L’espoir, renouvelable

Avec le rejet officiel du projet oléoduc Keystone XL, l’arrêt de l’expansion des sables bitumineux en Alberta, la renonciation de TransCanada à construire un port pétrolier au Québec, et le changement de ton observé lors des négociations sur le climat à Paris, il est difficile de nier qu’un vent nouveau souffle sur la lutte contre les changements climatiques. Assistons-nous au début d’une révolution verte ?

La défaite cuisante des conservateurs de Stephen Harper le 19 octobre dernier constitue une bonne raison de se réjouir. Bien que le gouvernement de Justin Trudeau soit loin de s’engager à la décarbonisation de l’économie canadienne, il n’en demeure pas moins que la rupture avec la vision terrifiante hyperpétrolière de Stephen Harper est un pas important pour le mouvement environnemental et l’ensemble de la société civile.

Malgré cela, pour plusieurs environnementalistes, il ne fallait surtout pas ralentir le rythme et manquer l’occasion de talonner le nouveau gouvernement libéral. C’est dans cette optique que l’organisation environnementaliste 350 Canada a organisé, début novembre, une occupation des lieux de quatre jours face au 24 Sussex pour accueillir Justin Trudeau et exiger des mesures ambitieuses en matière de climat.

« Justin Trudeau se dit le premier ministre du peuple. Nous sommes ici pour nous assurer qu’il respecte ses engagements électoraux », explique Leah Gazen, professeure à l’Université de Winnipeg, militante autochtone et participante au comité d’accueil pour le climat de 350 Canada. « La majorité des attaques contre l’environnement surviennent sur des terres traditionnelles autochtones. Que ce soit le développement hydroélectrique sur le territoire de la nation crie de la Baie-James ou l’exploitation des mines de diamant chez les Attawapiskat, le Canada a une longue tradition de racisme environnemental et d’extraction de ressources en dépit de la souveraineté autochtone et de nos droits. Justin Trudeau s’est engagé à développer une relation nation à nation avec les peuples autochtones. Si nous lui disons que nous ne voulons pas d’oléoduc sur nos terres, il doit se rallier à nos décisions. »

100 % propre, 100 % possible

Plus de 80 groupes autochtones, religieux, étudiants, environnementaux et syndicaux — dont la CSN — ont formé une coalition historique et mobilisé plus de 25 000 citoyennes et citoyens le 29 novembre dernier sur la Colline du Parlement. Cette manifestation s’est déroulée dans le cadre de la Journée mondiale d’action pour le climat, à la veille de l’ouverture de la 21e Conférence des parties (COP21) sur le climat à Paris.

Le message de la coalition est clair : une économie 100 % propre d’ici 2050 n’est pas seulement nécessaire, mais 100 % possible.

Il est largement reconnu que les sociétés doivent s’engager à se convertir aux énergies renouvelables au cours des prochaines décennies si elles veulent avoir la moindre chance d’atténuer les ravages que causeront les changements climatiques. Plusieurs pays ont déjà entamé le processus : le Danemark s’est engagé à s’affranchir du pétrole d’ici 2050, l’Angleterre a annoncé la fermeture de ses centrales au charbon d’ici 10 ans et l’Islande tire déjà la majeure partie de son énergie de sources renouvelables.

Problèmes mondiaux, solidarité planétaire

C’est sur la Colline du Parlement que les manifestantes et les manifestants ont lancé un cri du cœur au gouvernement libéral. Et ils n’étaient pas les seuls à exiger une attaque frontale de leurs dirigeantes et dirigeants contre les changements climatiques. Au total, 2173 événements se sont tenus dans plus de 150 pays pour signaler l’importance d’une entente contraignante et universelle à Paris. De la Mongolie au Swaziland, des centaines de milliers de personnes venant de six continents ont uni leurs voix afin de revendiquer une justice climatique.

En Nouvelle-Zélande, 20 rassemblements ont eu lieu à travers le pays, et une manifestation a rassemblé plus de 15 000 personnes à Auckland. « C’est la première fois que les syndicats se sont réellement impliqués dans une manifestation mixte pour l’environnement », précise Gary Cranston, porte-parole de Unite Union pour les questions de changements climatiques et responsable syndical auprès des travailleuses et des travailleurs des cinémas et des restaurants-minute. « Il y a eu de nombreuses pertes d’emplois dans le secteur des combustibles fossiles en Nouvelle-Zélande. Nous n’avons plus le choix de parler des changements climatiques et de la nécessité d’une transition juste pour les travailleuses et les travailleurs. Car ce ne sont pas uniquement les mineurs qui subiront les effets négatifs du chaos climatique, ce sont aussi, par exemple, les travailleurs mal payés de la restauration rapide qui ne possèdent pas plusieurs résidences ni les fonds nécessaires pour fuir un désastre écologique. »

« Les pays en développement n’ont pas la capacité financière d’atténuer de manière substantielle les effets des changements climatiques », rappelle Mme Wijayaningdyah. « Les pays développés, comme le Canada, doivent s’engager à accorder du financement pour que les pays en développement puissent abandonner les carburants à forte teneur en carbone. Les sommes consenties au Fonds mondial pour le climat devront être investies pour offrir de la formation aux travailleurs dans les industries visées et assurer une protection sociale pour celles et ceux qui seront affectés par des catastrophes climatiques. »

Après Paris, le travail

Bien que l’accord adopté lors des négociations tenues à Paris sur les changements climatiques ne fasse pas l’unanimité, le fait demeure que le 12 décembre 2015 marquera l’histoire de la lutte contre les changements climatiques.

Les 196 parties se sont entendues pour limiter le réchauffement planétaire à un maximum de 2 °C au-dessus des températures préindustrielles, tout en visant 1,5 °C pour notamment éviter le chaos absolu pour les nations insulaires. Pour leur part, les pays industriels se sont engagés à verser un minimum de 100 milliards de dollars annuellement aux pays en développement pour les aider à faire face aux ravages climatiques et pour les soutenir dans les transformations énergétiques qu’ils comptent réaliser.

Malgré ces avancées, sur le plan syndical, la Confédération syndicale internationale (CSI) juge que l’accord de Paris ne constitue qu’une partie de la solution. Les syndicalistes dénoncent notamment l’absence de révision de chacune des cibles nationales avant l’entrée en vigueur de l’accord en 2020 et le fait que la transition juste pour les travailleuses et les travailleurs ait été reléguée au préambule non contraignant du texte.

Pour Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable politique des questions environnementales et du développement durable, un optimisme prudent s’impose en ce qui a trait aux engagements des parties à Paris. « La ratification d’un accord universel par l’ensemble des pays membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) est assurément un pas dans la bonne direction, observe M. Patry. Mais, ce n’est pas un accord très contraignant. Certes, il offre des perspectives encourageantes, mais si nous souhaitons limiter l’augmentation de la température à l’échelle de la terre, les groupes syndicaux, progressistes et environnementalistes devront exercer une vigilance de tous les instants pour que tous agissent dans le sens des objectifs de l’accord. La lutte pour la justice climatique ne s’arrête pas après la mobilisation du 29 novembre ni après les pourparlers de Paris, elle se poursuit au quotidien, dans nos foyers, dans nos milieux de travail et surtout dans nos rues. »

Tout un rapport de force

Il y avait longtemps qu’on avait vu une manifestation telle que celle du Front commun qui rassemblait quelque 150 000 personnes dans les rues de Montréal le 3 octobre dernier. Jamais on n’avait vu un mouvement de grève rallier 400 000 travailleuses et travailleurs à la grandeur du Québec.

L’exercice du droit de grève des salarié-es du secteur public a été l’aboutissement d’une mobilisation mise en œuvre il y a plus d’un an. Les membres des quatre fédérations du secteur public de la CSN (Fédération des employées et employés de services publics, Fédération de la santé et des services sociaux, Fédération des professionnèles, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec) se sont alors mis en action pour soutenir les négociations. Plans d’action sectoriels, activités de mobilisation régionales aux quatre coins du Québec, manifestation nationale du 3 octobre dernier, exercice du droit de grève : tout a été mis en œuvre afin de démontrer au président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, la détermination des travailleuses et des travailleurs à améliorer leurs conditions de travail, à maintenir la qualité des services publics et à en défendre l’accessibilité.

De nombreuses équipes de travail de la CSN ont été mises à contribution, particulièrement celles du Service d’appui à la mobilisation et à la vie régionale, pour construire une telle mobilisation. « De Gatineau à Havre-Saint-Pierre, de Sherbrooke à Kuujjuarapik en passant par Rouyn-Noranda, de Saguenay à Chibougamau, de Québec à Gaspé, dans toutes les villes et les villages du Québec, les membres ont répondu à l’appel, mentionne le président de la CSN, Jacques Létourneau. J’ai été témoin de franche camaraderie, de sourires contagieux, de bras ouverts, de poings levés, de grands élans de solidarité. Mais je n’ai jamais rien vu de comparable à la grève qu’ont menée les travailleuses et les travailleurs du secteur public au cours de l’automne. »

En parcourant les lignes de piquetage, Jacques Létourneau a également pu constater concrètement la solidarité de la population. « Jamais je n’avais senti un appui aussi fort de la population, qui nous le témoignait en klaxonnant ou tout simplement en s’arrêtant pour discuter avec nous. Ce que nous ont dit les gens, c’est qu’ils comprenaient l’importance de notre lutte. Ils comprenaient que nous nous battions pour maintenir des services publics accessibles et de qualité et que, pour y arriver, nous devions améliorer les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs qui y sont dévoués. » Cet appui s’est d’ailleurs reflété dans un sondage réalisé à l’automne pour le Journal de Montréal et le journal Le Devoir, qui indiquait que 64 % de la population croyait que le gouvernement gérait mal les négociations en cours. Elle appuyait les syndicats dans une proportion de 51 %, contre 28 % seulement pour le gouvernement.

Place à la négociation

C’est grâce à ce puissant rapport de force que le Front commun a pu déposer, le 18 novem­bre dernier, une contre-proposition afin de débloquer les impasses aux tables de négociation. De plus, pour démontrer sa bonne foi et le sérieux de sa volonté de laisser toute la place à la négociation, ce qui permettrait de convenir d’une entente dans les meilleurs délais, le Front commun annonçait le report de certaines journées de grève. L’espace créé a favorisé l’intensification des travaux et un changement de ton dans les discussions. Pour la première fois en un an, le gouvernement s’est véritablement mis en mode négociation. Toutefois, Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN, avait prévenu que « le report des journées de grève pourrait s’avérer de courte durée si l’on ne constatait aucun mouvement significatif de la part du gouvernement aux tables de négociation ». Puisque des blocages importants subsistaient, tant aux tables sectorielles qu’à la table centrale, notamment sur les conditions de travail, les salaires et le régime de retraite, le Front commun annonçait la tenue d’une journée de grève nationale le 9 décembre. « Les négociations ne doivent pas seulement s’intensifier, elles doivent mener à des réponses concrètes aux demandes que nous avons déposées et, ultimement, à une convention signée », ajoutait madame Lévesque.

Pour signifier leur appui à la négociation, les membres du secteur public ont poursuivi leur mobilisation en menant de nombreuses actions dans les jours qui ont précédé la grève nationale. Ils ont notamment organisé des lignes de piquetage le 2 décembre et des actions de perturbation locales se sont tenues en collaboration avec nos partenaires du Front commun. De plus, tous les moyens de pression déjà en place dans les établissements du réseau de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux se sont poursuivis.

Afin d’isoler Martin Coiteux au sein du caucus libéral, le Front commun a également lancé une chasse aux députés libéraux au cours des dernières semaines de l’automne. « Il n’était pas normal que les députés du Parti libéral puissent participer à des rencontres publiques sans nous trouver sur leur chemin pour leur rappeler que l’arrogance et l’insensibilité de Martin Coiteux nuisaient à l’ensemble de la population du Québec, indique la responsable de la mobilisation au comité exécutif de la CSN, Véronique De Sève. De nombreuses rencontres ont ainsi été perturbées. Le Front commun a même empêché Martin Coiteux de prendre la parole devant la Chambre de commerce de Sainte-Catherine, en Montérégie, et à quelques reprises devant celle de Montréal. Nous avons toujours cru que notre mobilisation devait être forte dans l’ensemble des régions du Québec. Grâce à la mobilisation des membres du secteur public, au travail soutenu de l’ensemble des équipes régionales de la CSN et à l’appui sans réserve des élu-es des fédérations et des conseils centraux de la CSN, nous avons pu établir tout un rapport de force. »

Au final, l’extraordinaire mobilisation des membres du Front commun aura forcé Martin Coiteux à sortir du cadre financier qu’il voulait imposer à cette négociation, permettant ainsi des gains significatifs pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du secteur public.

Québec revoit son cadre financier

Au terme d’une mobilisation historique, le Front commun a convenu d’une entente de principe avec le Conseil du trésor en vue du renouvellement des conventions collectives de 400 000 travailleuses et travailleurs du secteur public. Entretien avec le président de la CSN, Jacques Létourneau, et la vice-présidente responsable des négociations du secteur public, Francine Lévesque, pour faire le point sur le dénouement de cette longue négociation qui a amené Québec à sortir de son cadre financier.

Le 11 septembre 2014, accompagné de son ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, et d’Yves Bolduc, alors à l’Éducation, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, avait convoqué à Québec les dirigeants du Front commun pour mettre la table à l’approche des négociations du secteur public.

« Tout y était !, se rappelle Jacques Létourneau. “Rigueur” budgétaire, optimisation des ressources, amélioration de l’efficience dans l’organisation du travail… Martin Coiteux nous expliquait comment il voulait “repenser l’État” et arrimer nos conventions collectives avec les énormes restructurations que le gouvernement planifiait pour les réseaux de la santé et de l’éducation. On est sortis de là plus convaincus que jamais qu’une forte mobilisation des travailleuses et des travailleurs du secteur public serait essentielle pour stopper la volonté du gouvernement libéral de procéder à des attaques sans précédent à leurs conditions de travail dans une logique de démantèlement de l’État social.Le 15 décembre suivant, les négociateurs du Conseil du trésor déposaient les offres du gouvernement au Front commun : gel salarial de deux ans, 1 % d’augmentation pour chacune des trois années suivantes, en plus de diverses modifications au régime de retraite qui auraient toutes contribué à diminuer de façon importante les rentes des retraité-es de l’État. »

Les libéraux ne comptaient pas s’arrêter là. L’ampleur des reculs exigés allait être constatée quelques jours plus tard aux différentes tables sectorielles, où l’ensemble des conditions de travail autres que la rémunération sont négociées.

« Mobilité, flexibilité et disponibilité de la main-d’œuvre : le gouvernement voulait permettre aux employeurs de faire ce qu’ils voulaient avec leurs employé-es, explique Francine Lévesque. Le gouvernement voulait multiplier les horaires atypiques, abolir les heures supplémentaires au cours d’une journée, imposer des semaines de travail sur six jours, forcer les gens à aller travailler à des centaines de kilomètres de leur lieu de travail actuel, restreindre l’accès à l’assurance invalidité et, tant qu’à y être, s’attaquer à la sécurité d’emploi. Des reculs de 20, voire 30 ans pour nos conditions de travail. »

« Cette volonté de charcuter des pans entiers de nos conventions collectives doit être remise dans son contexte : le projet de loi 10 dans le réseau de la santé et des services sociaux, dont la fusion de dizaines et de dizaines d’établissements aux vocations diverses, et la valse-hésitation quant aux réformes à apporter pour le réseau de l’éducation. Ces attaques, si elles s’étaient concrétisées, auraient permis aux gestionnaires des nouveaux établissements hyper centralisés de nous faire travailler quand ils veulent, où ils veulent et comme ils veulent, sans aucun égard à notre autonomie professionnelle ou à nos contraintes personnelles ou familiales », poursuit madame Lévesque.

« On ne prétendra jamais que la préservation d’acquis constitue un gain, mais lorsqu’on regarde l’étendue des demandes patronales que nous sommes parvenus à contrer, on peut certainement se réjouir », enchaîne Jacques Létourneau.

Entente de principe

L’entente de principe intervenue le 17 décem­bre dernier comporte des augmentations salariales moyennes de 7,65 % en 5 ans, auxquelles s’ajoutent des montants forfaitaires totalisant 1,5 % du salaire moyen (par ETC, ou équivalent temps complet). En 2019, d’importants changements à la structure salariale seront apportés et résulteront par des augmentations salariales moyennes de 2,4 %.

ate des années 1960, précise Francine Lévesque. Au fil du temps, de nombreuses incohérences s’y sont installées. Pour un même rangement, on peut retrouver jusqu’à dix échelles différentes pour autant de titres d’emploi qui ont une valeur équivalente. Pourtant, le salaire à l’entrée diffère, le salaire au sommet de l’échelle varie, même le nombre d’échelons est différent. Alors que la logique voudrait que les salarié-es appartenant à un même rangement puissent bénéficier du même traitement salarial. Voilà pourquoi nous avons accepté de procéder à ces travaux et de conclure une entente à cet effet : afin d’établir une structure salariale plus équitable pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du secteur public. » Ainsi, en 2019, chaque rangement sera doté d’une nouvelle échelle salariale unique. L’ensemble de cette nouvelle structure sera rehaussé de 2,5 %. Pour 68 % des travailleuses et des travailleurs, l’intégration dans la nouvelle structure salariale résultera par des augmentations supérieures à 2 % pour cette année.

« Bien sûr, on peut se poser la question suivante : pourquoi quelqu’un bénéficierait-il d’une augmentation de 5 % alors qu’un autre n’aurait que 1,5 % ? La question est légitime : elle est à l’image des incohérences d’une structure salariale qui date de nombreuses années et qui était donc elle-même inéquitable », explique Francine Lévesque.

Régime de retraite

En 2019, l’âge de la retraite sans pénalité actua­rielle passera de 60 à 61 ans. « Dans toute négociation, chaque partie doit faire un bout de chemin, souligne Jacques Létourneau. Le gouvernement nous avait clairement fait comprendre qu’aucune entente ne serait possible sans un mouvement de notre part quant à l’âge de la retraite et qu’il prendrait les mesures nécessaires si nous nous y opposions. On sait lire entre les lignes. On a donc tenté deminimiser les impacts par la voie de la négociation : celles et ceux ayant 30 années de service pourront toujours partir à l’âge de 60 ans sans pénalité. Ce sera aussi le cas pour les salarié-es comptant 35 ans de service cotisés. » Quant à la pénalité actuarielle, elle passera à 6 % en 2020. « Il ne s’agit pas d’une con­cession, précise Jacques Létourneau. C’est le taux qui correspond à l’équilibre entre les salarié-es prenant une retraite anticipée et les autres cotisants. Les chiffres fournis par la CARRA nous l’ont démontré : à 4 %, les salarié-es qui prenaient une retraite anticipée étaient “financés” par les autres salarié-es. Il y avait manifestement un déséquilibre. »

Aux assemblées générales de se prononcer

Alors que les instances de négociation de trois fédérations du secteur public de la CSN (FNEEQ, FEESP, FP) ont choisi de recommander cette entente de principe, une fédération, la FSSS, a plutôt fait le choix de recommander à ses syndicats de la rejeter.

« Il en va de notre vie démocratique en tant que mouvement syndical, reconnaît Jacques Létourneau. Au bout du compte, cette entente de principe appartient aux travailleuses et aux travailleurs : c’est à eux qu’il revient d’en prendre pleinement connaissance, d’en estimer la valeur, de décider si elle est satisfaisante ou non. Quelle que soit leur décision, la CSN sera toujours là pour les appuyer dans leurs luttes. »

« Mais si la CSN et ses partenaires du Front commun ont fait le choix de recommander cette entente de principe, c’est que nous la jugeons satisfaisante dans le contexte où nous l’avons négociée. Ce ne sont pas toutes les composantes du Front commun qui étaient prêtes à poursuivre la grève. Nous croyons que, vu la conjoncture à laquelle nous étions confrontés, nous avons obtenu le maximum possible, tout en évitant que le gouvernement n’utilise la menace d’une loi spéciale. Bien sûr que nous aurions aimé aller en chercher plus. Mais lorsqu’on compare le cadre financier mis de l’avant au départ par le gouvernement avec ce que nous sommes parvenus à négocier, principalement grâce à une mobilisation sans précédent de la part des travailleuses et des travailleurs du secteur public, et pas juste à la table centrale, mais pour l’ensemble des conditions de travail du secteur public, on peut certainement affirmer que les gains sont significatifs. Bien malin est celui qui, l’an dernier, aurait pu prévoir un tel dénouement dans les négociations du secteur public et que nous aurions réussi à défoncer le cadre financier du gouvernement Couillard en obtenant un montant trois fois supérieur à l’offre de départ pour ce qui est de la rémunération globale », affirme le président de la CSN.


 

Les 1200 syndiqué-es membres de la CSN entérinent une entente de principe

Les 1200 syndiqué-es de la Station de ski Mont-Tremblant ont adopté à 96 % une entente de principe intervenue hier avec leur employeur. Une fois signée, cette entente négociée au terme de dix-neuf rencontres qui ont débuté le 23 octobre dernier, sera en vigueur jusqu’au 31 octobre 2020. « Nous sommes très heureux de ce dénouement, et surtout des avancées que nous avons obtenu au cours de cette négociation ciblée, lance Benoit Filion, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Station du Mont-Tremblant (CSN). Sans l’appui de nos membres au comité de négociation et sans leur mobilisation, cette entente n’aurait pu être conclue aussi rapidement tant les positions des parties étaient jusqu’à récemment diamétralement opposées. Nous commençons donc l’année 2016 avec enthousiasme et avec l’énergie nécessaire pour contribuer à faire de la Station de ski Mont-Tremblant un véritable havre de plaisir, doublé d’un futur centre national d’entraînement et de compétition. »

Des gains ciblés
Contrairement aux précédentes négociations, les discussions entourant le renouvellement de la dixième convention collective ont porté sur des matières très ciblées. Parmi les gains réalisés, les salarié-es-es obtiennent d’abord des hausses salariales totalisant 10,4 % sur cinq ans. Le thème de la précarité d’emploi a été un enjeu important, particulièrement pour les travailleuses et les travailleurs à statut précaire qui représentent plus de la moitié des 1200 salarié-es. À compter de la deuxième année de la convention collective, ils bénéficieront du paiement de deux jours fériés, rétablissant en partie l’équité avec leurs collègues à temps complet ou saisonniers. De plus, ces salarié-es à temps partiel, rémunérés jusqu’à présent un minimum de trois heures par jour, toucheront dorénavant un minimum de cinq heures payées par jour en cas de réduction ou d’annulation de leurs heures de travail. L’employeur ne pourra plus modifier les horaires de travail des salarié-es à moins de respecter un délai de 36 heures. Ces derniers pourront aussi compléter leurs horaires de travail dans d’autres départements. Enfin, le syndicat fait une percée au chapitre de la liberté d’action syndicale puisque les journées de préparation consacrées par les représentants syndicaux aux rencontres des différents comités paritaires seront dorénavant payées par l’employeur. Jusqu’à présent, les salaires de ces journées préparatoires étaient assumés entièrement par le syndicat par l’entremise des cotisations prélevées sur le salaire des membres.

À propos du syndicat
Le Syndicat des travailleurs et travailleuses de la Station du Mont-Tremblant (CSN) est affilié à la Fédération du commerce (FC-CSN), qui regroupe plus de 27 000 membres dans différents secteurs. Il est également affilié au Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides (CCSNL-CSN) qui rassemble sur une base régionale environ 16 000 travailleuses et travailleurs issus de tous les secteurs tant privé que public. Pour sa part, la CSN rassemble plus de 325 000 membres présents dans tous les secteurs d’activité, privé et public.

L’aide juridique enfin arrimée avec le salaire minimum : Une hausse longuement réclamée

À compter du 1er janvier 2016, les seuils d’admissibilité à l’aide juridique seront haussés de façon significative, succès d’une lutte collective menée depuis huit ans par les milieux communautaire et juridique.

La Coalition pour l’accès à l’aide juridique célèbre aujourd’hui cette victoire. « Cette hausse historique nous permet enfin d’atteindre notre principale revendication après des efforts considérables depuis 2007 », se réjouit Me Paul Faribault de la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ) et porte-parole de la Coalition. Cela faisait plus de 30 ans qu’il y avait absence d’arrimage des seuils d’admissibilité à l’aide juridique avec le salaire minimum. « L’aide juridique renoue avec sa raison d’être, soit d’assurer aux plus démunis l’accès à la justice et de leur permettre de défendre leurs droits », souligne Me Faribault.

Ainsi, une personne seule travaillant au salaire minimum à raison de 35 heures par semaine sera désormais admissible sans frais à l’aide juridique. En effet, le seuil d’admissibilité au volet gratuit pour une personne seule passe de 16 306 $ à 19 201 $ (revenu annuel brut). Les autres catégories de seuils seront elles aussi proportionnellement augmentées. De plus, le règlement prévoit que les seuils d’admissibilité à l’aide juridique seront dorénavant indexés en fonction de la progression du salaire minimum.

Austérité et accès à la justice
D’abord annoncée en 2013 et prévue pour entrer en vigueur en juin 2015, cette hausse historique avait été reportée de sept mois. Ce report s’ajoutait alors aux nombreuses mesures d’austérité imposées par le gouvernement de Philippe Couillard.

La Coalition demeurera donc vigilante afin de s’assurer que cette hausse des seuils sera pleinement mise en œuvre, notamment quant à l’ajustement automatique en fonction du salaire minimum. « De plus, rappelons que la question des faibles seuils d’admissibilité n’étaient pas le seul obstacle à l’accès à l’aide juridique », rappelle Sylvie Lévesque, porte-parole de la Coalition et directrice générale de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ). « Encore aujourd’hui, l’admissibilité évaluée selon les revenus annuels au lieu de la base mensuelle réclamée et le panier de services juridiques excessivement réduit en 1996 représentent un véritable frein en matière d’accès à la justice », déplore-t-elle.

Par ailleurs, la Coalition pour l’accès à l’aide juridique se questionne quant à l’utilisation du Fonds Accès Justice. Malgré l’accumulation de sommes dans ce fonds par le biais notamment d’une sur-amende, il n’y a eu aucun appel de projets au cours des deux dernières années. « Où est passé cet argent pourtant réservé à des projets visant à améliorer l’accès à la justice? », s’indigne Sylvie Lévesque. Il y a encore beaucoup à faire pour rendre la justice réellement accessible.

À propos de la Coalition pour l’accès à l’aide juridique

Créée à l’automne 2007, la Coalition compte une cinquantaine de membres (organismes, regroupements, syndicats, individus) et bénéficie du soutien de 250 autres associations et groupes de toutes les régions du Québec. La Coalition a toujours maintenu qu’il était essentiel qu’une personne seule travaillant à temps plein (40h/semaine) au salaire minimum ait droit à l’aide juridique gratuite. C’était le cas lors de la création du régime public de l’aide juridique en 1972.

Coalition pour l’accès à l’aide juridique : www.coalitionaidejuridique.org

Une situation grotesque et inacceptable

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) déplore et dénonce avec véhémence les compressions budgétaires du gouvernement Couillard dans les soins à domicile dispensés aux aîné-es. Pour la CSN, ces coupes sont non seulement illogiques, mais également inhumaines.

D’après les chiffres obtenus par Radio-Canada, dix des 22 anciens CSSS de Montréal, de la Montérégie et de Laval, ont coupé dans les budgets consacrés aux soins infirmiers ou à l’aide à domicile. Dans certains cas, les coupes vont de 13 à 19 %.

« Comme à l’habitude, le gouvernement Couillard s’en lave les mains. On pratique des coupes sévères partout et on s’étonne ensuite que cela affecte les services ! Quelle bouffonnerie ! Le ministre Barrette ne peut pas se déresponsabiliser des coupes dans les services à domicile. Couper dans les budgets de la santé comme nos gouvernements l’ont fait dans les dernières années, c’est couper les services aux plus vulnérables de notre société. La démonstration est indiscutable », s’insurge Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Depuis des années, la Protectrice du citoyen déplore le manque de services en soins à domicile. Dans son dernier rapport 2014-2015, elle note : « Les plaintes reçues au cours de la dernière année confirment que les usagers restent aux prises avec des problèmes de réduction des services, de délais d’attente, d’épuisement des proches aidants et de disparités régionales. Dans un contexte de reconfiguration du réseau de la santé et des services sociaux, le soutien à domicile doit demeurer un enjeu prioritaire. Il représente l’une des assises privilégiées pour retarder, voire éviter dans bien des cas, le recours à l’hébergement ».

Une décision illogique

Pourtant, les « bonnes pratiques de gestion » que le gouvernement libéral se targue d’appliquer commanderaient qu’on augmente substantiellement les budgets de soins à domicile plutôt que de les couper. Le déficit des services de soins à domicile accroît les engorgements dans les hôpitaux, les disparités régionales et les inégalités au sein de la population aînée. Il entraîne aussi une forte pression sur les proches aidants, à qui l’on demande de pallier les carences du système.

« Ce sont les femmes, là encore, qui écopent puisque ce sont elles qui majoritairement assument le rôle de proches aidants. Les services de soins à domicile permettent aux aîné-es de rester autonomes plus longtemps à la maison, ce qui améliore leur qualité de vie en plus de diminuer la pression sur le système de santé. Malgré cette évidence, le gouvernement québécois continue de couper dans les services de soins à domicile, alors qu’il faudrait investir massivement dans ce secteur », ajoute M. Lacharité.

De nombreux opposants à la réforme Barrette ont pourtant prédit que les structures mammouths mises en place par la loi 10 et de surcroît dans un contexte d’austérité mettraient à mal les services sociaux, les soins à domicile et la santé publique.

« Comme l’histoire récente nous l’a révélé, dans la bataille pour avoir des ressources en contexte de compressions budgétaires, l’hôpital, qui représente le curatif, finit toujours par l’emporter sur le social et le préventif. C’est inacceptable, illogique et inhumain », conclut M. Lacharité.

Le Syndicat des employé-es de la Ville de Sainte-Thérèse rectifie les informations de l’employeur

Le Syndicat des employé-es de la Ville de Sainte-Thérèse déplore que la partie patronale étale les détails des négociations sur la place publique plutôt que de chercher à comprendre pourquoi ses propres travailleurs ont rejeté à 94 % sa dernière offre globale.

Il est faux de prétendre que nous réclamons une sécurité d’emploi pour les employé-es temporaires. Nous demandons un droit de rappel et la reconnaissance de la première date d’embauche pour eux. Cette demande nous semble raisonnable compte tenu que certains sont temporaires depuis 20 ans.

De plus, pour le régime de retraite, il est faux de prétendre que la Ville possède une comptabilité distincte pour chaque groupe d’emploi puisque cette pratique est proscrite par la loi.

« Étant donné l’adoption de la loi 15, il y a un an, qui est nettement favorable aux municipalités, nous avons dû modifier nos demandes au sujet de notre régime de retraite. Nous sommes sans convention collective et nous négocions depuis quatre ans. La réalité a changé. Que la partie patronale s’ajuste de bonne foi ! Malgré les bonifications que fait miroiter l’employeur, nous serons bel et bien pénalisés puisque nous allons payer une grosse part du régime de retraite de leurs cadres, une part autrefois assumée par l’employeur lui-même », soutient le président du syndicat, Daniel Gauthier.

Le syndicat demeure déterminé dans ses demandes qui sont justes et équitables et souhaite une entente négociée autour d’une table.

À propos

Le Syndicat des employé-es de la Ville de Sainte-Thérèse, qui représente 180 membres, est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). La FEESP-CSN compte environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics, dont près de 6300 dans le secteur municipal. La CSN est composée de près de 2000 syndicats représentant plus de 325 000 travailleuses et travailleurs.

La CSN lance la campagne Notre SAQ

Début décembre, la CSN a lancé une campagne d’information sur le thème Notre SAQ, afin de rectifier plusieurs faits concernant la SAQ et ses résultats. Dans le cadre de cette campagne, les 18, 19 et 20 décembre prochain, des syndiqué-es de la SAQ, membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) distribueront à la clientèle un dépliant d’information aux abords de toutes les succursales partout au Québec.

Pour la CSN, cette campagne est devenue nécessaire à la suite du dépôt du rapport de la Commission permanente de révision des programmes qui suggère d’accorder une plus grande place au privé dans la vente de vins et de spiritueux. La CSN juge que le rapport Robillard fait une analyse superficielle basée sur des données erronées ou incomplètes des résultats de la SAQ. « Il est important de déconstruire certaines idées préconçues et fausses au sujet de la SAQ avant de prendre une décision d’une telle importance », affirme Jean Lortie, secrétaire général de la CSN.

La centrale syndicale soutient que la SAQ génère des retombées significatives pour le Québec et pour l’ensemble de ses régions. En plus de rapporter plus d’un milliard de dollars en redevances à l’État, la SAQ possède une expertise mondialement reconnue, notamment au niveau de l’analyse des produits avec son laboratoire à la fine pointe de la technologie qui permet d’assurer, en amont, la qualité de tous les produits offerts. La société d’ État est également un important vecteur de développement des différentes régions par la création de plus de 7000 emplois répartis sur un vaste réseau de plus de 400 succursales. Les employé-es, en majorité dans les succursales, jouent un rôle conseil efficace et apprécié par une majorité de consommateur, 93 % selon un sondage commandé par la SAQ.

La CSN croit que la libéralisation n’est qu’une forme de privatisation du marché et n’apportera aucun avantage significatif, ni pour l’État, ni pour le consommateur, ni pour les employé-es. Plusieurs exemples de privatisation existent au Canada, dont ceux de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, et aucun ne permet de conclure que les prix diminueraient ou que l’expertise serait maintenue si le gouvernement Couillard privilégiait cette voie au Québec. « On s’apprête à démanteler une société d’État performante, créatrice de richesses et à jeter aux oubliettes une expertise longuement développée pour s’aventurer dans une voie qui ne profitera à personne », soutient Jean Lortie.

À ceux et celles qui critiquent certaines orientations de la SAQ, la CSN répond qu’il y a toujours lieu d’améliorer les choses, mais que pour cela, il faut que le gouvernement affirme haut et fort que la SAQ demeure publique.

Près d’une centaine de personnes réunies devant la résidence Duplessis envoient un message sérieux aux employeurs de la région

Les délégué-es syndicaux représentant les centres d’hébergement privés pour aîné-es affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), appuyés par des travailleuses et travailleurs du secteur public, se sont réunis aujourd’hui devant la résidence Duplessis à Trois-Rivières pour lancer un avertissement à l’employeur. « Nous ne sommes pas ici pour négocier sur la place publique, mais nous tenons à aviser le propriétaire Chartwell et les autres employeurs concernés : attendez-vous à ce que les employé-es n’acceptent aucun recul sur leurs conditions de travail et mettent tout en place pour qu’elles s’améliorent », a d’abord souligné le représentant nouvellement élu du secteur des centres d’hébergement privés de la FSSS-CSN, Gilles Gagné.

Les syndiqué-es des résidences privées méritent mieux

Le président du Conseil central du Cœur du Québec, Paul Lavergne, rappelle à quel point le marché des centres d’hébergement privés est en croissance. « La Mauricie a connu des suppressions de milliers de lits dans le secteur public au cours des dernières années. Or, ces fermetures de lits doivent être absorbées par le privé », explique-t-il d’abord en ajoutant : « La création des CIUSSS contribuera aussi à favoriser l’éclosion de résidences privées en raison du territoire incroyablement vaste que ces mégastructures sont appelées à couvrir. Une personne habitant à La Tuque ne pourra pas toutes les semaines faire trois heures de route pour aller visiter ses parents dans un CHSLD à Victoriaville. Dans ce contexte, des résidences privées seront appelées à ouvrir leur porte : il faut que les propriétaires actuels et futurs comprennent que l’expertise et le dévouement de leurs employé-es, ça se paye. »

La vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Nadine Lambert, déplore de son côté que cette recrudescence du privé se fasse actuellement au bénéfice des propriétaires et au détriment des travailleuses et travailleurs des résidences privées. À cet effet, elle dresse un portrait de la compagnie qui détient la résidence Duplessis. « Chartwell brasse des milliards en bourse et vient tout juste encore de verser des dividendes importants à ses actionnaires, souligne-t-elle. Malgré ses avoirs démesurés, cette compagnie cherche à limiter par tous les moyens l’amélioration des conditions de travail des personnes qu’elle embauche. Nous allons tout mettre en œuvre pour l’empêcher de porter atteinte aux employé-es de la résidence Duplessis ainsi que de toutes les résidences qui lui appartiennent et qui sont visées par cette négociation coordonnée. Je vous en passe un papier », a-t-elle enchaîné.

Aucun recul

Gilles Gagné rappelle finalement que les employé-es des centres d’hébergement privés pour aîné-es, principalement des femmes, accusent des retards importants sur le plan des conditions de travail par rapport à d’autres secteurs. « La rémunération moyenne des travailleuses et travailleurs en résidence privée est de 12 $ et se situe donc tout près du salaire minimum, fait-il remarquer. Je le répète : d’aucune façon nous n’accepterons de faire quelque concession que ce soit sur nos conditions de travail. La négociation coordonnée vise plutôt à nous permettre d’améliorer un tant soit peu notre qualité de vie. Notre cause est juste et nous la mènerons jusqu’au bout », conclut-il.

 

La CSN réclame une action du gouvernement

La CSN accueille favorablement le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Le gouvernement canadien doit enfin reconnaître ses torts et réparer les vives séquelles qu’il a provoquées auprès des peuples autochtones depuis de nombreuses années.

« On leur a interdit de voter, de parler leur langue, de perpétuer leurs traditions religieuses et culturelles. La politique d’assimilation était ouverte : c’est cela un génocide culturel », soutient le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Les commissaires eux-mêmes qualifient le sort réservé aux autochtones de véritable génocide culturel. Ces termes ont également été repris par la juge en chef de la Cour suprême lors d’un discours au Centre mondial sur le pluralisme en mai dernier.

150 000 enfants ont été arrachés à leur famille et placés dans des pensionnats à des fins d’assimilation. Quelque 3200 d’entre eux en sont morts. Nous nous réjouissons de l’engagement du premier ministre Justin Trudeau de mettre en œuvre les 94 recommandations de la commission, mais le Canada doit aussi appliquer la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones.

« Depuis au moins 1996, avec la Commission Érasmus-Dussault, le sort tragique des Autochtones a été mis à jour. Cette fois-ci doit être la bonne. Il faut enfin reconnaître le passé colonial du Canada et, en ce sens, une vaste campagne d’éducation auprès de la population s’impose », conclut Jacques Létourneau.

D’ailleurs, les cours d’histoire doivent être revus, comme on le suggère dans le rapport de la commission. De la maternelle à la cinquième secondaire, il faut un programme obligatoire adapté à l’âge des élèves, qui porterait sur les pensionnats, sur les traités ainsi que sur les contributions passées et contemporaines des peuples autochtones à l’histoire du Canada.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Forts et unis contre l’offre patronale

Les membres du Syndicat des employé-es de la Ville de Sainte-Thérèse, sans convention collective depuis quatre ans, ont rejeté hier à 94 % la dernière offre patronale globale qui a été déposée le 7 décembre dernier.

« Malgré des augmentations salariales intéressantes à l’approche du temps des fêtes, plusieurs injustices persistent et nous sommes plus que déterminés à signer une convention collective qui sera équitable pour l’ensemble de nos membres. Nous sommes fiers du résultat du vote. C’est un message clair que nous envoyons à nos patrons : il n’y a pas que le chèque de paye qui compte ! », a déclaré le président du syndicat, Daniel Gauthier, à l’issue d’une assemblée générale spéciale qui s’est déroulée hier à Sainte-Thérèse.

Plusieurs points sont encore en litige : la précarité des employé-es temporaires, l’horaire des bibliothécaires, les conditions de travail des brigadiers et des brigadières, les indemnités de vacances.

Le plus grand point de discorde demeure le régime de retraite. « La partie patronale propose une solution inapplicable qui sera assurément rejetée par la Régie des rentes du Québec. Pire, les employé-es syndiqués se retrouveraient à financer le régime de retraite des cadres qui ont des avantages nettement plus élevés que nous », défend le vice-président du syndicat, Yanick Dubois.

Pourtant, le Syndicat des employé-es de la Ville de Sainte-Thérèse a proposé de créer un comité de travail réunissant les actuaires des cadres, des syndiqués et de l’employeur pour tenter de trouver une solution commune. La proposition a été rejetée par l’employeur.

Le syndicat demeure déterminé à poursuivre ses moyens de pression et invite la partie patronale à négocier de bonne foi.

À propos

Le Syndicat des employé-es de la ville de Sainte-Thérèse, qui représente 180 membres, est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). La FEESP-CSN compte environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics, dont près de 6300 dans le secteur municipal. La CSN est composée de près de 2000 syndicats représentant plus de 325 000 travailleuses et travailleurs.

Félicitations aux lauréats

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) souhaite féliciter les 40 lauréats du prix Hommage – 40 ans de la Charte des droits et libertés de la personne, décerné à des femmes et des hommes qui ont fait de l’avancement des droits et libertés au Québec, leur combat au quotidien.

La CSN tient particulièrement à souligner l’honneur fait à Claudette Carbonneau, récipiendaire du prix hommage, qui a été présidente de la centrale de 2002 à 2011. « Tout au long de sa carrière, Claudette Carbonneau s’est battue pour défendre les droits à l’égalité, les droits sociaux et économiques pour tous les Québécois et les Québécoises. Sa bataille acharnée pour l’équité salariale dans les réseaux publics et privés aura marqué l’époque. Cet honneur est tout à fait mérité », a énoncé l’actuel président de la CSN, Jacques Létourneau.

C’est en 1975, il y a 40 ans cette année, que l’Assemblée nationale du Québec adoptait à l’unanimité la Charte. C’est pour célébrer cette adoption que le prix Hommage – 40 ans de la Charte des droits et libertés de la personne a été créé.

À propos Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le SEMB-SAQ veut se donner le temps d’analyser la question

L’élection du gouvernement libéral de Justin Trudeau le mois dernier a lancé le débat sur la légalisation de la marijuana à des fins récréatives. Sous ce débat, se dessine également celui de la distribution du cannabis. Qui sera chargé de la vente de ce produit ? Le privé ? Le public ? Le réseau des distributeurs publics des produits de l’alcool ? Bref, autant de questions soulevées qui méritent une profonde réflexion afin d’évaluer toutes les options possibles.

Réunis en conseil général du 30 novembre au 2 décembre, les délégué-es du syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (FEESP-CSN) ont amorcé cette réflexion et ont décidé de mandater une ressource externe afin d’analyser cette question. « Les délégué-es en ont discuté et le constat actuel, c’est qu’il nous manque des informations pour prendre une décision éclairée, souligne Marc-André McSween, vice-président du SEMB-SAQ (FEESP-CSN). Nous voulons connaître l’ensemble des éléments avant de poursuivre. » Pour le syndicat, rien ne sert de presser les choses. « Le débat public s’amorce, il est normal que nous n’agissions pas dans la précipitation », ajoute Alexandre Joly, président du syndicat.

Bien que le SEMB-SAQ (FEESP-CSN) ait un préjugé favorable envers le recours au public, il est encore trop tôt pour se positionner définitivement. « Nous sommes farouchement opposés à la privatisation et à la libéralisation du marché des produits de l’alcool, il est normal que nous voyons d’un bon œil le recours au public, affirme Marc-André McSween, cela n’en fait toutefois pas une position officielle du syndicat. »

Une fois que l’étude sera terminée, le SEMB-SAQ (FEESP-CSN) entend consulter les membres dans les instances appropriées. « Ce sont les membres qui auront le dernier mot, ils recevront l’ensemble des informations pertinentes, ils en discuteront et ultimement, prendront position », conclut Alexandre Joly.

À propos
Le syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (FEESP-CSN) représente quelque 5500 membres répartis sur tout le territoire du Québec. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics-CSN qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La CSN applaudit l’annonce du gouvernement fédéral et incite Philippe Couillard à tenir une commission d’enquête québécoise élargie

La CSN salue la décision du gouvernement fédéral de mettre en place une commission d’enquête publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées et demande au gouvernement du Québec de se pencher de façon large sur le problème de violence envers les femmes.

« Depuis plusieurs années, nous avons joint notre voix à celle des groupes autochtones et d’autres groupes de défense des droits des femmes pour la tenue d’une commission fédérale. Le gouvernement Harper s’était entêté à ne pas la tenir malgré ces nombreuses voix qui s’élevaient autour de lui. Nous sommes soulagées de savoir que cette commission très porteuse d’espoir pour les femmes autochtones sera enfin lancée », s’est exprimée la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

La CSN applaudit également l’intention du gouvernement fédéral de consulter les populations autochtones pour établir le mandat de la commission. « Il fallait absolument que les membres des communautés autochtones soient consultés, car ce sont les principales personnes concernées. Nous espérons que des représentantes de groupes de défense des droits des femmes autochtones seront invitées à participer activement à ces consultations », renchérit Véronique De Sève.

Rappelons que lors des révélations entendues à l’émission Enquête, la CSN avait exhorté les premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau à mettre en place des mécanismes indépendants afin de faire la lumière sur les violences que subissent les femmes autochtones et pour qu’ultimement, justice soit rendue.

Et le Québec?
La CSN demande à Philippe Couillard de démontrer à son tour une volonté ferme et concrète d’améliorer l’ensemble des conditions de vie des femmes autochtones du Québec. « Il doit lancer une commission d’enquête publique québécoise dont le mandat large se penchera sur le racisme, la discrimination systémique, les conditions de vie déplorables que les femmes autochtones du Québec vivent au quotidien, le taux démesuré d’emprisonnement dont elles font l’objet et sur les agissements présumés de la police envers elles », conclut finalement la vice-présidente de la CSN.

La Montérégie saute dans la mêlée

Le secteur des centres d’hébergement privés de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) poursuit sa tournée des régions du Québec dans le cadre de la négociation coordonnée dans les centres d’hébergement privés. C’est maintenant au tour de la région de la Montérégie de sauter dans la mêlée pour tenter d’améliorer les conditions de travail souvent misérables des employé-es de ces centres.

Tendances observées
« Bien des résidences sont classées semi-autonomes, mais gardent pendant une certaine période les résidents dont l’état s’aggrave et devient de plus en plus lourd au fil des ans comme des personnes atteintes d’Alzheimer, de Parkinson, ou de démence, explique la présidente du syndicat, Kim Thibodeau, elle-même infirmière auxiliaire. Nous veillons bien sûr au bien-être de ces personnes le temps qu’elles obtiennent une place dans des centres spécialisés, mais cette situation exige beaucoup d’énergie supplémentaire pour les travailleuses et les travailleurs et leur crée des surcharges de travail importantes », ajoute-t-elle.

La présidente du syndicat dénonce également la tendance de plusieurs centres de la région à transformer la nature des postes. « De plus en plus, les employeurs maintiennent les employé-es dans la précarité en modifiant le statut des postes à temps plein pour en faire des postes à temps partiel. Pourtant, la convention collective indique noir sur blanc qu’il faut tendre à l’inverse afin de favoriser une certaine stabilité financière pour les salarié-es », renchérit Kim Thibodeau.

« Le nombre de résidences privées pour aîné-es est en très forte croissance depuis plusieurs années, explique pour sa part Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie. Les gouvernements qui se sont succédé ont fermé des lits dans les CHSLD et se rabattent sur le secteur privé afin de dispenser les soins aux aîné-es. Avec les compressions sans précédent du gouvernement libéral dans le système de santé, le secteur privé sera encore plus sollicité au cours des prochaines années. Nous refusons de voir ces travailleuses et ces travailleurs dévoués en payer le prix. »

Un bien meilleur rapport de forces
« La négociation coordonnée permet d’aller chercher un bien meilleur rapport de force vis-à-vis des employeurs, comparativement à plusieurs négociations isolées. La faible rémunération, le manque de formation, l’absence de lieu pour discuter avec l’employeur de problèmes comme la surcharge de travail ou l’alourdissement des cas accentuent le roulement de personnel, principalement constitué de femmes, et nuisent à la qualité des services aux aîné-es dans les centres », souligne pour sa part la vice-présidente de la FSSS-CSN, Nadine Lambert.

La négociation coordonnée sur le plan national Rappelons que quarante-trois accréditations syndicales ont uni leurs forces face aux employeurs du secteur afin d’améliorer le sort des quelque 2000 travailleuses et travailleurs concernés dans ce type de résidences en croissance constante. « Toutes les accréditations ayant joint la négociation coordonnée feront pression sur leur employeur pour obtenir une augmentation salariale de 1,50 $ l’heure étalée sur trois ans, la création d’un comité de relations de travail opérationnel, la formation systématique des employé-es et une date commune d’échéance des conventions collectives. Aucune résidence n’acceptera une offre en deçà de ces revendications », conclut Gilles Gagné, le représentant du secteur des centres d’hébergement privés de la FSSS-CSN.

Entente de principe des professeurs de cégep

L’Alliance des professeures et des professeurs de cégep (ASPPC), qui représente l’ensemble du corps enseignant au collégial, est arrivée dimanche à une entente de principe avec le Comité patronal de négociation des collèges (CPNC). Après plus d’une semaine de négociation intense, les deux parties ont convenu d’accélérer les discussions dimanche.

« Au terme d’un long processus, nous sommes arrivés à une entente satisfaisante pour les deux parties. Nous avons réussi à faire des gains significatifs pour les profs au statut précaire, sur la charge de travail excessive, la reconnaissance de l’appartenance des profs de cégep à l’enseignement supérieur ainsi que sur le soutien aux étudiantes et étudiants en situation de handicap. », affirme Pierre Girouard, président de la FEC-CSQ.

Cette entente survient après plus de deux ans d’une mobilisation importante dans les cégeps, alors que l’ensemble des conditions de travail des profs était attaqué de toutes parts. « Notre mobilisation a permis de bloquer le projet de réorganisation du travail, dont l’objectif avoué par le Conseil du trésor était de transformer nos services publics. », ajoute Nicole Lefebvre, vice-présidente de la FNEEQ-CSN.

Le contenu de l’entente de principe sera présenté jeudi aux délégations représentant les syndicats des professeures et des professeurs de cégep. Ce projet devra ensuite être approuvé par les assemblées générales de ces syndicats.

À propos
L’Alliance des syndicats des professeures et des professeurs de cégep regroupe les syndicats affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et à la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ). Réunies, ces deux organisations rassemblent 20 500 membres, soit l’ensemble du corps professoral du réseau des cégeps.

Repenser le libre-échange

Le libre-échange fait désormais partie du programme public. Négociée dans le plus pur secret depuis cinq ans par le gouvernement Harper, l’entente de principe d’un Partenariat transpacifique (PTP), annoncée le 5 octobre en pleine campagne électorale, a fait réagir tous les chefs de parti. Celui qui allait être élu, Justin Trudeau, a pour sa part promis « un débat public approfondi et ouvert, [de] sorte que les Canadiennes et les Canadiens soient consultés », un engagement que devra concrétiser Chrystia Freeland, la nouvelle ministre du Commerce international. Toutefois, il est essentiel que les consultations soient publiques et structurées, qu’elles se tiennent partout au pays et qu’elles visent aussi l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, négocié dans les mêmes conditions antidémocratiques. Le gouvernement doit s’engager à traiter sans partisanerie et avec honnêteté les recommandations émanant de la consultation, et accepter qu’elle puisse exiger la révision et la renégociation des accords. La population mérite mieux qu’une consultation de façade.

La souveraineté des États menacée

L’AECG et le PTP appartiennent à une nouvelle génération d’accords de libre-échange (ALE) où il s’agit moins de favoriser les échanges commerciaux que d’ériger un nouveau système de règles qui cherchent essentiellement à restreindre la capacité des États à légiférer sur des questions d’intérêt public.

Le modèle du libre-échange favorise un glissement du pouvoir des décideurs élus démocratiquement vers les acteurs économiques transnationaux. Les ALE imposent que l’État se confine à intervenir uniquement pour favoriser le laisser-faire tout en lui interdisant d’orienter l’activité économique et ses politiques sociales pour corriger les injustices du marché.

Coopérez ou on vous poursuit !

L’effritement de la souveraineté se décline de multiples façons. Par exemple, l’AECG et le PTP incluent le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE), qui permet aux entreprises étrangères de poursuivre les États lorsqu’ils prennent des décisions susceptibles d’avoir un impact sur leurs « attentes légitimes » de réaliser des profits.

Élargissant la portée de ce mécanisme, déjà présent dans l’ALENA, l’interprétation des « droits » ainsi accordés aux investisseurs étrangers touche un éventail de plus en plus large de politiques publiques : on conteste la hausse du salaire minimum (Veolia contre l’Égypte), des protections environnementales minimales (Bilcon contre le Canada), le retrait du nucléaire (Vattenfall contre l’Allemagne), des mesures de santé publique (Philip Morris Tobacco contre l’Uruguay et l’Australie), et même des décisions juridiques (la pharmaceutique Eli Lilly contre le Canada). Plus près de nous, au Québec, on pourrait être condamné à verser 250 millions de dollars à Lone Pine Resources, qui conteste le moratoire sur l’exploration des gaz de schiste dans le fleuve Saint-Laurent, une décision qui repose pourtant sur un principe essentiel de précaution en matière d’environnement.

Les ALE accordent des privilèges et droits démesurés aux investisseurs étrangers, mais ne contiennent aucun mécanisme qui forcerait les transnationales à rendre des comptes lorsque leurs activités détruisent l’environnement ou violent les droits de la personne. Pour nous, le mécanisme de RDIE ne se justifie ni d’un point de vue politique ni d’un point de vue économique et doit tout simplement être retiré des accords.

Austérité, services publics et souveraineté alimentaire

Les textes de l’AECG et du PTP confirment la libéralisation des services publics à tous les niveaux décisionnels. Ils ne sont protégés que s’ils ne sont ni offerts en concurrence avec d’autres fournisseurs ni sur une base commerciale. Or, au Québec, le ministre Barrette a maintes fois soutenu son désir d’instaurer plus de concurrence dans le système de santé.

Au-delà de certains seuils, les gouvernements, les municipalités et les sociétés d’État, comme Hydro-Québec, seront forcés d’ouvrir leurs marchés publics en soumettant leurs appels d’offres à la concurrence étrangère. Il ne sera plus possible de se servir des achats publics pour stimuler le développement local, créer des emplois de qualité, consolider nos expertises, innover sur le plan environnemental.

Par ailleurs, les récents accords vont non seulement toucher les fermes familiales et l’agriculture de proximité, mais également porter un dur coup à la sécurité alimentaire de nos pays, déjà victimes des changements climatiques, comme le soulignent à juste titre le Mouvement agricole Nouminren au Japon et la Ligue paysanne coréenne (KPL) à propos du PTP.

La situation est d’autant plus périlleuse que les politiques d’austérité et le libre-échange agissent de façon combinée pour transformer le rôle de l’État. L’AECG et le PTP pourront rendre définitives d’éventuelles privatisations, puisqu’un « effet de cliquet » rend impossible de ramener des secteurs privatisés vers le secteur public, sous peine de nouvelles poursuites, même si ces privatisations s’avéraient inefficaces ou contraires au bien commun. Pour nous, tout accord de libre-échange qui paralyse la vie démocratique et alimente la spirale de l’austérité se doit d’être rejeté.

Repenser le paradigme économique à l’épreuve des faits

Alors que les nouveaux accords vont plus loin que l’ALENA, notamment par l’ouverture des services publics, il est ahurissant de constater qu’aucune évaluation probante n’ait été faite du « modèle » nord-américain et de ses impacts sur nos économies.

L’actuelle conférence sur le climat (COP21) à Paris nous offre l’occasion de mesurer les dangers de la poursuite d’un modèle économique qui non seulement a été un désastre pour le fragile équilibre écologique de la planète, mais qui va aussi accroître les inégalités sociales en servant principalement les intérêts des multinationales. Un changement de paradigme est urgent, mais surtout, dans l’horizon du possible.

Ont signé cette lettre: Pierre-Yves Serinet, coordonnateur du RQIC, Michel Lambert, directeur général d’Alternatives, Carolle Dubé, présidente de l’APTS, Sandrine Louchart, AmiEs de la Terre de Québec, Claude Vaillancourt, président d’Attac-Québec, François Vaudreuil, président de la CSD, Louise Chabot, présidente de la CSQ, Denise Gagnon, présidente du CISO, Martine Chatelain, présidente de la Coalition Eau Secours !, Jacques Benoît, coordonnateur de la Coalition Solidarité Santé, Jacques Létourneau, président de la CSN, Suzanne Audette, 2e vice-présidente du CCMM-CSN, Régine Laurent, présidente de la FIQ, Daniel Boyer, président de la FTQ, François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, Christian Nadeau, président de la Ligue des droits et libertés, Carolle Mathieu, présidente de L’R des centres de femmes du Québec, Lucie Martineau, présidente du SFPQ, Elisabeth Gibeau, Union des consommateurs, Benoît Girouard, président de l’Union paysanne.

Un autre exemple d’affront à la démocratie et de mépris envers le personnel de soutien

La CSN dénonce l’abolition des élections scolaires au suffrage universel que le projet de loi 86, déposé aujourd’hui à l’Assemblée nationale, met de l’avant.

« Même si le taux de participation est faible, la CSN croit toujours que les commissaires doivent être élus au suffrage universel puisque les commissions scolaires elles-mêmes sont des lieux de débat. Encore une fois, le gouvernement libéral s’en prend à un forum de débats démocratiques », déplore la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

Par ailleurs, les conseils scolaires qui remplaceront les conseils actuels assurent la représentation de tous les personnels de l’école, à l’exception des employé-es de soutien.

« Qu’il n’y ait aucun personnel de soutien sur ce conseil scolaire démontre tout le mépris de ce gouvernement envers ceux et celles qui se dévouent chaque jour à venir en aide aux élèves et qui contribuent au bon fonctionnement du réseau scolaire. Pire, le gouvernement a réservé une place sur ce conseil pour les employeurs. Comment expliquer un tel choix, sinon qu’on veuille mettre l’école et l’éducation au service des entreprises ! », dénonce Marjolaine Côté, vice-présidente à la Fédération des employées et employés de services publics de la CSN (FEESP-CSN).

De plus, le projet de loi prévoit une inquiétante concentration de pouvoirs entre les mains du ministre.

« Tout cela n’augure rien de bon, particulièrement de la part d’un ministre qui multiplie les coupes dans l’enseignement », conclut Véronique De Sève.

La CSN poursuit l’analyse de ce volumineux projet de loi et réclame d’ores et déjà la tenue d’une commission parlementaire générale sur ce sujet.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats répartis dans huit fédérations, dont la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

Le secteur scolaire de la FEESP-CSN regroupe 37 syndicats et 30 000 employé-es de soutien présents dans 31 commissions scolaires francophones et deux commissions scolaires anglophones.

Le 1er décembre, Journée mondiale du sida

Le 1er décembre, Journée mondiale du sida est un moment propice pour se livrer à une réflexion sur ce que nous avons accompli à l’échelle internationale en fait de lutte contre le sida et sur ce qu’il nous reste encore à faire. La Journée mondiale du sida, qui a lieu le 1er décembre, est l’occasion de commémorer ceux et celles qui nous ont quitté et de sensibiliser le public au sida et à la pandémie du virus du VIH.

La CSN applaudit la décision d’Ottawa de signer le contrat du ravitailleur Asterix

Les représentants des 800 travailleuses et travailleurs du Chantier naval de Lauzon et la CSN accueillent favorablement la décision d’Ottawa de signer le contrat de transformation du porte-conteneurs Asterix en ravitailleur pour la Marine royale canadienne, évalué à 700 millions de dollars. Cette annonce est survenue immédiatement après qu’une délégation de la CSN ait rencontré le nouveau ministre du Transport, M. Marc Garneau, cet après-midi.

« C’est une très bonne nouvelle pour les travailleurs que nous représentons, affirme Raphaël Jobin, président du Syndicat des travailleurs du Chantier naval de Lauzon inc. (CSN). Ça met fin à beaucoup d’inquiétude qui régnait sur le chantier. Nos travailleurs vont enfin être assurés d’avoir du travail pour les 18 à 24 mois à venir. D’ici là, on espère que d’autres contrats d’envergure viendront remplir le carnet de commandes du chantier. »

« On ne peut qu’applaudir à cette décision du nouveau gouvernement fédéral, ajoute Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Pour la première fois depuis des années, le gouvernement s’est résolu à considérer le chantier de Lauzon parmi les autres chantiers pour l’octroi de contrats de la Marine royale canadienne. Le chantier de Lévis, nommé meilleur constructeur nord-américain selon la Lloyd’s List North American Maritime Awards 2015, a toutes les capacités et la main-d’œuvre requises et est prêt dès demain à livrer la marchandise dans les délais. »

« Enfin !, commente pour sa part Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN). C’est un juste retour des choses que l’octroi de ce contrat au chantier de Lauzon, alors que les conservateurs ont donné en 2011 plus de 33 milliards de dollars de contrats de la Marine royale canadienne aux seuls chantiers de Vancouver et de Halifax. Maintenant, ce que l’on souhaite pour l’avenir, c’est que le chantier de Lauzon ne soit plus jamais oublié et qu’on puisse le consolider en le traitant équitablement. »

La CSN estime qu’avec ce contrat, le chantier de Lauzon peut se qualifier pour l’obtention d’autres contrats de construction navale identifiées dans la plateforme libérale de la dernière campagne électorale. On peut y lire qu’après neuf années de règne conservateur, « la Marine royale canadienne se classe sous le Bangladesh en matière de capacités et ne peut plus être considérée comme une marine hauturière. » Parmi les besoins identifiés, on note des « brise-glaces, navires de ravitaillement, navires de patrouille extracôtiers de l’Arctique, navires de combat de surface, et autres ressources dont la marine a besoin ».

Pour Alain Lampron, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) : « Le chantier naval de Lévis, qui compte 190 années d’existence, peut aider à répondre aux multiples besoins de l’industrie maritime du Canada. Ce que l’on veut, c’est que le chantier ait droit au chapitre, tout comme les autres chantiers. »

À propos de la CSN

Le Syndicat des travailleurs du Chantier naval de Lauzon inc. représente 800 membres. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), qui représente près de 30 000 syndiqué-es partout au Québec, de même qu’au Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN) qui compte sur une base régionale 45 000 membres provenant des secteurs public et privé. Pour sa part, la CSN rassemble plus de 325 000 membres présents dans tous les secteurs d’activité, privé et public.