Une prime qui confirme que les salaires sont insuffisants

« Bien entendu, cette nouvelle prime est bienvenue, mais cette augmentation temporaire de salaire sous forme de prime vient encore une fois confirmer que les travailleuses et les travailleurs des services publics sont sous-payés. »

La CSN réagissait ainsi à l’annonce faite aujourd’hui par le premier ministre d’une nouvelle prime pour le personnel soignant travaillant à temps plein dans les CHSLD ou les zones chaudes des hôpitaux. L’organisation syndicale, qui représente plus de 150 000 personnes dans les services publics, réclame depuis le tout début de la crise une prime de 3 $ l’heure pour tout le personnel au front contre la COVID-19 et de 4 $ l’heure pour ceux et celles qui offrent plus de disponibilité.

« Le fait que cette nouvelle prime soit en montant fixe plutôt qu’en pourcentage répond à nos demandes exprimées et répétées depuis le 23 mars, soit que la reconnaissance du risque ait la même valeur pour toutes et tous. Toutefois, nous déplorons que cette prime ne s’applique toujours pas à toutes les travailleuses et tous les travailleurs au front, notamment à l’ensemble du personnel en santé et services sociaux et au personnel des services de garde d’urgence qui est aussi sur la première ligne depuis le début », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

« Il ne faut pas perdre de vue que la seule solution à long terme pour contrer la rareté de main-d’œuvre qui sévissait déjà avant la pandémie dans le secteur public, c’est de reconnaitre pleinement la valeur du travail de tout le personnel. Si on veut agir pour retenir les travailleuses et les travailleurs des réseaux, c’est ce qu’il faut faire ». La CSN convie le gouvernement à convenir dès maintenant de telles solutions adaptées et durables.

« Au cœur de cette crise, on le constate plus que jamais, les services publics sont les piliers de notre société. Ces piliers sont fragiles, la population le comprend aujourd’hui. Il faut s’assurer de les renforcer en améliorant significativement et de façon permanente les conditions de travail et de pratique ainsi que les salaires de celles et ceux qui sont là pour nous, pour nos grands-parents, pour nos enfants, pour nos amis », conclut Caroline Senneville.

Surcharge et manque de concertation

Dans son mémoire présenté hier devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, la CSN estime qu’il est urgent pour le gouvernement d’investir temps, énergie et argent afin de redresser la situation des services sociaux. Résultant d’une consultation des membres ayant une expérience significative auprès d’enfants et de familles en contexte de vulnérabilité, le mémoire donne la parole aux intervenantes sur le terrain.

Organisation et financement
La majorité des intervenantes interrogées ont indiqué ne pas avoir l’impression d’offrir des services de qualité et selon l’intensité requise : la rupture dans le continuum des services, le manque de personnel et la surcharge de travail font en sorte qu’elles doivent trop souvent s’improviser « pompières » et éteindre des feux de cas plus critiques. Pendant ce temps, d’autres cas doivent patienter plus longtemps. Une organisation offrant davantage de souplesse, dans un plus grand respect de l’autonomie professionnelle et du jugement clinique, permettrait d’offrir des services selon la qualité et l’intensité requises. Quant au financement, le constat est clair : les investissements sont insuffisants en raison du sous-financement chronique. De plus, les sommes investies sont mal réparties, engendrant ainsi un accès difficile aux soins et aux services. Devant la représentante de la Commission, Jean Lacharité, vice-président de la CSN, a souligné « l’urgente nécessité de réinvestir de façon majeure dans les CLSC de manière à pouvoir travailler en amont sur le plan de la prévention de la maltraitance envers les jeunes ».

Pour assurer l’accès et la continuité des services à la jeunesse, le financement adéquat et stable des missions sociales du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que des partenaires du réseau, comme les organismes communautaires, est essentiel.

Conditions de pratique
Plus de la moitié des intervenantes relatent avoir une trop grande charge de travail et ne pas arriver à suffire à la tâche pendant les heures normales de travail. En plus d’être trop grande, cette charge est complexe et émotionnellement difficile. Dans une très forte majorité, les intervenantes ont pointé manque de personnel comme étant le facteur principal de la surcharge. Les problèmes d’attraction et de rétention de personnel ainsi que les conditions d’exercice ne favorisant pas la conciliation famille-travail-études n’aident certainement pas à régler la situation. « La protocolisation des soins et le peu de consultations de la part des gestionnaires ou supérieurs immédiatsur les pratiques cliniques contribuent assurément à la démotivation de ces professionnelles », a rapporté devant la Commission Jessica Goldshleger, responsable du secteur santé et services sociaux de la Fédération des professionnèles–CSN. Pour la CSN, l’organisation du travail doit être revue afin de favoriser un réel travail interdisciplinaire et un véritable respect du jugement clinique des intervenantes.

Finalement, les personnes sondées ont constaté une complexification des cas et une augmentation des comorbidités chez les jeunes. S’ajoute à cela une augmentation importante des problèmes de santé mentale, tant chez les parents que chez les enfants. Pour la CSN, cela démontre l’importance de la prévention qui doit être faite auprès des parents.

Concertation des réseaux
Une meilleure collaboration entre les réseaux s’est aussi avérée un enjeu non négligeable. La CSN précise que selon ses membres, il est nécessaire d’instaurer de nouveaux mécanismes de concertation entre les réseaux. Or, les principaux obstacles à la concertation des réseaux sont le manque de communication, de collaboration et de coordination ainsi que la méconnaissance du rôle de chacun. La mise sur pied d’une coordination, de lieux d’échange et de discussions pourrait à cet égard s’avérer utile.

Les réalités spécifiques aux communautés autochtones
La CSN compte parmi ses membres des intervenantes et des intervenants qui travaillent auprès des jeunes et des familles au Nunavik, dans le Nord-du-Québec et sur les Terres-Cries-de-la-Baie-James. L’enquête menée par la CSN a permis de mettre en lumière des éléments qui nuisent à l’accès et à la qualité des services offerts à la jeunesse. Le haut taux de roulement du personnel, la surcharge de travail, la méconnaissance des cultures et des traditions autochtones et le manque de ressources spécialisées ont été cités comme nuisant à la qualité des services. En ce sens, Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, a fait ressortir devant la Commission que « la mise en place d’un processus de reconnaissance des compétences des personnes autochtones, l’accès à de la formation professionnelle et du soutien clinique pour ces dernières, ainsi que des activités d’échanges interculturels pour les non-autochtones nouvellement embauchés constituent des pistes de solutions intéressantes ».

Les sages-femmes font plus que jamais partie de la solution

Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) souhaite souligner la Journée internationale de la sage-femme. Cette édition 2020 est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans l’Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier (2020) et que la Journée mondiale de la santé (7 avril 2020) portait sur la même thématique.

« C’est une triple reconnaissance internationale qui est forte de sens en ces temps difficiles. Même s’il s’agit de l’un des plus vieux métiers, notre pratique évolue continuellement et s’adapte aux nouveaux défis. Le contexte actuel de la COVID-19 en est un bon exemple. Dès les débuts de la crise, nous avons réfléchi à des solutions qui ont été mises en œuvre », déclare la présidente du RSFQ, Mounia Amine.

Le Québec compte plus de 250 sages-femmes et le Canada près de 1900. En 2018, plus de 43 000 naissances étaient assistées par des sages-femmes, soit 11,8 % de l’ensemble des naissances au Canada. Le Québec, qui accuse un important retard par rapport à ces provinces comparables, se situe à 4,2 %.

Le Québec : leader de l’accouchement hors hôpital
Il est toutefois intéressant de noter qu’ici, plus de 95 % des femmes suivies par les sages-femmes choisissent d’accoucher en dehors des centres hospitaliers. Qui plus est, au Québec, comme partout au Canada et dans le monde, la demande pour le suivi sage-femme, et particulièrement pour la possibilité de mettre son enfant au monde ailleurs qu’à l’hôpital, a explosé.

La versatilité des sages-femmes à agir dans toutes les sphères du continuum prénatal, pernatal et postnatal, de même que leur capacité à offrir des services à domicile et en maison de naissance, sont des atouts pour le système de santé, d’autant plus que les structures hospitalières sont mises à dure épreuve. La pratique sage-femme fait partie de la solution et permet de désengorger les services en obstétrique dans les hôpitaux.

Solidarité dans la crise
En plus d’accueillir un nombre croissant de femmes enceintes en raison de la forte demande, certaines équipes de sages-femmes ont également pris en charge des tâches supplémentaires d’infirmières en suivi postnatal, alors que ces dernières sont appelées en renfort dans les CHSLD. D’autres initiatives similaires sont en élaboration.

Pourtant, la majorité des équipes manquaient déjà de sages-femmes en raison de la rareté de la main-d’œuvre. L’isolement nécessaire de plusieurs sages-femmes, en raison de la COVID-19, amplifie ce manque de ressources. Les équipes de certaines maisons de naissance ont donc conclu des ententes de collaboration pour prévenir d’éventuels bris de service à la population et éviter de surcharger les hôpitaux affiliés, le cas échéant.

« Les sages-femmes font tout en leur pouvoir pour que les familles du Québec bénéficient de services de qualité malgré la crise. Les défis organisationnels à relever sont nombreux et les responsables des services de sage-femme coordonnent les changements nécessaires avec rigueur et détermination. La concertation des différentes instances ainsi que la solidarité entre les professionnel-les du réseau sont incontournables pour y arriver », précise Mounia Amine.

Soutenir la créativité
Les idées ne manquent pas pour faire face aux besoins en constante évolution, mais la pratique sage-femme se bute régulièrement à des obstacles administratifs.

En ce 5 mai, le RSFQ appelle le gouvernement à reconnaître la place et l’efficacité des services de sage-femme et à mettre en place des solutions pour que l’opérationnalisation puisse prendre forme sur le terrain. Le gouvernement a toutes les cartes en main pour lever les contraintes auxquelles elles font face et les compenser équitablement.

« La profession de sage-femme a longtemps été banalisée et marginalisée. La Fédération des professionnèles (FP–CSN) continuera à appuyer les sages-femmes pour qu’elles soient pleinement reconnues et valorisées dans le réseau de la santé et des services sociaux », soutient la présidente de la FP–CSN, Ginette Langlois.

Plus que jamais, les sages-femmes font partie de la solution, en offrant leur expertise en périnatalité pour l’amélioration de la santé des mères et de leurs bébés.

Elles font partie de nos anges gardiens !

Renforçons le réseau universitaire québécois

La présente est une version écourtée de la lettre envoyée au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur par les membres de la Table des partenaires universitaires (TPU).

Jamais encore n’avons-nous autant eu collectivement besoin de la science! Pour faire face à la pandémie actuelle, partout on se tourne vers les scientifiques. Pour affronter et vaincre cette crise, pour en tirer les indispensables leçons, la pandémie révèle le besoin pour la société québécoise et le gouvernement québécois de s’appuyer sur des citoyens et citoyennes dotés d’une solide formation et sur des recherches et études de pointe menées dans des établissements universitaires.

Il y aura au Québec, comme dans le reste du monde, un avant et un après COVID-19. Des leçons devront être tirées pour le secteur de la santé et des services sociaux, pour le milieu de l’éducation, pour les entreprises privées, etc. Le réseau universitaire ne doit pas échapper à l’examen. La crise est en effet une occasion de renforcer le réseau universitaire, c’est-à-dire de réviser son financement, de pallier l’absence de coordination entre les diverses composantes et de réaffirmer les fondements de la gestion des établissements.

Un financement public adéquat, prévisible et équitable
La crise constitue le bon moment pour le gouvernement d’assurer un financement à long terme de l’enseignement et de la recherche.

La combinaison d’un paramètre inadéquat du financement actuel de l’enseignement, soit l’étudiant en équivalence au temps plein (EETP), et de la déréglementation des droits de scolarité des étudiants et étudiantes internationaux qui ne seront vraisemblablement plus au rendez-vous cet automne pousse les directions des établissements à effectuer une gestion à courte vue qui est préjudiciable à leur mission d’enseignement et de formation.

Le financement de l’enseignement universitaire doit être révisé afin de freiner la concurrence et le gaspillage de fonds publics auquel elle a donné lieu (« branding » des établissements, mise en marché, déploiement de campus satellites dans des régions déjà desservies, etc.) Les universités ne doivent pas dépendre non plus des fonds accordés par les entreprises et les philanthropes.

Le financement doit aussi tenir compte des besoins et des conditions de la population étudiante (première génération, temps partiel, parents-étudiants, population autochtone, en situation de handicap, stress, incertitude financière, etc.) Il doit soutenir la nécessité de maintenir des infrastructures et de l’expertise dans toutes les régions du Québec. C’est pourquoi la gratuité scolaire et le soutien aux études sont essentiels.

De plus, la précarité sous toutes ses formes et dans les divers corps d’emplois doit faire l’objet d’une sérieuse remise en question. Les conditions de travail du personnel se sont terriblement dégradées au fil des années et le taux de précarité des personnes chargées de cours, des professionnel-les et des personnels de soutien est effarant. Il faut mettre fin aux attaques à la sécurité d’emploi. Le recours à la sous-traitance dans tous les secteurs est une tendance qu’il faut pourfendre.

Un rehaussement substantiel du financement public (canadien et québécois) de la recherche universitaire est incontournable ainsi qu’un accès équitable de tous les acteurs qui font de la recherche, soit les professeur-es, les professionnel-les de recherche, les personnes chargées de cours, de même que les étudiant-es à ces ressources. Au cours des dernières années, les compressions dans les budgets de recherche, jumelées à une volonté de soutenir des projets répondant à des priorités gouvernementales ou des entreprises, ont porté atteinte à la recherche libre et à l’indépendance intellectuelle et scientifique.

Bref, l’État québécois doit assurer un financement adéquat, stable, prévisible et équitable de la mission des universités.

La coordination, la collaboration et la gestion
L’élaboration d’une loi-cadre et la création d’un conseil des universités amélioreraient la cohésion au sein du réseau et la collaboration entre les établissements. La crise que nous vivons aujourd’hui exprime plus que jamais ce besoin. Non seulement ces deux dispositifs auraient pu freiner la concurrence que se livrent les directions des établissements depuis plusieurs années – et le gaspillage de fonds publics qui l’accompagne, mais ils auraient aussi pu empêcher des prises de décision locales, modifiant la mission universitaire de façon irréfléchie, auxquelles nous assistons actuellement dans certains établissements. Le conseil des universités doit toutefois être composé d’une majorité de membres issus des différents groupes appartenant à la communauté universitaire et ne pas conduire à l’implantation de mécanismes d’assurance qualité ni à une standardisation des contenus pédagogiques et de la recherche.

Enfin, nous croyons que la création d’un ministère entièrement dédié à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation contribuerait à accroitre la collaboration des universités entre elles.

Les crises sont propices à la transformation des rapports de pouvoir au sein des organisations. La crise actuelle ne fait pas exception à la règle. Elle a été une nouvelle occasion d’éroder la gestion collégiale qui est pourtant au cœur du fonctionnement des universités depuis leur création. Il nous faut revenir à des modes de gestion qui favorisent la collégialité et la représentation de tous les groupes de la communauté au sein des instances : cadres, professeur-es, personnes chargées de cours, professionnel-les, personnels de soutien, ainsi que les étudiant-es. Il faut de plus assurer que les décisions relatives à l’enseignement et à la recherche soient entièrement dévolues au personnel universitaire par l’intermédiaire d’instances au sein desquelles les membres de la communauté universitaire sont nettement majoritaires.

Nous savons que la pandémie que nous vivons actuellement ne sera pas la dernière crise que le Québec devra affronter. D’autres crises s’annoncent déjà et menacent la santé publique, l’agriculture, l’aménagement du territoire, l’économie, la cohésion et la solidarité sociale. Ces crises exigeront elles aussi des décisions difficiles de la part des responsables politiques. Pour nous préparer à les affronter, la société québécoise aura à nouveau besoin des savoirs construits par une multitude de disciplines. Des savoirs libres et engagés pour affronter et résoudre les problèmes auxquels sociétés, communautés et individus doivent faire face. Pour que les universités soient à la hauteur des nouveaux défis qui se présenteront, et capables de satisfaire les attentes de la société québécoise à leur égard, il faut renforcer le réseau universitaire.

Signataires, membres de la Table des partenaires universitaires :
Caroline Quesnel, présidente, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec-CSN
Louise Briand, vice-présidente, secteur universitaire, Fédération des professionnèles – CSN
Jean Portugais, président, Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
Bernard Gaucher, président, Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche
Carole Neill, présidente, Conseil provincial du secteur universitaire du SCFP-Québec.
Philippe Lebel, président, Union étudiante du Québec
Andréanne St-Gelais, présidente de la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente

Des radiographies de poumons, essentielles en temps de COVID

Les poumons figurant parmi les organes les plus affectés par le nouveau coronavirus, la prise d’images de ceux-ci devient essentielle au traitement de la maladie. Un rôle crucial qui est rempli par les technologues en imagerie médicale.

« On ne fait que des patients potentiellement atteints de la COVID et quelques autres cas d’urgence, comme des fractures », explique Jenny Poulin, technologue en imagerie médicale à l’hôpital Chauveau de Québec. Il faut donc enfiler l’équipement de protection (blouse, visière, masque et gants) et trimbaler l’appareil mobile vers l’urgence où les radiographies des patients sont prises alors qu’ils sont dans leur lit, avec une plaque derrière le dos qui est recouverte d’une taie d’oreiller. Il faut tout désinfecter entre chacun des patients.

« Ce n’est pas évident, les patients toussent, bougent, enlèvent leur masque pour tousser », précise Marie-Josée Lambert, technologue au même hôpital. Les deux spécialistes de l’imagerie médicale soulignent par ailleurs que l’appareil mobile ne donne pas des images optimales, comme l’appareil habituel en salle dédiée. Chaque radiographie prend de trois à quatre fois plus de temps, en raison des déplacements et de la désinfection qui est requise.

L’équipement de protection n’a pas manqué à l’hôpital Chauveau, même si le magasin était a été à sec pendant une courte période. « Il faut penser d’avance à commander, car le matériel n’est pas toujours sur place », explique la technicienne.

« On est pas mal stressés et un peu à cran », résume Jenny Poulin, en précisant que la tension peut parfois monter quand un collègue oublie certaines procédures, alors que le risque de contamination est constant. Parlant de procédures, les deux techniciennes ont remarqué un nombre important de changements de procédures, surtout au début de la crise. 

« Notre gros point, c’est que nous ne sommes pas reconnus », affirme Marie-Josée Lambert qui aurait souhaité avoir accès à la prime de 8 % qui a été offerte à plusieurs salarié-es dans le secteur de la santé. « Notre travail se fait essentiellement à l’urgence ces temps-ci. Le contact avec les patients atteints par la COVID est constant. »

Inquiétude pour les mois à venir
Avec la COVID-19, de multiples radiographies électives sont reportées et la liste d’attente s’allonge de jour en jour. Parallèlement à cela, le personnel diminue en nombre puisque certains sont en arrêt de travail, notamment les femmes enceintes qui doivent quitter le travail plus tôt qu’à l’habitude en raison du virus. Marie-Josée s’inquiète donc de savoir s’il y aura des finissants au cégep cette année pour venir leur prêter main-forte. « Si je tombe malade et que je contamine des collègues, le département pourrait pratiquement fermer », anticipe-t-elle.

La technologue ajoute en outre que les autres maladies continuent d’affecter plusieurs patients. Un cardiologue a d’ailleurs réalisé quelques échographies cardiaques en disant que celles-ci étaient essentielles à la vie des personnes concernées. La pression sera forte quand les suivis radiologiques électifs reprendront.

« Intervenantes en santé communautaire… avec une majeure dans notre domaine ! »

Alors que les personnes âgées sont confinées à domicile et que les visites sont interdites dans les résidences pour aîné-es, les employé-es des programmes de soutien à domicile des CLSC sont souvent les seuls à leur rendre visite en cette période de pandémie.

C’est le cas de Mélanie Deschesnes, physiothérapeute au CLSC de Charlesbourg, qui travaille auprès des personnes âgées pour prévenir les chutes.

« Ces jours-ci, on dit plutôt qu’on est des intervenantes en santé communautaire… avec une majeure dans notre domaine ! », blague-t-elle lorsqu’on l’a jointe au téléphone durant sa pause du matin. « On est parfois les seules à entrer en contact avec les personnes âgées ces jours-ci. Il y a beaucoup d’angoisse, de stress, particulièrement chez celles qui n’ont pas perdu leurs capacités cognitives et qui passent une partie de leur journée devant TVA Nouvelles… Habituellement, elles voient leurs enfants toutes les semaines et, tout d’un coup, elles n’ont plus aucune visite. Elles sont dans l’isolement total, elles ne voient plus personne. C’est très difficile pour leur moral. »

Malgré les risques de contamination, le programme de soutien à domicile pour lequel travaille Mélanie poursuit son cours. « C’est vraiment pas le bon moment pour chuter, se casser une hanche et se ramasser à l’hôpital ! », souligne-t-elle. Bien entendu, elle et ses collègues prennent toutes les précautions nécessaires pour éviter la contamination, notamment en portant les équipements de protection individuelle adéquats.

« Mais la relation d’aide n’est pas facile en portant un masque… », reconnaît-elle. Particulièrement pour les personnes qui ont des problèmes d’audition et qui sont habituées à s’aider en lisant sur les lèvres.

La durée du confinement préoccupe grandement la physiothérapeute.

« Pour plusieurs aîné-es, marcher vers la cafétéria constituait le plus grand effort physique dans une journée. Même ça, elles n’y ont plus droit. Une dame qui a subi son opération pour la hanche juste avant l’épidémie me disait l’autre jour qu’elle était préoccupée par son rétablissement, parce qu’elle ne pouvait plus faire sa promenade. Ça, c’était un beau rayon de soleil de l’entendre me dire ça ! »

« Mais moi aussi, je m’inquiète. Nos personnes âgées bougent beaucoup moins en raison de la crise. Les gens n’iront pas mieux après la pandémie. Une journée alitée, c’est l’équivalent d’une semaine pour récupérer. Je m’attends à un boom, à une augmentation des problèmes de mobilité en lien avec le déconditionnement : perte de force, perte d’endurance, perte de capacité à la marche… Les gens vont être essoufflés beaucoup plus rapidement. »

Mélanie se console, car malgré les difficultés, elle peut poursuivre son travail. « Ce qu’on aime, c’est aider le monde. Au moins, on peut continuer à les visiter, à les aider. À travers tout ça, on se réalise ! »

Québec doit intervenir pour autoriser les personnes accompagnantes

Le 3 avril dernier, l’Hôpital général juif de Montréal a émis une nouvelle directive stipulant qu’aucun partenaire ni autre accompagnant-e ne serait autorisé en salle d’accouchement laissant ainsi les femmes et les personnes enceintes seules pour accoucher. Nous souhaitons interpeller le gouvernement du Québec et lui demander de prendre une position claire contre cette mesure.

Nous comprenons que de telles directives soient motivées par la nécessité de protéger toute personne déambulant à l’hôpital, mais surtout le personnel soignant sur la ligne de front face à la COVID-19. Néanmoins, les groupes que nous représentons ont tous été interpellés par des femmes en détresse, de même que par des professionnel-les en désaccord profond avec cette mesure, certain-es allant jusqu’à envisager des démissions en bloc. Nous sonnons donc l’alarme : cette directive va trop loin. Elle ne sert ni la population ni les professionnel-es de la santé.

Protéger la santé de la personne qui accouche et de son nouveau-né passe par la prévention des complications, laquelle est intrinsèquement liée à la préservation des processus physiologiques. Les études le démontrent et toutes les instances de santé sont unanimes : la présence d’une personne significative est une condition essentielle au bon déroulement d’un accouchement.

De sérieux risques
D’autre part, nous sommes alarmés qu’un nombre croissant de femmes et de personnes qui accouchent envisagent in-extremis la possibilité d’accoucher chez elles sans assistance et de faire appel aux services ambulanciers lorsque la naissance sera imminente. Non seulement ce choix de dernière minute comporte de sérieux risques pour la sécurité des accouchements, mais il menace également d’engorger les services ambulanciers déjà sous tension. Il est évident qu’advenant l’adoption d’une telle directive par d’autres établissements de santé, ce mouvement serait amplifié.

Ceci étant dit, nous comprenons la crainte des professionnel-les de s’exposer à la COVID-19, en particulier lorsque des personnes mentent sur leur état de santé. Il nous paraît essentiel de continuer à enjoindre la population à suivre les directives tout en priorisant l’octroi d’équipement de protection pour les professionnel-les plutôt que d’opter pour des mesures aussi controversées et punitives. Soulignons que les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Société des obstétriciens-gynécologue du Canada (SOGC) stipulent que même les personnes diagnostiquées COVID-19 positif devraient être accompagnées durant leur accouchement.

Des situations contraignantes similaires ont eu lieu en France et dans la ville de New York. Les autorités gouvernementales ont dû se rétracter après avoir imposé de telles mesures en constatant les conséquences gravissimes d’une telle directive sur la santé mère-enfant. Nous croyons qu’il est possible de concilier protection du personnel de la santé et du public d’un côté et respect des droits fondamentaux des femmes et des personnes qui accouchent de l’autre. Le gouvernement du Québec doit rétablir la présence d’une personne accompagnante lors d’accouchement.

Signataires
Regroupement Les Sages-femmes du Québec
Groupe MAMAN Mouvement pour l’autonomie dans la maternité et l’accouchement naturel
Regroupement Naissance Respectée
Association québécoise des accompagnantes à la naissance
Confédération des syndicats nationaux
Fédération des professionnèles (FP–CSN)
Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)
Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)
Association canadienne des sages-femmes
Association québécoise des infirmières et infirmiers

Une prime insuffisante et inéquitable

« Pour le gouvernement, les travailleuses et les travailleurs du secteur public au front contre la COVID-19 n’ont pas toutes et tous la même valeur. C’est inacceptable. Ces femmes et ces hommes qui luttent pour nous méritent mieux », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Après un premier arrêté ministériel en éducation, le 18 mars, qui venait suspendre certains droits des travailleuses et des travailleurs et un second le 21 mars, qui venait faire la même chose dans le secteur de la santé et des services sociaux, c’est à nouveau par une décision unilatérale que le gouvernement est venu fixer les modalités entourant la prime COVID-19, un geste fortement décrié par la CSN. « Les discussions avec le Conseil du trésor sur la prime COVID-19 étaient loin d’être terminées. Nous déplorons le manque d’écoute du gouvernement envers celles et ceux qu’il ne cesse d’appeler ses anges gardiens », ajoute Caroline Senneville.

Toutefois, au-delà de la façon de faire, la prime en elle-même est loin de satisfaire la CSN. Comme cela est libellé dans l’arrêté ministériel déposé hier, le Conseil du trésor choisit d’offrir à certains salariés du réseau de la santé et des services sociaux une prime de 8 %, et à d’autres, une prime de 4 %, alors que tous les salarié-es sont sous pression de façon continuelle durant cette crise. « La prime est nettement insuffisante; elle ignore complètement bon nombre de travailleuses et de travailleurs au front eux aussi, notamment le personnel des services de garde d’urgence et des services à domicile. »

Pour la CSN, il est clair que les iniquités qu’entraîne une prime exprimée en pourcentage sont injustifiables. « Que ce soit dans un établissement de santé, un centre de laboratoire, un domicile privé, un CHSLD ou une école, le danger est bien réel pour tout le monde et le travail de l’ensemble du personnel au front doit être reconnu et valorisé. Une prime en pourcentage, qui se traduit forcément par des montants plus bas pour les salaires les moins élevés, envoie le message aux travailleuses et aux travailleurs que de mettre sa vie en danger ne mérite pas la même reconnaissance pour toutes et tous », poursuit Caroline Senneville.

À l’instar de ce que le gouvernement a mis en place pour le secteur privé (prime de 4 $ l’heure en montant fixe et montant fixe de 100 $ par semaine), la CSN demande à nouveau au gouvernement d’établir la prime spéciale sous forme d’un montant fixe. Rappelons que la centrale syndicale a demandé, le 23 mars dernier, une série de mesures à mettre en place immédiatement pour passer à travers la crise, dont une prime de 3 $ à 4 $ l’heure pour le personnel du secteur public appelé à contribuer aux efforts des mesures d’urgence de lutte contre la COVID-19.

Depuis le début de la crise, la CSN se bat pour que la contribution de TOUS les anges gardiens soit reconnue à sa juste valeur et elle poursuivra les discussions en ce sens dans les prochains jours. « Dans le contexte actuel, le gouvernement doit faire mieux », conclut Caroline Senneville.

Soigner les poilus en temps de crise

Il va de soi que les animaux domestiques apportent un grand réconfort à plusieurs individus et familles actuellement en isolement. En ces temps incertains, l’amour et la compagnie d’un petit chat ou d’un chien peuvent beaucoup aider à passer à travers la journée. Mais ces animaux ne choisissent pas le moment de tomber malades ou de rendre l’âme. Heureusement, les travailleuses et les travailleurs des cliniques vétérinaires sont là pour soutenir la population et aider les gens à traverser certaines difficultés qui n’attendent pas la fin de la crise sanitaire pour surgir.

Alexandra Fortin-Boulay, technicienne en santé animale (TSA) au Centre Vétérinaire Rive-Sud (CVRS) et présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Groupe Vétéri-Médic–CSN, admet que la situation actuelle lui rappelle la raison pour laquelle elle a choisi son métier. « J’ai toujours aimé mon travail, mais ces jours-ci, disons que je suis doublement fière du travail qu’on fait et du rôle qu’on joue pour la société. Nous avons la vie des poilus entre nos mains. Et les gens en ont besoin de leurs animaux, maintenant plus que jamais. Notre travail n’est pas facile, mais il est essentiel. C’est à nous de soigner ces petites bêtes. De veiller à leur confort et à leur bien-être. Mais pour y arriver, on doit être extrêmement vigilant quant à notre propre santé. Parce que si la COVID-19 rentre à l’hôpital, ça va exploser. »

Le CVRS a justement mis en place une série de mesures pour minimiser le risque d’infection et de propagation entre ses murs. On vise notamment à éliminer tout contact avec la clientèle. Les consultations se font par téléphone. En plus de parler des symptômes de leur animal, les clients doivent également informer la clinique de leur propre état de santé.

Demeurer alerte tout en se protégeant
Si une visite est jugée nécessaire, les personnes doivent se présenter sur place et contacter la clinique en restant dans leur voiture. L’évaluation se poursuit alors et les TSA procèdent à un triage afin de déterminer par quelle porte l’animal entrera. Les TSA les attendent par la suite à la porte et les clients doivent déposer l’animal devant eux. Une désinfection complète de l’animal se fait à l’intérieur avant qu’il puisse rentrer dans une salle de chirurgie. Il faut agir vite, parce qu’on n’accepte actuellement que les cas urgents ; il s’agit donc parfois de minutes avant qu’il ne soit trop tard.

Ça, c’est si tout va bien.

Souvent, dans la foulée de l’émotion, les clients n’écoutent pas les consignes ou l’animal est trop en détresse ; on le dépose alors directement dans les bras des TSA. Malgré le fait qu’elles portent des gants et un sarrau, ces travailleuses doivent maintenant procéder à une désinfection complète de leur personne. Pour être le plus rapides possible, elles portent maintenant deux couches de vêtements. Elles doivent dire à l’ensemble du personnel qu’elles sont contaminées et que personne ne devrait les toucher avant qu’elles puissent se laver et mettre la première couche de linge à la laveuse.

Les clients reconnaissent les efforts titanesques de ces travailleuses et travailleurs, même s’il leur est excessivement difficile de ne pas pouvoir accompagner leur animal une fois à l’hôpital. Et bien que ce soit assez éprouvant quand il s’agit simplement d’une intervention médicale, le processus de fin de vie apporte un tout autre niveau de bouleversement.

Un rituel malgré la COVID-19
C’est la raison pour laquelle l’hôpital a érigé un abri temporaire uniquement dédié à l’euthanasie des animaux. Les clients peuvent donc demeurer avec leur animal pour les derniers moments de sa vie. « C’est évidemment des moments très tristes, et ils ne peuvent pas y rester longtemps, mais au moins ils peuvent lui dire au revoir en paix », souligne la présidente du syndicat.

Ces nouveaux protocoles ne sont pas sans poser plusieurs défis. Le fait de tout effectuer par téléphone peut être ardu. Il est difficile de savoir si le client écoute bien, car celui-ci peut être en train de pleurer sans même que le ou la salarié-e le sache. Le lien de confiance se bâtit plus facilement lors d’un échange en personne, mais malgré ces obstacles, Alexandra et les autres membres du STT Groupe Vétéri-Médic–CSN savent qu’ils vont s’en sortir.

« L’énergie des troupes est forte. On se serre les coudes et on reste protégés. On a une job à faire, et on est fiers de ce qu’on est capable de réaliser pour nos amis poilus et leur famille en cette période de crise. »

Le Transit, un centre de crise toujours disponible

Alors que les services d’aide communautaire et les services en santé et services sociaux débordent, une petite lueur brille toujours au cœur de l’Île de Montréal. Le centre de crise Le Transit, qui dessert le Centre-Est de la ville, a même constaté une légère diminution de la clientèle depuis la crise sanitaire liée à la COVID-19. Et pourtant.

« On s’attend à ce que la demande arrive plus tard dans la crise ; présentement, les gens sont en mode survie. Toutefois, on sait qu’il y a déjà des personnes en détresse en raison des pertes d’emploi ou en raison de la situation conjugale. On est prêt à les aider. C’est juste que le gouvernement ne nous a pas encore mis sur la map dans les services offerts », confie l’intervenant psychosocial, André Lapierre, qui est aussi le président du syndicat de l’organisme.

Le Transit vient en aide gratuitement aux personnes qui se sentent dépassées par un événement stressant ou par une difficulté qui semble insurmontable. Entre 25 et 30 « anges gardiens » offrent ces services d’urgence de courte durée en tout temps. Même en cette période de confinement.

« Notre priorité, ce sont les interventions téléphoniques. Pour quelques exceptions, si les règles sont balisées, on peut aussi intervenir face à face. Même nos services d’hébergement demeurent disponibles. C’est sûr qu’on ne peut pas accueillir des personnes qui ont des symptômes ou qui sont en quarantaine, mais nos chambres sont là. »

Le centre de crise peut héberger jusqu’à quatre personnes en même temps, pour une durée maximale de 10 jours. Les personnes en situation de crise – ou leurs proches – peuvent contacter l’organisme à l’adresse suivante : https://www.centredecrise.ca/le-transit

Prime COVID-19 : réaction de la CSN

À la suite des revendications répétées de la CSN, le Conseil du trésor a modifié sa proposition pour la prime COVID-19.

Alors qu’il nous disait ce matin même (2 avril) que la prime COVID-19 qu’il envisageait ne s’appliquerait qu’à une partie du personnel de la santé et des services sociaux, il nous informe maintenant, et ce par un point de presse, qu’il propose une première prime de 8 % pour les travailleurs et les travailleuses qu’il considère de « première ligne », soit tous les professionnels de la santé œuvrant directement auprès de la clientèle, que ce soit aux urgences, aux soins intensifs, dans les centres de confinement, les cliniques de dépistage, ou les CHSLD. Il met aussi sur la table une autre prime de 4 % pour tout le reste du personnel du réseau public de la santé et des services sociaux. Ces primes seraient rétroactives au 13 mars et en vigueur jusqu’au 1er mai, et pourraient être renouvelées. Pour la CSN, il est clair que ces primes sont toujours nettement insuffisantes quant à leur hauteur et à leur application limitée à certains secteurs ou réseau.

Au moment d’écrire ces lignes, nous ne pouvons affirmer avec certitude quels titres d’emploi constituent la « première ligne » aux yeux du gouvernement. Le gouvernement a précisé que cette mesure serait incluse à un arrêté ministériel à paraître prochainement. Nous vous tiendrons informé-es de tout développement.

Soulignons que ces primes présentées aujourd’hui par le gouvernement n’ont pas fait l’objet d’une entente à aucune table de négociation. Il en va de même des mesures particulières à la COVID-19, pour assurer la santé et la sécurité du personnel.

Les syndicats CSN du CHU Sainte-Justine obtiennent le retrait du personnel à risque

Les trois syndicats CSN, représentant l’ensemble des salarié-es du CHU Sainte-Justine annoncent aujourd’hui que l’établissement accepte de retirer les femmes enceintes avec pleine rémunération via le programme Pour une Maternité Sans Danger (PMSD). Les personnes immunosupprimées présentant un billet du médecin et celles âgées de 70 ans et plus qui en font la demande seront aussi retirées.

Les syndicats se réjouissent que le CHU Sainte-Justine fasse preuve de leadership en mettant en œuvre cette mesure nécessaire, afin de protéger adéquatement l’ensemble du personnel de l’établissement. Les syndicats demeureront extrêmement vigilants dans la suite des choses afin d’assurer la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs tout au long de la crise. Rappelons que les fédérations représentant ces syndicats, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ont décidé de faire de la santé et de la sécurité du personnel leur priorité absolue. Elles tentent actuellement de convenir au niveau national, avec les représentants des employeurs du réseau, des mesures d’urgence à mettre en place immédiatement pour faire face à la crise de la COVID-19. Le retrait des femmes enceintes, celles qui allaitent ainsi que des personnes immunosupprimées ou d’autres personnes vulnérables des milieux non sécuritaires, avec pleine rémunération, fait partie de ces mesures.

« Le CHU Sainte-Justine a pour mission de se consacrer à la santé et au bien-être des mères et de leurs enfants. En ce sens, la direction devait montrer l’exemple en protégeant les travailleuses enceintes ainsi que le personnel le plus à risque. Nous pensons que cette mesure devrait être de mise dans tous les établissements du réseau », plaide le président du syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine – CSN, Félix-Olivier Bonneville.

« C’est nous qui sommes au front au quotidien et nous le faisons avec cœur et engagement. Il est primordial d’agir rapidement pour protéger l’ensemble du personnel », poursuit la présidente du Syndicat des techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec – CSN, Jessica Goldschleger.

« C’est un cri du cœur au nom de tous nos collègues qui s’inquiètent pour leur santé et pour leur sécurité que nous avons lancé à la direction. Nous nous réjouissons qu’il ait été entendu par la direction et nous espérons que tous les établissements suivront la voie que nous traçons aujourd’hui, pour le bien de l’ensemble du personnel », conclut Simon Bouclin, président du syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine – CSN.

Des mesures d’urgence pour l’ensemble du personnel, partout
Pour les fédérations CSN, ce problème ne concerne pas que le CHU Sainte-Justine, mais bien l’ensemble des établissements : c’est la responsabilité de l’ensemble du réseau et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui est en cause. Outre le retrait de personnes à risque, les deux fédérations tentent depuis plusieurs jours de convenir d’autres mesures d’urgence liées à la crise de la COVID-19. Malgré l’urgence de la situation et les nombreuses heures de discussion, il n’y a toujours pas d’entente avec le ministère de la Santé et des Services sociaux afin de convenir des mesures ciblées essentielles dans ce contexte de crise, pour protéger les travailleuses et les travailleurs.

Ensemble, la FSSS–CSN et la FP–CSN regroupent près de 100 000 salarié-es du réseau public de la santé et des services sociaux, et ce, dans toutes les catégories de personnel, partout au Québec.

Message aux syndicats du secteur public : Un gouvernement déconnecté qui veut couper les ailes des anges gardiens

Rappelons que le 23 mars, la CSN a présenté sa réponse au Conseil du trésor : une suspension de la négociation compensée par plusieurs mesures à mettre en place immédiatement, dont certaines de nature financière, permettant de mettre la négociation de côté pour une période allant jusqu’à 18 mois, afin de pouvoir se consacrer entièrement à la lutte contre la COVID-19, au bénéfice de toute la population.

Au cours de la dernière semaine, nous avons eu plusieurs échanges avec le Conseil du trésor et les représentants patronaux des différents réseaux, mais force est de constater que très peu d’avancées ont été réalisées. En résumé, le gouvernement propose essentiellement d’accepter sa proposition initiale du 12 décembre dernier, que toutes les organisations syndicales avaient jugée inacceptable. Aujourd’hui, en pleine crise, il nous demande d’accepter un statu quo sur les conditions de travail pour les trois prochaines années et il tient à boucler cet important exercice d’ici le 31 mars, alors qu’une telle opération s’étend généralement sur des mois, voire plus encore. Ces « offres » qui étaient déjà déconnectées des réalités vécues et des besoins dans les réseaux publics en décembre dernier le sont encore plus maintenant. Il s’agit d’un grand manque de respect pour les travailleuses et les travailleurs du secteur public qui ont présentement plus que jamais besoin d’être soutenus.

Quel est le véritable intérêt du gouvernement à vouloir conclure en quelques jours des ententes qui maintiendront à peu de choses près les mêmes conditions de travail inadéquates pour l’ensemble des salarié-es bien au-delà de la crise sanitaire ? Voudrait-il ainsi passer le cap des prochaines élections sans se retrouver à négocier avec ses travailleuses et ses travailleurs juste avant celles-ci ? La crise sanitaire ne doit pas servir à occulter les problèmes réels de conditions de travail.

Une chose est certaine, l’entêtement du gouvernement à vouloir renouveler en vitesse l’ensemble des conventions collectives nuit aux discussions essentielles qui devraient se tenir maintenant afin de mettre en place des mesures d’urgence pour le personnel au front contre la COVID-19. On apprenait ce matin qu’on recense déjà, au Québec, 46 cas de COVID-19 chez le personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Le gouvernement doit agir maintenant; il en va de la sécurité et de la santé, tant physique que psychologique, de centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs des services publics. L’heure est grave, il faut consacrer toutes nos énergies à trouver des solutions à la crise et, par conséquent, suspendre la négociation.

Alors que dans le secteur privé de nombreux employeurs d’entreprises jugées essentielles en ces temps de crise valorisent leurs travailleuses et leurs travailleurs en offrant des majorations salariales significatives, le gouvernement, jusqu’à présent, semble plutôt d’avis que ses anges gardiens ne méritent pas tous une reconnaissance de leur contribution. Ce refus de souligner concrètement l’apport crucial de toutes celles et de tous ceux qui, pour les semaines et les mois à venir, maintiendront les services à la population, permettant ainsi de sauver des vies et de sortir le Québec de la crise, est inacceptable.

Dans ce contexte, les fédérations CSN maintiennent que les conventions collectives du secteur public ne doivent pas se négocier à la va-vite, sur un coin de table. Les besoins sont trop importants ; ils l’étaient avant la crise et le seront encore plus au sortir de la lutte contre la COVID-19. Aller de l’avant avec la proposition actuelle du gouvernement n’est pas la voie à suivre.

Nous le disons depuis longtemps déjà : les services publics sont les piliers de notre société. Sans vous toutes et vous tous, aujourd’hui, le Québec ne tiendrait plus debout. La population entière le réalise actuellement et le gouvernement doit aussi le reconnaître par des gestes concrets. C’est par ce message que nous avons terminé la rencontre d’hier avec le Conseil du trésor.

La CSN poursuivra activement les discussions avec le gouvernement au cours des prochains jours. Nous continuerons de vous tenir informés.

Solidarité !

Message aux syndicats du secteur public : Soutenir les anges gardiens, tous les anges gardiens, un devoir collectif

La CSN demande le renforcement des règles en matière de santé et de sécurité au travail
La situation actuelle est inédite. Le Québec n’a jamais traversé une crise d’une telle ampleur et cela nous impose d’agir en conséquence. Le temps n’est pas à une entreprise d’envergure comme l’est la négociation du secteur public. Signer des ententes pour les trois, quatre, cinq prochaines années, pour des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, alors que nous vivons une crise de santé publique sans précédent, nous semble impossible et inapproprié. Les travailleuses et les travailleurs sur le terrain doivent pouvoir mettre toutes leurs énergies à aider les Québécoises et les Québécois à passer à travers cette crise.

Pour toutes ces raisons, nous voulons affirmer une fois de plus notre volonté de collaborer avec le gouvernement dans les plus brefs délais pour faire en sorte que les anges gardiens, tous les anges gardiens, tant le personnel en santé et services sociaux que dans les services de garde, soient soutenus par des mesures immédiats, fortes et concrètes, qui porteront tant sur la rémunération que sur les conditions de travail.

Dans ce contexte, nous demandons au Conseil du trésor de suspendre les négociations des conventions collectives du secteur public pour une période de 18 mois, en convenant de mesures particulières liées aux impacts de la pandémie pour les travailleuses et les travailleurs.

Caroline Senneville
Vice-présidente de la CSN

La CSN demande le renforcement des règles en matière de santé et de sécurité au travail

Alors que la propagation du coronavirus s’amplifie, la CSN demande au gouvernement de François Legault de s’assurer du renforcement de l’application des règles en matière de santé et de sécurité au travail par l’ensemble des employeurs au Québec. La CSN considère que des gestes en ce sens deviennent urgents, d’abord pour garantir la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs, mais également pour diminuer l’ampleur du ralentissement économique auquel le Québec est confronté.

« Ce n’est pas le temps de niaiser avec les mesures de prévention en matière de santé et de sécurité au travail! », lance d’emblée le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Chaque jour, le premier ministre lance un appel particulier pour contenir la crise. Nous estimons qu’il est plus que temps qu’il envoie une consigne très, très claire aux employeurs du Québec : les mesures de prévention en milieu de travail doivent être renforcées afin de contenir la propagation du virus. La CNESST doit intervenir dans les milieux de travail où des correctifs doivent être apportés. Il est de la responsabilité du gouvernement de s’en assurer. »

Depuis une semaine, la CSN reçoit de multiples témoignages de travailleuses et de travailleurs inquiets d’être contaminés au travail. La CSN salue la diligence des employeurs qui ont renforcé les mesures de salubrité et favorisé au maximum la possibilité de faire du télétravail, mais déplore que plusieurs d’entre eux négligent la situation, et ce, tant dans les secteurs public et privé que dans le secteur parapublic.

Le président de la CSN demande également à la population de tout mettre en œuvre afin de préserver la santé des salarié-es qui travaillent avec la clientèle. « Dans les épiceries, les restaurants et les commerces de vente au détail, nos membres sont directement exposés aux vecteurs de propagation du virus. Svp, faites en sorte de ne pas les contaminer : gardez vos distances, évitez la monnaie papier et respectez les consignes d’isolement », exhorte Jacques Létourneau.

Message aux syndicats du secteur public : Mise à jour du 18 mars

Le premier ministre nous a aussi demandé « Qu’est-ce que le gouvernement peut faire pour améliorer les conditions de travail du personnel du réseau de la santé? » Depuis, les fédérations multiplient les discussions pour regarder ce qu’il faut mettre en place pour, d’abord et avant tout, préserver la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs qui sont sur la ligne de front.

Nous considérons aussi qu’il est de notre devoir de garder mobilisées toutes ces personnes qui travaillent sans relâche en ce moment dans les centres de santé et de services sociaux ainsi que dans les services de garde en milieu scolaire, en installations et en milieu familial. C’est là-dessus que les fédérations travaillent sans relâche, ainsi que sur les préoccupations soulevées par les travailleuses et les travailleurs sur le terrain.

Beaucoup de questions demeurent sans réponse pour le moment, mais nous ne chômons pas et nous faisons tout en notre pouvoir pour y répondre le plus rapidement possible. Nous tenons aussi à vous indiquer que nous continuerons à vous tenir informé-es régulièrement, même lorsque nous avons peu de nouvelles à vous transmettre.

Revenez voir notre page, nous y ferons des mises à jour régulièrement.

Un moratoire s’impose avant de nouveaux déploiements

Après la multiplication de centres d’études collégiales et d’antennes universitaires au cours des dernières années, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) et la Fédération des professionnèles (FPCSN) s’interrogent sur les intentions du ministère de l’Enseignement et de l’Éducation supérieur (MEES) de permettre la création de nouveaux campus universitaires sans consultation et sans étude approfondie.

« C’est avec stupéfaction que nous avons appris dans les médias le projet de création d’un campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) à Terrebonne alors que l’UQAM et l’Université de Montréal offrent déjà des programmes dans la région de Lanaudière. Tout cela se passe vraisemblablement avec la complicité intéressée des autorités politiques locales poussées par le développement immobilier. Les établissements d’enseignement supérieur sont publics et les créations de campus satellites créent une concurrence indue entre eux », déclare le vice-président, regroupement université à la FNEEQCSN, Richard Bousquet.

Un moratoire s’impose
Si les créations de campus ont, par le passé, assuré une plus grande accessibilité de l’enseignement supérieur, la majorité des initiatives des dernières années n’ont aucune visée académique : elles relèvent davantage d’une course à la clientèle sans considération sur la cohésion de l’offre de programmes d’un territoire donné, sur les conditions d’études et de travail ainsi que sur la vie au sein des campus. L’ouverture de nouveaux points de service même à Montréal par les établissements d’enseignement des régions doit aussi être réévaluée.

« Nous exigeons un moratoire sur le déploiement des centres d’études collégiales et universitaires. La construction de nouveaux campus accroît les dépenses immobilières et il ne semble pas qu’elle s’accompagne d’une augmentation des effectifs étudiants. Si un nouveau campus peut sembler attrayant, il faut tout de même s’assurer que celui-ci n’en videra pas un autre », soutient la vice-présidente, secteur universitaire à la FPCSN, Louise Briand.

Rappelant le rapport des États généraux de l’enseignement supérieur, la FNEEQCSN et la FPCSN réitèrent la nécessité de créer des organismes de coordination du développement des réseaux collégial et universitaire, composés majoritairement de membres issus de la communauté collégiale et universitaire (professeur-es, chargé-es de cours, personnel professionnel et de soutien, étudiantes et étudiants) afin de freiner la compétition entre les établissements et assurer un déploiement basé sur l’intérêt public et la formation des étudiantes et étudiants.

Vague de syndicalisation chez les archéologues du Québec

La CSN est heureuse d’accueillir au sein de son organisation un tout nouveau syndicat issu d’un secteur qui était non syndiqué jusqu’alors : il s’agit d’une première dans le milieu de l’archéologie québécoise. Le Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQCSN), qui est affilié à la Fédération des professionnèles (FPCSN),  a tenu dimanche son assemblée générale de fondation et a élu son premier président ainsi que trois membres du comité exécutif de transition.

« Regrouper plusieurs dizaines de professionnèles qui partagent la même profession, mais qui travaillent chez différents employeurs à travers la province est un défi de taille. N’empêche, l’union fait la force : il faut absolument regrouper ces archéologues pour rehausser collectivement leurs conditions de travail qui ne sont pas à la hauteur de leur expertise ni de leur niveau de qualification présentement », déclare la présidente de la FPCSN, Ginette Langlois.

Le syndicat, qui vise l’ensemble du milieu québécois, et donc plusieurs employeurs, cherche à améliorer les conditions de travail des archéologues oeuvrant en archéologie contractuelle, secteur de recherche essentiel à la sauvegarde de notre patrimoine.

Un travail de construction à venir
À ce jour, le Syndicat national des archéologues du Québec compte cinq unités d’accréditation confirmées et quatre autres sont en processus d’accréditation. D’autres dépôts pourraient suivre. Le syndicat est confiant d’arriver à terme à syndiquer l’ensemble du milieu à l’échelle de la province.

À l’heure actuelle, les archéologues en milieu privé font face à des conditions de travail souvent difficiles et précaires. Les contextes d’intervention atypiques ne favorisent pas toujours le respect des normes de santé et sécurité au travail. De plus, les salaires trop bas et le manque d’échelle salariale placent un trop grand nombre d’entre eux sous le seuil de faible revenu, malgré plusieurs années d’expérience et une scolarité universitaire. Il en résulte un haut taux d’abandon de la profession par ses membres les plus expérimentés. Par amour pour leur profession trop longtemps dévalorisée, les archéologues du Québec ont pris la décision de s’unir pour améliorer leurs conditions de travail et assurer une pratique saine et viable de leur métier.

« Nous sommes fières de nous rassembler de part et d’autre de la province pour permettre au milieu de l’archéologie professionnelle de se doter d’outils qui favoriseront son rayonnement, sa valorisation, et sa croissance. L’espoir est d’améliorer les perspectives d’avenir pour tous les archéologues », soutient solidairement le nouvel exécutif du SNAQCSN.

Le projet de conventions collectives sera élaboré à partir de ce printemps en tenant compte de la réalité de chaque milieu de travail. Un comité de négociation national est déjà élu.

Montant record amassé par la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN

La 23e campagne de financement de la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN, camp unique pour les enfants atteints de cancer et leur famille, vient de se terminer. Nous sommes très heureux d’annoncer qu’un montant record de 231 457 $ a été amassé collectivement par les membres de la CSN. C’est en 2019 que le cap des 4 millions de dollars a été franchi en montant amassé total depuis le début de cette belle association.

Par solidarité envers les enfants atteints de cancer, les militants et militantes ont organisé différentes actions pour atteindre un tel résultat (campagne du 1 $ par membre, retenues à la source, tournois de golf, ventes de bonbons,  organisation d’activités, etc.). Le Camp Vol d’été Leucan-CSN est d’ailleurs la cause officielle de la CSN.

30 personnes membres de toutes les organisations de la CSN s’impliquent bénévolement à la Fondation Camp Vol d’été Leucan-CSN pour mener cette campagne de collecte de fonds. Ils agissent avec cœur et dévouement tout au long de l’année pour voir à la réussite de la campagne. Ils sont : Jean Lacharité (CSN), Gabrielle Pelletier (CSN), Ramatoulaye Diallo (Conseil central du Montréal Métropolitain–CSN), Éric Céré (Conseil central des Laurentides–CSN), Nancy Legendre (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Félix-Antoine Lafleur (Conseil central Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec–CSN), Daniel Lamoureux (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Sylvain Pratte (Conseil central Cœur-du-Québec–CSN), Agathe Tremblay (Conseil central Côte-Nord–CSN), Julie Bolduc (Conseil central Estrie–CSN), Serge St-Pierre (Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN), Alain Chevarie (Conseil central de la Gaspésie et des Île-de-la-Madeleine–CSN), Patricia Rivest (Conseil central Lanaudière–CSN), Louis-André Boulay (Conseil central Montérégie–CSN), Daniel Baril (Conseil central Outaouais–CSN), Louis Hamel (Conseil central Québec-Chaudière-Appalaches–CSN), Monic Perron (Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN), Emmanuelle-Cynthia Foisy (CSN-Construction), Alexandre Giguère (FC–CSN), Jean-Pierre Bourgault (FEESP–CSN), Michel Tétreault (FIM–CSN), Pierre Roger (FNC–CSN), Léandre Lapointe (FNEEQ–CSN), Yvan Duceppe (FP–CSN), Nadine Lambert (FSSS–CSN), François Gagnon (L’OR–CSN), Céline Charbonneau (Marraine), Jean-Claude Gagnier (STT–CSN)

Les familles de Leucan tiennent à remercier tous ceux qui participent de près ou de loin à cette grande campagne provinciale de financement. Soyez assuré que vous faites une réelle différence. Comme on le dirait au camp….

« C’estttttt un M, un E, un R. C’est un C avec un I.  Rassembler tou-tes ces let-tres, vous y trouverez, MERCI MERCI MERCI! »

Le travail caché des éducatrices spécialisées

Pour cette nouvelle baladodiffusion, l’équipe du Point syndical vous propose un entretien entre Marie-Ève De Bellefeuille, éducatrice spécialisée au CLSC de Beauport, et Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN. Cet échange lève le voile sur le travail crucial, mais mal connu des éducatrices spécialisées ; il fait état de réflexions préoccupantes sur le bien-être des enfants ébranlé par des années d’austérité. En voici un condensé.

Caroline : En quoi consiste ton travail concrètement ?

Marie-Ève : J’aide les enfants et leur famille au quotidien, et ma façon de le faire est de me déplacer directement pour aller à leur rencontre, à la maison. Je suis présente le matin ou au retour de l’école pour apporter du soutien aux parents dans ces moments plus intenses de la journée. Je leur offre un appui pour faciliter leur passage à travers des étapes de la vie qui sont parfois un peu ardues.

Caroline : Dans le cadre de ton travail, j’imagine que tu peux être en lien avec les centres jeunesse ?

Marie-Ève : Oui, je travaille en collaboration avec ces centres. Souvent, des personnes viennent volontairement solliciter nos services. Mais parfois aussi, nous intervenons tout juste avant ou après le passage de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dans le dossier.

Caroline : Si tu avais une baguette magique, que ferais-tu pour donner de meilleurs services ?

Marie-Ève : Si j’avais le pouvoir de changer quelque chose dans mon travail, je réduirais les tâches administratives afin d’assurer une plus grande présence auprès des familles. Être moins derrière mon bureau me permettrait de me concentrer sur les services aux usagers. Les éducatrices et éducateurs spécialisés aiment être dans l’action ; le volet administratif est important bien sûr, car il faut laisser des traces de nos interventions, mais il prend tellement de place qu’il gruge le temps précieux passé aux côtés de celles et ceux qui ont besoin de nous.

Caroline : Qu’aimerais-tu apprendre au public à propos de ton travail ?

Marie-Ève : Nous sommes invités dans l’intimité des gens. Quand on arrive dans un foyer, tôt le matin, on voit des personnes en pyjama et les cheveux en bataille ou en train de se brosser les dents. Notre travail est caché ; on ne peut même pas s’imaginer à quel point il peut changer les choses dans la vie d’un enfant. N’oublions jamais que les enfants, c’est l’avenir. Si on ne sème pas les graines, si on ne les aide pas à pousser comme il faut, elles vont se développer tout croche. La plupart des parents veulent qu’elles poussent droit, mais n’ont pas les moyens ou n’ont pas eu les modèles pour y arriver.

Caroline : On sait que les compressions dans le réseau de la santé et des services sociaux nuisent à la prestation de bons services en santé mentale. Est-ce que cette situation entraîne un impact sur ton travail ?

Marie-Ève : Absolument. C’est une réaction en chaîne. Certains parents que j’accompagne attendent des traitements en psychologie depuis très longtemps.  Leur santé mentale s’en trouve fragilisée, ce qui a une répercussion sur les enfants. De leur côté, certains enfants reçoivent des diagnostics et doivent patienter longtemps pour une évaluation en pédopsychiatrie ou en orthopédagogie. En attendant, ils peuvent avoir du mal à réussir sur le plan scolaire et ne reçoivent aucune aide durant cette période. Il s’ensuit souvent une augmentation des comportements difficiles à école, ce qui occasionne du stress au sein de la famille. Quand j’ai commencé il y a dix-sept ans, je n’étais pas aussi souvent témoin de ce genre de situation aujourd’hui très fréquente.