Entre ombre et lumière

«J’ai toujours aimé travailler auprès des jeunes et j’ai milité dans le mouvement communautaire, notamment au FRAPRU. J’ai choisi ce métier non seulement parce qu’il me permettait de continuer dans cette voie, mais aussi parce que j’aime aider les gens. Le dévouement et l’empathie sont des conditions importantes pour exercer notre profession. Mais surtout, il faut croire en la capacité des gens à changer. »

Ombre

Les travailleuses et les travailleurs qui œuvrent dans les centres jeunesse, qu’ils soient techniciennes ou techniciens en assistance sociale, éducatrices ou éducateurs, travailleuses sociales ou travailleurs sociaux ou psychoéducatrices ou psychoéducateurs pour ne nommer que ceux-là, côtoient inévitablement la souffrance humaine. Les problèmes de santé mentale, tant chez les enfants que chez les parents, sont nombreux. « On en voit de toutes sortes. Heureusement, on réussit à se désensibiliser un peu, sinon, il serait très difficile de travailler efficacement. Il faut laisser tomber nos préjugés. Il faut voir les parents non pas comme des gens mal intentionnés, mais plutôt comme des êtres vulnérables et mal outillés. En même temps, il faut s’avouer que tous n’ont pas les mêmes capacités à évoluer dans le sens qu’on souhaiterait. Nos interventions ont des limites, on doit l’accepter. »

Mais il serait faux de croire que la souffrance n’est que l’affaire des familles desservies par les centres jeunesse. Les intervenants aussi peinent devant autant de besoins. « On dit que 50 % des intervenants quittent les centres au cours des deux premières années de pratique. Il y a un grand roulement de personnel et beaucoup de cas d’épuisement professionnel. Ajoutez à cela la surcharge de travail de plus en plus grande — une augmentation de 8 % à 10 % de signalements par année — et vous comprendrez que la détresse est très présente chez les travailleuses et les travailleurs des centres jeunesse », note Kevin Newbury, qui milite dans son syndicat depuis maintenant sept ans.

Lumière

Photo : Alain Décarie

Photo : Alain Décarie

Comment tirer son épingle du jeu quand jour après jour on côtoie pauvreté, maladie mentale et souffrance ? En gardant toujours en tête que les gens peuvent évoluer, qu’ils peuvent changer. « Savoir qu’on peut “sauver” des enfants, faire cheminer des adolescents et mieux outiller des parents, c’est ce qui permet de tenir le coup. Parfois, on croise une ancienne famille d’accueil, par hasard. Ça fait toujours extrêmement plaisir de se faire dire que “nos enfants” sont rendus au cégep, ou ailleurs, qu’ils ont trouvé leur place. On joue un rôle significatif dans leur vie et c’est ce qui nous fait le plus de bien », explique Kevin.

Rendre le monde meilleur

Malgré une couverture médiatique qui a tendance à relater davantage les ratés que les bons coups, les travailleuses et les travailleurs des centres jeunesse demeurent passionnés et les cas de réussite sont nombreux. « Chaque année, au Centre jeunesse de Lanaudière, les intervenants donnent des sous et de leur temps pour compléter les paniers de Noël destinés aux familles de la région. Travailler en centre jeunesse, c’est avoir à cœur le bien-être des enfants, bien au-delà de la paye, tout en rendant le monde un peu meilleur. »

Les salarié-es des CPE font connaître leurs demandes à la table centrale

C’est aujourd’hui que les travailleuses et les travailleurs des CPE feront connaître leurs demandes à la nouvelle table centrale dans le cadre des négociations en vue du renouvellement de leur convention collective échue depuis le 31 mars 2015. Les syndiqué-es des CPE membres de la CSN ont obtenu du ministère de la Famille la mise en place d’une table centrale qui regroupe également la majorité des associations patronales régionales, après plusieurs mois de pourparlers.

Il était important pour les salarié-es des CPE que le Ministère crée cette table nationale, afin que l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du réseau obtiennent les mêmes conditions de travail, peu importe la région d’où elles proviennent. « Les CPE forment un réseau, il est important pour nous d’avoir les même conditions de travail peu importe notre provenance. Bien sûr, il existe des particularités régionales, c’est pour cela que certaines matières seront discutées au niveau local et régional », explique Louise Labrie, représentante du secteur des CPE à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

Profitant de la première rencontre de cette table centrale, le comité de négociation syndical a convenu avec les représentants de la partie patronale de faire connaître l’ensemble de leurs demandes qui ont été établies par l’ensemble des membres lors de tournées d’assemblées générales. « Les demandes ont été longuement réfléchies et débattues au sein de nos instances. Elles sont le fruit de consultations et de discussions où les membres ont pu se prononcer sur les conditions dans lesquelles la prestation de travail s’effectue. Nous espérons que la partie patronale saura y donner suite avec toute la considération que nous méritons », affirme Louise Labrie.

Pour la FSSS–CSN, il est clair que le gouvernement a l’occasion d’envoyer un signal positif aux travailleuses et aux travailleurs du réseau des CPE qui vivent les contrecoups des mesures d’austérité. Dany Lacasse, vice-président de la FSSS–CSN, pense que le gouvernement doit profiter des négociations actuelles pour montrer qu’il reconnaît le travail de ces salarié-es. « Les services de garde éducatifs, en particulier les CPE, ont vécu des mois difficiles et c’est l’ensemble du personnel qui subit la pression et le stress, le gouvernement doit maintenant profiter de l’occasion et régler rapidemment en répondant favorablement aux demandes des syndiqué-es », plaide-t-il.

Pour des conditions dignes dans nos CHSLD

Blogue de Jean Lacharité

La semaine dernière, la Commission de la santé et des services sociaux de l’Assemblée nationale a déposé un rapport fort éclairant sur les conditions de vie des adultes hébergés en centre d’hébergement et de soins de longue durée, à l’issue d’un long travail de consultation méticuleux auquel la CSN a bien entendu participé. Voilà une excellente démarche non partisane comme on aimerait en voir beaucoup plus souvent dans notre démocratie !

À la CSN, nous représentons la majorité des travailleuses et des travailleurs offrant des services aux aîné-es. Nous accueillons avec beaucoup d’ouverture les conclusions de ce rapport ainsi que ses recommandations. Entre autres, les parlementaires des différents partis recommandent de revoir la façon dont sont établis les ratios de personnel dans les établissements, et ce afin d’assurer une prestation adéquate de services aux personnes hébergées, selon leurs besoins individuels. Ils souhaitent également que plus d’efforts, matériels et humains, soient consentis aux soins d’hygiène et à l’alimentation. Ils proposent de valoriser davantage les professions œuvrant dans nos CHSLD, notamment les préposé-es aux bénéficiaires, et d’en faire davantage au niveau de la formation du personnel. Ils s’attaquent également à différents aspects ayant un impact concret sur la qualité de vie des résident, notamment qu’on limite le fort roulement de personnel, et proposent qu’on privilégie davantage la proximité géographique d’un milieu de vie et qu’on évite de séparer des couples lorsque les deux ont besoin d’être hébergés en CHSLD.

Ces recommandations, nous apparaissent viser juste, pour l’essentiel. Nous sommes d’avis que la situation actuelle découle d’une très longue période de laisser-aller au cours de laquelle, les conditions de vie des aîné-es se sont détériorées. Nous invitons le gouvernement à saisir l’occasion qui lui est offerte par ce consensus entre les députés des différentes formations politiques afin de proposer sans tarder des changements importants, nécessaires pour assurer à tous les aîné-es le droit de vivre dans la dignité.

Si le gouvernement souhaite améliorer les choses dans les centres d’hébergement et les CHSLD, dans le respect des travailleuses et des travailleurs, il trouvera en la CSN et les travailleuses et les travailleurs, son meilleur allié

Un comité patronal-syndical est mis sur pied

La Confédération des syndicats nationaux annonce la formation d’un comité provincial sur la main-d’œuvre en technologie médicale, ce qui permettra aux représentants syndicaux et patronaux d’échanger sur l’avenir de ces professions et de formuler des avis au ministère de la Santé et des Services sociaux. Entre autres dossiers qui y seront abordés, notons « Optilab », une vaste réorganisation engagée par le gouvernement visant la centralisation des services en biologie médicale et qui suscite de nombreuses craintes dans le réseau public de santé et de services sociaux.

Pour la CSN, « Optilab » comporte de multiples enjeux, non seulement pour les travailleuses et les travailleurs des laboratoires et du réseau de la santé et des services sociaux, mais pour toute la population, qu’il s’agisse d’accès à des services de proximité, de sécurité, d’environnement, d’efficacité, de respect des obligations professionnelles et de coûts.

Le transport des échantillons par des entreprises privées sur de longues distances, fait craindre la perte et la dégradation d’un nombre accru d’échantillons, ainsi que la multiplication d’erreurs de manipulation et une augmentation significative des délais de traitement. Il n’y a pas de système provincial de traçabilité des spécimens et le projet de système d’échange d’informations entre les laboratoires et avec les autres intervenants comme les médecins n’est pas optimal. Des cas d’erreurs ont déjà été mis au jour par Radio-Canada concernant des échantillons de l’Abitibi–Témiscamingue analysés au CUSM, à Montréal.

De plus, la CSN craint que cela contribue encore davantage à la dévitalisation de nombreuses communautés éloignées car du personnel serait appelé à quitter les régions et la perte de services de laboratoires dans les hôpitaux éloignés compliquera davantage les efforts de recrutement des établissements aux prises avec des pénuries de personnel.

Bien commun
Pour le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, la formation de ce comité conventionné est une bonne nouvelle. « Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour nous assurer que le bien commun sera la seule boussole guidant une réorganisation dans ce secteur absolument vital dans le réseau public de santé et de services sociaux. Je salue l’ouverture du comité patronal national de la santé et des services à discuter de ces enjeux avec les représentants du personnel. Il serait sage de la part du ministre Gaétan Barrette d’accéder à notre demande d’instaurer un moratoire sur le déploiement d’« Optilab » afin que nous ayons le temps d’en étudier sérieusement toutes les conséquences ».

Ce comité patronal-syndical est une initiative de la CSN. La vice-présidente de la FSSS–CSN, représentante des techniciennes, techniciens et professionnel-les, Mélissa Gaouette, considère que ce comité constituera un forum privilégié pour dégager une vision d’ensemble sur « Optilab » et tous les enjeux visant la main-d’œuvre en technologie médicale. « La raison première de cette lettre d’entente à la convention collective et du comité qui en découle, c’est évidemment de veiller à la défense adéquate des droits du personnel des technologies médicales et au respect de ses obligations professionnelles. Toutefois, en travaillant sur l’emploi, la formation, l’organisation du travail et sur les besoins actuels et futurs en terme de développement des ressources humaines, nous assurons à la population le maintien de services de qualité et accessibles, et leur renforcement ».

Solidarité
La vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau, souligne qu’un vent d’opposition souffle de plus en plus fort sur « Optilab ». « Le milieu socioéconomique se lève car la perte de tels services de proximité n’aidera en rien à revitaliser les communautés déjà fortement ébranlées par les effets des politiques d’austérité. Nous avons bon espoir qu’en poursuivant la sensibilisation et la mobilisation à tous les paliers dans ce dossier, nous pourrons convaincre le Dr Barrette que le réseau a tout avantage à travailler de concert avec les véritables spécialistes du domaine : celles et ceux qui oeuvrent au quotidien dans nos laboratoires ».

Ma place en santé, j’y tiens
« Optilab » compte au nombre des enjeux abordés par la CSN dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j’y tiens ! Cette campagne de mobilisation et d’information vise à défendre les services publics de santé et de services sociaux contre la privatisation et l’effritement.

« Nos patients sont à risque »

À la suite du décès malheureux d’un patient survenu en mai à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) a dénoncé avec vigueur aujourd’hui les risques encourus par les patients, conséquence directe des coupes budgétaires et des décisions administratives risquées prises par la direction du CIUSSS MCQ.

« En tout premier lieu, nous aimerions offrir nos sympathies à la famille de l’homme décédé à l’hôpital le mois dernier. Personne ne devrait avoir à terminer sa vie dans de telles circonstances et aucune famille ne devrait avoir à passer à travers ce genre d’épreuve », a affirmé d’entrée de jeu Nadine Lambert, vice-présidente de la FSSS–CSN et infirmière.

Patients à risque

Les coupes budgétaires de 49 millions imposées au CIUSSS MCQ mettent les patients à risque et forcent les travailleuses et les travailleurs à œuvrer dans des circonstances très difficiles. « Depuis environ un an, l’employeur impose le -1, c’est-à-dire que les équipes doivent s’occuper du même nombre de patients, mais avec une personne en moins, explique Nadine Lambert. C’est le cas dans plusieurs départements de l’hôpital, dont les soins intensifs ».

Le tout devient problématique – voire dangereux – lorsque les travailleurs et les travailleuses prennent leur pause ou doivent répondre aux situations d’urgence. Il ne reste tout simplement plus assez de personnel pour répondre adéquatement, dans des délais raisonnables, aux demandes des patients.

La direction au courant

Pourtant, à plus d’une reprise le Syndicat de la santé et des services sociaux Arthabaska-Érable (FSSS–CSN) a rencontré la direction de l’Hôtel-Dieu afin de lui faire part des risques sérieux engendrés par ses décisions administratives. « Nous avons décrit les impacts des coupes sur notre capacité à faire notre travail adéquatement. Nous avons expliqué les effets sur les soins rendus à nos patients et les dangers qu’ils encourent. Malheureusement, rien n’a changé, la direction préférant « gérer les risques ». Avant qu’un autre décès ne survienne, nous exigeons de la direction qu’un nombre adéquat de soignants soit affecté sur le plancher pour assurer à nos patients santé et sécurité », a pour sa part expliqué Annie Moreau, présidente du syndicat.

Malheureusement, la situation du CIUSSS MCQ n’est pas exceptionnelle. Partout au Québec, les pressions budgétaires imposées au réseau par le ministre Gaétan Barrette font en sorte que les ratios patients-soignants sont réduits et font augmenter les risques. « Qu’attend le ministre pour stopper l’hémorragie et réinvestir dans le réseau ? Un décès est un décès de trop », a conclu Nadine Lambert, vice-présidente de la FSSS–CSN.

 

Grève dans deux résidences privées pour aînés à Québec

Les travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés pour aîné-es La Roseraie et Les Maronniers, situés à Québec et à Lévis, ont déclenché la grève à minuit la nuit dernière. Ceux-ci avaient voté respectivement à 97 % et à 96 % en faveur de ce moyen de pression afin de protester contre l’intransigeance du Groupe Réseau Sélection face à leurs revendications.

« Rien ne va plus dans notre négociation avec les deux établissements du Groupe Sélection, déplore le président du syndicat régional et représentant du secteur des centres d’hébergement privés, Gilles Gagné. L’employeur ne veut rien savoir de nos demandes, même si elles sont très raisonnables et malgré le fait qu’il a tout à fait les moyens de régler rapidement. Il attaque aussi le syndicat en tentant de restreindre les mesures qui lui permettent de bien représenter ses membres. C’est indigne de sa part. »

Au cours des quelques rencontres de négociation, l’employeur a refusé catégoriquement d’accorder à ses employées une augmentation de 1,50 $ l’heure sur trois ans et de fixer la date de la fin de la convention au 31 mars 2018. « Réseau Sélection se targue d’être la plus importante entreprise privée québécoise, à la fois propriétaire, gestionnaire, développeur et acquéreur de résidences pour personnes âgées, dénonce le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Denis Bertrand. Il est complètement aberrant de voir à quel point il a peu d’estime pour celles et ceux qui rendent ses activités possibles et qui mettent tout leur cœur à bien servir la clientèle âgée. »

Rappelons que la compagnie embauche 3000 employés et héberge 7500 résidents dans
33 résidences au Québec. Elle représente un actif de 1,2 milliard et a entamé la construction de 30 complexes pour aînés d’ici cinq ans dans la région de Montréal, soit un investissement de 2 milliards de dollars.

« Le vieillissement de la population, l’espérance de vie qui s’améliore et les compressions massives dans le réseau de la santé font augmenter la demande pour les centres d’hébergement privés. Ces résidences profitent de la suppression des milliers de lits dans le secteur public depuis les dernières années. Si le Groupe Réseau Sélection pense qu’il va pouvoir engranger les profits sur le dos des personnes ainées et tout en continuant à sous-payer ses employé-es, il se met le doigt dans l’œil. Les travailleuses et travailleurs ont prouvé leur ténacité : ils vont le talonner sans arrêt jusqu’à ce qu’il cède. Et nous serons avec eux pour les appuyer! », a conclu la présidente du Conseil central Québec Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras.

Sur la négo coordonnée
Rappelons que toutes les accréditations qui ont joint la négociation coordonnée demandent une augmentation salariale de 1,50 $ l’heure sur trois ans, la création d’un comité de relations de travail opérationnel, la formation systématique des employé-es et une date commune d’échéance des conventions collectives.

Le CCSNL demande au CISSS des Laurentides de reconsidérer sa décision

Alors que le CISSS des Laurentides s’apprête à annoncer des coupes de postes au Service de l’hygiène et de la salubrité au Centre hospitalier de Saint-Eustache, le Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides (CCSNL–CSN) appelle la haute direction de l’établissement à reconsidérer les conséquences d’une telle décision.

« Ce n’est pas la première fois que l’on questionne les sommes supplémentaires investies en hygiène et en salubrité à Saint-Eustache, rappelle la présidente de CCSNL–CSN, Chantal Maillé. Que ce soit un expert mandaté par le ministère, en 2013, ou la firme Raymond Chabot Grant Thornton, en 2015, chaque fois, on a conclu que les ressources investies étaient justifiées. Les performances globales de l’hôpital en termes de propreté et de gestion des éclosions de maladies nosocomiales sont très bonnes. Grâce à la réorganisation intervenue en 2005, le temps requis pour assurer le transfert des patients a été réduit de moitié, permettant un meilleur accès aux services pour la population. Le CISSS ne doit pas prendre une décision strictement comptable à l’aveuglette et doit mettre les résultats probants dans la balance ».

Le président du Syndicat des employé(e)s du CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes, Dominic Presseault, a appris récemment que la CISSS comptait couper ces postes. Il estime que le CISSS fait une mauvaise lecture de la situation lorsqu’il conclut que l’Hôpital de Saint-Eustache dépense trop en matière d’hygiène et de salubrité. « Ici, nous avons réorganisé le travail en 2005. Nos préposé-es à l’entretien ménager effectuent des tâches de désinfection et de préparation des lieux, qui ailleurs sont généralement exécutées par les préposé-es aux bénéficiaires. Ceci permet à nos préposé-es aux bénéficiaires de se consacrer davantage aux personnes qui sont hospitalisées, ce qui est précisément le travail pour lequel ils ont été formés. Si le CISSS coupe aveuglément dans l’entretien ménager, la conséquence c’est que nos préposé-es aux bénéficiaires, déjà à bout de souffle, verront leur charge de travail augmenter. Ça ne fait aucun sens », déplore-t-il.

Pour Chantal Maillé, le CISSS devrait carrément envisager de prendre le chemin inverse. « Les résultats sont là à Saint-Eustache. C’est incroyable de toujours devoir le répéter, mais pour nous la seule façon d’améliorer les services sans que le personnel ne croule sous des charges de travail insoutenables, c’est de revoir l’organisation du travail afin d’utiliser au maximum les compétences de chacun. J’invite la direction du CISSS à reprendre l’analyse globalement, en mettant dans la balance ce que ça coûtera de payer d’autres salarié-es pour faire un travail que peuvent parfaitement faire les spécialistes de l’hygiène et de la salubrité, ce que ça coûtera en contrats au secteur privé pour venir désinfecter les chambres en cas d’éclosions de maladies à cause de coupes en prévention, ainsi que l’inconfort pour les patients de l’Hôpital de Saint-Eustache, qui devront attendre que la préposée aux bénéficiaires surchargée ait le temps de venir préparer la chambre après le passage de l’équipe d’hygiène et de salubrité qui, elle, devra revenir une seconde fois ensuite pour terminer le travail. Peut-être qu’au final ils réaliseront que la solution serait d’instaurer partout un dialogue avec les travailleuses et les travailleurs pour rechercher de véritables solutions ».

Le gouvernement favorise le privé au détriment des aîné-es

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) dénonce avec force l’annonce d’un appel d’offres pour 96 places d’hébergement privé faite hier par le ministre Gaétan Barrette. Pour la FSSS–CSN, cette annonce de privatisation est de mauvais augure pour les résident-es, alors que les conditions d’hébergement des aîné-es préoccupent grandement les Québécoises et Québécois.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, était à Saint-Jérôme hier pour annoncer le lancement d’un appel d’offres de 96 places en CHSLD privé non conventionné. Cette annonce intervient moins d’une semaine après le dépôt du rapport de la commission parlementaire sur les conditions de vie des adultes hébergés en CHSLD. Ce rapport aux conclusions unanimes recommande notamment d’augmenter le personnel pour offrir des soins de qualité aux aîné-es et de stabiliser les équipes soignantes. L’annonce du ministre va complètement dans le sens contraire.

« Le gouvernement fait encore le choix de se dégager de sa responsabilité de prendre soin des personnes âgées en perte d’autonomie en les abandonnant aux mains du plus bas soumissionnaire. Comme c’est toujours le cas lorsqu’on marchande ainsi la santé, ce sont les aîné-es qui en paieront le prix. Ça va complètement à l’encontre des recommandations faites par la commission parlementaire, à l’effet de revoir à la hausse le ratio de personnel par patient, d’augmenter les soins aux patients et de stabiliser le personnel. Ce n’est certainement pas en confiant des aîné-es à un promoteur privé qu’on parviendra à faire ça, alors qu’on sait déjà que ce modèle implique des effectifs réduits au strict minimum, des conditions de travail détériorées et donc un fort taux de roulement de personnel », explique Guy Laurion, vice-président de la FSSS–CSN.

Préserver les services publics dans les Laurentides
« Les expériences de privatisation en santé et services sociaux sont des échecs. Se tourner vers le privé, c’est voir se dégrader la qualité des soins et des services, en plus de perdre le contrôle qui permet une bonne surveillance. Ce n’est certainement pas le temps de poursuivre sur cette voie », lance David Deschâtelets, vice-président régional de la FSSS–CSN.

« Les besoins de soins de longue durée sont importants dans les Laurentides. La meilleure façon d’améliorer les soins aux aîné-es, c’est de miser sur le public. C’est là que nous avons le personnel le mieux formé. C’est là que nous avons les mécanismes pour juger de la qualité des soins », rappelle Chantal Maillé, présidente du Conseil central des Laurentides (CCSNL–CSN).

La CSN a récemment lancé la campagne Ma place en santé, j’y tiens, qui vise justement à dénoncer la privatisation tranquille du système public de santé et de services sociaux.

Les syndiqué-es du Bas-Saint-Laurent règlent l’ensemble de leurs conventions collectives

Les travailleuses et les travailleurs des centres d’hébergement privés pour aîné-es, Investissement GL et la résidence Saint-Louis, ont adopté respectivement à 96 % et à 92 % leur entente de principe. Ces deux ententes respectent les quatre demandes communes de la négociation coordonnée.

« Les salarié-es ont tenu leur bout, a souligné d’entrée de jeu le président du syndicat, René Dextraze. En plus d’obtenir 1,50 $ de l’heure sur trois ans, l’échéance de la convention collective au 31 mars 2018, la formation systématique et un comité de relations de travail fonctionnel, ils sont aussi allés chercher des gains supplémentaires qui vont améliorer leur vie au travail. »

À ce titre, les employé-es d’Investissement GL ont aussi obtenu des gains sur le plan des congés de maladie, des congés sociaux et des congés fériés. Ceux de la résidence Saint-Louis ont pour leur part réalisé des avancées en ce qui a trait au cumul de l’ancienneté lors d’absence pour maladie et de mise à pied et sur la question du fractionnement des vacances.

C’est réglé au Bas-Saint-Laurent
Ces deux règlements viennent conclure la négociation dans les quatre résidences du Bas-Saint-Laurent qui participaient à la négociation coordonnée de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

« Je lève mon chapeau aux travailleuses et aux travailleurs des résidences privées de la région. Leurs revendications ont porté fruit. Ces ententes illustrent à quel point l’union des forces au sein d’une négociation coordonnée fonctionne bien », a enchaîné la présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent, Nancy Legendre.

« Les syndiqué-es des centres d’hébergement privés de la FSSS–CSN ont décidé, collectivement, qu’ils allaient améliorer leur sort, et ils y sont parvenus. Ces ententes auront des incidences concrètes sur leur vie de tous les jours », a aussi ajouté le vice-président régional de la FSSS–CSN, Daniel Charette.

« C’est une victoire. Nous allons maintenant nous assurer que l’ensemble des syndiqué-es qui prennent part à la négociation coordonnée règlent leur entente en tout respect de nos revendications communes. On s’en fait un point d’honneur », a conclu le représentant du secteur des centres d’hébergement privés de la FSSS–CSN, Gilles Gagné.

À propos de la FSSS–CSN
La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Dans la région, le Conseil central du Bas-Saint-Laurent rassemble environ 10 000 syndiqué-es issus des secteurs public et privé, dont environ 130 membres dans le secteur des centres d’hébergement privés.

La demande de moratoire rallie de plus en plus de gens

La Confédération des syndicats nationaux présente aujourd’hui à l’Assemblée nationale une pétition signée par près de 10 000 personnes en quelques semaines, réclamant un moratoire immédiat sur les transferts de professionnel-les des CLSC vers les Groupes de médecine de famille (GMF), des entités à but lucratif. Pour la CSN, ces transferts mettent à mal les CLSC et nous éloignent de l’objectif que tout le monde devrait partager, soit d’assurer à toute la population un accès universel à des services sociaux de qualité dans leur communauté.

« De plus en plus de voix s’élèvent contre cette mauvaise idée, indique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Ce ne sont plus seulement les travailleuses et les travailleurs qui sont aux premières loges des services à la population qui sont inquiets, mais aussi des ordres professionnel-les, des chercheurs, des groupes communautaires qui travaillent avec des clientèles vulnérables, pour ne nommer que quelques exemples. On voit maintenant des établissements reconnaître publiquement que ces transferts sont précipités et qu’il faut se donner plus de temps pour en évaluer les conséquences négatives pour la population qui a droit aux services comme pour le personnel touché. Il serait sage que le Dr Barrette arrête de banaliser ces inquiétudes légitimes et qu’il ordonne un moratoire immédiat sur ces transferts mal avisés ».

Ces transferts constituent un drainage de ressources humaines et financières du secteur public vers le secteur privé car le gouvernement paiera non seulement les salaires de professionnel-les à l’emploi des GMF mais en plus il financera l’aménagement de nouveaux locaux dans ces cliniques privées à but lucratif.

La CSN craint par ailleurs des problèmes d’accès aux services pour la population, en particulier les plus vulnérables qui n’ont pas accès aux GMF. De plus le modèle d’interdisciplinarité des CLSC qui repose sur l’autonomie professionnelle des salarié-es a fait ses preuves. Or dans les GMF, ces professionnel-les seront au service des médecins. Enfin, les travailleuses sociales et autres professionnel-les que le Dr Barrette entend transférer ne seront pas remplacés dans les CLSC, ce qui n’aidera certainement pas les professionnel-les qui demeureront au public à faire face à des listes d’attente qui s’allongent sans cesse.

Mobilisation
« Notre mobilisation porte tranquillement ses fruits, se réjouit tout de même la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau. Nous continuerons à tout mettre en œuvre pour garder ce dossier dans l’espace public tant qu’un moratoire complet ne sera pas déclaré. De nouvelles opérations de visibilité et de sensibilisation débutent aujourd’hui même devant le CLSC La source, à Québec, et se transporteront dans toutes les régions du Québec dès la semaine prochaine. Nous participerons aux séances publiques des conseils d’administration des établissements afin d’obtenir des engagements pour qu’aucun nouveau transfert de ressources n’intervienne dans ces conditions ».

Pour la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, Mélissa Gaouette, un moratoire doit servir à étudier des alternatives comme le renforcement des CLSC. « La méthode Barrette, c’est d’imposer une vision du haut vers le bas sans égard aux idées de ceux et de celles qui travaillent sur le terrain. C’est bien dommage parce que des moyens d’améliorer l’accessibilité pour la population, les travailleuses et les travailleurs en connaissent plusieurs. Dans bien des cas, ces solutions permettraient de mieux utiliser les ressources disponibles afin de permettre un réinvestissement là où c’est nécessaire. Quand le ministre de la Santé et des Services sociaux va-t-il comprendre que les meilleurs allié-es dans la défense du droit à la santé pour toutes et tous sont les travailleuses et les travailleurs du réseau qui sont confrontés quotidiennement à la détresse de la population et qui vivent quotidiennement les impacts de ces décisions ? »

Une raison de plus de maintenir la vocation hospitalière de l’Hôtel-Dieu de Montréal

Dans la foulée de l’étude rendue publique par le Commissaire à la santé et au bien-être sur l’attente aux urgences, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) rappelle l’importance de maintenir la vocation hospitalière de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Le maintien des services hospitaliers de cet établissement permettrait de réduire les temps d’attente aux urgences dans la région métropolitaine et ainsi de mieux répondre aux besoins de la population.

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L’attente aux urgences risque d’augmenter avec la fermeture de l’Hôtel-Dieu

Il est actuellement prévu que les activités hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal cessent avec le déménagement dans le futur CHUM en PPP. Ce déménagement occasionnera la perte de plusieurs places aux urgences pour la population de la région métropolitaine, ce qui risque d’augmenter davantage les temps d’attente dans les urgences. C’est près de 65 000 patient-es par année qui ne pourront recevoir les soins aux urgences avec le déménagement vers le futur CHUM si le gouvernement Couillard procède à la fermeture de l’Hôtel-Dieu.

« Si la situation des urgences au Québec est désastreuse actuellement, imaginez ce que ce sera si on ferme un autre hôpital! L’urgence de l’Hôtel-Dieu est rénovée et très performante. Maintenir la vocation hospitalière de l’Hôtel-Dieu permettrait d’améliorer les temps d’attente aux urgences. C’est la seule solution sensée. Le ministre Barrette doit annoncer que les services seront maintenus à l’Hôtel-Dieu », lance Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Rappelons que la Coalition Sauvons l’Hôtel-Dieu demande à la fois le maintien de la vocation hospitalière et la création de logements sociaux sur le site de l’établissement. Le projet d’acquisition du site des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph par la Ville de Montréal inclut d’ailleurs la création de logements sociaux.

« La fermeture de l’Hôtel-Dieu s’inscrit dans le plan de privatisation tranquille du ministre Barrette. Plutôt que de préserver nos établissements publics, il travaille à mettre en place des cliniques privées. Les supercliniques du ministre seront possédées par des médecins et rien n’indique qu’ils permettront d’améliorer l’accès aux services. Faut-il rappeler à monsieur Barrette qu’il n’est pas le ministre des médecins, mais le ministre de la Santé et des Services sociaux? La meilleure manière d’améliorer les soins à la population, c’est de miser sur nos services publics! », de conclure Jean Lacharité.

La CSN lançait dernièrement la campagne Ma place en santé, j’y tiens. Cette campagne vise à dénoncer la privatisation tranquille du système public de santé et de services sociaux.

La CSN réaffirme la pertinence du poste de Commissaire à la santé et au bien-être

Pour la CSN, l’étude comparative des urgences du Québec présentée aujourd’hui par le Commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, prouve toute la pertinence de maintenir cet organisme de surveillance et de recommandation indépendant du ministère de la Santé et des Services sociaux.

« Notre réseau public de santé et de services sociaux n’est pas une usine de boîtes à chaussures dont on peut évaluer objectivement la performance à l’aide d’une petite grille standardisée. Il est complexe, vaste, différents intérêts corporatistes s’y entrechoquent et il doit servir, en bout de ligne, à préserver la dignité des personnes qui ont des besoins variés, ce qui commande toutes sortes de nuances, rappelle le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Il est important de pouvoir compter sur le regard non partisan, apolitique du Commissaire à la santé et au bien-être qui nous propose encore cette fois-ci de nombreuses pistes de solutions aux problèmes des urgences qui méritent, à tout le moins, d’être sérieusement étudiées. Encore une fois, la CSN demande au Dr Gaétan Barrette de reconsidérer sa décision d’abolir cette fonction qui nous apparaît indispensable à une véritable défense du droit à la santé pour toutes et tous ».

La CSN étudiera en profondeur ce rapport au cours des prochains jours. La CSN revendique le maintien du poste de Commissaire à la santé et au bien-être dans le cadre de la campagne qu’elle mène sous le thème Ma place en santé, j’y tiens.

24 heures pour Un réseau qui fait grandir

Du 3 au 4 juin prochain, la CSN tiendra une vigile de 24 heures devant l’Assemblée nationale à Québec dans le cadre de la campagne Un réseau qui fait grandir, afin de montrer au gouvernement libéral que nous nous opposons vivement aux compressions et aux hausses de tarif imposées au cours des derniers mois dans le réseau des services de garde éducatifs. La vigile se terminera par une grande marche qui partira des Plaines d’Abraham à 11 h 30 le samedi 4 juin et qui se terminera face à l’Assemblée nationale à 13 h.

Pourquoi manifester avec la CSN le 4 juin ?

Parce qu’il importe de soutenir et de développer davantage les services de garde éducatifs, que ce soit en CPE, en milieu familial ou en milieu scolaire,

Parce que les politiques actuelles du gouvernement fragilisent le réseau des services de garde éducatifs,

Parce qu’il faut des services de garde qui placent le développement des enfants en priorité,

Parce que les services de garde éducatifs permettent de soutenir les familles et sont un outil essentiel pour l’insertion et le maintien des femmes sur le marché du travail,

Parce que les travailleurs et les travailleuses de ce réseau occupent une place importante dans la vie de nos enfants et qu’ils doivent être traités avec toute la considération qu’ils méritent pour leur travail,

Parce qu’il faut assurer une plus grande accessibilité aux services de garde éducatifs plutôt que d’ajouter des entraves tarifaires à leur fréquentation,

Parce que les services de garde éducatifs en CPE, en milieu familial ou en secteur scolaire forment Un réseau qui fait grandir,

Parce qu’il faut se porter À la défense de nos services de garde éducatifs,

Pour toutes ces raisons et pour plusieurs autres,

Nous serons présents samedi dans les rues de Québec afin de signifier massivement notre mécontentement et notre volonté de soutenir nos services de garde éducatifs.

Nous vous invitons à vous inscrire auprès de vos conseils centraux. Des autobus partiront de toutes les régions du Québec et convergeront vers la capitale. Que vous soyez une travailleuse ou un travailleur du réseau, que vous soyez parent ou tout simplement parce qu’il s’agit d’un enjeu qui vous interpelle, joignez-vous à la CSN et venez dire au gouvernement, Ça suffit !

Il faut que cesse le saccage !

Photos : Cédric Martin

Le syndicat des travailleuses en CPE de Montréal-Laval (STCPEM-L), la CSN, le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) ont tenu à dénoncer l’annonce de la fermeture, le 31 août prochain, de l’installation Minime du CPE Mini-fée situé à Montréal-Nord. Réunis au cours d’un point de presse, les représentantes et les représentants syndicaux ont été rejoints par des travailleuses directement touchées par la nouvelle, par d’autres travailleuses et travailleurs solidaires du réseau et par des parents dont les enfants fréquentent le CPE.

De gauche à droite, Carole Leroux, Véronique De Sève, Luc Bastien et Dominique Daigneault

De gauche à droite, Carole Leroux, Véronique De Sève, Luc Bastien et Dominique Daigneault

Un quartier déjà précarisé

L’installation Minime est située dans la Maison de la Culture de Montréal-Nord, où d’autres ressources communautaires sont également présentes. L’antenne du CPE Mini-fée offre 18 places pour les jeunes du quartier, dont 10 places en pouponnière. Bien que les jeunes seront tous relocalisés soit dans l’établissement principal soit dans un CPE voisin pour les poupons, il s’agit de 18 places en moins dans un quartier où les programmes sociaux sont plus que nécessaires. Dominique Daigneault, présidente du CCMM–CSN, insiste : « 18 places dans un quartier défavorisé, dont 10 places en pouponnière, c’est un tissu social qu’on effrite encore davantage. Alors que Montréal-Nord aurait besoin de réinvestissement dans les programmes sociaux, voilà qu’on nous annonce plutôt la fermeture d’un service nécessaire pour soutenir les familles du quartier. »

Des travailleuses sacrifiées pour des arguments comptables

Ne profitant pas de la sécurité d’emploi, ni de la possibilité d’être relocalisées ailleurs dans le réseau en conservant leurs acquis, les travailleuses seront tout simplement reléguées sur la liste de rappel. Pour plusieurs d’entre elles, cela revient plus ou moins à une mise à pied. Carole Leroux, trésorière du STCPEM-L, explique que « bien qu’elles pourront appliquer ailleurs dans d’autres CPE, leur ancienneté ne sera pas reconnue. Bien sûr, elles conserveront leur échelon salarial, mais cela constitue plus souvent un obstacle qu’un avantage, les employeurs préfèrent une nouvelle salariée située au bas de l’échelle, ça coûte moins cher ! » Pour le STCPEM-L, il est évident qu’une fois de plus ce sont les travailleuses qui feront les frais des arguments comptables des dirigeants et du gouvernement.

Certaines des travailleuses qui seront affectées par la décision de la fermeture de l’installation Minime, Houria Nedjar, Maggy Eugene, Melidane Joseph, Dorothy Lebel, Marie-Fénale Delance, Cathy L’Heureux et Elisabeta Kasco.

Certaines des travailleuses qui seront affectées par la décision de la fermeture de l’installation Minime, Houria Nedjar, Maggy Eugene, Melidane Joseph, Dorothy Lebel, Marie-Fénale Delance, Cathy L’Heureux et Elisabeta Kasco.

Le gouvernement met la hache dans Un réseau qui fait grandir

Toutes les personnes présentes en avaient contre les récentes compressions imposées par le gouvernement, qui s’ajoutent à une série de coupes ayant affecté le réseau des services de garde éducatifs, que ce soit en CPE, en milieu familial ou en milieu scolaire. Aux yeux de Luc Bastien, vice-président de la FSSS-CSN, ces coupes ne font que consolider l’orientation du gouvernement vers les garderies commerciales privées : « C’est comme une gifle, au même moment où l’on impose des coupes draconiennes au réseau, les garderies commerciales privées se développent à un rythme soutenu. Les CPE, c’est un choix de société juste, équitable et universel qui offre un soutien aux familles tout en permettant le développement des tout-petits » lance-t-il.

Les jeunes de l’installation Minime font une petite pause au piano en libre-service sur le parquet de la Maison de la Culture de Montréal-Nord

Les jeunes de l’installation Minime font une petite pause au piano en libre-service sur le parquet de la Maison de la Culture de Montréal-Nord

Le réseau des CPE devrait être vu comme une avancée significative, pour la société en général et pour les femmes en particulier. Nombreuses sont les familles qui ont pu profiter des CPE et des autres services de garde pour l’éducation de leurs enfants, pendant que les parents pouvaient se consacrer à leur emploi. Malheureusement, si rien n’est fait, cela risque de devenir chose du passé. « Nous avions un système efficace et admiré partout dans le monde. En coupant de la sorte, le gouvernement menace réellement l’intégrité du réseau. Aujourd’hui, c’est une installation de 18 places et ses sept travailleuses, demain, ça sera quoi ? » se questionne Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

Des parents du quartier solidaires

Certains parents dont les enfants fréquentent, ou ont fréquenté, l’installation Minime se sont joints aux travailleuses et aux travailleurs afin de leur livrer un message de solidarité. C’est le cas de Daliana Jean Baptiste, mère de Taylor Bois, 9 mois, qui sera relocalisé au CPE l’Oasis et de Hind Djermouni, mère de Nadjim Bouadjil, 4 ans, qui sera relocalisé à l’installation principale du CPE Mini-fée. Toutes deux ont tenu à se déplacer afin de montrer leur solidarité et leur opposition à cette décision.

Alors que le rassemblement prenait fin, Yvette, qui a préféré taire son identité complète, une travailleuse du quartier qui a profité des services de l’installation Minime pour ses deux enfants, a tenu à livrer un message de solidarité. « Pourquoi ne va-t-on pas chercher l’argent dans les paradis fiscaux plutôt que de laisser les enfants à la rue ? Ces enfants ne comprennent pas pourquoi ils doivent quitter, ils ont créé un réseau, pas seulement entre eux, mais aussi avec les adultes du centre et maintenant on va les envoyer ailleurs alors que l’argent existe », déplore-t-elle.

Hind Djermouni et Daliana Jean Baptiste, deux parents dont les enfants fréquentent l’installation Minime

Hind Djermouni et Daliana Jean Baptiste, deux parents dont les enfants fréquentent l’installation Minime

Nadjim Bouadjil, 4 ans, fils de Hind Djermouni sera relocalisé à l’installation principale

Nadjim Bouadjil, 4 ans, fils de Hind Djermouni sera relocalisé à l’installation principale

Taylor Bois, 9 mois, fils de Daliana Jean Baptiste sera relocalisé au CPE l’Oasis puisque le CPE Mini-fée ferme sa seule pouponnière

Taylor Bois, 9 mois, fils de Daliana Jean Baptiste sera relocalisé au CPE l’Oasis puisque le CPE Mini-fée ferme sa seule pouponnière

Le 4 juin, on se rassemble à Québec pour soutenir notre réseau

Les travailleuses et les travailleurs présents rappellent qu’il ne faut pas baisser les bras pour la défense de nos services de garde en CPE, en milieu familial et en milieu scolaire. Nous devons nous mobiliser massivement, que ce soit en signant les cartes postales destinées à Philippe Couillard ou encore le 4 juin prochain.

« Nous allons continuer à maintenir la pression, nous serons présents vendredi et samedi pour une vigile de 24 heures devant l’Assemblée nationale, qui se terminera par une manifestation dans les rues de Québec. Nous invitons les travailleuses, les parents et l’ensemble de la population à se joindre à nous. La CSN n’abandonnera pas nos tout-petits, la CSN n’abandonnera pas les travailleuses et les travailleurs du réseau », conclut Véronique De Sève.

Les travailleuses dénoncent la fermeture d’un premier CPE

Alors que le gouvernement semble banaliser les effets de ses compressions budgétaires dans le réseau des services de garde, la direction du CPE Mini-fée à Montréal-Nord invoque ces coupes pour justifier la fermeture de son installation Minime, le 31 août prochain. La CSN dénonce vivement la fermeture de cette installation qui compte 18 places, dont 10 places en pouponnière pour les 0-18 mois, et qui emploie sept salariées. Cette annonce de fermeture est d’autant plus malheureuse qu’elle survient en plein cœur de la Semaine québécoise des services éducatifs en CPE et en milieu familial.

Depuis plusieurs mois déjà, la CSN se mobilise contre l’ensemble des compressions auxquelles le réseau des services de garde, que ce soit en CPE, en milieu familial ou en milieu scolaire, a été soumis au cours des dernières années. « Nous avions un système efficace et admiré partout dans le monde. En coupant de la sorte, le gouvernement menace réellement l’intégrité du réseau. Aujourd’hui, c’est une installation de 18 places et ses sept travailleuses, demain, ça sera quoi ? » se questionne Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

Cédric Martin

Cédric Martin

Au Conseil central du Montréal métropolitain (CCCM-CSN), on déplore la perte d’une telle installation en plein cœur d’un quartier défavorisé. Pour Dominique Daigneault, présidente du CCMM-CSN, « 18 places dans un quartier défavorisé, dont 10 places en pouponnière, c’est un tissu social qu’on effrite encore davantage. Alors que Montréal-Nord aurait besoin de réinvestissement dans les programmes sociaux, voilà qu’on nous annonce plutôt la fermeture d’un service nécessaire pour soutenir les familles du quartier. »

La fermeture de l’antenne Minime du CPE Mini-fée intervient dans un contexte où le gouvernement libéral semble de plus en plus engagé dans la voie des services de garde privés. « C’est comme une gifle, au même moment où l’on impose des coupes drastiques au réseau, les garderies privées se développent à un rythme soutenu. Les CPE, c’est un choix de société juste, équitable et universel qui offre un soutien aux familles tout en permettant le développement des tout-petits », lance Luc Bastien, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Pour sa part, le Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de la petite enfance de Montréal et Laval (FSSS-CSN déplore le sort qui est réservé aux travailleuses, dont certaines y travaillent depuis de nombreuses années. « Il faut savoir que les travailleuses de CPE n’ont pas de sécurité d’emploi, elles ne pourront donc pas être relocalisées ailleurs dans le réseau. Elles se retrouveront donc sans emploi ou placées sur des listes de rappels », affirme Carole Leroux, trésorière du STCPEM-L.

Engagée dans la campagne Un réseau qui fait grandir depuis février dernier, la CSN entend continuer à maintenir la pression. « Nous continuons à faire signer nos cartes postales qui seront remises à Philippe Couillard dans les prochains mois et nous serons présents vendredi prochain devant l’Assemblée nationale, dans le cadre d’une vigile de 24 heures qui se terminera samedi le 4 juin par une manifestation en soutien aux services de garde éducatifs. Nous invitons toute la population à se joindre à nous », conclut Véronique De Sève.

STT des centres de la petite enfance de Montréal et Laval (FSSS-CSN) | Centre de la petite enfance du Parc

Le 15 mars 2016, le Syndicat des travailleuses (eurs) des centres de la petite enfance de Montréal et Laval (FSSS-CSN) a été accrédité pour représenter « Toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail » du Centre de la petite enfance du Parc.

Ces travailleuses et travailleurs ont majoritairement choisi de joindre les rangs de la CSN pour combattre les injustices et la violence de la part de leur employeur.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Syndicat des paramédics de la Moyenne et Basse Côte-Nord (FSSS-CSN) | Section Port-Cartier

À la suite du dépôt de la requête en accréditation le 25 février 2016, le Syndicat des paramédics de la Moyenne et Basse Côte-Nord (FSSS-CSN), sectionPort-Cartier a été accrédité le 8 avril 2016 pour représenter : « Toutes les personnes techniciennes ambulancières, salariées au sens du Code du travail. »

Ainsi, les travailleuses et travailleurs du point de service de Port-Cartier joindront leur force à celle de leurs collègues de Sept-Îles et Blanc-Sablon.

Ce syndicat est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) qui fournit les services de négociation, est également affilié au Conseil central Côte-Nord (CCCN-CSN) et, bien entendu, à la CSN.

Syndicat des travailleuses et travailleurs en intervention sociale de Montréal-Laval (FSSS-CSN)

Le 15 avril 2016, le Tribunal administratif du travail a accrédité le Syndicat des travailleuses et travailleurs en intervention sociale de Montréal-Laval – CSN pour représenter « Toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail, à l’exception des coordonnatrices et coordonnateurs. » à l’emploi de : Hébergement Jeunesse Le Tournant.

L’adhésion à un syndicat CSN devenait, pour ces travailleuses et travailleurs, un moyen de solidarité pour se faire respecter.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Camping pour dénoncer l’employeur

Le Syndicat des travailleurs et des travailleuses du CSSS de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent (FSSS-CSN) organisait ce midi un camping improvisé devant le Centre hospitalier De Saint-Laurent, établissement du Centre intégré universitaire du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

« Nous sommes ici afin de dénoncer la récente décision de l’employeur de réduire au maximum le nombre de journées da vacances octroyées aux travailleuses et aux travailleurs, sous prétexte d’assurer une régularité des soins », a dénoncé le président du STTCSSS de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent (FSSS-CSN), Benoît Taillefer.

Peu de vacances l’été

La direction du CIUSSS justifie sa position en évoquant une nouvelle directive ministérielle à l’effet d’assurer à tout prix une continuité des soins aux usagers. « Le syndicat a proposé à maintes reprises à l’employeur des solutions afin de permettre à nos travailleuses et à nos travailleurs de prendre des vacances pendant l’été. Particulièrement ceux qui ont des enfants et qui souhaiteraient être en vacances en même temps qu’eux, plutôt qu’en mai ou en octobre », note le président.

Les arguments évoqués par l’employeur sont discutables selon le syndicat, puisque les travailleuses et les travailleurs doivent être remplacés dans tous les cas lors de leurs vacances, qu’ils les prennent pendant la période estivale ou non. « Pourquoi, dans ces circonstances, ne pas permettre aux gens d’avoir des vacances l’été ? Nous demandons à l’employeur de revenir sur sa décision », précise Benoît Taillefer.

Relations de travail difficiles

Le STTCSSS de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent (FSSS-CSN) tenait aussi à dénoncer l’attitude de plus en plus répressive adoptée par l’employeur. En effet, depuis quelques mois, la direction du CIUSSS semble vouloir imposer son autorité, en multipliant les mesures disciplinaires, plutôt que de trouver des solutions avec le syndicat en place. « Nous déplorons ce changement d’attitude et appelons la direction à maintenir des relations de travail saines, où le dialogue et l’échange sont encouragés. »