or, pour sauver des vies, chaque minute compte.

Arrivés à 20 h au domicile de la patiente, Kevin et Alexandre prennent la situation en main et constatent l’état de la patiente selon leurs protocoles d’intervention. Le retour vers l’hôpital se fera sans les gyrophares, car la situation n’est pas urgente. La patiente sera finalement déposée à l’hôpital de Louiseville vers 20 h 15. Tout au long du trajet, Alexandre multiplie les petites attentions envers la dame alors qu’il lui administre les premiers soins et contrôle ses signes vitaux.

C’est décidément un travail de sang-froid, mais aussi d’empathie et d’altruisme. « C’est sûr qu’il faut aimer entrer en relation avec les gens pour faire ce travail. Le monde nous fait vraiment très confiance et ça, c’est très valorisant. On ne fait pas que soigner. Souvent, on fait du travail social. On doit trouver le moyen de calmer les gens, de les mettre en confiance. Les gens croient qu’on travaille toujours avec des mourants, des accidentés graves, mais dans les faits, c’est une minorité de nos interventions ! Le défi, c’est surtout de garder un certain détachement dans ces relations humaines qu’on crée », nous explique Kevin. Nous avons pu constater à quel point Kevin et Alexandre sont appréciés et respectés dans leur communauté. Tout le monde au village sait très bien qu’un jour ils pourraient devenir leurs héros…

Le conjoint de la patiente nous suit en automobile jusqu’à l’hôpital. Pourquoi avoir appelé l’ambulance dans ce cas ? « Je ne sais pas ce qu’il en est de ce cas précis, dit Kevin. Il peut y avoir toutes sortes de motifs légitimes. Mais je pense généralement qu’il faudrait en faire plus quant à l’éducation. Par exemple, il y a beaucoup de gens qui croient encore que parce qu’ils arrivent en ambulance, ils vont passer plus vite à l’urgence. Ça, c’est complètement faux. Ils vont prendre la voie normale du triage dès leur arrivée à l’hôpital et dans la plupart des cas, le transport par ambulance leur sera facturé. »

Et la négociation dans tout ça ?

Entrevue avec Dany Lacasse, vice-président des secteurs privés, FSSS–CSN

Retrouve-t-on encore beaucoup d’horaires 7/14 dans le milieu préhospitalier ?

Malheureusement, il y en a encore trop, considérant les délais supplémentaires que ça ajoute à chaque intervention. Ces situations sont concentrées dans les milieux ruraux, mais aussi dans quelques zones semi-urbaines. Dans certains endroits, on est encore en horaires 7/14 malgré qu’on y enregistre jusqu’à 1500 appels par année. La conséquence, c’est que les citoyennes et citoyens qui habitent dans ces municipalités n’ont pas le même niveau de services que d’autres qui vivent dans les villes. Ce n’est pas normal.

Le secteur préhospitalier est présentement en négociation pour renouveler les conventions collectives. Est-ce que ça fait partie des enjeux ?

Oui, dans la négociation actuelle, nous réclamons l’abolition complète de ce type d’horaire. Évidemment, il y a des territoires où c’est plus facile à mettre en œuvre que d’autres. Mais ces horaires, en plus de nuire aux services, minent la qualité de vie au travail. Quand ils ont été instaurés au départ, c’était une solution temporaire à cause d’un manque d’effectif. Aujourd’hui, ils n’ont plus de raison d’être. Même la loi de la CSST avait dû être modifiée pour permettre ce type d’horaire : ça illustre à quel point c’est anormal. Une partie de la solution, c’est de travailler à intégrer davantage les paramédics au réseau public de la santé et des services sociaux. Si on utilisait leurs compétences de façon optimale, c’est tout le système qui en sortirait amélioré.

Une force incontournable en santé et dans les services sociaux

Nous sommes en septembre 2014. Tel un magicien qui sort un lapin de son chapeau, Gaétan Barrette annonce une réforme majeure du réseau. Mais l’opération n’a rien de magique. La réforme Barrette, aussi connue sous le nom de loi 10, laissera une trace indélébile tant dans le réseau que dans les organisations syndicales et la population. Portrait d’un grand chamboulement.

Sans consulter le personnel du réseau ni la population, le ministre impose l’abolition de paliers administratifs et fusionne de nombreux établissements pour n’en retenir qu’une trentaine sur tout le territoire québécois, dont les fameux CISSS et CIUSSS. En fait, la réforme Barrette, qui est entrée en vigueur le 1er avril 2015, a fait passer le nombre des établissements de 182 à 34, dont treize centres intégrés en santé et en services sociaux (CISSS) et neuf centres intégrés universitaires en santé et en services sociaux (CIUSSS). Douze établissements ne sont pas visés par la loi ou ne sont pas fusionnés, dont l’Hôpital Sainte-Justine, le CHU de Québec–Université Laval, le CHUM et le CUSM. Cinq CIUSSS desservent le territoire de la Ville de Montréal, alors qu’en Montérégie, trois CISSS ont été créés.

Les CISSS et les CIUSSS — centres rattachés à une université — chapeautent tous les établissements d’une même région : centres hospitaliers, CHSLD, centres de protection de l’enfance et de la jeunesse (centres jeunesse), centres de réadaptation ainsi que santé publique.

Dans un climat rappelant l’improvisation, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette — qui n’est en poste à cette époque que depuis cinq mois — prétend que le virage majeur qu’il propose se fera au profit des usagers. Il avance que son plan permettra des économies de 220 millions de dollars en éliminant un palier organisationnel majeur, celui des agences de santé et de services sociaux. « Désormais, je peux dire que notre intention est de faire en sorte que notre système de santé ne rimera plus jamais avec bureaucratie, mais plutôt avec services », avance-t-il en conférence de presse, à la suite de la mise à pied de 1300 cadres du réseau. Du même coup, il en profite pour s’arroger des pouvoirs exceptionnels, du jamais vu au ministère.

Chaque étape de mise en place de la réforme est pénible, alors que les travailleuses et les travailleurs ne sont pas toujours informés des changements. Ce fut particulièrement le cas pour le personnel des agences, qui, à quelques jours de la dissolution de leur secteur d’activité, ne savaient toujours pas ce qu’il adviendrait d’eux.

Une réforme austère

La réforme Barrette s’inscrit parfaitement dans les politiques d’austérité imposées par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Malgré les belles promesses, le réseau de la santé et des services sociaux s’est aussi vu imposer des coupes de 219 millions pour 2014-2015, de 450 millions pour 2015-2016 et de 247 millions pour 2016-2017.

Le PL10 s’inscrit dans les politiques d’austérité du gouvernement Couillard auxquelles la CSN s’oppose depuis près de deux ans.

La réforme Barrette ou PL10 a fait passer de 182 à 34 le nombre d’établissements dans le réseau.

Deux ans plus tard, le réseau tente tant bien que mal de se remettre de cet électrochoc. Les bénéfices de la réforme promis par le ministre se font toujours attendre et les usagers n’ont pas vu l’accessibilité aux soins et aux services s’améliorer, au contraire. À ce propos, un sondage commandé par la CSN (incontournable.info), et paru en septembre 2016, indiquait que 70 % du personnel technique et professionnel du réseau estimait que les coupes budgétaires imposées avaient diminué l’accessibilité aux services et allongé le temps d’attente pour les patients. Ce même sondage démontrait, sans surprise, les effets dévastateurs de ces compressions sur les travailleuses et les travailleurs du réseau. Ainsi, 60 % des répondants estimaient être constamment ou fréquemment en surcharge de travail, alors que plus de 80 % des personnes interrogées affirmaient que leur surcharge de travail était due aux compressions.

Bouleversement syndical

La réforme structurelle du réseau de la santé et des services sociaux aura aussi des effets majeurs sur les syndicats. Car qui dit établissements fusionnés, dit auto­matiquement nouvelles accréditations syndicales. La réforme Barrette imposera donc la plus importante période de vote d’allégeance syndicale en santé et en services sociaux jamais connue au Québec. Des quelque 800 accréditations syndicales, il en restera moins de 100, ce qui créera des mégasyndicats répartis sur d’immenses territoires. La CSN, présente partout au Québec, demeurera l’organisation la mieux placée pour offrir des services de qualité aux syndicats de toutes les régions et pour appuyer la vie syndicale dans tout le Québec.

Les compressions ont des effets dévastateurs sur les travailleurs du réseau qui estiment à 60 % être constamment ou fréquemment en surcharge de travail.

Les compressions ont des effets dévastateurs sur les travailleurs du réseau qui estiment à 60 % être constamment ou fréquemment en surcharge de travail.

C’est ainsi que du 30 janvier au 24 février 2017, les 130 000 travailleuses et travailleurs du réseau auront à choisir l’organisation syndicale qui défendra le mieux leurs intérêts. C’est le Tribunal administratif du travail — le TAT, l’ancienne Commission des relations du travail — qui supervisera le processus. Chaque membre du personnel du réseau touché par l’opération recevra, à son domicile, un bulletin de vote qu’il devra retourner avant le 24 février 2017. Les résultats seront dévoilés entre la mi-mars et la mi-avril. Les nouveaux syndicats seront accrédités officiellement le 21 avril 2017.

L’opération n’est pas sans rappeler la période de vote d’allégeance syndicale découlant de la loi 30 du gouvernement libéral de Jean Charest. Cette loi, adoptée en 2003 sous le bâillon, avait imposé une réorganisation des unités de négociation, divisant en quatre catégories l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du réseau : la catégorie 1 regroupant les professionnel-les en soins (infirmière, infirmière auxiliaire, inhalothérapeute), la catégorie 2 regroupant le personnel paratechnique, auxiliaire et de métiers (préposé-e aux bénéficiaires, personnel d’entretien, préposé-e aux services alimentaires et de buanderies, ouvrier spécialisé, etc.), la catégorie 3 le personnel de bureau et de l’administration (agente administrative, secrétaire, etc.) et, finalement, la catégorie 4 le personnel professionnel et technique (psychologue, travailleuse sociale, technicienne de laboratoire, etc.).

La loi 30 avait toutefois été opérationnalisée en plusieurs vagues, alors que les votes s’étaient déroulés de 2004 à 2006. Cette fois-ci, le vote d’allégeance se tiendra en une seule vague, une opération périlleuse et historique.

La CSN, une force incontournable

Forcée de participer à ce maraudage sans précédent, la CSN ne sera pas en reste. Tout au long de l’automne et jusqu’au début de 2017, elle déploiera les efforts nécessaires pour s’assurer que ses membres demeurent à la CSN, mais aussi pour convaincre les autres travailleuses et travailleurs d’y adhérer. Elle sera la cible de tous les autres joueurs impliqués pendant la période de vote sur le changement d’allégeance syndicale, car elle est l’organisation la plus représentative du réseau de la santé et des services sociaux, regroupant 47 % de ses travailleuses et de ses travailleurs. Elle est présente dans tous les types d’établissements et dans toutes les catégories d’emplois. Les membres des catégories 1, 2 et 3 sont affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), alors que ceux de la catégorie 4 sont affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ainsi qu’à la FSSS–CSN. Rejetant plus que jamais le corporatisme et l’isolement, la CSN misera sur la solidarité pour améliorer les conditions de travail de ses membres, et sur sa crédibilité pour défendre avec vigueur et efficacité le réseau de la santé et des services sociaux.

La campagne « La CSN, une force incontournable » se déploiera sur le terrain, dans tous les établissements ; elle sera visible sur toutes les plateformes : réseaux sociaux, web, télévision, journaux, même le long des autoroutes.

Forte de ses 325 000 membres, la CSN est une force incontournable pour le réseau de la santé et des services sociaux.

La réforme Barrette préoccupe les jeunes salarié-es

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) dévoile les résultats d’une enquête qu’elle a menée auprès des jeunes salarié-es du réseau de la santé et des services sociaux. Cette enquête démontre l’état d’épuisement des jeunes salarié-es du réseau face à la réforme Barrette.

Les jeunes salarié-es font les frais de la réforme Barrette
L’enquête de la FSSS–CSN a permis de rejoindre plus de 1000 personnes qui travaillent dans le réseau de la santé et des services sociaux et qui sont âgées de moins de 35 ans. Cette enquête présente plusieurs constats alarmants sur la relève dans le réseau de la santé et des services sociaux. Voici ce qui ressort de cette enquête :

  • Moins de 50 % des répondant-es occupent un poste à temps plein;
  • 24 % des répondants se sont retrouvés en congé à long terme au cours des douze derniers mois;
  • 53 % des répondants ont reçu moins de sept heures de formation dans la dernière année;
  • 53% des répondants ont changé de gestionnaire au cours des douze derniers mois;
  • 59% des répondants vivent une augmentation des tâches;
  • Une majorité de répondants ont envisagé de quitter leur emploi;
  • 83 % des répondants ont souligné que la réforme du système de santé n’allait pas contribuer à améliorer leur situation professionnelle sur un horizon de trois à cinq ans.

« L’enquête que nous avons menée donne des résultats sans appel : la réforme Barrette frappe de plein fouet les jeunes salarié-es du réseau de la santé et des services sociaux. Au cours des derniers mois, nous avons mené quelques enquêtes et le portrait est très inquiétant : le personnel est à bout de souffle. Ça ne peut plus durer, le ministre doit admettre que sa réforme est un échec! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Des preuves tangibles de l’effet de la réforme Barrette sur les jeunes salarié-es
Les données de l’enquête de la FSSS–CSN permettent de mieux comprendre l’effet concret de la réforme Barrette sur celles et ceux qui donnent chaque jour des services à la population. Loin de leur donner des outils pour mieux répondre aux besoins de la population, cette réforme leur complique la vie, aussi bien en augmentant leur charge de travail qu’en complexifiant leur quotidien au travail face à des structures centralisées comme jamais. La conséquence d’une telle réforme, c’est une augmentation de la précarité chez le personnel du réseau de la santé et des services sociaux.

« C’est un signal clair que nous envoie les jeunes salarié-es du réseau de la santé et des services sociaux dans cette enquête. Ils sont de plus en plus nombreux à se questionner sur leur avenir dans le réseau. Que voulons-nous de plus pour expliquer l’échec de la réforme Barrette et des compressions budgétaires? Il est grand temps d’en prendre acte et de tenir compte des solutions que nous mettons de l’avant pour améliorer les conditions de travail du personnel et l’accès aux services pour la population », de conclure Jeff Begley.