L’avenir des usines de Domtar à Kénogami et à Alma, ainsi que celui de leurs barrages, est l’objet de discussion à une prétendue table de concertation qui inclut les députés de la région, le maire de Saguenay, des dirigeants de Domtar (Produits forestiers Résolu ou PFR), mais exclut les travailleuses et travailleurs des deux usines, qui risquent pourtant de perdre des droits historiques dans cette démarche !
« C’est incompréhensible et inacceptable que nous soyons mis à l’écart, mais on comprend que ça fait l’affaire de PFR-Domtar, qui souhaite fermer ses usines et vendre l’électricité des barrages sans toutefois maintenir les emplois. Rappelons que, depuis la nationalisation effectuée par Hydro-Québec, la production privée d’électricité est conditionnelle au maintien de ces emplois », lance le président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami–CSN, Gilles Vaillancourt.
La CSN interpelle la première ministre et le ministre Drainville
« Nous demandons une rencontre urgente avec le nouveau ministre de l’Économie, Bernard Drainville. Le gouvernement se doit d’être du bord des travailleuses et des travailleurs du Saguenay et obliger Domtar à respecter ses obligations en modernisant enfin ses usines », insiste la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Cette dernière rappelle que le gouvernement du Québec a le pouvoir de refuser la vente de l’électricité privée de Domtar à une autre entreprise. Il a même le droit de reprendre les barrages si les conditions des baux hydrauliques – prévues par la loi 50 sur les barrages de la rivière Shipshaw – ne sont pas respectées. Les emplois dans les usines associées doivent en effet être maintenus. Or, on constate que les installations de Kénogami sont régulièrement à l’arrêt cette année. « Le gouvernement du Québec doit se tenir debout face à un propriétaire étranger qui veut faire la pluie et le beau temps au Saguenay en contournant des ententes historiques qui datent du temps de René Lévesque », ajoute la présidente, qui interpelle également la première ministre et les partis qui aspirent à diriger le Québec plus tard cette année à prendre position plus clairement dans ce débat.
Une filière abandonnée
« Le gouvernement doit soutenir la transformation de la filière forestière. C’est essentiel pour plusieurs régions du Québec. Le Sommet Pour vivre de la forêt de l’an dernier a montré la voie à suivre pour assurer un avenir en tenant compte de tous les acteurs concernés et de l’environnement. Il faut arrêter de repousser sans cesse la réforme d’envergure qui est nécessaire », soutient le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), Kevin Gagnon.
La région doit se méfier des illusions
La CSN constate que le premier projet jugé prometteur par les élus régionaux semble déjà remplacé par un autre. On n’a par ailleurs aucune certitude du nombre d’emplois qui seraient créés ni même du lieu ou des conditions de travail. Le financement de ces projets semble aussi incertain.
« Bien qu’une modernisation soit nécessaire, la filière forestière est constitutive de notre région et va continuer de l’être. De la forêt jusqu’aux usines, des emplois sont en jeu. On demande au maire, Luc Boivin, de cesser de nuire à cette filière et d’ainsi risquer l’appauvrissement de sa région », affirme la présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, Manon Tremblay.
« Nos deux usines génèrent des retombées importantes dans l’économie régionale et jouent un rôle clé dans la filière, notamment en écoulant les copeaux qui proviennent des scieries. Elles doivent demeurer ouvertes », ajoute le président du Syndicat national des travailleuses et des travailleurs des pâtes et papiers d’Alma–CSN, Daniel Munger.
À propos
La CSN est composée de près de 1600 syndicats et regroupe quelque 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.
La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats, partout au Québec. Elle représente notamment les usines de Kénogami et d’Alma.
Le Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN regroupe quelque 160 syndicats de la région et représente 16 000 membres issus de tous les secteurs d’activité.



