Les agents de la paix refusent les offres innacceptables

Les agentes et agents de la paix en services correctionnels du Québec se sont rassemblés près de l’Assemblée nationale afin de dénoncer les dernières offres patronales ainsi que leurs demandes concernant le régime de retraite. Sans contrat de travail depuis le 1er avril 2015, les négociations entre le syndicat des agents de la paix en services correctionnels et Québec piétinent depuis plusieurs semaines.

Venu livrer un important message de solidarité aux centaines d’agents et d’agentes de la paix en services correctionnels réunis à Québec, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a déclaré que « derrière les portes closes des centres de détention du Québec, des milliers de personnes travaillent dans des conditions souvent très difficiles. Il faut que le gouvernement comprenne que le sous-financement de nos services correctionnels a des effets directs sur les conditions dans lesquelles les agents et agentes exercent leur métier. Surpopulation, manque d’effectif, désuétude des établissements, manque de formation, pour tout ça, ce sont les travailleurs et travailleuses de première ligne qui écopent ».

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Alors que les négociations, qui ont débuté à l’automne 2015, se déroulaient relativement bien, le Conseil du trésor est venu mettre du sable dans l’engrenage. « Le dépôt des offres du Conseil du trésor en matière salariale et ses demandes relatives au régime de retraite ont entraîné colère et frustration chez les membres, c’est irrespectueux et méprisant », a dénoncé Denis Marcoux, président de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

Les négociations achoppent sur quatre enjeux majeurs pour le SAPSCQ (FEESP–CSN), soit la formation obligatoire des agents, les offres salariales du Conseil du trésor, les demandes sur le régime de retraite et le retour de la précarité pour les salarié-es à temps partiel. Pour Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ–CSN : « Le Conseil du trésor ne nous offre même pas ce qu’il a convenu avec le secteur public, comme si nous étions moins importants à ses yeux. En plus, il ose s’attaquer à notre régime de retraite, commun avec les cadres des services correctionnels ainsi que les salarié-es de Pinel, alors qu’il est en bonne santé et que nous avons négocié de nouveaux paramètres en 2012. Pour couronner le tout, certaines des propositions de l’employeur viennent carrément précariser le statut de plusieurs d’entre nous. Si le gouvernement croit faire des économies de bouts de chandelles sur notre dos, il va vite voir que nous ne nous laisserons pas faire aussi facilement. »

Les agents et agentes de la paix en services correctionnels qui participaient à la manifestation ont également reçu Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches–CSN, qui a rappelé l’importance de leur travail dans un contexte régional. « Les centres de détention sont présents dans plusieurs régions. À Québec, nous avons constaté dans les dernières semaines l’état insalubre et désuet des lieux. Malgré cela, ici comme ailleurs, vous continuez à faire votre travail qui consiste à assurer la sécurité du public, et vous le faites bien. La population vous en est reconnaissante et vous pouvez compter sur la solidarité du conseil central dans votre lutte. »

À propos
Le SAPSCQ (FEESP–CSN) est le syndicat de tous les agents et agentes de la paix en services correctionnels du Québec et regroupe près de 2800 membres. Il est membre de la Fédération des employées et employés de services publics qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

La coalition rencontre la ministre du Travail

La coalition 5-10-15 qui mène une campagne pour relever le salaire minimum à 15 $ l’heure est sortie satisfaite de la rencontre qu’elle a eue avec la ministre du Travail Dominique Vien, hier. Les porte-parole ont profité de cette occasion pour rappeler les conditions difficiles dans lesquelles œuvrent près d’un million de travailleuses et de travailleurs qui peinent à vivre décemment.

Mélanie Gauvin du Front de défense des non-syndiqué-es, Virginie Larivière du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), et François Vaudreuil, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), ont expliqué à la ministre les trois revendications de la campagne 5-10-15 :

  • Le droit d’obtenir son horaire de travail 5 jours à l’avance
  • Le droit de disposer de 10 jours de congés payés par année pour la maladie ou les responsabilités familiales
  • Le droit de gagner un salaire minimum à 15 $ l’heure.

 

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Au cours de la rencontre qui a duré près d’une heure, la ministre du Travail s’est montrée sensible aux arguments de la coalition et elle a annoncé qu’elle procèderait à diverses études avant une annonce qu’elle ferait en décembre pour la hausse du salaire minimum qui sera effective en mai prochain. Elle ne s’est évidemment pas avancée sur la hauteur de cette augmentation ni sur le seuil revendiqué à 15 $ l’heure.

« La bonne nouvelle, c’est de constater que les associations s’organisent sur cette question et que le gouvernement a fait preuve d’ouverture pour relever le salaire minimum, a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau, au point de presse qui a suivi la rencontre avec la ministre Vien. C’est la preuve que la mobilisation populaire porte ses fruits. Nous devons maintenir la pression. »

 

 

Les agentes et agents correctionnels du Canada réclament leur dû

Plusieurs centaines de membres du Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC–CSN) manifestent aujourd’hui au centre-ville de Montréal, devant les bureaux de Travaux publics et services gouvernementaux Canada. Ils somment le gouvernement de régler, une fois pour toutes, les problèmes qui affluent depuis la centralisation des services de paye en 2014 et qui ont explosé au cours des derniers mois, avec l’implantation du logiciel appelé Phénix.

« Nous travaillons avec les plus dangereux criminels du pays. Nous veillons, au quotidien, à la sécurité des Canadiennes et des Canadiens. Notre travail, nous le faisons à 100 %, payez-nous 100 % de ce qui nous est dû. Voilà ce que nous sommes venus dire au gouvernement », a lancé Jason Godin, président national d’UCCO-SACC–CSN.

Comme des dizaines de milliers d’autres employé-es de la fonction publique canadienne, de nombreux membres d’UCCO-SACC–CSN sont victimes des ratés du nouveau système Phénix. Les problèmes sont multiples : employé-es privés de paye, report de l’émission des relevés d’emploi empêchant l’obtention de prestations diverses, non-versement de primes ou d’indemnités, erreurs d’échelon, taux d’imposition erroné, etc. « Seulement pour la région du Québec, les problèmes touchent plus d’une centaine d’agentes et agents correctionnels. Certains d’entre eux subissent ces problèmes depuis plus de six mois, ce qui génère non seulement des difficultés financières, mais aussi un stress important. Ils sont exaspérés, au bout du rouleau », a ajouté Frédérick Lebeau, président de la région du Québec pour UCCO-SACC–CSN.

La pression mise par UCCO-SACC–CSN et les autres syndicats de la fonction publique au cours des derniers mois a forcé le gouvernement à ouvrir un bureau satellite à Gatineau et à engager 100 personnes supplémentaires pour y travailler. Mais, pour l’instant, les résultats ne sont pas au rendez-vous et les problèmes subsistent. Le ministère en charge du Centre des services de paye s’était engagé cet été à ce que tous les problèmes soient réglés au 31 octobre, mais il a dû revenir sur sa promesse il y a quelques jours. Pour Frédérick Lebeau, il n’y a rien de surprenant à cette volte-face : « La date du 31 octobre, ça ressemblait plutôt à une mascarade d’Halloween… Actuellement, pour chaque cas qui se règle, un autre problème apparaît. Chaque semaine, nous avons de nouveaux membres qui nous arrivent avec des payes incomplètes. Nous en avons assez des excuses ! C’est le gâchis du gouvernement, il doit le régler. »

Une première manifestation des agentes et agents correctionnels pour dénoncer les problèmes du système Phénix s’est tenue au Nouveau-Brunswick le 18 août dernier. Aujourd’hui, en plus du rassemblement de Montréal, les membres d’UCCO-SACC–CSN manifestent aussi à Prince Albert, en Saskatchewan. « Nous sommes unis dans cette lutte pour recevoir ce qui nous est dû. Nous ne lâcherons pas tant que tous les problèmes de paye ne seront pas résolus », a conclu M. Godin.

Des solutions aux problèmes en santé et services sociaux

Alors que le ministre des Finances Carlos Leitão se prépare à faire sa mise à jour économique, la CSN lance une série de propositions pour remédier aux ratés qui se manifestent jour après jour dans le système de santé et de services sociaux. Elle demande notamment au gouvernement de réinvestir massivement dans les services à la population et l’incite également à revoir le mode de rémunération des médecins et à instaurer un régime entièrement public d’assurance médicaments. La CSN était accompagnée de l’avocat spécialisé en droit médical, Jean-Pierre Ménard.

Un consensus de plus en plus large sur les ratés de la réforme Barrette
Au courant des derniers mois, les révélations de plusieurs acteurs sont venues démontrer que la réforme du ministre Barrette n’atteint pas les objectifs qu’elle s’est fixés, notamment pour ce qui est de favoriser l’accès aux services pour la population. Aux dénonciations des organisations syndicales, communautaires et patronales et à celles de regroupements de médecins et d’usagères et d’usagers, se sont récemment ajoutés les rapports de la Protectrice du citoyen et du Commissaire à la santé et au bien-être. Force est de constater que la manière qu’a le gouvernement de gérer les finances publiques est un échec.

Clément Allard

Photo : Clément Allard

« La réforme Barrette qui devait, aux dires du ministre, régler les problèmes du réseau fait tout le contraire. Les délais d’attente ne se sont pas améliorés, au contraire, et le personnel est à bout de souffle comme jamais auparavant. Il faut être vraiment déconnecté pour ne pas constater l’ampleur des ratés. Cette réforme concentre de façon inquiétante les pouvoirs entre les mains du ministre et met des bâtons dans les roues du personnel qui tente du mieux qu’il peut de continuer à servir la population », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

« La réforme Barrette et l’austérité gouvernementale, c’est notamment la fusion des laboratoires médicaux qui entraîne des risques énormes sur plusieurs plans. C’est aussi la diminution de l’accessibilité aux services sociaux dans les CLSC en raison du transfert de ressources vers les GMF et l’étouffement de la mission des centres jeunesse. Les compressions et l’hypercentralisation qui s’abattent sur le réseau viennent renforcer des problèmes qui étaient déjà criants. Ça devient invivable pour les employé-es qui tentent tant bien que mal de donner les services à la population », poursuit Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Solutions pour améliorer l’accès aux services à la population
En marge du congrès de la FSSS-CSN qui s’ouvre à Québec, la CSN et l’avocat Jean-Pierre Ménard mettent de l’avant des solutions pour améliorer l’accès aux services. Ces propositions émanent de nombreuses réflexions dans le réseau, notamment des Rendez-vous nationaux sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux.

  1. Revoir le mode de rémunération des médecins, qui exerce une énorme pression sur le réseau et dont la rémunération à l’acte est associée à des coûts élevés;
  2. Instaurer un régime entièrement public d’assurance médicaments, ce qui permettrait d’économiser jusqu’à un milliard de dollars en augmentant notre pouvoir de négociation sur le coût des médicaments;
  3. Développer des équipes interdisciplinaires autonomes pour améliorer l’offre de services de première ligne;
  4. Profiter des surplus budgétaires (1,8 milliard pour l’année 2015-2016, sans compter le Fonds des générations) qui ont été dégagés à la suite des compressions draconiennes des libéraux pour réinvestir massivement dans les services publics et les programmes sociaux, dont le réseau de la santé et des services sociaux qui se trouve sous une pression extrême.

« L’équilibre budgétaire étant maintenant atteint, le gouvernement doit mettre de côté son projet de diminuer les impôts et de rembourser la dette dans des délais qui s’avèrent beaucoup trop courts. S’il se contente de saupoudrer les budgets des grands réseaux de montants supplémentaires, il installera le Québec dans une austérité permanente. Pour que les services répondent aux besoins de la population et, enfin, pour régler les problèmes d’attente dans le réseau, il doit réinvestir massivement dans les services publics qui sont complètement asphyxiés. Il faut aussi lancer sans tarder les chantiers sur la rémunération des médecins et sur l’assurance médicaments, car ce sont d’autres moyens concrets d’investir directement dans les services à la population. Ne manque maintenant que la volonté politique », conclut Jacques Létourneau, président de la CSN.

Les employés protestent contre la multinationale Chartwell

Après plus d’une douzaine de rencontres de négociation, les travailleuses et travailleurs de la résidence Le Duplessis, actuellement en négociation, estiment avoir reçu des offres dégradantes de la part de leur employeur et se préparent à mener une grève de 72 heures. « Ce que l’employeur met sur la table est particulièrement choquant. Non seulement il ne propose que 1 % d’augmentation sur cinq ans, mais il veut également diminuer la rémunération sur trois échelons salariaux. Il est hors de question que les membres acceptent un tel appauvrissement imposé par une multinationale qui accumule d’énormes profits pour le seul bénéfice de ses actionnaires », souligne le président du syndicat des travailleuses et travailleurs de la résidence Le Duplessis (CSN), Daniel Lefebvre.

Rappelons que le Groupe Chartwell, propriétaire de la résidence en question, annonçait récemment qu’il compte accélérer son expansion au Québec et dans les autres provinces canadiennes où il est déjà présent. « Maxime Camerlain, vice-président marketing du groupe, affirmait lui-même qu’il compte exploiter les possibilités de croissance au Québec dans le marché des résidences privées pour aîné-es grâce à la vente d’actifs aux États-Unis, qui a généré plusieurs millions de dollars, souligne le président du syndicat des travailleuses et travailleurs de la résidence Le Duplessis. Or, c’est grâce aux travailleuses et aux travailleurs qui œuvrent auprès des personnes âgées dans les résidences que Chartwell peut s’en mettre plein les poches. Ceux-ci ont droit à de bonnes conditions de travail pour pouvoir donner les meilleurs services possible à la clientèle », poursuit le représentant des centres d’hébergement privés de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS-CSN), Gilles Gagné.

L’intervention du conciliateur n’a pas réussi à dénouer l’impasse entre les parties. « Nous avons d’abord exploré les avenues possibles et les discussions nous donnaient espoir. Or, nous avons ensuite dû constater que les représentants à la table de négociation de la multinationale Chartwell, propriétaire de la résidence, n’ont pas la marge de manœuvre requise pour faire progresser la négociation », déplore aussi Daniel Lefebvre.

« Une autre rencontre de négociation est prévue prochainement et nous espérons vraiment voir d’autres possibilités de règlement surgir. Mais pour l’instant, force est de constater que l’attitude de l’employeur est complètement fermée. Nous appuierons étroitement les travailleuses et les travailleurs dans leurs moyens de pression jusqu’à ce qu’ils obtiennent une offre satisfaisante », conclut le vice-président régional de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS–CSN), Claude Audy.

Négociation coordonnée dans les centres d’hébergement privés (CSN)
Rappelons que la négociation des employé-es de la résidence Le Duplessis s’inscrit dans une négociation coordonnée à travers le Québec qui met de l’avant quatre priorités de négociation portant sur l’augmentation de 1,50 $ l’heure sur trois ans, la date d’échéance de la convention collective au 31 mars 2018, la formation des employé-es et la création d’un comité de relations de travail.

Mandats de grève recherchés

Réunis en conseil fédéral à Québec depuis hier, les syndicats CSN du secteur préhospitalier ont fait le point sur l’état des négociations pour le renouvellement des conventions collectives, échues depuis le 31 mars 2015. Devant le peu de progrès sur leurs priorités, les syndicats demanderont à leurs membres de leur confier un mandat de grève, à exercer au moment opportun.

« À ce jour, nous avons eu 13 rencontres de négociation avec la CSAQ, le principal regroupement d’entreprises. Mais nous n’avons toujours reçu aucune réponse constructive quant à nos priorités, qu’il s’agisse par exemple de la retraite progressive ou de l’amélioration de nos conditions d’exercice, de l’organisation du travail, de la charge de travail ou de l’abolition des horaires de faction (7/14). Sur les salaires, la CSAQ n’est même pas en mesure de nous offrir ce qui a été convenu dans le secteur public et parapublic ! Devant ce peu de progrès, nous n’avons pas d’autre option que de nous préparer à la grève si cela s’avère nécessaire », explique le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Dany Lacasse.

Notons que les négociations n’ont pas davantage permis de progrès sur ces priorités aux autres tables de négociation, qu’il s’agisse de celle d’Urgences-santé, ou de celles de l’APAR et de la FCPQ, les deux autres regroupements d’entreprises.

Pour le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon, qui fait aussi partie du comité de négociation provincial, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, porte une lourde part de responsabilité dans ce blocage car il a changé les règles du jeu en pleine négociation. « Il voudrait se désengager des négociations mais, dans les faits, le Ministère est directement concerné par nos revendications communes, ne serait-ce que parce qu’elles touchent beaucoup à la qualité des services à la population de tout le Québec. Nous n’abandonnerons certainement pas nos priorités légitimes sous prétexte que le ministre Barrette ne veut pas en discuter avec nous. Cela fait 18 mois que nous sommes en négociation. Nos demandes sont bien connues. Si l’on doit se rendre à la grève pour être pris au sérieux, le ministre n’aura que lui-même à blâmer. »

Grève
Dans le secteur préhospitalier, l’exercice de moyens de pression comme la grève est soumis aux dispositions des services essentiels. Même si cet encadrement légal a pour but de limiter la portée du droit de grève, le plan d’action des syndicats CSN prévoit utiliser une panoplie de moyens de perturbation, dans la légalité, qui exerceront une pression indéniable, tant sur les employeurs que sur le ministère.

« Nous sommes des professionnels, souligne Jean Gagnon. On s’attend à ce que nos moyens de pression ne remettent pas en cause les services vitaux que nous assurons au quotidien, et c’est ce que nous ferons. Toutefois, notre grève, si elle devient nécessaire, nous permettra d’illustrer très concrètement en quoi tout le système préhospitalier québécois repose uniquement sur le professionnalisme des paramédics, des employé-es de soutien et des répartiteurs. Souvent dans l’ombre, nous sauvons des vies chaque jour grâce à notre professionnalisme et notre engagement total envers la santé et la sécurité de nos communautés. Nous méritons une reconnaissance à la hauteur de notre contribution, d’autant plus que les propositions que nous mettons sur la table contribueront non seulement à améliorer nos conditions de travail mais aussi, dans bien des cas, à améliorer les services à la population ».

Jacques Létourneau en entrevue à « L’heure de pointe »

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Jacques Létourneau était de passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre de la tournée régionale de la Semaine nationale de la santé et de la sécurité au travail. Le voici en ondes avec Jean-Claude Girard de Radio-Canada pour parler du projet controversé Optilab du ministre Barrette, du bois d’oeuvre, du salaire minimum, et de l’austérité, pour ne nommer que quelques sujets.

La CSN en tournée dans la région (17h17)

Les syndicats acceptent les offres à l’unanimité

Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’hôtel Quality Sherbrooke (CSN) et du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’hôtel du Delta Sherbrooke (CSN) ont entériné, la semaine dernière, leur entente de principe respective en acceptant à 100 % les termes de leur nouveau contrat de travail. Selon Michel Valiquette, trésorier de la FC–CSN et responsable politique du secteur du tourisme de la fédération, « ces deux résultats démontrent clairement que les attentes des membres de ces deux syndicats ont été satisfaites, tant au niveau des demandes de la plateforme de la négociation coordonnée qu’au niveau de leurs revendications locales. »

« Les deux ententes sont d’une durée de quatre ans et contiennent des augmentations salariales de 3 % pour les trois premières années et de 4 % la dernière année. En plus de ces deux éléments de la plateforme commune, les syndicats ont réussi à obtenir une bonification de leurs indemnités de vacances et ont obtenu des gains importants relativement à la question des indemnités de départ », souligne Michel Valiquette. Les deux syndicats ont également obtenu satisfaction sur différents éléments de leur contrat de travail, notamment en bonifiant différentes primes pour le travail de nuit ainsi que sur les livraisons spéciales.

Le secteur de l’hôtellerie de la FC–CSN regroupe près de 5000 membres dans 57 syndicats. La Fédération du commerce–CSN compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

Deux nouvelles ententes de principe en Abitibi et dans les Laurentides

Deux nouvelles ententes de principe au Domaine des Pionniers en Abitibi et au centre d’hébergement le Boisé de Sainte-Thérèse dans les Laurentides viennent d’être adoptées à 86 % et à 82 % dans le cadre de la négociation coordonnée des centres d’hébergement privés pour aînés–CSN. Les deux ententes répondent positivement aux quatre priorités de négociation portant sur l’augmentation de 1,50 $ l’heure sur trois ans, la date d’échéance de la convention collective au 31 mars 2018, la formation des employé-es et la création d’un comité de relations de travail.

Domaine des Pionniers
Au Domaine des Pionniers, les 17 travailleuses crient victoire. « Grâce à la mobilisation sans faille que les travailleuses ont maintenue tout au long de la négociation, elles ont évité le conflit et gagné le combat. Elles ont aussi obtenu gain de cause concernant les quatre demandes de la plateforme et même plus. C’est une réussite sur toute la ligne », souligne d’entrée de jeu le représentant du secteur des centres d’hébergement privés–CSN, Gilles Gagné.

Rappelons que l’offre initiale de l’employeur suivait l’augmentation de 3 % sur cinq ans qu’avait fait le ministre Coiteux au tout début de la négociation aux employé-es du secteur public. « Au lieu de 0,60 $ l’heure sur cinq ans, les travailleuses recevront une augmentation de 1,50 $ l’heure pour trois ans. C’est plus que du simple au double. Cette augmentation de salaire fait en sorte que la grande majorité des employé-es recevront une rémunération supérieure à 15 $ l’heure dès le 1 avril 2017! », renchérit la vice-présidente régionale de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS–CSN), Annick Trottier.

Centre d’hébergement Le Boisé de Sainte-Thérèse
Avant que des moyens de pression ne soient déclenchés, une entente est intervenue au terme d’une ultime rencontre de négociation entre la direction du centre d’hébergement Le Boisé de Sainte-Thérèse et le syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés des Laurentides–CSN.

En plus des gains de la négociation coordonnée, la nouvelle convention collective inclut l’ajout de clauses qui, notamment, offriront la possibilité d’une retraite progressive. Du côté monétaire, un jour de congé supplémentaire et un montant forfaitaire en compensation de l’inflation ont été convenus en plus d’une augmentation de 1,50 $ l’heure pour tous les postes d’ici le 31 mars 2018. « Le syndicat avait opté pour une diminution de l’écart salarial entre les différents postes et un premier pas a été franchi dans ce sens. Nous en sommes fiers, car toutes et tous contribuent au bien-être des bénéficiaires », enchaîne David Deschatelets, vice-président régional de la FSSS–CSN.

« Ces deux ententes élèvent à 17 le nombre de conventions collectives qui ont été entérinées par les parties dans le cadre de cette négociation coordonnée. Ces deux excellentes nouvelles viennent consolider les gains qui continuent à s’accumuler tout au long de cette importante démarche à laquelle participent 42 accréditations syndicales de la CSN à travers le Québec », conclut Gilles Gagné.

 

 

La CSN, une force en santé et sécurité du travail !

Du 16 au 22 octobre, se tiendra la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail (SST). Cette année, la CSN souhaite rappeler à toutes les travailleuses et travailleurs, aux quelque 2000 syndicats de la confédération et à ses 325 000 membres des secteurs privé et public l’importance de cet enjeu, dans un contexte où les employeurs demandent d’en faire toujours plus avec moins.

«La prévention est le nerf de la guerre en matière de santé et de sécurité. C’est en amont qu’il faut agir pour sensibiliser les employeurs aux risques liés au travail. Il est inacceptable qu’encore aujourd’hui, le travail rende malade ou pis encore, qu’il tue», déplore, Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

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L’an dernier, 196 personnes ont perdu la vie en raison de leur emploi (ou ont péri en travaillant). «Voilà pourquoi au fil des décennies, la confédération et ses organisations affiliées ont mis en place une panoplie de services, pour continuer de faire reculer la maladie et… la mort», souligne Jean Lacharité. Hygiénistes du travail, ingénieurs, ergonomes et psychologues du travail sont des ressources spécialisées de la CSN qui travaillent pour plus de prévention. En défense des accidenté-es, la confédération dispose de ses propres avocats et conseillers. C’est l’équipe spécialisée la plus importante offerte par une organisation syndicale au Québec.

De plus, les treize conseils centraux ainsi que les huit fédérations de la CSN disposent de comités en santé et sécurité du travail et soutiennent les militantes et les militants dans leurs actions.

Visitez le site web semaineSST.org qui présente de nombreux outils pour faciliter les échanges dans les milieux de travail en matière de prévention en santé et sécurité.

Bonne Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail!

Des milliers de personnes dans la rue pour réclamer le salaire minimum à 15 $ l’heure!

Répondant à l’appel de plusieurs acteurs majeurs de la société civile québécoise, des milliers de personnes se sont rassemblées à Montréal, ce midi, pour réclamer le salaire minimum à 15 $ l’heure.

Photo : Michel Giroux

Photo : Michel Giroux

Partis du Parc le Prévost, dans le quartier Villeray, c’est sous les bannières des principaux groupes regroupés au sein de quatre grandes campagnes, 15 $ maintenant, 5-10-15, 15 plus et Minimum 15 $, et d’une pléiade d’autres organisateurs et alliés que les marcheurs ont fait résonner leur message au long des rues Christophe-Colomb et Jean-Talon à Montréal.

Photo : Michel Giroux

Photo : Michel Giroux

Au Québec, cette revendication est portée par plusieurs groupes communautaires, syndicaux, politiques et étudiants représentant des centaines de milliers de personnes.

Les groupes ont tenu à rappeler l’importance d’offrir un salaire décent, permettant à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs du Québec d’obtenir un salaire supérieur au seuil de faible revenu et de sortir de la pauvreté. Avec le salaire minimum actuel, soit 10,75 $ l’heure, une personne travaillant à temps plein toute l’année ne peut pas sortir de la pauvreté. En outre, une personne sur dix qui fréquente les banques alimentaires détient un emploi. Rappelons qu’au Québec, 733 700 personnes travaillent au bas salaire. La majorité ne sont pas aux études, travaillent à temps plein et ont plus de 25 ans.

Photo : Michel Giroux

Photo : Michel Giroux

Alors que les luttes contre les inégalités et la précarisation du travail s’imposent comme prioritaires, la revendication d’un salaire minimum à 15 $ l’heure au Québec devient incontournable. Cette hausse affectera directement 1 041 726 personnes, qui vivent avec 15 $ par heure ou moins, soit 26 % des salarié-es  au Québec.

Les organisations qui sont à l’origine de la manifestation estiment qu’un consensus social est en train de se construire autour de la question du salaire minimum à 15 $ et qu’il est plus que temps que le gouvernement se mette au diapason de la population.

Photo : Michel Giroux

Photo : Michel Giroux

Membres organisateurs

  • 5-10-15
  • 15 & Fairness McGill
  • 15 plus
  • 15 $ maintenant
  • Alternatives
  • Alternative socialiste
  • Association des travailleurs et travailleuses étrangers temporaires (ATTET)
  • Association des travailleurs et travailleuses temporaires des agences de placement (ATTAP)
  • Au bas de l’échelle
  • Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  • Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI)
  • Collectif pour un Québec sans pauvreté
  • Comité chômage de l’est de Montréal (CCEM)
  • Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Étudiant-e-s socialistes
  • Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
  • Front de défense des non-syndiquéEs (FDNS)
  • Ligue communiste
  • e.s uni.e.s pour la régularisation (MUR)
  • Minimum 15 $
  • Mouvement action chômage Montréal (MAC-Mtl)
  • Mouvement autonome et solidaire des sans emploi (MASSE)
  • PINAY (Organisation des femmes philippines du Québec)
  • POPIR – Comité logement (Saint-Henri, Petite-Bourgogne, Côte-Saint-Paul et Ville-Émard)
  • School of Community and Public Affairs Students’ Association, Concordia University (SCPASA)
  • Syndicat des employé-e-s du Vieux-Port de Montréal
  • Syndicat industriel des travailleuses et des travailleurs Montréal (SITT-IWW-Mtl)

Un pas de plus vers la reconnaissance du trouble de stress post-traumatique pour les agentes et agents correctionnels

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN) accueille avec enthousiasme le rapport du Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Intitulé Santé mentale et sécurités des collectivités : appuyer nos agents de sécurité publique à l’aide d’une stratégie nationale sur les blessures de stress opérationnel, ce rapport, publié la semaine dernière, contient seize recommandations, dont plusieurs touchent directement la reconnaissance des enjeux de santé mentale pour les agentes et agents correctionnels.

En mai dernier, Jason Godin et Gord Robertson, respectivement président national et deuxième vice-président national d’UCCO-SACC-CSN, ont participé aux audiences tenues par le Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Leur témoignage, fort apprécié par les membres du comité, a d’ailleurs été repris, en partie, dans le rapport final.

« À l’intérieur des murs des établissements carcéraux, nous sommes les premiers répondants. Puisque nous sommes toujours à l’abri des regards, c’est souvent difficile de faire reconnaître les conséquences traumatisantes d’événements qui se produisent dans le cadre de notre travail. Voilà pourquoi nous avons tenu à nous faire entendre sur cet enjeu très important pour les agentes et agents correctionnels », déclare Jason Godin, président du Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN).

Avec des recommandations qui proposent l’application de mesures concrètes, comme par exemple l’introduction de dispositions législatives contenant une présomption de blessures de stress opérationnel en faveur des agents de la sécurité publique, le rapport présenté par le Comité permanent de la sécurité publique et nationale est un pas dans la bonne direction. « Maintenant, les recommandations doivent se transformer en action. Nous suivrons ce dossier avec attention au cours des prochains mois », conclut M. Godin.

Le syndicat lance une opération de visibilité auprès de la population

Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN) a décidé de lancer une importante opération de visibilité afin de dénoncer le laisser-aller du gouvernement en matière de sécurité publique. Le syndicat utilisera divers moyens afin de dénoncer les lacunes du système correctionnel du Québec et les mauvaises conditions dans lesquelles s’exerce le travail des agentes et agents de la paix.

Le gouvernement ne semble guère préoccupé par les enjeux divers qui touchent les services correctionnels. Au yeux du syndicat, les conditions de détention et l’état des établissements de détention affectent directement les conditions de travail des agentes et agents de la paix, mais aussi, plus largement, la sécurité du public. « Travailler dans des établissements désuets et surpeuplés, avec des outils vétustes, avec des effectifs insuffisants et souvent trop peu formés, c’est notre quotidien et nous voulons que la population y soit sensibilisée », explique Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ–CSN.

À compter d’aujourd’hui, le syndicat procèdera à la pose de panneaux aux abords des centres de détention, visant à dénoncer les problèmes présents dans les établissement. « Le SAPSCQ–­CSN a décidé de décliner le message sur les pancartes selon les problématiques propres à chaque établissement. Cela permettra à la population locale de bien saisir les enjeux qui affectent la région. Il faut comprendre que la sécurité publique, c’est d’abord et avant tout la sécurité du public », indique Mathieu Lavoie.

Sans contrat de travail depuis plus de 18 mois, les membres du SAPSCQ–CSN comptent multiplier les démarches de visibilité et les moyens de pression au cours des prochaines semaines, afin de faire avancer les négociations actuelles. « Nous serons actifs et visibles pour faire comprendre à l’employeur que nous voulons des conditions de travail respectueuses et des services correctionnels efficaces  », lance Mathieu Lavoie.

À propos

Le SAPSCQ est le syndicat de tous les agentes et agents de la paix en services correctionnels du Québec et regroupe près de 2800 membres. Il est membre de la Fédération des employées et employés de services publics qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

 

 

Le projet de loi 87 doit être bonifié

Réagissant à l’étape de l’étude détaillée en commission parlementaire du projet de loi 87 sur la divulgation d’actes répréhensibles, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) déplore que le secteur privé et celui des municipalités n’y soient pas assujettis, afin de permettre que tous les lanceurs d’alerte puissent dénoncer des actes répréhensibles sans avoir à subir de représailles.

« Le premier ministre Couillard a promis que son gouvernement serait « le gouvernement le plus transparent de l’histoire du Québec », a réagi le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie. La moindre des choses serait donc qu’il agisse en conséquence et qu’il élargisse le champ d’application du projet de loi. »

Alors que la commission Charbonneau a mis en lumière les cas de corruption et de collusion dans l’octroi des contrats publics, en particulier dans le secteur municipal, le gouvernement a quand même choisi d’exclure ce secteur du projet de loi 87. Lors de la présentation de son mémoire, au printemps dernier, la CSN avait fortement décrié cette lacune. « Cela laisse songeur quant à sa volonté politique réelle de s’attaquer à ce problème, avait alors déploré Jean Lortie. Bien des pratiques ayant cours dans le monde municipal ont miné la confiance du public et coûté des millions de dollars aux contribuables du Québec. Le projet de loi devrait assurer une protection aux employé-es municipaux de même qu’à toute personne désirant dénoncer des pratiques frauduleuses en matière d’octroi de contrats. »

Bien que le ministre Leitão ait déposé certains amendements, aucun ne couvre le secteur municipal, le ministre indiquant que son collègue des Affaires municipales soumettrait un autre projet de loi qui traiterait de cette question des lanceurs d’alerte. « Pourquoi vouloir créer un mécanisme de plaintes distinct avec une autre loi, alors que l’essence même du projet de loi 87 concerne les lanceurs d’alerte, a poursuivi le porte-parole syndical. Il faut que la mécanique demeure simple, et les protections doivent être les mêmes pour tous les divulgateurs. En outre, la complexité dans les processus risque de décourager les dénonciations. Il est dommage que le ministre Leitão n’ait pas saisi cette occasion pour agir immédiatement en ce sens. »

La CSD et la CSN joignent leur voix pour limiter le pouvoir ministériel

De passage aujourd’hui en commission parlementaire sur le projet de loi 53 sur l’actualisation de la Loi sur les décrets de convention collective, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont présenté près d’une dizaine de recommandations visant à préserver le consensus sur la question, dégagé au sein d’un sous-comité du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM). Les deux centrales syndicales considèrent notamment que le projet de loi confère trop de pouvoir au ministre du Travail qui pourrait passer outre l’obligation de consensus entre les parties.

De façon générale, la CSD et la CSN appuient le projet de loi tout en recommandant quelques amendements pour protéger la négociation entre syndicats et patrons. Bien que les deux centrales représentent des salarié-es dans des secteurs industriels protégés par des décrets, notamment dans le secteur des services automobiles, elles appuient le maintien de la loi également pour des raisons de justice sociale car elle donne accès à de meilleures conditions de travail à quelque 75 000 salarié-es, syndiqués ou non.

Rappelons que cette loi est une pièce législative remontant à 1934. À l’époque, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), ancêtre de la CSN et de la CSD, promeut activement une telle intervention législative pour contrer l’appauvrissement des travailleuses et des travailleurs confrontés à une très grave crise économique. L’idée, importée d’Europe, consiste à étendre à l’ensemble d’un secteur industriel les tenants et aboutissants d’une entente collective intervenue entre un syndicat et un employeur. En 2016, bien que la proportion de salarié-es couverts soit beaucoup moins importante, il demeure que la loi garantit encore de meilleures conditions de travail car en uniformisant les conditions de travail, les entreprises doivent chercher à se démarquer autrement que par une course à la baisse dans les conditions de travail.

Photo : Michel Giroux

Photo : Clément Allard

Actualisation

Ainsi, la CSN et la CSD appuient l’actualisation de la loi mais souhaitent en préserver l’esprit original favorisant la négociation entre les parties. Or, plusieurs passages du projet de loi 53 octroieraient trop de pouvoirs au ministre du Travail, ce qui aurait pour effet d’affaiblir l’obligation actuelle de consensus entre les parties. La CSN et la CSD considèrent qu’un tel virage serait dommageable pour l’avenir de ces secteurs et elles soulignent dans leur mémoire conjoint que leurs vis-à-vis patronaux au CCTM partagent la même orientation, et ce malgré certaines interventions publiques de quelques lobbies patronaux réclamant jusqu’à l’abrogation pure et simple de la loi.

« Nous considérons que ce serait un recul majeur que d’affaiblir ce régime de concertation et de dialogue qui a permis au fil des années de prendre de véritables décisions structurantes pour ces secteurs, explique le président de la CSD, François Vaudreuil. Ce régime a fait la preuve qu’il peut permettre l’évolution et l’adaptation des industries concernées de façon consensuelle, tout en assurant des conditions décentes aux travailleuses et aux travailleurs ».

« Pour nous, l’erreur principale des ministres du Travail qui se sont succédé au cours des dernières décennies aura été de ne pas défendre suffisamment ce régime, ce qui explique en partie que de moins en moins de salarié-es soient couverts, souligne la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque. L’histoire nous a enseigné que la sempiternelle rengaine du néolibéralisme – l’Eldorado de l’emploi se pointe à l’horizon de la déréglementation – est fausse : les salarié-es de l’industrie du vêtement peuvent témoigner du fait que l’abrogation des décrets dans ce secteur n’a jamais produit les milliers d’emplois que certains promettaient. Nous pensons qu’il faut maintenir ce régime et surtout protéger ce qui fait son plus grand succès, c’est-à-dire laisser aux parties négociantes le soin de dégager des pistes satisfaisantes pour toutes et tous ».

À propos
La CSD et la CSN représentent près de 400 000 travailleuses et travailleurs œuvrant dans tous les secteurs d’activités sur l’ensemble du territoire québécois.

La FEESP salue la décision de Sorel-Tracy

Le vice-président de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN), Yvon Godin, ne peut que se réjouir et prendre acte de la résolution adoptée hier soir à l’unanimité par le conseil municipal de Sorel-Tracy. « Nous ne cessons de le répéter sur toutes les tribunes, au cours des dernières années à la FEESP–CSN, 96 % des conventions collectives de ce secteur ont été conclues sans exercer la grève. Alors, pourquoi créer un régime d’exception dans ce cas ? »

Le conseil municipal de Sorel-Tracy a adopté hier soir une résolution qui informe le ministre Coiteux que, de son point de vue, l’adoption du projet de loi no 110 (PL110) par l’Assemblée nationale nuirait au droit fondamental de négocier, causer un déséquilibre entre les parties en matière de relations de travail et aurait des répercussions négatives sur le climat et les relations de travail dans le secteur municipal. Il demande au gouvernement du Québec de laisser aux municipalités leur pleine autonomie pour fixer les conditions de travail de leurs employés. Il informe le gouvernement du Québec qu’il n’entend pas recourir à l’application d’une telle loi si elle est adoptée tel qu’elle a été rédigée et, finalement, il demande au gouvernement du Québec de modifier le PL110 de manière à donner aux municipalités le pouvoir de se soustraire de l’application de la loi pour qu’elles puissent négocier librement avec les associations syndicales qui représentent leurs employés.

Une invitation aux autres municipalités
La présidente du Conseil central de la Montéregie (CSN), Annette Herbeuval, invite les autres municipalités à emboiter le pas à Sorel-Tracy. « Nous invitons les représentants municipaux de la Montéregie et ailleurs au Québec à faire preuve d’ouverture à l’égard des travailleuses et des travailleurs municipaux en rejetant le marteau antidémocratique qu’est le projet de loi 110. Je salue les efforts du maire et du conseil municipal de Sorel-Tracy pour leurs efforts de démontrer du respect aux gens qui fournissent des services à la population. »

Le vice-président de la région de Sorel-Tracy du Conseil central de la Montéregie (CSN), Éric Lalancette, a aussi applaudi le geste du conseil municipal. « C’est une excellente nouvelle pour préserver les bonnes relations de travail qui existe entre Sorel-Tracy et ses employé-es et un exemple pour les autres villes, déclare Éric Lalancette. Comme dans toute bonne relation, c’est par la communication, des discussions et des négociations qu’elles se créent et non par l’imposition de mesures. »

Le président du syndicat de la centaine d’employé-es municipaux de la ville de Sorel-Tracy (CSN), François Martin, est plus que satisfait de la décision du conseil municipal. « Nous avons interpelé le conseil municipal en juin pour les sensibiliser au danger que représente le PL110 pour la qualité des relations de travail dans notre ville et pour le droit fondamental de négocier, a-t-il déclaré. On a vraiment pas besoin de ça pour s’entendre ! »

Pour Yvon Godin, la décision prise hier soir par le conseil municipal de Sorel-Tracy est un signe que la division s’installe et que les villes font le constat que ce projet de loi va créer plus de tension que d’harmonie. Il souligne au passage que Sorel-Tracy n’est pas seule, c’est aussi le cas de Mont-Joli et d’Amqui dans le Bas-Saint-Laurent, de même que Shawinigan et la MRC de la Vallée de la Gatineau en Outaouais qui ne soutiennent pas ce projet de loi.

Le projet de loi est actuellement en lecture en commission parlementaire et il est encore temps pour les villes de manifester leur opposition. « J’en appelle au courage politique des conseils municipaux pour leur demander de suivre l’exemple de Sorel-Tracy et des autres municipalités qui ont agi de même. C’est maintenant qu’il faut le faire pour faire reculer ce gouvernement », conclut Yvon Godin.

Entente de principe au Holiday Inn Laval Montréal

La Fédération du commerce (FC–CSN) annonce une dixième entente de principe intervenue hier entre le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel Holiday Inn Laval Montréal (STTHILM) et l’employeur. À l’image des autres ententes paraphées depuis le 7 septembre, elle est d’une durée de quatre ans et prévoit des augmentations salariales de 3 % pour les trois premières années et de 4 % la dernière année. Elle sera présentée prochainement aux membres du syndicat en assemblée générale afin d’être entérinée.

« Comme les neuf autres syndicats qui ont réglé leur négociation, les membres du STTHL (FC–CSN) ont aussi obtenu des avancées importantes sur les deux autres revendications des syndicats participant à la 9e ronde de négociations coordonnées, souligne Michel Valiquette, trésorier de la FC–CSN et responsable politique du secteur du tourisme de la fédération. La bonification de leurs indemnités de vacances et de départ fait également partie de l’entente. Lors de la négociation, lorsque notre modèle de règlement s’est officialisé dans plusieurs établissements, l’employeur du Holiday Inn Laval Montréal s’était engagé à offrir intégralement les quatre éléments de la plateforme à la conclusion des autres demandes locales. Et il a tenu parole. »

« Voici un autre employeur qui nous démontre clairement que nous ne sommes pas obligés d’engager des moyens de pressions lourds pour arriver à nous entendre. Nous réitérons que nos demandes sont raisonnables et légitimes. Elles sont conséquentes avec les taux de fréquentation records que l’industrie du tourisme affiche actuellement », de conclure monsieur Valiquette.

À propos
Le secteur de l’hôtellerie de la FC–CSN regroupe près de 5000 membres dans 57 syndicats. La Fédération du commerce–CSN compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

Les employés des centres jeunesse à bout de souffle

Partout au Québec, les employé-es des centres jeunesse sont à bout de souffle et plongés dans une détresse importante causée par le travail. C’est notamment ce qui ressort d’une vaste consultation conduite auprès de quelque 2000 répondantes et répondants syndiqués à la CSN à travers le Québec.

« Les résultats de cette consultation mettent en lumière les impacts du sous-financement dans le réseau des centres jeunesse. L’an dernier encore, celui-ci a épongé 20 millions en compressions qui ont affecté autant la pratique professionnelle que la qualité des services aux enfants et aux familles », souligne d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

L’enquête présente des constats et des chiffres alarmants. « Nous avons reçu de nombreux commentaires témoignant du découragement extrême des intervenantes et intervenants, qui déclarent ne pas être en mesure d’offrir des services adéquats aux enfants en difficulté et à leur famille en difficulté. C’est pourquoi nous avons décidé d’entreprendre cette consultation qui confirme ce que nous entendions sur le terrain », a affirmé la présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs du centre jeunesse de Montréal, (FSSS–CSN) Sylvie Théorêt.

Photo : Michel Giroux

Photo : Michel Giroux

La dure réalité
Cette enquête nous apprend que seulement 5 % des intervenantes et intervenants estiment être en mesure de répondre adéquatement et en temps utile aux besoins de cette clientèle. Pour 71 % d’entre eux, les multiples formulaires à remplir et la saisie de notes constituent un obstacle majeur à la qualité de leur intervention. « Les compressions qu’on vit depuis de nombreuses années ont eu des répercussions sur tous les employé-es et ont aussi entraîné des coupes de postes au sein du personnel de bureau. Comment voulez-vous que les intervenant-es puissent offrir les services auxquels on s’attend d’eux quand ils sont toujours pris devant leur ordinateur pour pallier, entres autres, le manque de personnel administratif? », enchaîne Sylvie Théorêt.

« La compilation des notes fait partie intégrante de notre travail, poursuit la vice-présidente du syndicat des employé-es du centre jeunesse de Laval (FSSS–CSN), Julie Hamilton. Or, le processus pour la prise de notes s’est beaucoup alourdi. Nous devons décortiquer chacune de nos interventions en de multiples actes et les expliquer dans les fins détails. Les guides et les formations qui nous sont offerts simplement pour savoir comment prendre ces notes illustrent la complexité de l’exercice », souligne-t-elle en ajoutant : « Par ailleurs, nous sommes prises à devoir accomplir une série de tâches qui ne concernent pas directement les interventions, comme les demandes de cartes d’assurance-maladie, la logistique reliée au transport. Ces tâches grugent une très grande partie de notre temps. »

En outre, 70 % estiment que leur intervention sert plus à répondre aux cibles statistiques qu’à aider les familles. « Les intervenantes et intervenants ne fournissent pas. Pourtant, les jeunes en difficulté vivent des situations de plus en plus complexes qui combinent des problèmes de santé mentale, de toxicomanie et de violence. Déjà, le rapport du Vérificateur général du Québec 2009-2010 faisait état de la trop grande importance accordée aux tâches administratives, soit une moyenne de 55 % dans les centres jeunesses sondés à l’époque. Six ans plus tard, on constate que non seulement le problème persiste, mais les compressions libérales l’ont empiré », renchérit la vice-présidente de la Santé et des Services sociaux (FSSS–CSN), Mélissa Gaouette.

Cet alourdissement des tâches crée donc une grande surcharge de travail et de l’épuisement professionnel : 84 % des personnes interrogées affirment effectuer des heures supplémentaires et 31 % soulignent que les difficiles conditions d’exercice de leur pratique les a forcées à prendre un congé de maladie. « On demande aux employé-es de faire toujours plus avec moins et ils sont épuisés. Plusieurs tombent comme des mouches ou bien quittent le réseau. Ceux qui restent ne disposent pas des ressources nécessaires pour bien exécuter leur travail », ajoute la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau.

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Photo : Michel Giroux

« Une situation de crise sévit actuellement dans le réseau des centres jeunesse du Québec. Nous demandons au gouvernement la tenue d’États généraux afin de faire la lumière sur les problèmes dénoncés par celles et ceux qui œuvrent auprès des enfants vulnérables et de leur famille. Nous réclamons aussi un moratoire sur les coupes budgétaires dans les centres jeunesse ainsi qu’un réinvestissement majeur dans le réseau. La disette a assez duré : le gouvernement doit prendre ses responsabilités et réinvestir dans le réseau », conclut Jean Lacharité.

La CSN appelle à une profonde réflexion sur l’avenir du réseau public de santé et de services sociaux

Les constats sévères que dresse la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, dans son dernier rapport, en particulier en ce qui a trait à la réforme Barrette, aux soins à domicile et aux services sociaux, ne sont pas une surprise pour la CSN. L’hypercentralisation des structures, la dégradation de l’accessibilité et de la qualité des services à cause de mauvaises décisions bureaucratiques, notamment pour les plus vulnérables, sont le quotidien des 120 000 travailleuses et travailleurs du réseau public de santé et de services sociaux, membres de la CSN. Ne serait-il pas temps d’écouter davantage ce que les travailleuses et les travailleurs ont à dire ? Après tout, ces écueils majeurs que dénonce aujourd’hui la Pprotectrice du citoyen, étaient appréhendés par les syndicats CSN, et ce dès le dépôt du projet de loi 10, vaste réforme finalement imposée au réseau après son adoption sous bâillon.

« Plus de la moitié du rapport annuel de la protectrice du citoyen est consacré au réseau de la santé et des services sociaux. C’est dire à quel point les problèmes sont nombreux, souligne le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Nous partageons globalement ces constats et nous sommes d’avis qu’un temps d’arrêt s’impose pour faire le point sur la réforme et voir dès maintenant à redresser la situation, au bénéfice de toute la population québécoise. »

Hypercentralisation
La principale inquiétude de la CSN à l’égard du projet de loi 10 concernait la centralisation autour de superstructures médicales au détriment des services sociaux. « La protectrice du citoyen confirme ainsi ce que nos membres dénoncent depuis déjà un certain temps, c’est-à-dire que des citoyennes et des citoyens parmi les plus vulnérables de notre société ont vu leurs services diminués, voire carrément abolis. Nous nous attendrions des établissements qu’ils mettent tout en œuvre afin de protéger ce volet essentiel de leur mission car ces services de proximité, notamment psychosociaux, sont moins visibles et que ces usagères et usagers sont moins en mesure de bien faire valoir leurs droits. C’est complètement le contraire qu’on voit et c’est inacceptable », dénonce Jean Lacharité.

La protectrice du citoyen se montre particulièrement critique face à la dégradation de l’accès et de la qualité des services en déficience, en santé mentale, en aide aux jeunes en difficulté et dans les centres d’hébergement. Elle note également une dégradation de la situation dans les soins à domicile et ce, malgré qu’elle ait déjà dénoncé la situation en 2012 et 2015.

Soins à domicile
Dans les soins à domicile, la CSN partage l’avis général de la protectrice du citoyen. « Deux éléments doivent être soulignés à traits rouges, ajoute Jean Lacharité. D’abord, la démonstration n’est plus à faire que les soins à domicile sont le moyen le plus économique d’assurer le droit de vieillir dans la dignité à tous les aîné-es. La majorité des aîné-es souhaitent demeurer chez eux le plus longtemps possible. Comme société, nous devons faire beaucoup plus que cela leur soit accessible. En outre, il est important d’assurer aux travailleuses et aux travailleurs de ces services de bonnes conditions de travail. De cette façon, nous nous assurons d’une main-d’œuvre qualifiée et stable pour répondre à la demande qui explosera au cours des prochaines années. Dans le réseau public, les spécialistes de ces services sont les auxiliaires de santé et de services sociaux. Ces salarié-es du réseau public ont l’immense avantage d’être en lien constant avec tous les intervenants du réseau au sein d’équipe multidisciplinaires et nous pensons qu’il faut miser plus que jamais sur ces salarié-es, dans les CLSC, pour assurer des services de qualité. »