Relève syndicale

À chaque génération ses défis

Photo : Camille Godbout
Fondée par le comité national des jeunes de la CSN, pour et par les jeunes syndiqué-es, l’École de la relève syndicale en est à sa 15e année d’existence.
Par Camille Godbout
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Perché entre les montagnes et le lac Stukely, le camp de villégiature Jouvence devient chaque mois d’août le terrain de jeux des syndicalistes de l’École de la relève syndicale.

Cet été, c’est là qu’un gardien d’animaux de zoo, une préposée aux bénéficiaires et un travailleur de l’Usine Bridgestone ont trouvé qu’ils ont beaucoup plus en commun qu’ils ne pouvaient l’imaginer.

Fondée par le comité national des jeunes de la CSN, pour et par les jeunes syndiqué-es, l’École de la relève syndicale en est à sa 15e année d’existence. Ce sont donc les membres du comité qui planifient, organisent et animent la formation. Une spécificité qui plaît et inspire certainement les militantes et militants présents. « C’est le fun de voir que les animatrices et animateurs, qui ont le même âge que nous, possèdent des connaissances aussi profondes sur les conventions collectives et leur application, des trucs que je commence à comprendre un peu. Ça m’inspire à en apprendre plus », a mentionné l’une des participantes.

Comme à chaque édition, les invité-es ont insufflé une dose de détermination chez les participantes et participants. L’un des fondateurs du comité national des jeunes, Jean Lortie, était d’ailleurs de la partie. Bien du chemin a été parcouru depuis les débuts du comité — qui, à l’époque, s’appropria un placard à balais afin d’en faire son quartier général. L’ancien président du comité a toutefois tenu à rassurer les militantes et militants présents : « Il n’y a pas d’âge d’or du syndicalisme, chaque génération doit faire face à ses propres défis. Ne laissez pas les donneurs de leçons vous impressionner. »

De la formation à l’action
« On est plein de nouvelles et de nouveaux et on ne sait même pas comment proposer des choses dans nos assemblées générales. On a besoin de savoir comment ça fonctionne pour faire changer les choses, et c’est pour ça qu’on est venus ici », ont souligné d’une même voix Lina Munger et Jean-Benoît Barrette, qui travaillent tous les deux au Cégep de Chicoutimi. Au retour de l’école de la relève, Lina, motivée par les conseils et les échanges qu’elle y a eus, a postulé au comité exécutif du personnel de soutien du Cégep de Chicoutimi, et a été élue vice-présidente !

« Ce que j’apprécie le plus de cette formation, c’est de voir que les jeunes ne façonnent pas seulement le futur du syndicalisme, ils en représentent le visage actuel », fait remarquer Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable politique du comité national des jeunes.  On accueille une diversité de jeunes, venant des quatre coins du Québec, et ça nous rappelle que le syndicalisme est bien vivant et fort à la CSN. » Il s’agit sans contredit d’un moment privilégié pour les jeunes syndicalistes de discuter entre eux d’expériences similaires, malgré des milieux de travail qui ne peuvent être plus diversifiés.

Une affaire de famille
Avec un programme bien rempli de formations, discussions et conférences, les après-midi libres permettent aux participantes et participants de se ressourcer pour les prochaines luttes. Les enjeux de conciliation travail-famille-études font d’ailleurs partie des préoccupations récurrentes entendues lors des échanges. « C’est un immense défi, et mon employeur n’est pas toujours conciliant avec notre réalité. Ça va certainement faire partie des enjeux de notre prochaine négociation », pouvait-on entendre pendant les ateliers.

Conciliation famille-travail-études, militantisme, disparité de traitement, pénurie de main-d’œuvre et changements climatiques : les militantes et militants présents sont bien conscients de l’immensité des défis qu’ils auront à relever dans le futur. Il y a encore beaucoup de pain sur la planche, mais tous quittent l’École de la relève syndicale avec de nouvelles cordes à leur arc et, surtout, en sachant qu’ils ne sont pas seuls.

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