Pour que la création d’un Conseil des universités du Québec ne tourne pas en histoire d’horreur

Des organisations syndicales et étudiantes s’entendent sur huit grands consensus devant guider la création d’un Conseil des universités du Québec (CUQ), considérant que le contenu du document de consultation de la ministre de l’Enseignement supérieur, Madame Hélène David, ne répond pas à leurs attentes.

Les signataires souhaitent la création d’un organisme public et indépendant dont le rôle serait de conseiller et de coordonner le développement du réseau universitaire, notamment en termes de répartition budgétaire, et dont la composition accorderait une place prépondérante aux membres de la communauté universitaire. « Nous sommes favorables à un organisme conseil, mais il devra avoir le mandat de faire la promotion d’une université libre, démocratique et accessible partout au Québec », soutient Sylvain Marois, vice-président de la FNEEQ–CSN responsable du regroupement université.

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« Il suffit de voir l’état de la situation depuis l’abolition du Conseil des universités dans les années 1990 pour comprendre la nécessité d’un CUQ. Nous demandons le retour d’un conseil depuis des années. Nous allons défendre ces consensus lors de la consultation ministérielle », poursuit-il. La communauté universitaire insiste sur son opposition ferme à tout mécanisme d’assurance qualité, un fléau pour la qualité de l’enseignement.

Signataires :

  • La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)
  • l’Association pour la voix étudiante du Québec (AVEQ)
  • la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM)
  • la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP)
  • la Fédération des professionnèles (FP–CSN)
  • la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU)
  • la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
  • le Regroupement des syndicats universitaires (RSU-CSQ), et l’Union étudiante du Québec (UEQ)

La FNEEQ souhaite participer à la réflexion

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) salue la démarche annoncée par la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, qui vise à lutter contre les violences à caractère sexuel dans les établissements collégiaux et universitaires.

La FNEEQ souhaite contribuer à la réflexion collective en participant, elle aussi, à la rencontre nationale afin que la Ministre puisse bénéficier de l’éclairage des enseignantes et des enseignants. Les événements troublants qui se sont produits sur les différents campus universitaires depuis quelque temps concernent l’ensemble des acteurs œuvrant en enseignement supérieur. «Les universités et les collèges sont des lieux qui, par définition, doivent être ouverts à la discussion et doivent être exempts de violence », affirme Caroline Senneville, présidente de la FNEEQ–CSN. « Il faut créer un climat qui assure que l’on prenne au sérieux la parole des femmes », poursuit-elle.

Pour la Fédération, il est trop tôt pour parler d’une loi-cadre. Cependant, il est nécessaire d’instaurer des balises claires afin de lutter de manière significative contre les violences à caractère sexuel. «  Le respect de chacun est une condition indispensable aux études. Il est essentiel d’assurer la sécurité des étudiantes sur les campus » conclue Caroline Senneville.

La FNEEQ–CSN rappelle que les universités avaient lancé en mars dernier la campagne de sensibilisation contre la violence à caractère sexuel sur les campus « Sans oui, c’est non !». De toute évidence, cela n’a pas été suffisant.

Soulignons que la ministre David a fait cette annonce jeudi dans la foulée des déclarations des victimes d’actes sexuels à l’Université Laval. Jusqu’ici, une quinzaine de femmes se sont déclarées victimes d’agresseurs non encore identifiés.

 

Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel

Le 5 octobre est la Journée mondiale des enseignants. Cette année, le thème souligne la nécessité de soutenir et de motiver les enseignantes et enseignants en leur donnant des conditions de travail favorisant un enseignement de qualité. Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), la situation s’est beaucoup détériorée avec les politiques d’austérité des dernières années. Il est grand temps pour le gouvernement du Québec d’assurer aux enseignantes et enseignants des conditions qui soient à la mesure du rôle qu’ils jouent dans la société.

«Il faut rétablir un environnement de travail garantissant un enseignement de qualité et, par conséquent, la réussite éducative. Nous ne manquerons pas de le rappeler au ministre Sébastien Proulx et à la ministre Hélène David lors des consultations portant sur cet enjeu», souligne Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

Rappelons que le choix du 5 octobre pour souligner la Journée mondiale des enseignants est lié à la recommandation de l’UNESCO et de l’OIT relative à la condition des enseignants signée à la même date en 1966. Dans le préambule, la Conférence intergouvernementale spéciale sur la condition du personnel enseignant reconnaissait « le rôle essentiel des enseignants dans le progrès de l’éducation et l’importance de leur contribution au développement de la personnalité humaine et de la société moderne ».

Profil de la FNEEQ–CSN 
La FNEEQ–CSN regroupe quelque 34 000 membres, notamment, les membres des syndicats dans une douzaine d’institutions universitaires, dont 10 syndicats de chargées et chargés de cours, le Syndicat des tutrices et des tuteurs de la Télé-Université, l’Association des étudiants salariés diplômés de l’Université McGill et les chargées et chargés d’enseignement de l’ÉTS. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Une levée de mains pour la collégialité

Les professeurs du Cégep Lévis-Lauzon profitent aujourd’hui de la tenue du Conseil confédéral de la CSN à Lévis pour rappeler à la direction du Cégep leur souhait d’un fonctionnement collégial. Les délégué-es de la CSN sont venus manifester devant le cégep ce midi en appui à la campagne La main levée pour la collégialité du Syndicat des professeures et de professeurs du Cégep de Lévis-Lauzon (FNEEQ–CSN).

Selon le SPPCL, depuis quelques sessions, la partie patronale s’efforce de dépeindre la collégialité comme un obstacle à l’accomplissement de la mission de l’institution pédagogique. La suspension de l’ex-président du syndicat des professeur-es et le non-respect de l’entente signée de bonne foi sont le signe de ces menaces à la collégialité.

« L’implication des enseignantes et des enseignants dans l’organisation du travail est une revendication historique de la CSN, elle est un acquis dans les cégeps et les gestes posés par la direction du Cégep de Lévis-Lauzon nuisent à la qualité de l’enseignement, a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau. Les enseignantes et les enseignants peuvent compter sur la solidarité de la CSN dans leur mobilisation ! »

Dans le passé, la participation et l’implication des professeur-es allaient au-delà de leur rôle dans les classes puisque les professeur-es étaient appelés à prendre part aux décisions et à assumer une part des responsabilités de gestion et d’organisation du travail. Grâce aux échanges fréquents et fructueux, les professeur-es arrivaient, avec les autres membres de la communauté, à faire ressortir des positions consensuelles qui assuraient l’adhésion de toute la communauté collégiale.

« Pour un professeur, voir ses étudiants participer et se responsabiliser est une grande réussite, a expliqué le président du SPPCLL, Mathieu Béhrer. Et tout ça commence par une main levée, un désir de participer. C’est dans cette optique que les professeur-es du cégep ont développé la campagne La main levée pour la collégialité parce qu’ils veulent continuer à participer activement à la vie et à la réussite de leur collège. »

Actuellement, selon le syndicat, les informations sont opaques, les décisions sont prises derrière des portes closes, les critiques constructives sont perçues comme des attaques personnelles et les recours aux tribunaux sont fréquents.

Pour Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), c’est une situation inacceptable. « La direction du Cégep de Lévis-Lauzon a plusieurs responsabilités, dont celle de respecter les lois du travail et les différentes chartes au sujet de la liberté d’association, a observé Madame Senneville. De plus, la direction a la responsabilité d’instaurer un vrai dialogue avec le syndicat des enseignants et les enseignants, qui sont au cœur de la mission pédagogique du Cégep, afin qu’ils soient associés aux décisions qui en relèvent. »

La manifestation d’aujourd’hui, organisée avec l’aide du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches, est la deuxième en trois semaines au Cégep de Lévis-Lauzon.

Une reforme néfaste

La CSN présentera aujourd’hui en commission parlementaire son mémoire sur le projet de loi 105, Loi modifiant la Loi sur l’instruction publique. Il s’agit d’une seconde consultation en moins d’un an de la part du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx. «Nous avions salué le retrait  du projet de loi 86 sur la gouvernance des commissions scolaires. Malheureusement, le ministre  y va d’une autre réforme de structures avec le projet de loi no 105», déplore Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

La CSN craint que la réforme n’engendre une confusion des rôles entre la commission scolaire et l’école. «La modification aux règles budgétaires permettant le versement des enveloppes directement aux établissements nous préoccupe. Cela risque de brouiller les frontières du partage de responsabilités entre les commissions scolaires et les établissements. De plus, la démonstration voulant que les enveloppes versées directement aux établissements offrent plus d’équité et répondent davantage aux besoins des élèves reste à faire», souligne Véronique De Sève.

Photo : Clément Allard

Photo : Clément Allard

Autre sujet de préoccupation, le ministre pourrait  émettre des directives à une commission scolaire portant sur son administration, son organisation, son fonctionnement ou ses actions. «On risque de basculer dans la microgestion ministérielle. De plus, ces directives permettraient de compléter ou de préciser les règles budgétaires. Or, la possibilité de modifier les règles budgétaires en cours d’année scolaire, alors que la répartition des ressources et des budgets des commissions scolaires et des établissements d’enseignement est déjà établie, n’est pas souhaitable», ajoute la vice-présidente de la CSN.

Le projet de loi précise par ailleurs qu’une commission scolaire doit accomplir sa mission en respectant le principe de subsidiarité et dans une perspective de soutien envers les établissements d’enseignement.

«Nous sommes d’accord avec cette idée de soutien aux établissements. Toutefois, la subsidiarité imposée par le projet de loi 105 est inadmissible. Nous redoutons que cet ajout puisse servir de levier à ceux qui, à défaut d’obtenir l’abolition des commissions scolaires, exigent une réduction importante de leurs responsabilités. De plus,  le principe de subsidiarité pourrait engendrer une décentralisation de l’embauche du personnel et des tâches administratives  encore plus importante et très variable d’une commission scolaire à l’autre et d’un établissement à l’autre», explique Sylvie Tremblay, vice-présidente-trésorière de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Photo : Clément Allard

Photo : Clément Allard

Cela dit, le projet de loi compte quelques points intéressants, notamment le droit de vote accordé aux commissaires représentant les parents. La CSN salue en outre le maintien des élections scolaires et du Conseil des commissaires. «La consultation du printemps dernier aura permis d’illustrer l’importance de l’élection des commissaires au suffrage universel. Néanmoins, l’enjeu du faible taux de participation aux élections scolaires demeure. Il faudra mettre en place des mesures pour favoriser l’exercice du droit vote.»

La CSN demeure malgré tout sceptique quant à l’utilité de ce projet de loi. « En abandonnant le projet de loi 86, le gouvernement a démontré une certaine écoute, que nous saluons. Cela dit, le projet de loi 105 aurait dû porter sur le développement d’une vision rassembleuse et sur la mise en œuvre de moyens pour la réussite de tous les élèves plutôt que sur le fonctionnement des commissions scolaires et des établissements d’enseignement. Bref, le projet de loi 105 nous distrait des véritables enjeux, notamment la réussite des élèves, la lutte au décrochage scolaire, le système d’éducation à deux vitesses pour ne nommer que ceux-ci. Il pourrait même compromettre la résolution des nombreux problèmes du réseau scolaire », de conclure Véronique De Sève.

La FNEEQ salue le projet

La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN­) salue le projet de Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, d’une consultation portant sur la réussite éducative qui s’adresse au plus grand nombre possible d’acteurs du milieu de l’éducation et de la population.

« Cette annonce officielle ne nous fait toutefois pas oublier les effets destructeurs des politiques d’austérité du gouvernement libéral qui, au cours des deux dernières années, sont loin d’avoir été un facteur de réussite éducative pour les jeunes. Dans son document de consultation, le ministre affirme vouloir mettre l’éducation au premier rang des priorités de la société québécoise. À nos yeux, le gouvernement aurait dû adopter cette position fondamentale et déterminante pour l’avenir du Québec depuis longtemps, mais encore faudra-t-il qu’elle dépasse le cadre des belles promesses et qu’elle soit porteuse de réalisations et d’avancées tangibles », de préciser Caroline Senneville, présidente de la FNEEQ.

« Les membres du personnel des établissements privés que nous représentons sont prêts à accueillir davantage d’élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage à condition qu’on leur donne les moyens de les encadrer et de les soutenir, de souligner Caroline Quesnel, vice-présidente du regroupement privé. En revanche, la FNEEQ s’oppose résolument à la création d’un ordre professionnel. Nos membres, qui sont les premiers concernés par ce projet, se sont déjà prononcés contre cette mauvaise idée par le passé. Un ordre professionnel n’est ni le moyen de valoriser la profession, ni l’outil pour assurer la formation continue en enseignement. »

« Enfin, en ce qui a trait à l’intégration des technologies numériques, nous croyons que l’univers des compétences du 21e siècle doit nécessairement tenir compte des outils informatiques, mais il faut savoir mesurer les investissements dans cette sphère en fonction de leur valeur pédagogique et de leur pertinence pratique. Le passé nous enseigne que des sommes faramineuses ont été gaspillées dans des technologies cul-de-sac qui n’offraient aucun apport ou soutien à la mission éducative des établissements d’enseignement », de conclure madame Senneville.

 

Une levée de mains pour la collégialité

Les professeur-es du Cégep de Lévis-Lauzon, accompagnés de collègues de partout au Québec, tiennent actuellement une manifestation devant leur établissement afin de lancer la campagne « La main levée pour la collégialité ».

Selon le Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Lévis-Lauzon (FNEEQ–CSN), une tendance se perçoit à tous les niveaux : les consultations sont bâclées, les informations sont opaques, les décisions sont prises derrière des portes closes, les explications sont tronquées ou évasives, les critiques constructives sont perçues comme des attaques personnelles et les recours aux tribunaux sont fréquents.

« Pour nous, la collégialité, c’est l’ADN même d’un collège, a commenté le président du SPPCLL, Mathieu Bhérer. Une plus grande participation des membres d’une institution à la prise de décisions ne fait qu’améliorer la recherche de meilleures solutions, la motivation du plus grand nombre et le rayonnement de l’institution. »

Depuis plusieurs années, la tendance managériale prise par la direction du Cégep de Lévis-Lauzon éloigne l’institution de cet idéal de collégialité qui a assuré, dans le passé, la renommée du cégep. De plus en plus, la direction fait obstacle à la participation professorale dans la prise de décisions au profit d’une vision plus hiérarchique et dangereusement déresponsabilisante.

La vice-présidente de Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec, Nicole Lefebvre, appuie les professeur-es dans leur démarche pour un dialogue respectueux.

« Avec cette campagne, nous voulons que la direction assume un leadership plus inclusif et qu’elle se rende compte que l’implication des professeur-es n’est pas un obstacle à la mission du Collège, mais bien un outil formidable pour son accomplissement », a conclu Nicole Lefebvre.

Un échéancier précipité, estime la FNEEQ

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) demande à la ministre de l’Enseignement supérieur, Mme Hélène David, de prolonger le délai des consultations sur l’enseignement supérieur qui doivent se tenir du 6 au 14 octobre prochain. La FNEEQ–CSN salue néanmoins la volonté de la ministre de créer les conditions favorables à la collaboration plutôt qu’à la concurrence entre les réseaux universitaires et collégiaux ainsi qu’une cohérence dans l’enseignement supérieur.

Si le Conseil des universités du Québec est une idée sur laquelle plusieurs discussions et réflexions ont pu avoir lieu, il en est tout autrement du Conseil des collèges du Québec et de la Commission mixte de l’enseignement supérieur. « Il s’agit d’éléments nouveaux que nous voulons analyser et comprendre afin de bien mesurer l’ensemble des enjeux qui s’y rattachent, explique Caroline Senneville, présidente de la FNEEQ–CSN. Plusieurs aspects méritent d’être étudiés et approfondis avant de pouvoir se positionner de façon définitive sur ces deux nouvelles structures. »

Rappelons que l’idée du Conseil des universités du Québec est issue du Sommet sur l’enseignement supérieur de 2013. La CSN a alors accueilli avec intérêt cette proposition en insistant pour qu’un tel conseil ait pour objectif de partager une vision commune du développement des universités, d’améliorer la coordination et la cohérence entre les établissements, tout en respectant leur autonomie, et non pas de contrôler la qualité de l’enseignement supérieur. Pour la CSN, il est impératif que ce conseil soit composé d’une majorité claire d’acteurs de la communauté universitaire.

La FNEEQ–CSN s’explique mal qu’on veuille précipiter des réflexions et des débats aussi importants pour l’avenir et la qualité de l’enseignement supérieur au Québec. « Nous déplorons que la ministre David envisage de tenir ces consultations dans un horizon si bref, elle ne semble pas comprendre que nous devons réfléchir, analyser et surtout consulter nos membres avant de pouvoir se prononcer sur de tels enjeux. Un délai d’un mois, c’est non seulement déraisonnable, mais c’est également ne pas être attentif aux réalités du travail des enseignantes et des enseignants qui doivent faire partie intégrante des réflexions sur l’enseignement supérieur », déplore Caroline Senneville. « Enfin, si la ministre croit au sérieux d’une telle consultation, elle doit donner le temps à ses mandants de rencontrer l’ensemble de la communauté de l’enseignement supérieur québécois », conclut-elle.

Les cégeps toujours dans le siècle

Plusieurs déclarations relatives aux cégeps récemment faites par la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, et par le premier ministre Philippe Couillard interpellent fortement la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

« Nous sommes étonnés d’entendre des décideurs politiques formuler des déclarations qui sous-entendent que nos institutions d’enseignement collégial n’auraient pas été réformées depuis 1993 et que celles-ci seraient déconnectées de la société québécoise. Depuis leur création, les cégeps demeurent en évolution constante, notamment grâce aux processus de révision des programmes qui y sont inhérents, que ce soit relativement aux savoirs qui y sont enseignés, aux approches pédagogiques ou aux formations qui y sont offertes qui préservent un équilibre entre théorie et pratique, souligne Nicole Lefebvre, vice-présidente de la FNEEQ responsable du regroupement cégep. En ce sens, nous dénonçons ces appels constants visant à assujettir la formation collégiale aux besoins à court terme des entreprises. »

« En matière de formation des adultes, la FNEEQ a toujours défendu une réussite éducative plus large incluant un fonds culturel commun plutôt que des formations cul-de-sac qui mènent à des qualifications restreintes et difficilement transférables », ajoute madame Lefebvre.

La question de la mobilité étudiante

« Il est intéressant de voir le gouvernement se préoccuper du sort des cégeps en région en consacrant des sommes à la mobilité étudiante. Nous croyons toutefois qu’il faut aussi des solutions structurantes qui passent nécessairement par le financement adéquat des institutions et non pas seulement par le financement des individus. Il faut s’assurer que l’offre de formation en région ne dépende pas de la volonté de se déplacer des étudiantes et des étudiants des grands centres », conclut Caroline Senneville, présidente de la FNEEQ.

À propos

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) regroupe près de 35 000 membres dans les cégeps, les universités et les établissements d’enseignement privés des ordres secondaire et collégial. Elle est l’organisation la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Nouveau contrat de travail pour le personnel enseignant du Collège LaSalle

Réunis en assemblée générale, les enseignantes et enseignants du Collège LaSalle, un établissement d’enseignement collégial privé, ont adopté à l’unanimité leur nouvelle convention collective. La précédente était échue depuis octobre 2015. Cette nouvelle entente, en vigueur jusqu’en août 2020, comporte de nombreux gains importants, tant sur les conditions de travail que sur la rémunération.

Ainsi, le Syndicat des enseignantes et des enseignants du Collège LaSalle (SEECL) a négocié pour que dorénavant ses 340 membres obtiennent de façon prioritaire la charge des cours offerts en ligne, de manière à ce qu’à l’avenir la sous-traitance soit presque abolie.

Le syndicat a aussi obtenu l’allègement de la tâche de travail, notamment par la réduction du nombre d’étudiants en stage à superviser, la réduction des heures de travail de recherche et développement, et la possibilité de travailler à distance pendant les journées d’étude et les heures de disponibilité pour les étudiants. Ces changements améliorent grandement les conditions de travail.

En ce qui a trait aux salaires et aux avantages sociaux, l’entente a renouvelé la clause-remorque permettant la parité avec le réseau public des cégeps en ce qui concerne les salaires, et l’a élargie pour inclure les taux horaires des chargé-es de cours, les montants forfaitaires et les ajustements tels que le rangement 23. De plus, il y aura enfin une augmentation de la contribution de l’employeur au régime d’assurances collectives, celle-ci passant de 5 % à 15 % dès maintenant et à 22,5 % d’ici quatre ans. Les membres du SEECL auront aussi la possibilité de convertir leurs congés de maladie non utilisés en congés personnels et bénéficieront de droits parentaux améliorés.

Pour Andrew Golden, président du SEECL, « ce nouveau contrat de travail permettra d’alléger le travail de nos membres et de faire en sorte qu’il soit mieux reconnu et rémunéré par l’employeur. Il s’agit d’une bonne entente qui améliorera le climat et permettra au collège de continuer à prospérer et à se développer. Au bout du compte, tout le monde sera gagnant ».

Notons aussi que la nouvelle convention collective comprend des dispositions pour encadrer de manière plus adéquate l’évaluation du personnel enseignant, que ce soit par la direction ou même par les étudiantes et étudiants, ainsi que les tâches de formation en ligne, l’enseignement dispensé dans les centres d’aide, les activités de tutorat dans les services adaptés et le mentorat des nouveaux enseignants.

Le syndicat a aussi obtenu des améliorations touchant les règles d’attribution de cours, l’ancienneté, les libérations syndicales, la procédure de griefs et l’acquisition de la permanence. Celle-ci sera désormais octroyée dès qu’un enseignant aura effectué au moins un contrat d’une session par année lors des deux années précédentes. Enfin, le syndicat a réussi à faire des gains intéressants sur la protection de la propriété intellectuelle, la responsabilité civile de l’employeur ainsi qu’une procédure en cas de modification des structures de l’établissement.

Selon Caroline Quesnel, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)  et responsable du regroupement syndical des collèges privés, « cette entente est importante pour l’ensemble du secteur, tant par son déroulement diligent et exemplaire sur le plan du climat des échanges, que pour les excellents résultats obtenus ».

Pour une large représentation du milieu en enseignement supérieur

Hier, lundi, la ministre de l’Enseignement supérieur annonçait des consultations sur l’implantation d’un Conseil des universités du Québec et d’un Conseil des collèges du Québec, consultations qui seront menées par MM. Claude Corbo et Guy Demers. La ministre Hélène David les a également mandatés afin de déterminer les paramètres d’une Commission mixte de l’enseignement collégial et universitaire.

Lors du Sommet sur l’enseignement supérieur et des travaux du chantier portant sur un éventuel Conseil national des universités en 2013, la CSN avait recommandé qu’un tel conseil ait pour objectif de partager une vision commune du développement des universités et d’améliorer la coordination et la cohérence entre les établissements tout en respectant leur autonomie. La CSN insistait afin que son fonctionnement repose sur la collégialité et que sa composition inclue une majorité forte de la communauté universitaire; le conseil doit assurer une participation représentative de chaque catégorie de personnel et d’étudiants. Dans cette optique, la création d’un conseil pour les cégeps pourrait être une mesure à envisager.

Par contre, la CSN s’oppose à ce que ces conseils jouent un rôle de contrôle de la qualité de l’enseignement supérieur ainsi qu’à la création de nouveaux organismes d’assurance qualité. « Il est pour le moins étonnant que la ministre David mandate MM.  Corbo et Demers pour établir les paramètres d’une commission mixte alors qu’il n’y a jamais eu de consensus à cet égard tout au long des travaux entourant le Sommet », observe Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

D’ailleurs, la volonté de la ministre « d’assouplir » le Règlement sur le régime des études collégiales (RREC) et de mettre en œuvre certaines des recommandations du rapport Demers est également inquiétante. Par exemple, modifier le RREC afin de permettre aux établissements d’établir localement la liste des compétences reconnues par les programmes d’études collégiales (DEC) n’est ni plus ni moins qu’une brèche au diplôme national. Cela risque de fragiliser la reconnaissance des diplômes et de limiter la mobilité étudiante, ce qui va à l’encontre des objectifs. La possibilité d’offrir des DEC par cumul d’attestations d’études collégiales (AEC) est une autre forme d’assouplissement qui risque de dénaturer l’enseignement collégial qui doit comprendre une solide base de formation générale.

« Enfin, nous nous questionnons sur l’urgence de lancer un tel exercice compte tenu de la difficulté de consulter tous les partenaires en pleine période estivale, tranche Véronique De Sève. Bien entendu, la CSN sollicitera MM. Corbo et Demers pour tenir de rencontres dès le début de la rentrée scolaire. »

À propos

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale composée de près de 2 000 syndicats qui regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec, réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux.

Trois fédérations représentent plus directement les intervenantes et les intervenants du réseau de l’enseignement supérieur :

  • La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec représente la majorité des enseignantes et des enseignants de cégeps et des chargé-es de cours à l’université;
  • La Fédération des professionnèles représente les professeur-es de l’UQÀM, de l’UQO ainsi que des professionnelles et professionnels d’universités;
  • La Fédération des employées et employés de services publics représente la majorité du personnel de soutien des cégeps et des universités.

L’entente de principe adoptée par les membres

Le 27 juin dernier, lors d’une assemblée générale portant sur l’entente de principe intervenue avec leur employeur, les membres du Syndicat des enseignantes et enseignants du Centre de musique et de danse de Val-d’Or–CSN (SEECMDVD) ont accepté celle-ci à 80 %, par voie de scrutin secret. Accrédités en avril 2015, les travailleuses et les travailleurs ont adopté leur première convention collective d’une durée de deux ans.

« Nous avons réussi à nous entendre sur des hausses salariales annuelles d’au moins 2 % qui ont été intégrées à des échelles salariales. Celles-ci reconnaissent notre expérience et notre scolarité, et permettent une équité interne entre les salarié-es. Nous avons également obtenu la rémunération du temps de préparation pour les cours que nous dispensons au prorata des heures enseignées, de souligner Vincent Crépeault, président du SEECMDVD. Notre convention inclut également des clauses qui fixent l’atteinte de la permanence après 300 heures d’enseignement ».

Les salarié-es ont de plus obtenu l’introduction de réunions pédagogiques afin de mieux coordonner les objectifs académiques de l’école. Un lien de communication a aussi été établi entre des représentants des salarié-es et du conseil d’administration, par l’ajout de la tenue de rencontres afin d’aborder les préoccupations des parties.

Le syndicat a réussi à s’entendre avec l’employeur dans un délai de moins de huit mois. Conscient de la réalité du Centre de musique et de danse de Val-d’Or, le syndicat a déposé des demandes conséquentes qui vont non seulement améliorer les relations avec l’employeur, mais qui vont aussi bonifier les conditions d’exercice de leur travail.

« La négociation a amélioré les conditions de travail des enseignants, en mettant fin à l’arbitraire. Les enseignants bénéficient maintenant d’un contrat de travail clair et négocié, à temps pour la rentrée, au bénéfice des enseignants et des jeunes à qui ils transmettent leur passion », de déclarer Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

À propos

Le Syndicat des salarié-es du CMD (FNEEQ–CSN) rassemble 12 membres. Il est affilié à la FNEEQ–CSN qui regroupe près de 35 000 membres dans les cégeps, les universités et les établissements d’enseignement privés des ordres secondaire et collégial. La FNEEQ–CSN est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Pour des cégeps autonomes

S’il est courant de voir des universités posséder des campus éloignés de l’établissement principal, c’est plutôt rare avec les cégeps. Le cégep Champlain Regional College (CRC) est le seul établissement d’enseignement collégial multirégional au Québec : les campus Saint-Lambert  en Montérégie, St. Lawrence à Québec et Lennox­ville en Estrie offrent des services aux étudiants tandis que le siège administratif se situe à Sherbrooke.

Cinq syndicats d’enseignantes et d’enseignants, de personnel de soutien et de professionnel-les des campus St. Lawrence et Saint-Lambert réclament depuis plusieurs mois une intervention du gouvernement du Québec pour qu’une entière autonomie soit reconnue à chacun des deux campus. De plus, à la suite d’un vote dans leur assemblée respective, il n’y aura plus de représentants au conseil d’administration du CRC jusqu’à ce qu’on corrige les problèmes institutionnels. « Nous estimons qu’il y a un véritable problème structurel au sein du conseil d’administration, qui ne permet pas à notre région d’être bien représentée. Nous avons voté une telle mesure parce que nous refusons d’accorder une quelconque légitimité à cette structure défaillante », explique la présidente du Syndicat des enseignants du Cégep Champlain (Saint-Lambert), Christine Kerr.

Christine Kerr, professeure et Natalie Doyon, employée de soutien, Collège Saint-Lambert | Photo : Raynald Leblanc

Christine Kerr, professeure et Natalie Doyon, employée de soutien, Collège Saint-Lambert | Photo : Raynald Leblanc

Une autonomie complète permettrait d’obtenir tous les leviers décisionnels et financiers pour bien répondre aux besoins de leurs étudiants et de leur communauté. Actuellement, les services directs aux étudiants sont insuffisants, voire parfois absents. Selon une récente étude de la firme MCE Conseils, cette défaillance s’explique de différentes façons. Alors que d’autres cégeps de taille équivalente emploient 623 personnes à temps plein, le CRC compte 521 employé-es. De plus, les ratios personnel de direction/étudiants et personnel de direction/personnel géré y sont beaucoup plus élevés, ce qui affecte la productivité.

Le CRC ne reçoit qu’une seule enveloppe budgétaire comme n’importe quel autre établissement. Cette enveloppe est divisée entre les trois campus et l’administration centrale, ce qui entraîne une sous-embauche chronique d’employé-es de soutien et de professionnel-les, qui nuit à la prestation de services directs aux étudiants. S’ils étaient autonomes, le personnel augmenterait dans chaque campus, notamment par le rapatriement des postes actuels du siège social. Pour le campus St. Lawrence, ces ajouts sont estimés à une quinzaine, dont trois postes d’enseignant et sept postes de personnel de soutien à temps plein.

De plus, l’autonomie modifierait la composition des conseils d’administration en privilégiant une meilleure représentation de la communauté immédiate, ce qui orienterait les décisions dans le meilleur intérêt de chaque campus. « Si on prend l’exemple du représentant du personnel de soutien au conseil d’administration, chaque campus n’est représenté qu’une seule fois aux douze ans pour trois ans, en raison d’une rotation qui se déroule chaque trois ans et qui implique quatre lieux. C’est inacceptable ! D’autant plus que la Loi sur les collèges prévoit une représentation continue du personnel de soutien par voie d’une élection par les pairs. Actuellement, le personnel de soutien du siège social de Sherbrooke fait partie de la rotation au même titre que les autres campus alors qu’il n’accueille aucun étudiant. C’est une véritable anomalie ! », explique Richard Garneau, président du Syndicat des employés de soutien de St. Lawrence.

Selon les estimations de MCE Conseils, accorder l’autonomie aux trois campus étudiants nécessiterait un investissement d’environ 2 millions de dollars, selon les règles budgétaires de 2015 et en se basant sur les allocations fixes. Reste à voir si le gouvernement saura être à l’écoute.

Les enseignants collégiaux de la FNEEQ signent leur nouvelle convention collective

Les représentants de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) ont signé, hier matin, leur nouvelle convention collective issue de l’entente de principe avec le Comité patronal de négociation des collèges en décembre dernier.

Les gains pour les enseignantes et les enseignants des cégeps sont tangibles. Leur positionnement au rangement 23 de la structure salariale du secteur public se répercutera par une augmentation salariale de 7,5 % pour la majorité d’entre eux en 2019. Cette hausse s’ajoute aux majorations de 1,5 %, 1,75 % et 2 %, en 2016, 2017 et 2018, ainsi qu’aux montants forfaitaires de 0,30 $ pour chaque heure travaillée en 2015 et de 0,16 $ l’heure en 2019.

Les enseignants ont également obtenu une enveloppe de 10 millions de dollars afin de venir en aide aux étudiantes et aux étudiants en situation de handicap. Cet ajout de ressources est exclusivement réservé à l’engagement d’enseignantes et d’enseignants, favorisant ainsi l’encadrement effectué par ces derniers pour la réussite de ces étudiants.

La nouvelle convention collective, qui viendra à échéance le 31 mars 2020, prévoit également la création de l’équivalent de 80 charges à temps plein à la formation continue, permettant ainsi de réduire la précarité d’emploi dans ce secteur.

« Cette signature marque pour nous le terme d’une longue bataille, rappelle la vice-présidente de la FNEEQ, Nicole Lefebvre. En amorçant les négociations, le gouvernement entendait revoir de fond en comble l’organisation du travail dans les établissements collégiaux. Les nombreuses demandes de recul auraient eu un impact sur notre autonomie professionnelle, notre sécurité d’emploi, notre charge de travail et, au bout du compte, sur la qualité de l’enseignement offert aux étudiants et aux étudiantes.

Les profs de cégep, par leur mobilisation exemplaire, ont réussi à contrer l’ensemble des reculs exigés par le gouvernement. Notre positionnement au rangement 23, reconnaissant enfin la complexité de notre tâche de travail ainsi que notre appartenance à l’enseignement supérieur, marque la fin d’une lutte que nous avons menée depuis près de 20 ans. »

À propos

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) regroupe près de 35 000 membres dans les cégeps, les universités et les établissements d’enseignement privés des ordres secondaire et collégial. Elle est l’organisation la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Une gestion inadéquate en cause selon les professeurs

La faillite et la fermeture du Conservatoire Lassalle, annoncées lundi, témoignent d’une gestion inadéquate depuis de nombreuses années dans cette école d’arts et de communication renommée.

Selon le Syndicat des enseignantes et enseignants du Conservatoire Lassalle (SEECL-CSN), une série de problèmes qui auraient pu être évités ont mené l’institution centenaire à cet échec :

  • Une administration déconnectée, qui agit de façon méprisante envers le personnel enseignant qui, en pleine crise, n’a pas daigné consulter ou rencontrer les professeur-es de l’école pour trouver des solutions ;
  • Le déménagement de l’école, en 2014, de la rue Sherbrooke vers un quartier peu accessible et un édifice mal adapté aux besoins des étudiants ;
  • Des professeurs sous-rémunérés (environ 50 % des salaires moyens du secteur) et, conséquemment, un roulement du personnel enseignant très élevé.

« Il n’est pas surprenant que les inscriptions de nouveaux étudiants aient chuté de plus de la moitié dans les trois dernières années, a commenté Corinne Poulin-Vallée, présidente du SEECL-CSN. Si l’objectif était de fermer une école pourtant connue pour le succès d’un grand nombre de ses diplômé-es, on ne s’y serait pas pris autrement. »

Les professeur-es du Conservatoire ont pris la décision de se syndiquer en 2014 afin d’améliorer leurs conditions de travail et offrir une meilleure qualité d’enseignement au Conservatoire. Affilié à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), le syndicat a entamé des négociations cette même année. Toutefois, les syndiqué-es travaillaient toujours sans convention collective négociée au moment de la fermeture.

« Ce n’est certainement pas les salaires du personnel enseignant qui est en cause. Nous détenions toutes et tous un statut de contractuel-les. Il n’y avait pas de reconnaissance de l’expérience, pas de sécurité d’emploi, ni de programme d’assurance collective. Durant les semaines de relâche, les vacances de Noël et les vacances estivales, aucun des professeur-es n’était payé par le Conservatoire, pas même ceux qui y travaillaient à temps plein. Les professeur-es dépendaient de l’assurance-emploi, même s’ils devaient corriger et préparer leurs cours », a déclaré Madame Poulin-Vallée.

Les membres du SEECL-CSN ont tenté d’interpeller l’administration concernant plusieurs lacunes de l’école – des équipements insuffisants aux nombreuses incohérences dans le cursus scolaire – sans succès.

Pour sa part, la FNEEQ dénonce le fait que, contrairement au reste du personnel et des étudiants, l’administration n’a même pas pris la peine, le 6 juin, d’aviser par écrit les professeur-es de sa décision de se mettre sous la protection de la Loi sur la faillite. La majorité d’entre eux a appris la nouvelle dans les médias.

Caroline Quesnel, vice-présidente et responsable du regroupement privé de la fédération, s’étonne du manque de respect envers les professeur-es qui ont porté l’école sur leurs épaules dans des conditions très difficiles ces dernières années. Le refus du Conservatoire de rencontrer le Syndicat dans le cadre de la fermeture de l’établissement est totalement injustifiable.

« Nous demandons que la direction agisse et prenne ses responsabilités non seulement à l’égard des étudiants mais aussi à l’égard des professeur-es, de dire Caroline Quesnel. Au-delà des questions légales et financières, il faut leur permettre de clore leur carrière au Conservatoire de la meilleure manière possible, en explorant toutes les pistes, dans le respect de leur contribution à l’établissement. »

Le Conservatoire a même annulé la cérémonie de remise de diplômes – prévue le 8 juin – pour la dernière cohorte étudiante, a noté la secrétaire du syndicat, Nathalie Nicole Bouchard, la doyenne du corps professoral. Pour elle, c’est une triste fin pour un fleuron culturel du Québec.

« Nos professeur-es étaient fiers d’enseigner au Conservatoire, a-t-elle commenté. Ils y consacraient leur temps, leur énergie et leur passion pour faire rayonner cette institution plus que centenaire. Ils avaient à cœur la réussite des étudiants, qu’ils préparaient très bien pour leurs études universitaires, souvent au sein de programmes très contingentés. Plusieurs anciens nous témoignent souvent à quel point ils ont apprécié la qualité de l’enseignement offert, qui proposait à la fois un solide bagage théorique et une expérience pratique de qualité. »

La CSN participe à l’édition 2016 du concours Chapeau les filles!

La CSN est fière d’avoir pu à nouveau collaborer en tant que partenaire au concours Chapeau, les filles! et son volet Excelle Science, et d’avoir eu la chance de décerner aujourd’hui trois bourses de 2000 $ à trois étudiantes qui se sont illustrées dans le cadre de ce concours.

Ce concours encourage les jeunes femmes à poursuivre des études en formation professionnelle et technique, en sciences ou en génie, qui mèneront à l’exercice d’une profession ou d’un métier traditionnellement masculin. Rappelons que les bourses CSN sont offertes à des jeunes filles des communautés ethnoculturelles et autochtones.

« Il faut donner aux femmes la possibilité d’effectuer des choix de carrière qui correspondent à leurs intérêts véritables et non au rôle traditionnel qu’on leur a longtemps assigné. L’accès à des emplois traditionnellement masculins peut souvent signifier un meilleur salaire. Il faut agir dès l’école primaire pour combattre les stéréotypes voulant que les emplois aient un sexe ! Et il faut une stratégie d’action qui tienne compte des obstacles particuliers que rencontrent les femmes sur le marché du travail », de déclarer Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

Les trois bourses ont été remises par la CSN, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) à Madame Stephanie Cain, étudiante en Plomberie et chauffage (DEP) au Pearson Electrotechnology Centre de la Commission scolaire Lester B. Pearson, à Madame Cylène Debray, étudiante en Techniques de l’informatique (DEC) au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu et à Madame Elizabeth Aleman, étudiante en Génie géomatique à l’Université Laval.

Il faut saluer la persévérance et la détermination des jeunes lauréates à poursuivre des études dans des métiers et des professions traditionnellement occupés par des hommes.

Chapeau les filles! et son volet Excelle Science, est une initiative qui devra se poursuivre, car les données récentes montrent que les choses tardent à changer au chapitre des choix de carrière pour les femmes.

Rappelons que, en 2015, le gouvernement libéral avait tenté d’interrompre la tenue de Chapeau les filles! Sous les pressions, il a décidé de maintenir le volet national du concours. Le gouvernement doit reconnaître l’importance de ce concours et rétablir son volet régional qui assurait une visibilité accrue à l’évènement et une meilleure participation.

De plus, en vue de mettre fin à la discrimination systémique que vivent les femmes en emploi, le gouvernement doit renouveler la Stratégie d’intervention à l’égard de la main-d’œuvre féminine d’Emploi-Québec, un outil essentiel dans l’atteinte de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

 

Un nouveau chapitre s’ouvre pour les professeurs du Collège Marianopolis

Réunis hier soir en assemblée générale, les enseignantes et enseignants du Collège Marianopolis ont approuvé leur première convention collective, et ce, à l’unanimité. À peine deux ans après la création du syndicat en avril 2014, ce nouveau contrat représente des gains historiques pour le personnel enseignant de ce collège anglophone plus que centenaire, situé dans l’arrondissement de Westmount à Montréal.

Les membres du Syndicat des professeurs du Collège Marianopolis ont adopté leur première convention collective à l'unanimité.

Les membres du Syndicat des professeurs du Collège Marianopolis ont adopté leur première convention collective à l’unanimité (photo : Michel Giroux).

Parmi les gains entérinés par les membres du syndicat :

  • la mise en place de règles non arbitraires d’évaluation des enseignants et enseignantes ;
  • une amélioration du processus d’acquisition du statut de professeur-e régulier ;
  • une réduction de la charge de travail des enseignants de mathématiques et sciences, qui devient équivalente à celle de professeurs de cégep ;
  • l’élection par les membres du syndicat des professeurs membres du Conseil d’administration du collège ;
  • le maintien et l’augmentation dans certains cas des libérations pour les coordonnateurs de départements et de programmes ;
  • des règles encadrant les mesures disciplinaires et une procédure de griefs et d’arbitrage qui s’inscrivent dans le droit fil des autres conventions signées au secteur privé de la FNEEQ ;
  • des clauses assurant parité avec le secteur public en matière de salaire, de l’évaluation de la scolarité, et des congés parentaux ; et
  • la reconnaissance des droits du syndicat et un plein exercice de la représentation syndicale.
Elizabeth Arnot, présidente du syndicat, répond à la question d'un membre.

Elizabeth Arnot, présidente du syndicat, répond à la question d’un membre (photo : Michel Giroux).

Pour Elizabeth Arnot, présidente du Syndicat des professeurs du Collège Marianopolis, l’entente se traduit par des retombées pour la communauté tout entière du Collège. « Il s’agit vraiment d’un nouveau chapitre qui s’ouvre pour nous. Grâce aux efforts de nos membres et de notre équipe de négociation, nous allons commencer la prochaine année scolaire avec des conditions de travail bien améliorées. Force est de constater que de meilleures conditions de travail pour nous signifient de meilleures conditions d’enseignement pour nos étudiants. ».

« Il y a un avantage clair à regrouper nos forces, souligne Caroline Quesnel, vice-présidente, responsable du regroupement privé de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). Nous comptons plus d’une dizaine de nouveaux syndicats dans ce regroupement de la FNEEQ depuis quatre ans. C’est parce que les enseignants réalisent qu’on peut négocier de meilleures conditions de travail quand nous sommes toutes et tous ensemble. Cette entente au Collège Marianopolis est un exemple emblématique de notre capacité de faire avancer la profession. »

Le syndicat et la direction du collège ont eu 33 rencontres de négociation, dont 12 devant un conciliateur nommé par le ministère du Travail. La convention sera d’une durée de trois ans.

Le Syndicat des professeurs du Collège Marianopolis est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), au Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

À propos de la FNEEQ-CSN

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) regroupe quelque 33 000 membres, dans les cégeps, les établissements privés et les universités. Le regroupement privé compte 39 syndicats rassemblant plus de 2300 membres. La FNEEQ-CSN est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

À propos du CCMM-CSN 

Organisme régional affilié à la CSN, le Conseil central du Montréal métropolitain-CSN regroupe plus de 100 000 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de près de 400 syndicats à Montréal, à Laval et dans le Grand Nord du Québec.

À propos la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Une « meilleure adéquation entre la formation et l’emploi », vraiment ? Et pour qui ?

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) dénonce les pouvoirs accrus qui pourraient être confiés à la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) dans le cadre du projet de loi 70 visant une « meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ».

Le projet de loi 70 accorde de nouveaux pouvoirs à la CPMT quant à la formation des futurs travailleuses et travailleurs et sur les orientations du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Il est en effet prévu que les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur rendent des comptes sur la mise en œuvre de recommandations faites par la CPMT auprès du secrétaire général de la Commission qui relève du ministère de l’Emploi. Ceci est d’autant plus inquiétant que le gouvernement a adopté le discours et la vision des employeurs sur la nécessité d’une adéquation entre la formation et les besoins des entreprises.

« La FNEEQ déplore cette vision utilitariste et marchande de l’éducation. Pour elle, l’éducation doit avant tout permettre aux personnes d’acquérir un ensemble de connaissances et de compétences pour participer pleinement à la construction d’une société meilleure à titre de travailleuses et de citoyennes », explique Caroline Senneville, présidente de la FNEEQ.

La CPMT est une instance nationale de consultation qui relève du ministère de l’Emploi et non du ministère de l’Éducation. Or, il existe déjà une instance de concertation chargée d’élaborer, d’évaluer et de réviser les programmes de formation professionnelle et technique qui relève du ministère de l’Éducation, le Comité national des programmes d’études professionnelles et techniques (CNPEPT). Bien que plusieurs partenaires siègent aux deux comités, il y a plus de personnes issues de l’enseignement au CNPEPT qu’à la CPMT.

« Réduire la part des représentantes et des représentants du réseau de l’éducation risque de privilégier les besoins ponctuels des entreprises et d’ainsi déposséder le milieu de l’enseignement de son autonomie et affecter sa mission première. Cela correspond à un changement de paradigme où l’éducation ne répond plus d’abord à la formation citoyenne, mais aux besoins des entreprises », déplore Nicole Lefebvre, vice-présidente de la FNEEQ.

Les syndicats sont mobilisés pour la défense d’une vision citoyenne et humaniste de l’éducation.

À propos
La FNEEQ-CSN regroupe quelque 34 000 membres dans les cégeps, les universités et les établissements privés des ordres secondaire et collégial. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Pour l’autonomie et contre l’absence de représentation légitime

Tant et aussi longtemps que les problèmes institutionnels ne seront pas corrigés, les enseignants et enseignantes et le personnel de soutien du Collège St. Lawrence et ceux du Collège St-Lambert, ainsi que les professionnel-les du Collège St. Lawrence, ont décidé dans leurs assemblées respectives de ne plus élire de représentants au conseil d’administration du Champlain Regional College. Ces groupes demandent à nouveau une intervention du gouvernement du Québec pour qu’une autonomie complète et entière soit reconnue à chacun.

« Nous estimons qu’il y a un véritable problème structurel au sein de ce conseil d’administration, qui ne permet pas à notre région d’être bien représentée. Nous avons voté en faveur d’une telle mesure parce que nous refusons d’accorder une quelconque légitimité à cette structure défaillante », dénonce la présidente du Syndicat des enseignants du Cégep Champlain (St-Lambert), Christine Kerr.

Actuellement, les deux campus sont rattachés au Champlain Regional College. L’un est situé à Saint-Lambert, en Montérégie, et l’autre à Québec. Deux autres établissements sont aussi représentés au conseil d’administration, le campus de Lennoxville, de même que le siège administratif de Sherbrooke.

« Si on prend l’exemple du représentant du personnel de soutien sur le conseil d’administration, chaque campus n’est représenté qu’une seule fois aux douze ans pour trois ans sur ce siège, en raison d’une rotation qui se déroule chaque trois ans et qui implique quatre lieux. C’est inacceptable! D’autant plus que la Loi sur les collèges prévoit une représentation continue du personnel de soutien par voie d’une élection par des pairs. Actuellement, le personnel de soutien du siège social de Sherbrooke fait partie de la rotation au même titre que les autres campus alors qu’il n’accueille aucun étudiant. C’est une véritable anomalie à corriger ! », explique la présidente du secteur soutien cégeps de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP-CSN), Johanne Cadieux, qui soutient cette lutte pour l’autonomie.

Le Champlain Regional College est le seul cégep multirégional au Québec. Il ne reçoit donc qu’une seule enveloppe budgétaire, qui doit être divisée par la suite entre les trois campus et l’administration centrale de Sherbrooke. Cette situation est à l’origine de la sous-embauche chronique d’employés de soutien et de professionnels, ce qui nuit aux services directs rendus aux étudiants. Si chaque campus était autonome, le chapitre 1 de la Loi sur les collèges permettrait à chacun d’être reconnu sous cinq unités propres : une structure administrative, une direction pédagogique, un corps enseignant/employé, un corps étudiant et un lieu/région. Les parties prenantes de chaque région seraient toujours représentées au conseil d’administration local, ce qui améliorerait la synergie entre chaque collège et sa région.

« La direction du Champlain Regional College joue à l’autruche en affirmant que tout fonctionne adéquatement et en limitant les problèmes à un seul aspect de gouvernance. La structure actuelle a une incidence négative réelle sur les services offerts aux étudiantes et étudiants ainsi qu’aux communautés de chaque région », déplore la vice-présidente du regroupement cégep de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Nicole Lefebvre. « C’est principalement pour cela que nos membres ont appuyé à l’unanimité les revendications légitimes d’autonomie des Collèges St. Lawrence et St-Lambert depuis décembre 2014. »

À propos
La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) regroupe quelque 34 000 membres dans les cégeps, les universités et les établissements privés des ordres secondaire et collégial. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Le secteur soutien cégeps de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP-CSN) regroupe plus de 4500 membres répartis dans 34 établissements collégiaux et deux centres informatiques. La FEESP-CSN représente plus de 70 % des employé-es de soutien du réseau collégial.