Malgré les attaques antisyndicales, malgré les obstacles, la CSN est au premier rang en ce qui concerne la syndicalisation des travailleuses et des travailleurs québécois. C’est ce constat qu’a partagé le vice-président responsable de la syndicalisation, David Bergeron-Cyr, aux congressistes.
Dans une allocution résolument tournée vers l’avenir, David Bergeron-Cyr a d’abord rendu hommage aux nouveaux syndicats qui ont choisi la CSN au cours du dernier mandat. Leur présence, applaudie par les congressistes, a rappelé une vérité essentielle : se syndiquer demeure un acte de courage, de solidarité et de dignité.
Car derrière chaque nouvelle accréditation, il y a des travailleuses et des travailleurs qui refusent la peur, l’isolement ou l’arbitraire. Des campagnes souvent menées dans la discrétion, parfois même dans la clandestinité, face à des employeurs qui multiplient les tactiques antisyndicales. Le vice-président a salué le rôle déterminant des militantes, des militants et équipes syndicales qui rendent ces victoires possibles, une lutte à la fois.
Mais le constat est sans détour : les adversaires du syndicalisme se sont multipliés et durcis. Des employeurs qui contestent ouvertement la représentation syndicale. Des organisations concurrentes qui attaquent systématiquement certains syndicats affiliés à la CSN. Des gouvernements qui multiplient les offensives antisyndicales et remettent en question des outils essentiels à l’organisation collective.
Face à ces attaques, le message est sans ambiguïté : la réponse passe par un syndicalisme de proximité, enraciné dans les milieux de travail, porté par la mobilisation et le rapport de force.
Et les résultats parlent d’eux-mêmes.
Au cours du dernier mandat, plus de 15 000 nouvelles travailleuses et nouveaux travailleurs ont joint les rangs de la CSN. Une progression qui témoigne de la pertinence du projet syndical porté par la centrale. Aujourd’hui, la CSN représente 24,5 % des salarié-es syndiqué-es au Québec, tout en déposant, année après année, près de 29 % des requêtes en accréditation.
« Nous déposons plus que ce que nous représentons », a résumé David Bergeron-Cyr avec fierté.
Parmi les batailles marquantes du dernier mandat, plusieurs dossiers d’envergure témoignent d’une volonté d’ouvrir de nouveaux fronts : la lutte emblématique chez Amazon, l’organisation de secteurs non traditionnels comme les acupuncteurs et les écrivain-es du Québec, ou encore la syndicalisation du dernier groupe non syndiqué du réseau des CISSS et CIUSSS au Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, fruit d’une campagne de deux ans.
Le portrait n’est pas sans défis. La CSN a aussi perdu près de 2 000 membres, principalement à la suite de révocations syndicales. Un rappel que la syndicalisation continue après l’accréditation : elle exige une vie syndicale forte, vivante et engagée.
Pour le prochain mandat, David Bergeron-Cyr a lancé un appel à la vigilance et à l’action. L’implantation de l’agence Santé Québec dans le réseau de la santé et des services sociaux, le secteur de la construction et les secteurs d’emploi encore non syndiqués exigeront toute la force du mouvement.
Une chose est certaine : à la CSN, le combat continue. Et il se mène avec la même conviction qu’au premier jour — celle de bâtir un monde du travail plus juste, une victoire à la fois.