Avant le dernier budget de la CAQ, la plus importante organisation syndicale en enseignement supérieur ainsi que les deux plus grandes associations étudiantes de ce secteur unissent leurs voix pour demander un réinvestissement dans les cégeps et les universités.
« On doit à tout prix éviter les compressions du dernier budget Girard et prévoir au contraire un réinvestissement significatif afin de couvrir la hausse des coûts de système et de permettre le maintien des bâtiments en bon état. L’enseignement supérieur, c’est un investissement dans l’avenir du Québec », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN. Notons que l’inflation en 2025 au Québec s’est élevée à 2,4 % et qu’elle était de 3 % de janvier 2025 à janvier 2026. Une hausse des salaires du même ordre est à prévoir. Ces augmentations doivent être couvertes et il doit rester de l’argent pour les rénovations.
Comme le Québec est en année électorale, l’appel s’adresse aussi à celles et ceux qui aspirent à diriger le Québec. « Les institutions d’enseignement supérieur ont besoin de prévisibilité. Nous demandons aux partis d’opposition ainsi qu’aux deux candidats pour le poste de premier ministre de se prononcer en faveur d’un réinvestissement dans les cégeps et les universités », ajoute la présidente de la CSN.
Les étudiantes et les étudiants écopent
« La CAQ a procédé à des coupes qui ont fait très mal aux personnes étudiantes. L’annulation de l’enquête sur les violences à caractère sexuel en milieu étudiant, pour faire des économies de bout de chandelle, a été particulièrement odieuse. Le prochain budget Girard doit rétablir le financement de cette enquête! » exige Flora Dommanget, porte-parole de l’Union étudiante du Québec (UEQ).
« Le gouvernement répète que l’enseignement supérieur est une priorité. Pourtant, les restrictions budgétaires imposées ont un effet direct sur les services offerts aux personnes étudiantes. Plusieurs de nos membres nous disent que ces coupes nuisent concrètement à leur expérience collégiale, et c’est tout simplement inacceptable », soutient Christopher Zéphyr, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).
Effets négatifs des compressions passées
Rappelons que le dernier budget Girard a amené des compressions de 151 M$ dans les cégeps. Pour les universités, il s’agit d’une baisse de 4 % du budget de fonctionnement.
« Une étude menée auprès des membres de notre secteur soutien cégeps montre l’impact concret des compressions. On note en particulier que 37 % des 753 répondantes et répondants ont constaté le non-remplacement de personnes dans leur environnement immédiat », soutient Frédéric Brun, président de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.
« Notre sondage montre que 74 % des professionnel-les des cégeps ont pu observer le non-remplacement du personnel en absence prolongée. De plus, 68 % d’entre eux se font imposer des restrictions pour les heures supplémentaires, ce qui les empêche de compenser pour les absences de leurs collègues. Au bout du compte, ce sont les étudiants et les étudiantes qui en souffrent, puisqu’ils et elles doivent composer avec des délais déraisonnables afin de recevoir les services nécessaires à leur réussite », ajoute Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles–CSN.
« Le gouvernement doit donner un sérieux coup de barre pour corriger l’état des infrastructures en enseignement supérieur. Ce sont 65 % des immeubles des cégeps et 44 % de ceux des universités qui sont en mauvais état. Il faudrait des investissements de plus de 2 milliards de dollars pour rattraper le déficit d’entretien », ajoute Benoît Lacoursière, président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN.
À propos
Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise et elle compte près de 80 000 membres dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations. Près de 50 000 de ces membres œuvrent dans l’enseignement supérieur.
L’Union étudiante du Québec (UEQ) est un regroupement de 15 associations étudiantes universitaires totalisant plus de 120 000 membres à travers le Québec.
La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) représente près de 80 000 personnes étudiantes provenant de 30 établissements collégiaux répartis sur tout le territoire québécois. Depuis plus de 35 ans, elle contribue à l’amélioration des conditions de vie et d’études de la population étudiante collégiale québécoise en étant la seule organisation à représenter exclusivement leurs intérêts.
La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) représente plus de 70 % du personnel de soutien dans les cégeps au Québec (6 300 membres) et plus de 35 000 membres dans le secteur soutien scolaire.
La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) parle au nom de 85 % des professeur-es de cégep et de 80 % des chargé-es de cours des universités québécoises. Elle regroupe quelque 40 000 membres dans 45 cégeps, 48 établissements privés et 12 universités.
La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente quelque 10 500 professionnèles, techniciennes et techniciens, dont plus de 750 professionnèles du réseau collégial et universitaire et près de 1 500 professeur-es d’université.







