Services essentiels : la CSN se réjouit de la révision d’une législation déclarée constitutionnellement inopérante

La CSN se réjouit du dépôt ce matin du projet de loi 33 visant à modifier certaines dispositions du Code du travail relatives au maintien des services essentiels dans les secteurs public et parapublic. Il s’agit de l’aboutissement logique d’une bataille juridique menée par la CSN depuis plusieurs années.

Rappelons qu’à la suite d’une contestation déposée par la CSN devant le Tribunal administratif du travail, le juge Pierre Flageole avait déclaré « constitutionnellement inopérantes » les modalités prévues à l’article 111.10 du Code du travail qui déterminaient des pourcentages de services essentiels à maintenir en cas de grève dans le réseau de la santé et des services sociaux, et ce, sans égard à la fonction exercée par chacun des salarié-es sur la base du principe de la santé et de la sécurité de la population. Pour la CSN, ces dispositions allaient à l’encontre de la jurisprudence entraînée par l’arrêt Saskatchewan de 2015, dans lequel la Cour suprême avait, pour la première fois, reconnu le caractère constitutionnel du droit de grève.

« Il s’agit pour nous d’une très grande victoire, reconnait le président de la CSN, Jacques Létourneau. Nous avons toujours prétendu que l’imposition de pourcentages uniques pour l’ensemble des salarié-es d’un établissement, sans considération quant aux fonctions exercées par ceux-ci, constituait une entrave au droit de grève et à la libre négociation. Jamais nous ne contesterons la nécessité de maintenir des services essentiels. On s’entend, tous les salariés d’un établissement de santé et de services sociaux jouent un rôle essentiel. Mais il n’est pas vrai que l’arrêt de travail de tous les employés met la santé et la sécurité de la population en danger au même titre que leur collègue des soins intensifs. En abrogeant l’article 111.10 du Code du travail et en permettant la négociation entre les parties des services à être maintenus, sur la base du critère de santé et de sécurité de la population, le gouvernement reconnait aujourd’hui nos prétentions. »

La CSN prend acte de l’engagement du leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, de tenir des consultations particulières sur le projet de loi 33. La CSN entend étudier le projet de loi en détail et faire les représentations appropriées lors des travaux en commission parlementaire.

Rappelons également que, dans la foulée de la décision Flageole, la CSN avait déposé en Cour supérieure, le 12 juin 2018, une requête visant à faire invalider d’autres entraves juridiques au droit de grève dans le secteur public, notamment quant aux modalités répressives contenues dans la loi 160, toujours en vigueur, ainsi qu’aux limitations du droit de grève et à la libre négociation des dispositions locales des conventions collectives du réseau de la santé et des services sociaux.

S’unir. Agir. Gagner.

Après des années de compressions budgétaires, les besoins sont immenses dans le secteur public. Un réinvestissement massif s’impose, et ce, dès maintenant.

Des réseaux désorganisés, un sous-financement criant, des travailleuses et des travailleurs à bout de souffle, mais aussi de nouveaux acteurs politiques provinciaux et des surplus budgétaires importants ; voilà l’environnement dans lequel s’entreprendront les négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public, qui viendront à échéance le 31 mars 2020.

Au cours des derniers mois, c’est par dizaines de milliers que les membres des quatre fédérations du secteur public de la CSN ont participé à une grande consultation afin de brosser le portrait de la situation dans les réseaux. Cette première étape a mené à la préparation des cahiers de demandes à déposer au gouvernement l’automne prochain. De cette vaste consultation, il est ressorti que, pour répondre adéquatement à l’ensemble des enjeux qui se posent dans les divers milieux de travail et pour assurer la pérennité des services, le projet de négociation doit mettre l’accent tant sur l’amélioration des conditions de travail et de pratique que sur l’amélioration des conditions salariales.

Des réseaux en crise
Le contexte actuel de rareté et de pénurie de main-d’œuvre, la précarité qui touche près de 40 % du personnel des réseaux et l’alourdissement des charges de travail provoquent des problèmes criants d’attraction et de rétention dans le secteur public, sans compter l’impact sur la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs. Pour freiner ce phénomène, les conditions de travail et de pratique doivent s’améliorer de manière radicale ; le gouvernement doit agir rapidement pour les bonifier.

Dans les dernières années, le gouvernement n’a pas financé les services publics à la hauteur des besoins, ce qui a entrainé des impacts directs sur le travail des femmes et des hommes qui portent les services publics à bout de bras. Couper des postes tout en essayant de maintenir la prestation de services a inévitablement provoqué une augmentation de la charge pour celles et ceux qui occupent toujours des emplois dans les réseaux et, par conséquent, une hausse importante des cas d’épuisement et de détresse psychologique.

Pour améliorer la qualité et l’accessibilité des services, un réinvestissement majeur et rapide est nécessaire en santé et services sociaux, en éducation et dans les organismes gouvernementaux. Ces investissements doivent aussi permettre d’obtenir des mandats et de dégager des marges financières importantes pour convenir, aux tables sectorielles, de solutions pour améliorer les conditions de travail et de pratique, notamment l’ajout de nouveaux postes.

Des salaires nettement insuffisants
Au fil des conventions collectives, les hausses de salaire du personnel des réseaux ont été presque systématiquement inférieures à l’augmentation du coût de la vie. Globalement, les travailleuses et travailleurs du secteur public se sont appauvris. Afin que cela cesse, la demande salariale soumise à la consultation propose de réintroduire dans les conventions collectives une clause protégeant le pouvoir d’achat en assurant des hausses supérieures à l’inflation.

Les faibles hausses salariales des deux dernières décennies ont presque toutes été versées en pourcentage pour tous les titres d’emploi, de sorte qu’aujourd’hui, plus de 100 000 travailleuses et travailleurs, soit 20 % des salarié-es, sont toujours sous la barre du 25 $ l’heure. Cette faible progression des salaires rend le secteur public peu attrayant pour les personnes qui arrivent sur le marché de l’emploi. Dans le contexte actuel de rareté de main-d’œuvre, cette situation est dramatique et soulève un questionnement : le gouvernement tenterait-il de « vider » le secteur public et, du même coup, de priver des centaines de milliers de Québécoises et de Québécois de services publics de qualité auxquels ils ont droit ?

Afin de renverser la situation et de réussir à attirer du personnel, il est proposé de donner un grand coup en augmentant tous les salaires de 3 $ l’heure, et ce, dès la première année. Tout en ayant un effet positif important pour toutes et tous, ce montant fixe aurait un impact majeur pour les personnes qui œuvrent dans les emplois les moins bien payés.

Par la suite, des augmentations de 3 % sont proposées pour chacune des deux autres années des conventions collectives, ce qui permettrait d’entamer un rattrapage par rapport à l’ensemble des salarié-es du Québec, puisque les hausses salariales à l’extérieur du secteur public devraient se situer autour de 2,5 % selon les prévisions. Rappelons que les autres salarié-es québécois, pour des emplois équivalents, gagnent en moyenne 6,6 % de plus en rémunération globale (salaire et avantages sociaux) que les salarié-es du secteur public.

Les fédérations proposent aussi de mener des travaux afin d’identifier d’autres mesures qui pourraient permettre d’améliorer les conditions salariales des travailleuses et travailleurs du secteur public.

Un projet à la hauteur des attentes ?
C’est maintenant aux 150 000 membres du secteur public de la CSN à se prononcer, en assemblée générale, sur le cahier de demandes qui leur est soumis. C’est le temps d’analyser et de débattre des propositions afin que l’ensemble des demandes qui seront déposées au gouvernement constituent un projet de négociation mobilisant, un projet qui permette d’obtenir des services publics plus humains, tant pour celles et ceux qui y travaillent que pour l’ensemble de la population du Québec.

20 ans de luttes au Québec

Si la profession de sage-femme existe depuis toujours, c’est depuis 1999 qu’elle est légalisée au Québec. Malheureusement, 20 ans plus tard, plusieurs régions telles que la Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et même Laval n’ont toujours aucune maison de naissance sur leur territoire. Cependant, grâce à de nombreuses mobilisations citoyennes, plusieurs projets sont actuellement en développement et verront le jour dans les prochaines années.

En cette année de célébration des luttes qui ont permis l’avancement de la profession, le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) effectuera une tournée aux quatre coins de la province qui permettra de faire connaître la pratique sage-femme et ce qui la rend unique. Bien que des avancées aient été réalisées dans les dernières décennies, il incombe maintenant au gouvernement d’assurer une réelle accessibilité au suivi avec une sage-femme pour l’ensemble des régions du Québec et prendre les moyens nécessaires pour éviter une nouvelle pénurie de main-d’œuvre.

Des demandes concrètes pour répondre aux immenses besoins

Des réseaux publics désorganisés, une main-d’œuvre qui se fait rare et des travailleuses et des travailleurs à bout de souffle; c’est dans ce contexte difficile, où il est urgent d’agir, que la CSN lance une vaste opération de consultation de ses membres pour déterminer les demandes à déposer au gouvernement du Québec pour la prochaine ronde de négociation. Les conventions collectives arrivant à échéance le 31 mars 2020, quelque 150 000 membres CSN du secteur public seront appelés, au cours des prochains mois, à se prononcer en assemblée générale sur diverses propositions, notamment sur les conditions de travail et de pratique et sur les salaires. Ils devront aussi évaluer si le projet qui leur est soumis répond aux besoins criants des femmes et des hommes qui s’occupent chaque jour de la population québécoise.

Des milieux de travail en crise
« Ça fait des années qu’on le répète, les travailleuses et les travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux font face à une surcharge de travail importante et se retrouvent trop souvent en situation de précarité, affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN. La situation est difficile depuis longtemps, mais elle s’est aggravée avec les compressions massives et le sous-financement chronique des années de gouvernance libérale. La CAQ dit vouloir faire les choses autrement; M. Legault ne devra donc pas s’étonner de retrouver des revendications pour des investissements majeurs pour améliorer la qualité et l’accessibilité des services publics. »

Les conditions de travail et de pratique se négociant essentiellement aux tables sectorielles, les investissements demandés devront permettre de dégager des marges financières importantes pour permettre aux différents secteurs de convenir des solutions à mettre en place pour régler les nombreuses problématiques dans les milieux de travail. « C’est souvent au détriment de leur santé que les travailleuses et les travailleurs ont réussi à maintenir des services de qualité pour la population. Ça ne peut plus durer. »

Des salaires insuffisants et non compétitifs
« On sera aussi en demande sur les salaires, ajoute Mme Senneville. Au fil des conventions collectives, certaines fois négociées, d’autres fois décrétées, les hausses salariales de nos membres ont presque toujours été inférieures à l’augmentation du coût de la vie. N’ayons pas peur des mots, le personnel des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux s’est appauvri. » Pour contrer tout éventuel appauvrissement, la demande salariale soumise aux membres propose l’introduction aux conventions collectives d’une clause de protection du pouvoir d’achat, assurant l’indexation annuelle des salaires à l’inflation.

Avec la détérioration des conditions de travail et les faibles hausses salariales des deux dernières décennies, le secteur public est maintenant très peu attractif pour les personnes qui arrivent sur le marché de l’emploi. « Dans le contexte actuel de rareté de la main-d’œuvre, cette situation est extrêmement préoccupante. C’est pourquoi nous proposons d’augmenter tous les salaires de 3 $ l’heure, et ce, dès la première année. Tout en ayant un effet positif important pour toutes et tous, ce montant fixe aurait un impact majeur pour les personnes qui œuvrent dans les emplois les moins bien payés », poursuit Mme Senneville. Actuellement, plus de 125 000 travailleuses et travailleurs, soit près du tiers des effectifs du secteur public, gagnent moins de 25 $ l’heure.

Pour chacune des deux années subséquentes, la demande salariale soumise aux membres propose une augmentation de 3 %. « Les prévisions pour les hausses salariales à l’extérieur du secteur public se situent autour de 2,5 %. La proposition soumise permettrait un rattrapage par rapport à l’ensemble des salariés québécois qui, rappelons-le, gagne en moyenne 6,6 % de plus, en rémunération globale, que les salarié-es du secteur public. »

Régime de retraite et investissement responsable
« Nous voulons aussi entendre ce que les membres ont à dire sur leur régime de retraite. Nous avons certaines demandes à proposer, dont une qui est en droite ligne avec la préoccupation grandissante de la population sur la question environnementale. Nous proposons de revendiquer que la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère le régime de retraite des travailleuses et travailleurs du secteur public, procède à un désinvestissement des énergies fossiles dans un délai de cinq ans », conclut Caroline Senneville.

D’autres demandes, notamment sur les assurances collectives, seront également soumises au débat dans les assemblées générales. À l’automne, les fédérations du secteur public de la CSN se réuniront à nouveau et feront le point afin de déterminer ce qui sera officiellement déposé au gouvernement du Québec, en vue de la prochaine ronde de négociation.

La Coalition pour la pratique sage-femme souligne des décennies de luttes

En cette année de célébration du 20e anniversaire de la légalisation de la profession, la Coalition tient à souligner les années de luttes qui ont abouti à l’intégration des services de sage-femme au réseau public de la santé. Concrètement, l’année 1999 a vu naître le programme de formation universitaire et l’Ordre des sages-femmes du Québec.

Bien que des avancées aient été réalisées dans les dernières années, le gouvernement doit dorénavant assurer une réelle accessibilité au suivi sage-femme pour l’ensemble des régions du Québec. Il doit également s’assurer de mieux planifier le déploiement pour prévenir une nouvelle pénurie de main d’œuvre. À ce jour, seulement 4,2 % des suivis sont assurés par les sages-femmes, et plusieurs régions demeurent sans possibilité d’accéder à leurs services, telles que Laval – la 3e ville en importance au Québec, où les citoyennes réclament pourtant une maison de naissance depuis près de dix ans. C’est également le cas de plusieurs communautés autochtones, de même que la Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, notamment. « La demande pour le suivi sage-femme ne cesse de croître » a lancé Mounia Amine, présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec. « À ce sujet, la communauté Cri de Chisasibi a accueilli la première naissance sous les soins des sages-femmes il y a quelques jours ! » souligne-t-elle en ajoutant que c’est un premier pas significatif pour le retour attendu des naissances dans leur communauté. « Rappelons que la pratique sage-femme est née de la demande des familles, nous devons donc veiller à poursuivre ce développement avec la population, main dans la main. »

En ce sens, Lorraine Fontaine, coordonnatrice de la CPPSF, insiste sur la nécessité que le gouvernement et les établissements instaurent des moyens concrets pour soutenir les efforts citoyens pour la mise en place de maison de naissance où l’implication citoyenne et le caractère “milieu de vie” sont privilégiés. Mme Fontaine a aussi tenu à rappeler l’importance du libre choix des femmes sur leur maternité. « L’ensemble des membres de la Coalition, les groupes communautaires en périnatalité ainsi que les groupes citoyens continueront à travailler ensemble et à revendiquer, tant que les droits des femmes d’accoucher dans le lieu qui leur convient avec la professionnelle de leur choix ne seront pas respectés. » a-t-elle conclu.

À propos
La Coalition pour la pratique sage-femme (CPSSF) milite pour l’accès aux services de sage-femme et aux maisons de naissance, dans toutes les régions du Québec, au sein du système public de la santé et services sociaux. Composée de 15 groupes, elle travaille pour que les sages-femmes puissent soutenir et protéger l’accouchement naturel et physiologique, en reconnaissant que les processus liés à la maternité appartiennent aux femmes.

Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) est l’association professionnelle des sages-femmes du Québec. Il travaille au développement de la profession et défend le libre choix des lieux d’accouchement pour les femmes. Il est reconnu par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) comme porte-parole des sages-femmes exerçant leur profession légalement au Québec.

Secteur public : cinq organisations syndicales conviennent d’un protocole de solidarité

Les cinq plus grandes organisations syndicales présentes dans le secteur public ont convenu, cette semaine, d’un protocole de solidarité. Afin de concentrer toutes leurs énergies à la prochaine négociation du secteur public qui s’amorcera cet automne, la CSN, la CSQ, la FTQ, la FIQ (FIQP) et l’APTS se sont entendues sur un protocole de non-maraudage en prévision de la période de changement d’allégeance prévue en juillet prochain.

Ce protocole de non-maraudage s’appliquera pour tous les syndicats du réseau de la santé et des services sociaux, des commissions scolaires, des collèges et des organismes gouvernementaux affiliés aux organisations signataires. Celles-ci ont convenu de ne pas solliciter les membres d’une autre organisation et de n’appuyer aucune initiative locale allant en ce sens.

Les organisations syndicales rappellent que, pour ce qui est du secteur de la santé et des services sociaux, des votes d’allégeances syndicales ont été tenus il y a moins de deux ans. Bien que ces votes aient été imposés par le gouvernement libéral dans la foulée du projet de loi 10 fusionnant les établissements du réseau de la santé, la quasi-totalité des travailleuses et travailleurs de ce secteur a pu se prononcer sur l’organisation qui les représenterait.

Ensemble, les cinq organisations syndicales représentent plus de 425 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois. Les conventions collectives du secteur public viendront à échéance le 31 mars 2020.

Une professionnelle essentielle en réadaptation

Tatiana Kitsikis travaille au Programme des amputés et des lésions musculosquelettiques du Centre de réadaptation Marie Enfant (CRME) du CHU Sainte-Justine depuis 2001. Elle œuvre au sein d’une équipe interdisciplinaire dans laquelle le caractère psychosocial est inhérent au processus de réadaptation. Son apport dans cette équipe est immense.

L’ennui, connais pas
La réadaptation est un milieu stimulant par la diversité de la clientèle et des besoins. La vie avec un enfant aux besoins particuliers est une épreuve difficile et la travailleuse sociale est une personne-clé dans l’accompagnement des familles. Au CHUSJ, le médical côtoie la réadaptation. Deux visions différentes apprennent donc à s’écouter et à collaborer entre elles, ce qui rejoint les valeurs de Tatiana et la passionne.

Le rôle de la travailleuse sociale dans l’équipe interdisciplinaire est complémentaire à celui des autres professionnel-les. Elle s’assure d’offrir le support nécessaire à la famille souffrante afin que celle-ci soit prête et disponible à accueillir la réadaptation. Son évaluation psychosociale nous piste vers une meilleure compréhension du contexte familial, un élément crucial au développement du jeune.

« Les déterminants sociaux ont des impacts sur les dynamiques familiale et sociale. Mon rôle est de les prendre en considération et de vulgariser l’information médicale (diagnostics, chirurgies, etc.) ainsi que le processus de réadaptation aux parents », explique-t-elle. Tatiana se voit ainsi comme la spécialiste du lien et de la communication entre la famille, les intervenantes et intervenants, et l’équipe médicale.

L’humanité, une valeur incontournable
La présence de la travailleuse sociale dans l’équipe rappelle le côté « humain » de la réadaptation, comme quoi il ne s’agit pas seulement d’un bras ou d’une jambe sur lesquels il faut faire des exercices. La santé psychosociale des familles est souvent le facteur déterminant pour une réadaptation réussie.

Pour Tatiana, une approche interdisciplinaire incluant une travailleuse sociale promeut l’humanité et transparait dans nos interventions auprès des familles. La travailleuse sociale ne le répétera jamais assez : nous travaillons avec des humains.

Le travail social en réadaptation est une discipline peu reconnue, mais ô combien importante pour les équipes et les familles ! Cette contribution au travail interdisciplinaire est inestimable et il est bien temps que le gouvernement et les institutions le reconnaissent.

Mon expérience, c’est pas relatif!

Quelques centaines de salarié-es des réseaux publics de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux membres de syndicats CSN ont tenu une action de visibilité ce midi, devant les locaux du Conseil du trésor, à Québec. Les travailleuses et les travailleurs revendiquent la pleine reconnaissance de leur expérience acquise.

Depuis le 2 avril dernier, tous les salarié-es sont intégrés dans une même structure salariale au sein de 28 rangements distincts, ce qui détermine notamment leur échelle de salaire. Or, plusieurs travailleuses et travailleurs se retrouvent plus bas dans leur nouvelle échelle que le rang qu’ils occupaient au 1er avril, car les années d’expérience n’ont pas été prises en compte pour l’intégration des salariés aux nouvelles échelles. Cette non-reconnaissance de la pleine expérience est d’autant plus frustrante pour les salarié-es que l’expérience acquise à l’extérieur de l’établissement est pleinement reconnue aux travailleuses et aux travailleurs qui y obtiennent un emploi. Par conséquent, on se retrouve avec des situations incohérentes : par exemple, une préposée aux bénéficiaires qui a travaillé 20 ans dans le même établissement est intégrée au 4e échelon, alors qu’une personne nouvellement embauchée par l’établissement pourrait faire reconnaître son l’expérience acquise dans un autre établissement et intégrer son poste directement au 5e échelon, le sommet de l’échelle.

 « Dans le contexte de rareté de main-d’œuvre que nous connaissons actuellement, le gouvernement devrait se montrer plus sensible à une situation comme celle-ci, très démoralisante pour le personnel, explique la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. Nous avons soumis des pistes de solutions au Conseil du trésor. Nous espérons qu’elles seront étudiées sérieusement et que nous pourrons trouver une issue favorable pour les salarié-es touchés ».

 « C’est vraiment décourageant un tel manque de reconnaissance, déplore la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), Ann Gingras. Personne n’accepterait de voir ainsi son expérience dévaluée. Il n’y a pas un député de la CAQ qui aurait accepté cela dans sa vie antérieure… Faut absolument corriger la situation, sans attendre ».

Plus d’information au https://secteurpublic.quebec/relativite

Syndicat des travailleuses et travailleurs du CJE Bourassa-Sauvé–CSN

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 5 février 2019, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CJE Bourassa-Sauvé–CSN a été accrédité pour représenter :

« Tous les salariés au sens du Code du travail. »

Ce groupe de travailleuses et travailleurs, oeuvrant dans le domaine de l’intégration au marché du travail, a décidé très majoritairement de se joindre à la CSN.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération des Professionnèles, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Les employés de Québec solidaire rejoignent la CSN

Lundi dernier, le Tribunal administratif du travail (TAT) a reconnu l’accréditation syndicale des employé-es politiques travaillant auprès des dix députés de Québec solidaire à l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une première au Québec, dans un milieu pour le moins atypique.

« La CSN sera toujours présente pour défendre le droit à la syndicalisation de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs, tous secteurs d’emploi confondus », rappelle Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Cette syndicalisation du personnel d’un parti politique a posé, sans contredit, quelques questions d’ordre juridique, le TAT devant se prononcer sur le caractère représentatif des demandes d’accréditation (à savoir une majorité de membres voulant être syndiqués) ainsi – et surtout – que sur la définition du véritable employeur.

« Tout au long de ce processus, la CSN a tenu à protéger le droit à la syndicalisation des employé-es de Québec solidaire. Ceux-ci ayant dorénavant leur accréditation syndicale, la CSN les appuiera au cours de la constitution de leur syndicat et de la planification de leur négociation d’une première convention collective », ajoute M. Lacharité.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Québec solidaire – CSN représente 45 membres et est affilié à la Fédération des professionnèles de la CSN.

Bienvenue chez vous!

Sainte-Justine récupère ses laboratoires

La récente décision du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de créer un service de laboratoire indépendant au CHU Sainte-Justine et de protéger ainsi sa mission essentielle pour tous les enfants du Québec clôt la bataille pour conserver l’autonomie du centre hospitalier.

« Cette décision est l’achèvement de la lutte menée avec les médecins pour le retour à l’autonomie pour le CHU avec la campagne Aimer.Défendre en 2017-2018. Notre priorité est maintenant d’assurer une transition la plus humaine possible », a commenté Évelyne Crépeau, présidente du Syndicat des techniciennes et techniciens et professionnel-les de la santé et des services sociaux du Québec (STEPSQ–FP–CSN).

La réforme Barrette avait concentré tous les services de laboratoire du Québec sous un même chapeau, Optilab, ce qui faisait craindre une perte d’expertise des spécialistes de Sainte-Justine. Même si des employé-es de laboratoire étaient toujours présents à Sainte-Justine, la centralisation de la direction au CHUM rendait incertaine la défense de la spécificité du laboratoire du seul établissement de santé dédié exclusivement aux enfants, aux adolescents et aux mères du Québec. Toutes les décisions étaient prises à distance, au CHUM, et cela pouvait retarder les travaux dans un contexte où les échantillons prélevés auprès des patients enfants ont une durée de vie limitée.

La présidente du STEPSQ–FP–CSN fait remarquer que les employé-es (un peu moins de 300 personnes) vont de nouveau changer d’employeur et d’accréditation syndicale sans que ce soit volontaire. « S’ils ont choisi Sainte-Justine, ce n’était pas par hasard », souligne cependant Évelyne Crépeau, qui pense que plusieurs des employé-es seront heureux de revenir au bercail après les délais d’usage dans ce genre de circonstances. Le retour du syndicat dans le giron de Sainte-Justine devrait par ailleurs aider à diminuer le taux de roulement des techniciennes et techniciens, ce qui occasionnait une perte d’expertise pour les analyses pédiatriques.

Solidarité de tous les syndicats
« Il était normal de récupérer les laboratoires pour des services directs aux enfants. Avoir cette spécialité à l’interne avec la mentalité propre à Sainte-Justine est logique et bénéfique pour tous les usagers », affirme Simon Bouclin, président du Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine (SNE CHU Sainte-Justine–FSSS–CSN). Ce dernier représente tous les employé-es des laboratoires qui ne sont pas techniciens ou professionnels.

« Voici une grande victoire pour tous les enfants du Québec. Nous avons été heureux d’apprendre que le gouvernement reconnaissait enfin l’importance de préserver la mission pédiatrique que Sainte-Justine s’est bâtie depuis plus de 100 ans en lui redonnant la pleine gouvernance de ses laboratoires. N’oublions pas que le CHU Sainte-Justine, seul centre pédiatrique autonome du Québec, est le plus important centre mère-enfant au Canada et qu’il fait partie des meilleurs hôpitaux pédiatriques au Canada, et même à l’échelle internationale », a commenté Sophie Leclair, présidente du Syndicat des professionnel-les en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine (SPSIC CHU Sainte-Justine–FSSS–CSN). Même si les membres de ce dernier syndicat ne travaillent pas dans les laboratoires, ils ont été pleinement solidaires pour défendre l’autonomie la plus complète du CHU Sainte-Justine. >

Vision dépassée de Barrette
« La grande vision de Gaétan Barrette de tout fusionner et de faire des gains avec ça, on a démontré que ça ne fonctionne pas, insiste Évelyne Crépeau. Tant les syndicats que les médecins de Sainte-Justine ont insisté pour dire que c’était une erreur de centraliser les laboratoires et voilà qu’ils obtiennent en partie gain de cause. »

Optilab demeure cependant en place et continue de centraliser l’administration de plusieurs autres laboratoires.

20 ans d’existence officielle

En 1999, les sages-femmes parviennent contre vents et marées à légaliser leur pratique professionnelle. Bientôt, des célébrations viendront souligner ce moment charnière pour les femmes et les familles québécoises. Entretien avec Mounia Amine, présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec.

Pourquoi la légalisation de la pratique ?
En 1969, la Loi sur l’assurance-maladie consacre l’hôpital comme lieu privilégié de naissance. La médicalisation à outrance de la grossesse entraîne une déshumanisation de l’accouchement et donne lieu à de nombreuses critiques durant les années 70. Les femmes montent aux barricades et, en 1980, deux recommandations émanent du colloque Accoucher ou se faire accoucher : il faut légaliser la pratique sage-femme et mettre en place des maisons de naissance. En 1994, des projets-pilotes confirment la sécurité et l’efficacité de la pratique et mènent à l’adoption de la Loi sur les sages-femmes, le 19 juin 1999.

Qu’en est-il du Québec par rapport à une province comme l’Ontario ?
En Ontario, la légalisation s’est faite en toute conscience d’un modèle spécifique à promouvoir qui inclut la reconnaissance du concept de continuité relationnelle comme base du suivi sage-femme. C’est la garde qui constitue la pierre angulaire de ce suivi relationnel avant, pendant et après la grossesse. Cette garde est compensée à 12 000 $ par année en Ontario et à 9000 $ au Québec. Par ailleurs, un suivi temps complet est évalué à près de 50 heures pour nos voisines. Ici, il correspond à 35 heures. C’est irréaliste en regard de ce que la tâche exige.

La charge d’une sage-femme à temps complet est donc sous-estimée au Québec ?
Avec la pénurie actuelle, les sages-femmes doivent s’autoremplacer en cas de mouvement de main-d’œuvre ; il s’ensuit alors une surcharge. Et les distances à parcourir ajoutent aux heures travaillées. Cette réalité amène la plupart d’entre elles à refuser une pleine tâche. Certaines choisissent même d’abandonner la pratique. On adore notre travail, mais il est très exigeant : la garde accapare au minimum la moitié de notre vie ! Les médecins, eux, ont obtenu une généreuse reconnaissance pour la garde qui gruge leur temps. Notre mode de rémunération doit tenir compte des particularités de notre profession par une compensation pour l’utilisation d’un véhicule et le kilométrage parcouru, une valorisation de la garde ainsi que des conditions spécifiques pour la pratique en région.

La rémunération est donc une frustration chez les sages-femmes. Vous en avez sûrement d’autres !
La lenteur dans le déploiement des services est aussi très frustrante. Les accouchements avec sage-femme atteignent 4,2 %, alors que la Politique de périnatalité en prévoyait 10 % pour 2018. Il est inacceptable qu’un service public ne soit pas accessible partout ! Les difficultés de négociation et la méconnaissance de la pratique constituent d’autres irritants. Les gouvernements ont toujours refusé d’investir pour faire connaître notre profession, qu’ils ont eux-mêmes légalisée. C’est illogique. Il faut voir comment la CAQ se positionnera à ce sujet.

Pourquoi cette attitude ?
Il y a un manque de cohérence et d’intérêt des gouvernements à propos de la profession. De plus, notre travail, exercé à 99,9 % par des femmes, est perçu comme une vocation. Or, on ne peut pas compter que sur le dévouement pour développer une offre de services de périnatalité. En Ontario, une récente décision du Tribunal des droits de la personne fait état d’une discrimination genrée à l’endroit de la pratique sage-femme. Le Québec n’échappe pas à cette discrimination.

Y a-t-il des réussites dont tu es fière ?
La légalisation de notre profession est en soi un petit miracle. Nous avons réussi à passer à travers l’omniprésence du pouvoir médical. La popularité croissante de nos services est aussi une belle percée. La légalisation de notre profession est en soi un petit miracle. Nous avons réussi à passer à travers l’omniprésence du pouvoir médical. La popularité croissante de nos services est aussi une belle percée. Alors que trois nouvelles maisons de naissance ouvriront bientôt à Montréal, la région de Lanaudière, qui offre déjà des services de sage-femme, attend la sienne d’ici la fin 2019; Chisasibi a maintenant des sages-femmes sur son territoire et la Gaspésie démarrera ses services prochainement. Des projets sont en cours d’approbation pour la Montérégie-Ouest et la Montérégie-Est; la Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue prévoient l’embauche d’une chargée de projet. Tout ça demeure encourageant. La population souhaite l’accès à des services sage-femme dignes de ce nom !

La voix des membres entendue

Inverser la pyramide : voilà l’objectif ambitieux que s’étaient donné les fédérations du secteur public de la CSN en octobre 2018, en vue du renouvellement des conventions collectives.

Réunies au sein du comité de coordination des secteurs public et parapublic (CCSPP–CSN), les quatre organisations ont donc rapidement convenu de lancer une vaste consultation de leurs membres avant même de commencer à élaborer le cahier des demandes syndicales. L’idée est simple : commencer par entendre ce que les membres ont à dire.

Lancée le 23 novembre dernier, cette con­sultation qui prenait la forme d’un sondage en ligne et de consultations en assemblées s’est terminée le 14 janvier au petit matin. Au total, plus de 17 000 réponses ont été enregistrées. Sur le plan démographique, on compte 76 % de femmes et 24 % d’hommes, ce qui correspond approximativement aux données disponibles pour le secteur public dans son ensemble. La grande majorité, soit plus de 59 % des répondantes et répondants, est âgée de 35 à 54 ans. De leur côté, les moins de 35 ans représentent 21 % des répondants et les plus de 55 ans, 19 %. Fait intéressant à noter, plus de 46 % d’entre eux ont moins de 10 ans d’ancienneté.

La consultation, divisée en trois thèmes principaux, soit la négociation, la mobilisation et l’information, nous permet de tracer un portrait général de l’opinion des membres sur une variété de sujets et de développer des outils et des positions qui sont réellement à l’image des préoccupations vécues sur le terrain. Bien qu’au moment d’écrire ces lignes il soit un peu tôt pour tirer des conclusions, on constate au premier coup d’œil que pour 96 % des répondants, l’augmentation salariale est importante.

Malgré l’état préliminaire des travaux et des discussions, les répondants étaient également appelés à se prononcer sur leur préférence quant à la priorité de la prochaine négociation. Trois choix s’offraient à eux : l’amélioration des conditions de travail et de pratique, l’amélioration des conditions salariales, ou les deux. Force est de constater que, pour la grande majorité, la question salariale et celle des conditions de travail doivent être traitées avec autant d’importance, 73 % des participantes et participants ayant choisi « les deux » comme priorités.

Pour ce qui est de la mobilisation, les résultats nous permettent de constater que près de 60 % des membres sont déjà prêts à se mobiliser pour la prochaine négociation. Le niveau d’engagement envisagé varie, allant de la participation à des moyens de pression légers jusqu’à la volonté de faire la grève. Cela dit, comme les enjeux précis de la négociation ne sont pas encore établis, cet engagement est appelé à changer au fil du temps. Il n’en reste pas moins que nous pouvons compter sur des membres déjà prêts à faire entendre leur voix.

Sur le plan de l’information, les résultats préliminaires nous permettent d’établir que les membres préfèrent le courriel à tout autre moyen de communication. Ils ont également exprimé un fort appui aux tournées d’information des délégué-es syndicaux, démontrant que le travail de communication en personne sur le terrain a toujours la cote. Pour ce qui est du type d’outils souhaités par les membres, les bulletins d’information comme les info-négos sont très appréciés, suivis de près par les argumentaires détaillés sur les enjeux de négociation. Une vaste proportion des répondants a aussi signifié son intérêt pour les publications sur les réseaux sociaux, un outil de communication qui sera donc utilisé pour une seconde fois lors de la négociation du secteur public.

Fortes des résultats de cette vaste consultation et de leurs positions d’instance respectives, les fédérations du secteur public de la CSN se lancent maintenant dans la seconde phase de cette ronde de négociation, soit l’élaboration des cahiers de demandes. Ceux-ci seront soumis à la consultation au cours des prochains mois.

C’est maintenant officiel, nous sommes en marche vers la négociation du secteur public 2020.

Entente de principe pour les avocates et avocats de l’aide juridique

Hier, le comité de négociation des syndicats représentant l’ensemble des avocates et avocats de l’aide juridique a conclu une entente de principe pour renouveler les conventions collectives.

Cette entente de principe sera soumise au vote des avocates et avocats, lors d’assemblées générales qui se tiendront du 25 au 28 février. Les représentantes et représentants syndicaux ne feront pas de commentaires sur le contenu de cette entente d’ici la tenue de ces assemblées. Les conventions collectives étaient échues depuis le 31 mars 2015.

À propos
La FP-CSN et la FAAJQ représentent la totalité des avocates et avocats travaillant pour la Commission des services juridiques. La FP-CSN regroupe plus de 8000 techniciennes, techniciens et professionnel-les de différents secteurs. Elle est une des huit fédérations professionnelles composant la Confédération des syndicats nationaux (CSN) forte de 300 000 membres.

Pénurie de médecins en réadaptation

Le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS–CSN) s’inquiète de la pénurie de médecins à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ). Depuis le 20 janvier, faute de médecins pour faire les admissions, les services de réadaptation des personnes ayant subi notamment un AVC, un traumatisme crânio-cérébral ou une blessure à la moelle épinière ont été transférés à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. « Nous interpellons ce matin la ministre de la santé et des services sociaux, Danielle McCann, afin de trouver rapidement une solution » a déclaré le président du syndicat, François Proulx-Duperré.

Une situation préoccupante

À la suite de plusieurs départs à la retraite et à la réforme Barrette (loi 20), le nombre de médecins généralistes à l’IRDPQ est passé de douze, en 2015, à deux, aujourd’hui. Le manque de couverture médicale a progressivement empêché de faire les admissions des patientes et patients en provenance de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Une des solutions temporaires développées par la direction du CIUSSS de la Capitale-Nationale est de commencer la réadaptation à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus.

« C’est une situation extrêmement préoccupante parce que c’est pendant les trois premiers mois que le processus de récupération est optimal », explique Véronique Thibeault, représentante du secteur de l’IRDPQ au SPTSSS–CSN. « La réadaptation à l’hôpital ne peut être équivalente si les gens ne bénéficient pas de la même intensité de traitement et si les plateaux de traitements ne sont pas adaptés ». L’accès aux services de réadaptation est essentiel pour permettre aux personnes de retrouver une participation sociale et une qualité de vie. L’IRDPQ est un centre spécialisé reconnu mondialement grâce à ses plateaux techniques et ses équipes spécialisées. « À l’IRDPQ, on a des équipes multidisciplinaires et les soins sont centrés sur la personne », souligne la représentante syndicale, « c’est très différent d’une culture hospitalière ».

Genèse d’une pénurie

Actuellement, l’IRDPQ a les autorisations et les crédits nécessaires pour accueillir cinq médecins généralistes. « Le problème, c’est qu’avec la loi 20, pour les médecins, ce n’est plus intéressant de venir à l’IRDPQ », explique Sébastien Collard, secrétaire général du SPTSSS–CSN et lui-même neuropsychologue à l’IRDPQ. Rappelons que la réforme Barrette impose aux médecins généralistes des quotas de patientes et patients et une présence en cabinet privé. « Les règles ministérielles, que d’aucuns qualifieraient de rigides, empêchent d’intégrer plus rapidement des médecins qui seraient intéressés mais qui n’ont pas encore atteint leurs quotas sur papier », indique Sébastien Collard, « ça pénalise en quelque sorte une institution comme l’IRDPQ ».

La ministre McCann doit intervenir

La ministre Danielle McCann, qui a répété plusieurs fois depuis sa nomination qu’elle aurait plus de flexibilité que son prédécesseur, peut intervenir, selon le syndicat. « Nous demandons à la ministre d’autoriser les dérogations nécessaires pour permettre de rétablir rapidement la situation », explique le président du syndicat, François Proulx-Duperré, « c’est important d’agir rapidement parce que sinon on risque d’échapper des gens et ça aurait des conséquences dramatiques ».

« Plus globalement, il y a lieu de revisiter l’ensemble de l’œuvre du docteur Barrette », croit Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN). « La ministre Danielle McCann a l’occasion de réparer les pots cassés par son prédécesseur. Nous avions averti que les réformes mises en œuvre depuis 2015 auraient des effets pervers, on est en plein dedans. Dans le cas qui nous occupe, il y a des règles à assouplir pour éviter que la même situation se reproduise ailleurs ». Pour la présidente du conseil central, il est plus que temps de redonner un peu de flexibilité au système de santé et de services sociaux et de recommencer à en écouter les différents acteurs qui assurent les services et soins au quotidien.

La CSN se réjouit que le CHU Sainte-Justine récupère la gestion de ses laboratoires

La CSN salue la décision du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de redonner la gestion de son service de laboratoire au CHU Sainte-Justine et d’ainsi protéger sa mission essentielle pour tous les enfants du Québec.

La réforme Barrette avait concentré tous les services de laboratoire du Québec sous un même chapeau, OPTILAB, ce qui faisait craindre une perte d’expertise des spécialistes de Sainte-Justine. Même si des employé-es de laboratoire étaient toujours présents à Sainte-Justine, la centralisation de sa direction au CHUM rendait incertaine la défense de la spécificité du laboratoire du seul établissement de santé dédié exclusivement aux enfants, aux adolescents et aux mères du Québec.

« Cette décision est l’achèvement de la lutte menée avec les médecins pour le retour à l’autonomie pour le CHU, notamment avec la campagne “Aimer.Défendre” en 2017-2018. Notre priorité est maintenant d’assurer une transition la plus humaine possible », a commenté Évelyne Crépeau, présidente du Syndicat des techniciens et professionnels de la santé et services sociaux du Québec (STEPSQ-FP–CSN).

« Il était normal de récupérer les laboratoires pour des services directs aux enfants. Avoir cette spécialité à l’interne avec la mentalité propre de Sainte-Justine est logique et bénéfique pour tous les usagers », a déclaré Simon Bouclin, président du Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine (SNE CHU Sainte-Justine–FSSS–CSN).

« C’est une grande victoire pour tous les enfants du Québec », a finalement lancé Sophie Leclair, présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine (SPSIC CHU Sainte-Justine–FSSS–CSN).

 

Syndicat des professionnèles du centre Le Transit–CSN

Le Syndicat des professionnèles du centre Le Transit–CSN a été accrédité, le 26 novembre 2018, pour représenter :

« Toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail »

Les salarié-es de ce centre de crise, faisant face à des changements d’orientations et de direction, ont choisi majoritairement de joindre les rangs de la CSN afin d’accroître leur rapport de force dans ce contexte d’incertitudes.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération des professionnèles, au Conseil central du Montréal métropolitain et bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Le gouvernement doit s’engager à plus long terme

La CSN salue l’annonce du ministre Roberge de verser en cours d’année 7,5 millions de dollars à cinq composantes régionales du réseau de l’Université du Québec. La CSN aurait cependant souhaité un engagement à plus long terme pour soutenir l’ensemble des dix établissements de ce réseau public et ainsi assurer l’atteinte des visées de développement social et économique qu’il incarne pour la société québécoise.

« On remarque une hésitation du ministre Roberge à promettre une majoration du financement du réseau de l’Université du Québec dans le prochain budget. L’éducation est pourtant la priorité du gouvernement », s’inquiète Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. Cette dernière souligne que le réseau de l’Université du Québec, qui célèbre ses 50 ans, est pourtant une pierre angulaire pour l’accès aux études supérieures dans toutes les régions du Québec.

Il n’est pas trop tard pour revoir le mode de financement de l’ensemble des universités. « Une de ses faiblesses repose sur le fait que le calcul, presque exclusivement basé sur le nombre d’étudiantes et d’étudiants à temps plein, ne tient pas compte des particularités d’un grand nombre d’entre eux, qui sont inscrits à temps partiel dans les universités du réseau. Il faut donner un coup de barre pour permettre à ces institutions de jouer pleinement leur rôle dans toutes les régions », déclare Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

Par ailleurs, la CSN accueille favorablement la volonté du ministre de vouloir corriger les iniquités que subissent les universités du réseau lorsque comparées aux universités à charte. « Le ministre a annoncé son intention de réexaminer la déréglementation des frais de scolarité introduite par le précédent gouvernement ainsi que le financement particulier de certaines disciplines. Nous espérons que le ministre ajoutera à sa réflexion la question de la concentration des fonds de recherche pour une analyse globale du financement de la mission de l’ensemble des universités québécoises », a soutenu Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Sortir du cadre traditionnel

« Nous sommes sur la ligne de départ. Ensemble, nous lançons les travaux de la prochaine négociation du secteur public. La lutte à venir s’annonce musclée et nous ne pourrons nous permettre d’être sur le pilote automatique. Cette négo, c’est la vôtre. Le secteur public, c’est vous. Maintenant, faites entendre votre voix. »

C’est sur ces mots de Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN, que s’est ouvert le forum de consultation du secteur public auquel ont participé plus de 500 militantes et militants des quatre fédérations du secteur public de la CSN, soit la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP), la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec–CSN (FNEEQ), la Fédération des professionnèles–CSN (FP) et la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN (FSSS).

Rapprocher la négociation des membres, c’était l’objectif premier du forum qui s’est tenu à Québec les 16 et 17 octobre dernier. L’exercice de consultation qui a débuté avec le forum, et qui se poursuit toujours, s’inscrit dans une démarche nouvelle et ambitieuse mise de l’avant par les quatre fédérations regroupées au sein du Comité de coordination des secteurs public et parapublic de la CSN (CCSPP). Cette démarche, proposée en amont du renouvellement des conventions collectives des 540 000 employé-es de l’État québécois, vise à répondre aux interventions de nombreux membres qui, au cours des dernières années, ont signifié qu’ils se sentaient loin de leur négociation ; un sentiment d’éloignement qui en a mené plusieurs à se questionner sur la culture syndicale actuelle, tant sur ses structures que sur son fonctionnement.

Caroline Sennevile, vice-présidente de la CSN // Photo : Jean-François Coutu

C’est donc avec la volonté de renouveler les pratiques syndicales, de faire les choses autrement, que les fédérations ont réfléchi aux moyens à mettre de l’avant pour que les travailleuses et les travailleurs occupent le haut du pavé tout au long du processus de négociation. Inverser la pyramide, tel que proposé, est un défi colossal. Colossal parce que la négociation du secteur public à la CSN, c’est 150 000 travailleuses et travailleurs occupant plus de 350 titres d’emploi dans divers secteurs, de l’Outaouais à la Gaspésie, en passant par le Grand Nord. Colossal aussi parce qu’il demande une plus grande implication de toutes et de tous, tant des élu-es, des délégué-es, que des membres des syndicats.

La parole est à vous
Partir de la base, susciter l’adhésion en consultant très largement et de façon ouverte dès le départ, ce sont là les principes qui ont guidé le CCSPP dans l’organisation de ce rassemblement des membres des secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux.

Inverser la pyramide, tel que proposé, est un défi colossal. Colossal parce que la négociation du secteur public à la CSN, c’est 150 000 travailleuses et travailleurs occupant plus de 350 titres d’emploi dans divers secteurs, de l’Outaouais à la Gaspésie. // Illustration : Benoit Tardif 

Afin de maximiser la participation des délégué-es à tout moment pendant le forum, ceux-ci ont été informés dès leur arrivée qu’ils seraient appelés à interagir en direct avec leur téléphone intelligent, leur tablette électronique ou leur ordinateur portable, par l’entremise d’une application mobile. Les documents produits pour l’événement étaient aussi disponibles en ligne, via l’application.

La première matinée fut consacrée à diverses présentations dynamiques et interactives sur l’histoire, la structure et le fonctionnement de la négociation du secteur public, ainsi que sur les particularités des quatre fédérations (FEESP, FNEEQ, FP et FSSS) et sur les processus décisionnels du CCSPP ; l’objectif étant d’outiller les militantes et les militants pour les discussions à venir. C’est également à ce moment que les délégué-es ont pu participer en direct à la construction du programme du forum en proposant, à l’aide de l’application, des thèmes pour les ateliers à venir. Précarité, surcharge, alliances, grève, salaire, sont les mots qui sont revenus le plus souvent dans les thèmes soumis. Plus de 1500 sujets ont été lancés en moins de 15 minutes !

Les périodes d’échanges qui ont suivi représentaient le cœur de l’exercice démocratique qu’était le forum. Au total, les militantes et les militants ont eu accès à près d’une soixantaine d’espaces de discussion. La formule était novatrice, mais aussi exigeante : chaque atelier pouvait recevoir un maximum de 50 participants, assis en cercle pour favoriser les échanges directs, et ceux-ci devaient nommer une personne animatrice et une autre pour prendre les notes. Les ateliers étaient donc entièrement autogérés.

Les points qui ont été abordés tournaient autour des trois grandes thématiques suggérées, soit la négociation, la mobilisation et l’information. Plusieurs sujets ont suscité un grand intérêt et ont été repris plus d’une fois, dont les deux suivants : « Quelles devraient être les priorités de la table centrale ? » et « Front commun : avantages, inconvénients et conditions requises ». À la sortie des ateliers, de nombreux délégué-es ont mentionné qu’en discutant avec des membres d’autres secteurs, ils avaient pu en apprendre davantage sur leur réalité, et qu’il devenait maintenant plus facile de comprendre la diversité des points de vue.

Avant de revenir en plénière, les participants se sont rassemblés sur la colline Parlementaire pour interpeller l’ensemble des nouveaux élu-es de l’Assemblée nationale sur l’état actuel des services publics à la suite des compressions budgétaires des dernières années. Les militantes et militants ont manifesté bruyamment malgré la pluie, le vent et la grêle, et ont réclamé que cesse enfin l’opération de démantèlement de l’État, entreprise par Jean Charest en 2003. Leur demande était on ne peut plus claire : que le changement promis par la CAQ se réalise par le biais d’un réinvestissent massif dans les services à la population.

Réfléchir ensemble et agir
Afin de faire un retour constructif sur les discussions et de donner de la perspective à l’exercice démocratique auquel se sont adonnés les militantes et les militants au cours de ces deux journées, le CCSPP avait invité Jean-Noël Grenier, professeur en relations industrielles à l’Université Laval. Celui-ci s’est dit emballé par le forum et par la teneur des débats. Ayant lui-même assisté à plusieurs ateliers, il a tenu à souligner l’importance d’un tel travail et la nécessité de faire ce genre d’exercice avec les membres, dans les syndicats. « Il faut conscientiser, organiser, mobiliser. Sortir du cadre. Faire autre chose que des rencontres syndicales formelles comme des assemblées générales. »

Jean-Noël Grenier, professeur en relations industrielles à l’Université Laval // Photo : Jean-François Coutu

M. Grenier a partagé différentes idées à déve­lopper, notamment quant à la construction du rapport de force. Avec la négociation du secteur public, qui n’a rien d’une négociation ordinaire puisqu’elle se fait avec l’État qui est à la fois employeur et législateur, M. Grenier affirme que la lutte doit se mener sur le terrain, au jour le jour, et doit être portée par toutes et tous. « Il faut faire en sorte que l’État ne puisse plus mener le jeu comme il a l’habitude de le faire. L’avantage stratégique doit passer du côté des travailleuses et des travailleurs. Et ça, c’est en rapprochant la négo des membres qu’on va y arriver. »

Il a terminé en invitant les militantes et les militants à prendre les devants, à se faire les ambassadeurs des services publics, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur milieu de travail. « Vous devez construire votre projet syndical : dire ce que vous désirez, trouver ce qui vous unit, établir ce que vous souhaitez mettre de l’avant, pour vous et pour la population. Il n’y a pas de mal à revendiquer de bonnes conditions de travail. »

Le forum d’octobre dernier est venu jeter les bases d’une consultation plus large de tous les membres CSN du secteur public ; une consultation qui se tient jusqu’en janvier 2019 et qui mènera à l’élaboration du projet de négociation dans les mois qui suivront. C’est l’engagement des membres des quatre fédérations qui permettra l’atteinte de leurs objectifs communs : un projet mobilisant, une négociation fructueuse et des gains tangibles pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs du secteur public.


Si vous êtes membre d’un syndicat du secteur public, participez à la consultation en répondant au sondage en ligne.

La parité, une question de justice

Depuis 30 ans, les avocates et les avocats de l’aide juridique ont su maintenir la parité salariale avec ceux de la Couronne. Mais dans la présente négociation, le gouvernement refuse jusqu’à maintenant d’accorder le même traitement salarial que celui octroyé aux procureur-es de la Couronne. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. À quatre reprises dans le passé, ils ont dû se mobiliser pour obtenir un traitement équitable. Ils entendent bien tout mettre en œuvre pour y parvenir encore cette fois-ci.

Ce débat ne concerne pas que les avocates et les avocats. L’aide juridique est un service indispensable, car c’est la seule ressource à la disposition des personnes les plus défavorisées économiquement. En dévalorisant leur travail, en ne les plaçant pas sur le même pied que leurs collègues de la Couronne, à qui ils font face régulièrement, c’est toute l’institution qu’on dévalorise. En fin de compte, ce sont les bénéficiaires de l’aide juridique qui seront les plus grands perdants. Si on n’y assure pas des conditions salariales concurrentielles, il sera de plus en plus difficile d’y attirer et d’y retenir les meilleurs avocats.

Le gouvernement ne conteste pas que le travail d’avocat à l’aide juridique demande autant de compétence, d’expertise et d’engagement que le travail à la Couronne. À la direction de l’aide juridique, on a toujours considéré que la parité était justifiée. Le seul obstacle, semble-t-il, est comptable : l’insuffisance des mandats dégagés par le Conseil du trésor.

Un service de grande valeur
Suzanne Dame travaille pour l’aide juridique depuis 1987. Elle fut d’abord avocate au Centre communautaire juridique de Montréal. Depuis 2006, elle travaille au service de la recherche, comme avocate-conseil.

« L’aide juridique aujourd’hui, clairement, ce sont des avocates et des avocats de grande qualité. C’est reconnu aussi dans tout le milieu. Il ne faudrait pas revenir à l’époque des années 70 où ils étaient vus comme des avocats de seconde zone, notamment parce que les salaires n’étaient pas concurrentiels. C’était pour beaucoup une question de perception, mais, au bout du compte, cela se reporte aussi sur nos clients qui, malheureusement, sont souvent victimes eux-mêmes de préjugés. Au fil des années, nous avons développé une grande expertise, nous avons fait notre place. Il faut conserver ça, absolument. »

Elle déplore qu’elle et ses collègues n’aient jamais senti l’appui de l’ancienne ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Il n’y a pas eu de négociation depuis l’arrivée en poste du nouveau gouvernement de la CAQ. Une rencontre devrait se tenir prochainement entre les syndicats et la nouvelle ministre de la Justice, Sonia Lebel, pour tenter de trouver une issue. Celle-ci, ancienne avocate de la Couronne, fera-t-elle preuve de plus de sensibilité ?

Il faut espérer que ce sera le cas, car les avocates et les avocats de l’aide juridique sont déterminés à avoir gain de cause. « On veut tous la même chose. On y croit tous, dit Suzanne Dame. Se promener en toge durant une grève, ça ne nous rend pas joyeux du tout. Mais actuellement, nos vis-à-vis banalisent notre rôle, c’est un manque de respect flagrant. On n’a pas le droit d’abandonner la parité maintenant. »

Alliances
Notons que tous les syndicats représentant les avocates et les avocats de l’aide juridique travaillent en alliance pour ces négociations. La FP–CSN représente le personnel des régions de Montréal, des Laurentides, de Lanaudière, du Bas-Saint-Laurent ainsi que de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. La FAAJQ, une organisation indépendante, représente les avocats de l’aide juridique de toutes les autres régions.