Le cycle néfaste du manque de personnel fait mal

Le manque de personnel chronique fait mal au Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais. Cela crée une surcharge de travail continuelle pour le personnel. Pour la CSN, il est temps que le CISSS de l’Outaouais et le gouvernement améliorent les conditions de travail et salariales du personnel afin de parvenir à attirer et retenir le personnel dans le réseau.

Profitant d’une tournée pour aller à la rencontre des travailleuses et travailleurs du CISSS de l’Outaouais, la CSN s’inquiète de l’incapacité des établissements de la région à être attractifs. Les données compilées par le syndicat illustrent qu’en seulement deux mois, il y a eu plus de 100 départs de personnel des établissements de l’Outaouais. De plus, plusieurs professions du réseau font partie de la liste des déficits importants de main-d’oeuvre en Outaouais pour la période 2019-2023 selon les données des partenaires du marché du travail. Seulement en ce qui a trait aux préposé-es aux bénéficiaires, les besoins sont estimés à plus de 2600 employé-es pour cette période. Alors que le nombre de départs se rapproche sans cesse du nombre d’embauches, le CISSS de l’Outaouais est actuellement loin du compte.

« Les travailleuses et travailleurs du CISSS de l’Outaouais sont au bout du rouleau. C’est ce qu’ils nous répètent chaque fois qu’on les rencontre. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : le CISSS de l’Outaouais n’arrive pas à attirer du personnel alors qu’on a des besoins criants », explique Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais — CSN.

« Le manque de personnel entraîne un cycle néfaste de surcharge de travail pour le personnel du CISSS de l’Outaouais. C’est pas rien : nous avons calculé que les agentes administratives ne sont pas remplacées dans 95 % des cas. Qu’est-ce que vous pensez qui arrive ? C’est aussi le cas des métiers auxiliaires comme le service alimentaire, en pharmacie et surveillant d’établissement pour ne nommer que ceux-là. Cela ne fait que reporter la charge de travail sur les épaules du reste de l’équipe », poursuit Julie Legault, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

« La proximité de l’Outaouais avec l’Ontario est une cause importante de nos problèmes dans les établissements de la région. Tant et aussi longtemps qu’on n’améliorera pas les conditions de travail du personnel, il ne faudra pas s’étonner que les gens veuillent améliorer leur sort en allant travailler de l’autre bord de la rivière des Outaouais », lance Alfonso Ibarra, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO–CSN).

« Le gouvernement Legault doit passer en cinquième vitesse pour mettre fin à la crise du réseau. Ça dure depuis trop longtemps. La solution est pourtant simple. Rien ne pourra être fait, tant et aussi longtemps que le gouvernement n’acceptera pas d’améliorer les conditions de travail et les salaires du personnel du réseau. La prochaine négociation approche à grands pas. C’est l’occasion de mettre fin à l’hémorragie », de conclure Julie Legault, vice-présidente régionale de la FSSS-CSN.

100 ans et toujours en mouvement !

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO) tiendra son congrès du 24 au 26 avril, au Hilton Lac-Leamy, à Gatineau.

Le congrès coïncide avec son 100e anniversaire. En effet, c’est à Hull, en 1919, que le conseil central fut fondé. Et encore aujourd’hui, le CCSNO accompagne les gens de notre région dans leurs luttes.

La lutte pour l’accès à des services publics de qualité pour notre région reprendra une place importante. Ainsi, les congressistes seront appelés à réitérer leur appui à la coalition « Équité Outaouais », qui lutte pour un financement accru de nos réseaux de santé et d’éducation et des groupes communautaires.

Le renforcement de la place qu’occupe les femmes dans la vie syndicale sera aussi au cœur des débats et, en ce sens, l’organisation d’un colloque sera proposée aux délégué-es. L’organisation d’un regroupement permanent de femmes au conseil central y sera également discutée. De plus, les congressistes discuteront de l’organisation de la Marche mondiale des femmes prévue en 2020.

Luttes en cours

Les délégué-es recevront, en question de privilège, le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université–CSN, qui est en grève depuis le 25 janvier dernier.

Ils accueilleront également des membres du syndicat des éducatrices en centre de la petite enfance et des représentantes des responsables en service de garde (RSG), qui viendront expliquer la campagne « 4 ans, c’pas grand ».

Finalement, des groupes de défense des droits viendront témoigner des luttes qu’ils mènent autant en environnement que pour la défense des mal-logés.

Départ du président après 18 ans

Pour Michel Quijada, président du CCSNO, ce congrès sera le dernier. Après en avoir été le président pendant 18 ans, il partira pour une retraite bien méritée. C’est au congrès que les personnes déléguées procèderont à l’élection du nouveau comité exécutif du CCSNO, pour un nouveau mandat de trois ans.

Pour célébrer le 100e anniversaire du conseil central, la veille de l’ouverture du congrès, les congressistes sont invités à assister au spectacle de Boucar Diouf. De plus, les participantes et participants en apprendront davantage sur le passé du conseil central par des présentations sur des éléments de son histoire.

Une centaine de délégué-es représentant plus de 60 syndicats sont attendus. En plus de faire le bilan des trois dernières années, les congressistes se pencheront sur les perspectives d’avenir du conseil central, notamment en révisant les statuts et règlements et en réorganisant les différents comités. De plus, il y aura un grand débat sur la place de la vie syndicale dans nos organisations et sur l’impact de celle-ci sur notre capacité de revendication.

À propos du CCSNO

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, il s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Il est composé de près de 65 syndicats regroupant près de 10 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations et issus de tous les secteurs d’activités.

 

Les citoyennes et les citoyens de l’Outaouais écopent

C’est sans surprise que le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO–CSN) reçoit les résultats de l’étude sur les effets du retard de financement public sur les systèmes de santé et d’éducation postsecondaire en Outaouais, faite par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.

« Le portrait dressé par l’IRIS est encore plus sombre que nos pires appréhensions », lance Michel Quijada, président du CCSNO–CSN. Selon l’étude, le sous-financement chronique des réseaux dans la région de l’Outaouais prive les citoyens de la région de nombreux services de santé et d’éducation. Les infrastructures vétustes, le peu de programmes postsecondaires, le manque de personnel et le manque de lits d’hospitalisation, forcent quotidiennement le parcours de centaines de personnes vers l’Ontario pour obtenir des services. « Ceci est une perte énorme pour le développement de nos propres services publics. Il y a des besoins, la preuve est faite! C’est près de 400 millions de dollars annuellement qu’il manque dans la région en santé et en éducation », ajoute M. Quijada. La note de l’IRIS indique aussi que sans le financement adéquat, la région de l’Outaouais est privée de centaines de millions de dollars en retombées économiques à chaque année, ce qui bénéficierait à l’ensemble de la population.

Bien que l’étude soit muette sur le manque de personnel en santé dans des catégories d’emploi comme les préposés aux bénéficiaires, le personnel administratif et les métiers paratechniques, tout indique que le portrait frise le désastre. Les personnes âgées en CHSLD écopent jour après jour du manque de préposés aux bénéficiaires. Le personnel hospitalier, tant administratif que de soins, est épuisé et découragé.

Dans les services communautaires, le portrait n’est pas plus enviable. En effet, le sous-financement chronique pour les organismes communautaires amplifie les difficultés à remplir leur mission et à fournir les services dont la population a besoin.

L’étude confirme le sous-financement chronique des réseaux de la santé et de l’éducation dénoncé par la CSN depuis de nombreuses années. Pour Michel Quijada, il est important de rappeler que nous sommes en période préélectorale et le CCSNO entend interpeler l’ensemble des candidats sur la manière dont ces problèmes seront réglés. « Visiblement, quarante ans de pouvoir des libéraux dans la région a plutôt accentué le problème. À quel moment comprendront-ils l’urgence d’agir et écouteront-ils les citoyens et les citoyennes qu’ils prétendent représenter? »

Les PAB et les ASSS en soins psychiatriques attendent toujours d’être reclassifiés

Le 19 juillet, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais a organisé un BBQ devant l’hôpital Pierre-Janet afin de sensibiliser les employés du CISSSO à la demande maintes fois répétée à l’employeur de procéder à la reclassification des préposé-es aux bénéficiaires et des auxiliaires en santé et services sociaux, qui travaillent en soins psychiatriques. Le syndicat souhaite que le CISSSO reconnaisse ces salarié-es au titre d’agents d’intervention en milieu psychiatrique (AIMP), comme l’ont fait la majorité des CISSS et des CIUSSS au Québec.

Le syndicat demande également à ses membres de demeurer à l’affût à compter de la fin août, puisqu’ils seront invités à participer à une activité d’envergure (campement de 24 h à l’hôpital Pierre-Janet), qui se déroulera au cours du mois de septembre.

Les salariés-es de 17 CPE votent la grève générale illimitée

Plus de 240 membres du Syndicat des travailleurs (euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO–CSN) des CPE membres de l’association patronale étaient réunis en assemblée générale mercredi midi.

Ceux-ci se sont prononcés à 89 % en faveur d’un vote de grève pouvant aller jusqu’à une grève générale illimitée.

Toutefois, dans un souci d’ouverture et dans le but de maintenir une bonne relation avec les parents directement concernés par cette grève, les membres ont décidé de retourner au travail ce vendredi et ainsi donner l’opportunité aux agents négociateurs de régler une fois pour toutes les différends les opposant.

Des journées de négociation sont prévues les 24 et 25 mars prochains. Ce sera là l’occasion toute choisie pour l’employeur de faire le nécessaire dans le but d’en arriver à une entente satisfaisante pour les parties.

Fait à noter, contrairement aux dires de l’employeur, l’enjeu des présentes négociations ne se limite pas aux horaires des pouponnières, mais plutôt aux demandes incessantes de la partie patronale de gruger dans les acquis des salarié-es, notamment en modifiant leur durée de travail et leurs horaires, ce qui peut avoir des conséquences majeures sur le revenu des travailleuses.

« Nous voulons obtenir un règlement satisfaisant pour nos membres. La partie syndicale avait avisé l’employeur qu’elle était disponible pour négocier toute la semaine. Pour sa part, l’employeur n’a fait aucun retour sur cette possibilité. Nous avons le week-end prochain pour tenter d’en arriver à une entente. Les membres ont été clairs, il faut régler ! » affirme Mélanie Beauchamp, présidente du STCPEO–CSN.

À propos

Le syndicat des travailleurs (euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO–CSN) est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux. Elle représente plus de 110 000 membres dans toutes les régions du Québec. Il est aussi affilié au Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN) et est également membre de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui regroupe plus de 300 000 syndiqué-es issus de tous les secteurs d’activité.

Les salarié-es de 17 CPE affiliés à la CSN de l’Outaouais en grève !

Les membres du Syndicat des travailleurs (euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO–CSN) des CPE, membre de l’association patronale, seront en grève à compter du lundi 19 mars prochain. Cette grève est inévitable dû aux positions des employeurs de la région.

En effet, les employeurs maintiennent depuis le début des négociations leurs demandes de recul. Devant ce constat et l’entêtement de la partie patronale à prioriser l’enrichissement des directions locales au détriment du bien-être collectif, les salariées ont décidé de débrayer dès maintenant.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur, que nous débrayons, mais bien parce que c’est devenu inévitable. Lors de la dernière journée de grève, le 27 février, les membres réunis en assemblée générale nous ont fait part de leur mécontentement envers les positions de l’employeur et leur volonté de faire tout ce qui est nécessaire pour obtenir gain de cause » affirme Mélanie Beauchamp, présidente du STCPEO–CSN.

Au courant de la semaine prochaine, des assemblées générales sont prévues avec l’ensemble des secteurs du syndicat pour voir les options qui s’offrent aux salariées. L’obtention d’un mandat de grève générale illimité n’est pas exclue.

« Nous savons que ce débrayage importune les parents, et nous espérons que ceux-ci comprennent l’importance des enjeux de cette négociation. Nous nous répétons peut-être, notre but est le bien- être des enfants, mais cela passe par le bien-être des responsables à l’alimentation, des éducatrices et de tout le personnel rattaché aux CPE. » de conclure Mme Beauchamp.

À propos

Le Syndicat des travailleurs (euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO–CSN) est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux. Elle représente plus de 110 000 membres dans toutes les régions du Québec. Ils sont aussi affiliés au Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN). Ils sont également membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui regroupe plus de 300 000 syndiqués-es issus de tous les secteurs d’activité.

 

Les syndicats du réseau de la santé de l’Outaouais veulent des réponses à leurs questions

Les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux de la région de l’Outaouais affiliés à la CSN profitent de la tenue du caucus du Parti libéral dans la région pour interpeller le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, ainsi que la direction du CISSSO, afin qu’ils donnent l’heure juste sur les effets de la réforme dans le réseau.

« Le printemps dernier, les représentantes et les représentants des syndicats ont rencontré à plusieurs reprises la direction pour connaître les orientations à venir concernant l’application de la réforme. Mais la seule réponse qu’ils ont réussi à obtenir est que le CISSSO est en réorganisation. On est incapable de nous dire ce qu’il adviendra des CLSC, du transfert de la main-d’œuvre vers les GMF, de la centralisation des laboratoires vers Optilab, des contrats d’agences privées et des contrats avec Optinursing, du financement des centres jeunesse, de l’accessibilité aux soins. C’est aberrant », dénonce le président du Conseil central de l’Outaouais (CCSNO–CSN), Michel Quijada.

« On constate à l’heure actuelle un manque criant de personnel, un très grand nombre de cas d’épuisement professionnel, une augmentation flagrante des absences pour maladie et une multiplication des tâches qui créent de la surcharge de travail. Les cadres ont déserté les régions périphériques et les travailleuses et travailleurs sont laissés dans l’ignorance face à l’avenir. C’est intenable », souligne aussi le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Christian Meilleur.

« La situation en Outaouais risque d’entraîner des répercussions sur la prestation de services à la population. Avec l’hypercentralisation des services en secteur urbain, qu’adviendra-t-il des régions périphériques? Le gouvernement est en train de favoriser et d’accélérer la privatisation des services de santé en faveur des groupes de médecine de famille (GMF). On s’y oppose sur toute la ligne », martèle Michel Quijada.

« Une rencontre entre le CISSSO et les syndicats de la région de l’Outaouais est prévue le 3 octobre prochain et nous nous attendons à avoir des réponses à nos questions. La rétention d’information doit cesser », conclut la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé de Gatineau, Josée McMillan.

À propos

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), est la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux. Elle compte près de 130 000 membres, dont 80 % sont des femmes.

Le CCSNO–CSN rassemble sur une base régionale près de 11 000 syndiqué-es issus tant des secteurs public que privé.

Des effets dévastateurs du pacte fiscal sur les petites villes de la Haute-Gatineau

Les petites municipalités de la Haute-Gatineau éprouveront d’importants problèmes fiscaux si le projet de loi 110 est adopté par l’Assemblée nationale à l’automne. Voici le message entendu par une délégation du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais à une séance de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, hier.

« Nous sommes allés à cette séance pour discuter des effets néfastes du pacte fiscal, tant pour les employé-es municipaux que pour les petites villes de la région, explique Michel Quijada, président du CCSNO–CSN. Nous avons découvert que les maires de la région sont très réceptifs à notre message. Ils savent que le pacte fiscal est un cadeau empoisonné. »

Le PL 110, Loi concernant le régime de négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans le secteur municipal, apparaît comme une porte ouverte à l’adoption de lois spéciales pour décréter les conditions de travail des salarié-es syndiqués du secteur municipal. C’est la loi promise par le gouvernement Couillard en échange du pacte fiscal signé en septembre dernier, qui réduira les subventions provinciales aux municipalités de 300 millions de dollars par année, pour un total de 1,2 milliards de dollars.

« Ces coupes feront très mal aux petites municipalités, où le personnel est déjà réduit au minimum, a commenté Denis Savard, le président du secteur municipal de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et président du Syndicat des cols bleus de Gatineau. Il sera donc difficile de couper si l’on veut maintenir un minimum de services aux citoyens. »

Messieurs Quijada et Savard étaient accompagnés par les élu-es syndicaux des villes d’Aumond, Gracefield et Déléage, où il existe déjà une importante problème de rétention des travailleuses et des travailleurs.

Les petites municipalités de la région veulent notre appui afin de conserver l’expertise de leurs employé-es qualifiés, a observé Denis Savard. Or, le pacte fiscal obligera ces employé-es, avec les coupures anticipées, à se tourner vers les grands centres afin d’améliorer leurs conditions de travail, ce qui aura pour effet que les municipalités de retrouveront avec des employé-es peu formés. »

Pour Michel Quijada, ce genre de casse-tête se posera à la grande majorité des villes au Québec si le PL 110 devient une loi en automne prochain.

« Le pacte fiscal conclu en septembre dernier a été acheté par les grandes villes, dont Montréal, Québec, Gatineau, Trois-Rivières et Sherbrooke, et c’est l’ensemble des petites municipalités qui écopent, a-t-il dit. Le monde syndical et les petites villes peuvent être des partenaires constructifs afin de limiter au maximum les effets négatifs du projet de loi – dont l’attaque frontale sur notre droit fondamental de négocier – et d’aider ces villes à aller chercher des sources de revenus supplémentaires au gouvernement. »

La négociation a été suspendue

Sans convention collective depuis le 1er janvier 2015, les travailleuses et travailleurs de la municipalité de Cantley sont en colère en raison des reculs importants que la partie patronale veut leur imposer en ce qui a trait à la sous-traitance et la sécurité d’emploi. Ces derniers ont participé ce matin à un rassemblement bruyant près de l’hôtel de ville située sur la route 307.

« Après seize rencontres de négociation, la conciliatrice du Secrétariat du travail a décidé de rompre la conciliation. L’employeur est campé sur ses positions, il veut faire plus de place à la sous-traitance et abolir des postes permanents à la voirie sans contrainte. Il n’y a pas de doute, c’est l’impasse à la table de négociation », explique madame Guylaine Charron, présidente du Syndicat des employés(ées) de la municipalité de Cantley – CSN.

Bien que les négociations aient débuté il y a tout près d’un an, les clauses à incidence monétaire de la convention collective telles que les salaires n’ont toujours pas été abordées avec la partie patronale en raison des litiges importants sur le travail à forfait et le maintien des emplois. « Pour nous, il est clair qu’augmenter le nombre de travaux faits par des d’entrepreneurs privés n’améliorera pas la qualité des services, nous avons des employés expérimentés et qualifiés à Cantley et nous allons nous battre pour qu’ils conservent leurs emplois ! » poursuit madame Charron.

Le conseil central est surpris du déroulement de la négociation qui piétine à Cantley. Dans la très grande majorité des syndicats affiliés à la CSN, nous réussissons à nous entendre avec les employeurs. « Il y a une nouvelle administration à Cantley et ils ont décidé de mettre fin au climat de bonne entente qui prévalait avec le syndicat depuis des années. Nous n’avons plus le choix, nous allons devoir mettre de la pression et leur faire comprendre qu’ils vont devoir négocier de bonne foi avec le comité de négociation syndical », soutient Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais.

Les membres du syndicat, qui représente à la fois les cols bleus et les cols blancs, étaient réunis en assemblée générale en début de semaine. Ils sont gonflés à bloc et promettent d’autres moyens de pression pour les prochaines semaines.

À propos de la CSN

Fondée en 1947, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres oeuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Dans le secteur municipal, la FEESP défend près de 6 300 membres. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais rassemble sur une base régionale plus de 10 000 syndiqué-es issus tant des secteurs public que privé. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte plus de 325 000 membres présents dans tous les secteurs d’activité.

La mort annoncée du Centre d’Aide 24/7

Le budget alloué par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) ne permet pas à l’organisme, dont le mandat s’est récemment recentré sur l’hébergement en situation de crise, de poursuivre ses activités.

Les négociations en vue du renouvellement de la convention collective ont avorté

En mars 2015, la défunte Agence de santé et de services sociaux de l’Outaouais annonçait que la fermeture du centre était écartée en raison d’une subvention de 700 000 $. « La réalité est bien différente puisque la possibilité d’une fermeture imminente a été évoquée à plusieurs reprises à la table de négociation », explique Patrice Brisson, intervenant et président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre d’Aide 24/7.

Soulagés que les efforts qu’ils ont déployés au cours des dernières années pour assurer la survie du Centre d’Aide 24/7 aient porté fruit, les intervenantes et intervenants à l’emploi de l’organisme ont entrepris, début 2016, des négociations qui devaient mener au renouvellement de leur convention collective. Celle-ci étant échue depuis 2010. Aux termes de nombreuses séances de négociation qui se sont déroulées en présence d’un conciliateur, les parties ont constaté la semaine dernière qu’elles étaient devant une impasse. Les reculs salariaux et de conditions de travail exigés par l’employeur placeraient la plupart des salariés dans une situation de vulnérabilité financière et plusieurs ne pourraient tout simplement plus assumer leurs besoins de base (logement, obligations familiales, etc.).

Sous-financement chronique des ressources communautaires

Après avoir vu son financement amputé de près de 40 % au 1er avril 2015 alors que les services téléphoniques qui étaient offerts par le Centre ont été rapatriés vers le service 811 du CISSSO, l’organisme dont la mission est de soutenir les personnes en situation de crise voit une fois de plus son avenir menacé. « Nous avons là un exemple patent du sous-financement chronique des ressources communautaires », considère Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais. Celui-ci croit qu’il faut valoriser l’expertise particulière développée par les organismes communautaires oeuvrant en santé mentale et lutter contre le démantèlement de ces services de proximité. En terminant, M. Brisson rappelle que le Centre d’Aide 24/7 participe directement à la diminution des coûts du système local de santé en travaillant directement à désengorger les urgences des hôpitaux, en portant assistance immédiate à la ligne Info-Social (811), aux services des CLSC, de l’Hôpital Pierre-Janet… « Il n’en coûte environ que 230 $ par lit pour une journée d’hébergement comparativement à des frais pouvant aller jusqu’à plus de 3000 $ pour une hospitalisation d’une journée. Nous sommes l’extension du CISSSO à moindres frais, du cheap labor, mais pas encore assez bon marché pour les bailleurs de fonds. Il y a des limites aux reculs et notre limite est atteinte ».

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre d’Aide 24/7, qui compte 17 membres, est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Celle-ci compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. Représentant des travailleuses et des travailleurs de tous les titres d’emploi, dans tous les types d’établissements, la FSSS est l’organisation syndicale la plus représentative du secteur de la santé et des services sociaux. Pour sa part, le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais-CSN rassemble sur une base régionale près de 11 000 syndiqué-es issu-es tant des secteurs public que privé.

Les cols bleus de la Ville de Gatineau renouvellent leur convention collective

Après plus de 3 ans de négociation, le syndicat des cols bleus et la ville de Gatineau ont procédé à la signature de la convention collective ce matin. Rappelons que l’entente de principe intervenue entre les parties avait été approuvée à très forte majorité par les membres du syndicat lors d’une assemblée générale tenue le 2 avril dernier.

À gauche, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et à droite, le président du syndicat des cols bleus, Denis Savard. Photo : Patrick Woodbury, Le Droit
À gauche, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et à droite, le président du syndicat des cols bleus, Denis Savard, lors de la signature de la convention collective.
Photo : Patrick Woodbury, Le Droit

D’une durée de 6 ans, du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2018, le contrat de travail de ces 745 syndiqué-es, membres d’un syndicat affilié à la CSN, prévoit des augmentations de salaire totalisant treize pour cent.

Autres gains

Les employé-es enregistrent également des gains aux chapitres suivants : création de postes permanents, congés de maladie, droits syndicaux, protection de l’emploi, vacances, etc.

Appelé à commenter la conclusion de cette longue négociation, le président du syndicat, Denis Savard, a déclaré : « Nous avons atteint nos objectifs de négociation, et cela, grâce à la solidarité des membres du syndicat. Nous avons raison d’être fiers des résultats de la négociation. »

Photo : Patrick Woodbury, Le Droit
Photo : Patrick Woodbury, Le Droit

À propos du Syndicat des cols bleus de Gatineau-CSN

Le Syndicat des cols bleus de Gatineau représente 745 membres. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres oeuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Dans le secteur municipal, la FEESP défend près de 6 300 membres. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte plus de 325 000 membres présents dans tous les secteurs d’activité.

Le Front commun en grève en Outaouais

Excédés par les propositions dégradantes du gouvernement et par les attaques à leurs conditions de travail, les 12 306 travailleuses et travailleurs des services publics membres du Front commun de l’Outaouais sont en grève aujourd’hui.

« Ça fait plus d’un an que nous avons entamé la négociation et les 12 000 employés des services publics de l’Outaouais sont sans contrat de travail depuis le 31 mars 2015. Là, ça ne va plus, il faut que ça bouge! » a déclaré Benoit Audet, répondant politique APTS et porte-parole du SISP dans la région, à l’occasion d’un point de presse du Front commun, en début de journée. «

Avec son offre de geler les salaires pendant deux ans, le gouvernement se moque de nous », a poursuivi, Benoit Audet, porte-parole du SISP. « Continuer de s’appauvrir en travaillant toujours plus, personne n’accepterait ça ». En plus de rester ferme sur sa proposition salariale, le gouvernement souhaite réduire les rentes à la retraite en faisant passer de 5 à 8 ans la période de calcul du salaire moyen, en plus de repousser de 60 à 62 ans l’âge de la retraite sans pénalité.

« Nous n’avions aucune demande à ce sujet puisque le régime de retraite est en excellente santé. Que le gouvernement s’en prenne à un régime capitalisé à plus de 98 % nous démontre à quel point c’est un combat idéologique de leur part », a continué Dino Lemay, conseiller régional Outaouais FTQ. Le portrait est aussi sombre du côté des tables de négociations sectorielles où les attaques aux conditions de travail sont toutes aussi agressives, dans tous les secteurs d’emploi.

« Il ne faut pas oublier que ces 12 000 personnes se battent aujourd’hui pour obtenir des conditions de travail justes, équitables et nécessaires pour maintenir les services qu’ils nous offrent chaque jour. Si vous croyez encore que le public coûte cher, imaginez ce que serait l’Outaouais sans eux » de conclure Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais CSN.

Manifestation pour la survie du Centre d’aide 24/7 de Gatineau

Les militantes et militants du Conseil central de l’Outaouais-CSN ont participé en grand nombre à une manifestation pour le maintien des services offerts par le Centre d’aide 24/7, un organisme communautaire dont la mission est de venir en aide aux personnes en état de crise. Suite à une décision de l’Agence de la santé et des services sociaux, la subvention qui était accordée au centre cessera d’être versée à partir du 1er avril 2015. Quelques centaines de manifestantes et manifestants étaient au rendez-vous pour démontrer leur solidarité avec les employé-es du Centre 24/7, membres de la CSN, qui perdront vraisemblablement leurs emplois dans les prochaines semaines.