La solidarité de la CSN fait encore ses preuves

Pour la troisième fois en quelques semaines, la solidarité des syndicats de la CSN du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal a fait bouger les choses. À la suite de la suspension abusive d’un travailleur pour port de casquette la semaine dernière, les syndicats CSN du CIUSSS se sont mobilisés pour se porter à sa défense.

Le 20 octobre, après avoir distribué au petit matin près de 500 casquettes aux travailleuses et aux travailleurs du Centre d’hébergement Notre-Dame-de-la-Merci, des membres des syndicats ont occupé le bureau des ressources humaines. Rapidement, les communications ont été rétablies avec l’employeur qui a accepté de revenir sur sa décision et de retirer la lettre au dossier de l’employé.


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Une catastrophe évitée grâce aux salarié-es du réseau de la santé et des services sociaux

Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette multiplie les bouleversements sans égard aux réalités vécues sur le terrain par les salarié-es. Les salarié-es subissent ces chamboulements et sont constamment placés devant des faits accomplis, sans aucune consultation. Leur professionnalisme permet de limiter les effets néfastes des ruptures de services pour la population car ils ont une préoccupation constante envers les véritables besoins des usagères et des usagers. Mais, alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à tomber au combat, par épuisement, et de plus en plus démotivés face à une gestion plus que jamais éloignée des services, l’improvisation du ministre Barrette risque de se faire de plus en plus lourde de conséquences pour toute la population. Dans le secteur préhospitalier, l’improvisation du Dr Barrette pourrait même mener au déclenchement d’une grève générale.

« Le portrait qui se dégage à la lecture des derniers rapports de la Protectrice du citoyen et du Commissaire à la santé et au bien-être, c’est que toutes les craintes que nous avions formulées à l’adoption du projet de loi 10 sont en train de se matérialiser, a dénoncé le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, à l’occasion d’une manifestation en marge du congrès de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). L’accès aux services s’est dégradé, il y a moins de démocratie dans notre réseau, on empiète toujours davantage sur l’autonomie professionnelle des salarié-es. Les lieux de décision s’éloignent sans cesse des services et celles et ceux qui détiennent l’expertise et qui donnent les services au quotidien ont de plus en plus de mal à se faire entendre ».

D’autres réformes engagées en parallèle à la création des structures mammouths sèment l’émoi dans le réseau. Elles sont imposées par le sommet de la pyramide sans aucun égard aux préoccupations des salarié-es et de la population. Pensons au transfert de ressources publiques vers les Groupes de médecine de famille (GMF), des entités privées. Qu’adviendra-t-il des services psychosociaux pour les personnes les plus vulnérables ? Comment la continuité des services sera-t-elle assurée ? Pourquoi le ministre croit-il que placer les professionnel-les sous l’autorité fonctionnelle des médecins est préférable au travail en équipe multidisciplinaire comme c’est le cas actuellement ? Pensons à la centralisation des laboratoires (plan Optilab). A-t-on pris en compte les conséquences de la perte d’expertise dans les régions ? Comment la fiabilité et la qualité des échantillons et prélèvement seront-elles assurées durant le transport sur de très longues distances ? À toutes ces questions, et bien d’autres, même les directions des établissements n’ont pas de réponse satisfaisante.

« L’improvisation est en voie de devenir la marque de commerce du Dr Barrette, dénonce la présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches CSN, Ann Gingras. Toutes sortes de transferts de services et donc de personnel sont annoncés aux salarié-es, avec des dates butoirs, et souvent en contradiction flagrante des règles prévues aux conventions collectives. Lorsqu’ils interpellent leurs gestionnaires, les syndicats s’aperçoivent que même eux ne savent pas comment, concrètement cela va s’opérer. C’est d’autant plus préoccupant que nous sommes, depuis plusieurs années, en mode solution. Nous ne voulons pas l’affrontement ; nous voulons participer concrètement à polir ce joyau qu’est notre système public mais le ministre Barrette nous claque la porte au visage. Il ne cherche pas les meilleures solutions, il veut imposer son agenda à tout le monde. Le professionnalisme des salarié-es ne pourra masquer éternellement les graves lacunes de l’improvisation du Dr Barrette ».

Préhospitalier
En avril dernier, l’improvisation Barrette s’étendait jusqu’au secteur préhospitalier d’urgence. Après 11 rencontres de négociations pour le renouvellement des conventions collectives du personnel, notamment les paramédics, le ministre Barrette lançait un autre pavé dans la mare en prétendant se retirer complètement des négociations pour en confier entièrement la responsabilité aux entreprises du secteur. Or celles-ci n’ont pas de mandats véritables pour parler au nom du ministère et, par conséquent, les négociations sont bloquées : les 3600 syndiqué-es CSN du secteur recherchent maintenant un mandat de grève pour faire avancer leurs revendications dont plusieurs visent à améliorer les services à la population, notamment le temps de réponse aux appels d’urgence.

Les appréhensions de la CSN se réalisent au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Après l’annonce d’une sixième démission au conseil d’administration du Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la région et la lecture des raisons la justifiant, Gaston Langevin, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et Nancy Poulin, porte-parole du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et des services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jea –CSN (STPSSS02–CSN) ne peuvent que constater que les constats émis par leur organisation lors de la présentation de la contre-réforme Barrette s’avèrent tous véridiques.

« Les raisons de la démission de la vice-présidente du CA du CIUSSS de la région ne nous surprennent guère. Nous avions émis nos mises en garde face à la centralisation des pouvoirs au ministre de la Santé et des Services sociaux lors du dépôt du projet de la loi 10 à l’époque. Il est évident que maintenant, les différents CA des CISSS et CIUSSS du Québec ne sont là que pour donner une certaine impression de transparence et de pouvoir local à la population. Les preuves sont faites, les directeurs généraux de ces mégas structures relèvent du ministre et de personne d’autre! » déclare Gaston Langevin.

Ce mode de fonctionnement a des répercussions évidentes sur les services donnés à la population des différentes régions du Québec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’y échappe pas. «  En ne pouvant pas adapter les directives ministérielles à la réalité régionale, nous assistons à des décisions unilatérales qui ne font que diminuer la qualité et l’accessibilité des services à la population. Que ce soit sur des questions comme le transfert de professionnels dans les Groupes de médecine familiale, la centralisation des laboratoires ou les nombreuses attaques à l’autonomie des techniciens et professionnels du réseau, un conseil d’administration autonome et régional aurait fort probablement plusieurs amendements à émettre afin de répondre aux besoins de la population qu’il côtoie » questionne Nancy Poulin qui déplore que même si certaines oreilles pourraient être sensibles à leurs revendications au CA, aucun administrateur ne peut réellement avoir une influence sur les décisions prises.

Dans cette période de bouleversement du réseau de la santé et des services sociaux, ces tristes constats ne font qu’augmenter les craintes des travailleuses et travailleurs qui œuvrent dans cette institution. « Sur le plancher, maintenant, la question n’est plus s’il y aura de nouvelles démissions au CA, mais bien quand les autres passeront à l’acte. Les personnes démissionnaires sont remplacées par le ministre lui-même. Avec le temps, il réussira à isoler les administrateurs un peu plus critiques et il aura encore plus le champ libre. M. Barrette peut bien essayer de minimiser ce qui se passe présentement dans la région, mais il est peut-être en train d’atteindre un point de rupture avec la population qui est déjà cynique face aux décisions de leurs élus. Il faut prendre au sérieux les propos de l’administratrice démissionnaire et exiger un changement de cap dans la fusion des établissements de santé et des services sociaux ! Il est inacceptable que nous n’ayons pas notre mot à dire collectivement !» conclut le vice-président régional.

À propos

Les quatre syndicats CSN du CIUSSS02 représentent près de 5 000 membres et sont affiliés à la FSSS-CSN et au Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSN). La CSN représente plus de 120 000 membres du secteur public, dans l’ensemble des catégories d’emploi, partout au Québec.

Préservons nos services publics !

Les gouvernements profitent de notre démocratie malade pour mieux imposer un modèle qui accentue les inégalités sociales et favorise les plus riches de notre société. On ne peut plus accepter ce qui se passe. Notre démocratie doit être réparée. Parce que les services publics nous appartiennent, la CSN est déterminée à prendre sa place.

Ouverture du 43e congrès de la FSSS

Le 43e congrès de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) débute aujourd’hui à Québec. Dans les prochains jours, les délégué-es des syndicats de la FSSS–CSN  débattront des enjeux touchant le secteur de la santé, des services sociaux et du réseau des services de garde éducatifs.

Le dernier mandat de la FSSS-CSN a été un des plus longs de l’histoire. Au courant des dernières années, elle a été appelée à se mobiliser à plusieurs reprises face aux attaques des gouvernements. Le démantèlement des services publics est au coeur des préoccupations des délégué-es du congrès.

 

Des solutions aux problèmes en santé et services sociaux

Alors que le ministre des Finances Carlos Leitão se prépare à faire sa mise à jour économique, la CSN lance une série de propositions pour remédier aux ratés qui se manifestent jour après jour dans le système de santé et de services sociaux. Elle demande notamment au gouvernement de réinvestir massivement dans les services à la population et l’incite également à revoir le mode de rémunération des médecins et à instaurer un régime entièrement public d’assurance médicaments. La CSN était accompagnée de l’avocat spécialisé en droit médical, Jean-Pierre Ménard.

Un consensus de plus en plus large sur les ratés de la réforme Barrette
Au courant des derniers mois, les révélations de plusieurs acteurs sont venues démontrer que la réforme du ministre Barrette n’atteint pas les objectifs qu’elle s’est fixés, notamment pour ce qui est de favoriser l’accès aux services pour la population. Aux dénonciations des organisations syndicales, communautaires et patronales et à celles de regroupements de médecins et d’usagères et d’usagers, se sont récemment ajoutés les rapports de la Protectrice du citoyen et du Commissaire à la santé et au bien-être. Force est de constater que la manière qu’a le gouvernement de gérer les finances publiques est un échec.

Clément Allard

Photo : Clément Allard

« La réforme Barrette qui devait, aux dires du ministre, régler les problèmes du réseau fait tout le contraire. Les délais d’attente ne se sont pas améliorés, au contraire, et le personnel est à bout de souffle comme jamais auparavant. Il faut être vraiment déconnecté pour ne pas constater l’ampleur des ratés. Cette réforme concentre de façon inquiétante les pouvoirs entre les mains du ministre et met des bâtons dans les roues du personnel qui tente du mieux qu’il peut de continuer à servir la population », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

« La réforme Barrette et l’austérité gouvernementale, c’est notamment la fusion des laboratoires médicaux qui entraîne des risques énormes sur plusieurs plans. C’est aussi la diminution de l’accessibilité aux services sociaux dans les CLSC en raison du transfert de ressources vers les GMF et l’étouffement de la mission des centres jeunesse. Les compressions et l’hypercentralisation qui s’abattent sur le réseau viennent renforcer des problèmes qui étaient déjà criants. Ça devient invivable pour les employé-es qui tentent tant bien que mal de donner les services à la population », poursuit Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Solutions pour améliorer l’accès aux services à la population
En marge du congrès de la FSSS-CSN qui s’ouvre à Québec, la CSN et l’avocat Jean-Pierre Ménard mettent de l’avant des solutions pour améliorer l’accès aux services. Ces propositions émanent de nombreuses réflexions dans le réseau, notamment des Rendez-vous nationaux sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux.

  1. Revoir le mode de rémunération des médecins, qui exerce une énorme pression sur le réseau et dont la rémunération à l’acte est associée à des coûts élevés;
  2. Instaurer un régime entièrement public d’assurance médicaments, ce qui permettrait d’économiser jusqu’à un milliard de dollars en augmentant notre pouvoir de négociation sur le coût des médicaments;
  3. Développer des équipes interdisciplinaires autonomes pour améliorer l’offre de services de première ligne;
  4. Profiter des surplus budgétaires (1,8 milliard pour l’année 2015-2016, sans compter le Fonds des générations) qui ont été dégagés à la suite des compressions draconiennes des libéraux pour réinvestir massivement dans les services publics et les programmes sociaux, dont le réseau de la santé et des services sociaux qui se trouve sous une pression extrême.

« L’équilibre budgétaire étant maintenant atteint, le gouvernement doit mettre de côté son projet de diminuer les impôts et de rembourser la dette dans des délais qui s’avèrent beaucoup trop courts. S’il se contente de saupoudrer les budgets des grands réseaux de montants supplémentaires, il installera le Québec dans une austérité permanente. Pour que les services répondent aux besoins de la population et, enfin, pour régler les problèmes d’attente dans le réseau, il doit réinvestir massivement dans les services publics qui sont complètement asphyxiés. Il faut aussi lancer sans tarder les chantiers sur la rémunération des médecins et sur l’assurance médicaments, car ce sont d’autres moyens concrets d’investir directement dans les services à la population. Ne manque maintenant que la volonté politique », conclut Jacques Létourneau, président de la CSN.

Les employés protestent contre la multinationale Chartwell

Après plus d’une douzaine de rencontres de négociation, les travailleuses et travailleurs de la résidence Le Duplessis, actuellement en négociation, estiment avoir reçu des offres dégradantes de la part de leur employeur et se préparent à mener une grève de 72 heures. « Ce que l’employeur met sur la table est particulièrement choquant. Non seulement il ne propose que 1 % d’augmentation sur cinq ans, mais il veut également diminuer la rémunération sur trois échelons salariaux. Il est hors de question que les membres acceptent un tel appauvrissement imposé par une multinationale qui accumule d’énormes profits pour le seul bénéfice de ses actionnaires », souligne le président du syndicat des travailleuses et travailleurs de la résidence Le Duplessis (CSN), Daniel Lefebvre.

Rappelons que le Groupe Chartwell, propriétaire de la résidence en question, annonçait récemment qu’il compte accélérer son expansion au Québec et dans les autres provinces canadiennes où il est déjà présent. « Maxime Camerlain, vice-président marketing du groupe, affirmait lui-même qu’il compte exploiter les possibilités de croissance au Québec dans le marché des résidences privées pour aîné-es grâce à la vente d’actifs aux États-Unis, qui a généré plusieurs millions de dollars, souligne le président du syndicat des travailleuses et travailleurs de la résidence Le Duplessis. Or, c’est grâce aux travailleuses et aux travailleurs qui œuvrent auprès des personnes âgées dans les résidences que Chartwell peut s’en mettre plein les poches. Ceux-ci ont droit à de bonnes conditions de travail pour pouvoir donner les meilleurs services possible à la clientèle », poursuit le représentant des centres d’hébergement privés de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS-CSN), Gilles Gagné.

L’intervention du conciliateur n’a pas réussi à dénouer l’impasse entre les parties. « Nous avons d’abord exploré les avenues possibles et les discussions nous donnaient espoir. Or, nous avons ensuite dû constater que les représentants à la table de négociation de la multinationale Chartwell, propriétaire de la résidence, n’ont pas la marge de manœuvre requise pour faire progresser la négociation », déplore aussi Daniel Lefebvre.

« Une autre rencontre de négociation est prévue prochainement et nous espérons vraiment voir d’autres possibilités de règlement surgir. Mais pour l’instant, force est de constater que l’attitude de l’employeur est complètement fermée. Nous appuierons étroitement les travailleuses et les travailleurs dans leurs moyens de pression jusqu’à ce qu’ils obtiennent une offre satisfaisante », conclut le vice-président régional de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS–CSN), Claude Audy.

Négociation coordonnée dans les centres d’hébergement privés (CSN)
Rappelons que la négociation des employé-es de la résidence Le Duplessis s’inscrit dans une négociation coordonnée à travers le Québec qui met de l’avant quatre priorités de négociation portant sur l’augmentation de 1,50 $ l’heure sur trois ans, la date d’échéance de la convention collective au 31 mars 2018, la formation des employé-es et la création d’un comité de relations de travail.

Mandats de grève recherchés

Réunis en conseil fédéral à Québec depuis hier, les syndicats CSN du secteur préhospitalier ont fait le point sur l’état des négociations pour le renouvellement des conventions collectives, échues depuis le 31 mars 2015. Devant le peu de progrès sur leurs priorités, les syndicats demanderont à leurs membres de leur confier un mandat de grève, à exercer au moment opportun.

« À ce jour, nous avons eu 13 rencontres de négociation avec la CSAQ, le principal regroupement d’entreprises. Mais nous n’avons toujours reçu aucune réponse constructive quant à nos priorités, qu’il s’agisse par exemple de la retraite progressive ou de l’amélioration de nos conditions d’exercice, de l’organisation du travail, de la charge de travail ou de l’abolition des horaires de faction (7/14). Sur les salaires, la CSAQ n’est même pas en mesure de nous offrir ce qui a été convenu dans le secteur public et parapublic ! Devant ce peu de progrès, nous n’avons pas d’autre option que de nous préparer à la grève si cela s’avère nécessaire », explique le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Dany Lacasse.

Notons que les négociations n’ont pas davantage permis de progrès sur ces priorités aux autres tables de négociation, qu’il s’agisse de celle d’Urgences-santé, ou de celles de l’APAR et de la FCPQ, les deux autres regroupements d’entreprises.

Pour le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon, qui fait aussi partie du comité de négociation provincial, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, porte une lourde part de responsabilité dans ce blocage car il a changé les règles du jeu en pleine négociation. « Il voudrait se désengager des négociations mais, dans les faits, le Ministère est directement concerné par nos revendications communes, ne serait-ce que parce qu’elles touchent beaucoup à la qualité des services à la population de tout le Québec. Nous n’abandonnerons certainement pas nos priorités légitimes sous prétexte que le ministre Barrette ne veut pas en discuter avec nous. Cela fait 18 mois que nous sommes en négociation. Nos demandes sont bien connues. Si l’on doit se rendre à la grève pour être pris au sérieux, le ministre n’aura que lui-même à blâmer. »

Grève
Dans le secteur préhospitalier, l’exercice de moyens de pression comme la grève est soumis aux dispositions des services essentiels. Même si cet encadrement légal a pour but de limiter la portée du droit de grève, le plan d’action des syndicats CSN prévoit utiliser une panoplie de moyens de perturbation, dans la légalité, qui exerceront une pression indéniable, tant sur les employeurs que sur le ministère.

« Nous sommes des professionnels, souligne Jean Gagnon. On s’attend à ce que nos moyens de pression ne remettent pas en cause les services vitaux que nous assurons au quotidien, et c’est ce que nous ferons. Toutefois, notre grève, si elle devient nécessaire, nous permettra d’illustrer très concrètement en quoi tout le système préhospitalier québécois repose uniquement sur le professionnalisme des paramédics, des employé-es de soutien et des répartiteurs. Souvent dans l’ombre, nous sauvons des vies chaque jour grâce à notre professionnalisme et notre engagement total envers la santé et la sécurité de nos communautés. Nous méritons une reconnaissance à la hauteur de notre contribution, d’autant plus que les propositions que nous mettons sur la table contribueront non seulement à améliorer nos conditions de travail mais aussi, dans bien des cas, à améliorer les services à la population ».

La direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale accusée de mauvaise foi

Après plusieurs années de relations de travail tendues, le syndicat au CSSS de la Vieille-Capitale accuse la direction de faire preuve de mauvaise foi.

Dans un grief déposé auprès de la direction ce matin, le syndicat dénonce la direction et ses représentantes et représentants de faire preuve d’un « comportement discriminatoire, arbitraire, abusif et de mauvaise foi en ne contribuant pas à établir des rapports ordonnés entre les parties, ni à favoriser de bonnes relations avec les salarié-es ».

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Québec-Sud (CSN) réclame donc, la somme d’un million de dollars pour les préjudices subis durant les onze dernières années.

« Nous trouvons malheureux d’être rendus à ce stade, mais nous n’en pouvons plus et les personnes que nous représentons non plus. Quand les personnes viennent nous voir avec des problèmes, nous savons que leurs droits ne sont pas respectés. Nous faisons les démarches que l’on doit faire, malgré que nous sachions que la direction s’en fout. Nous nous sentons totalement impuissants », s’exclame Jacques Guérin, président du syndicat. « Nous avons tenté par tous les moyens d’améliorer les choses, par des rencontres, des appels et même de la médiation à deux reprises. À chaque fois, à titre d’exemple, la direction s’engage à respecter le processus et le délai d’affichage des postes alors que dès le lendemain, son jeu recommence. Et que ce soit au niveau des problèmes d’affichage de poste ou du surcroît de travail, la direction finit par reconnaître le problème, la plupart du temps, quelques jours seulement avant l’arbitrage qui était prévu. Ce qui a pour effet d’occasionner des dépenses inutiles pour le syndicat et pour l’employeur. Le lendemain, rien ne va plus encore une fois et le stratagème recommence. Nous sommes tannés, la direction rit de nous ».

Cette situation perdure depuis au moins onze ans et risque de s’étendre avec la création du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale qui est le nouvel employeur de plusieurs gestionnaires des anciens Centres de santé et des services sociaux (CSSS) de la région, donc de plusieurs gestionnaires de la Vieille-Capitale, qui eux, sont à l’origine du problème que dénonce le syndicat. Il y a lieu de s’inquiéter quand la nouvelle directrice des ressources humaines qui était auparavant au CSSS de la Vieille-Capitale déclare : « Si on doit déroger à la convention collective pour le bien-être de l’organisation, on va le faire ».

« Nous sommes en droit de savoir si tout cela n’est pas voulu et planifié », avance Denis Bertrand, vice-président régional pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). « Rappelons-nous que la création du CIUSSS de la Capitale-Nationale découle de la réforme du ministre de la Santé et des Services sociaux. Les cadres ont été nommés et mis en place par M. Barrette, incluant ceux de la Vieille-Capitale qui occupent aujourd’hui des postes stratégiques à la direction des ressources humaines. Est-ce le ton que le ministre a voulu donner à cette structure monstrueuse ? Est-ce que le ministre croit vraiment que cela va améliorer l’environnement de travail ou la motivation des salarié-es ? »

« Ce n’est pas juste parce qu’on ne s’entend pas sur la portée des clauses de la convention collective, mais c’est cette espèce d’attitude de « je-m’en-foutisme » et de non-respect qui émane de la direction et des gestionnaires qui exaspère. Ce sont des personnes qui sont payées par nos taxes et impôts pour bien gérer nos établissements de santé et ils préfèrent jouer au chat et à la souris avec les salarié-es, qui croulent sous une charge de travail excessive, qui sont démotivés et dévalorisés. Le comportement de la direction écœure. C’est inacceptable et nous avons la ferme intention de tout mettre en œuvre pour que les salarié-es soient entendus et respectés », affirme Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN).

« Les gestionnaires ont tout le temps pour s’acharner sur notre monde, pour les faire rentrer au travail alors qu’ils sont encore malades ou blessés, mais ils n’ont pas le temps de nous donner une réponse dans les délais prescrits à la convention collective. C’est un monde malade, c’est certain », conclut M. Guérin.

Une participation active à la tournée de consultations régionales

C’est avec enthousiasme que la CSN participera, au cours des prochaines semaines, aux différentes consultations régionales organisées dans le cadre de la Commission sur l’éducation à la petite enfance. Avec des syndicats en CPE et en milieu familial et scolaire répartis dans toutes les régions du Québec, la CSN compte profiter de cette expertise pour documenter et exposer concrètement les conséquences néfastes des dernières politiques du gouvernement dans les différentes régions du Québec. La CSN entend également mettre en avant des pistes de solutions pour reconstruire un réseau de services de garde éducatifs en CPE, en milieu familial et en secteur scolaire.

La CSN est engagée depuis février dernier dans l’importante campagne de mobilisation, Un réseau qui fait grandir, visant à mettre fin au saccage dans le réseau des services de garde éducatifs en CPE, en milieu familial et en secteur scolaire. « Notre implication pour des services de garde éducatifs ne date pas d’hier, voilà plusieurs décennies que nous réclamons des services éducatifs à la petite enfance, mais aussi en secteur scolaire, accessibles et de qualité. La CSN a grandement contribué à la mise en place de ce Réseau qui fait grandir, et nous comptons continuer à le défendre », affirme Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

À la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui représente l’ensemble des syndicats de CPE et en milieu familial, on constate aujourd’hui que le gouvernement a fait le choix de favoriser les garderies commerciales. « C’est ahurissant, sans aucun débat public, le gouvernement a décidé de marchander les services éducatifs à la petite enfance. Alors qu’avant, les aspects pédagogiques étaient priorisés, maintenant c’est le profit et la rentabilité qui sont les nouvelles priorités. C’est tout simplement inacceptable », s’offusque Dany Lacasse, vice-président de la FSSS–CSN.

La CSN et ses syndicats entendent donc se faire entendre dans les différentes régions où se tiendront les consultations de la Commission sur l’éducation à la petite enfance. « Nous tenterons d’exposer l’état des services de garde éducatifs en CPE et en milieu familial, dans les régions concernées. Quels sont les impacts des compressions? Y a-t-il des impacts sur les enfants ? Sur les services ? Sur les éducatrices ? Nous ferons aussi valoir les solutions que nous pensons nécessaires pour consolider ce réseau », conclut Véronique De Sève.

Deux nouvelles ententes de principe en Abitibi et dans les Laurentides

Deux nouvelles ententes de principe au Domaine des Pionniers en Abitibi et au centre d’hébergement le Boisé de Sainte-Thérèse dans les Laurentides viennent d’être adoptées à 86 % et à 82 % dans le cadre de la négociation coordonnée des centres d’hébergement privés pour aînés–CSN. Les deux ententes répondent positivement aux quatre priorités de négociation portant sur l’augmentation de 1,50 $ l’heure sur trois ans, la date d’échéance de la convention collective au 31 mars 2018, la formation des employé-es et la création d’un comité de relations de travail.

Domaine des Pionniers
Au Domaine des Pionniers, les 17 travailleuses crient victoire. « Grâce à la mobilisation sans faille que les travailleuses ont maintenue tout au long de la négociation, elles ont évité le conflit et gagné le combat. Elles ont aussi obtenu gain de cause concernant les quatre demandes de la plateforme et même plus. C’est une réussite sur toute la ligne », souligne d’entrée de jeu le représentant du secteur des centres d’hébergement privés–CSN, Gilles Gagné.

Rappelons que l’offre initiale de l’employeur suivait l’augmentation de 3 % sur cinq ans qu’avait fait le ministre Coiteux au tout début de la négociation aux employé-es du secteur public. « Au lieu de 0,60 $ l’heure sur cinq ans, les travailleuses recevront une augmentation de 1,50 $ l’heure pour trois ans. C’est plus que du simple au double. Cette augmentation de salaire fait en sorte que la grande majorité des employé-es recevront une rémunération supérieure à 15 $ l’heure dès le 1 avril 2017! », renchérit la vice-présidente régionale de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS–CSN), Annick Trottier.

Centre d’hébergement Le Boisé de Sainte-Thérèse
Avant que des moyens de pression ne soient déclenchés, une entente est intervenue au terme d’une ultime rencontre de négociation entre la direction du centre d’hébergement Le Boisé de Sainte-Thérèse et le syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés des Laurentides–CSN.

En plus des gains de la négociation coordonnée, la nouvelle convention collective inclut l’ajout de clauses qui, notamment, offriront la possibilité d’une retraite progressive. Du côté monétaire, un jour de congé supplémentaire et un montant forfaitaire en compensation de l’inflation ont été convenus en plus d’une augmentation de 1,50 $ l’heure pour tous les postes d’ici le 31 mars 2018. « Le syndicat avait opté pour une diminution de l’écart salarial entre les différents postes et un premier pas a été franchi dans ce sens. Nous en sommes fiers, car toutes et tous contribuent au bien-être des bénéficiaires », enchaîne David Deschatelets, vice-président régional de la FSSS–CSN.

« Ces deux ententes élèvent à 17 le nombre de conventions collectives qui ont été entérinées par les parties dans le cadre de cette négociation coordonnée. Ces deux excellentes nouvelles viennent consolider les gains qui continuent à s’accumuler tout au long de cette importante démarche à laquelle participent 42 accréditations syndicales de la CSN à travers le Québec », conclut Gilles Gagné.

 

 

La CSN se prononce contre la fermeture de soins en santé mentale

Dans le cadre de leur assemblée générale, les syndicats affiliés à la CSN ont tenu une importante manifestation ce midi à Macamic pour dénoncer le flou entretenu par le CISSS–AT concernant la fermeture possible de l’unité de psychiatrie de La Sarre. Après de nombreux aller-retour sur l’avenir de l’unité de psychiatrie du CSSS Aurores-Boréales et sur la tenue ou non d’une consultation publique, la direction du CISSS–AT a finalement annoncé, il y a quelques jours, que l’unité demeurerait ouverte. Toutefois, devant les nombreuses volte-face, la CSN demeure sceptique et demande que la direction du CISSS–AT confirme de façon officielle que les services seront maintenus à La Sarre.

« Depuis l’annonce de la fermeture de l’unité, nous avons joué le rôle de chien de garde afin de nous assurer que l’accessibilité aux soins et aux services sera maintenue, ici, dans la MRC, a expliqué le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec-CSN, Giacomo Bouchard. Il est totalement inadmissible que les gens d’ici aient besoin de faire une heure de route pour avoir des soins et des services. De plus, la fermeture possible de l’unité de psychiatrie, si elle se concrétise, aura pour conséquence la perte de bons emplois dans la région. »

Pour le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley, la situation vécue en Abitibi-Ouest est malheureusement la même dans de trop nombreuses régions du Québec. « La réforme imposée par Gaétan Barrette a complètement chamboulé le réseau de la santé et des services sociaux. Que ce soit avec le projet Optilab ou les transferts des travailleuses et des travailleurs des CLSC vers les GMF, cette réforme a eu un impact non seulement sur l’accessibilité aux soins, mais aussi sur l’état de santé de nos membres. Épuisement, détresse et incapacité à subvenir à la tâche font maintenant partie du quotidien des travailleurs et des travailleuses du réseau », a dénoncé le président de la FSSS–CSN.

Depuis l’annonce de la réforme Barrette en 2014, la CSN est sur toutes les tribunes afin de dénoncer les conséquences désastreuses du projet de loi 10. « Nous menons depuis plusieurs mois la campagne Ma place en santé, j’y tiens, qui exige, notamment, un moratoire sur les coupes budgétaires dans le réseau de la santé et des services sociaux », explique pour sa part le président de la CSN Jacques Létourneau. Mais au-delà du moratoire, la CSN exige un réinvestissement massif dans le réseau. « Si le gouvernement croit pouvoir procéder à des réinvestissements à la pièce, il nous plongera dans une austérité permanente. L’injection massive de fonds touchant le réseau dans sa totalité est primordiale », a conclu le président de la CSN.

À propos
Le CCATNQ représente plus de 7 000 membres répartis dans plus de 70 syndicats. La FSSS représente plus de 120 000 membres sur le territoire québécois, dont plus de 2 000 en Abitibi-Témiscamingue.

Échantillons médicaux en péril

Quelle distance sépare Sept-Îles de Chicoutimi ? 551 km, précisément. Plus de six heures de route par temps sec et quand l’hiver décide de collaborer, ce qui n’est pas toujours le cas, vous confirmeront les Nord-Côtiers. Le trajet entre Matagami (au sud de la Baie-James) et Chicoutimi ? 703 km.

Ce sont autant de kilomètres que devront parcourir la grande majorité des échantillons médicaux en provenance de ces régions à la suite du projet de fusion des laboratoires médicaux imposé par le ministre Barrette, projet mieux connu sous le nom d’Optilab. Partout au Québec, sous le couvert de l’optimisation, le gouvernement Couillard projette de centraliser les laboratoires, mandatant des transporteurs privés pour manipuler et livrer plusieurs échantillons prélevés en milieux plus éloignés.

Les exemples de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec rendent encore plus manifeste l’aberration proposée par le ministre Barrette qui frappe toutes les régions. Au terme des changements annoncés, un seul laboratoire, soit celui de Chicoutimi, devra analyser une bonne partie des échantillons prélevés non seulement dans la région immédiate, mais aussi à Dolbeau-Roberval-Alma, sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec, incluant la Baie-James.

Dégradation et retards
« Il est évident que la qualité des services va se détériorer, et que nous devrons faire face à de nouveaux enjeux de santé publique. La perte ou la dégradation des échantillons pourrait provoquer des retards dans le traitement des analyses, la transmission des résultats, le suivi diagnostique et même dans l’amorce d’un traitement. Des patients pourraient, par exemple, être obligés de se soumettre à une nouvelle biopsie ou à une autre intervention nécessitant une chirur­gie », affirme Nancy Poulin, porte-parole du Syndicat des technicien-nes et profession­nel-les de la santé et des services sociaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean (FSSS–CSN).

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Photo : Stéphane Dufour

Actuellement au Québec, chaque éta­blissement de santé ou presque bénéficie des services d’un laboratoire qui permet au personnel soignant d’obtenir rapidement des analyses sanguines ou autres. Des tech­niciens de laboratoire sont donc stratégique­ment déployés sur l’ensemble du territoire pour assurer des résultats de qualité, dans toutes les régions. Avec la centralisation, surgissent également des préoccupations régionales importantes. « Sur la Côte-Nord, le trou de service engendrera aussi une perte d’expertise. Pis encore, comment assurer l’attractivité des postes qui seront main­tenus dans les laboratoires locaux loin des centres, alors qu’une majorité d’échantillons seront analysés dans les grands centres ? », se questionne Yvon Payeur, président du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord–CSN. Sa collègue Suzie Potvin, présidente du STT du Centre régional de la santé et des services sociaux de la Baie-James–CSN, exprime la même inquiétude. « Il est déjà ardu d’assurer les besoins en main-d’oeuvre dans le Nord-du-Québec, le projet Optilab ne va sûrement pas améliorer la situation. » Pour obtenir un portrait plus précis des impacts de la fusion des labo­ratoires médicaux, la CSN a obtenu des représentants patronaux la mise en place d’un comité national paritaire afin d’échanger de l’information et surtout d’aborder différents enjeux posés par Optilab.

Rappelons que la CSN mène actuellement une campagne pour la défense du réseau public de santé et de services sociaux sous le thème, « Ma place en santé, j’y tiens ». Le maintien de laboratoires médicaux dans les communautés comme la Côte-Nord et le Nord-du-Québec fait partie des enjeux de cette campagne.

Une semaine dans le monde surréaliste de la réforme Barrette

Blogue signé par Jean Lacharité, vice-président de la CSN, Mélissa Gaouette, vice-présidente de la FSSS–CSN, et Nancy Corriveau, vice-présidente de la FP–CSN

Le projet Optilab, le transfert de professionnel-les des CLSC vers les GMF et les centres jeunesse ont occupé une place importante dans les actions de la CSN dans les dernières semaines. Ces trois enjeux démontrent les conséquences néfastes de la réforme Barrette, aussi bien sur les services à la population que sur les conditions de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux.

Le projet Optilab : l’improvisation gouvernementale au grand jour
La semaine dernière, les directions des CIUSSS et CISSS ont convoqué les organisations syndicales à une rencontre à Québec avec le ministère afin de faire le point sur la démarche Optilab. Depuis maintenant près de trois ans, le gouvernement Couillard justifie le projet de centralisation des analyses d’échantillons par la fusion des laboratoires médicaux en faisant valoir que cela permettrait de faire des économies.
Lors de la rencontre nationale à laquelle nous avons participé, on nous a avoué bien candidement que le MSSS n’est pas en mesure de chiffrer le coût actuel des laboratoires médicaux au Québec. De plus, des laboratoires fraichement rénovés devront cesser la majorité de leurs activités alors que d’autres devront être agrandis pour accueillir les analyses des autres laboratoires. Cela démontre bien que ce projet mène à plusieurs aberrations aussi bien au niveau de la bonne utilisation des finances publiques que de la qualité des services offerts à la population.
Au cours de cette rencontre, nous avons constaté que ce projet d’envergure baigne dans l’improvisation. Par exemple, l’appel d’offres pour le système informatique provincial en appui au projet Optilab n’est pas encore conclu et on ne sait toujours pas comment et par qui sera fait le transport des échantillons. Malgré ces nombreux échecs, le ministre Barrette veut aller de l’avant coûte que coûte.
Fusionner les laboratoires médicaux pour poursuivre le programme d’austérité
Au fil des échanges avec le MSSS et les employeurs, nous avons bien compris que l’argument des économies ne tient pas la route et ne peut être la justification du projet d’Optilab. La volonté de fusionner les laboratoires médicaux s’inscrit directement dans la logique d’austérité du gouvernement Couillard. Pour couper dans les budgets du réseau, le ministre Barrette est prêt à voir la qualité des services diminuée. Il accepte que plus d’échantillons se perdent et ne soient pas traités à temps en raison d’une centralisation abusive.
Et comme pour le reste de ces interventions, le gouvernement en profite pour favoriser le privé. Le MSSS veut regrouper les laboratoires pour se doter d’appareils excessivement dispendieux, qui traiteront un grand volume d’échantillons, mais qui auront une faible durée de vie. Les entreprises privées qui vendent ces appareils doivent saliver devant le projet du ministre Barrette. Et que dire de l’entretien de ces appareils de pointe! Tout porte à croire que les établissements les feront entretenir en sous-traitance plutôt que de miser sur du personnel du secteur public.
Nous avons maintenant toutes les raisons de croire que le projet Optilab entraînera des conséquences dramatiques autant pour la population que pour la profession de technologiste médical.
Le démantèlement des CLSC se poursuit
Au courant de la semaine, nous avons aussi organisé une manifestation pour dénoncer la violence subie par le personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Lors de cette action,  un échange s’est déroulé avec les militant-es du Syndicat du personnel infirmier, technique et professionnel du Centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog – CSN
concernant les transferts de personnel vers les GMF.
Ils ont été informés que l’équivalent de 2,5 travailleurs sociaux seront transférés en GMF, ce qui représente plus de la moitié des travailleurs sociaux à l’accueil psychosocial présentement à l’emploi du CLSC de cette municipalité. De plus, l’équivalent d’un demi-poste de kinésiologue et d’un demi-poste de psychologue seront aussi transférés. Le tout alors que le CLSC ne compte qu’un kinésiologue et que les psychologues sont en pénurie partout dans le réseau.
Les transferts de personnel vers les GMF permettent de réaliser un vieux fantasme des libéraux : se débarrasser des CLSC. Ces établissements publics font tout ce que nos ministres médecins détestent. Ils s’occupent de prévention, ils permettent d’intervenir dans les communautés et de donner une voix aux usagères et usagers. Les CLSC misent aussi sur le travail en équipe multidisciplinaire, où les compétences de chacun servent les besoins de l’usager.
Et les CLSC sont surtout un outil incontournable de lutte aux inégalités sociales alors que l’austérité du gouvernement Couillard ne fait que favoriser les plus riches de notre société.
Mon centre jeunesse, j’y tiens!
Nous avons mené une sortie médiatique pour dénoncer la détresse des intervenant-es en centre jeunesse. Nous y avons présenté un rapport accablant qui fait suite à un sondage concernant les conditions de pratique en centre jeunesse.
À la lumière des résultats, il apparait clairement que les intervenant-es sont de moins en moins en mesure d’offrir les services que nécessitent les enfants et leurs familles. La raison de cet état de fait se trouve dans une surcharge de travail résultant des compressions budgétaires. Les intervenant-es sont noyés dans les tâches administratives qui accaparent la majorité du temps des intervenant-es. Ils passent de plus en plus de temps à remplir des statistiques, faire des photocopies, commander la literie et les denrées pour les centres.
La réponse du cabinet de la ministre avait tout pour nous décevoir. Ils nous indiquent qu’ils sont conscients de la situation et qu’ils ont mis des mesures en place pour améliorer les choses. Questionnés sur les mesures prises, ils ne sont même pas capables de les nommer.
Depuis le projet de loi 100 en 2010, le secteur bureau a été saigné à blanc par des compressions et des abolitions de postes. Pensait-on à ce moment que les tâches administratives allaient disparaître par magie? Ces tâches, ce sont maintenant les intervenant-es qui les assument et ce sont les jeunes vulnérables et leurs familles qui en paient le prix.
Attendons de voir ce que réserve la semaine prochaine, dans ce monde de réorganisations chaotiques qui ne fait aucun sens, qui fait souffrir les travailleuses et travailleurs et qui aura des conséquences désastreuses sur la population.

La FSSS poursuit ses actions pour la santé du personnel du secteur préhospitalier

Préoccupée par l’état de détresse du personnel du secteur préhospitalier, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) poursuit son association avec La Maison La Vigile pour offrir un soutien aux paramédics souffrant de problèmes de santé psychologique. C’est pourquoi elle participe à une course à obstacles qui vise à amasser des fonds pour continuer d’agir pour la santé du personnel du secteur préhospitalier.

Continuer d’agir pour soutenir les intervenant-es en situation d’urgence
La Base Bootcamp organise une course à obstacles qui se tiendra le 29 octobre 2016 en Estrie afin d’amasser des fonds pour assurer la pérennité du fond Éric- Charbonneau. Ce fonds, financé par les syndicats du secteur préhospitalier affiliés à la FSSS–CSN, offre des services pour les personnes souffrant de plusieurs types de problèmes de santé psychologique, de la gestion des post-traumas à la dépendance. Les interventions de la FSSS–CSN permettent d’offrir un soutien important aux intervenant-es qui œuvrent au jour le jour en situation d’urgence.

« La FSSS-CSN s’inquiète depuis plusieurs années des cas de détresse psychologique dans le secteur préhospitalier. Devant l’inaction des gouvernements et des employeurs, nous avons décidé de passer à l’action. Nous continuons d’aller en ce sens et invitons la population à participer à cette course à obstacles dans la région », lance Dany Lacasse, paramédic et vice-président de la FSSS–CSN.

« La CSN agit dans tous les secteurs d’emploi pour améliorer les mesures en santé et sécurité au travail. C’est le cas aussi pour le personnel du secteur préhospitalier, qui doit agir au quotidien en situation d’urgence. Le gouvernement doit saisir la balle au bond et soutenir le personnel du secteur préhospitalier », explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Les employés des centres jeunesse à bout de souffle

Partout au Québec, les employé-es des centres jeunesse sont à bout de souffle et plongés dans une détresse importante causée par le travail. C’est notamment ce qui ressort d’une vaste consultation conduite auprès de quelque 2000 répondantes et répondants syndiqués à la CSN à travers le Québec.

« Les résultats de cette consultation mettent en lumière les impacts du sous-financement dans le réseau des centres jeunesse. L’an dernier encore, celui-ci a épongé 20 millions en compressions qui ont affecté autant la pratique professionnelle que la qualité des services aux enfants et aux familles », souligne d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

L’enquête présente des constats et des chiffres alarmants. « Nous avons reçu de nombreux commentaires témoignant du découragement extrême des intervenantes et intervenants, qui déclarent ne pas être en mesure d’offrir des services adéquats aux enfants en difficulté et à leur famille en difficulté. C’est pourquoi nous avons décidé d’entreprendre cette consultation qui confirme ce que nous entendions sur le terrain », a affirmé la présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs du centre jeunesse de Montréal, (FSSS–CSN) Sylvie Théorêt.

Photo : Michel Giroux

Photo : Michel Giroux

La dure réalité
Cette enquête nous apprend que seulement 5 % des intervenantes et intervenants estiment être en mesure de répondre adéquatement et en temps utile aux besoins de cette clientèle. Pour 71 % d’entre eux, les multiples formulaires à remplir et la saisie de notes constituent un obstacle majeur à la qualité de leur intervention. « Les compressions qu’on vit depuis de nombreuses années ont eu des répercussions sur tous les employé-es et ont aussi entraîné des coupes de postes au sein du personnel de bureau. Comment voulez-vous que les intervenant-es puissent offrir les services auxquels on s’attend d’eux quand ils sont toujours pris devant leur ordinateur pour pallier, entres autres, le manque de personnel administratif? », enchaîne Sylvie Théorêt.

« La compilation des notes fait partie intégrante de notre travail, poursuit la vice-présidente du syndicat des employé-es du centre jeunesse de Laval (FSSS–CSN), Julie Hamilton. Or, le processus pour la prise de notes s’est beaucoup alourdi. Nous devons décortiquer chacune de nos interventions en de multiples actes et les expliquer dans les fins détails. Les guides et les formations qui nous sont offerts simplement pour savoir comment prendre ces notes illustrent la complexité de l’exercice », souligne-t-elle en ajoutant : « Par ailleurs, nous sommes prises à devoir accomplir une série de tâches qui ne concernent pas directement les interventions, comme les demandes de cartes d’assurance-maladie, la logistique reliée au transport. Ces tâches grugent une très grande partie de notre temps. »

En outre, 70 % estiment que leur intervention sert plus à répondre aux cibles statistiques qu’à aider les familles. « Les intervenantes et intervenants ne fournissent pas. Pourtant, les jeunes en difficulté vivent des situations de plus en plus complexes qui combinent des problèmes de santé mentale, de toxicomanie et de violence. Déjà, le rapport du Vérificateur général du Québec 2009-2010 faisait état de la trop grande importance accordée aux tâches administratives, soit une moyenne de 55 % dans les centres jeunesses sondés à l’époque. Six ans plus tard, on constate que non seulement le problème persiste, mais les compressions libérales l’ont empiré », renchérit la vice-présidente de la Santé et des Services sociaux (FSSS–CSN), Mélissa Gaouette.

Cet alourdissement des tâches crée donc une grande surcharge de travail et de l’épuisement professionnel : 84 % des personnes interrogées affirment effectuer des heures supplémentaires et 31 % soulignent que les difficiles conditions d’exercice de leur pratique les a forcées à prendre un congé de maladie. « On demande aux employé-es de faire toujours plus avec moins et ils sont épuisés. Plusieurs tombent comme des mouches ou bien quittent le réseau. Ceux qui restent ne disposent pas des ressources nécessaires pour bien exécuter leur travail », ajoute la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau.

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Photo : Michel Giroux

« Une situation de crise sévit actuellement dans le réseau des centres jeunesse du Québec. Nous demandons au gouvernement la tenue d’États généraux afin de faire la lumière sur les problèmes dénoncés par celles et ceux qui œuvrent auprès des enfants vulnérables et de leur famille. Nous réclamons aussi un moratoire sur les coupes budgétaires dans les centres jeunesse ainsi qu’un réinvestissement majeur dans le réseau. La disette a assez duré : le gouvernement doit prendre ses responsabilités et réinvestir dans le réseau », conclut Jean Lacharité.

La CSN appelle à une profonde réflexion sur l’avenir du réseau public de santé et de services sociaux

Les constats sévères que dresse la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, dans son dernier rapport, en particulier en ce qui a trait à la réforme Barrette, aux soins à domicile et aux services sociaux, ne sont pas une surprise pour la CSN. L’hypercentralisation des structures, la dégradation de l’accessibilité et de la qualité des services à cause de mauvaises décisions bureaucratiques, notamment pour les plus vulnérables, sont le quotidien des 120 000 travailleuses et travailleurs du réseau public de santé et de services sociaux, membres de la CSN. Ne serait-il pas temps d’écouter davantage ce que les travailleuses et les travailleurs ont à dire ? Après tout, ces écueils majeurs que dénonce aujourd’hui la Pprotectrice du citoyen, étaient appréhendés par les syndicats CSN, et ce dès le dépôt du projet de loi 10, vaste réforme finalement imposée au réseau après son adoption sous bâillon.

« Plus de la moitié du rapport annuel de la protectrice du citoyen est consacré au réseau de la santé et des services sociaux. C’est dire à quel point les problèmes sont nombreux, souligne le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Nous partageons globalement ces constats et nous sommes d’avis qu’un temps d’arrêt s’impose pour faire le point sur la réforme et voir dès maintenant à redresser la situation, au bénéfice de toute la population québécoise. »

Hypercentralisation
La principale inquiétude de la CSN à l’égard du projet de loi 10 concernait la centralisation autour de superstructures médicales au détriment des services sociaux. « La protectrice du citoyen confirme ainsi ce que nos membres dénoncent depuis déjà un certain temps, c’est-à-dire que des citoyennes et des citoyens parmi les plus vulnérables de notre société ont vu leurs services diminués, voire carrément abolis. Nous nous attendrions des établissements qu’ils mettent tout en œuvre afin de protéger ce volet essentiel de leur mission car ces services de proximité, notamment psychosociaux, sont moins visibles et que ces usagères et usagers sont moins en mesure de bien faire valoir leurs droits. C’est complètement le contraire qu’on voit et c’est inacceptable », dénonce Jean Lacharité.

La protectrice du citoyen se montre particulièrement critique face à la dégradation de l’accès et de la qualité des services en déficience, en santé mentale, en aide aux jeunes en difficulté et dans les centres d’hébergement. Elle note également une dégradation de la situation dans les soins à domicile et ce, malgré qu’elle ait déjà dénoncé la situation en 2012 et 2015.

Soins à domicile
Dans les soins à domicile, la CSN partage l’avis général de la protectrice du citoyen. « Deux éléments doivent être soulignés à traits rouges, ajoute Jean Lacharité. D’abord, la démonstration n’est plus à faire que les soins à domicile sont le moyen le plus économique d’assurer le droit de vieillir dans la dignité à tous les aîné-es. La majorité des aîné-es souhaitent demeurer chez eux le plus longtemps possible. Comme société, nous devons faire beaucoup plus que cela leur soit accessible. En outre, il est important d’assurer aux travailleuses et aux travailleurs de ces services de bonnes conditions de travail. De cette façon, nous nous assurons d’une main-d’œuvre qualifiée et stable pour répondre à la demande qui explosera au cours des prochaines années. Dans le réseau public, les spécialistes de ces services sont les auxiliaires de santé et de services sociaux. Ces salarié-es du réseau public ont l’immense avantage d’être en lien constant avec tous les intervenants du réseau au sein d’équipe multidisciplinaires et nous pensons qu’il faut miser plus que jamais sur ces salarié-es, dans les CLSC, pour assurer des services de qualité. »

Les pertes d’emplois, d’expertise et de qualité des services à la population confirmées

Les inquiétudes de la CSN se confirment : le projet d’implantation d’Optilab aura pour conséquence de nombreuses pertes d’emplois partout au Québec ainsi qu’une diminution dans l’expertise et dans la qualité des services à la population.

« C’est catastrophique, a laissé tomber le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Comme on le craignait, le ministre est en train de se prêter à une supercentralisation des prélèvements en créant des laboratoires centraux (serveurs) et en conservant des laboratoires-dépanneurs périphériques qui ne s’occuperont que des cas très urgents. De l’improvisation mur à mur qui aura de graves répercussions sur la vie des gens. »

Horizon dans les régions
Les coupes touchent toutes les catégories d’emplois et tournent autour de réductions de 20 % des heures travaillées. Au Saguenay, 44 postes de techniciennes et techniciens seront coupés, pour un réaffichage de 8 postes au laboratoire serveur de Chicoutimi. Au Bas-Saint-Laurent, une diminution de 20 % des heures travaillées a été annoncée sur cinq ans. Dans les Laurentides, dans Lanaudière et à Laval, des coupes de 10 à 15 % ont été annoncées, ce qui fera passer de 540 à 412 postes. Sur la Côte-Nord, on dit qu’il est impossible de dresser le portrait des besoins en matière de ressources humaines. Encore une fois, de l’improvisation pure et simple.

Photo : Clément Allard

Photo : Clément Allard

« La tendance est la même partout au Québec : le gouvernement est en train de se prêter à des coupes de postes, soit par des suppressions de postes occasionnels, des compressions d’heures directes ou encore par de l’attrition. Son plan est d’y parvenir sur une période d’au plus cinq ans. C’est odieux. Il est évident que les services à la population seront affectés », enchaîne la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, Mélissa Gaouette.

« Le gouvernement n’est même pas en mesure de dire combien coûtera son système de mégalaboratoires, comment peut-il prétendre réaliser des économies ? De toute façon, on ne peut pas couper des heures pour tenter de sauver des millions et penser qu’il n’y aura pas d’impacts sur la qualité des services et l’expertise de la main-d’œuvre », enchaîne la vice-présidente de la Fédération des professionnèles, Nancy Corriveau.

« On a déjà dénoncé à plusieurs reprises les distances considérables qu’auront à parcourir les échantillons prélevés, sans compter le trafic sur les routes, les travaux de construction, les intempéries. Le réseau a déjà été considérablement affaibli et désorganisé par la loi 10. La CSN est la seule à avoir un comité sur la main-d’œuvre en technologie médicale. Nous demandons au gouvernement d’imposer un moratoire sur Optilab, d’appliquer la lettre d’entente et de rencontrer la CSN pour discuter de cette réorganisation », conclut le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

La CSN réagira aux annonces faites aux syndicats à la grandeur du Québec mercredi

La CSN réagira demain aux annonces qui seront faites à des représentants syndicaux CSN de CISSS et de CIUSSS qui ont été convoqués un peu partout au Québec par les directions des établissements concernant l’implantation du controversé projet Optilab du ministre Barrette.

« Nous craignons que cette rencontre ne vise à aller de l’avant avec la fusion des laboratoires médicaux et les transferts importants de personnel vers les mégalaboratoires », souligne Jean Lacharité, vice-président de la CSN et porte-parole de la campagne Ma place en santé.

« De tels transferts risquent de provoquer de nombreuses pertes d’emplois, une perte d’expertise importante et une diminution de la qualité des services à la population. Le ministre Barrette lui-même écrivait, dans une lettre envoyée aux directeurs d’hôpitaux à la fin de l’année 2015, son scénario de centralisation importante, comme il l’appelait. Il y affirmait que du personnel devra être transféré vers les laboratoires serveurs et identifiait les ressources humaines comme une contrainte. Nous sommes sur le pied d’alerte et extrêmement préoccupés », enchaîne Jean Lacharité.

La CSN dénonce le projet Optilab sur toutes les tribunes dans le cadre de la campagne Ma place en santé et demande un moratoire sur ce projet. En plus des pertes d’emplois, elle redoute les pertes d’expertise, les risques d’erreurs et les pertes d’échantillons, qui devront parcourir de longues distances.

Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, la vice-présidente de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS-CSN), Mélissa Gaouette et la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Nancy Corriveau, seront présents sur place pour répondre aux questions des médias.


Quoi? Réaction de la CSN à la suite des convocations des syndicats par les établissements de santé sur le projet Optilab
Quand? Mercredi le 28 septembre à 13 h 30
Où? Centre des congrès de Lévis, salle Carrefour 2, 2e étage
Qui? Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, la vice-présidente de la Fédération des professionnèles, Nancy Corriveau et la vice-présidente de la Fédération de la Santé et des Services sociaux, Mélissa Gaouette.

La CSN obtient des gains significatifs pour l’ensemble des salarié-es du CIUSSS et pour les services à la population

C’est en conférence de presse que Gaston Langevin, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et Sandra Quirion, porte-parole du Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration de la santé et des services sociaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean, FSSS–CSN) ont annoncé, ce matin, la contribution syndicale à la mise en place du Centre de répartition des demandes de services (CRDS) à Dolbeau-Mistassini et les ajustements par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS02) sur les décisions entourant les cuisines (coût des repas) des différents établissements sur sa juridiction.

« Nous avons encore une fois travaillé à la manière CSN. Nous avons utilisé notre crédibilité et le rapport de force que nous détenons afin d’adresser les problèmes de la répartition des services sur le territoire régional, les dernières annonces touchant les cuisines des établissements de la région et plus spécifiquement l’augmentation du coût des repas. Nous avons alors convenu avec les représentants de l’employeur de créer une table régionale afin de discuter des mesures de compression déposées avant l’été par ce dernier. » explique Gaston Langevin.

Deux victoires attribuables à la mise en place d’une instance régionale permettant des discussions avec le CIUSSS. En effet, la CSN s’est dotée d’un levier de négociation avec le CIUSSS en réunissant les représentants de chacune des accréditations CSN à une même table ce qui permet non seulement d’échanger et de minimiser les impacts des projets d’optimisation sur le personnel que l’on représente mais également d’augmenter le rapport de force CSN.

Le Centre de répartition des demandes de services (CRDS)
Premier gain obtenu sur la table : la mise en place du CRDS à Dolbeau-Mistassini. Ce centre régional sera responsable du traitement des demandes de référer à des médecins spécialistes. Il permettra, entre autres, de faciliter l’accès et de diminuer le temps d’attente pour la population de la région avant de voir un médecin spécialiste.

« À terme, la mise en place de ce nouveau service devrait engendrer la création d’une dizaine de nouveaux emplois, tous à Dolbeau-Mistassini. Il s’agit d’un gain intéressant pour le haut du lac qui est gravement touché par les compressions et la centralisation au CIUSSS02. Au moment où l’on se parle, déjà trois nouveaux postes sont entrés en fonction. Nous avons réussi à faire valoir nos points sur l’importance d’étendre les services sur la grandeur du territoire et d’assurer une meilleure accessibilité à ces services. » ajoute Sandra Quirion.

Des ajustements sur les décisions prises touchant les cuisines des établissements
Les dernières décisions de l’administration du CIUSSS concernant la hausse des coûts des repas dans les différentes cafétérias et le changement des horaires mettaient en péril des emplois et l’offre de service à la population. Conséquemment, une diminution de plus de 60% de l’achalandage global a été remarquée depuis leur application. Suite aux représentations de la CSN, l’employeur a convenu de procéder à certains ajustements sur le coût des repas dans les cafétérias, ce qui représente un gain notable pour non seulement les salariés que la CSN représente mais pour l’ensemble du personnel du CIUSSS.

« L’approche que nous avons adoptée, contrairement au boycottage qui aurait fragilisé encore plus le service, a eu comme résultat la consolidation des cafétérias au CIUSSS et le maintien des emplois dans les cuisines. Notre argumentaire était étoffé et nous avons su convaincre l’employeur des impacts négatifs de leurs décisions. Ces ajustements permettront aux différents services alimentaires d’offrir à la population, et aux salariés qui les fréquentent, un menu diversifié à un rapport qualité/prix plus qu’intéressant. Nous interpellons donc l’ensemble des utilisateurs à fréquenter les services alimentaires de la région. » affirme M. Langevin.

C’est en travaillant sur les deux fronts, les discussions et l’augmentation du rapport de force, que la CSN entend tout mettre en œuvre afin de réduire au minimum les impacts du plan de compression tant sur la population que sur les travailleuses et travailleurs que nous représentons. « Que cela soit dit, nous n’accepterons pas que les services à la population se voient attaqués. Nous continuerons à mener cette lutte contre l’effritement de notre réseau public afin d’obtenir des gains pour tout le monde. » conclut Gaston Langevin.

À propos
Les quatre syndicats CSN du CIUSSS02 représentent près de 5 000 membres et sont affiliés à la FSSS-CSN et au Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN.