Les salarié-es adoptent un nouveau mandat de grève à 85 %

Ce matin, lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue à Montréal, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Transco–CSN (STTT–CSN) ont adopté un nouveau mandat de grève à 85 %, par voie de scrutin secret. Ce mandat, à exercer au moment jugé opportun, pourrait éventuellement aboutir à une grève générale illimitée.

« Encore une fois, la démocratie syndicale a parlé. Après avoir rejeté l’entente de principe à 83 % le 12 février dernier parce qu’elle ne répondait pas à leurs attentes, les membres de notre syndicat ont décidé d’adopter un troisième mandat de grève en autant de mois. Alors que l’employeur a lancé des menaces de pertes de circuits et de pertes d’emplois, ils ont même ouvert la porte à la grève générale illimitée, à exercer au moment jugé opportun, de préciser Carole Laplante, présidente du STTT–CSN. Je ne suis pas plus heureuse que nos membres d’avoir à me battre pour obtenir un salaire décent. Mais nous avons décidé de nous tenir debout même si nous savons que notre journée de grève d’aujourd’hui et qu’un éventuel conflit touche des milliers d’élèves que nous connaissons par leur nom et dont nous prenons soin tous les jours d’école ».

En assemblée générale extraordinaire ce matin. – Photo : Cédric Martin

« La lutte du STTT–CSN représente bien la problématique vécue dans le domaine du transport scolaire où nous retrouvons un grand nombre de bas salarié-es qui touchent un revenu annuel sous les 20 000 $ et une rémunération hebdomadaire de moins de 500 $. Voilà pourquoi nous menons actuellement une campagne qui revendique l’octroi d’enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées, vouées à l’amélioration des salaires et des conditions de travail. Tous les intervenants du secteur s’entendent pour reconnaître la pénurie de main-d’œuvre actuelle.  Le gouvernement du Québec doit régler cette injustice salariale qui existe dans notre secteur depuis trop longtemps sans quoi, il devra faire face au risque de mettre le service en péril », de souligner Stephen P. Gauley, président du Secteur transport scolaire (STS) de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

« Les transporteurs comme Transco qui ne pensent qu’à maximiser leurs marges de profit sur le dos de leurs salarié-es font face à une situation qui pourrait bien leur causer de graves problèmes. Nous savons qu’actuellement, il y a un sérieux problème de recrutement et de rétention du personnel, directement en lien avec les mauvaises conditions de travail offertes dans le transport scolaire. Pour nous, il n’y a pas de solution miracle, sinon que d’offrir un salaire décent qui reconnaît l’importance du travail de ces salarié-es », de renchérir Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP et responsable politique du STS.

Le 30 octobre dernier, une conciliatrice a été nommée par le Service fédéral de médiation et de conciliation. Le conflit de travail touche déjà près de 15 000 élèves répartis sur plus de 300 parcours scolaires à Montréal.

Plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

À propos
Le STTT–CSN compte près de 330 membres responsables d’environ 300 parcours de transport scolaire. Le STS regroupe plus de 3100 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 400 syndicats affiliés, représentant environ 55 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.

Trop d’enjeux en suspens malgré certaines avancées sociales

Bien que la CSN salue certaines mesures du budget fédéral 2018, comme le retrait du système de paye Phénix ou l’équité salariale, elle reste sur sa faim concernant de nombreux autres aspects, notamment en ce qui a trait à la lutte contre les paradis fiscaux et au soutien à l’industrie médiatique.

Phénix, un fiasco coûteux
La CSN se réjouit en effet de l’annonce du gouvernement quant au remplacement du système de paye Phénix qui demeure aujourd’hui un fiasco sans précédent. « C’est une bonne nouvelle pour les salarié-es du gouvernement fédéral, notamment pour les agents des services correctionnels fédéraux. Par contre, nous sommes inquiets des mesures transitoires, car il faut permettre aux salarié-es d’avoir accès directement aux personnes-ressources afin de régler les problèmes à la source. Aucun salarié ne devrait subir les problèmes de paye liés au service Phénix », clame le trésorier de la CSN, Pierre Patry.

La Davie attend toujours
Engagée dans une importante campagne pour soutenir les salarié-es du chantier naval Davie, qui a été laissé de côté depuis de nombreuses années par le gouvernement fédéral, la CSN déplore qu’aucune somme n’ait été réservée à l’octroi de contrats de brise-glace ou pour d’autres projets. Pierre Patry rappelle que plus de 400 salarié-es sont toujours sans emploi. « Le gouvernement a été interpellé depuis plusieurs mois, nous pensions au moins que le gouvernement prendrait une orientation dans son budget fédéral », se désole Pierre Patry.

Équité salariale et congé parental
La CSN se réjouit toutefois des mesures en faveur de l’équité salariale et du congé parental. « C’est une bonne nouvelle, mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps? Il faut rappeler que le Québec a adopté sa Loi sur l’équité salariale en 1996 et que le congé pour les pères existe depuis de nombreuses années. Mais vaut mieux tard que jamais », lance aussi Pierre Patry.

 Soutien aux médias : une déception
Alors que le monde des médias traverse la pire crise de son histoire, le gouvernement fédéral semble en minimiser l’ampleur. « On annonce un soutien aux médias locaux dans des régions mal desservies, mais qu’en est-il pour le reste de l’industrie qui en a gravement besoin? se demande Pierre Patry. Le gouvernement manque un bon rendez-vous avec l’histoire. »

Et le « trou noir » de l’assurance-emploi?
Bien que le gouvernement fédéral semble avoir conscience des problèmes majeurs que causent le travail saisonnier et les règles d’admissibilité à l’assurance-emploi pour de nombreux salarié-es, les mesures ne sont ni adaptées, ni suffisantes, soutient par ailleurs Pierre Patry : « Les travailleuses et travailleurs saisonniers de l’est du Québec, prestataires de l’assurance-emploi, vivent une véritable situation d’urgence liée au « trou noir » et le gouvernement se contente d’annoncer des miettes. »

Paradis fiscaux et iniquité fiscale
La CSN dénonce le fait que le gouvernement ne s’engage pas à corriger l’iniquité fiscale qui favorise des entreprises étrangères comme Netflix ou Facebook, ou qu’il n’ait pas décidé d’enfin mettre un frein aux paradis fiscaux. Elle critique également le recul sur sa réforme concernant le financement des sociétés privées. « C’est franchement décevant, on laisse des entreprises étrangères engranger les profits sans rien exiger et on ne fait rien pour limiter les paradis fiscaux. Ce sont des milliards qui échappent ainsi aux finances publiques », déplore Pierre Patry.

Malgré tout, la CSN souligne favorablement le fait que le ministre ne sacrifie pas sa politique sociale et économique pour le seul objectif comptable du déficit zéro. Elle rappelle que le Canada est l’un des pays du G7 qui a la plus faible proportion de son PIB accordée à la dette. Cela permet au gouvernement de soutenir des programmes sociaux et des initiatives intéressantes, comme le congé parental et l’équité salariale.

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 1700 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Ce matin à Québec, cet après-midi à Gatineau

Devant l’offre globale inacceptable qui leur a été faite par le gouvernement, des sages-femmes de la région de Gatineau, soutenues par des travailleuses en grève des centres de la petite enfance (CPE), étaient présentes lors d’un point de presse donné aujourd’hui par le ministre Barrette sur les soins de santé offerts en obstétrique dans la région de l’Outaouais. Elles en ont ajouté une couche puisque ce matin, elles ont profité du fait que leurs porte-parole négociaient à Québec avec les représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux pour tenir une action devant les bureaux où se déroulait ladite négociation. « Nous sommes outrées de l’offre insultante qui nous a été faite et des reculs que le gouvernement veut nous faire subir, a lancé la porte-parole du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) présentes sur place. Avant les fêtes, le ministre Barrette s’était clairement positionné dans les médias en accord avec la majorité de nos demandes. C’était de la poudre aux yeux. »

« Avec les milliards qu’il vient de distribuer aux médecins spécialistes, force est de constater que ce gouvernement de médecins n’en a vraiment que pour les médecins. Pourquoi est-ce si difficile de le faire réagir lorsqu’il s’agit de groupes de professionnelles comme les sages-femmes? Est-ce parce qu’elles sont des femmes, et qui plus est, parce qu’elles sont peu nombreuses? », a affirmé la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois.

Pierres d’achoppement
Rappelons que la garde constitue le pilier de la pratique des sages-femmes, puisqu’elle permet d’assurer la continuité des soins durant toute la grossesse, l’accouchement et le suivi postnatal. À l’heure actuelle, les sages-femmes sont payées moins de 2 $ l’heure de garde effectuée. Or, l’offre du gouvernement leur ferait enregistrer un recul de près de 1700 $ par année pour une sage-femme à temps complet. Notons que d’autres demandes ont aussi été écartées, comme le dédommagement de 10,75 $ réclamé pour les journées d’utilisation du véhicule. « Le gouvernement veut négocier avec nous en faisant fi de ce que notre travail engendre comme dépenses et comme exigences. Lors des journées de garde, nous sommes obligées de nous déplacer en voiture afin d’avoir le matériel requis, et pour pouvoir offrir les trois lieux de naissance demandés par la population. Cette obligation entraîne des frais et ce n’est pas normal que nous devions les payer de notre poche. Encore une fois, le gouvernement se moque de nous. »

« Messieurs Couillard et Barrette s’obstinent face à nos demandes, alors qu’ils ont distribué des milliards aux médecins et qu’ils ont engrangé des surplus indécents avec les coupes dans les services publics. Pourtant, plusieurs médecins sortent publiquement pour exprimer leur gêne face à l’entente conclue avec la Fédération des médecins spécialistes! Quels professionnels de la santé sont rémunérés 2 $ l’heure de garde? Aucun. Il est temps que le gouvernement reconnaisse le travail des sages-femmes et leur modèle de pratique qui a fait ses preuves à travers les années. Il est temps qu’il leur donne ce qu’elles méritent : le respect », a conclu le président du conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN), Michel Quijada.

 

Nous méritons plus que des miettes

Devant l’offre globale inacceptable qui leur a été faite par le gouvernement, le même jour où l’on apprenait l’octroi de plusieurs milliards aux médecins spécialistes, une trentaine de sages-femmes et de parents ont attendu de pied ferme les membres du comité ministériel mandatés par Gaétan Barrette pour négocier avec le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ). Elles ont ainsi formé une haie d’honneur afin de pousser le gouvernement à démontrer enfin de l’ouverture dans la négociation qui traîne depuis 2015. « Nous sommes outrées de cette offre insultante et des reculs que le gouvernement veut nous faire subir, a lancé la vice-présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ), Josyane Giroux. Avant les fêtes, le ministre Barrette s’était clairement positionné dans les médias en accord avec la majorité de nos demandes. C’était de la poudre aux yeux. »

« Avec les milliards qu’il vient de distribuer aux médecins spécialistes, force est de constater que ce gouvernement de médecins n’en a vraiment que pour les médecins. Pourquoi est-ce si difficile de le faire réagir lorsqu’il s’agit de groupes de professionnelles comme les sages-femmes? Est-ce parce qu’elles sont des femmes, et qui plus est, parce qu’elles sont peu nombreuses? », a affirmé la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois.

Pierres d’achoppement
Rappelons que la garde constitue le pilier de la pratique des sages-femmes, puisqu’elle permet d’assurer la continuité des soins durant toute la grossesse, l’accouchement et le suivi postnatal. À l’heure actuelle, les sages-femmes sont payées moins de 2 $ l’heure de garde effectuée. Or, l’offre du gouvernement leur ferait enregistrer un recul de près de 1700 $ par année pour une sage-femme à temps complet. Notons que d’autres demandes ont aussi été écartées, comme le dédommagement de 10,75 $ réclamé pour les journées d’utilisation du véhicule. « Le gouvernement veut négocier avec nous en faisant fi de ce que notre travail engendre comme dépenses et comme exigences. Lors des journées de garde, nous sommes obligées de nous déplacer en voiture afin d’avoir le matériel requis, et pour pouvoir offrir les trois lieux de naissance demandés par la population. Cette obligation entraîne des frais et ce n’est pas normal que nous devions les payer de notre poche. Encore une fois, le gouvernement se moque de nous. »

« Messieurs Couillard et Barrette agissent de façon totalement inéquitable envers ce groupe de quelque 200 femmes, qui sont complètement dévouées aux femmes qu’elles accompagnent ainsi qu’à leur enfant et à leur famille. Ils refusent de façon obstinée de valoriser leur travail et leur envoie des miettes, alors qu’ils ont distribué des milliards aux médecins et qu’ils ont engrangé des surplus indécents avec les coupes dans les services publics. Quels professionnels de la santé sont rémunérés 2 $ l’heure de garde? Aucun. Il est temps que le gouvernement reconnaisse le travail des sages-femmes et leur modèle de pratique qui a fait ses preuves à travers les années. Il est temps qu’il leur donne ce qu’elles méritent : le respect », a conclu la présidente du Conseil central de Québec– Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras.

Troisième déclenchement de grève pour les 210 répartiteurs, répartitrices et employé-es de bureau

Alors que les ambulanciers-paramédics et les employé-es de soutien de la Corporation d’Urgences-santé viennent tout juste de signer leur convention collective, les 210 répartiteurs, répartitrices et employées de bureau du centre de communication santé sont toujours sans contrat de travail, et cela, depuis près de trois ans. Pour forcer le déblocage des négociations qui stagnent depuis des mois, ils ont déclenché la grève pour une troisième fois, hier soir à 23 h. Celle-ci se poursuivra ce vendredi 23 février.

Manifestation devant l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé
Dès 10 h 30 ce matin, ces syndiqué-es se sont rassemblés devant le centre hospitalier de Laval pour interpeller la directrice générale de cet établissement, qui siège au conseil d’administration d’Urgences-santé, afin qu’elle intervienne auprès des membres de la direction d’Urgence-santé pour les inviter à accélérer le pas de la négociation. Une opération similaire est également prévue vendredi matin devant MaisonBrison communications, dont l’un des dirigeants siège aussi au conseil d’administration de la corporation.

Rappelons que forts d’un mandat de dix jours de grève voté à la fin de novembre dernier, les syndiqué-es membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ont débrayé une première fois, le 20 décembre, puis les 1er et 2 février, en plus de recourir à une série de moyens de pression hebdomadaires pour soutenir leur comité de négociation.

Oui à une entente, mais pas à n’importe quel prix
« Après les ententes négociées et signées avec deux groupes de salarié-es d’Urgences-santé, il est temps que la direction prenne la mesure de l’impatience des répartitrices, des répartiteurs et des employé-es de bureau qui sont pressés comme des citrons, avec très peu de considération. Il est temps que ça change. Il nous faut un règlement, mais pas à n’importe quel prix », fait valoir Martin Joly, président du Syndicat des employé-es d’Urgences-santé, affilié à la FSSS–CSN.

Les négociations ont débuté le 26 mai 2015. Près d’une quarantaine de séances ont eu lieu jusqu’ici, dont 26 devant un conciliateur du ministère du Travail. Les négociations achoppent sur les hausses de salaire que l’employeur voudrait inférieures à celles pourtant négociées avec les autres salarié-es  de la corporation et ceux du réseau de la santé et des services sociaux. Les autres points en litige portent notamment sur une structure salariale qui aurait pour effet d’appauvrir des salarié-es et d’autres reculs réclamés par l’employeur sur les conditions de travail alors que le syndicat revendique des mesures pour attirer et retenir le personnel.

« Ces salarié-es sont aux prises avec un taux de détresse psychologique inquiétant, d’importantes surcharges de travail, un taux de roulement de personnel élevé, un recours incessant aux heures supplémentaires obligatoires, affirme Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN. Ce n’est pas le temps d’aggraver les conditions de travail du monde, c’est plutôt l’heure de mettre en place des solutions. La Fédération va les soutenir jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’ils obtiennent un règlement à la hauteur de leur satisfaction. »

« Nous allons soutenir jusqu’à la dernière minute ces travailleuses et travailleurs qui ne demandent pas la lune. Ils ne demandent qu’à être traités équitablement avec les autres salarié-es d’Urgences-santé et ceux des secteurs public et parapublic. On ne demande surtout pas au ministre de la Santé et au Conseil du trésor de leur accorder l’impossible, comme ç’a été le cas des largesses offertes par le gouvernement des médecins, dont les docteurs Philippe Couillard et Gaétant Barrette. Les travailleuses et travailleurs veulent simplement être reconnus », a pour sa part déclaré Manon Perron, secrétaire générale du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

Ottawa doit mettre en place des mesures d’urgence avant d’arriver avec une solution durable

Devant la multiplication des cas de personnes sans emploi qui se retrouvent actuellement sans prestations d’assurance-emploi dans l’est du Québec, la CSN réclame du gouvernement fédéral qu’il annonce des mesures d’urgence, le temps d’en arriver à des solutions durables à ce problème récurrent. C’est le message qu’ont livré à Montréal des représentantes et représentants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), dont trois conseils centraux concernés par cette situation, soit celui de la Côte-Nord (CCCN–CSN), celui de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN) et celui du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN).

« Il est carrément inacceptable que des travailleurs et des travailleuses soient aspirés dans une spirale de pauvreté et d’endettement parce que le régime d’assurance-emploi, pour lequel ils cotisent, est établi sur des bases qui ne tiennent pas compte de la réalité du travail saisonnier, indique Jacques Létourneau, président de la CSN. Le gouvernement Trudeau doit régler ce problème une bonne fois pour toutes. »

Le « trou noir » de l’assurance-emploi désigne la période, parfois longue de plusieurs semaines, où les chômeurs et chômeuses perdent leur couverture en raison des règles de calcul dans les différentes régions. Ce problème récurrent affecte particulièrement les travailleuses et travailleurs saisonniers des secteurs des pêches, de la forêt, du tourisme et de la construction. Des milliers de salarié-es se voient ainsi privés de revenus alors qu’ils sont dépendants du rythme des saisons.

Au cours des dernières semaines, les conseils centraux de la CSN de l’est du Québec, en partenariat avec différents regroupements de chômeurs et de chômeuses, ont multiplié les pressions sur le gouvernement. Le 12 janvier dernier, des militantes et militants du Conseil central Côte-Nord–CSN, ont occupé durant plus de 30 heures les bureaux du ministre Duclos. Puis, le 12 février, s’est joint le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN pour une série d’occupations simultanées dans cinq centres de Service Canada de l’est du Québec.

« Notre région vit au rythme du travail saisonnier, les victimes du “trou noir”, ce sont des membres de nos familles, nos amis, nos voisins, c’est pour eux qu’on se mobilise », explique Guillaume Tremblay, président du CCCN–CSN. De son côté, Anatole Chiasson, président du CCGIM–CSN explique « qu’il n’y a pas une journée qui passe sans qu’on rencontre des personnes touchées ou à la veille de l’être. Tout le monde se demande quand le gouvernement va réagir. » Même son de cloche chez Nancy Legendre, présidente du CCBSL–CSN : « Les personnes qui perdent leurs prestations nous interpellent, ne sachant ni vers quoi ni vers qui se tourner, et dans plusieurs cas, ce sera vers le crédit. Ça ne peut plus durer. »

Bien que plaidant pour une solution durable, la CSN rappelle qu’il faut impérativement mettre en place sans délai des mesures d’urgence. « Les sans-emploi ont besoin d’une action forte et immédiate de la part du gouvernement fédéral. C’est maintenant qu’ils éprouvent des difficultés et c’est maintenant qu’ils doivent recevoir l’aide qui leur permettra de passer au travers d’ici la reprise du travail », affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN.


Le « trou noir » en chiffre

Le nombre d’heures minimal pour avoir accès à l’assurance-emploi et le nombre minimal de semaines de prestations sont calculés selon le taux de chômage de la région concernée. Ainsi, dans la région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, où le taux de chômage est établi à 12,7 %, un prestataire doit avoir travaillé 455 heures pour recevoir un minimum de 24 semaines de prestations. Dans la région du Bas-Saint-Laurent–Côte-Nord, où le taux de chômage est à 5,9 %, ce sont 700 heures qui sont nécessaires pour obtenir 14 semaines de prestations. En moyenne, au Canada, la durée du « trou noir » s’élève à plus de six semaines.

Le gouvernement viole-t-il sa propre loi encadrant les responsables de service de garde en milieu familial ?

La décision du gouvernement Couillard d’imposer aux responsables en service de garde (RSG) des frais pour l’adhésion à un guichet unique est jugée totalement inacceptable par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). En plus d’appauvrir les RSG, cette décision constitue un affront direct puisqu’elle a été prise sans leur consentement collectif, pourtant obligatoirement requis par la loi encadrant leur reconnaissance et leurs négociations collectives. La FSSS–CSN demande donc au ministre de la Famille, Luc Fortin, d’annuler cette contrainte financière et d’en assumer les coûts à même les deniers publics, le gouvernement ayant engrangé d’énormes surplus budgétaires au cours des dernières années.

Pour Lucie Longchamps, représentante du secteur des RSG à la FSSS–CSN : « Il est assez choquant de voir le ministre nous imposer unilatéralement cette mesure, alors que depuis des mois, nous étions en pleine discussion sur l’implantation d’un guichet unique permettant aux parents de trouver rapidement des places pour leurs enfants. On s’est montrée d’accord avec un tel guichet depuis le début, mais certainement pas à nos frais. »

La représentante de plus de 3200 syndiquées au Québec fait valoir que les RSG n’ont pas à assumer les coûts d’un service d’inscription des enfants à même leurs maigres ressources, tout comme les travailleuses en centre de la petite enfance ou en garderie privée subventionnée ou non. Or, les RSG sont tenues de prendre entièrement à leur charge toutes les dépenses reliées à leur service de garde, soit l’accueil, l’alimentation, l’entretien, le bien-être, l’éducation, l’hygiène et la sécurité des tout-petits.

« Même les médecins qui adhèrent au guichet d’accès à un médecin de famille n’ont pas à payer de tels frais d’inscription, qui sont couverts par l’État. Pour nous, il n’est pas question d’accepter sans broncher l’imposition de frais tout à fait injustifiés alors que le gouvernement refuse lui-même de réinvestir les énormes économies nées des hausses répétées de la tarification et des compressions budgétaires de plus de 300 millions de dollars imposées dans les services de garde éducatifs », ajoute-t-elle.

« Le gouvernement fait fausse route en décrétant cette “taxe d’inscription” aux RSG, affirme Dany Lacasse, vice-président et responsable des secteurs privés à la FSSS–CSN. Qui plus est, le ministre s’apprête à modifier unilatéralement leurs conditions de travail d’ordre salarial, faisant fi des obligations et des paramètres prévus notamment à la Loi sur la représentation de certaines personnes responsables d’un service de garde en milieu familial et sur le régime de négociation d’une entente collective les concernant. On a d’ailleurs confié au service juridique de la CSN le soin d’évaluer le caractère illégal de la décision ministérielle et ses effets, de même que les recours possibles. On ne laissera pas passer cette injustice sans réagir. »

Pour Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN) : « On a en face de nous un gouvernement qui poursuit ses politiques d’austérité sans borne à l’égard de la population et des travailleuses et des travailleurs qui peinent à arriver, sauf bien sûr des médecins et du monde des affaires qui semblent être ses seuls points de mire. S’il ne change pas sa décision à l’endroit des RSG, il y a fort à parier qu’il va se retrouver avec un groupe de plus qui va lui en faire voir de toutes les couleurs d’ici les prochaines élections. Il doit reconsidérer sa décision dans les meilleurs délais. »

À propos des RSG

Quelque 3200 RSG réparties dans la plupart des régions au Québec sont membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Celle-ci regroupe 110 000 membres provenant des secteurs public et privé de la santé et des services sociaux. Pour sa part, la CSN est composée de près de 1400 syndicats regroupant plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

Un autre jour de grève le 28 février prochain

Le 28 février prochain, à la première heure, les conductrices et les conducteurs du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Transco–CSN (STTT–CSN) seront en grève pour la journée. Il s’agit du troisième jour de grève sur les trois qui avaient été votés le 23 janvier dernier.

« Encore une fois, nous déplorons de devoir exercer notre moyen de pression ultime pour que notre employeur saisisse enfin que les conductrices et les conducteurs qui sont à son emploi ne veulent pas s’appauvrir. Étant nous-mêmes parents, nous comprenons très bien l’effet de cet arrêt de travail sur les familles que nous desservons chaque matin. Nous désirons toujours notre juste part des sommes que les commissions scolaires remettent à notre employeur afin d’augmenter nos salaires convenablement. Il s’agit pour nous d’une question de respect », de préciser Carole Laplante, présidente du STTT–CSN.

Le 23 janvier dernier, les membres du STTT–CSN avaient rejeté les dernières offres patronales à 98 %, tout en reconduisant leur mandat de trois jours de grève à 98 %, par voie de scrutin secret ; ils ont déjà exercé deux jours de ce mandat, soit les 30 et 31 janvier. Le 12 février, en assemblée générale extraordinaire, l’entente de principe intervenue le 31 janvier a été rejetée à 83 %, également par voie de scrutin secret. Le 30 octobre dernier, une conciliatrice a été nommée par le Service fédéral de médiation et de conciliation.

Au cours de la journée du 28 février, le syndicat ira consulter ses membres lors d’une assemblée générale extraordinaire afin de se doter d’un nouveau mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée.

Le conflit de travail touchera près de 15 000 élèves répartis sur plus de 300 parcours scolaires à Montréal. Les commissions scolaires et l’établissement affectés sont les suivants :

  • Commission scolaire Lester B. Pearson : 2640 élèves sur 55 routes ;
  • Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys : 3936 élèves sur 82 routes ;
  • Commission scolaire de Montréal : 2832 élèves sur 59 routes ;
  • Commission scolaire English Montréal : 4224 élèves sur 88 routes et ;
  • Le Collège Sainte-Anne, un établissement privé : 864 élèves sur 18 routes.

Rappelons que plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

À propos

Le STTT–CSN compte près de 330 membres responsables d’environ 300 parcours de transport scolaire. Le STS regroupe plus de 3000 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 425 syndicats affiliés, représentant environ 60 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.

Le recteur Harrisson débouté par un arbitre

Hier, en fin d’après-midi, l’arbitre de grief Robert L. Rivest a rendu sa décision en lien avec un grief déposé par l’Université du Québec en Outaouais qui contestait une résolution adoptée en assemblée générale par le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais–CSN (SPUQO).

Cette résolution adoptée par le SPUQO demandait à nos représentantes et à nos représentants à la commission des études (CÉ) ou au conseil d’administration (CA) de défendre les prises de positions adoptées par les professeures et professeurs en assemblée générale. Dans sa décision, l’arbitre rejette le grief patronal et précise que « le processus décisionnel menant à une résolution syndicale fait partie des activités internes de cette association accréditée, qui représente de façon exclusive les professeurs faisant partie de cette unité. L’employeur ne peut s’ingérer ou participer aux activités syndicales. »

Au-delà du droit du syndicat d’adopter des résolutions, l’arbitre confirme le rôle des représentants dans les instances de l’université et mentionne que « rien n’empêche des administrateurs de suivre des instructions d’un tiers si celles-ci ne vont pas à l’encontre de la personne morale. […] En tentant de convaincre ses collègues du CA ou de la CÉ ou en exprimant sa dissidence pour appuyer la position du groupe dont il est issu, le professeur administrateur ne commet pas un acte de déloyauté envers l’institution universitaire. »

« Le grief du recteur étant désormais rejeté, il nous faut maintenant régler l’article 3.17 de la convention collective afin de ne plus permettre à l’employeur de choisir lui-même les représentantes et les représentants des professeures et professeurs au sein des instances et comités de l’UQO », de conclure madame Briand, présidente du SPUQO

Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

 

 

Les profs rejettent la contre-offre de l’UQO

Aujourd’hui, en assemblée générale spéciale, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais–CSN (SPUQO) ont rejeté à 71 % par voie de scrutin secret la contre-offre de l’administration de l’UQO déposée le 10 février dernier.

« Nous avons rejeté cette contre-offre de l’administration parce que nous refusons de sacrifier la démocratie syndicale, l’équité de traitement entre les professeures de Saint-Jérôme et de Gatineau, l’insertion professionnelle des nouveaux professeurs, le recours à la justice face aux atteintes par l’administration de l’UQO au Code du travail et le traitement salarial méprisant qui ferait de nous les professeurs les moins bien payés du réseau de l’Université du Québec. Nous considérons cette dernière offre dérisoire, irrespectueuse du travail des professeurs et de la réalité de la communauté universitaire tout entière », de déclarer Louise Briand, présidente du SPUQO.

Le 7 décembre 2017, l’administration a déposé une offre massivement rejetée par les professeurs lors de leur assemblée générale du 19 décembre 2017. Le 6 février dernier, le SPUQO a présenté une offre de règlement qu’il jugeait tout à fait raisonnable, respectueuse des réalités de l’UQO et des professeurs, comportant d’importantes concessions. Le 10 février, l’administration de l’UQO déposait une contre-offre.

« Les membres du SPUQO ont également voté à 71 % afin de soumettre leur proposition du 6 février dernier à un arbitre du ministère du Travail. Nous attendons la réponse de l’administration à ce recours impartial et raisonnable. Si toutefois l’administration persistait dans son refus d’agir en toute bonne foi afin d’assurer un règlement satisfaisant pour les professeures et professeurs, les membres du SPUQO intensifieront leurs moyens de pression en conséquence. À cet égard, les membres du SPUQO ont adopté une résolution de grève générale si aucune entente de principe n’est convenue d’ici le 10 mars prochain ou si l’université n’a pas signé le formulaire prescrit par le ministère du Travail afin d’obtenir la nomination d’un arbitre de différend à la même date », de préciser madame Briand.

« Après trois ans de négociations empreintes de tergiversations, les professeures et professeurs de l’UQO restent mobilisés pour le développement de leur université et assurent les communautés desservies par l’UQO que nous sommes engagés à titre de partenaires du développement régional », de conclure la présidente du syndicat.

La convention collective des membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais est échue depuis le 1er mai 2015. Les négociations avec l’administration de l’UQO ont débuté le 20 novembre 2015 et se sont déroulées devant un conciliateur du ministère du Travail depuis le 21 décembre 2016.

Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

La FTA et trois transporteurs confirment la problématique

La Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) tient à saluer la sortie publique de la Fédération des transporteurs par autobus (FTA) ainsi que celle de trois transporteurs de la ville de Laval dans un article du Courrier Laval du 14 février, en lien avec la crise de la main-d’œuvre qui prend de l’ampleur dans le transport scolaire.

« La situation de ces trois transporteurs n’est pas isolée. Nos membres de toutes les régions du Québec nous informent quotidiennement des problématiques et des effets liées à cette pénurie de main-d’œuvre, de souligner Stephen P. Gauley, président du Secteur transport scolaire (STS). Entre autres, nous avons appris hier qu’une vingtaine de circuits demeuraient sans conducteurs à Montréal et que ce scénario se reproduit fréquemment dans les régions de Lanaudière et de l’Estrie. Des transporteurs vont jusqu’à rappeler au travail des conducteurs en congé de maladie pour ne pas interrompre le service, ce qui contrevient à la santé et à la sécurité des élèves et des usagers de la route. D’autres transporteurs utilisent leurs répartiteurs, ce qui laisse les conducteurs, les parents et les commissions scolaires sans réponse en cas d’urgence ou de problèmes ».

Le 10 octobre dernier, le Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN avait interpelé le gouvernement en soulignant qu’une crise pourrait très bien se dessiner au Québec, situation qui se concrétise actuellement.

« Nous vivons un sérieux problème où des salarié-es sont nettement sous-payés pour les compétences et les qualifications qui leur sont demandées. Le financement actuel du secteur provenant du gouvernement du Québec ne permet tout simplement pas aux transporteurs scolaires d’être compétitifs sur le marché de l’emploi. Pour nous, la situation est claire : le gouvernement doit intervenir rapidement en augmentant le financement par le biais d’une enveloppe supplémentaire fermée et dédiée à l’amélioration des conditions de travail des conductrices et des conducteurs de véhicules scolaires. Il faut éviter que des parents et des enfants soient privés de transport scolaire, faute de personnel », de conclure Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP et responsable politique du STS.

Rappelons que les salarié-es du transport scolaire touchent un taux horaire moyen de 17,86 $ l’heure – pour un revenu annuel moyen de 19 288 dollars –, alors que d’autres reçoivent 12,07 $ l’heure, un taux avoisinant le salaire minimum, sans autre avantage social.

Rappelons également que dans le cadre d’un processus rigoureux d’évaluation de l’emploi de conducteur et de conductrice de véhicule scolaire, qui fut initié par la CSN et auquel le gouvernement et les associations de transporteurs ont participé, le comité de travail a fixé un taux horaire minimal de référence à 19,14 $ l’heure en janvier 2015, ce qui représente actuellement un taux indexé de 20,02 $ à l’embauche, sans évidemment tenir compte de l’ancienneté.

Plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

Le STS regroupe environ 3000 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 425 syndicats affiliés, représentant environ 60 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.

Rencontre avec le député Merlini

Vendredi dernier, les représentants du Syndicat national des travailleurs en accessoires électriques (CSN) (SNTAE) ont rencontré Richard Merlini, député provincial de La Prairie.

« Nous avons eu des échanges cordiaux sur l’avenir qui attend les travailleurs et les travailleuses de GE Power à La Prairie. Nous voulions des engagements clairs de sa part et, pour le moment, monsieur Merlini nous a précisé qu’il allait aborder la question avec le premier ministre Philippe Couillard et qu’il comptait également rencontrer Pierre Moreau, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, et Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation pour faire le point sur la situation. Donc, d’ici environ deux semaines, nous serons en mesure de savoir ce que le gouvernement compte faire afin de préserver les emplois et l’expertise que nous avons développée à notre usine », de déclarer Hugues Rolland, président du SNTAE.

« Ce fut une excellente rencontre où les discussions respectueuses sont allées bien au-delà des enjeux des emplois locaux, car l’usine de La Prairie a développé un savoir-faire et une expertise unique au Québec », a indiqué pour sa part Richard Merlini.

Rappelons que le 28 novembre dernier, GE Power a annoncé la fermeture de son usine située à La Prairie dans un plan de compressions touchant 12 000 employé-es à travers le monde. Mise en service lors de la création même d’Hydro-Québec, il y a 53 ans, cette usine compte environ 200 travailleurs et travailleuses qui cumulent en moyenne 27 années de service, dont environ 80 sont syndiqués.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les salarié-es rejettent l’entente de principe à 83 %

Ce soir, lors d’une assemblée générale tenue à Montréal, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Transco–CSN (STTT–CSN) ont rejeté l’entente de principe intervenue le 31 janvier dernier, après deux jours de grève. Présentée aux membres, celle-ci fut rejetée à 83 %, par voie de scrutin secret.

« Ce soir, les membres ont jugé que l’entente de principe que nous leur avons présentée n’était pas à la hauteur de leurs attentes. Elles et ils ont longuement argumenté sur la question des augmentations salariales qui ne réussissent pas à maintenir leur pouvoir d’achat. Il s’agit d’un message clair envers l’employeur : il lui faudra considérer sérieusement ce rejet s’il ne veut pas que les conductrices et les conducteurs exercent à nouveau leur mandat de grève », de déclarer Carole Laplante, présidente du STTT–CSN.

« Il faut comprendre que le financement qui est versé par les commissions scolaires n’est déjà pas suffisant pour garantir des salaires décents aux conductrices et aux conducteurs de Transco. Et ces salarié-es ne sont pas les seuls dans cette situation au Québec. Le gouvernement doit impérativement revoir le financement du transport scolaire en accordant dès que possible des enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées afin de financer adéquatement l’augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail dans leur secteur », de conclure Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN).

Rappelons que plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

À propos
Le STTT–CSN compte près de 330 membres responsables d’environ 300 parcours de transport scolaire. Le STS regroupe plus de 3100 travailleuses et travailleurs membres de la FEESP–CSN. Celle-ci compte plus de 400 syndicats affiliés, représentant environ 55 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.

La CSN et la FTQ s’opposent à la modification de l’article 50

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ainsi que leurs fédérations et syndicats affiliés s’opposent à toute modification de l’article 50 de la Loi sur les normes du travail (LNT) qui toucherait aux pourboires.

« Plusieurs voix demandent au gouvernement de modifier la LNT afin de donner le pouvoir aux patrons de partager les pourboires des serveuses et des serveurs avec les salarié-es travaillant dans les cuisines dans le but, soutiennent-ils, de valoriser ces métiers. Pour nous, cette proposition ne ferait que déplacer le problème des bas salarié-es de la restauration. Ce genre de nivellement vers le bas risque de dévaloriser entièrement le secteur de la restauration, l’effet contraire de ce qui est recherché ici », de préciser Jacques Létourneau, président de la CSN.

« Révisée en 2002, la LNT actuelle prévoit que le pourboire versé directement ou indirectement par un client appartient en propre au salarié qui a rendu le service au client. Le partage des pourboires permettrait aux employeurs de piger dans ces sommes et de les distribuer arbitrairement, selon leur bon vouloir. Si, à l’époque, le législateur a adopté cette formule dans la LNT, c’est qu’il avait bien saisi le danger de laisser le choix de la méthode de partage de ces sommes aux employeurs », de souligner Daniel Boyer, président de la FTQ.

« Comme plusieurs autres secteurs, la restauration traverse une période difficile de recrutement et de rétention de ses salarié-es. La restauration n’est pas un domaine facile, particulièrement en cuisine, et, la plupart du temps, les salaires offerts ne reconnaissent pas les compétences et les efforts demandés : le travail debout en cuisine s’effectue sous pression, dans la chaleur et l’humidité, où le risque de blessure est beaucoup plus élevé que dans d’autres secteurs. À notre avis, le partage des pourboires n’est pas une solution puisque cette proposition risque de déplacer le problème de recrutement en cuisine vers les serveuses et les serveurs », de renchérir Daniel Boyer.

« Si on veut améliorer les conditions de travail des plus bas salariés de la restauration, il serait plus efficace d’augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure à l’embauche, d’informer les salarié-es de l’horaire de travail au moins 5 jours à l’avance et d’offrir 10 jours de congés payés annuellement. Ces mesures seraient bénéfiques pour tous les secteurs d’emploi où il y a une rareté de la main-d’œuvre, y compris dans la restauration. Ce n’est pas en corrigeant les salaires d’un groupe moins bien payé sur le dos d’un autre groupe que l’on trouvera une solution juste et équitable », de conclure Jacques Létourneau.

Source : CSN et FTQ.

Occupation de bureaux de Service Canada dans l’Est du Québec pour dénoncer le « trou noir » de l’assurance-emploi

Depuis 10 h ce matin, des dizaines de militantes et militants de la CSN, accompagnés de plusieurs chômeuses et chômeurs, occupent près d’une dizaine de bureaux de Service Canada dans l’Est du Québec afin de dénoncer le « trou noir » de l’assurance-emploi. Des militants du Nouveau-Brunswick ont décidé de joindre leur voix à ce mouvement afin de dénoncer ce phénomène qui les affecte également.

Le « trou noir » de l’assurance-emploi désigne la période, parfois longue de plusieurs semaines, où les chômeurs et chômeuses perdent leur couverture en raison des règles de calcul dans les différentes régions. Ce problème récurrent affecte particulièrement les travailleuses et travailleurs saisonniers des secteurs des pêches, de la forêt, du tourisme et de la construction. Des milliers de salarié-es se voient ainsi privés de revenus alors qu’ils sont dépendants du rythme des saisons.

La série d’actions simultanées d’aujourd’hui fait suite à de nombreuses interpellations auprès des autorités fédérales, dont le ministre Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social. Rappelons qu’en décembre dernier, des militantes et militants de la Côte-Nord ont occupé les bureaux du ministre pendant plus de 36 h.

Liste des bureaux Service Canada ciblés dans l’Est du Québec :

  • Centre Forestville, bureau 800
    25, route 138 Est
    Forestville, Québec

    Centre Forestville

  • Centre commercial Laflèche, bureau 204
    625, boulevard Laflèche Ouest
    Baie-Comeau, Québec

    Photo : Alain Therrien, Centre commercial Laflèche

  • 701, boulevard Laure, étage 3
    Sept-Îles, Québec
  • 380, chemin Principal, bureau 200
    Cap-aux-Meules, Québec
  • 75, boulevard René-Lévesque Est, suite 201
    Chandler, Québec

    Chandler

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 1700 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

À la défense de la sécurité d’emploi sur les chantiers de construction

En commission parlementaire sur le projet de loi 152, qui concerne les suites à donner à certaines recommandations de la commission Charbonneau, le président de la CSN-Construction, Pierre Brassard, a été clair : sans sécurité d’emploi, les travailleuses et les travailleurs de la construction ne seront pas tentés de dénoncer des situations problématiques. Selon lui, il y a un éléphant dans la pièce qu’on refuse de voir depuis trop longtemps. « La crainte de perdre sa job ou de ne pas être réembauché, c’est plus fort que tout. Le travailleur ou la travailleuse qui voudrait dénoncer une situation, mais qui risque de ne plus avoir de travail s’il le fait, va y penser à deux fois. Si le lanceur d’alerte n’est pas protégé par la sécurité d’emploi et le droit de rappel, il va préférer se taire. »

Pourtant, comme le souligne le rapport de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, le rôle des lanceurs d’alerte dans l’industrie de la construction est essentiel pour prévenir les pratiques de malversation. Or, le projet de loi 152 rate sa cible en matière de protection contre les représailles des employeurs à l’égard des lanceurs d’alerte. Vouloir importer l’article 122 des normes du travail dans l’industrie de la construction est une belle idée. Mais le problème est que cet article s’applique dans des milieux où l’ancienneté est reconnue. On veut importer une solution sans le contexte qui l’entoure. Les travailleuses et travailleurs de la construction ne seront jamais protégés par l’article 122 tant qu’ils n’auront pas la possibilité de démontrer que leur déplacement, leur fin de contrat, leur non-réembauche constituent un acte de représailles. « Et même s’ils y arrivent, que pourront-ils demander? s’interroge Maude Pepin-Hallé, avocate au Service juridique de la CSN. Une réintégration sur un contrat de trois jours? De deux semaines? D’un mois? Et la difficulté de se trouver du travail par la suite? On est face à une impasse ici. »

Parmi leurs recommandations, la CSN et la CSN-Construction demandent notamment que le gouvernement modifie la loi R-20 afin d’y inclure des mécanismes qui assureraient un droit de rappel au travail et une sécurité d’emploi pour les salarié-es de la construction. Elle demande également que soit créé un comité chapeauté par la Commission de la construction du Québec dans lequel toutes les associations seraient représentées.

La CSN salue l’importance accordée au contenu québécois, mais se désole pour l’usine Bombardier de La Pocatière

La CSN accueille favorablement l’annonce d’aujourd’hui de la Caisse de dépôt et placement du Québec concernant le REM et l’importance accordée au contenu québécois dans le projet, mais souligne sa déception quant au fait que l’usine Bombardier de La Pocatière n’ait pas été retenue.

La CSN a multiplié les interventions au cours des derniers mois afin de souligner l’importance de garantir du contenu québécois dans le projet : « Nous avons interpellé le gouvernement et les dirigeants de la Caisse. Pour nous, c’était primordial que ce projet d’envergure soit réalisé ici en maintenant et créant des emplois ici. En ce sens, l’annonce d’aujourd’hui est positive et nous souhaitons qu’elle devienne la norme pour tous les autres investissements du gouvernement », souligne Pierre Patry, trésorier de la CSN.

À la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, on se réjouit aussi que le projet crée et consolide des milliers d’emplois, dont ceux de l’usine Alstom de Sorel Tracy, mais on est déçu pour les travailleurs et les travailleuses de La Pocatière. « Nous aurions aimé que nos collègues syndiqué-es de Bombardier Transport puissent participer eux aussi au projet du REM, mais on ne baisse pas les bras. Nous nous attendons à ce que le gouvernement les considère pour les futures annonces concernant la ligne bleue du métro, le tramway à Québec ou encore, l’éventuelle ligne rose, si elle voit le jour », explique Louis Bégin.

Au cours des prochains jours, la CSN entend obtenir des éclaircissements sur la nature des annonces d’aujourd’hui. « Nous avons toujours quelques interrogations, indique Pierre Patry. Nous prenons acte des modifications apportées au projet, mais il reste pour nous quelques points importants en suspens. Par exemple, quels seront les impacts environnementaux, quel sera le mode de propriété et comment se fera l’arrimage avec le réseau de transport en commun? »

Où en est le nationalisme québécois en 2018?

Le 14 février, dans le cadre des MIDI CSN, se tiendra une conférence intitulée la question nationale au Québec : perspectives politiques et économiques, où en est le nationalisme québécois en 2018? Trois invité-es en débattront :


Geneviève Baril, directrice générale de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI)
L’autodétermination des peuples, une nouvelle façon d’envisager le nationalisme
Quelle définition du nationalisme ? Principales caractéristiques et repères historiques. En quoi l’autodétermination des peuples constitue-t-elle une nouvelle façon de l’envisager ?
 
Jean-Martin Aussant, directeur général du Chantier de l’économie sociale
Nationalisme et entrepreneuriat collectif
Le concept de nationalisme revêt une part certaine de prise en main de ses instruments de décision et de développement, tout comme l’entrepreneuriat collectif dans sa forme de gouvernance spécifique. Malgré que cela demeure un fait relativement peu connu même ici, il se trouve peu d’endroits dans le monde où l’entrepreneuriat collectif, ou économie sociale, a contribué autant qu’au Québec à forger un caractère national distinct.
 
Jacques Létourneau, président de la CSN
Le nationalisme québécois et le syndicalisme de la CSN
En 1991, la CSN entreprenait une importante consultation au sein de ses syndicats affiliés en invitant les membres à prendre part à un référendum sur la question nationale. Plus de 40 000 travailleuses et travailleurs dans quelque 660 syndicats ont alors répondu à l’appel. Près de 80 % s’étaient ainsi prononcés en faveur de la souveraineté du Québec. Qu’en est-il aujourd’hui ? La question nationale est-elle toujours au centre des préoccupations du mouvement syndical et, plus particulièrement de la CSN ?
 
Il y aura aussi une période d’échanges avec les participantes et les participants. La conférence sera aussi accessible en Facebook live, sur la page de la CSN 
 
Midi CSN
Mercredi 14 février 2018
De 12 h à 13 h 30
Salles multi (1610-1620) au siège social de la CSN, 1601, avenue De Lorimier, Montréal
Pour s’inscrire: librairie@csn.qc.ca
Apportez votre lunch

Les salarié-es de GE Power reçoivent un appui unanime du conseil municipal

Réunis dans le cadre de la réunion mensuelle du conseil municipal de la ville de La Prairie hier soir, les membres du Syndicat national des travailleurs en accessoires électriques (CSN) (SNTAE) ont demandé puis reçu un appui unanime de la municipalité dans leur lutte qui vise à préserver leurs emplois.

« Ce matin, nous sommes très heureux de pouvoir compter sur les élu-es de La Prairie en tant qu’allié-es dans notre lutte visant à sauver des emplois qui ont été créés ici, pour répondre à une demande unique d’une société d’État d’ici. Nous attendons toujours une réponse de l’employeur qui doit nous préciser une date de rencontre avant la fin de cette semaine. Nous espérons cette rencontre le plus tôt possible afin de bien comprendre les intentions de la compagnie, de déclarer Hugues Rolland, président du SNTAE. Nous attendons également la confirmation d’une rencontre avec Hydro-Québec, qui est toujours le principal client de notre usine, afin de connaître la position de la société d’État relativement à sa politique d’acquisitions de fournitures pour l’entretien de ses installations ».

Rappelons que le 28 novembre dernier, GE Power a annoncé la fermeture de son usine située à La Prairie dans un plan de compressions touchant 12 000 employé-es à travers le monde. Mise en service lors de la création même d’Hydro-Québec, il y a 53 ans, cette usine compte environ 200 travailleurs et travailleuses qui cumulent en moyenne 27 années de service, dont environ 80 sont syndiqués.

« Ce qui semble se dessiner, c’est une délocalisation pure et dure de la production des composantes qui ont été inventées au Québec, grâce à de l’argent public et à une expertise développée ici. Nous nous expliquons mal cette décision puisque les relations de travail étaient très bonnes et que la compagnie était plus que rentable. Hier soir, nous avons dévoilé notre thème de campagne qui vise à garder GE Power dans un réseau Branché Local », d’expliquer Louis Bégin, président par intérim de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN (FIM).

« Lorsqu’une société d’État encourage et soutient le développement d’une expertise locale, nous sommes d’avis qu’elle se doit de poursuivre des objectifs de développement local et régional. Dans la mesure où GE Power n’est plus en mesure de répondre à cette demande, qu’elle cède ses opérations à des intérêts québécois qui, eux, sauront poursuivre ces opérations », de souligner Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie–CSN.

La FIM rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de quelque 320 syndicats provenant de toutes les régions du Québec. Le Conseil central de la Montérégie regroupe près de 30 000 membres des secteurs public et privé.

Le gouvernement doit hausser le financement du transport scolaire

Aujourd’hui, dans plusieurs villes du Québec, de nombreuses conductrices et de nombreux conducteurs de véhicules scolaires membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) ont participé à une « virée jaune ». Appuyés par le lancement d’une vidéo sur les médias sociaux, elles et ils ont circulé à basse vitesse dans plusieurs quartiers afin de marquer l’intensification de leur visibilité sur la place publique. Leur objectif est simple : sensibiliser et demander l’appui de la population afin d’obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail pour qu’enfin, leur métier soit reconnu à sa juste valeur.

« Aujourd’hui, alors que nous manifestions, nous avons également diffusé une vidéo qui compare notre travail à la collecte des ordures. Les deux métiers sont difficiles, mais un seul est rémunéré à sa juste valeur et c’est celui où l’on transporte des ordures. Le transport scolaire offre généralement des conditions de travail dérisoires par rapport aux lourdes responsabilités et à la complexité de notre travail. De grandes disparités salariales existent d’un employeur à l’autre. Les salarié-es touchent un taux horaire moyen de 17,86 $ l’heure – pour un revenu annuel moyen de 19 288 dollars –, alors que d’autres reçoivent 12,07 $ l’heure, un taux avoisinant le salaire minimum, sans autre avantage social. Nous demandons donc l’appui de la population à notre revendication qui vise la création d’enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées afin de financer adéquatement l’augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail dans notre secteur », de préciser Stephen P. Gauley, président du Secteur transport scolaire (STS).

Une pétition a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale et le STS sollicite l’appui de la population à leur demande formulée au Gouvernement du Québec.

Une crise se dessine dans le transport scolaire au Québec

Cette situation que la FEESP-CSN décrie depuis plusieurs années influence directement le recrutement et la rétention des conductrices et des conducteurs au point où des situations concrètes nous laissent croire qu’une crise a déjà débuté dans le transport scolaire au Québec. Il semble qu’il y ait déjà au moins deux circuits à la Commission scolaire Marguerite–Bourgeoys pour lesquels les employeurs n’ont pas le personnel requis. À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, un employeur aurait même rappelé des travailleurs en congé de maladie pour des remplacements, ce qui soulève de potentiels problèmes de santé et de sécurité du travail. Le 10 octobre dernier, la FEESP–CSN avait interpellé le gouvernement dans les médias en soulignant qu’une crise pourrait très bien se dessiner au Québec, situation qui se concrétise actuellement.

À Toronto, une telle crise du transport scolaire secoue la ville depuis plusieurs années. Les appels d’offres qui octroient les circuits scolaires aux plus bas soumissionnaires ont complètement ravagé les conditions de travail dans ce domaine. Ce faisant, les employeurs ne réussissent pas à recruter des salarié-es pour pourvoir les postes vacants et plusieurs circuits ont dû être annulés, faute de conductrice et de conducteur.

« Les travailleuses et les travailleurs ne sont tout simplement pas attirés par des emplois sous-payés qui leur demandent de telles compétences et de telles qualifications. C’est exactement ce qui arrive en Ontario depuis plusieurs années. Cette province vit une crise dans le transport scolaire directement liée aux mauvaises conditions de travail qui sont offertes dans le domaine. En 2016, dans la région torontoise, une soixantaine de circuits de transport scolaire avaient été paralysés par une pénurie de main-d’œuvre causée par les mauvaises conditions offertes dans ce secteur. En 2017, une vingtaine de circuits ont été touchés par ce problème récurrent. Récemment, les mêmes problèmes ont été observés au Nouveau-Brunswick, à Fredericton et à Saint-Jean, pour les mêmes raisons. Le gouvernement du Québec attend-il que des parents et des enfants soient privés de transport scolaire, faute de personnel, avant d’intervenir et de corriger le problème ? », de questionner Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP et responsable politique du STS.

« La semaine dernière, nous avons vécu un conflit chez Transco Montréal avec un employeur qui demandait au départ une réduction de salaire à ses travailleuses et à ses travailleurs, alors que nous savons qu’ils ont déjà un problème de recrutement et de rétention. Après une grève de deux jours, une entente de principe est heureusement intervenue entre les parties. Il aura tout de même fallu que ces salarié-es se battent pour obtenir des augmentations, évitant ainsi un appauvrissement et une détérioration de leurs conditions de travail. Alors que les salaires ne sont pas suffisants, des employeurs cherchent à les rendre encore moins intéressants. Ça n’a tout simplement pas de sens », de souligner Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN).

Un salaire de référence pourtant reconnu

Pourtant, lors d’un processus rigoureux d’évaluation de l’emploi de conducteur et de conductrice de véhicule scolaire, auquel le gouvernement et les associations des transporteurs ont participé, le comité de travail a fixé un taux horaire minimal de référence à 19,14 $ l’heure en janvier 2015, ce qui représente actuellement un taux indexé de 20,02 $ à l’embauche, sans évidemment tenir compte de l’ancienneté.

« Les conductrices et les conducteurs de véhicule scolaire luttent pour la reconnaissance de leur emploi et pour l’obtention d’un salaire décent depuis plus de 20 ans. Depuis tout ce temps, ils ont dû défendre l’importance de leur travail qui consiste à conduire en toute sécurité nos enfants vers leur milieu d’apprentissage. Nous demandons donc au gouvernement de Philippe Couillard des enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées qui serviront à augmenter les salaires et à offrir des conditions de travail qui reconnaissent leur travail. Ces mauvaises conditions de travail sont en train de créer une crise dans notre secteur. Nous revendiquons une solution durable avant les prochaines élections provinciales », de conclure Jacques Létourneau, président de la CSN.

Rappelons que plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

Le STS regroupe environ 3000 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 425 syndicats affiliés, représentant environ 60 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.